mardi 20 mars 2012

Israël bombarde Gaza... en attendant l’Iran  ?N’oublions pas, enfin, que «  la  » violence n’a jamais cessé pour les Gazaouis...



 Contrairement à ce que prétendent analystes et journalistes losqu’ils parlent d’«  escalade meurtrière  » dans la Bande de Gaza, il n’y a pas d’équivalence entre les roquettes palestiniennes et les bombes israéliennes.
Vendredi 9 mars, l’armée israélienne exécute dans un raid aérien Zuhair al-Qaisi, secrétaire général des Comités de résistance populaire, et son escorte militaire Mahmoud Al-Hannani. Les Comités, qui regroupent notamment des militants issus des branches armées des diverses factions palestiniennes, ripostent quelques heures plus tard en tirant plusieurs dizaines de roquettes. L’armée israélienne procède alors à des bombardements sur la Bande de Gaza, qui tuent en quelques jours 25 personnes et en blessent plusieurs dizaines d’autres. Un scénario bien rôdé.
Les «  analystes  » ont rapidement ressorti de leurs cartons les expressions toutes faites, et vides de sens, du type «  cycle de la violence  » ou «  escalade meurtrière  ». Ces formules passe-partout avaient tout juste eu le temps de prendre la poussière depuis qu’elles avaient été utilisées lors de la dernière campagne israélienne de bombardements sur Gaza en août dernier (quatorze morts, dont deux enfants). En parfaite harmonie avec ce mauvais concert, le «  quartette pour le Proche-Orient  » (États-Unis, Russie, UE, ONU) exprimait de son côté sa «  grave inquiétude à propos de l’escalade récente  » et lançait un «  appel au calme  ».
108 Palestiniens tués en 2011
Mais de quoi parle-t-on exactement  ? D’un double assassinat, perpétré hors de toute légalité internationale, qui vient s’ajouter à la longue liste des exécutions extra-­judiciaires organisées par Israël. Et qui ne pouvait manquer de susciter une réaction chez les Palestiniens de Gaza.
Aurait-on en effet déjà oublié les conditions dans lesquelles vivent les Gazaouis  ? Malgré le (très) relatif desserrement du blocus côté égyptien, l’immense majorité des habitantEs de Gaza vit dans des conditions déplorables. Plus de la moitié de la population active est au chômage, plus des deux tiers des Gazaouis vivent sous le seuil de pauvreté, et près des trois quarts sont dépendants de l’aide alimentaire internationale. Depuis plusieurs semaines, la seule centrale électrique de la Bande tourne au ralenti, faute de carburant, et les coupures de courant durent entre 16 et 18 heures par jour, tandis que les ressources en eau potable s’amenuisent.
Dans de telles circonstances, l’assassinat d’un dirigeant de la résistance armée ne pouvait être sans conséquence. Quoi que l’on pense de l’efficacité des roquettes, on peut comprendre que les Comités de résistance populaire n’allaient pas rester sans réagir. C’était d’ailleurs, selon plusieurs journaux israéliens, le pari des autorités, qui estimaient avant l’exécution qu’elle entraînerait le tir d’une centaines de roquettes dans les 24 heures. Fallacieux prétexte, côté israélien, pour multiplier les exécutions et, côté international, pour tirer un trait d’égalité entre «  violences  » palestiniennes et «  violences  » israéliennes.
Est-il besoin de souligner l’inanité de cette équivalence, qui assimile des tirs venus de groupes armés depuis une zone assiégée et des bombardements perpétrés par l’armée régulière d’un État colonial  ? Est-il besoin de rappeler en outre que les tirs de roquettes ont tué trois personnes côté israélien depuis le 1er janvier 2009, tandis que les bombardements réguliers sur Gaza ont fait 108 morts pour la seule année 2011  ? N’oublions pas, enfin, que «  la  » violence n’a jamais cessé pour les Gazaouis, et ne cessera pas tant qu’ils ne seront pas libres, hors de la menace de l’armée israélienne, et que l’ensemble de leurs droits, y compris le droit au retour des réfugiés, ne seront pas satisfaits.
Israël prépare l’attaque de l’Iran
Derrière les faux prétextes se cache en réalité un tout autre dessein côté israélien. Il s’agit tout d’abord de pousser le Hamas à la «  faute  », alors qu’il acquiert une légitimité de plus en plus grande au niveau international («  réconciliation  » avec le Fatah, tournée des dirigeants du Hamas dans les pays arabes, etc.). Mais le Hamas n’a pas riposté militairement. Il s’agit également de poursuivre la campagne visant à légitimer de futurs bombardements sur l’Iran, en démontrant qu’Israël est «  en danger  », quitte à tricher avec la réalité et à sacrifier la vie de plusieurs dizaines d’êtres humains pour les besoins de la démonstration. Un cynisme et une morgue qui, s’ils ne sont guère surprenants, n’en sont pas pour autant moins inquiétants.
Julien Salingue
* Publié dans : Hebdo Tout est à nous ! 140 (15/03/12).
Contrairement à ce que prétendent analystes et journalistes losqu’ils parlent d’«  escalade meurtrière  » dans la Bande de Gaza, il n’y a pas d’équivalence entre les roquettes palestiniennes et les bombes israéliennes.

