mercredi 20 novembre 2013

Libye : Ground zero…. Après avoir démoli l’Etat libyen avec 10 mille attaques aériennes et des forces spéciales infiltrées, Etats-Unis, Italie, France et Grande-Bretagne déclarent leur « préoccupation à cause de l’instabilité en Libye ».


La nouvelle mission Libye au départ
Après avoir démoli l’Etat libyen avec 10 mille attaques aériennes et des forces spéciales infiltrées, Etats-Unis, Italie, France et Grande-Bretagne déclarent leur « préoccupation à cause de l’instabilité en Libye ».
La Farnesina (siège du ministère des Affaires étrangères italien) informe que sont en cours à Tripoli de violents affrontements entre milices y compris avec des armes lourdes et qu’ont été endommagés de nombreux édifices, où la sécurité n’est pas garantie, pas même dans les grands hôtels de la capitale. Non seulement pour les étrangers, mais aussi pour les membres du gouvernement : après l’enlèvement, il y a un mois, du premier ministre Ali Zeidan à sa résidence dans un hôtel de luxe, dimanche le chef-adjoint des services secrets, Mustafa Noah, a été enlevé à l’aéroport.
Et pendant que dans la capitale des miliciens de Misrata tirent sur des citoyens désarmés exaspérés par les violences, à Bengazi se poursuit sans discontinuer la série d’homicides d’origine politique.
Que faire ? Le président Obama a demandé au premier ministre (italien) Letta de « donner un coup de main en Libye » et celui-ci a immédiatement accepté.
Sa fiabilité est indiscutable : en 2011 Enrico Letta, alors secrétaire-adjoint du Pd (Partito democratico) a été un des plus ardents soutiens de la guerre USA/OTAN contre la Libye. On se souviendra dans les livres d’histoire de sa célèbre phrase : « Va-t-en-guerre est celui qui est contre l’intervention internationale en Libye et certainement pas nous qui sommes des constructeurs de paix ».
Maintenant, tandis que la Libye coule dans le chaos provoqué par les « constructeurs de paix », le moment d’agir est arrivé. L’amiral William H. McRaven, chef du Commandement USA pour les opérations spéciales, vient d’annoncer qu’une nouvelle mission est sur le point d’être lancée : entraîner et armer une force libyenne de 5-7mille soldats et « une unité plus petite, séparée, pour des missions spécialisées de contre-terrorisme ». Des spécialistes du Pentagone et de l’OTAN sont déjà en Libye pour choisir les hommes. Mais, étant donnée la situation interne, ceux-ci seront entraînés hors du pays, presque certainement en Italie (notamment en Sicile et Sardaigne) et peut-être aussi en Bulgarie, selon un programme aux ordres du Commandement Africa du Pentagone.
L’amiral McRaven ne cache pas qu’ « il y a des risques : une partie des participants à l’entraînement peut ne pas avoir un casier vierge ». Il est très probable donc que parmi eux se trouvent des criminels de droit commun ou des miliciens qui ont torturé et massacré (éléments qui, une fois en Italie, pourront circuler librement). Et parmi ceux qui sont entraînés en Italie il y aura aussi les gardiens des lager libyens dans lesquels sont enfermés les migrants. Pour l’entraînement et entretien de ces hommes, les fonds déjà destinés à la Libye dans le décret missions qui est examiné au parlement seront insuffisants : il en faudra d’autres beaucoup plus consistants, toujours pris dans les caisses publiques. L’Italie contribuera de cette façon à la formation de troupes qui, étant de fait sous les ordres des commandements USA/OTAN, ne seront que nominalement libyennes : en réalité elles auront le rôle qu’avaient autrefois les troupes indigènes coloniales. L’objectif de la mission n’est pas de stabiliser la Libye pour qu’elle redevienne une nation indépendante, mais de contrôler la Libye, de fait déjà balkanisée, ses précieuses ressources énergétiques et son territoire stratégiquement important.
Nous nous permettons de donner un conseil au gouvernement Letta : l’Expo flottante du Cavour, quand elle rentrera en Méditerranée en avril après son périple africain, pourrait faire étape aussi en Libye pour faire de la publicité aux produits Made in Italy. Comme le canon à feu rapide Vulcain de la société Oto Melara, qui, dans les mains des Libyens qui mitraillent aujourd’hui les embarcations des migrants, pourrait résoudre le problème de l’émigration clandestine
Manlio Dinucci
Edition de mardi 19 novembre 2013 de il manifesto
Traduit de l’italien par Marie-Ange Patrizio
@mondialisation.ca

SYRIE : Battue sur le terrain, l'opposition soutenue par l'occident accepte de négocier….Ce groupe de politiciens exilés, bricolé par le ministère américain des Affaires étrangères et les monarchies sunnites d'Arabie saoudite et du Qatar, a cependant insisté sur une condition à la poursuite de sa participation : que le président syrien Bashar el-Assad ne joue aucun rôle dans un quelconque régime de transition.

