lundi 2 décembre 2013

SYRIE : L'offensive israélo-saoudienne pour briser le blocus de la Ghouta est un échec…… le plan de l'offensive a été préparé par une chambre d'opération commune saoudo-israélo-américaine, installée en Jordanie, où les mercenaires ont été formés par des instructeurs de la CIA et financés par les pétrodollars saoudiens.


La dernière tentative désespérée de briser le blocus imposé depuis sept mois par l'Armée arabe syrienne à la Ghouta orientale, à l'est de Damas, est une opération montée de A à Z par les Saoudiens, les Américains et les Israéliens.
L'offensive a été lancée le vendredi 22 novembre par des milliers de mercenaires syriens et étrangers, venus en grande partie de Jordanie. Leur objectif était de reprendre la localité stratégique de Oteiba, située à 30 kilomètres au sud-est de la capitale, et qui abritait le quartier général des rebelles armés pour la province de Damas.
Selon diverses sources d'informations, le plan de l'offensive a été préparé par une chambre d'opération commune saoudo-israélo-américaine, installée en Jordanie, où les mercenaires ont été formés par des instructeurs de la CIA et financés par les pétrodollars saoudiens. La colonne a ensuite pénétré en Syrie en empruntant des routes désertiques grâce à des photos-satellite. A l'approche de la colonne de la Ghouta orientale, les Israéliens ont lancé une vaste opération de brouillage des télécommunications des troupes de l'Armée arabe syrienne, qui défendent la région. Les unités de l'armée se sont retrouvées ainsi coupées de leur commandement et les contacts entre elles étaient également très perturbées. C'est alors que les mercenaires ont lancé leur attaque, alors que simultanément les rebelles encerclés à l'intérieur de la Ghouta ont tenté une sortie.   
En tout, quelque 5000 hommes se sont jetés sur les positions de l'Armés arabe syrienne pour tenter de briser le blocus de la Ghouta orientale. Malgré leur nombre, l'armement lourd fourni par leur opérateurs saoudiens et le soutien logistique apporté par les Israéliens, les rebelles n'ont pris que quelques positions et check-points de l'armée dans cinq ou six villages, au prix de plus de 300 morts, dont près du tiers ne sont pas de nationalité syrienne.
Après avoir stabilisé la ligne de front, l'armée régulière syrienne et l'Armée de défense nationale ont lancé une contre-offensive pour reprendre le terrain perdu et empêcher les mercenaires de consolider leurs positions dans les régions où ils ont pénétré. Malgré deux autres offensives lancées en début de semaine, les rebelles n'ont pas réussi à améliorer leur situation.
Les experts de tous bords confirment l'échec de cette "offensive israélo-saoudienne", dont l'objectif militaire était de reprendre la localité de Oteiba. Au niveau politique, cette attaque est une tentative désespérée des Saoudiens d'améliorer la position inconfortable de leurs agents et collaborateurs qui représenteront ladite opposition syrienne à la conférence de Genève 2, le 22 janvier 2014.
Selon des sources bien informées, les Etats-Unis ont accordé un délai de deux mois aux Saoudiens pour qu'ils tentent, une énième fois, de modifier les rapports de force sur le terrain. Hystériques, les Saoudiens ne cachent plus leur participation directe à la guerre contre la Syrie. Des sources fiables affirment que les extrémistes saoudiens combattants dans les rangs des rebelles s'élèvent à plusieurs milliers. Beaucoup sont des militants d'Al-Qaïda qui étaient emprisonnés en Arabie saoudite et qui ont été libérés sous la condition qu'ils iraient se battre en Syrie pour "établir le califat islamique". Ces mêmes sources estiment à 300 le nombre de Saoudiens tués dans les rangs des rebelles, alors que des dizaines d'autres ont été capturés par l'Armée arabe syrienne. 
De nombreux saoudiens ont également été tués, ces deux dernières semaines, lors des combats dans la région du Qalamoun, à la frontière avec le Liban, où l'Armé arabe syrienne a pris les villes de Qara et Deir Attiya, ainsi qu'une grande partie de la ville de Nabak. Parmi les morts saoudiens figurent le dénommé Mutlak al-Mutlak, le fils d'un officier de la garde royale saoudienne.
Source : TENDANCES DE L’ORIENT

