dimanche 10 août 2014

Monsieur le secrétaire général, Ban Ki-moon : « Représentez le droit et la justice, ou démissionnez ! » …dans toutes vos déclarations, vous ne faites aucune distinction entre oppresseurs et victimes.


Vous avez indéniablement assumé une position partiale, à propos de l’attaque actuelle contre la bande de Gaza et des violations israéliennes en Cisjordanie, en vous abstenant de condamner clairement les actions illégales israéliennes dans le TPO, alors que, par contre, vous n’avez pas hésité à accuser – quelquefois à tort – les combattants palestiniens de la bande de Gaza de violations du droit international.

Collectif

Pour l’humanité et le peu de crédibilité qui reste au droit international :
Au secrétaire général des Nations-Unies, Ban Ki-moon, « Représentez le droit et la justice, ou démissionnez ! »
Monsieur le secrétaire général Ban Ki-moon,
Nous, organisations des droits humains et de la communauté palestinienne soussignées, sommes extrêmement déçues par la façon dont vous remplissez votre mandat, notamment par vos déclarations manquant d’objectivité, votre incapacité à agir, et votre justification inconvenante des violations d’Israël du droit international humanitaire, lesquelles s’assimilent à des crimes de guerre. Jusqu’à aujourd’hui, vous n’avez pris aucune mesure explicite et tangible pour faire cesser les récentes attaques israéliennes dans le territoire occupé palestinien (TPO) depuis le 13 juin. De plus, vos déclarations ont été trompeuses, soit en appuyant et servant les versions falsifiées israéliennes des faits, soit comme contraires aux dispositions stipulées dans le droit international et aux intérêts de ses défenseurs, soit en justifiant par vos propos, les violations et les crimes d’Israël.
Vous avez indéniablement assumé une position partiale, à propos de l’attaque actuelle contre la bande de Gaza et des violations israéliennes en Cisjordanie, en vous abstenant de condamner clairement les actions illégales israéliennes dans le TPO, alors que, par contre, vous n’avez pas hésité à accuser – quelquefois à tort – les combattants palestiniens de la bande de Gaza de violations du droit international. On peut constater cette distorsion dans les extraits suivants :
« Le secrétaire général condamne fermement le meurtre aujourd’hui d’au moins dix civils palestiniens dans un bombardement à l’extérieur de l’école de l’UNRWA à Rafah, qui fournissait un abri à des milliers de civils. L’attaque est une nouvelle violation flagrante du droit international humanitaire, lequel exige clairement une protection par les deux parties des civils palestiniens, du personnel des Nations-Unies et des locaux des Nations-Unies, entre autres installations civiles. »
Une telle déclaration, en taisant le nom de l’auteur (Israël), n’est pas seulement partiale, mais elle est également injurieuse pour l’UNRWA, qui est un organisme des Nations-Unies, ainsi que pour les autres organismes des Nations-Unies et organisations internationales qui se battent pour apporter secours et protection aux Palestiniens dans la bande de Gaza. L’UNRWA, qui a perdu 9 membres de son personnel dans la bande de Gaza depuis le début de l’opération d’Israël Bordure protectrice, accueille environ 270 000 déplacés internes (25 % de la population de la bande de Gaza) dans ses abris. L’analyse préliminaire de l’UNRWA d’une précédente attaque contre l’une de ses écoles a montré que celle-ci avait été touchée par l’artillerie israélienne, ce qui constitue une attaque sans discernement et probablement un crime de guerre.
Qui plus est, en condamnant le stockage d’armes dans les écoles de l’UNRWA, sans en donner tous les détails et sans tenir dûment compte du droit international, vos déclarations ne font que donner votre aval aux prétextes israéliens pour prendre pour cible, de façon illégale, sans discernement, de tels biens civils.
En plus, en condamnant :
« la violation rapportée du Hamas du cessez-le-feu humanitaire accepté d’un commun accord qui a commencé ce matin. Il est disant choqué et profondément déçu par ces développements, »