L'opposition syrienne soutenue par l'occident, sous la pression à la fois de ses maîtres à Washington, Londres et en Europe et des défaites militaires qu'elle subies, a accepté de participer à des négociations organisées par les États-Unis et la Russie à Genève qui visent à marchander un accord politique pour la fin de la guerre civile syrienne qui dure depuis deux ans.

Le vote décidant d'envoyer une délégation à cette conférence dite Genève 2 qui devrait avoir lieu à la mi-décembre, a été obtenu lors d'une réunion du Conseil national syrien (CNS) lundi à Istanbul.
Ce groupe de politiciens exilés, bricolé par le ministère américain des Affaires étrangères et les monarchies sunnites d'Arabie saoudite et du Qatar, a cependant insisté sur une condition à la poursuite de sa participation : que le président syrien Bashar el-Assad ne joue aucun rôle dans un quelconque régime de transition. Le gouvernement de Damas a rejeté toute exigence de ce genre, insistant pour dire qu'Assad reste le président de la Syrie et que sa démission ne peut être décidée que par le peuple syrien.
Washington pour sa part, après sa volte-face concernant la frappe militaire contre la Syrie qu'il était sur le point de lancer en septembre dernier et son entrée en négociations avec l'Iran au sujet de son programme nucléaire, a abandonné l'exigence du remplacement d'Assad qu'il réclamait par le passé et se contente de déclarations sur la perte de « légitimité » de ce dernier, suggérant qu'Assad sera retiré de ses fonctions dans le cadre du processus d'application de tout accord sortant des négociations de Genève.
La réunion du CNS à Damas a eu lieu sous la supervision directe de Washington, qui a dépêché son envoyé en Syrie, Robert Ford, pour discipliner l'opposition soutenue par l'occident. Les « activistes » syriens ont déclaré au New York Times que Ford leur a dit que le choix auquel ils étaient confrontés était: « l'ISIS [l'organisation État islamique d'Irak et de Syrie, affiliée à Al Qaïda] ou le régime. »
L'ISIS et une autre branche d'Al Qaïda, le Front al Nusra, ont pris un rôle encore plus dominant dans l'opposition armée au gouvernement syrien, s'emparant de territoires au Nord du pays et tentant d'imposer le régime islamiste dans les territoires qu'ils occupent.
Cela a été vrai à Raqqa, ville importante d'un million d'habitants, qui a vu des exécutions quotidiennes de personnes suspectées d'être des partisans du gouvernement ainsi que d'Alaouites et de membres des autres minorités. La BBC l'a décrite comme « la plus grande ville au monde jamais contrôlée par Al Qaïda. »
Quant aux soi-disant « modérés » qui sont présentés par les États-Unis et leurs marionnettes comme étant loyaux envers le Conseil de l'opposition syrienne, ils passent pratiquement inaperçus. En septembre, 11 groupes armés opposés au régime officiellement membres de l'Armée syrienne libre ont publié une déclaration conjointe qui désavouait clairement toute allégeance à l'opposition soutenue par les États-Unis et s'alignaient publiquement sur les forces d'Al Qaïda.
S'il devient de plus en plus évident que le CNS ne représente pas grand-chose en termes de soutien populaire de la part des Syriens, les tensions au sein des exilés ont fortement augmenté, ce qui exprime les divisions entre les soutiens occidentaux et saoudiens de cet organisme. La monarchie saoudienne a publiquement critiqué à la fois la recherche par le gouvernement Obama d'une solution politique négociée en Syrie, suite à l'accord avec Moscou sur la destruction des armes chimiques du régime Assad, et sa tentative de rapprochement avec l'Iran.
Il a été rapporté qu'à la réunion de lundi, Ahmed Jarba, le président de la coalition, a giflé un représentant de l'Armée syrienne libre, Louay Mekdad, après que ce dernier a comparé le processus de vote de la coalition au régime interne du Parti Baas qui détient le pouvoir en Syrie.
Après s'est incliné devant la pression américaine et avoir voté en faveur de la participation à la conférence de Genève, le CNS a agi contre l'insistance des États-Unis et a nommé un « gouvernement provisoire » qui contrôlera officiellement les régions gouvernées par les « rebelles » en Syrie. Les responsables américains se sont opposés à cette action disant qu'elle risque de fragiliser les négociations de Genève et de rendre impossible un accord sur l'établissement d'un régime de transition à Damas.
Les responsables du CNS ont admis qu'Ahmed Tumeh, l'« islamiste modéré » nommé premier ministre du gouvernement provisoire, ainsi que d'autres responsables vont exercer leur pouvoir supposé depuis la ville frontière turque de Gaziantep, parce qu'ils seraient incapables de se défendre contre les forces du gouvernement syrien ou les milices affilées à Al Qaïda.
