jeudi 3 novembre 2011

Le mot d’ordre révolutionnaire : Abolition du salariat ! Le mot d’ordre conservateur : « Un salaire équitable pour une journée de travail équitable ».

C’est Karl Marx qui le dit à sa façon :
« Au lieu du mot d’ordre conservateur : « Un salaire équitable pour une journée de travail équitable », ils doivent inscrire sur leur drapeau le mot d’ordre révolutionnaire : « Abolition du salariat. »
Ce n’est pas la première fois que nous abordons cette question de l’abolition du salariat, et pourtant il nous apparaît indispensable d’y revenir à nouveau aujourd’hui.
Pourquoi aujourd’hui ?
La crise du capitalisme s’approfondit. Chaque jour, ou presque, l’on nous dit que toutes les dispositions viennent d’être prises, soit nationalement, soit au niveau européen ou mondial, pour en sortir. Chaque jour, l’on nous dit que, cette fois, c’est la bonne : juré, promis, il n’y a plus à y revenir...
Et pourtant, le lendemain...
Le lendemain pourtant, et de nouveau, la crise a resurgi, sous l’une des formes multiples selon lesquelles elle se manifeste, plutôt sous l’une des formes dont on nous dit qu’elle se manifeste...
Tour à tour, c’est ainsi la « crise de l’euro », la « crise de la dette », la « crise des marchés », la « crise des agences de notation », la « crise des banques », la « crise de l’Europe », que sais-je encore...
Mais parler purement et simplement de « crise du capitalisme » est devenu interdit !
Et l’on comprend bien pourquoi ! Car s’il est bien vrai qu’il s’agit bel et bien d’une crise du capitalisme, qui plus est qui ne cesse de s’approfondir, et à laquelle personne ne comprend plus grand-chose, le questionnement prend tout de suite une tout autre ampleur.
C’est tout un contexte historique qui revient à la surface. Un contexte dont ceux qui nous dirigent, les représentants des principales forces politiques, croyaient bien en avoir terminé avec le siècle dernier, lui-même échu !
La crise du capitalisme, cela évoque bien évidemment les alternatives au capitalisme telles qu’elles se seraient exprimées, et telles qu’elles auraient échoué au 20ème siècle...
Le socialisme, le communisme, auraient ainsi échoué et, en conséquence, bien sûr, il ne saurait être question de les remettre à l’ordre du jour, en dépit des efforts de quelques nostalgiques...
Toutefois, il en est, mais il ne faut surtout pas en parler, qui viennent contrarier ces visées réjouissantes de tous les partisans, avoués ou non, du capitalisme...
Ceux-là font la preuve, eux, que socialisme et communisme n’ont pu échouer puisque socialisme et communisme n’ont jamais existé nulle part...
La preuve par Marx lui-même...
Nous en faisons à nouveau la démonstration avec les textes ci-dessous, extraits de « Travail salarié et Capital » et de « Salaire, prix et profit ».(Editions Sociales – 1969)

LA SUPPRESSION DU TRAVAIL SALARIE CAPITALISTE

C’est le titre de « l’Introduction au projet de programme pour le Parti ouvrier français de 1880 ». Ce texte est reproduit pour terminer l’exposé de Marx sur le rapport entre le travail salarié et le capital.
Cette introduction (sous forme de considérants) a été écrite par Marx...Engels considère que c’est « un chef d’oeuvre, comme j’en connais peu, de démonstration frappante qui éclaire en quelques mots les masses et dont la forme concrète m’a plongé moi-même dans l’étonnement. »
Voici cette introduction :
« Considérant,
Que l’émancipation de la classe productive est celle de tous les êtres humains sans distinction de sexe ni de races ;
Que les producteurs ne sauraient être libres qu’autant qu’ils seront en possession des moyens de production (terre, usines, navires, banques, crédits, etc.) ;
Qu’il n’y a que deux formes sous lesquelles les moyens de production peuvent leur appartenir ;
1. La forme individuelle qui n’a jamais existé à l’état de fait général et qui est éliminée de plus en plus par le progrès industriel ;
2. La forme collective dont les éléments matériels et intellectuels sont constitués par le développement même de la société capitaliste ;
Considérant :
Que cette appropriation collective ne peut sortir que de l’action révolutionnaire de la classe productive – ou prolétariat – organisée en parti politique distinct ;
Qu’une pareille organisation doit être poursuivie par tous les moyens dont dispose le prolétariat, y compris le suffrage universel, transformé ainsi d’instrument de duperie qu’il a été jusqu’ici en un instrument d’émancipation ;
Les travailleurs socialistes français, en donnant pour but à leurs efforts l’expropriation politique et économique de la classe capitaliste et le retour à la collectivité de tous les moyens de production, ont décidé, comme moyens d’organisation et de lutte, d’entrer dans les élections avec les revendications suivantes. »