le secrétaire général dévoile une acceptation téméraire de la version israélienne des faits, accusant le Hamas de violation du cessez-le-feu tout en admettant, « le secrétaire général note que les Nations-Unies n’ont aucun moyen propre de vérifier exactement ce qui s’est passé », et, encore, en exigeant « la libération immédiate et inconditionnelle du soldat (prétendument et à tort) capturé ».
La déclaration suivante illustre davantage encore l’ignorance du secrétaire général des faits sur le terrain :
« Le secrétaire général est inquiet d’apprendre que des tracts auraient été largués par les Forces de défense israéliennes dans le nord de la bande de Gaza ce soir, prévenant les dizaines de milliers d’habitants de quitter leurs maisons et d’évacuer la ville de Gaza.
« Si cela s’avérait (surligné par les signataires), cela aurait un impact humanitaire encore plus dévastateur sur les civils menacés dans ces zones de la bande de Gaza, qui ont déjà enduré d’immenses souffrances ces derniers jours. »
Or, le largage de tracts est une pratique connue depuis le début de l’opération israélienne dans la bande de Gaza, et il contribue à un scénario de plus de 480 000 déplacés internes.
Dans la même déclaration :
« Le secrétaire général exhorte (a exhorté) vivement toutes les parties à éviter toute nouvelle escalade en ce moment (, notant) que toutes les parties doivent respecter l’ensemble des obligations résultant du droit international humanitaire, concernant tant les civils face aux attaques imminentes, que le respect d’une proportionnalité dans toute réponse militaire, »
Ceci en exprimant une égalisation disproportionnée des deux parties au conflit et en évitant de prendre en compte l’impact bien plus important des violations perpétrées par Israël, qui ont fait au moins 1814 tués, pour la grande majorité des civils, durant son opération dans la bande de Gaza.
Monsieur le secrétaire général,
Quand, dans toutes vos déclarations, vous ne faites aucune distinction entre oppresseurs et victimes,
Quand vous citez les combattants palestiniens comme auteurs de violations et de crimes de guerre, tout en manquant, comme vous en avez l’habitude, de citer Israël en faisant référence à des actions spécifiques,
Quand vous évitez de codifier les actions israéliennes équivalant à des crimes de guerre, mais que vous insistez pour prescrire les réponses palestiniennes comme étant de graves infractions au droit international humanitaire,
Quand toujours vous prônez de façon criminelle le droit d’Israël à se défendre, alors que vous ne mettez pas en évidence le droit légitime et légal des Palestiniens à résister à l’occupation, à la colonisation et à une discrimination institutionnalisé,
Quand vous adoptez et recommandez les récits falsifiés israéliens, sans mentionner les récits des Palestiniens,
Quand vous ne tenez aucun compte des faits sur le terrain résultant clairement des attaques israéliennes, mais que vous recherchez la libération immédiate et inconditionnelle d’un soldat prétendument et à tort enlevé sur le champ de bataille,
Vous ne maintenez ni la paix ni la sécurité ; et vous ne garantissez pas non plus le respect des droits humains.
En examinant vos déclarations, il apparaît évident que vous ne remplissez pas pleinement votre mandat. Au contraire, vos déclarations n’ont pas seulement permis la continuation des meurtres par Israël contre notre population, mais elles ont aussi encouragé des États à maintenir leur appui à Israël en toute impunité. Puisque vous ne pouvez pas dire la vérité, nous vous conseillons soit de changer radicalement votre positionnement – pas seulement en parole, mais aussi dans vos efforts pour, à travers les Nations-Unies, vraiment mettre fin au conflit -, soit de démissionner. Pour nous, en continuant de remplir ce rôle, vous corroborez ce que ressent notre peuple, que vous êtes un associé, ou au moins un catalyseur, dans les violations en cours du droit international humanitaire commises par Israël contre nos familles, nos enfants, nos femmes, nos aînés ; contre notre peuple.
5 août 2014
Badil : http://www.badil.org/en/press-releases/146-2014/4299-press-eng-19
Traduction : JPP pour l’Agence Média Palestine

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