lundi 24 octobre 2011

LIBYE - Kadhafi: ils ont exaucé son souhait

......ils ont rendu au fond le meilleur service à Kadhafi. Il avait voulu ne jamais quitter son pays, y mourir debout. Ils ont exaucé son souhait. D'un coup, ils l'ont réhabilité, ils l'ont lavé de tous ses péchés, de toutes ses fautes et l'ont fait rentrer dans l'Histoire, comme celui qui a refusé la soumission. Mais pour les autres, tous les autres, les commanditaires comme les exécutants, ils sont souillés à jamais Comme Ponce Pilate, ils auront beau se laver les mains, la tache est indélébile.
Ils ont donc fini par le tuer. Depuis le début, ils ont cherché à le faire. Les frappes de l'OTAN le cherchaient sans arrêt. Mais aujourd'hui, tel Ponce Pilate, ils veulent s'en laver les mains. Ponce Pilate avait livré Jésus aux marchands du Temple et aux grands prêtres proches des Romains.

Il avait préféré laissé les collaborateurs de l'empire Romain décider de sa mise à mort. Pour Kadhafi, l'OTAN a fait l'essentiel du travail, mais il a laissé faire le sale travail, finir le travail à des Libyens contre un autre Libyen. Le crime était presque parfait, mais il y a eu d'abord cet anonyme qui a filmé et mis ces images sur You tube, puis les images d'une extrême cruauté de cette hystérie collective hallucinante sur le site «The Global Post». Il a bien fallu ensuite trouver des explications.

Le colonialisme a toujours agi ainsi: libyens contre libyens, algériens contre algériens, vietnamiens contre vietnamiens, irakiens contre irakiens. Faire ainsi coup double: éliminer l'ennemi, Kadhafi, et tenter de faire perdre son âme à tout un peuple, en tentant de faire peser sur sa conscience un acte ignoble.

Mais pourquoi l'OTAN a-t-il si peur de dire la vérité, qu'il est le véritable responsable de cet assassinat car les autres ne sont que des exécutants.      Pourquoi cette campagne médiatique inouïe, acharnée, non seulement pour dégager sa responsabilité de ce crime, mais pour dévaloriser et salir sans cesse la personne de Kadhafi. Il ya certes la tentative bien vaine de faire encore croire que l'OTAN a agi dans le cadre de la résolution 1973 de l'ONU, que son but était de protéger des populations civiles et non d'intervenir comme belligérant dans cette guerre pour abattre le régime libyen. Il y a aussi l'éventualité d'une accusation de crime de guerre, Kadhafi ayant été fait prisonnier puis assassiné. Mais on découvre soudain que cette campagne traduit au fond une peur, celle que les dominants ont toujours, la peur de leurs victimes, la peur de la mémoire des peuples.

En effet, pourquoi parler autant de Kadhafi s'il est une personnalité aussi monstrueuse, aussi misérable qu'il est décrit dans les médias occidentaux et les medias arabes qui leur sont liés. Pourquoi lui consacrer autant de temps. Pourquoi cette obsession le concernant.

J'avais toujours été impressionné par la rage de Rome envers Hannibal et Jugurtha. Ils les avaient traqués partout, sans leur laisser un endroit où se refugier dans le monde connu de cette époque, menaçant quiconque leur donnerait asile, alors même qu'ils ne représentaient plus un danger militaire. Comme Kadhafi.., ai-je songé le jour de sa mort. N'avait il pas d'ailleurs appelé l'un de ses fils Hannibal, comme une provocation, comme un symbole, comme une continuité de la lutte de ses ancêtres, de l'ancienne à la nouvelle Rome.