L’ABOLITION DEFINITIVE DU SALARIAT

Dans le même ouvrage, Marx lui-même conclut « Salaire, prix et profit » par les lignes suivantes :
« ...le développement même de l’industrie moderne doit nécessairement faire pencher toujours davantage la balance en faveur du capitaliste contre l’ouvrier et que, par conséquent la tendance générale de la production capitaliste n’est pas d’élever le niveau moyen des salaires mais de l’abaisser, c’est-à-dire de ramener, plus ou moins, la valeur du travail à sa limite la plus basse.
« Mais, telle étant la tendance des choses dans ce régime, est-ce à dire que la classe ouvrière doive renoncer à sa résistance contre les empiétements du capital et abandonner ses efforts pour arracher dans les occasions qui se présentent tout ce qui peut apporter quelque amélioration à sa situation ?
« Si elle le faisait, elle se ravalerait à n’être plus qu’une masse informe, écrasée, d’êtres faméliques pour lesquels il ne serait plus de salut...
« En même temps, et tout à fait en dehors de l’asservissement général qu’implique le régime du salariat, les ouvriers ne doivent pas s’exagérer le résultat final de cette lutte quotidienne.
« Ils ne doivent pas oublier qu’ils luttent contre les effets et non contre les causes de ces effets, qu’ils ne peuvent que retenir le mouvement descendant, mais non en changer la direction, qu’ils n’appliquent que des palliatifs, mais sans guérir le mal.
« Ils ne doivent donc pas se laisser absorber exclusivement par ces escarmouches inévitables que font naître sans cesse les empiétements ininterrompus du capital ou les variations du marché.
« Il faut qu’ils comprennent que le régime actuel, avec toutes les misères dont il les accable, engendre en même temps les conditions matérielles et les formes sociales nécessaires pour la transformation économique de la société.
« Au lieu du mot d’ordre conservateur « Un salaire équitable pour une journée de travail équitable », ils doivent inscrire sur leur drapeau le mot d’ordre révolutionnaire : « Abolition du salariat. »...
« Je conclurai en proposant d’adopter la résolution suivante :
1. Une hausse générale du taux des salaires entraînerait une baisse générale des profits, mais ne toucherait pas en somme au prix des marchandises.
2. La tendance générale de la production capitaliste n’est pas d’élever le salaire normal moyen, mais de l’abaisser.
3. Les syndicats agissent utilement en tant que centres de résistance aux empiétements du capital. Ils manquent en partie leur but dès qu’ils font un emploi peu judicieux de leur puissance. Ils manquent entièrement leur but dès qu’ils se bornent à une guerre d’escarmouches contre les effets du régime existant, au lieu de travailler en même temps à sa transformation et de se servir de leur force organisée comme d’un levier pour l’émancipation définitive de la classe travailleuse, c’est-à-dire pour l’abolition définitive du salariat. »

LE PRODUIT TOUT ENTIER DU TRAVAIL

Toujours dans le même ouvrage, on trouve « Deux articles de Friedrich Engels. »
Le second article, intitulé « La loi du salaire », se conclut ainsi :
« Mais la loi du salaire n’est pas abolie par la lutte des syndicats. Au contraire, on ne fait justement alors que l’appliquer. Sans les moyens de résistance des syndicats, l’ouvrier ne touche même pas ce qui lui revient suivant les normes de la loi du salaire.
« Seule, la crainte des syndicats peut contraindre le capitaliste à accorder aux ouvriers la pleine valeur courante de la force de travail. Vous en exigez une preuve ? Alors, comparez les salaires qui sont consentis aux membres des grands syndicats avec ceux qui sont payés dans les innombrables petites entreprises de ce marais pestilentiel et terrifiant situé à l’est de Londres.
« Donc, les syndicats ne luttent pas contre la loi du salaire. Mais ce n’est pas le salaire élevé ou inférieur qui amène la dégradation de la classe ouvrière.
« Cette dégradation consiste dans le fait que la classe ouvrière, au lieu de recevoir le produit intégral de son travail, doit se contenter d’une partie de la partie qu’on appelle salaire.
« Le capitaliste empoche le produit tout entier parce qu’il est possesseur des moyens de travail et il s’en sert pour payer les salaires du travail.
« C’est pourquoi il n’y a pas d’émancipation possible de la classe ouvrière tant qu’elle ne sera pas en possession de tous les moyens de travail : terre, matières premières, machines, etc., et partant en possession du produit tout entier de son travail. »

