jeudi 2 janvier 2014

SYRIE : Le silence qui tue …..Pourquoi nos médias ont-ils ignoré le massacre perpétré par les « rebelles » à Adra ?

 
Le 11 décembre, des combattants du Front Al-Nosra et du Front islamique ont envahi un quartier industriel d’Adra, une ville proche de Damas qui abrite des communautés sunnite, alaouite, chiite, druze et chrétienne. S’attaquant au poste de police, à l’hôpital, à une boulangerie industrielle, à des maisons d’habitation... ils y ont massacré, sur des critères confessionnels, une centaine de civils, notamment des travailleurs du secteur public. Nombre d’entre eux ont été décapités ou mutilés. D’autres ont été brûlés dans les fours de la boulangerie.
Têtes coupées, mains coupées, exécutions sommaires… Des témoins terrorisés rapportent que les jihadistes ont demandé « qui soutient le régime et qui travaille pour l’État (…) Ils ont coupé la main d’un certain nombre d’employés, pour les empêcher de retravailler, ils en ont décapité d’autres devant leurs enfants ».
Pourquoi aucune de nos ONG de défense des droits de l’homme et aucun de nos médias n’ont-ils parlé de cet événement terrible ? Seule la presse russe l’a largement et honnêtement couvert .
Serait-ce que ces images horribles de corps baignant dans leur sang, mains et têtes coupées, étaient cette fois trop difficiles à imputer automatiquement aux forces gouvernementales comme la presse occidentale l’avait fait mensongèrement dans le cas du massacre de Houla ? Et devenues, de ce fait, trop embarrassantes pour une presse et des organisations humanitaires qui, dès 2011, ont pris le parti de l’« opposition » anti Assad ?

Rideau de fumée pour faire diversionMuet sur le massacre d’Adra, le quotidien Le Monde a en revanche – dans son édition du 18 décembre – gratifié ses lecteurs d’un article intitulé « Vrais et faux de la révolution syrienne », (2) signé par Christophe Ayad, « grand reporter, spécialiste du monde arabe » dont le biais pro-israélien et anti-Assad est un secret de Polichinelle. À lire l’article, on comprendra vite que, pour Ayad, le « vrai » se situe du côté des combattants d’Al-Nosra et le « faux » du côté d’Assad.
Sous prétexte d’« informations contradictoires », la « mise au point » d’Ayad s’attache essentiellement à semer le doute et la confusion sur les exactions commises par les groupes islamistes radicaux allant jusqu’à prétendre que « le Front Al-Nosra, la branche syrienne d’Al-Qaida, prend garde à ne pas heurter de front la population, les exactions étant exceptionnelles » (sic). Et, pour justifier les attaques contre les sanctuaires chrétiens, il affirme : « il est avéré que le régime utilise des monastères comme bases militaires et positions d’artillerie pour bombarder villages et habitants, sans que les autorités ecclésiastiques osent toujours condamner ces pratiques, par peur des représailles ».
Tout l’article est un tissu d’affirmations de la même veine. En dépit du fait qu’il a déjà perdu toute crédibilité sur le dossier syrien Le Monde continue ainsi son travail de désinformation.
Au cas improbable où il serait réellement intéressé par les faits concernant les exactions des « rebelles » en Syrie, nous renvoyons Christophe Ayad, à quelques articles (parmi les centaines que nous avons publiés) qui montrent que les atrocités commises par les « rebelles » (et occultées par la presse traditionnelle) contre le peuple syrien fidèle au gouvernement Assad, ont commencé dès 2011 :