dimanche 1 décembre 2013

Plainte contre Laurent Fabius en Cour de Justice…..en sa qualité de ministre des Affaires étrangères, a commis des abus d’autorité visant à délégitimer les Syriens luttant contre le terrorisme et à légitimer, voire à légaliser, l’usage du terrorisme contre des civils…


Trois citoyens syriens ont déposé une plainte devant la Cour de Justice de la République française contre Laurent Fabius, pour complicité de menaces de mort, de violation de domicile, de dégradation et de destruction, de mutilation, d’assassinat, de séquestration, d’enlèvement, de détention et d’atteinte à l’intégrité du cadavre à raison de sa supposée non-appartenance à une religion déterminée.
Les plaignants, Mme Al Kassem, MM. Al Ibrahim et Salim, considèrent que M. Laurent Fabius, en sa qualité de ministre des Affaires étrangères, a commis des abus d’autorité visant à délégitimer les Syriens luttant contre le terrorisme et à légitimer, voire à légaliser, l’usage du terrorisme contre des civils en raison de leur supposée non-appartenance à l’islam sunnite.
Ils sont défendus par un Collectif international d’avocats, dont plusieurs membres se sont rendus en Syrie et ont pu y constater les crimes commis par les jihadistes internationaux soutenus par M. Laurent Fabius [1].
La Cour de Justice de la République est l’instance constitutionnelle apte à juger les crimes commis par des ministres dans l’exercice de leurs fonctions.
[1] • « Appel d’un collectif d’avocats pour la paix en Syrie », 3 mars 2013.
• « La Syrie, attaquée de toutes parts, résiste », par Bernard Ripert, Damien Viguier, Fabrice Delinde, Pascal Junot, Réseau Voltaire, 15 octobre 2013.

mardi 26 novembre 2013

Iran : Hollande et Fabius obligés de manger leur chapeau. C’est bon ?...... aujourd’hui Fabius et Hollande, ceux-là mêmes qui se vantaient la semaine dernière à Jérusalem d’avoir torpillé les premiers pourparlers de Genève, célébrer la signature de l’accord …. a quelque chose de comique.