Le véritable objectif de ce drôle de gouvernement a été rendu clair par l'annonce qu'il recevra 300 millions de dollars d'aide de l'Arabie saoudite, qui est déterminé à faire durer la guerre civile en Syrie.
Washington et les « rebelles » soutenus par l'occident ont fait échouer à plusieurs reprises la réunion de Genève 2, dont le but est de mettre en application les décisions prises lors de Genève 1 : un accord général obtenu en juin 2012 entre les puissances occidentales et la Russie sur la formation d'un gouvernement de transition s'appuyant sur le consentement mutuel de l'opposition et du régime d'Assad. Ils espéraient n'avoir besoin d'aucune négociation de ce genre et que l'objectif des États-Unis et de l'OTAN d'obtenir un changement de régime pourrait être atteint soit par les actions armées des milices soutenues par l'occident, soit au moyen d'une intervention directe des États-Unis. Entre-temps, le bilan des morts en Syrie a été multiplié par plus de cinq.
Cependant, Washington voit maintenant une urgence à réunir cette conférence, étant donné l'effondrement de ses tentatives d'organiser une intervention militaire directe face à une opposition populaire massive et à la débâcle de plus en plus évidente des « rebelles » sur le terrain en Syrie.
Les forces du gouvernement réussissent des avancées significatives à la fois dans la campagne au Sud de Damas et juste en bordure d'Alep, seconde ville de Syrie et ancienne capitale commerciale du Nord. Mercredi, les troupes syriennes ont repris Hujeira, au Sud de Damas au cours d'une série de victoires qui ont repoussé les milices emmenées par les islamistes en dehors de la zone qu'elles tenaient depuis longtemps, menaçant de couper leurs lignes de ravitaillement.
Et à Alep, les troupes du gouvernement ont repris une base stratégique de l'armée près de l'aéroport de la ville prise auparavant par les soi-disant rebelles, et ont repris également un certain nombre d'autres bastions antérieurs de l'opposition armée.
Les « rebelles » ont répondu par des attaques de plus en plus désespérées contre la population civile. Les quartiers résidentiels de Damas ont été soumis à des bombardements aléatoires, qui sembleraient cibler les populations non-sunnites. Au moins neuf personnes ont été tuées et 16 blessées par des tirs de roquettes et de mortier mercredi. Lundi, quatre enfants ont été tués dans un bus scolaire ainsi que leur chauffeur quand un obus de mortier a frappé dans un quartier à majorité chrétienne. Quatre autres enfants ont été blessés ainsi que deux personnels administratifs d'une école. Une autre attaque de mortier le même jour a blessé 11 enfants à l'école Saint-Jean de Damas dans le quartier de Qassaa.
Si le meurtre et les blessures infligées aux enfants par les « rebelles » n'a déclenché aucun des sentiments d'indignation sélectifs que les médias occidentaux ne réservent qu'au régime syrien, les Nations unies ont condamné ces attaques qualifiées de « barbares. »
« Ces actes barbares doivent cesser, » a dit Maria Callvis, directrice de l'UNICEF pour le Moyen-Orient et l'Afrique du Nord, dans un communiqué. «Tous ceux qui ont de l'influence en Syrie ont une obligation morale de respecter le caractère sacré de la vie des enfants et de s'assurer que les écoles restent un lieu de refuge sûr. »
Venant compliquer encore la situation pour les États-Unis et leurs alliés en Syrie, des Kurdes au Nord-Est de la Syrie ont annoncé mardi la formation d'un gouvernement autonome d'intérim. Cette évolution fait suite aux victoires militaires remportées par le PYD (Parti de l'union démocratique), une milice kurde alignée sur le groupe de rebelles turcs du PKK (Parti des travailleurs du Kurdistan) contre les « rebelles » liés à Al Qaïda qui avaient tenté de prendre le contrôle de la zone qui est frontalière de la Turquie.
Cela a poussé le CNS à déclarer que le groupe kurde est une force « hostile ». Il l'a accusé d'« attaquer des unités de l'Armée syrienne libre […] et de se dérober à la lutte contre le régime Assad.
Le PYD a également insisté pour que les Kurdes soient représentés séparément dans toute négociation à Genève, une demande qui a rencontré l'hostilité à la fois de Washington et de ses marionnettes syriennes.
Les Kurdes représentent près de 10 pour cent de la population syrienne. Les développements au Nord-Est de la Turquie ont provoqué de la consternation dans le gouvernement turc, qui avait soutenu les milices islamistes et qui craint que cela ne renforce le PKK et les demandes d'autonomie des Kurdes en Turquie-même
Cameroonvoice

lundi 18 novembre 2013

Deux dangereux mensonges sur la Syrie : "opposition armée" et "impossibilité de la solution militaire" Certains prennent pour prétexte ces deux postulats mensongers pour appeler au dialogue, qualifiée de seule voie pour un règlement politique.