La Syrie sous le feu de reporters aux ordres (14 DÉCEMBRE 2011) http://www.silviacattori.net/article2509.htmlRésister aux milices armées soutenues par l’étranger est une question de survie pour le peuple syrien (17 JANVIER 2012) http://www.silviacattori.net/article2705.htmlLes Syriens sont une majorité à soutenir le président Assad, mais ce n’est pas des médias occidentaux que vous pourriez l’apprendre (20 JANVIER 2012) http://www.silviacattori.net/article2718.htmlHoms, une ville plongée dans l’horreur organisée par des groupes armés et non par Damas (6 FÉVRIER 2012) http://www.silviacattori.net/article2787.htmlLe terrorisme au nom de la « démocratie » (10 FÉVRIER 2012) http://www.silviacattori.net/article2797.htmlHoms dans l’enfer des bandes armées (23 FÉVRIER 2012) http://www.silviacattori.net/article2861.htmlSyrie : « Des forces étrangères soutiennent l’insurrection » (9 MARS 2012) http://www.silviacattori.net/article2941.htmlSyrie : les « opposants » armés coupables d’atrocités (13 MARS 2012) http://www.silviacattori.net/article2966.htmlTémoignage sur les récents massacres de civils à Homs (20 MARS 2012 ) http://www.silviacattori.net/article3000.htmlQui est responsable des crimes en Syrie ? (20 MARS 2012) http://www.silviacattori.net/article2975.htmlSyrie : « Si l’armée régulière quitte notre village, nous risquons d’être égorgés » (14 AVRIL 2012) http://www.silviacattori.net/article3094.htmlDes atrocités sont perpétrées par les gangs de « l’armée syrienne libre » (15 MAI 2012) http://www.silviacattori.net/article3224.htmlLe massacre de Houla était planifié et a été instrumentalisé (3 JUIN 2012) http://www.silviacattori.net/article3283.htmlSyrie : Journalistes envoyés à la mort par les rebelles (9 JUIN 2012) http://www.silviacattori.net/article3297.htmlSyrie : Les rebelles sont responsables du massacre de Houla (10 JUIN 2012) http://www.silviacattori.net/article3303.htmlLa vérité sur la Syrie commence à transpirer (10 JUIN 2012) http://www.silviacattori.net/article3304.htmlLe massacre de Houla perpétré par la rébellion (11 JUIN 2012) http://www.silviacattori.net/article3310.htmlSyrie : Des mensonges qui ne changeront pas la dure réalité pour l’Occident (18 JUIN 2012) http://www.silviacattori.net/article3342.htmlÉglises vandalisées et désacralisées à Homs (19 JUIN 2012) http://www.silviacattori.net/article3344.htmlGérard Chaliand dit quelques vérités sur la Syrie (21 JUIN 2012) http://www.silviacattori.net/article3350.htmlHoms : tout ce qui est raconté par les médias traditionnels est à l’envers (24 JUIN 2012) http://www.silviacattori.net/article3370.htmlHoms : Les unités criminelles de l’« Armée syrienne libre » en action (27 JUIN 2012) http://www.silviacattori.net/article3384.htmlSyrie : Les victimes des gangs de l’"opposition" ignorées (7 JUILLET 2012 ) http://www.silviacattori.net/article3416.htmlTout ce qu’ils nous disent sur la Syrie… est-il faux ? (11 JUILLET 2012) http://www.silviacattori.net/article3434.htmlLes crimes d’une prétendue « Armée syrienne libre » occultés par les médias traditionnels (24 JUILLET 2012) http://www.silviacattori.net/article3475.htmlNous n’avons plus de mots (1ER AOÛT 2012) http://www.silviacattori.net/article3481.htmlLe vrai visage des « gentils révolutionnaires » de l’ASL (2 AOÛT 2012) http://www.silviacattori.net/article3485.htmlRegardez... ce sont des monstres ! (5 AOÛT 2012 ) http://www.silviacattori.net/article3496.htmlSyrie : Un journaliste décrit les tortures perpétrées par d’impitoyables « rebelles » (16 AOÛT 2012) http://www.silviacattori.net/article3537.htmlUn médecin britannique parmi les "rebelles" allés faire la "guerre sainte" en Syrie (28 AOÛT 2012) http://www.silviacattori.net/article3592.htmlSyrie : L’arnaque Martine Laroche Joubert et Christophe Kenck (3 OCTOBRE 2012) http://www.silviacattori.net/article3761.htmlAprès la Libye, l’insupportable biais en faveur des bandes armées islamistes continue en Syrie (17 OCTOBRE 2012) http://www.silviacattori.net/article3829.htmlY a-t-il eu un massacre dans la ville syrienne d’Aqrab ? (16 DÉCEMBRE 2012) http://www.silviacattori.net/article4056.htmlSyrie : Comment l’Armée “libre” transforme ses captifs en kamikaze (24 AOÛT 2012 ) http://www.silviacattori.net/article3576.htmlSyrie : Les « révolutionnaires » de l’ASL en train de torturer (2 SEPTEMBRE 2012) http://www.silviacattori.net/article3626.htmlL’« armée syrienne libre » soutenue par l’Occident massacre les captifs (2 NOVEMBRE 2012 ) http://www.silviacattori.net/article3874.htmlL’Arabie Saoudite envoie ses condamnés à mort mené le "Jihad" en Syrie (11 DÉCEMBRE 2012 ) http://www.silviacattori.net/article4033.htmlLe Front Al-Nosra revendique le carnage de l’Université d’Alep (17 JANVIER 2013) http://www.silviacattori.net/article4142.htmlSyrie : Basma Kodmani n’est pas une simple « militante pro-démocratie » (4 SEPTEMBRE 2013) http://www.silviacattori.net/article3456.html
Voir : - Syrie : plus de 5.000 civils évacués de la ville d’Adra, 30 décembre 2013 http://www.silviacattori.net/article5226.html
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 ‘Whole families murdered’ : Syrian rebels execute over 80 civilians outside Damascus, 15 décembre 2013 http://rt.com/news/syria-adra-civilian-execution-289/
- Saudis want to turn Syria into ‘graveyard for minorities’, 17 décembre 2013
http://rt.com/op-edge/syria-fighting-saudis-uk-353/
- ‘Slaughtered like sheep’ : Eyewitnesses recount massacre in Adra, Syria, 17 décembre 2013
http://rt.com/news/adra-syria-massacre-witnesses-355/- Russia condemns Adra massacre, calls on world community to react, 18 décembre 2013 http://rt.com/news/russia-condemns-adra-massacre-406/Voir également :- Syrie : Un massacre nommé Adra, par Nahed Harrar, 16 décembre 2013 http://www.silviacattori.net/article5192.html

RUSSIE : LES GROUPES WAHHABITES CONTROLES PAR BANDAR ATTAQUE LA RUSSIE AVEC LA COMPLICITE DE LA CIA….Comment va réagir l’Etat russe ? Portera-t-il le combat contre les financiers saoudiens et qataris de ces groupes ?