NOUS NE PARTONS PAS DE RIEN

Bien évidemment, ces textes n’épuisent pas les apports de Marx et d’Engels s’agissant de l’importance, du caractère indispensable de l’abolition du salariat pour sortir du capitalisme. C’est ce que Marx appelait ailleurs une « tautologie », c’est-à-dire une évidence.
Tout aussi évidemment, les activités humaines continueront à être nécessaires pour produire ce dont les êtres humains auront besoin pour vivre, mais ce sont ces êtres humains qui en décideront eux-mêmes et ce ne dépendra plus alors de règles qui leur seront extérieures, celles du marché capitaliste par exemple.
On peut penser aussi que des formes de revenus seront encore nécessaires pour faciliter les échanges, tout en prenant en compte que les gratuités peuvent se développer.
Nous ne partons pas de rien s’agissant des réponses aux questionnements qui surgissent.
Dans certaines limites, le peuple français, par ses luttes, a pu faire avancer nombre de ses aspirations.
Je viens de parler des gratuités , il en existe déjà dans notre société, on peut certainement en faire grandir le nombre et les domaines concernés.
De même, il existe nombre de revenus qui ne sont pas strictement des salaires, même s’ils dépendent, de même que toutes les richesses produites par notre société, du travail et activités des membres de cette société.
Nous pouvons en citer quelques-uns : bourses et revenus étudiants, congés payés, congés-maladies, allocations familiales, allocations-logement, pensions et retraites, etc. Ce sont des revenus socialisés.
Nombre d’organisations militent, non sans échos, pour la création de revenus d’existence, sous différentes formes...
J’ai déjà eu l’occasion de dire qu’il existait déjà des éléments de communisme dans notre société, même si cela est aujourd’hui nécessairement limité puisque c’est le capitalisme qui est dominant.
N’empêche, je pense important de le montrer, de montrer que ce n’est pas impossible à réaliser puisqu’il en existe déjà des bases réelles.
Le montrer, ce n’est pas, je crois, effacer l’ampleur du changement révolutionnaire qui reste à accomplir pour que le peuple français, et d’autres partout dans le monde, puissent s’engager dans la voie de la construction d’une société communiste.

Michel Peyret
3 novembre 2011

URL de cet article 15030 http://www.legrandsoir.info/le-mot-d-ordre-revolutionnaire-abolition-du-salariat.html

Glenn Greenwald s’exprime sur la Justice américaine à deux vitesses, sur le programme d’assassinat suivi par Obama et sur le Printemps arabe-(Avec la liberté et la justice pour certains : Comment le droit est utilisé pour détruire l’égalité et protéger les puissants).

mardi 1 novembre 2011

Libye : Rapport de l’opération Lockerbie 20 ans plus tard - un ancien haut responsable de la police écossaise désirant rester anonyme, ayant participé à l’enquête, affirme que la CIA aurait « écrit le scénario » accusant la Libye....

En août 2005, un ancien haut responsable de la police écossaise désirant rester anonyme, ayant participé à l’enquête, affirme que la CIA aurait « écrit le scénario » accusant la Libye. Il affirme que la pièce à conviction décisive, un fragment de circuit intégré du détonateur, a été « fabriquée » et « déposée » par des agents de la CIA qui enquêtaient sur la tragédie.
« Pour Pierre Péan, journaliste français et spécialiste de l’affaire, « cette révélation ne fait que confirmer l’évidence :l’attentat de Lockerbie n’a pas été commandité par Kadhafi mais par d’autres ».