- Le terme « opposition armée » vise en réalité à dissimuler la véritable composition des groupes qui combattent l'armée syrienne, et qui constituent le noyau de l'agression coloniale contre la Syrie, son peuple et ses institutions.
- Le fait de véhiculer l'idée de « l'impossibilité de l'option militaire » vise, pour sa part, à saper le moral du peuple syrien et de l'Armée arabe syrienne et à se dérober à l'obligation d'assécher les sources de financement du terrorisme.
Des analystes et des observateurs, mus par de bonnes intentions, tombent dans les pièges des mensonges sémiologiques véhiculés sur la Syrie. Parmi les plus dangereux mensonges, celui d'"opposition armée" et l'"impossibilité de la solution militaire". Certains prennent pour prétexte ces deux postulats mensongers pour appeler au dialogue, qualifiée de seule voie pour un règlement politique. Pourtant, dès le début de la crise, le pouvoir syrien a plaidé pour le dialogue, et le président Bachar al-Assad a expliqué sa vision de ce dialogue national, qu'il considère comme un moyen pour élargir la base du partenariat national, et pour reconstruire les institutions de l'Etat tout en préservant et en consolidant l'indépendance nationale. Pour encourager le dialogue, les autorités syriennes ont multiplié les amnisties pour les personnes impliquées dans l'insurrection armée. Plus récemment, l'Etat a franchi un grand pas sur la voie du règlement du problème des déserteurs des forces armées, dont un grand nombre combat aujourd'hui dans les rangs de l'Armée arabe syrienne et certains sont même tombés en martyrs sur le champ d'honneur.
Le terme "opposition armée" vise en réalité à dissimuler la véritable composition des groupes qui combattent l'armée syrienne, et qui constituent le noyau de l'agression coloniale contre la Syrie, son peuple et ses institutions. Ce terme est un voile qui cache d'horribles vérités dont voici les plus importantes:
Ces groupes armés sont composé de dizaines de milliers de combattants venus de 80 pays des cinq continents. C'est un mélange de mercenaires internationaux et de recrues des réseaux terroristes takfiristes. Beaucoup ont été recrutés par des compagnies internationales, comme Blackwater, qui a envoyé en Syrie des milliers de mercenaires. De nombreux médias ont publié des enquêtes sur des contrats passés par ces compagnies avec d'anciens militaires, qui ont servi sous la bannière des Nations unies dans plusieurs pays.
Les rapports publiés par la presse et les centres de recherche indiquent que près de la moitié des effectifs des groupes armés est composée de mercenaires et de terroristes étrangers, saoudiens, tchétchènes, afghans, turcs, indonésiens, somaliens, libyens et tunisiens. Beaucoup d'autres sont Européens, Australiens ou Américains. Aucune norme scientifique ne permet donc de dire que tous ces combattants sont des opposants syriens. Il s'agit soit de mercenaires, achetés grâce à l'argent des Etats qui financent la guerre contre la Syrie, soit des terroristes takfiristes qui participent à la destruction de l'Etat syrien.
En dehors d'Al-Qaïda, il existe plus d'un millier de groupes armés de différentes,  selon les études préparées par les centres de recherche, y compris le Pentagone. Les correspondants de presse étrangers, qui ont enquêté sur le terrain, affirment que la plupart de ces groupes comptent sur le financement du Qatar et de l'Arabie saoudite, soit d'une manière directe soit à travers la Coalition de Doha et le Conseil d'Istanbul ou encore le conseil militaire de ladite Armée syrienne libre.
Ces groupes se financent aussi à travers le pillage des biens publics et privés, le racket et autres rançonnages.
Le fait de véhiculer l'idée de l'impossibilité de l'option militaire vise, pour sa part, à saper le moral du peuple syrien et de l'Armée arabe syrienne et à se dérober à l'obligation d'assécher les sources de financement du terrorisme. Or cela est une condition nécessaire pour stopper la violence, qui est entretenue par les Etats qui soutiennent les mercenaires et les terroristes.
Les Etats-Unis, les monarchies du Golfe, la Turquie, Israël et la France, sont déterminés à faire durer la guerre d'usure, La question qui se pose est celle de savoir qu'elles sont les options d'un Etat "normal", confronté à une agression de groupes terroristes qui vivent grâce à l'anarchie? N'est-ce pas la solution militaire? Est-il possible d'inviter au dialogue le Front al-Nosra, l'Etat islamique en Irak et au Levant ainsi que des centaines d'autres groupes extrémistes, alors que les vitrines politiques des agents de l'étranger n'ont aucune influence sur eux pour les pousser à rendre les armes ou à respecter un cessez-le-feu?
L'option militaire pourrait prendre du temps et consommer des moyens, mais c'est la seule façon de permettre à l'Etat syrien de se redresser. Elle nécessite une unité entre le peuple, l'armée et le commandement, seule base solide pour défendre la souveraineté et l'indépendance nationales. Et s'il existe vraiment une opposition patriotique, elle est invitée à se joindre à l'Etat dans sa bataille pour la défense de l'existence de la Syrie et de son Etat.
Source : TENDANCES DE L’ORIENT