Après avoir échoué à renverser le régime syrien, les groupes djihadistes et takfiris, d’inspiration wahhabites se retournent contre la Russie qu’ils tiennent pour responsable de leur déconfiture en Syrie. 
Les groupes terroristes d’inspiration wahhabites cherchent à perturber les Jeux Olympiques de Sochi à la réussite desquels tient énormément Vladimir Poutine, en perpétrant des attentats spectaculaires sur l’ensemble du territoire russe. Comme on vient de le voir dans la ville de Volgograd. Comment va réagir l’Etat russe ? Portera-t-il le combat contre les financiers saoudiens et qataris de ces groupes ?
Après avoir échoué à renverser le régime syrien, les groupes djihadistes et takfiris, d’inspiration wahhabites se retournent contre la Russie qu’ils tiennent pour responsable de leur déconfiture en Syrie. Le prince Bandar Bin Sultan, le tout puissant chef des renseignements saoudiens, et homme de lige de la CIA, qui a été reçu – à sa demande- à deux reprises par le président russe Vladimir Poutine, en moins d’un an, pour le convaincre, en vain, de lâcher Bachar al-Assad en contrepartie de juteux contrats, passe donc à la vitesse supérieure et utilise les groupes terroristes qu’il contrôle pour le faire plier, avec la bénédiction de la CIA. Tout cela à quelques semaines des Jeux olympiques d’hiver de Sotchi que certains dirigeants occidentaux, dont François Hollande qui vient de rendre une visite en Arabie saoudite d’où il a appelé à renverser Bachar al-Assad, ont d’ores et déjà annoncé qu’ils vont les boycotter. Pour le remplacer par qui ? Par la même nébuleuse jihadiste qui frappe aujourd’hui au cœur même de la Russie, plus justement la ville de Volgograd. Quelle sera la réaction du maitre du Kremlin à cet « affront » ? Va-t-il, comme certains analystes le pensent, porter le combat au cœur même du royaume wahhabite ? Connaissant la détermination de Poutine dans sa guerre implacable contre le terrorisme et ses financiers, c’est plus que probable. Selon des informations officielles russes publiées à la suite de la seconde rencontre entre Bandar et Poutine qui a eu lieu le 3 décembre 2013, «  Poutine et Bandar Sultan ont longuement évoqué le dossier syrien à la lumière des pourparlers de Genève II qui devront se tenir le 22 janvier. Ils ont échangé leurs points de vue pendant de longues heures sur ce sujet. » La situation en Iran et en Egypte y étaient discutée. Mais selon des sources russes officieuses, cette réunion s’était soldée par un échec total que ce soit sur le dossier syrien ou iranien. Elle a failli même tourner en une confrontation verbale peu diplomatique.
Bandar Bin Sultan avait cru intelligent de proposer à son hôte de freiner l’ardeur des groupes terroristes tchétchènes « qu’il contrôle, afin de laisser les jeux de Sotchi se dérouler normalement » (sic !)
La réaction de Poutine était immédiate et virulente. « Si les salafistes mettent les pieds en Asie Centrale, nous leur casserons les pieds.»
Les services russes s’attendaient donc à des attentats terroristes pendant cette période. Ils en avaient même déjoué quelques uns y compris à Moscou.
En choisissant la ville de Volgograd (Stalingrad de 1925 à 1961), située au bord de la Volga dans le sud de la Russie), symbole de la résistance héroïque contre le nazisme pendant la Deuxième guerre mondiale, les terroristes avaient voulu démoraliser l’opinion publique russe.
Dans sa dernière vidéo en ligne cet été, Dokou Oumarov, le chef tchétchène autoproclamé de la rébellion islamiste dans le Caucase russe, avait prévenu le président russe de l'imminence d'une vague terroriste à la veille des JO de Sotchi, au bord de la mer Noire et au pied des montagnes du Caucase.
Cliquez pour visionner la vidéo :
Quelques semaines avant la deuxième rencontre Poutine-Bandar, un premier attentat a eu lieu le 21 octobre 2013 dans un bus de Volgograd, provoquant la mort de 7 personnes et 30 blessés. Une femme de 30 ans, originaire du Daghestan (république du Caucase russe), serait la kamikaze. Naïda Assialova était l'épouse d'un jeune Russe de la banlieue de Moscou, Dmitri Sokolov, converti au wahhabisme et spécialisé dans la fabrication d'explosifs. Membre d'un groupe terroriste de Makhatchkala, capitale du Daghestan, Sokolov serait impliqué dans l'organisation de nombreux attentats dans la région. Selon le journal, c'est lui qui aurait "préparé" son épouse à cette attaque.
Le dimanche 29 et lundi 30 décembre, deux autres attentats qui semblent porter la marque du groupe jihadiste de Dokou Oumarov, ont eu lieu . Dimanche, au moins 17 personnes ont péri et une quarantaine ont été blessées lors d'une explosion à la gare de Volgograd. Lundi matin, 14 autres personnes ont été tuées et 28 blessées par un attentat-suicide qui a entièrement détruit un trolleybus au centre-ville.
La Russie n'avait plus connu d'attaque d'une telle ampleur depuis celle du 24 janvier 2011 à l'aéroport de Moscou-Domodedovo, qui avait fait 37 morts. L'attaque avait déjà été revendiquée par Oumarov. Dans les trois cas, la cible visée est un lieu public très fréquenté où sont morts des civils anonymes sans aucun lien avec les troubles au Caucase ou avec les JO.
Commentant ces attentats, Karim Bouali (journaliste du site algérien Algérie patriotique) écrit que « l’Occident mène une guerre à la Russie par terroristes interposés.» Et d’ajouter :
« Il serait difficile de ne pas déceler une coïncidence entre la série d’attentats terroristes en Russie et le soutien de ce pays à la Syrie et à l’Ukraine. Cette relation entre la dégradation de la situation sécuritaire en Russie et les événements qui secouent ces deux pays est d’autant plus plausible que Moscou persiste dans sa politique de résistance aux velléités hégémoniques occidentales. Il faut rappeler que l’UE essaye de peser de tout son poids pour pousser l’Ukraine à se jeter dans les bras de l’ogre européen, de sorte à affaiblir davantage une Russie qui s’est vu, ses dernières années, grignoter des espaces géostratégiques. Mais le Kremlin, qui semble se ressaisir, a fini par remporter le bras de fer en accordant à son voisin un prêt au moment où l’Europe tendait la perche à l’opposition ukrainienne, lui proposant une aide de 20 milliards d’euros, restée au stade de la promesse. Dans le dossier syrien, la Russie, comme la Chine, a réagi fermement aux tentatives occidentales de faire tomber le régime en place et lui substituer un pouvoir islamiste, financé par le Qatar et l’Arabie Saoudite, et armé par la France et la Grande-Bretagne. Toutes les tentatives de ce quarteron de pays de déboulonner l’inamovible Bachar Al-Assad ont été vouées à l’échec. Sur le plan diplomatique, le veto russe a rendu caducs les efforts effrénés de Paris d’imposer une résolution pour une intervention militaire de l’Otan en Syrie, comme ce fut le cas en Libye. Sur le plan militaire, l’envoi d’armes et d’agents secrets pour former la rébellion syrienne au terrorisme a été vain. L’armée syrienne continue de marquer des points grâce, entre autres, au soutien militaire de la Russie qui considère ce pays arabe comme un des derniers bastions face à l’influence de l’Ouest. Les derniers attentats terroristes de Volgograd, qui ont fait une trentaine de morts, sont une réponse à cette fermeté de Moscou que l’Occident veut briser à travers les bombes humaines, cette invention américaine expérimentée en Afghanistan et en Irak et exportée dans les zones où la guerre classique est défavorable aux armées occidentales. »
Source : Afrique Asie