« Allez, fais pas la gueule »,
semble dire le ministre iranien à ce lamentable Fabius.
Tout fiers de servir de serpillères à Israël la quinzaine dernière, le couple Hollande-Fabius a dû avaler une couleuvre de plus, dimanche, en constatant l’échec de ses manœuvres pour faire capoter le compromis américano-iranien sur le nucléaire.
Au grand dam d’Israël, qui réclame depuis des années à Washington la permission d’agresser l’Iran –éventuellement même avec des bombes atomiques-, les pourparlers de Genève entre l’Iran et les « 5+1 » + UE (Etats-Unis, Chine, France, Russie, Royaume-Uni et Allemagne, plus la représentante de l’Union européenne Catherine Ashton) ont en effet abouti samedi, et un accord a été signé.
Aux termes (tels que rendus publics par les Etats-Unis) de cet accord d’une durée initiale de six mois, l’Iran conserve le droit de procéder à l’enrichissement d’uranium, à des taux compatibles avec le développement du nucléaire civil et non militaire, rouvre la porte de plusieurs de ses centres aux inspecteurs de l’Agence Internationale de l’Energie Atomique (AIEA), et gèle la construction d’un centre de production de plutonium (autre substance radioactive, obtenue à partir de l’uranium, et pouvant avoir un usage aussi bien civil que militaire).
En contrepartie, l’Iran, soumis à un embargo américain depuis la révolution de 1979 et international depuis une dizaine d’années, obtient un desserrement partiel des sanctions économiques qui l’étranglent, et pourra remettre la main sur 7 des 100 milliards de dollars de ses avoirs qui lui sont actuellement confisqués par les puissances occidentales.
Rappelons que l’Iran, signataire du Traité de Non Prolifération Nucléaire (TNP), a toujours démenti vouloir se doter de la bombe –arme que possèdent, outre Israël, les principaux pays qui menacent Téhéran, tels la France et les Etats-Unis-, mais revendique de pouvoir, comme de nombreux autres, développer une industrie nucléaire.
Et qui dit industrie nucléaire dit aussi enrichissement de l’uranium, car on ne fait plus tourner une centrale nucléaire avec de l’uranium naturel.
La France est particulièrement bien placée pour le savoir : c’est en effet avec de l’argent prêté par l’Iran (eh oui !) qu’elle avait créé dans les années 1970 sa grande usine d’enrichissement de l’uranium (appelée aujourd’hui usine Georges Besse, au Tricastin, dans la vallée du Rhône), et aujourd’hui encore, l’Iran reste actionnaire à 40 % de la société franco-iranienne Sofidif, dont l’objet est précisément … l’enrichissement de l’uranium.
Seulement, avant de se vautrer dans les bras de Netanyahu comme ils l’ont fait la quinzaine dernière, les dirigeants français ont perpétré une longue série de mauvais coups contre l’Iran.
Laurent Fabius y a eu sa part. L’actuel ministre des Affaires étrangères est en effet déjà en responsabilités, en 1981 (ministre du Budget puis de l’Industrie dans les premiers gouvernements de François Mitterrand, il en deviendra Premier Ministre de 1984 à 1986), lorsque la France refuse de rembourser son argent à l’Iran, refuse ensuite de lui fournir de l’uranium enrichi, et, pire que tout, arme à outrance l’Irak de Saddam Hussein dans sa guerre d’agression contre l’Iran (l’armée de l’air française allant puiser dans ses propres stocks pour servir son homologue irakienne, lui fournissant ses missiles les plus perfectionnés pour détruire les puits de pétrole iraniens).
Alors voir aujourd’hui Fabius et Hollande, ceux-là mêmes qui se vantaient la semaine dernière à Jérusalem d’avoir torpillé les premiers pourparlers de Genève, célébrer la signature de l’accord (pour un peu, ils diraient que c’est grâce à eux) a quelque chose de comique.
CAPJPO-EuroPalestine


Bernard-Henri Lévy et la destruction de la Libye…..Kadhafi n’était pas un champion des droits de l’homme. Mais Lévy, lui, n’est pas philosophe. Un élément fondamental de tout vrai philosophe est la cohérence morale. Lévy n’en a point.