samedi 16 novembre 2013

Pourquoi Israël a assassiné Arafat ?..... Seul Israël avait les moyens d’accéder à du polonium, dans son réacteur nucléaire à Dimona, et il a d’amples états de services dans le domaine des assassinats politiques.

Il semble qu’il y a toujours pas mal de monde qui préférerait que la mort d’Arafat continue d’être traitée comme un mystère plutôt que comme un assassinat.
Il est temps d’affirmer l’évidence : Arafat a été tué. Et les soupçons portent directement sur Israël.

Pourtant on peut difficilement éviter de tirer la conclusion de la découverte révélée la semaine passée par des scientifiques suisses, à savoir que le corps du leader palestinien contenait des taux élevés d’un isotope radioactif, le polonium-210. Une recherche non concluante et beaucoup plus restreinte réalisée par une équipe russe et publiée juste après l’annonce helvétique, suggère également qu’Arafat est mort des suite d’un empoisonnement.

Il est temps d’affirmer l’évidence : Arafat a été tué. Et les soupçons portent directement sur Israël.

Seul Israël avait les moyens, les antécédents, l’intention et les motifs déclarés. En l’absence d’empreintes digitales israéliennes sur l’arme du crime, il n’y a pas suffisamment de preuves pour convaincre un tribunal, mais il y a assez d’indices pour qu’Israël soit reconnu coupable devant le tribunal de l’opinion publique mondiale.
  
Seul Israël avait les moyens d’accéder à du polonium, dans son réacteur nucléaire à Dimona, et il a d’amples états de services dans le domaine des assassinats politiques, certains ostentatoires, d’autres secrets, avec utilisation fréquente d’agents chimiques difficiles à détecter.

Il est publiquement avéré qu’Israël a tenté de tuer en douce un autre dirigeant palestinien, Khaled Meshaal du Hamas, en Jordanie en 1997, lui injectant un poison dans l’oreille. Meshaal fut sauvé uniquement parce que les assassins ont été pris et qu’Israël fut forcé de fournir un antidote.

Les dirigeants israéliens se sont succédé pour nier toute intention maligne à l’encontre d’Arafat. Silvan Shalom, le Ministre de l’Energie, affirmait la semaine dernière : « Nous n’avons jamais pris la décision de lui nuire physiquement ». Shalom doit souffrir d’un trou de mémoire …

Une foule d’indices attestent qu’Israël voulait qu’Arafat – selon l’euphémisme de l’époque – soit « écarté ». En janvier 2002 Shaul Mofaz, chef d’état-major des forces israéliennes, fut surpris par un micro alors qu’il chuchotait au Premier ministre israélien Ariel Sharon, à propos d’Arafat : « Il faut qu’on se débarrasse de lui ».

Avec le dirigeant palestinien retranché pendant plus de deux années dans son quartier général délabré à Ramallah, encerclé par des tanks israéliens, la question au sein du gouvernement israélien était de savoir s’il fallait l’exiler ou le tuer.

En septembre 2003, Shalom étant ministre des Affaires étrangères, le cabinet publia même un avertissement comme quoi Israël devait « ôter cet obstacle d’une manière et à un moment de son choix ». Le vice-premier ministre de l’époque, Ehud Olmert, précisa que tuer Arafat était « l’une des options ».

Ce qui arrêta la main d’Israël – et nourrit son ton équivoque - ce fut l’opposition catégorique de Washington. Dans le sillage de ces menaces, Colin Powell, le Secrétaire d’Etat étatsunien, mit en garde contre le fait qu’un geste à l’encontre d’Arafat déclencherait « la fureur dans tout le monde arabe, dans le monde musulman et dans bien d’autres parties du monde ».

Mais en avril 2004, Sharon déclara que dorénavant il n’était plus tenu par son engagement antérieur envers le Président George Bush de ne pas « nuire physiquement à Arafat ». "Je suis libéré de cette promesse ", observa-t-il. La Maison Blanche elle aussi faisait montre d’un affaiblissement de sa posture : un porte-parole anonyme répondit sans grande conviction que les Etats-Unis « s’opposaient à toute action de ce genre ».