dimanche 29 décembre 2013

TURQUIE : Scandale dans le scandale en Turquie,la Police d’Erdogan protége al-quaida ….. le pouvoir du premier ministre turc est en train de vaciller, ébranlé par un scandale politico-financier de grande ampleur qui a déjà entraîné la démission de trois ministres et un profond remaniement du gouvernement.


Le chef du gouvernement turc, Recep Tayyip Erdogan a fait beaucoup pour contribuer à la chute du régime syrien. Or, non seulement ce régime est toujours en place, avec Bachar al-Assad à sa tête, mais il a engrangé et continue à engranger des gains substantiels aussi bien sur le terrain politique que sur le terrain militaire.
Tandis que le pouvoir du premier ministre turc est en train de vaciller, ébranlé par un scandale politico-financier de grande ampleur qui a déjà entraîné la démission de trois ministres et un profond remaniement du gouvernement.
En admettant qu’il ne soit pas contraint à remettre sa démission, on voit mal, dans ces conditions, comment M. Erdogan pourrait briguer un mandat présidentiel lors des élections de 2014 d’autant, nous dit-on, que le mouvement religieux de Fethullah Gülen est entré en opposition ouverte contre lui (Gülen avait contribué à la victoire électorale d’Erdogan).
Le scandale ne se limite cependant pas à des affaires strictement turques mais concerne aussi l’action du gouvernement AKP (Parti de la Justice et du Développement) dans la Syrie voisine. En effet, parmi les personnes recherchées par la justice, on compte deux ressortissants Arabes présentés comme membres d’al Qaïda, c’est-à-dire en réalité des services secrets saoudiens.
Ces deux personnages sont actuellement en fuite, une fuite qui a été permise par une police dirigée désormais par des fidèles du gouvernement et qui se permet de ne pas appliquer les ordres des magistrats.
Yusuf Al Qadi et Osama Khoutub ne menaient pas une existence clandestine en Turquie où ils avaient au contraire l’oreille de hauts responsables politiques .
Il fallait bien ça pour organiser le transit de ces milliers de combattants européens vers le champ de bataille syrien. (Djazaïri)
Selon nos informations, Yusuf Al-Qadi et Osama Khoutub qui sont liés à al Qaïda et figurent parmi les suspects dans une importante affaire de corruption, auraient fui la Turquie après que le Parti de la Justice et du Développement (AKP au pouvoir) a bloqué une descente de police mercredi, la police d’Istanbul ayant refusé d’exécuter les ordres donnés par des magistrats afin d’arrêter plusieurs suspects dans le second volet de l’enquête.
Le bureau du procureur d’Istanbul a ordonné l’arrestation de 30 suspects, dont un certain nombre de parlementaires et d’hommes d’affaires. Le département de police d’Istanbul, qui a connu une vaste purge au niveau de ses officiers supérieurs la semaine dernière, ne s’est cependant pas conformé aux instructions.
Les informations de presse laissent entendre que quand la liste des 30 suspects a été révélée aux médias mercredi, certains des suspects ont pris des mesures de précaution pour éviter de laisser des éléments à charge contre eux en cas de descente de police chez eux où dans leurs bureaux.
Et certains suspects ont fui la Turquie, dont les agents d’al-Qaïda pour la Turquie, Al Qadi et Khoutub, après que le gouvernement a bloqué l’enquête par le truchement de chefs de la police récemment nommés qui ont refusé de se conformer à la décision de justice.
Le procureur Muammer Akkaş, qui conduisait la deuxième phase de l’enquête, a été dessaisi du dossier. « L’ensemble de mes collègues et l’opinion publique devraient savoir qu’on m’a empêché en tant que procureur d’effectuer l’enquête, » a expliqué jeudi le procureur dans une déclaration, ajoutant qu’une entrave à l’action judiciaire a été exercée aussi bien par le bureau du procureur général que par la police, donnant ainsi l’occasion aux suspects de détruire les preuves.
Akkaş a déclaré que malgré la délivrance de mandats d’arrêt et de perquisition à l’encontre des suspects et leur transmission mercredi matin aux services de police d’Istanbul, ces derniers n’ont pas respecté ses ordres.
« En n’appliquant pas les décisions de justice, les chefs de la police ont commis un délit. Une occasion a été offerte aux suspects de prendre des dispositions, de fuir ou d’altérer des éléments à charge, » a-t-il dit.
Les avoirs en Turquie de l’homme d’affaires saoudien Al Qadi ont été gelés après sa désignation comme financier du terrorisme international. Des articles de presse observent que le suspect appartenant à al-Qaïda est autorisé à entrer librement en Turquie et a accès à des diplomates et à des responsables sécuritaires de haut niveau, comme le sous-secrétaire des services de renseignements (MİT) Hakan Fidan.
Selon des allégations, l’ancien ministre de la justice Sadullah Fergin, qui a quitté son poste mercredi suite à un important remaniement ministériel, avait demandé au procureur général de la république de fermer le dossier.
Source : Today’s Zaman (Turquie) 26 décembre 2013
Traduction et source :
http://mounadil.wordpress.com/2013/12/28/scandale-dans-le-scandale-en-turquie-la-police-protege-al-qaida/
Eaman (Turquie) 26 décembre 2013 - traduit de l’anglais par Djazaïri