Lévy, qui apparaissait parfois comme le défenseur le plus en vue d’une guerre contre la Libye, a largement disparu des feux de la rampe dans le contexte libyen. Il est peut-être en train d’instiguer des troubles dans un autre endroit, au nom de sa douteuse philosophie. Il a accompli sa mission en Libye, qui se trouve à présent dans la pire situation jamais atteinte sous le règne de Kadhafi.
Si le Premier ministre Benjamin Netanyahou est « le juif le plus influent du monde entier », B.-H. Lévy est le numéro 45, selon un article publié dans le Jerusalem Post le 21 mai 2010. D’après les critères du Post, Lévy arrivait deux places seulement derrière Irving Moskowitz, « un magnat de presse établi en Floride et considéré comme le soutien principal de la construction juive à Jérusalem-Est ».
Proclamer qu’au mieux Lévy est un imposteur intellectuel, c’est rater la logique claire qui semble unifier toutes les activités de cet homme, travail et écrits. Il semble obsédé à « libérer » les musulmans, de la Bosnie au Pakistan, de Libye et d’ailleurs. Néanmoins on ne peut parler d’une obsession saine émanant d’un amour ouvert et d’une fascination pour leur religion, leur culture et leur infinité de modes de vie.
"Un Messie qui ne craint pas de promouvoir la violence pour le plus grand bien de l’humanité"
Tout au long de sa carrière difficile à cerner, Lévy a fait beaucoup de mal, quelquefois en servant de laquais aux hommes de pouvoir, d’autres fois en menant ses propres croisades. Il est un grand partisan de l’intervention militaire, et son profil est semé de références à des pays musulmans et à des interventions militaires, de l’Afghanistan au Soudan et finalement à la Libye.
Dans le New York magazine du 26 décembre 2011, Benjamin Wallace-Wells parlait du « philosophe » français comme d’un "Messie qui ne craint pas de promouvoir la violence pour le plus grand bien de l’humanité".
Dans l’article “European Superhero Quashes Libyan Dictator”, Wallace-Wells écrivait sur « le philosophe [qui] a réussi à pousser le monde à écraser un vilain méchant ». Le méchant en question est bien sûr Mouammar Kadhafi, le dirigeant libyen qui fut renversé et massacré après qu’il aurait été sodomisé par des rebelles lors de sa capture en octobre 2011.
Une analyse détaillée par le Global Post de l’agression sexuelle contre le dirigeant de l’un des principaux pays africains fut publiée par CBS News et par d’autres médias.
Lévy, qui apparaissait parfois comme le défenseur le plus visible d’une guerre contre la Libye, a largement disparu des feux de la rampe dans le contexte libyen. Il est peut-être en train d’instiguer des troubles dans un autre endroit, au nom de sa douteuse philosophie. Il a accompli sa mission en Libye, qui se trouve à présent dans la pire situation jamais atteinte sous le règne de Kadhafi. Le « mauvais dictateur » a été vaincu, c’est chose faite.
Peu importe si le pays est à présent divisé entre tribus et milices, et si le Premier ministre « post-démocratique », Ali Zeidan, a récemment été enlevé par une milice ingérable, pour être ensuite libéré par une autre.
En mars 2011, Lévy a pris sur lui de s’envoler pour Benghazi pour « recruter » des insurgés libyens. Ce fut un moment décisif, puisque c’est ce type de médiation qui permit à des groupes armés de transformer un soulèvement régional en une guerre totale impliquant l’OTAN.
Armée de ce qui n’était qu’une mésinterprétation volontaire de la résolution 1973 de l’ONU, le 17 mars 2011 l’OTAN menait une offensive militaire majeure contre un pays pourvu d’une défense aérienne primitive et d’une armée pauvrement équipée. Les pays occidentaux acheminèrent des cargaisons massives d’armement à des groupes libyens sous le prétexte de prévenir des massacres qui auraient été sur le point d’être perpétrés par des troupes loyales à Kadhafi.