Vendredi 9 mars, l’armée israélienne exécute dans un raid aérien Zuhair al-Qaisi, secrétaire général des Comités de résistance populaire, et son escorte militaire Mahmoud Al-Hannani. Les Comités, qui regroupent notamment des militants issus des branches armées des diverses factions palestiniennes, ripostent quelques heures plus tard en tirant plusieurs dizaines de roquettes. L’armée israélienne procède alors à des bombardements sur la Bande de Gaza, qui tuent en quelques jours 25 personnes et en blessent plusieurs dizaines d’autres. Un scénario bien rôdé.
Les «  analystes  » ont rapidement ressorti de leurs cartons les expressions toutes faites, et vides de sens, du type «  cycle de la violence  » ou «  escalade meurtrière  ». Ces formules passe-partout avaient tout juste eu le temps de prendre la poussière depuis qu’elles avaient été utilisées lors de la dernière campagne israélienne de bombardements sur Gaza en août dernier (quatorze morts, dont deux enfants). En parfaite harmonie avec ce mauvais concert, le «  quartette pour le Proche-Orient  » (États-Unis, Russie, UE, ONU) exprimait de son côté sa «  grave inquiétude à propos de l’escalade récente  » et lançait un «  appel au calme  ».
108 Palestiniens tués en 2011
Mais de quoi parle-t-on exactement  ? D’un double assassinat, perpétré hors de toute légalité internationale, qui vient s’ajouter à la longue liste des exécutions extra-­judiciaires organisées par Israël. Et qui ne pouvait manquer de susciter une réaction chez les Palestiniens de Gaza.
Aurait-on en effet déjà oublié les conditions dans lesquelles vivent les Gazaouis  ? Malgré le (très) relatif desserrement du blocus côté égyptien, l’immense majorité des habitantEs de Gaza vit dans des conditions déplorables. Plus de la moitié de la population active est au chômage, plus des deux tiers des Gazaouis vivent sous le seuil de pauvreté, et près des trois quarts sont dépendants de l’aide alimentaire internationale. Depuis plusieurs semaines, la seule centrale électrique de la Bande tourne au ralenti, faute de carburant, et les coupures de courant durent entre 16 et 18 heures par jour, tandis que les ressources en eau potable s’amenuisent.
Dans de telles circonstances, l’assassinat d’un dirigeant de la résistance armée ne pouvait être sans conséquence. Quoi que l’on pense de l’efficacité des roquettes, on peut comprendre que les Comités de résistance populaire n’allaient pas rester sans réagir. C’était d’ailleurs, selon plusieurs journaux israéliens, le pari des autorités, qui estimaient avant l’exécution qu’elle entraînerait le tir d’une centaines de roquettes dans les 24 heures. Fallacieux prétexte, côté israélien, pour multiplier les exécutions et, côté international, pour tirer un trait d’égalité entre «  violences  » palestiniennes et «  violences  » israéliennes.
Est-il besoin de souligner l’inanité de cette équivalence, qui assimile des tirs venus de groupes armés depuis une zone assiégée et des bombardements perpétrés par l’armée régulière d’un État colonial  ? Est-il besoin de rappeler en outre que les tirs de roquettes ont tué trois personnes côté israélien depuis le 1er janvier 2009, tandis que les bombardements réguliers sur Gaza ont fait 108 morts pour la seule année 2011  ? N’oublions pas, enfin, que «  la  » violence n’a jamais cessé pour les Gazaouis, et ne cessera pas tant qu’ils ne seront pas libres, hors de la menace de l’armée israélienne, et que l’ensemble de leurs droits, y compris le droit au retour des réfugiés, ne seront pas satisfaits.
Israël prépare l’attaque de l’Iran
Derrière les faux prétextes se cache en réalité un tout autre dessein côté israélien. Il s’agit tout d’abord de pousser le Hamas à la «  faute  », alors qu’il acquiert une légitimité de plus en plus grande au niveau international («  réconciliation  » avec le Fatah, tournée des dirigeants du Hamas dans les pays arabes, etc.). Mais le Hamas n’a pas riposté militairement. Il s’agit également de poursuivre la campagne visant à légitimer de futurs bombardements sur l’Iran, en démontrant qu’Israël est «  en danger  », quitte à tricher avec la réalité et à sacrifier la vie de plusieurs dizaines d’êtres humains pour les besoins de la démonstration. Un cynisme et une morgue qui, s’ils ne sont guère surprenants, n’en sont pas pour autant moins inquiétants.
Julien Salingue
* Publié dans : Hebdo Tout est à nous ! 140 (15/03/12).

lundi 19 mars 2012

SYRIE : Amnesty International demande à la Russie d’autoriser les Etats-Unis et l’OTAN à commencer la ruine et le pillage de la Syrie

….Le monde a été clairement berné par les Nations Unies, le tribunal pénal international, le gouvernement des Etats-Unis, les gouvernements britanniques et français et bien sûr par l’OTAN dans sa mission de “responsabilité à protéger”. Autoriser le renouvellement de ces actes criminels qui ont ravagés la Libye serait inconcevable. C’est pourtant exactement ce que demande Amnesty International à la Fédération de Russie...

Alors que la Libye se fractionne en factions antagonistes et que des escadrons de la mort racistes et génocidaires chassent les “indésirables” à travers la nation, que des régions entières du pays se détachent comme des émirats de la terreur semi autonomes, qu’un patron d’institut pétrolier financé par BP, Shell et Total est installé comme premier ministre, chacun peut vérifier aujourd’hui que les dizaines de milliers de morts occasionnées par la campagne sponsorisée par les Etats-Unis et menée par l’OTAN dans cette nation souveraine d’Afrique du Nord est un échec total. A savoir, si la préservation de vies innocentes en étaient bien le but.

Quoi qu’il en soit, si le but était de fractionner la nation en micro états inefficaces et belligérants tout en installant un gouvernement fantoche à Tripoli afin d’autoriser les contrats donnés aux entreprises occidentales pour le pillage en règle de la richesse nationale, alors ce fut un succès retentissant.