L’attentat de Lockerbie (Ecosse) a causé la mort de 270 civils le jour-même où il a eu lieu. Il a été attribué à la Libye pendant 15 ans, avant que cette information ne soit démentie, finalement, par « les meilleures sources », en 2007. Peut-être afin de désigner à la vindicte populaire la Syrie et l’Iran comme coupables ? Car, durant 15 ans, cet attentat sous faux drapeau avait eu largement le temps de détruire un pays.
Voici ce que nous dit l’Histoire en train de se faire :
1969 Mouammar Al Kadhafi prend le pouvoir par « coup d’état », selon Wikipedia à la page « Kadhafi ».
Wikipedia ne dit pas qu’il s’agit d’un coup d’état pacifique et on peut ne pas savoir que ce coup d’état-là, contrairement à ceux qui ont eu lieu, et ont encore lieu, en Amérique Latine et Centrale, a été fait sans le soutien ni l’accord des USA.
1977 Naissance de la Jamahirya (« État des masses ») Poursuite et intensification de la création d’institutions au caractère socialiste clairement revendiqué par le gouvernement.
1980 Tentative d’assassinat dont Francisco Cossiga accuserait la France
1986 Reagan ordonne un bombardement qui tue la fille adoptive de Kadhafi et détruit sa maison
1988 Les attentats de Lokerbie (Ecosse) sont attribués à la Libye de Kadhafi. Ils ont fait 270 victimes dont 11 habitants de Lockerbie Pour en ajouter dans la vraisemblance, la Libye est accusée d’avoir des liens « douteux » avec des groupes dûment désignés comme « terroristes ». La « Communauté Internationale », dès lors, s’en détourne en se pinçant le nez.
1991 Larousse À Benghazi, le colonel Muammar ai-Kadhafi inaugure la première tranche du « grand fleuve artificiel », pipe-line de plusieurs centaines de kilomètres de long destiné à transporter l’eau des nappes situées dans le sous-sol du désert vers les régions littorales.
1992 ONU Résolution 748 selon laquelle LA LIBYE EST UN ETAT TERRORISTE (Avant 2001, date de l’épandage tous azimuts de ce terme) Le BLOCUS est donc autorisé
1999, 11 ans après l’attentat, deux agents des services secrets libyens comparaissent devant un tribunal international, au nom du pragmatisme du colonel. Ce qui provoque la suspension des sanctions de l’ONU envers le pays et le rétablissement des relations diplomatiques avec l’Angleterre. 8 ans de blocus donc.
2001 L’agent des services secrets Libyen Ali al Megrahi est condamné
2003 La Libye et Kadhafi, 15 ans après l’attentat. indemnisent les victimes auxquelles sont versées 2 700 000 dollars.
La « Communauté Internationale » semble respirer mieux et renouer des contacts avec la Libye.
2004 :Le dictateur blanchi façon Tony Blair Chirac rend visite à Kadhafi :
« Le retour en grâce, méthodiquement organisé par le colonel Kadhafi, a surtout été amorcé en décembre 2003 au moment où la Libye avait officiellement renoncé à tous ses programmes d’armes de destruction massive. » « « La France est une puissance mondiale dont le rôle est influent au sein de l’Union européenne », a déclaré le Premier ministre libyen Choukri Ghanem qui a mené une diplomatie de réconciliation avec l’Europe. Tony Blair, le Premier ministre britannique, José Maria Aznar, ancien président du gouvernement espagnol, Silvio Berlusconi, président du Conseil italien, Gerhard Schröder, le Chancelier allemand et William Burns, le secrétaire d’Etat adjoint américain, ont tous rendu visite au guide de la révolution libyenne, en l’espace d’un an. »
2005 En août 2005, un ancien haut responsable de la police écossaise désirant rester anonyme, ayant participé à l’enquête, affirme que la CIA aurait « écrit le scénario » accusant la Libye. Il affirme que la pièce à conviction décisive, un fragment de circuit intégré du détonateur, a été « fabriquée » et « déposée » par des agents de la CIA qui enquêtaient sur la tragédie (Wikipedia, page Lockerbie)
2007 19 ans après l’attentat, deux témoins-clés avouent avoir menti et/ou touché de l’argent Wikipedia n’en dit rien à la page « Kadhafi », préférant se fier au ‘témoignage’ en Février 2011 d’un ministre de Kadhafi qui aurait quitté son gouvernement (au profit du CNT) Alors qu’un journal, qualifié de conspîrationniste par ceux qui sont eux-mêmes qualifiés de conspirationnistes, à savoir Le Figaro, a publié en 2007 plusieurs articles à ce sujet :
Un témoin capital affirme avoir menti
« La déposition d’un ingénieur en électronique suisse pourrait remettre en cause la responsabilité de la Libye dans l’attentat »
« La nouvelle déposition d’Ulrich Lumpert a été publiée sur son site Internet par la firme Mebo »
Nouveaux doutes sur un témoignage
« Le principal témoin à charge se serait vu offrir une enveloppe de 2 millions de dollars en échange de son témoignage contre la Libye. »
« Selon le Guardian, le principal témoin à charge, Tony Gauci, un commerçant maltais, se serait vu offrir une enveloppe de 2 millions de dollars en échange de son témoignage. De quoi douter de la validité du procès qui a conduit à la condamnation à la réclusion à perpétuité d’Abdelbasset al-Megrahi, haut responsable des services secrets libyens, en 2001 pour avoir placé une bombe dans le vol 103 de la Pan Am, le 21 décembre 1988. »