Les Saoudiens savent ce qu’ils font….« Ils sont, en fait, très fort pour exporter le chaos afin de maintenir l’ordre chez eux. »

La théorie du « retour de flamme » concernant les Saoudiens et leur rôle dans la guerre syrienne n’est pas forcément bonne, selon Gary Brecher (1). Selon cette théorie, l’Arabie saoudite joue un dangereux double jeu – fermant les yeux sur les jihadistes dont elle favorise le passage en Syrie et assurant, en même temps, les Occidentaux de son implication dans la guerre contre le terrorisme. Mais, toujours selon cette théorie, elle a subi un « retour de flamme » lorsque les Jihadistes, dont Ben Laden, ont quitté l’Afghanistan et elle risque d’en subir un nouveau dans un avenir proche, lorsque les mêmes Jihadistes reviendront de Syrie.
Selon Gary Brecher, cette théorie est erronée, fondée sur le principe que les Saoudiens sont des « riches idiots jouant avec des choses trop puissantes pour qu’ils puissent en garder le contrôle ». Ce qui est totalement faux. Selon lui, les Saoudiens savent parfaitement ce qu’ils font. « Ils sont, en fait, très fort pour exporter le chaos afin de maintenir l’ordre chez eux. » Ce qui explique pourquoi « ils sont encore au pouvoir et domine la péninsule arabique après un siècle, et après avoir enterré un tas de groupes plus modernes dont les Al Rashidi qui étaient plus cosmopolites, tolérants et adaptables. »
Puis, explique Gary Brecher, il y eut le communisme. Personne ne se souvient qu’il y a 50 ans, il y existait au Moyen-Orient une foule d’Arabes formé à l’université, intelligents, et marxistes qui étaient en train de balayer les vieilles monarchies. « Aujourd’hui, les derniers marxistes en Syrie représentent une milice très réduite qui combat avec Assad contre un raz-de-marée jihadiste sunnite. »
« Le Ba’ath qui avait sécularisé et modernisé le monde arabe, a vu son idéologie disparaître complètement, si bien que même ceux qui combattent pour les soi-disant ba’athistes comme Assad combattent ouvertement pour leur secte et non pour le socialisme panarabe. Le Moyen Orient a été « saoudisé » tandis que nous observions et ricanions sur ces Saoudiens ridicules qui ne comprenaient pas le progrès. Il ne faut pas s’étonner qu’ils se soient contentés de jouer aux crétins. Si nous les avions pris sérieusement en considération, ils auraient été terrifiés. »
Les Saoudiens, dit Gary Brecher, ont la grande capacité à aller jusqu’au bout. Par exemple, ils ne se contentent pas de « fermer les yeux » sur les jeunes Jihadistes qui partent au combat, ils les encouragent. Ainsi, font-ils d’une pierre deux coups. Ils se débarrassent d’un danger et l’exportent ailleurs, créant souffrance et chaos. « Ils ont envoyé de l’argent, des sermons et des volontaires en Afghanistan, en Bosnie et dans le Nord-Caucase russe tout comme ils le font, aujourd’hui, en Syrie. C’est un deal, si vous voulez de l’argent, vous devez accepter le Wahabisme et ses volontaires. Et cela marche. »
C’est ce qui s’est passé en Tchétchénie où les volontaires saoudiens ont montré qu’ils étaient des guerriers et des religieux sérieux, contrairement aux imams quasiment cooptés par les Soviétiques que les Tchétchènes avaient connus auparavant. Des Saoudiens comme Ibn al-Khatab, Abu al-Walid, et Muhannad (tous noms de guerre) ont offert le seul vrai travail qu’un jeune pouvait avoir en Tchétchénie et ont embourbé les Tchétchènes dans une guerre interminable qui a fait environ 160 000 morts, a forcé les femmes à vivre dans l’isolement à la saoudienne, et finalement mis le pays sous le contrôle de Ramzan Kadyrov, commandant d’escadrons de la mort de seconde génération.
C’est là le résultat typique de l’aide saoudienne : un désastre pour les bénéficiaires, les Tchétchènes, et leurs ennemis, les Russes, mais un gain immense pour l’Arabie saoudite. La même chose se passe dans le reste du Nord-Caucase russe, particulièrement au Daghestan où les parents des auteurs de l’attentat du Marathon de Boston vivent. L’un des aspects de cette victoire est l’élimination d’hommes jeunes, potentiellement fauteurs de troubles, qui auraient pu agir en Arabie saoudite. Les trois principaux chefs jihadistes, Khattab, Walid et Muhannad sont morts de mort violente. L’Irak et la Syrie sont et continuent d’être des victoires stratégiques à peu de frais pour l’Arabie saoudite. Le prix payé par ceux qui vivent dans ces pays est élevé, mais à Riyadh, on s’en moque.
(1) Par : Gary Brecher ((Source Pandodayly)
http://pando.com/?s=Saudis&;submit=Search&orderby=date&order=DESC