Le monde a été clairement berné par les Nations Unies, le tribunal pénal international, le gouvernement des Etats-Unis, les gouvernements britanniques et français et bien sûr par l’OTAN dans sa mission de “responsabilité à protéger”. Autoriser le renouvellement de ces actes criminels qui ont ravagés la Libye serait inconcevable. C’est pourtant exactement ce que demande Amnesty International à la Fédération de Russie.

Avec une demande intitulée: “Russie, plus d’excuses, agissez contre le bain de sang en Syrie”, Amnesty tente de manière perverse, de retourner les violences et les troubles clairement fomentés par l’occident en Syrie, comme étant quelque part le résultat du refus de la Russie de capituler devant la perspective d’une autre intervention de l’OTAN. Une intervention, qui soit dit en passant, est certaine de créer encore plus de violence, de divisions ethniques et de bains de sang en Syrie, en même temps que le pillage par les entreprises occidentales avides de remplir le vide laissé quand l’establishment nationaliste syrien sera éliminé comme il le fut en Libye.

Le rapport d’Amnesty cite les statistiques de mortalité fabriquées par l’ONU et qui ne sont exclusivement basées que sur les rapports de l’opposition syrienne, avant de critiquer le positionnement des troupes syriennes et de son équipement autour de la ville de Homs, qui est reconnu depuis récemment comme la bases d’opérations de militants lourdement armés. Amnesty demande ensuite de manière rhétorique: “combien de victimes devront –elles souffrir avant que la Russie ne prenne une attitude décisive envers les crimes contre l’humanité commis en Syrie ?” On pourrait tout aussi bien répondre par cette question: combien de victimes doivent encore souffrir avant que le monde ne prenne l’attitude nécessaire contre Wall Street et la City de Londres dans leur carnage global perpétré de la Libye à la Syrie, en passant par l’Iran, l’Irak et les montagnes et villages d’Afghanistan ?

Amnesty conclut son ultimatum en demandant que la Russie arrête de vendre des armes à la Syrie, et ce alors même que les gouvernements occidentaux, par le biais de l’OTAN et ses clients des états arabes continuent eux à suppléer de manière constante des armes, des fonds et même des combattants étrangers au mouvement d’opposition syrien.

Amnesty est financée et gérée par le ministère des affaires étrangèrs américain et le gros business

D’aucun pourrait se demander pourquoi Amnesty International travaille clairement en contradiction avec son propre objectif de mission qui est de “protéger les personnes à qui on refuse la justice, la liberté, la vérité et la dignité où que ce soit”. Notre premier indice vient de qui en ce moment est le patron de l’association: Suzanne Nossel en est sa directrice exécutive.

Nossel a terminé une pige comme secrétaire assistante des organisations internationales auprès du ministère des affaires étrangères états-unien, avant d’avoir été nommée à la tête D’Amnesty International. Elle fut également vice-présidente des opérations stratégiques pour le Wall Street Journal et fut une consultante médiatique pour McKinsey & Co (membre fondateur corporatiste du Council on Foreign Relations – CFR -). La manipulation de l’opinion publique est une de ses spécialités, une qui est certainement pleinement utilisée en ce qui concerne la Syrie.



Nossel alors au ministère des affaires étrangères, parle du “printemps arabe” créé par les Etats-Unis et le rôle des Etats-Unis dans le soutien des groupes d’opposition. Elle parle au National Iranian American Council et elle cite spécifiquement la Brookings Institution pour bâtir le cas sur les abus des droits de l’Homme en Iran. On peut se demander si Nossel ne s’est pas négligemment inspirée de rapport de la Brookings “Which path to Persia”, qui conspire ouvertement pour renverser le régime iranien en soutenant une “révolution colorée”, en armant des groupes terroristes dûment répertoriés (tout comme les Etats-Unis le font maintenant en Syrie), et provoquer l’Iran dans une guerre dont elle ne veut absolument pas. Nossel continue de manière évidente son travail de déstabilisation de nations souveraines en utilisant comme levier la cause des droits de l’Homme au sein d’Amnesty International.

Comment Amnesty International peut-elle être considérée comme impartiale alors qu’elle est gérée par une femme qui représente clairement les intérêts américains, à la fois gouvernementaux et au travers de l’establishment industrio-financier, est quelque chose de complètement sidérant.

Le pire est qu’Amnesty International est également financièrement soutenue par le gouvernement et le monde des affaires international. Amnesty International reçoit des fonds du spéculateur de Wall Street George Soros et de son Open Society Institute ainsi que du département pour le développement international britannique, la commission européenne et d’autres fondations financées par la grosse industrie (page 8).

Amnesty International est compromise par un conflit d’intérêt conséquent qui voit son organisation être financée de manière disproportionnée et gérée par des représentants de Wall Street et de Londres. Il est très clair que non seulement Amnesty International est une organisation compromise, mais ils utilisent sans scrupule également comme levier, la noble cause des droits de l’Homme afin de perpétrer un agenda politique qui les sert, ce qui dans le cas de la Syrie veut dire, changement de régime en faveur de créer dans le pays un état client de l’occident.

Les troubles en Syrie sont soutenus en sous-main par les Etats-Unis et sont planifiés de longue date

La Syrie a été programmée pour un changement de régime depuis au moins 1991. En 2002, le secrétaire aux affaires étrangères John Bolton ajouta la Syrie à “l’axe du mal”. Il sera révélé plus tard que les menaces de Bolton contre la Syrie se concrétisèrent par un soutien et un financement des groupes d’opposition à l’intérieur de la Syrie et ce au cours des gouvernements d’à la fois Bush et Obama.