On ignore si Israël a pu exécuter l’assassinat seul, ou s’il a dû recruter un ou plusieurs membres du cercle des proches d’Arafat, présents avec lui dans la Moukata à Ramallah, comme complices pour dispenser le poison radioactif.

Qu’en est-il du motif ? Qu’est-ce qu’Israël a gagné à « écarter » Arafat ? Pour comprendre la pensée d’Israël, il faut revenir à un autre débat qui faisait rage à cette époque parmi les Palestiniens.

La direction palestinienne était divisée en deux camps, centrés sur Arafat et sur Mahmoud Abbas, qui semblait être l’héritier d’Arafat. Tous deux avaient des stratégies fortement divergentes à propos des rapports avec Israël.

Selon Arafat, Israël avait manqué à ses engagements pris dans les accords d’Oslo. Dès lors il était hostile à investir exclusivement dans le processus de paix. Il voulait une double stratégie, garder des canaux ouverts aux pourparlers tout en maintenant l’option de la résistance armée pour faire pression sur Israël. Pour cette raison il gardait une emprise personnelle ferme sur les forces de sécurité palestiniennes.

Quant à Abbas, il croyait que la résistance armée est un cadeau à Israël et délégitimise le combat palestinien. Il voulait focaliser exclusivement sur les négociations et la construction de l’Etat, espérant exercer une pression indirecte sur Israël en prouvant à la communauté internationale que les Palestiniens pourraient se montrer dignes de confiance avec un Etat. Sa priorité était de coopérer étroitement avec les Etats-Unis et Israël sur les questions de sécurité.

Israël et les Etats-Unis préféraient l’approche d’Abbas, allant même jusqu’à contraindre Arafat à réduire son influence pendant un temps, en nommant Abbas au poste nouvellement créé de Premier ministre.

La principale préoccupation d’Israël concernant Arafat était que – tout prisonnier qu’il fût – il resterait une figure unificatrice pour les Palestiniens. En refusant de renoncer à la lutte armée, Arafat réussissait à contenir – même de justesse – les tensions croissantes entre son propre mouvement du Fatah et son principal rival, le Hamas.

Une fois Arafat disparu, et le conciliant Abbas installé à sa place, ces tensions ont violemment fait éruption à l’air libre – comme Israël l’attendait certainement. Elles culminèrent en une rupture qui déchira le mouvement national palestinien et entraîna un schisme territorial entre la Cisjordanie contrôlée par le Fatah et Gaza dirigé par le Hamas.

Selon la terminologie habituelle d’Israël, Arafat était le chef de "l’infrastructure de terreur". Mais la préférence israélienne pour Abbas ne découlait pas d’un sentiment de respect envers lui ni de la conviction qu’il réussirait à persuader les Palestiniens d’accepter un accord de paix. Il est de notoriété publique que Sharon a affirmé qu’Abbas n’était guère plus impressionnant « qu’un poulet déplumé ».

L’intérêt d’Israël à tuer Arafat saute aux yeux si on considère ce qui s’est passé après sa mort. Non seulement le mouvement palestinien s’est effondré, mais la direction palestinienne a été replongée dans une série de vains pourparlers de paix, laissant toute latitude à Israël pour se concentrer sur les vols de terres et la construction de colonies.

A propos de la question de savoir si Israël a profité de la perte d’Arafat, l’analyste palestinien Mouin Rabbani faisait observer : « Est-ce que l’engagement exemplaire d’Abou Mazen [Abbas] envers Oslo pendant toutes ces années, et sa coopération avec Israël pour gérer la sécurité envers et contre tout - est-ce que cela n’a pas déjà réglé cette question ? ».

Aujourd’hui la stratégie d’Abbas affronte peut-être son test ultime, alors que l’équipe de négociation palestinienne va une fois de plus tenter d’arracher à Israël les plus élémentaires concessions sur un Etat palestinien, au risque d’être blâmée pour l’inéluctable échec des pourparlers. Déjà ses efforts semblent s’être largement fourvoyés.

Alors que les négociations n’ont rapporté aux Palestiniens qu’une poignée de prisonniers politiques âgés, Israël a déjà annoncé en retour l’extension massive des colonies et a menacé d’éviction quelque 15.000 Palestiniens de leurs maisons à Jérusalem-Est.
Il va sans dire que c’est un compromis qu’Arafat aurait maudit.
Source : Info-Palestne

vendredi 15 novembre 2013

La Révolution russe a triomphé voilà 96 ans (Atilioboron.com)… Rendons hommage à cette entreprise héroïque, à la figure de Lénine, dirigeant génial, aux bolcheviques qui eurent l’audace de l’accompagner, aux anciens mencheviques comme Trotsky

En 1871, la classe ouvrière et le peuple de Paris « à l’assaut du ciel ", donnant naissance à la commune, essai précoce de la construction d’ une société nouvelle et un nouvel état. En punition de leur audace, les communards furent réprimés avec une cruauté sans limites par les représentants des « démocraties » et de « la civilisation chrétienne occidentale ». Mais les graines de la commune, arrosée par le sang de milliers de victimes , germerait à l’autre bout de l’Europe à l’occasion d’un autre conflit. En 1917, un jour comme ce jeudi, les ouvriers, soldats et paysans russes ont repris le flambeau, et pas dans une seule ville mais dans le plus grand pays de la planète : en Russie.