Et si la Libye était innocente...
la piste libyenne perd de sa crédibilité
« Qui, sinon la CIA ? », s’interroge le Figaro, avant de répondre par la négative à cette question, grâce, encore une fois, à un ‘témoignage’ …
C’est un peu plus tard que Le Figaro livre sa propre hypothèse :
L’autre piste de Lockerbie, celle de la Syrie et de l’Iran
« la commission de révision d’Édimbourg autorise Megrahi à faire appel, sur la base d’une « possible erreur judiciaire ». Parmi les attendus, l’un est gardé secret « à cause d’un accord avec un gouvernement étranger ». Il ne sera jamais communiqué à la défense. »
« Toujours en 2007, Tony Blair, premier ministre, signe un mémorandum d’échange de prisonniers avec Mouammar Kadhafi. C’est finalement la grâce médicale, plus rapide, qui sera choisie. Juste après que Megrahi a abandonné son procès en appel. »
« La vérité sur Lockerbie ne sera peut-être jamais connue. Elle ne devrait pas venir de Libye. Accueilli par quelques centaines de porteurs de drapeaux, en l’absence des caméras de la télévision libyenne, Abdelbaset al-Megrahi a été promptement emmené vers une destination inconnue. Barack Obama s’est contenté de réclamer son « assignation à résidence ».
Comments se fait-il que deux menteurs d’un attentat sous faux drapeau, qui a coûté la vie à 270 civils, entraîné un blocus de huit ans contre le pays faussement accusé et jeté un innocent en prison, avouent la même année qu’ils on menti , d’une part, et d’autre part restent totalement impunis ? Ils ne le diront plus car ils sont morts tous les deux, et ni en Syrie, ni en Iran.
Par ailleurs, les « familles de victimes » vont-elles restituer à la Libye, qui n’était pas coupable, l’argent que celle-ci a versé pour les indemniser ?
2007 Sarkozy reçoit Kadhafi à L’Elysée
2008 : Le Figaro : Tony Blair a rendu visite à Kadhafi
2009 :Berlusconi reçoit Kadhafi et s’excuse pour le passé colonial de Rome
Obama imite Sarkozy en serrant la main d’El Kadhafi
2011. Massacres et bombardement dits humanitaires en Libye.
Le Figaro titre : La France a eu raison en Libye … (Cependant, voir les commentaires)
La Libye, qui pourtant l’a recherché ardemment dès la prise de pouvoir de Kadhafi, n’a pas rencontré un soutien suffisamment fort d’une Afrique en voie avancée de nouvelle colonisation, semble-t-il.
« Pour Pierre Péan, journaliste français et spécialiste de l’affaire, « cette révélation ne fait que confirmer l’évidence :l’attentat de Lockerbie n’a pas été commandité par Kadhafi mais par d’autres »
« D’autres » qui seraient capables de tuer de sang froid 270 êtres humains ? De jeter un ou des innocents en prison, après une parodie de justice dont la longueur et l’épaisseur n’atténue en rien l’irresponsabilité – au contraire ? De faire souffrir un blocus injuste à toute une population jusqu’à la reddition de son gouvernement soigneusement désarmé auparavant ?
Toujours est-il qu’il semblerait que ce n’est pas d’hier que les Etats-Unis et la France, en particulier, conspirent contre Kadhafi. - Pourquoi ?
Parce qu’il serait logique que les « libres marchés », armes, nucléaires et drogues compris, ne se sentent plus « libres » d’éliminer le voisin, appelé concurrent, de réduire en esclavage ceux et celles qui les enrichissent et ne leur coûtent presque rien, et toutes ces sortes de choses peu chrétiennes, quand un gouvernement s’entête à vouloir garder les richesses de son pays et, ce qui est gravissime pour les multinationales, à en faire profiter son peuple, car dans ce cas le profit change de camp !.
Quand, de plus, un gouvernement ne se montre pas favorable à l’islamisme intégriste, fidèle allié de l’occident qui le développe chaque fois qu’il le peut, pour servir d’épouvantail aux colonisateurs et pour asservir les colonisés. Surtout les femmes
Par conséquent, les banques qui financent les « marchés » risqueraient de faire des bénéfices moindres et les banquiers qui sont à leur tête de ne plus pouvoir acheter aussi bien les êtres humains que le luxe tape-à-l’œil réservé aux êtres totalement étrangers à la culture, à l’art, à la littérature, à la musique, à la philosophie… (sauf s’il se trouve ce qu’ils considèrent comme des sous-hommes pour leur acheter ce qu’ils considèrent uniquement comme des « produits » !)
Les banquiers et les patrons de multinationales sont comme de vieux gamins qui jouent à pan-pan en confondant la cour de récréation et les jeux vidéo avec la réalité, et qui se croient sans doute immortels comme les enfants le croient avant l’adolescence. Serait-ce pour cette raison que les Européens ont l’habitude de qualifier avec indulgence les Américains de « Grands Enfants » ?
Il est, dans la vie des parents, des moments où l’indulgence doit faire place à l’autorité. Quand celle-ci a été désarmée physiquement par leurs petits morveux - qu’ils considéraient jusqu’alors et perpétuellement comme leurs chères têtes blondes – il leur reste l’autorité morale, la culture, et l’intelligence.