Dans un artice de CNN d’Avril 2011, le porte-parole du ministère des affaires étrangères Mark Toner déclara: “Nous n’essayons pas de miner le gouvernement de la Syrie. Ce que nous essayons de faire en Syrie, au travers de notre soutien à la société civile, est de construire le genre d’institutions démocratiques, que franchement nous essayons de construire dans bien des pays dans le monde. Ce qui est différent, je pense, dans cette situation est que le gouvernement syrien perçoit ce type d’assistance comme une menace sur son contrôle du peuple syrien.”

Les remarques de Toner arrivèrent juste après que le Washington Post ne fuite des câbles indiquant que les Etats-Unis avaient financé des groupes de l’opposition syrienne depuis au moins 2005 et qu’ils continuaient aujourd’hui.

Dans un rapport de l’AFP d’Avril 2011, Michael Posner, le secrétaire d’état auprès du ministère des droits de l’homme et du travail déclara que “le gouvernement des Etats-Unis a budgétisé 50 millions de dollars les deux dernières années pour développer des technologies nouvelles pour aider les activistes à se protéger contre les arrestations et les poursuites des gouvernements autoritaires.”

Le rapport en vint à expliquer que les “Etats-Unis organisent des sessions d’entraînement pour 5 000 activistes dans différentes parties du monde. Une session qui s’était tenue au Moyen-Orient six semaines auparavant avaient réuni des activistes de Tunisie, de Syrie, d’Egypte et du Liban, qui retournèrent dans leur pays avec pour objectif d’entraîner leurs collègues sur place”. Posner ajouta: “Ils s’en retournèrent et il y eut des ondes de choc en retour”. Cette “onde de choc” fut bien sûr le “printemps arabe” et dans le cas de la Syrie, l’origine des troubles coûtant menaçant de déstabiliser la nation et d’inviter à une intervention étrangère.”

Plus récemment, des révélations montrant que les militants syriens sont en fait armés, entraînés, financés et même rejoints sur les champs de bataille par le groupe islamique armé de Libye, une organisation listée comme terroriste par le ministère des affaires étrangères états-unien, ne fait que souligner d’autant plus la nécessité du gouvernement syrien du président Assad de tenter de restaurer l’ordre à tout prix. Le journal britannique le “Telegraph” rapportait en Novembre 2011 que le leader du groupe armé islamique libyen, Abdul Belhaj, avait rencontré les leaders de l’Armée Syrienne Libre sur la frontière turco syrienne. Il fut rapporté que Belhaj promettait des armes et de l’argent (qu’il reçoit tous deux de l’OTAN), ainsi que d’envoyer des combattants libyens pour entraîner et se battre aux côtés des militants syriens.

Le Réseau Voltaire confirmait les rôles de Belhaj et de son groupe islamique libyen non seulement à assister les militants syriens mais en fait les menant dans la déstabilisation en règle de la Syrie par l’OTAN.

A en juger par les dix ans de guerre globale dans laquelle les Etats-Unis sont engagés au nom de “combattre les terroristes”, on peut légitimement se demander pourquoi les Etats-Unis et Amnesty International protestent et non pas applaudissent les tentatives de la Russie de renforcer la position d’Assad contre les tentatives de déstabilisation de son pays par des terroristes d’origine étrangère comme cela est vérifié. Une fois de plus, comme en Libye, il apparaît que le monde est trompé par ce qui est de manière grandissante un cirque géopolitique compromis, forcené et illégitime centré autour de la City de Londres et de Wall Street.

Amnesty parle pour Wall Street et Londres et non pas pour les droits de l’Homme.

Qui va signer la pétition d’Amnesty pour soutenir leur demande envers la Russie ? Sera-ce le même groupe de personnes qui se laisse impressionner et berner dans l’escroquerie qui implose maintenant de “Kony 2012” ? De manière ironique, Amnesty International est sur le bateau qui coule depuis un moment, avec cette pétition adressée au président Obama intitulée “Mettons fin à l’utilisation des enfants soldats”, qui déclare dans une de ses parties: “Je commande le gouvernement des Etats-Unis d’assister les efforts pour l’arrestation de Joseph Kony….”

Amnesty a pris en compte la propagande de guerre de l’ONG Invisible Children, ne donnant pas seulement une excuse à AFRICOM (US Army Africa Central Command) pour établir une présence en Ouganda, mais d’avertir que tous les groupes armés “dans la région” peuvent être utilisés pour justifier une expansion d’AFRICOM sur le continent africain.

Il n’y a aucune raison pour laquelle la Russie devrait tenir compte des mots d’Amnesty International, qui a simplement remis au goût du jour les demandes et désirs de financiers et industriels de Wall Street et de la City de Londres, sous le déguisement de mauvais aloi de “préoccupations humanitaires”.

Article original en anglais : Amnesty International's Ultimatum to Russia US State Department-run Amnesty International demands Russia allow US & NATO to commence the ruination and plundering of Syria. Publié le 16 mars 2012.

Traduction par Résistance 71

Tony Cartalucci est un collaborateur régulier de Mondialisation.ca.  Articles de Tony Cartalucci publiés par Mondialisation.ca





19 Mars 1962 - 19 Mars 2012 : Il y a 50 ans,les accords d'Evian - La victoire de tout un peuple

......En somme, les accords d’Evian  c’est surtout  la réalisation des objectifs du FLN inscrits dans la Déclaration du Premier Novembre et la victoire de tout un peuple épris de liberté......
Les Accords d’Evian, le fruit de longues négociations difficiles et laborieuses, ont sonné le glas du colonialisme et mis fin à 132 ans d’occupation française en Algérie. Le 18 mars 1962  à 17 heures 30 minutes, le document de 93 pages paraphées une par une est signé pour le côté algérien par le défunt Krim Belkacem, ministre de l’Intérieur du GPRA, et Louis Joxe, chargé des Affaires algériennes, Robert Buron, ministre des Travaux Publics et des  Transports, et Jean de Broglie, secrétaire d’Etat chargé du Sahara pour la partie française.