Des massacres, il y en eut en effet, mais pas dans le sens suggéré par les « interventionnistes humanitaires » occidentaux. Le dernier en date a eu lieu il y a quelques jours, vendredi dernier à Tripoli - 43 personnes auraient été tuées et 235 blessées quand des miliciens ont attaqué des manifestants pacifiques qui exigeaient simplement que le militants de Misrata quittent leur ville.
Voilà ceux pour qui Lévy et consorts ont passé tant d’heures à faire du lobbying.
L’une des réussites majeures de Lévy en Libye fut de susciter la reconnaissance internationale du Conseil National de Transition (CNT). La France et d’autres pays menèrent campagne pour faire la propagande du CNT comme une alternative à l’institution de l’Etat de Kadhafi, que l’OTAN avait systématiquement détruit.
Dans son interview au New York magazine, Lévy est cité disant « quelquefois vous êtes habité d’intuitions qui ne sont pas claires à vous-même ». Citation référée à la fulgurante révélation que le « philosophe » a vécue le 23 février 2011, en regardant des images télévisées des forces de Kadhafi menaçant de noyer Benghazi « dans des rivières de sang ».
Loin des intuitions pas claires, l’agenda de Lévy est celui d’un idéologue politique calculateur. Comme une version française des néo-conservateurs étatsuniens qui justifiaient leur guerre dévastatrice contre l’Irak par toutes sortes de raisonnements moraux ou philosophiques et d’autres impostures. Pour eux, c’était d’abord et avant tout une guerre pour la « sécurité » d’Israël, avec quelques gratifications pratiques à la clé - dont peu se réalisèrent. En effet, l’héritage de Lévy est chargé de ces références sans équivoque à ce même agenda.
La droite israélienne est fascinée par B.-H. Lévy. Dans le Jerusalem Post, la célébration de son influence globale culmine avec la citation suivante : « Un philosophe français et un des leaders du mouvement des Nouveaux Philosophes qui disait que les juifs ont vocation à fournir une voix morale unique dans le monde ».
Mais la moralité n’a rien à voir là-dedans. Les exploits philosophiques de notre homme semblent viser exclusivement les musulmans et leurs cultures. « Le voile est une invitation au viol » a-t-il affirmé à la Jewish Chronicle en octobre 2006.
La philosophie lui semble taillée sur mesure pour habiller un agenda politique de propagande en faveur des interventions militaires. Ses plaidoyers ont aidé à détruire la Libye mais sans toutefois l’empêcher d’écrire un livre sur le « printemps » libyen. Il a parlé du voile comme d’une invitation au viol, tout en taisant les nombreux cas de viols rapportés en Libye après la guerre de l’OTAN. En mai 2011, il fut l’un des rares à défendre le patron du FMI, quand Dominique Strauss-Kahn fut accusé de viol sur une femme de chambre à New York. C’était une « conspiration » selon lui, et la femme de chambre en faisait partie.
On pourrait faire preuve de compréhension devant la haine de Lévy envers les dictateurs et les criminels de guerre ; après tout, Kadhafi n’était pas un champion des droits de l’homme. Mais Lévy, lui, n’est pas philosophe. Un élément fondamental de tout vrai philosophe est la cohérence morale. Lévy n’en a point. Une semaine après que le Jerusalem Post eut célébré l’influence morale de Lévy dans le monde, le quotidien Haaretz décrivait son soutien à l’armée israélienne en titrant le 30 mai 2010 :
« Bernard-Henri Lévy : Je n’ai jamais vu une armée aussi démocratique que les FDI »
C’était un article à propos du colloque « La démocratie et ses Défis » à Tel Aviv. « Je n’ai jamais vu une armée aussi démocratique que les FDI [Forces de défense israéliennes], qui se pose autant de questions morales. Il y a quelque chose d’inhabituellement vital dans la démocratie israélienne ».
Quand on réfléchit aux guerres et aux massacres menés par l’armée israélienne contre Gaza en 2008-9 et en 2012, on a du mal à trouver les mots appropriés pour décrire l’aveuglement moral de Lévy et les errements de sa philosophie. En fait il vaut mieux soutenir que ni la moralité ni la philosophie n’ont grand-chose à voir avec Bernard-Henri Lévy et son incessante quête de guerre.
Ramzy Baroud