jeudi 19 décembre 2013

Lettre de Bahar Kimyongür à l’opinion, rédigée en prison 10 décembre 2013….Nous revoilà repartis pour un tour... En attendant ma libération, je remercie de tout cœur les milliers d’amis sur qui je peux toujours compter dans les moments heureux comme dans les moments difficiles et qui une fois encore, se sont mobilisés pour soutenir ma famille et porter haut l’étendard de nos idéaux communs.

À propos des conditions de détention
Casa Circondariale di Bergamo, 6e jour de détention

 « (...) Pour être honnête, ma cellule est une horreur. On dirait que tous les vents polaires s’y sont donnés rendez-vous. La "vitre" est un plexi irrégulier, incurvé qui ne tient avec du silicone que d’un seul côté. Un tiers de la "vitre" manque à l’appel. La partie manquante est couverte de pages de journal collées avec du dentifrice.
Pareil pour la petite salle de douche. Là, il manque carrément une vitre. Une lourde porte métallique sépare les deux pièces. Pour l’ouvrir, il faut la porter car elle a subi des dégradations. Comme elle ne se referme pas complètement, il y a un courant d’air permanent dans la cellule.

Notre lit superposé est composé de trois étages. La cellule où je me trouve est une cellule dite "d’accueil". Elle n’a pourtant rien d’hospitalier. En rentrant en prison, on m’a fait croire que l’on pouvait choisir une cellule "non fumeurs". Cette option se trouvait dans le formulaire d’accueil et naturellement, je l’ai cochée. Mais en raison de la surpopulation, les non fumeurs son obligés de partager leur cellule avec des fumeurs. Les conditions sanitaires son exécrables. Je n’ai pu balayer ma cellule crasseuse qu’au sixième jour de ma détention, c’est-à-dire aujourd’hui.

Ma cellule est un vrai moulin. Quatre détenus y ont déjà transité en 6 jours : Silvio, un colérique de 50 ans arrêté pour avoir battu son frère et ses parents. Monsieur Carbonara de Bari, un sexagénaire accusé de vol et libéré hier après moins de 48h de détention. Aujourd’hui, un jeune ressortissant marocain condamné pour trafic de drogue a débarqué.

Depuis hier, je partage ma cellule avec Stefano, un Roumain de 25 ans père d’un petit garçon de 3 mois. Il est très aimable, abattu par ce qui lui arrive et un peu timoré. Il a peur par exemple d’aller prendre l’air. A propos, "aria", la cour en principe destinée à prendre l’air, est un véritable fumoir. Quand une quarantaine de détenus fument en même temps, on n’a pas vraiment l’occasion de profiter de l’air pur qui nous vient des Alpes...

Ah oui, je dois aussi te parler du "café". On s’imagine qu’en Italie, même en prison, on a droit à du café italien... eh bien non. Au pays de l’espresso et du cappuccino, le café de la prison est un liquide trouble servi à la louche ! Tellement répugnant que je n’en ai plus repris depuis le premier matin.

Dans notre cellule, il n’y a qu’une petite table basse et un tabouret cassé, pour trois. Les murs sont sales, les sanitaires sont sales, le sol est sale. Alors, on se réfugie sous le drap de son lit comme on se cramponne à un radeau au milieu d’un naufrage.

Quand tu t’embarques dans une galère italienne, tu reçois un kit de survie incomplet. Pas de serviette. Pas de lingerie. Pas de chaussettes. C’est l’église catholique qui complète le kit. Encore faut-il pouvoir décrocher un rendez-vous avec le "prete", l’aumônier.

En cellule la seule "friandise", c’est le téléviseur. Il faut tordre le câble de mille et une manières pour pouvoir décrypter l’une des huit chaînes italiennes que nous sommes censés capter (...). »

Casa Circondariale di Bergamo, 10e jour de détention

Après les Pays-Bas, la Belgique et l’Espagne, c’est à l’Italie de m’ouvrir ses portes de fer et de les refermer aussitôt, cette même Italie où j’ai séjourné une quarantaine de fois sans le moindre souci malgré le mandat d’arrêt international lancé il y a 10 ans par un tribunal d’Ankara.

Aux Pays-Bas, mon arrestation survint alors que je circulais en voiture sur l’autoroute dans la périphérie de La Haye.
En Belgique, où j’ai subi un procès pénal inutile et coûteux qui a empoisonné quatre années de ma vie, le parcours fut plus classique : du tribunal de Gand à la prison de Gand.