En revenant 50 ans en arrière, on peut se poser cette question, mais que pouvait-il se passer dans l’esprit des signataires d’un côté comme de l’autre au moment d’apposer leur signature ? Que pouvait dire  en son for intérieur Krim, ce chef historique que l’on surnommait le lion des Djebels ? Dans  quel état d’esprit se trouvait-il, lui deux fois condamné à mort par des tribunaux français, le voilà en face de ministres de la  France, cette puissance coloniale réduite à négocier autour d’une même table avec  ceux qu’elle n’a cessé de traiter de fellagas.

Krim Belkacem devait avoir un sentiment de fierté de voir qu’il parle d’égal à égal avec celui qui pas plus tard que la veille était un ennemi… très intime. Krim devait savoir qu’on ne négocie pas avec les faibles. Seuls les forts ont leur mot à dire. A Evian, lui et tous les membres de la délégation avaient leur mot à dire. Ils savaient  que la France avait perdu la guerre et voulait une sortie honorable. En menant les négociations,  Krim savait qu’il était  porteur de l’espoir de tout un peuple.

Un espoir nommé Indépendance et pour lequel 1 million et demi de chouhada sont tombés au champ d’honneur. En ce moment même, les signataires français devaient se dire qu’en paraphant au bas du 93e feuillet du document ils allaient signer la fin d’un rêve qui a duré 132 ans. Ils savaient que cette signature signifiait  la souveraineté totale de l’Etat algérien sur toutes les richesses minières du sol et du sous-sol et que la Sahara ne sera jamais un territoire français.

En ce dimanche 18 mars 1962, c’était l’aboutissement de l’échec total et consommé de la politique française d’intégration ou d’assimilation du peuple algérien. Et un terme a été mis à huit années de guerre en Algérie par la reconnaissance au peuple algérien à son droit à l’indépendance et la définition de nouveaux rapports entre Alger et Paris. En somme, les accords d’Evian  c’est surtout  la réalisation des objectifs du FLN inscrits dans la Déclaration du Premier Novembre et la victoire de tout un peuple épris de liberté.

Nora Chergui   
  
El Moudjahid

dimanche 18 mars 2012

“Il n’y a plus de journalisme indépendant” : D’un ex journaliste d’Al Jazeera


Les chaînes de télévision se sont transformées en partis politiques, poussant l’agenda de forces extérieures, a dit à RT l’ancien correspondant de la chaîne Al Jazeera à Beyrouth, Ali Hashem. Hashem s’est vu être mis sous les feux de la rampe après avoir démissionné de la chaîne de télévision citant sa partialité dans la couverture de l’information.
Dans des courriers électroniques fuités par des hackers syriens, Ali Hashem laissait passer sa colère contre la couverture unidimensionnelle d’Al Jazeera sur la Syrie et son refus de couvrir les évènements de Bahreïn. Dans une interview exclusive avec RT, l’ancien corespondant à Beyrouth Hashem n’a pas voulu en dire plus sur sa démission, mais a insisté sur le fait que de nos jours, l’idée que les médias sont indépendants est un mythe.
“Il n’y a plus de médias indépendants. Tout est fait pour l‘agenda de ceux qui paient, financent le média”, a t’il dit. “La politisation des médias veut dire qu’aujourd’hui, ceux-ci sont des partis politiques. Tout le monde prend partie, se bat pour son point de vue et utilise tous les outils et moyens possibles à leur disposition afin que leur vue touche le plus grand nombre possible.”
C’est maintenant le travail de ceux qui s’informent de comparer les informations de plusieurs sources différentes et de tirer leurs conclusions eux-même, pense le journaliste. “Aujourd’hui, nous sommes dans l’ère de l’information open source – source libre – et tout le monde peut obtenir l’information qu’il désire.”
Hashem a dit que le problème de cet état de fait est que certains médias peuvent atteindre une audience bien supérieure à d’autres et “ce qu’ils disent pourra sembler être factuel alors que çà ne l’est pas.” A t’il dit.
Les médias de masse devraient être “immunisés”, impartiaux lorsqu’il s’agit de conflit, cela garantit alors la liberté de parole et d’expression, pense Ali Hashem.
“En 2006, Israël a bombardé la chaîne de télévision Al-Manar parce qu’ils disaient que celle-ci diffusait de la propagande contre Israël”, dit-il. “Al-Manar était d’un côté de la guerre et ils supportaient le Hezbollah, la résistance et la guerre contre Israël. Mais ceci donne t’il à Israël l’excuse de les bombarder ? Certainement pas.”
“En tant que journalistes, nous devrions, et ce quelque soit notre point de vue (parce qu’il est clair qu’il n’y a plus de journalisme indépendant), avoir le droit de dire ce que nous voulons en toute sécurité, sans avoir à être menacés de bombardement, ou tués, exécutés ou arrêtés”, a conclu Hashem.
Al Jazeera a subi récemment un exode du personnel clef de son bureau de Beyrouth: le correspondant Ali Hashem, le directeur de gestion Hassan Shaaban et le producteur Mousa Ahmad.
Tous ces professionnels ont mentionné la partialité dans la couverture de l’information sur le printemps arabe de la part de la chaîne, spécifiquement en ce qui concerne les évènements de Syrie et du Bahreïn, comme étant la cause de leur départ.
url de l’article original (avec vidéo de l’interview du journaliste en anglais):http://rt.com/news/hashem-al-jazeera-resignation-523/

Traduction de l'article par Résistance 71.