LIBYE : Fin de mission de l'Otan - Le CNT désormais seul comme un grand !

Fin de mission de l'Otan - A supposer que la guerre libyenne se traduise sous la forme d'une tragédie à l'ancienne, on pourrait la résumer de la sorte :
Acte I : jeudi 20 octobre, mort du colonel Kadhafi, littéralement lynché par des insurgés furieux, qui ne prirent pas de gants pour faire passer le Guide de vie à trépas. Dans la foulée, le Conseil national de transition proclame la fin des hostilités en Libye.
Acte II : moins d'une semaine plus tard, le même Cnt demande le maintien de l'Otan en Libye au moins «jusqu'à la fin de l'année» ; l'instance politique des insurgés libyens estime que même après la mort du Guide, le dernier carré de ses fidèles représente une sérieuse menace pour le pays.
Acte III : à peine 24 heures plus tard, la décision de l'ONU tombe, pareil à un couperet : le Conseil de sécurité de l'instance internationale a décidé, à l'unanimité, une résolution qui met fin au mandat de l'Otan et entre en vigueur le 31 octobre 2011.

Restent les deux derniers actes des fausses et vraies solutions : le Cnt devra désormais les jouer seul, comme un grand ; mais l'Otan est sans doute ce qui devra lui manquer le plus.

On comprend alors l'inquiétude du comité directeur des insurgés libyens ; l'argument évoqué pour demander le maintien de l'Otan en Libye est des plus plausibles ; inutile de se voiler la face, les partisans de Kadhafi ne disparaîtront pas comme par enchantement parce que leur Guide aura été cruellement envoyé ad patres; au contraire, on risque de voir se multiplier en Libye, à défaut d'une armée constituée, des tireurs embusqués qui excellent dans l'art de la guérilla, menant des attaques aussi rapides qu'inattendues pour ensuite se fondre dans la nature, sitôt le mal commis. Cela, personne ne le contestera sérieusement ; et ce, d'autant plus que le même Cnt faisait état, peu de temps avant la mort de Kadhafi, de partisans du Guide massés au sud du pays et prêts à tout pour sauver leur mentor ; Kadhafi est mort, certes, mais la volonté de venger leur leader peut-être demeure intacte.

C'est dans ce contexte que les soldats de l'Otan ramassent leurs cliques et leurs claques pour s'en retourner chacun chez soi. Doit-on vraiment se demander pourquoi ? Peut-être bien que non, tant la guerre en Libye avait fini par devenir épuisante pour l'ensemble des nations de la coalition qui pilonnèrent les troupes de Kadhafi. A tout seigneur, tout honneur ; la France de Sarkozy, à elle seule, estime que sa participation à l'odyssée libyenne lui aura coûté la bagatelle de 300 millions d'euros ! Les 26 000 sorties aériennes effectuées en 7 mois de guerre se seront révélées un véritable gouffre financier pour chacun des 8 pays de l'Otan auxquels se sont joints deux Etats arabes, et qui, ensemble, auront finalement eu raison d'un Guide décidé à rester en place et qui aura fait montre de tout l'acharnement dont il était capable avant de périr dans les conditions que l'on sait. La guerre en Libye aura eu un coût pour chacun des pays membres de l'expédition punitive qui offrit le scalp de Kadhafi à ces ennemis de rebelles. Nul doute qu'ils ne sont pas pressés de remettre ça.

Sans compter que le gros Å"uvre a été fait : le Guide est mort ; le mandat initial de l'ONU ne permettait pas d'aller jusque-là, mais enfin, on aura opté de faire deux pas au lieu d'un seul. Pour le reste, les travaux de finition, sans même le dire, on pense que les insurgés libyens devraient suffire amplement à la tâche.