Ayant assimilé les leçons de la Commune ceux-là ne se limitèrent pas à partir à l’assaut du ciel, ils prirent le Palais d’hiver des tsars et en une journée extraordinaire mirent fin à des siècles de cruelle monarchie absolue, au despotisme aristocratique d’un empire d’ignorance et de superstition.

Avec la révolution russe s’ouvrirent les portes d’une nouvelle étape dans l’histoire de l’humanité qui verrait bientôt les révolutions chinoise puis vietnamienne et cubaine changer radicalement l’équilibre mondial des forces, permettant un espace sans lequel ni les mouvements de libération nationale du tiers-Monde, ni les processus de décolonisation en Afrique et en Asie, ni les révolutions citées n’eurent été possibles. Sans le soutien soviétique, la révolution chinoise n’aurait guère survécu aux ruses et aux attaques de l’impérialisme dans ses premières années, sans l’appui soviétique, l’héroïque peuple vietnamien aurait plus difficilement vaincu et humilié les États-Unis dans la guerre du Vietnam, Cuba aurait-elle résisté à l’agression yankee sans la collaboration que fournira la Révolution russe ?

Le bilan historique sur ce que la révolution russe a signifié reste à faire. Pour les théoriciens et les publicistes de droite, et certaines gauches aveuglées par leur dogmatisme, l’histoire de cette grande révolution est réduite aux horreurs du stalinisme. Ils se complaisent à négliger certaines autres choses qui se sont produites également et n’étaient pas du tout des détails : la contribution de l’ Union soviétique à la défaite du nazisme a été décisive et irremplaçable, en payant de près de vingt millions de morts le prix de la victoire, on ne doit pas réécrire l’histoire et sous-estimer ces faits historiques.

Le monde ne serait pas ce qu’il est aujourd’hui si les forces hitlériennes avaient triomphé dans la Seconde Guerre mondiale.

C’est la révolution russe qui a transformé la société la plus arriérée d’Europe en une puissance industrielle et militaire militaire, capable en quarante années – très court terme, historiquement parlant- d’être en tête dans la conquête de l’espace en lançant le premier satellite artificiel et le premier homme, Youri Gagarine. La Révolution russe a éradiqué l’analphabétisme, a jeté les bases d’une société égalitaire comme jamais il n’en a existé auparavant sur la planète, elle a intégré les femmes dans la vie sociale, lui octroyant des droits qui ne seraient conquis en partie dans les pays capitalistes avancés qu’un demi-siècle plus tard.
Malheureusement, cette expérience s’est très mal terminée : elle a implosé et s’est effondrée sans que personne ne descende dans les rues pour défendre les acquis historiques de la Révolution russe. On peut l’expliquer par de multiples raisons internes comme l’affaiblissement des liens démocratiques entre les masses, le parti et l’État, comme sa bureaucratie étouffante, la rigidité, la mauvaise gestion de l’économie, l’incapacité à répondre aux défis de la troisième révolution industrielle, entre autres.

Les raisons d’ordre extérieur ne manquent pas parmi lesquelles il faut souligner l’hostilité permanente des puissances impérialistes depuis l’aube de la république soviétique, la guerre froide et dans les années quatre-vingt, les dépenses militaires exorbitantes que les guerres de Ronald Reagan ont contraint l’Union soviétique à engager (ce genre de dépenses qui a également semé les graines de la crise financière actuelle dans l’État américain). Rendons hommage à cette entreprise héroïque, à la figure de Lénine, dirigeant génial, aux bolcheviques qui eurent l’audace de l’accompagner, aux anciens mencheviques comme Trotsky, qui en Août 1917 ont rejoint le parti de Lénine pour entreprendre la plus grande révolution sociale de toute l’histoire humaine.
 Atilio Boron

jeudi 14 novembre 2013

France : L’injure faite à Christiane Taubira,….. Le racisme n’est pas une opinion, mais un délit. Il est légitime qu’il soit sanctionné


…..Que le glaive de la Justice s’abatte donc sur Anne-Sophie Leclère, candidate FN dans les Ardennes qui a comparé dans un photo-montage Christiane Taubira à un singe, qu’elle n’épargne pas les parents (légalement responsables) de la petite idiote qui brandissait une banane « pour la guenon » devant des CRS impassibles, qu’elle punisse Minute, mais qu’elle ne permette pas au FN, à ses candidats, à ses satellites de crier à la persécution sélective. Sauf à démontrer que « guenon » est une injure et « gorille » un compliment. Dans ce cas les ligues féministes de défense des animaux devront monter au créneau.

lundi 11 novembre 2013

L'Iran récolte les fruits de sa résistance….34 ans de blocus et de guerre se sont terminés par un échec cuisant pour l'Occident.