LA TACHE
Déjà la vérité commence à se frayer un chemin dans le torrent de mensonges dont on a voulu inonder la planète au sujet de la Libye. C'est ainsi qu'on découvre stupéfait qu'il n'y a aucune image, aucune preuve des allégations qui ont permis le déclenchement de l'intervention de l'OTAN: aucune preuve sur l'allégation que l'aviation de Kadhafi bombardait Benghazi et qu'il y avait des milliers de morts. On apprend que le responsable de la ligue des droits de l'homme libyen, à l'origine de ces allégations, qui ont été à la base de la résolution du Conseil de sécurité de l'ONU, est en réalité lié au CNT libyen et que des ministres du CNT sont membres de cette Ligue. Lumumba avait été tué par d'autres congolais, Che Guevara par un bolivien pour le pays duquel il luttait pourtant, Kadhafi par d'autre libyens. Certes la vie de chacun est différente, plus ou moins exemplaire, plus ou moins «pure», plus ou moins glorieuse, plus ou moins critiquable. Ils n'ont peut être pas tous la même dimension. L'Histoire fera le tri. Elle dira les mérites et les fautes de chacun. Mais ils ont en point commun d'avoir refusé la domination étrangère sur leur pays ou leur continent, d'avoir refusé de se soumettre, d'avoir préféré la mort à la honte de l'esclavage, d'avoir voulu mourir debout, la tête haute. J'ai souvenir de ces images de Lumumba, ligoté mais qui gardait la tête haute et fière, même lorsqu'on le trainait dans la poussière pour la lui faire baisser. 50 ans après, le même geste chez Kadhafi quand ils le ballotent, le brutalisent, le frappent et qu'il tente quand même de rester debout, et qu'il s'efforce, le cou raide, tendu, de dresser la tête sous les coups. Ils ont tous en commun ce qu'on appelle le courage, ceci personne ne pourra le leur nier, et encore moins ceux qui bombardent du ciel, sans risques des villes et des populations, ou qui lynchent.

Certains aujourd'hui se félicitent de l'intervention militaire étrangère tout en déplorant les violences qui en ont suivi, la guerre civile qu'elle y a enflammée, la destruction du pays, et jusqu'à la façon avec laquelle a été assassiné Kadhafi et probablement ses fils et bien d'autres. Quelles contradictions, quelle naïveté feinte ou alors quelle cécité! Qu'attendaient-ils de la violence extrême de cette intervention militaire ? Quand le colonialisme a-t-il eu un état d'âme, une pitié quelconque. Peut on être si aveugle pour ne pas comprendre que le véritable objectif sont les richesses de la Libye et qu'il ne s'agit que de rapine et de brigandage international.

En tout cas, ils ont rendu au fond le meilleur service à Kadhafi. Il avait voulu ne jamais quitter son pays, y mourir debout. Ils ont exaucé son souhait. D'un coup, ils l'ont réhabilité, ils l'ont lavé de tous ses péchés, de toutes ses fautes et l'ont fait rentrer dans l'Histoire, comme celui qui a refusé la soumission. Mais pour les autres, tous les autres, les commanditaires comme les exécutants, ils sont souillés à jamais Comme Ponce Pilate, ils auront beau se laver les mains, la tache est indélébile.
Par Djamel LABIDI  
Paru dans "Le Quotidien d'Oran" du 23 Octobre 2011.

LIBYE : Le spectre du chaos - Lutte tribale, course pour le pouvoir,...

......La balle qui a tué Kadhafi pourrait également être le tir de départ d’une course potentiellement périlleuse pour le pouvoir en Libye», écrit la revue Time.....
Lutte tribale, course pour le pouvoir, désarmement des civils, restauration de la sécurité…, telle est la réalité chaotique que la disparition de Kadhafi n’a pu régler en Libye.