vendredi 22 novembre 2013

Palestine : La résistance au quotidien des pêcheurs de Gaza….. L’impunité des gouvernements israéliens n’est-il pas le principal facteur de la prolongation des problèmes du Proche-Orient ?


Selon un vieux proverbe, on ne manque jamais de ressources dans une ville côtière. Si on peut souvent en vérifier la justesse, il ne s’applique pourtant pas à Gaza. Ses pêcheurs n’ont aucun contrôle de leurs eaux territoriales et peuvent à tout moment être privés du fruit de leur travail et de leurs bateaux. Il leur arrive même parfois d’être privés du droit de sortir en mer pour assurer leur propre subsistance.
Les pêcheurs de Gaza ne peuvent pas dépasser la limite de six miles nautiques, même si les eaux sous souveraineté palestinienne vont bien plus loin. Ceux qui s’aventurent au-delà de la limite maritime imposée par Israël courent le risque d’être pris pour cible. Depuis le 1er janvier 2012, soixante-cinq incidents de ce type ont été signalés.
Initialement fixée à vingt miles par les accords d’Oslo, la zone de pêche octroyée par Israël aux pêcheurs de Gaza s’est réduite comme une peu de chagrin. Elle a depuis été progressivement restreinte. De douze miles en 2002, elle est passée à six en 2006 pour atteindre à peine trois miles à la suite de l’opération « Plomb durci », en décembre 2008 et janvier 2009. En novembre 2012, un cessez-le-feu a été signé, dont les termes ont ramené la limite à six miles marins à partir de la bande de Gaza. Si cette décision constitue pour beaucoup un soulagement, les pêcheurs, dont la survie au-jour-le-jour dépend de leurs prises quotidiennes, se demandent combien de temps cette nouvelle limite sera maintenue. D’ailleurs Israël, pourtant signataire, renâcle à respecter les termes du cessez-le-feu. On compte aujourd’hui jusqu’à 265 violations du côté israélien.
Les pêcheurs sont ainsi régulièrement arrêtés et voient leurs bateaux et leur équipement souvent confisqués. Il est important de noter que les pêcheurs se trouvent dans l’obligation de contester chaque jour la limite imposée par Israël. «  Tout le poisson de la zone des six miles sera très rapidement pêché. Afin de pouvoir pêcher correctement, nous devons utiliser des filets, ce qui signifie que nous devons pêcher entre sept et douze miles nautiques des côtes », explique Zakaria Bakr, un pêcheur originaire de la ville de Gaza.
Les navires militaires israéliens, selon l’Union des pêcheurs de Rafah dans le sud de la bande de Gaza, patrouillent en mer, 24 heures sur 24, sept jours sur sept, sous prétexte d’assurer la sécurité et la lutte contre le trafic d’armes. Selon les rapports du Centre Palestinien pour les Droits de l’Homme (PCHR), des centaines de bateaux de pêche palestiniens ont été endommagés depuis novembre 2012 et plus de 4.000 pêcheurs ont souffert de la pauvreté parce qu’ils se sont vu refuser le ravitaillement en carburant de leurs bateaux.
Il est nécessaire de rappeler que plus de 75 000 personnes dépendent de la pêche pour assurer leur survie. Mais les conditions imposées par l’occupation a conduit à une détérioration significative des conditions de vie de ces familles tout en sapant les bases de l’économie palestinienne.
Selon certains analystes politiques, ces attaques contre la bande de Gaza seraient directement liées à la possession et au contrôle des réserves stratégiques de gaz en mer. De vastes réserves de gaz ont en effet été découvertes en 2002 au large du littoral de Gaza, et le gouvernement de Tel-Aviv a bien l’intention d’en être le seul bénéficiaire, et ce en violation flagrante de la résolution 3005 de l’ONU qui déclare clairement que toutes les ressources naturelles de la bande de Gaza devraient tomber sous le contrôle de ses habitants.
« En 2013, sur 26 résolutions de l’ONU, Israël a été condamné 22 fois ! », s’étonne le JSS News fondé par Jonathan-Simon Sellem. Ce dernier a visiblement une indignation sélective et surtout un argument imparable : il avait ainsi taxé la sénatrice Goy-Chavent d’antisémitisme pour avoir voulu étiqueter les viandes issues de l’abattage rituel. Le mot est lâché et il est cousu de fil blanc. Mais le chantage qu’on nous impose ne repose sur aucune analyse sérieuse. Ne serait-il rien d’autre qu’une forme de chantage moral et intellectuel par lequel on voudrait empêcher tous ceux qui voudraient ouvrir le dossier israélo-arabe pour l’examiner avec un minimum d’objectivité ? Il y a, dans l’argumentation utilisée à ce propos, trop de mauvaise foi pour qu’on puisse rejeter cette hypothèse.
L’impunité des gouvernements israéliens n’est-il pas le principal facteur de la prolongation des problèmes du Proche-Orient ? Personne ne peut sérieusement penser que la négation de l’existence palestinienne en terre de Palestine et la politique de l’État juif basée sur l’arrogance, le fait accompli et l’humiliation quotidienne, puissent durer éternellement. Deux siècles après le début de la sortie du ghetto, les sionistes en ont créé un nouveau, hermétique, avec un vrai mur. On sait fort heureusement qu’il aura un jour une fin.
Capitaine Martin