Quels que soient les résultats des négociations autour du dossier nucléaire iranien, la réalité qui se dégage de l'image des ministre des Affaires étrangères des grandes puissances, qui ont accouru à Genève après les informations sur un accord de principe -qui pourrait être suivi par d'autres rounds de pourparlers- est que 34 ans de blocus et de guerre se sont terminés par un échec cuisant pour l'Occident. La résistance du leadership et du peuple iranien et leur détermination à aller de l'avant ont eu raison de tous les complots.
Le timing de la décision américaine de reconnaitre la force et la puissance de l'Iran a coïncidé avec l'abandon par les Etats-Unis de leur projet d'agression contre la Syrie, face à la détermination et à la solidité de l'axe de la résistance et de ses alliés, opposés à l'unilatéralisme américain. La Syrie, l'Iran et le Hezbollah ont fermement exprimé leur volonté à faire face à toute attaque, car ils sont conscients que toute agression contre l'un des membres de cette alliance vise en fait à démanteler l'axe en entier.
Grâce à l'attachement du peuple iranien à son indépendance et à sa liberté, à la détermination et la compétence de son leadership, l'Iran a réussi à surmonter le blocus impérialiste qui lui est imposé depuis plus de trois décennies. Et ce n'est pas tout. Il a réussi à acquérir et accumuler d'énormes capacités économiques, techniques, scientifiques et militaires, lui permettant de faire son entrée dans le club des grandes puissances. La reconnaissance américaine de cette force couronne toutes ces réalisations face aux complots impérialistes et sionistes, financés par l'Arabie saoudite et d'autres pays du Golfe. Ces progrès ont pu avoir lieu en raison du choix de la résistance, consacré par l'alliance entre la Syrie arabe et l'Iran islamique, dont les fondements ont été jetés lors de la rencontre historique entre les deux grands figures aujourd'hui disparues, le président Hafez al-Assad et l'ayatollah Khomeiny. Il serait opportun de comparer la reconnaissance américaine de la force iranienne à la reconnaissance par Washington de la Chine populaire, à la fin des années 70. Et comme le fait de reconnaitre le rôle et la puissance de la Chine a ouvert la voie à des changements en Asie de l'est, la reconnaissance de l'Iran ouvrira la voie à des changements importants dans le Mashreq arabe et dans le Golfe.
Ceux qui sont lésés et inquiets de la soumission des Etats-Unis aux nouvelles réalités montrent leurs vrais visages à Riyad et à Tel-Aviv. Pendant des décennies, ceux-là ont bâti leurs intérêts aux actions offensives et agressives des Etats-Unis contre l'Iran. Des actions pour lesquelles d'énormes capacités financières, militaires et dans le domaine du renseignement ont été déployées, dans le but de contrer la stratégie de Téhéran qui, par principe, a fait de la cause palestinienne et du soutien à la résistance au Liban et à la Syrie, la pierre angulaire de sa politique régionale. Ces mêmes principes iraniens sont appliqués dans l'approche de la situation en Irak et des crises au Yémen et à Bahreïn.
La relation à venir entre l'Iran et les Etats-Unis devra être analysée à travers le prisme d'une guerre froide régionale et mondiale. Il serait illusoire de croire que les négociations aboutiront à des compromis globaux et immédiats sur tous les dossiers litigieux. Il est clair qu'il existe des divergences au niveau des priorités. Washington souhaite des arrangements qui précèderaient le retrait de ses troupes d'Afghanistan, alors que la Palestine reste au cœur des préoccupations de l'Iran. Toutes les étapes passées de la confrontation ont montré la solidité de la position iranienne de principe dans son soutien à la Syrie et son refus de passer des marchandages au détriment de ses constantes. C'est d'ailleurs cette solidité qui a contraint les Etats-Unis et leurs alliés à reconnaitre tacitement leur échec. Les indices marquant le recul de l'Occident commenceront à apparaitre prochainement, d'autant que des pays européens alliés des Américains dépêchent des émissaires à Damas.
La forme de la confrontation a changé mais le fondement de la contradiction entre un Iran libre et indépendant et ses alliés d'une part, l'alliance impérialiste, sioniste et des Etats collaborateurs de l'autre, demeure inchangé. Cette confrontation est désormais sous-tendue par de nouveaux rapports de force, qui sont dans l'intérêt de l'Iran et de ses partenaires.
Source : TENDANCES DE L’ORIENT