En Espagne par contre, la police manifestement plus inspirée, m’a arrêté à l’intérieur de la Cathédrale de Cordoue avec ma femme et mes deux enfants.

En Italie, les unités de la DIGOS m’ont cueilli à l’aéroport Orio al Serio quelques minutes après l’atterrissage de mon avion en provenance de Charleroi. Les agents italiens m’ont ensuite emmené à la prison de Bergame où je croupis depuis une dizaine de jours dans des conditions indignes.

En provoquant ces arrestations en chaîne, les autorités turques espèrent m’intimider, me décourager, me fragiliser financièrement et faire douter les nombreux amis et camarades qui me soutiennent.

Pour banale qu’elle soit, la privation de liberté n’en est pas moins un châtiment d’une violence extrême dont les premières victimes sont les familles, en particulier les enfants.

Âgés de 3 et 5 ans, mes enfants comprennent des tas de choses.

Mais ils ne peuvent comprendre ni accepter que leur papa qui leur enseigne les règles de la vie en société, les valeurs humaines telles que l’honnêteté, la justice, l’amour et la solidarité, soit sans cesse puni à cause de ses écrits. Même les adultes ne peuvent comprendre un pareil acharnement.

Le sentiment d’injustice qui germe dans le cœur de mes enfants à cause du malheur insensé et irrationnel qui leur arrive ne peut que leur causer des blessures psychiques graves.

Il serait trop facile de jeter la pierre sur le seul régime turc et de dédouaner les États européens « victimes » de simples dysfonctionnements administratifs. Le monde a vu la férocité assumée et revendiquée de la police d’Erdogan lors de la révolte de la place Taksim durant l’été dernier.

L’Europe toute entière s’en est indignée. Cela n’a pas empêché les polices européennes de jouer les janissaires du sultan Erdogan.

A quoi bon être innocenté par la justice européenne si des forces de police européennes se mettent aux ordres du régime néo-ottoman et piétinent les décisions de cette même justice ?

Pourquoi un juge italien m’empêche de voyager, alors qu’un juge espagnol m’y autorise ?

Comment est-il possible qu’un organisme comme Interpol puisse se placer au-dessus des lois et échapper à tout contrôle ?

De quel droit Interpol se permet de convertir un signalement arbitraire et abusif en peine à perpétuité ?

Comment se fait-il qu’un régime comme celui d’Ankara qui chaque jour accueille des bataillons entiers de terroristes massacrant le peuple syrien, soit considéré comme un partenaire de l’Europe dans la lutte contre le terrorisme ?

Mes mésaventures auront eu au moins le mérite de faire la lumière sur certains côtés sombres de nos démocraties super-maxi-ultra-plus qui lavent toujours plus blanc que blanc.

En attendant ma libération, je remercie de tout cœur les milliers d’amis sur qui je peux toujours compter dans les moments heureux comme dans les moments difficiles et qui une fois encore, se sont mobilisés pour soutenir ma famille et porter haut l’étendard de nos idéaux communs.

Bahar Kimyongür




mardi 17 décembre 2013

Sommet de l’Elysée pour la Paix et de la Sécurité en Afrique : Les vieux chevaux de la Françafrique de retour….« la France n’encourage pas une démocratie pourtant souhaitée par les peuples de ses ex-colonies. Au contraire, Paris renforce et consolide ses intérêts dans ses mêmes pays. Et, s’il le faut elle n’hésite pas à déstabiliser les nationalistes qui trouvent inadmissible que les richesses du colonisé continuent de nourrir le colonisateur. Nous, nous voulons une Afrique forte qui interdise le pillage de ses ressources. » Jacob Zuma.