"Made in Jordanie" Israël va pénétrer les marchés arabes avec le label "Made in Jordanie" (Al-Akhbar)

Qui sont les véritables amis de la Palestine ?
Il est difficile de répondre à cette question simple.
Il est par contre plus facile de dire qui sont les vrais ennemis de la Palestine.
Il y a bien sûr l’entité sioniste elle-même mais il faut lui ajouter la quasi-totalité des monarchies arabes.
Toutes ont en effet trouvé des accommodements avec le régime sioniste quand elles n’ont pas pactisé ouvertement avec cette dernière.
La Jordanie nous en fournit un nouvel exemple avec ce projet de zone industrielle à cheval sur le territoire jordanien et la Palestine occupée qui devrait permettre à des entreprises sionistes d’accéder [plus facilement] aux marchés arabes grâce à l’étiquette « fabriqué en Jordanie ».
La Jordanie est le premier pays arabe à avoir contrevenu au boycott des produits de l’entité sioniste institué par la Ligue Arabe, un boycott dont la portée s’est fortement atténuée même s’il reste une entrave à l’accès des entreprises sionistes aux marchés arabes
Nous avons là la concrétisation de ce qu’annonçait en 1998 Gil Geiler dans son livre intitulé « Du boycott à la coopération économique » qui traite de l’évolution des relations économiques entre les Etats arabes et l’entité sioniste.
Djazaïri
Israël veut pénétrer les marchés arabes avec des étiquettes « Made in Jordanie »
Les projets transfrontaliers se matérialisent, pas entre les pays arabes – comme les Arabes auraient pu l’espérer – mais entre Israël et la Jordanie. Un parc industriel conjoint doit être établi le long de la frontière israélo-jordanienne qui donnera aux entreprises israéliennes la possibilité d’accéder aux marchés arabes puisque leurs produits porteront l’étiquette trompeuse "Made in Jordan".
La presse israélienne rapporte que la zone industrielle – fruit du cerveau du ministre israélien de la coopération régionale, Silvan Shalom – sera soumis au gouvernement israélien pour approbation la semaine prochaine. Le parc industriel sera composé d’une section près du kibboutz Tirat Zvi du côté israélien, qui sera reliée par un pont sur le fleuve Jourdain à la section jordanienne.
Du côté jordanien, des installations industrielles seront construites par des entreprises israéliennes et jordaniennes, devraient employer jusqu’à 2.000 travailleurs jordaniens, tandis que la gestion, , la logistique et le marketing seront installés du côté israélien.
Le coût estimatif du projet, baptisé Sha’ar Hayarden, ce qui signifie Porte de Jordanie, sera d’environ 180 millions de shekels (environ 50 millions de dollars).
Selon le quotidien israélien Yedioth Ahronoth, la Jordanie bénéficiera de l’augmentation des créations d’emploi, tandis qu’Israël fera d’énormes économies sur les coûts de main-d’œuvre en rémunérant les travailleurs avec des salaires relativement faibles (pas plus de 500 $ par mois côté jordanien). Mais plus important, les produits fabriqués dans cette zone seront estampillés du label « Made in Jordan » ce qui permettra aux entreprises israéliennes de vendre leurs produits dans les pays arabes.
Le Yedioth Ahronoth note également que le projet, qui est considéré comme un geste historique entre Israël et la Jordanie, sera supervisé par une agence gouvernementale rattachée au ministère de la Coopération régionale, qui collaborera avec les ministères de l’économie, des affaires étrangères, de la défense et des transports.
Le journal cite les propos suivants de Silvan Shalom : "Sha’ar Hayarden représente une véritable percée. Le projet contribuera à renforcer les relations entre Israël et la Jordanie, et stimulera la croissance économique dans la région grâce à la création de nouvelles usines et de coentreprises et à la création d’emplois. Nous allons continuer à prendre l’initiative et aller de l’avant avec ces projets."
17 novembre 2013
Traduit de l’anglais par Djazaïri