Si «la fin ignominieuse du colonel Mouammar Kadhafi marque une étape de la libération qui va au-delà des rêves les plus fous des Libyens, elle représente aussi un casse-tête énorme pour les dirigeants fragiles du CNT.
La balle qui a tué Kadhafi pourrait également être le tir de départ d’une course potentiellement périlleuse pour le pouvoir en Libye», écrit la revue Time en commentant l’avenir immédiat de l’après Kadhafi qui, selon la presse et les experts américains spécialisés dans les questions de géopolitique internationale, ouvre la porte à une course minée de dangers dans la lutte pour le pouvoir en Libye où le contrôle de décision échappe même au Conseil national de transition (CNT). «Le CNT lutte pour gérer un environnement politique houleux avec un leadership de plus en plus contesté par de nombreux membres des forces de combat organisées sur la base des affinités régionales, tribales ou islamistes, qui voient le Conseil comme trop dominé par d’anciens responsables de l’ère de Kadhafi et qui tire son autorité de ses relations avec l’Occident plutôt que du soutien des Libyens», ajoute la revue. En réponse aux défis de sa légitimité, le CNT avait réitéré, il y a trois semaines, son engagement de ne pas prendre part aux élections qu’il a promis d’organiser dans les 8 mois à venir. «Nous entrons dans une lutte politique sans limites», a déclaré à la revue le chef du comité exécutif du CNT, Mahmoud Djibril, un jour avant la mort de Kadhafi. «La lutte politique nécessite des finances, de l’organisation, des armes et des idéologies. Je crains ne pas avoir tout cela», a-t-il dit. Les combattants, note l’hebdomadaire, «croient avoir été exclus de la prise de décision par une alliance de technocrates soutenus par l’Occident et de fonctionnaires de l’ancien régime libyen, et ont promis de riposter», au point que certains d’entre eux ont ouvertement condamné Djibril et exigé sa démission. Pour des raisons similaires, les revendications d’une plus grande représentation des Berbères marginalisés dans les montagnes de l’ouest de Tripoli ne peuvent être ignorées. Dans ses commentaires, Djibril avertit également que la situation pourrait non seulement se transformer de «lutte nationale en chaos», mais aussi devenir un «champ de bataille pour toutes les puissances étrangères». Djibril a fait aussi une allusion claire au Qatar dont le fort soutien aux milices islamistes à travers la distribution de l’aide et des armes directement à ces derniers, en contournant l’autorité du CNT, a suscité de violentes critiques par le Conseil. Pour le centre Stratfor, la forme que prendra la Libye est «très incertaine», et «la mort de Kadhafi modifie, mais ne transforme pas la situation en Libye», ajoute Richard Haass, le président du Council on foreign relations. «C’est une chose de renverser un régime, mais c’est toute autre chose d’instaurer à sa place une entité viable fondamentalement différente», explique ce dernier.
R. I. / Agences
Londres juge la réputation du CNT «ternie» par la mort de Kadhafi
Le ministre britannique de la Défense, Philip Hammond, a estimé ce dimanche que la «réputation» des nouvelles autorités libyennes avait été «un peu ternie» par la mort de l’ex-dirigeant, Mouammar Kadhafi, tué jeudi dans des circonstances encore floues. «Le jeune gouvernement libyen comprendra que sa réputation dans le monde est un peu ternie par ce qui s’est passé», a déclaré le ministre lors d’une interview à la BBC. «Je suis sûr qu’il voudra tirer cela au clair, de façon à reconstruire et à redorer sa réputation».
ALGERIE 360

Après la Libye, "l'attention va se concentrer" sur la Syrie

23/10/2011
Le sénateur américain John McCain a déclaré dimanche que l'attention allait désormais "se concentrer" sur la Syrie, après la mort jeudi de l'ancien dirigeant libyen Mouammar Kadhafi. "Maintenant que les opérations militaires en Libye ont pris fin, l'attention va se concentrer à nouveau sur quelles opérations militaires pratiques pourraient être envisagées pour protéger la vie des civils en Syrie", a affirmé M. McCain lors d'une session du Forum économique mondial sur les rives jordaniennes de la mer Morte.
"La révolution syrienne semble être maintenant dans une nouvelle phase (...) il y a de plus en plus de défections dans les rangs de l'armée et de plus en plus de Syriens semblent avoir pris les armes contre le régime", a poursuivi M. McCain. "Il y a de plus en plus d'appels de l'opposition en faveur d'une sorte d'intervention militaire étrangère. Nous les entendons. Nous collaborons avec le Conseil national syrien" qui réunit tous les courants de l'opposition, a-t-il ajouté.


L'ancien rival de Barack Obama à la présidentielle de 2008 a averti que "le régime Assad ne doit pas croire qu'il peut s'en tirer avec les assassinats en masse. Kadhafi a fait cette erreur et cela lui a tout coûté".