Principes de la propagande de guerre...Irak (1990), Kosovo (1999), Afghanistan (2001), Irak (2003), Libye (2011)….

Depuis la fin de l’Union soviétique, les interventions militaires de l’Occident se multiplient : Irak (1990), Kosovo (1999), Afghanistan (2001), Irak (2003), Libye (2011). [1]

Après chacune de ces guerres, il est apparu que les motifs invoqués pour les justifier étaient le plus souvent mensongers.
Ainsi, dans le cas de la Libye, la zone d’exclusion aérienne censée « protéger les civils » s’est métamorphosée en un bombardement de villes comme Tripoli ou Syrte où des centaines de civils ont trouvé la mort.
Or, nous devons faire un constat déroutant : la reconnaissance après coup de ces mensonges ne sert en rien de leçon.
Il suffit que télévisions et journaux se lancent dans une campagne d'opinion tout aussi mensongère à propos d’un nouveau pays que l’Occident cherche à déstabiliser pour que, dans sa majorité, la population adhère à la version des faits qui lui est proposée (ou plutôt imposée car, avec les grands médias, nous ne bénéficions pas du pluralisme de l’information).
Anne Morelli a écrit un excellent ouvrage [2] où elle dévoile certains principes de la propagande de guerre régulièrement mis en pratique. Quatre d’entre eux sont particulièrement représentatifs des guerres actuelles :
1 - LE DIRIGEANT DU PAYS AGRESSE EST UN MONSTRE SANGUINAIRE, UN
« NOUVEL HITLER »
2 - NOUS DEFENDONS UNE CAUSE NOBLE (LA DEMOCRATIE, LES DROITS DE L'HOMME, etc.)
Nicolas Sarkozy, Voeux aux Armées, 3 janvier 2012 :
« En Afghanistan, nos soldats combattent quotidiennement et payent un lourd tribut pour les valeurs universelles que la France défend. Au service de la liberté et de la démocratie, ils protègent les populations civiles et luttent contre le fanatisme religieux ».
3 - L’ENNEMI COMMET DES ATROCITES, NOUS, SEULEMENT DES « BAVURES »L'affaire des couveuses au Koweït :
En 1990, une jeune fille bouleversée témoigne devant le Congrès américain du meurtre de bébés koweïtiens par les soldats de Saddam Hussein. Ce témoignage renforcera le soutien de l'opinion publique à la première guerre contre l'Irak (1990-1991). En réalité, la jeune fille est la fille de l'ambassadeur koweïtien à Washington qui joue un numéro appris par coeur. Le meurtre des bébés était une invention.

4 - L’ENNEMI UTILISE DES ARMES INTERDITES
La fiole d'anthrax de Colin Powell :
Le 5 février 2003, devant le Conseil de sécurité de l'ONU, Colin Powell présente des informations « sûres et fiables » justifiant d'après lui une attaque sur l'Irak.
Pour appuyer ses affirmations sur la présence d'armes de destruction massive dans ce pays, durant plus d'une minute, il agite une petite fiole supposée contenir de l'antrax, un poison hyper actif. La fiole contient en réalité une inoffensive et banale substance blanche composée de silicone. C'était un coup médiatique.

Une fois le pays envahi et largement détruit, les Américains n'ont jamais pu produire les armes de destruction massive dont ils avaient garanti la présence.
Une revue italienne a caractérisé ces procédés de propagande d’« utilisation stratégique du faux » qui consiste à discréditer l’adversaire le temps d’atteindre les objectifs militaires visés.
On peut aussi appliquer à ces procédés la phrase qu'Adolf Hitler aimait répéter à ses proches durant la dernière guerre mondiale : « Personne ne nous demandera des comptes quand nous aurons vaincu ».
[1] Grâce à la fermeté de la Russie et de la Chine, il semblerait que la Syrie ait échappé à un scénario « à la libyenne ». Dans le même temps, les menaces  d’un bombardement des installations nucléaires de l’Iran s’accumulent.
[2] Anne Morelli, Principes élémentaires de propagande de guerre, Ed. Aden, 2010. Docteure en histoire, Anna Morelli est directrice adjointe du Centre interdisciplinaire d'étude des religions et de la laïcité de l'Université libre de Bruxelles (ULB), université où elle enseigne également la critique historique, les contacts de culture, l'histoire des religions et la didactique de l'histoire.
Jean-Pierre Dubois - blanqui.29@orange.fr