Cela est clair comme l'eau de roche que l'effort de guerre ne pouvait pas continuer ; la fin du conflit libyen est intervenue à temps, même pour les ténors d'une coalition qui n'en pouvaient plus de se vider financièrement et qui, surtout, visiblement, avaient de la peine à justifier pareilles dépenses faramineuses auprès de leurs propres populations ; ces dernières avaient fini par trouver aberrant que leurs dirigeants jettent l'argent du contribuable dans les sables du désert, alors que, dans moult pays européens, sourd une crise économique qui menace de se révéler implacable. Pour le dire tout net, l'Otan ne pouvait plus rester en Libye ; si elle l'avait tout de même fait, les indignés français, espagnols, américains et allemands se seraient peut-être transformés, eux aussi, mutatis mutandis, en insurgés ; or, on sait à la perfection que ce qui arriva à Kadhafi est justement parti d'une insurrection.
L'Observateur Paalga/31/10/2011
Afrique en Ligne

lundi 31 octobre 2011

NON ! Assad ne menace pas les occidentaux,c'est l'occident qui menace la Syrie et le Moyen Orient....Les titres tendancieux des médias sont de la pure propagande guerre.

Lundi 31 octobre 2011
Tout comme Kadhafi l'avait fait, Assad prévient des risques, Kadhafi avait raison et Assad aussi. Les titres tendancieux des médias sont de la pure propagande guerre. L'OTAN ne cherche qu'à mettre le chaos dans le moyen orient.  Les USA voulait ramener l'IRAK à l'âge de pierre. L'occident ne supporte pas que d'autres pays qu'eux puissent se développer

Toute ingérence occidentale en Syrie risque d'enflammer la région

MOSCOU, 30 octobre 2011
Toute ingérence occidentale en Syrie provoquera "un tremblement de terre" qui enflammera tout le Proche-Orient, a prévenu le président syrien Bachar al-Assad dans une interview accordée dimanche au quotidien britannique The Suday Telegraph.
 
"Les pays occidentaux entendent renforcer leur pression, mais la Syrie diffère de l'Egypte, de la Tunisie et du Yémen. Son histoire et sa politique sont différentes. La Syrie constitue le centre du Proche-Orient et tout problème dans le pays enflammera la région entière. Voulez-vous voir un nouvel Afghanistan ou des dizaines d'Afghanistan?" a posé la question rhétorique le chef de l'Etat syrien.
 
"Si le plan est de diviser la Syrie, cela revient à diviser la région entière", ajoute le président syrien.
Selon le chef d'Etat, les forces de sécurité syriennes ont commis "beaucoup d'erreurs" au début de la contestation visant son régime mais elles visent désormais uniquement des "terroristes".
 
Depuis le 15 mars dernier, la Syrie est secouée par un mouvement de contestation du régime en place. Selon l'opposition et les défenseurs des droits de l'Homme, la répression de la révolte populaire en Syrie par les forces de sécurité aurait déjà fait plus de 3.000 morts. Plusieurs Etats occidentaux ont appelé le président Assad à démissionner.
 
Pour sa part, Damas officiel dément ce chiffre et affirme que près de 1.500 personnes, dont 1.100 militaires et policiers, ont été tués par des "éléments terroristes armés".
Maryvonne Leray  
Ria Novosti

dimanche 30 octobre 2011

La Libye sans Kadhafi : un abîme de questions - ...La haine du dictateur et la volonté de se venger rassemblait ses membres, mais désormais l’argent et le pouvoir passent au premier plan.

27/10/2011
...le meurtre de Kadhafi élimine le principal facteur qui soudait la coalition libyenne très hétéroclite. La haine du dictateur et la volonté de se venger rassemblait ses membres, mais désormais l’argent et le pouvoir passent au premier plan....