Bahar Kimyongür emprisonné en Italie alors qu’il devait participer à une conférence sur la Syrie…..Encore une fois nous devons donc mobiliser ciel et terre pour obtenir la libération de notre camarade.

Communiqué du Comité pour la liberté d’expression et d’association (CLEA)

Nous venons d’apprendre avec consternation l’arrestation de Bahar Kimyongür par la police italienne à Milan ce jeudi 21 novembre.
8 heures 30, ce jeudi matin : Bahar Kimyongür (militant politique belge issu d’une famille arabe alaouite originaire de Turquie mais aux racines syriennes) est arrêté à Milan. Alors qu’il devait participer à une conférence internationale sur la Syrie, des policiers l’ont appréhendé à sa descente d’avion.
Après avoir été interrogé par les autorités judiciaires, Kimyongür a été incarcéré à la prison de Bergame.
Ce nouvel emprisonnement fait évidemment suite au mandat d’arrêt lancé contre sa personne par les autorités d’Ankara – lesquelles réclament continuellement son extradition. Pour rappel : ce mandat d’amener avait déjà entrainé, en juin dernier, son arrestation à Cordoue (mais la justice espagnole l’avait remis en liberté sous caution, dans l’attente d’une décision prononcée par l’Audiencia Nacional)…
Depuis des mois, nul ne l’ignore, Bahar Kimyongür n’épargne ni son temps, ni son énergie, ni sa peine pour dénoncer le rôle grandissant que joue l’État turc dans l’épouvantable conflit qui ravage la Syrie. Une guerre ignoble et atroce dans laquelle le gouvernement Erdogan intervient directement : Ankara laisse toute liberté aux groupes djihadistes pour organiser – à partir du territoire turc – la sédition en Syrie ; Ankara autorise ouvertement – à partir du territoire turc – les livraisons d’armes aux groupes d’Al Qaïda et autres sectaires tafkiri financés par l’Arabie saoudite ou le Qatar ; Ankara délègue aux islamistes étrangers les plus intégristes le soin d’intimider par la violence les populations vivant dans la région turque de Hatay, des populations qui n’approuvent pas la position belliciste de l’AKP.
Or ce sont toutes ces révélations dument documentées par Kimyongür – et auxquelles l’évolution de la situation donne de plus en plus raison – que la Turquie ne peut tolérer…
Encore une fois : nous devons donc mobiliser ciel et terre pour obtenir la libération de notre camarade.
Encore une fois : nous devons obliger la Belgique à défendre, de manière conséquente, l’un de ses ressortissants.
Au plan européen, la Belgique doit faire annuler (par tous moyens du Droit) un mandat d’arrêt dont les « accusations » ont toutes été déclarées infondées – que ce soit par la Justice hollandaise ou par les tribunaux belges (à travers le jugement rendu par la Chambre d’Extradition de la Haye en 2006 ; puis par les Arrêts prononcés par la Cour d’Appel d’Anvers en 2008 et par la Cour d’Appel de Bruxelles en 2009).
Jean Flinker
Membre du Comité pour la liberté d’expression et d’association