samedi 17 mars 2012

LA GUERRE D'ALGERIE : une guerre atroce

J'ai reconnu, sur certains prisonniers, les traces profondes des sévices ou des tortures qu'il y a quatorze ans, je subissais personnellement dans les caves de la Gestapo de Nancy... Nous sommes engagés sur un chemin qui ne peut conduire qu'aux crimes de guerre... Je ne crois pas aux bénéfices à attendre de la torture... Ce qui est seul indispensable et efficace à long terme, c'est le respect de la personne humaine... »
Voilà ce qu'écrivait, le 1er octobre 1960, dans sa lettre de démission adressée à M. Lacoste, gouverneur d'Algérie, Paul Teitgen, secrétaire général à la préfecture d'Alger.
Aujourd'hui, en ce cinquantième anniversaire de la fin de la guerre d'Algérie, de nombreux souvenirs, tus pendant de si longues années, remontent à la surface, posant de multiples questions. Il nous paraît donc indispensable de rappeler que, contre l'arbitraire, la torture, des citoyens français, des humanistes, des résistants, des chrétiens et des non-chrétiens se sont dressés, indignés, pour entreprendre un nouveau combat : celui des droits de l'homme et de la dignité de la personne, y compris de l'ennemi que l'on combat.
Les lettres qui nous parviennent nous montrent que ceux qui n'ont pas vécu ces événements peinent à comprendre ce qui s'est produit. Ce fut une guerre atroce, menée trop souvent de manière inhumaine. Notre démocratie se trouvait plongée en pleine contradiction : d'un côté, une volonté réelle d'améliorer les conditions de vie économiques et politiques des Algériens ; de l'autre, une répression qui usait de moyens inacceptables et ruinait de ce fait les efforts de rapprochement et de compréhension avec les Algériens musulmans.
Par ailleurs, il est encore des personnes qui, au nom de l'efficacité, affirment qu'il était légitime de recourir à ces moyens. C'est, en effet, au nom de l'efficacité que les gouvernants de l'époque, débordés, admettaient passivement le recours à ces moyens que la simple morale condamne.
Des méthodes déshonorantes
Il est à l'honneur de notre journal d'avoir toujours refusé cet effroyable engrenage, même au nom de l'efficacité qui, d'ailleurs, n'a jamais été prouvée. De très nombreux articles de ses dirigeants ont appelé à l'abandon de tels procédés et expliqué pourquoi : « On n'a jamais un droit illimité de nuire à l'ennemi (article 22 du règlement de La Haye)...Une guerre perd de son droit en perdant le contrôle de ses moyens... Une cause qui se servirait de l'injustice compromettrait la justice qu'elle proclame », écrivait Paul Hutin Desgrées, le 13 avril 1957.
« Si l'on peut excuser les violences de réflexe, on doit apprécier sévèrement les violences de réflexion. Nous visons en particulier les interrogatoires... Efficacité ? Nous pensons que rester humain est efficace... Si nous avions entendu, avant l'heure de la force, les appels à la justice sociale, au respect des personnes, à la promotion humaine lancés en faveur de nos frères d'Algérie par des hommes comme l'évêque d'Alger, nous ne serions pas jetés dans un tel drame. Nous préférons l'efficacité de Monseigneur Duval à l'efficacité qui pense tout sauver par les moyens de la force. » (P. H.-D., 25/07/1957.)
« Quelles qu'en soient les victimes, nous redisons que ces méthodes sont criminelles et déshonorantes. Elles doivent être officiellement condamnées et officiellement sanctionnées... La torture appliquée à un seul est une menace et un outrage fait à chaque citoyen. » (24/10/1961.)
Pourquoi ces rappels ? Parce qu'il est inconcevable d'entendre encore vanter la légitimité de tels moyens. Ces affirmations sont un encouragement aujourd'hui pour tous les tortionnaires et tous les dictateurs qui y recourent dans le monde. Qui veut donc justifier et soutenir ces gens-là ?
François Régis Hutin
Source : ouest france.fr

Le retour de l’obscurantisme peut-il sauver les riches ?....les riches continuent de s’enrichir, et les pauvres de s’appauvrir.