"Les dirigeants iraniens seraient sages de tenir compte de ces conseils", a par ailleurs déclaré M. McCain. "Leur tentative d'assassiner l'ambassadeur d'Arabie saoudite à Washington a rappelé aux Américains la menace que pose ce régime", a-t-il ajouté.


Le 11 octobre, la justice américaine a accusé l'Iran d'avoir planifié un attentat pour assassiner l'ambassadeur saoudien à Washington, et annoncé l'arrestation d'un Américano-Iranien, Mansour Arbabsiar. L’Iran a rejeté ces accusations, dénonçant un scénario monté de toutes pièces pour diviser les pays musulmans et faire oublier les problèmes politiques internes des États-Unis mais aussi leurs difficultés dans la région.
 
L'Orient le Jour

BIENVENUE EN PALESTINE 2012 : GRANDE MISSION INTERNATIONALE DU 15 AVRIL 2012


BIENVENUE EN PALESTINE 2012Rejoignez cette belle initiative pour soutenir le droit des Palestiniens à recevoir des visiteurs,et notre droit de circuler librement en Cisjordanie et à Jerusalem Est.
Nous serons des milliers femmes,hommes et enfants en provenance de tous pays à nous rendre en Palestine du 15 au 21 Avril 2012.
PALESTINE LIBRE !