Les grands-messes franco-africaines baptisées « sommets » n’ont d’autre but que de resserrer les liens immémoriaux de la Françafrique et de donner l’occasion à tous ces diplomates de faire renouveler leurs vaccins… Une certitude, le thème choisi pour ce colloque des colloques qui se tient les 6 et 7 décembre à Paris, « La paix et la sécurité en Afrique », va accoucher avant terme d’un monstre mort-né. Ni la paix ni la sécurité ne vont s’améliorer demain sur ce continent déchiré. Dès le lendemain du sommet, les belles paroles seront oubliées. Comment sérieusement discuter « paix et sécurité » avec des experts de la dimension de Déby, Sassou-Nguesso, Kabila, Aziz et compagnie, des dictateurs qui oppriment aussi bien « leurs » peuples que ceux des voisins ? Avec un aussi large « casting », il aurait été mieux venu de faire un sommet sur la torture et la corruption. Sur ces dossiers, les experts ne manquent pas.
En réalité François Hollande est victime du syndrome de Tomboctou, où il a vécu « le plus beau jour de sa vie ». Soudain, le nid de vipères de la Françafrique, à ses yeux haïssable, est devenu un club d’amis, de présidents estimables et tellement efficaces, comme le chien de meute pour chasser le djihadiste. Oubliés les crimes de Déby, Sassou, Aziz ou Kabila, on ne dévore pas une omelette de salafistes sans casser les œufs de la démocratie.
En matière de coopération les idées du Président de la République fonctionnent selon le principe du « tout est dans tout et inversement ». Hollande n’a-t-il pas déclaré le 1er mars 2013 : « Il n’y a pas de développement sans sécurité et pas de sécurité sans développement ». Rien sur l’absence de priorités géographiques de la France en Afrique, rien sur l’éparpillement des responsabilités ministérielles à Paris. Quand ils parlent de ce continent si riche, nos deux derniers Présidents sont aussi opportuns et compétents que Coluche au Collège de France, l’un n’a pas vu « l’Afrique entrer dans l’histoire », et l’autre ne connaît rien à l’histoire de l’Afrique.
Mais alors, pourquoi s’agiter soudain autour de ceux-là qui sont le plus souvent des potentats et présidents à vie ? Pour deux raisons, la chasse aux djihadistes déjà évoquée, mais aussi rattraper, si faire se peut, la fuite des richesses et du commerce africain qui tournent les yeux vers l’Asie. Sur un continent dont la croissance pousse de 10 % chaque année, la part des échanges France-Afrique a dégringolé de plus de 50 % en 11 ans, passant de 10 % à 4,7 %...
Pendant des lustres, dans une Afrique francophone faussement décolonisée, les commerçants et ingénieurs français ont imaginé que, pour l’éternité, l’Africain allait rouler français. Ces maîtres blancs du bazar savaient ce qui était bon pour l’indigène, la « 404 » et la Mobylette bleue. Puis les Japonais sont arrivés avec des Honda et des Toyota, et aujourd’hui les Coréens et les Chinois… Et les hommes d’affaires français, trop habitués à des marchés « réservés » et vérolés par la corruption, n’y comprennent plus rien. Eux qui se régalaient dans le pillage des ressources naturelles et l’aménagement d’infrastructures payées par la Communauté internationale. Au Quai d’Orsay, les experts trouvent ces indigènes francophones si injustes envers le colonisateur, et si imprévisibles, qu’un lobby diplomatique pousse Hollande à se pencher plutôt vers l’est du continent, où l’herbe est forcément plus verte…
Pour régler l’horloge de la France-Afrique nouvelle, Hollande a mandé un expert qui ignore tout du sujet : Hubert Védrine. Avec ce fonctionnaire qui pantoufle chez LVMH, le commerce n’a qu’à bien se tenir. Las, des témoins atterrés ont assisté à l’enquête de savoir-faire économique de l’ancien ministre des Affaires étrangères. Ils ont constaté que l’homme du luxe n’a questionné que les représentants de trusts industriels et bancaires et de grandes organisations internationales. Et les entrepreneurs africains sont restés sur le banc, leur avis n’ayant pas de sens pour Védrine et son rapport.
Jacob Zuma, le président d’Afrique du Sud, qui a décidé de boycotter la grand-messe de Paris, a une opinion très rude sur la politique française. Dans un propos tenu en « off », mais dont la teneur a néanmoins été divulguée, Zuma estime que « la France n’encourage pas une démocratie pourtant souhaitée par les peuples de ses ex-colonies. Au contraire, Paris renforce et consolide ses intérêts dans ses mêmes pays. Et, s’il le faut elle n’hésite pas à déstabiliser les nationalistes qui trouvent inadmissible que les richesses du colonisé continuent de nourrir le colonisateur. Nous, nous voulons une Afrique forte qui interdise le pillage de ses ressources. » On comprend pourquoi Hubert Védrine n’a pas consommé de carbone pour se rendre à Pretoria.
Jacques Marie Bourget
Source : http://www.librafrique.org/lire/editos/lheritage-de-mandela#a-les-vieu...
Mondafrique.com



lundi 16 décembre 2013

Georges Ibrahim Abdallah : La détention arbitraire !


Le Groupe d’action des Nations unies  sur la détention arbitraire a émis un avis consultatif durant sa 67ème session, estimant que la détention de Georges Ibrahim Abdallah dans les prisons françaises ne peut être qualifiée d’arbitraire. Cet avis a été émis suite à une plainte déposée par le Centre Khiam pour la réhabilitation des victimes de torture et le Collectif international pour la libération de Georges Ibrahim Abdallah devant les Nations unies contre le gouvernement français, sur fond de détention du combattant libanais, au mépris de la décision judiciaire du la Cour d’appel en faveur de sa libération. A l’époque, la campagne menée en signe de solidarité avec le détenu Georges Abdallah, était à son apogée. Le ministre français de l’Intérieur, Manuel Valls, détenait Abdallah en otage sans aucune justification juridique, utilisant son pouvoir discrétionnaire pour s’abstenir de signer l’arrêté d’expulsion. En même temps, la ministre française de la Justice, Christiane Taubira, avait intenté un deuxième appel contre la décision du Tribunal d’application des peines (TAP) de Paris, lequel avait approuvé le 21 novembre 2012 la libération conditionnelle de Georges Abdallah.
Il était clair que le gouvernement français faisait le siège de la justice française de tous côtés, se pliant aux desideratas du président Obama qui s’est opposé à la décision de la remise en liberté de Abdallah. Le Groupe d’action des Nations unies sur la détention arbitraire était censée demander au gouvernement français, dans les jours qui ont suivi la déposition de la plainte, des clarifications concernant l’affaire. Toutefois, il aura fallu attendre jusqu’au 20 juin 2013 pour que le secrétaire du groupe, Miguel de La Lama, demande au gouvernement français de fournir des réponses aux «allégations» qui lui ont été rapportées, et ce suite à l’insistance du Collectif international pour la libération de Georges Abdallah et de la délégation permanente du Liban auprès des Nations unies à Genève. Le responsable onusien avait argué à l’époque du fait que le dossier n’était pas complet. La partie française a expliqué à l’instance onusienne la procédure juridique suivie par la justice française dans l’affaire Abdallah. Cependant, suite à une délibération, il a été décidé de ne pas qualifier «d’arbitraire» la détention de Georges Abdallah.
Al Akhbar (Quotidien libanais proche du 8-Mars)