.....Est-il juste que certains reçoivent une part plus grande que d’autres, et par extension est-il juste que certains n’aient pas même de quoi se nourrir quand d’autres gaspillent sans vergogne ? Voilà la question qui se pose à chacun de nous, de quelque côté qu’on se trouve autour de la table, et voilà sur quoi devrait théoriquement reposer la distinction entre la droite et la (vraie) gauche....
Pour expliquer le capitalisme, on le compare souvent à un gâteau qui représenterait la somme des richesses à se partager. Au départ d’une taille qui correspondait à la quantité de monnaie qui le constituait, il s’est agrandi au fur et à mesure des convertibilités successives, de la création monétaire, du crédit… jusqu’à devenir un gigantesque dessert « mondial », par addition de tous les gâteaux « nationaux » : c’est le résultat de la mondialisation.
Mais ce gâteau qui grandit sans cesse (c’est ce qu’on appelle la croissance) est à partager entre tous les acteurs qui ont contribué, de près ou de loin, à sa réalisation, selon des règles établies et acceptées sinon par tous, au moins par la majorité. Et toute la science politique se résume à savoir comment : chaque individu a-t-il le droit de prétendre à la même part, et si non comment le justifier ?
Cette question revient à aborder le problème du partage non pas d’un point de vue égalitaire ( les inégalités sont flagrantes) mais de celui de la justice. Est-il juste que certains reçoivent une part plus grande que d’autres, et par extension est-il juste que certains n’aient pas même de quoi se nourrir quand d’autres gaspillent sans vergogne ? Voilà la question qui se pose à chacun de nous, de quelque côté qu’on se trouve autour de la table, et voilà sur quoi devrait théoriquement reposer la distinction entre la droite et la (vraie) gauche (voir ici).
Pour éluder cette question certains tenteront d’évoquer le fait que le gâteau continue de grossir et que fatalement il y a plus à se partager, mais récupérer plus de miettes ne peut décemment être considéré comme une victoire : il reste des milliers d’enfants qui meurent de faim, chaque jour.
La réalité est donc plus forte que la théorie, la main invisible n’existe pas, et tout le monde ou presque, aujourd’hui, est en mesure de s’en apercevoir tout autour de lui. Comment alors justifier que ces inégalités perdurent, et même augmentent ? Le fait d’être à la tête de ceux qui coupent les parts n’est pas une raison suffisante, pas plus que celui d’être à la tête de ceux qui donnent le droit à cette charge. Il y a autre chose de plus fort, de plus puissant que la volonté de quelques uns (voir « tous des lâches » ), et cette autre chose c’est nous, le peuple. Ce peuple qui adhère et qui a fini par croire que certains hommes valent plus que d’autres, et donc que certains autres (parfois soi-même !) en valent moins.
Car pour justifier et accepter que certains hommes aient des droits supérieurs à d’autres hommes, pour justifier et accepter qu’un petit nombre d’individus possèdent l’équivalent de millions d’autres, il faut que les inégalités trouvent une explication imparable capable de satisfaire aux conceptions de la justice d’une société : si on considère qu’il est juste que les « meilleurs » reçoivent une plus grosse part (ce qui laisse nécessairement aux autres participants une moins grosse part à se diviser), il faut donc déterminer précisément ce qu’est être « meilleur », et selon quels critères la société définit ce statut (les plus riches, les plus forts, etc…)
Cette question aurait dû être réglée depuis la déclaration universelle des droits de l’homme et du citoyen, mais manifestement les êtres humains ne sont pas tous considérés comme des hommes (et a fortiori comme des citoyens) puisqu’un enfant n’est ni un homme ni un citoyen, un condamné déchu de ses droits reste un homme tout en perdant le statut de citoyen. Mais qu’est-ce qu’un homme alors, et qui « mérite » cette dénomination ? faut-il en exclure les femmes et les jeunes, les enfants ? Les esclaves, les petits, les handicapés, les étrangers, les musulmans ? Si les hommes naissent libres et égaux en droit, comment justifier que la société détruise cette égalité de principe dès la sortie du ventre maternel ?
Quand on fait le bilan du capitalisme , il ne fait aucun doute qu’à l’arrivée les principes théoriques s’effondrent : les enfants des classes sociales « favorisées » ont toujours plus de chances de parvenir à se maintenir au sein de cette classe que ceux des classes moins favorisées, et « l’égalité des chances » résonne comme une vaste supercherie. Rien de nouveau sous le soleil, nous répondra-t-on en évoquant le passé et la « prédestination » divine, la royauté… toujours les puissants se sont réfugiés derrière des arguments « incontestables » pour justifier le partage inégal des richesses : ce n’est pas le riche qui choisit d’être riche mais une sorte de « volonté supérieure » qui favorise comme « naturellement » certains êtres qui, nécessairement, doivent en retour récupérer plus. Comme les gros mangent plus, les meilleurs hommes doivent avoir plus. L’injustice du partage ne serait donc pas la conséquence d’un mauvais système (qu’on peut modifier) mais celle de l’injustice naturelle qui existe entre les hommes.
Mais ceux qui tiennent ce discours sont ceux-là mêmes qui ont tout intérêt à le faire croire : en établissant ainsi une cause supérieure indépendante de leur volonté, les bénéficiaires de l’injustice de ce partage défendent leurs privilèges en même temps que leur honneur. Etre « le fils de » pour expliquer sa réussite est moins glorieux que de se croire un don, évidemment génétique, puisqu’il se transmet de père en fils. Ils prétendent et finissent par croire qu’ils sont eux-mêmes meilleurs, et donc qu’ils méritent leur fortune, tandis que ceux qui les jalousent sont moins bons. Pour eux, il est impossible que la raison en soit sociale, car alors la légitimité de leur position leur semblerait (même à eux) intenable : en admettant qu’ils sont favorisés par des règles injustes que les puissants ont mises en place pour conserver leur position dominante, à eux et à leurs enfants, ils admettraient aussi la remise en cause de cette position.
Et c’est bien à cela que servait le vieux débat sur l’inné et l’acquis, sur le péché originel ou le caractère intrinsèquement bon ou mauvais de l’homme ; la génétique étant l’argument suprême (scientifique !) pour défendre les injustices…. Sauf que cette illusion est en train de s’effondrer elle-aussi, en même temps que les frontières médiatiques qui, avec l’arrivée d’internet, permettent de montrer au grand jour les mensonges censés les faire accepter.
Car en réalité la génétique n’est rien d’autre qu’un capital (et oui !) que les évènements extérieurs permettent ou non de faire fructifier. Avec l’épigénétique, on découvre que les gènes peuvent (ou non) s’exprimer, et cela dépend du contexte. Cela signifie que le social (l’acquis) prime sur le génétique (l’inné), et surtout que les injustices liées au partage des richesses ne sont pas inéluctables . Et tout le monde peut aujourd’hui s’en rendre compte pour peu qu’il en soit informé. D’ailleurs, il suffirait pour s’en convaincre de supprimer l’héritage, et on verrait alors si les meilleurs sont encore les enfants des riches…
Face à l’obsolescence de cet argumentaire et à la diffusion incontrôlable des clefs de lecture du système, il faut désormais que les dominants s’attachent à reconstruire un discours crédible pour justifier leur domination : la science ne suffisant plus à expliquer les inégalités, la religion fait un retour en force dans les esprits, à travers le concept fumeux de civilisation, derrière lequel on peut entrevoir les deux évènements majeurs qui vont arriver : le retour de la fermeture des frontières pour permettre la censure, et un retour vers l’obscurantisme religieux, seul capable de laisser planer le doute quand à une « prédestination » pour expliquer l’injustice du partage des richesses.
En réalité la crise est l’excuse sur laquelle s’appuient les puissants pour le rester en imposant LEUR modèle de civilisation, et le choc des civilisations sera la croisade capable de détourner l’attention des peuples vers d’autres responsables des injustices dont ils sont victimes. Et pendant qu’on s’évertue à remettre en place les conditions de cet obscurantisme à travers des débats indignes des valeurs que défendent en théorie nos institutions, les riches continuent de s’enrichir, et les pauvres de s’appauvrir. Combien de temps encore les peuples laisseront-ils l’injustice de ce systèmeperdurer ?
Caleb Irri
http://calebirri.unblog.fr
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