L’OTAN termine la campagne libyenne en annonçant une nouvelle victoire du bien sur le mal et le triomphe de la liberté. Barack Obama a déclaré que la voie de la démocratie s’était ouverte pour le peuple libyen. Le corps nu et mutilé de Mouammar Kadhafi, qui au lieu d’être immédiatement enterré a été exposé dans la chambre froide d'un supermarché pour "distraire le public", symbolise certainement le triomphe de la justice. Ainsi, l’Alliance ne s’est pas battue en vain, ses valeurs triomphent sur le sol libyen.
Il faut terminer l’opération au plus vite afin que les événements à venir ne fassent pas d'ombre à la brillante victoire. Or, il est possible d’imaginer la suite du scénario en réunissant à la fois l’expérience accumulée en Irak, en Afghanistan et en Somalie.
Ainsi, le meurtre de Kadhafi élimine le principal facteur qui soudait la coalition libyenne très hétéroclite. La haine du dictateur et la volonté de se venger rassemblait ses membres, mais désormais l’argent et le pouvoir passent au premier plan.
La Libye est un pays complexe qui abrite divers groupes territoriaux et tribaux. La base de la gouvernance de Kadhafi était, bien sûr, la violence, mais l’affaire ne s’arrêtait pas là. Le système d’accords avec les chefs des tribus et de la corruption directe des plus importants seigneurs locaux se combinait avec une répartition (certes modeste) des revenus pétroliers au sein de la population, ce qui contribuait à lui offrir un niveau de vie supérieur par rapport aux pays voisins. En fait, les réformes libérales déjà proposées par les conseillers occidentaux ne provoqueront rien d’autre auprès de la population que l’irritation après de longues années de paternalisme.
On ignore complètement dans quelle mesure les nouvelles autorités pourront rétablir le système d'équilibre des intérêts, plus précisément en créer un nouveau. La défaite écrasante des kadhafistes et l’élimination du colonel ne signifie pas encore que le pays est sous contrôle. Une guerre de résistance des partisans de l’ancien régime pourrait éclater, mais un autre scénario semble plus plausible. On pourrait plutôt s’attendre de facto à l’autonomisation de certaines régions, qui soit ne se plieront pas aux directives de Tripoli, soit monnayeront leur coopération en formulant en permanence des revendications politiques et matérielles. Beaucoup de choses dépendent du comportement des nouvelles autorités envers les partisans de l’ancien régime. Faut-il s’attendre à des règlements de compte et des purges? L’expérience de l'Irak est claire: même les Américains, en fin de compte, ont reconnu que la dissolution du parti Baas et des structures de l’époque de Saddam Hussein ont plongé le pays dans le chaos pour une longue période.
Toutefois, la notion même de "nouvelles autorités" n’a pour l’instant aucun fond. Bien que pendant le second semestre de l’année le Conseil national de transition ait commencé enfin à être associé à des personnalités concrètes (avant cela la situation était complètement incompréhensible), les relations en son sein sont complexes. Les personnalités les plus connues sont des déserteurs du camp de Kadhafi et au sujet desquelles, en faisant un petit effort (et il sera fait), on pourrait trouver beaucoup de choses compromettantes. Tout le monde craint l’essor de l’islamisme. Les islamistes estiment que leur époque est arrivée, étant donné qu’ils étaient violemment réprimés par le colonel. Dans l’ensemble, la tendance au Moyen-Orient est assez claire: le départ des régimes laïques (en Tunisie, en Egypte, en Libye, et probablement au Yémen et en Syrie prochainement) et par conséquent le renforcement des tendances islamiques. Probablement non linéaire, mais constant.
Une question à part concerne le rôle de l’Occident et son attitude envers la future Libye, en admettant qu’elle reste unie. Les compagnies pétrolières et gazières d’au moins trois pays (la France, le Royaume-Uni et l’Italie) estiment qu’ils ont tous le droit à une place de leader. Paris a commencé la guerre, Rome a les contacts les plus étroits avec son ancienne colonie et Londres a assuré un soutien par sa force militaire et la détermination politique. Il faudra trouver un terrain d’entente pour se partager les trophées, car le sens pratique (s’il y en avait un) de cette guerre consistait à contribuer à la sécurité énergétique de l’Europe et à la prospérité de ses entreprises. Pour les autres régions du monde, la Libye n’a pas grande importance.
Les nouvelles autorités libyennes ont déjà annoncé qu'elles prendraient leurs décisions économiques en fonction de considérations politiques. En particulier, la Russie et la Chine, ainsi que le Brésil et l’Allemagne, qui ne se sont pas montrées enclines à soutenir l’ingérence militaire, ne pourront pas espérer grand-chose. Toutefois, les compagnies russes ont la possibilité de participer aux projets libyens en partenariat avec les sociétés européennes, avec lesquelles elles sont en bons termes. Cependant, la question est de savoir si tout ira bien chez les sociétés des pays alliés: toute perturbation dans l’édification de la nouvelle Lybie conduirait à l’instabilité du milieu d’affaires, or il n’y aura pas de facteur de dissuasion sous la forme des forces d’occupation, comme en Irak. Par ailleurs, selon certains signes indirects, on pourrait supposer que même les dirigeants actuels du Conseil de transition seront des partenaires bien moins accommodants qu’on le suppose en Europe et aux Etats-Unis.
La mort de Kadhafi tire un trait sur toute une époque. Mais elle pourrait marquer non pas la fin, mais bien le début d’une véritable crise en Libye.
RIA NOVOSTI Tribune libre 
 

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 29 oct. 2011
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