NOUS REPARTONS LE 15 AVRIL 2012 !
Oui, nous repartons, encore plus nombreux et plus résolus que jamais !
Cette nouvelle mission a pour but, comme la précédente, de revendiquer le droit d’entrer en Palestine et la libre circulation pour les Palestiniens comme pour tous ceux qui veulent leur rendre visite.
La plupart des gens savent qu’il y a un blocus illégal et inhumain sur la bande de Gaza, mais beaucoup ignorent qu’Israel maintient en fait un blocus sur l’ensemble de la Palestine.
Pour se rendre en Cisjordanie comme à Jérusalem Est, les voyageurs du monde entier sont obligés de passer par les contrôles israéliens, aussi bien à Tel Aviv qu’au Pont Allenby (par la Jordanie), puisqu’Israel a détruit l’aéroport de Gaza et annexé celui de Kalandia.
Et s’ils ont le malheur d’être suspectés de sympathie pour les Palestiniens, ils se trouvent confrontés au risque de refoulement, d’humiliation, d’interrogatoires sur leur vie privée, d’arrestations et même d’emprisonnement.
Quand on sait que même une femme comme Hedy Epstein, juive américaine de plus de 80 ans, rescapée des camps nazis, a subi à l’aéroport de Tel Aviv une fouille corporelle très intime, à cause de ses positions affirmées contre l’occupation des territoires palestiniens, on ne peut pas rester sans réagir.
Cet automne, un animateur d’une coopérative commerce équitable, qui commet l’horrible de crime d’importer de l’huile d’olive palestinienne en France, a été arrêté à l’aéroport de Tel Aviv, puis refoulé. Sans parler des nombreux anonymes, français et étrangers, qui sont tous les jours refoulés sans le moindre motif, et sans que nos gouvernements lèvent le petit doigt.
Alors, nous avons décidé de dire STOP. De refuser l’arbitraire israélien et de dire haut et fort que les territoires palestiniens n’appartiennent pas à Israël que nous en avons assez de ses violations du droit international et des droits de l’Homme.
Si nos dirigeants choisissent de collaborer avec l’occupant israélien. PAS NOUS !
Nous avons envie d’aller à la rencontre des familles et des associations palestiniennes. Elles nous appellent à l’aide, et nous demandent de leur manifester notre solidarité en réclamant haut et fort l’application du droit fondamental à la libre circulation.
Les Palestiniens savent qu’ils ne peuvent compter sur les gouvernements occidentaux, ni sur la plupart des gouvernements arabes pour cela. Pas plus que sur les grandes institutions internationales.
Mais ils comptent sur nous. Ils nous appellent et nous sommes déjà nombreux à répondre à cet appel.
Le peuple tunisien et le peuple égyptien ont montré que la mobilisation populaire peut soulever des montagnes. Ne rien faire c’est se rendre complice des crimes israéliens contre un peuple soumis à un terrible nettoyage ethnique depuis des dizaines d’années.
La Palestine est un test, nous devons tous le comprendre. Un test, non pas dans un laboratoire ou une éprouvette, mais un test grandeur nature, sur des hommes, des femmes et des enfants, pour voir jusqu’où on peut aller dans l’atrocité sans que le monde bouge.
C’est le prototype de l’injustice, du mépris du droit, et de la loi du plus fort, déguisés en « choc des civilisations » ou en « conflit religieux ».
Toutes les formes de solidarité actives sont importantes : la campagne internationale BDS (Boycott, désinvestissement Sanctions), les flotilles et les convois pour rompre le blocus de Gaza, le soutien à des projets éducatifs, agricoles, culturels, médicaux, le soutien aux manifestants contre le mur,
contre la démolition des maisons palestiniennes, le soutien aux prisonniers politiques palestiniens, aux comités de résistance populaire…
La manifestation de solidarité qui consiste à exiger le droit d’aller rendre visite aux Palestiniens est essentielle. La mission Bienvenue en Palestine du 8 juillet a eu un retentissement mondial, et ce n’est pas pour rien. Même la presse israélienne a été choquée de constater qu’on interdisait à des femmes, des hommes, des enfants parfaitement pacifiques de se rendre en Cisjordanie et à Jérusalem Est. Nos gouvernants acceptent de laisser entrer en France des personnes qui larguent des bombes au phosphore sur les populations civiles, qui pratiquent des exécutions extra-judiciaires, qui torturent impunément des enfants, mais nous qui sommes non violents, sans armes, qui n’avons pas « de sang sur les mains », nous n’aurions pas le droit, de nous rendre en Palestine ?
Oui, nous allons repartir. Avec vous. Au lieu de 500, nous comptons être eau moins 1500 à 2000 participants de tous les pays. De 9 à 94 ans (puisque c’est l’âge de ce cher Stéphane Hessel).
Et nous devons exiger de nos dirigeants qu’ils défendent autant leurs ressortissants français que les soldats de l’armée d’occupation israélienne qui ont le droit de venir parader en France, ou que les membres de la LDJ autorisés à partir de France pour aller en Palestine occupée, prêter main forte aux colons.
Notre projet est transparent : nous allons directement en Cisjordanie, pour contribuer à la construction d’une école (voir tous les détails dans la rubrique « Notre Projet »). Des cars nous attendrons à la sortie de l’aéroport de Tel Aviv le 15 avril pour nous amener directement à Béthléem, où les familles et associations palestiniennes nous recevront. Nous apportons la preuve de tout cela. Et si le gouvernement israélien veut raconter une fois de plus que nous avons l’intention de détourner des avions ou de nous immoler par le feu, tout le monde lui rira au nez !
Un grand élan de solidarité est plus que jamais nécessaire. Réservez dès maintenant votre semaine du dimanche 15 avril au samedi 21 avril prochain !
Achetez votre billet d’avion ! Si vous avez besoin d’informations à ce sujet, contactez-nous à contact@BienvenuePalestine.com et merci à tous de faire passer l’information !
Palestine Vivra !
info et contact pour Bruxelles
Demande d'info :
+32485549579
Nadia.B

dimanche 23 octobre 2011

Comment l’Occident a fait main basse sur la Libye : Laissez-moi vous bombarder, pour mieux vous protéger - Ils se disputent la carcasse comme des vautours.

dimanche 23 octobre 2011
.....A la minute où une résolution des Nations Unies pour imposer une zone d’exclusion aérienne sur la Libye a été votée, elle s’est transformée en feu vert pour un changement de régime. Le plan A a toujours été de capturer et de tuer Kadhafi.Un assassinat ciblé. C’est la politique officielle de l’administration Obama. Il n’y a jamais eu de plan B......
.........l’OTAN considère la Méditerranée comme son lac privé.........
Le ministère français de la Défense a affirmé qu’ils l’avaient eu avec un avion de combat Rafale qui a tiré sur le convoi. Le Pentagone dit de son côté qu’ils l’ont eu avec un Predator qui a tiré un missile Hellfire.
Après que le colonel Mouammar Kadhafi, blessé, ait cherché refuge dans une conduite de dérivation sous une autoroute - un écho sinistre du « trou » ou a été trouvé Saddam Hussein - il a été capturé par les « rebelles » du Conseil national de transition (CNT). Et puis dûment achevé.
Abdel-Jalil Abdel-Aziz, un médecin libyen qui a accompagné le corps de Kadhafi dans une ambulance et qui l’a examiné, dit qu’il est mort de deux balles, une à la poitrine, une à la tête.
Le CNT - qui a colporté des mensonges, encore des mensonges et rien que des mensonges pendant des mois - jure qu’il est mort dans « dans un échange de tirs ».
Ils sont nombreux à avoir pu faire cela. Cela peu avoir été Mohammad al-Bibi, un jeune de 20 ans arborant une casquette de baseball des New-York Yankees qui a posé pour le monde entier, brandissant le pistolet d’or de Kadhafi - son billet d’entrée peut-être pour ramasser la prime de 20 millions de dollars que l’on a fait miroiter pour capturer Kadhafi « mort ou vif ».
Cela devient de plus en plus curieux quand on se souvient que c’est exactement ce que la secrétaire d’Etat américaine Hillary Clinton, dans sa visite éclair à Tripoli, avait annoncé 48 heures auparavant : Kadhafi devrait être « capturé ou tué ». Clinton a été comblée. Apprenant la nouvelle en consultant l’écran de son BlackBerry, elle a réagi avec toute la sémantique dont elle est capable : « Wow ! »
Et aux gagnants, le butin
Ils y ont tous mis la main : l’Organisation du Traité de l’Atlantique Nord (OTAN), le Pentagone et le CNT. A la minute où une résolution des Nations Unies pour imposer une zone d’exclusion aérienne sur la Libye a été votée, elle s’est transformée en feu vert pour un changement de régime. Le plan A a toujours été de capturer et de tuer Kadhafi.Un assassinat ciblé. C’est la politique officielle de l’administration Obama. Il n’y a jamais eu de plan B.
Laissez-moi vous bombarder, pour mieux vous protéger
Comme à propos de la R2P (« responsabilité de protéger » les civils), tous ceux qui ont des doutes devraient écouter l’explication fournie par le secrétaire général de l’OTAN, Anders Fogh Rasmussen : « l’OTAN et ses partenaires ont appliqué avec succès le mandat historique de l’Organisation des Nations Unies pour protéger le peuple de la Libye ». Celui qui veut vérifier sur le terrain ce qu’est la protection des civils par l’OTAN n’a qu’à sauter sur un camion pick-up et se rendre à Syrte, le nouveau Fallujah.
Les réactions ont été très instructives. Le bureaucrate du CNT, Abdel Ghoga, se l’est joué « Colisée dans l’Empire romain », en proclamant : « Les révolutionnaires ont eu la tête du tyran ».
Le président américain Barack Obama a déclaré qu’avec la mort de Kadhafi, « nous assistons à la force du leadership américain à travers le monde ». Cela revient à dire : « nous l’avons eu » comme on pouvait s’y attendre, considérant aussi que Washington a payé pas moins de 80% des coûts de cette opération de l’OTAN (plus de 1 milliard au total - que le mouvement Occupy Wall Street pourrait bien estimer avoir été plus utile pour créer des emplois aux États-Unis). Etrange, de dire à présent « nous l’avons fait », parce que la Maison Blanche a toujours affirmé que ce n’était pas une guerre, que c’était quelque chose de secondaire dont ils n’étaient pas en charge.
Il revenait à ce stratège de la politique étrangère, le majestueux vice-président américain Joe Biden, d’être nettement plus instructif qu’Obama : « Dans ce cas, l’Amérique a dépensé 2 milliards de dollars et n’a pas perdu une seule vie. C’est une indication pour savoir comment traiter avec les affaires du monde dans le futur, contrairement au passé. »
Monde, tu es prévenu pour ce qui est de savoir comment l’Empire va traiter avec toi à partir de maintenant !
Sentez mon amour humanitaire
Alors félicitations à la « communauté internationale » - qui comme chacun le sait est composée de Washington, de quelques seconds couteaux de l’OTAN, et des « puissances démocratiques » du Golfe Persique : le Qatar et les Emirats arabes unis (EAU). Cette communauté, au moins, a adoré la fin. L’Union européenne (UE) a salué « la fin d’une ère de despotisme » - alors que hier encore ils caressaient le bas de la tunique de Kadhafi. Maintenant ils se renient eux-mêmes dans des éditoriaux sur le règne de 42 ans d’un « bouffon ».
Kadhafi aurait été l’invité le plus inopportun à la Cour pénale internationale à La Haye, car il aurait aimé rappeler tous les baisemains, les chaudes embrassades et la mendicité de l’Occident pour décrocher des affaires juteuses après avoir été promu « Mad Dog »(Ronald Reagan) et jusqu’à « notre bâtard ». Il se serait régalé en détaillant d’où venaient tous ces louches opportunistes qui se présentent désormais comme « révolutionnaires » et « démocrates ».
Quant à la notion de droit international, elle est tombée dans un drain aussi sale que celui où était Kadhafi, ou que la cache où était retranché le dictateur irakien Saddam, lequel au moins a eu droit à un procès factice devant une cour faite de pantins avant de rencontrer son bourreau. Oussama ben Laden a été tout simplement liquidé, un assassinat dans le meilleur style après une invasion territoriale du Pakistan. Kadhafi a été le suivant, liquidé dans un mélange de guerre aérienne et d’assassinat direct.
De puissants vautours encombrent le ciel. Basé à Londres, Mohammed El Senoussi, l’héritier du trône libyen (le Roi Idris a été renversé en 1969) est prêt pour se placer au premier plan, ayant déjà établi qu’il « était au service du peuple libyen, et que celui-ci décidera ce qu’il voudra ». Traduction : je veux le trône. Il est évidemment le candidat favori de la dynastie contre-révolutionnaire des Saoud.
Et que dire de ces think-tank de Washington, des ânes répétant que ce fut le « moment Ceausescu » du printemps arabe ? Si seulement le dictateur roumain avait amélioré les conditions de vie dans son pays - en termes de soins médicaux gratuits, d’éducation gratuite, de prêts incitatifs pour les jeunes mariés, etc - pour seulement une fraction de ce que Kadhafi a fait en Libye. Plus le fait que Nicolae Ceausescu n’a pas été destitué par les bombardements « humanitaires » de l’OTAN.
Seul un mort cérébral pourrait avoir avalé la propagande de l’attaque « humanitaire » de l’OTAN aux 40 000 bombes ou plus - qui ont dévasté l’infrastructure de la Libye en la faisant revenir à l’âge de pierre (Shock and Awe en version ralentie). Cela n’a jamais rien eu à voir avec le fameux R2P (Right To Protect, et le bombardement implacable des civils à Syrte le prouve.
Comme les quatre premiers membres du BRIC le savaient avant même le vote par l’ONU de la Résolution 1973, l’OTAN considère la Méditerranée comme son lac privé, et il s’agissait d’une guerre de l’Africom contre la Chine et pour la mise en place d’une base stratégique clé. Et les Français et les Britanniques escomptent bien obtenir des contrats juteux pour exploiter les ressources naturelles de la Libye à leur profit. Il était temps que l’Occident impose son discours sur le printemps arabe, après avoir été pris au dépourvu en Tunisie et en Egypte.
Écoutez les gémissements barbares
Bienvenue à la nouvelle Libye. Les milices islamistes intolérantes transformera la vie des femmes libyennes en un enfer. Des centaines de milliers de subsahariens - ceux qui ne pouvaient pas s’échapper - seront impitoyablement persécutés. Les richesses naturelles de la Libye seront pillées. Cette moisson de missiles anti-aériens volés par les islamistes seront une raison extrêmement convaincante pour que la « guerre contre le terrorisme » dans le nord de l’Afrique devienne éternelle. Il y aura du sang - le sang la guerre civile, parce que la Tripolitaine refusera d’être gouvernée par la Cyrénaïque.
Aux dictateurs qui subsistent un peu partout, prenez une assurance-vie de l’OTAN - Hosni Moubarak de l’Egypte, Zine el-Abidine Ben Ali de la Tunisie et Ali Abdallah Saleh du Yémen ont été assez intelligents pour le faire. Nous savons tous qu’il n’y aura jamais de R2P pour libérer les Tibétains et les Ouïghours, ou les gens dans ce goulag monstrueux qu’est le Myanmar, ou le peuple d’Ouzbékistan, ou les Kurdes en Turquie, ou les Pachtounes des deux côtés de la Ligne Durand impérialement établie.
Nous pouvons aussi croire que le monde aura vraiment changé le jour où l’OTAN imposera une interdiction de survol sur l’Arabie Saoudite afin de protéger les chiites dans la province orientale, et que le Pentagone lancera un tapis d’Hellfire sur les princes médiévaux et corrompus de la maison des Saoud.
Cela n’arrivera jamais. En attendant, voici la voie choisie par l’Occident : un bombardement de l’OTAN, et mille barbares sans loi qui pleurnichent. Vous êtes dégoûtés ? Offrez-vous un masque de Guy Fawkes [conspirateur catholique du 17e qui a voulu faire sauter le parlement anglais - N.d.T] et plongez dans cet enfer.
Pepe Escobar
* Pepe Escobar est l’auteur de Globalistan : How the Globalized World is Dissolving into Liquid War (Nimble Books, 2007) et Red Zone Blues : a snapshot of Baghdad during the surge. Son dernier livre vient de sortir ; il a pour titre : Obama does Globalistan (Nimble Books, 2009).

LIBYE : Seif al Islam Kadhafi sera-t-il assassiné ou jugé ? (Countercurrents)-une équipe légale internationale constituée aux USA qui se préparait à partir pour la Libye.

Accélération ! La manière avec laquelle El Gueddafi a été éliminé, doit sonner comme un avertissement à ses pairs arabes qui ne semblent pas trop prendre au sérieux le ras-le-bol de leurs peuples.....


L'histoire a connu subitement une fantastique accélération dans une région jusqu'ici figée dans ses fausses certitudes, vivant en marge des changements qui ont marqué le monde. Ainsi, 2011 restera dans les annales l'année qui aura vu la «disparition» naturelle ou forcée de nombre de dirigeants arabes, réputés indéboulonnables. Quels experts, quels visionnaires, ou quelles «Mme Soleil», auraient osé prévoir pour 2011 la cascade d'évènements qui ont changé et sont en train de changer de fond en comble la face du Monde arabe? Aucun, en vérité! La révolte des Tunisiens, suivie rapidement par celle des Egyptiens ont entraîné en un singulier maelström des autres peuples arabes sur le chemin de la libération.
Que ces révoltes aient été par la suite récupérées, voire «sponsorisées», le problème (pour le moment) n'est pas (encore) là. Nous retiendrons en particulier le fait que la révolte des Tunisiens, actée du fond des drames que ce peuple vivait au quotidien, a été spontanée comme l'a été celle des Egyptiens enclenchée par l'incroyable succès de la révolte tunisienne qui a chassé son inénarrable dictateur, Zine El Abidine Ben Ali. De fait, la fuite peu glorieuse de Ben Ali aura été le déclencheur qui a allumé les feux du changement dans le Monde arabe. Neuf mois après la fuite du président tunisien, un pan entier de la nomenklatura arabe s'est ainsi effondré. Exit El Gueddafi, lynché par son propre peuple! Fuite honteuse de Ben Ali en Arabie Saoudite, procès humiliant de Moubarak au Caire. Le Syrien Bachar Al Assad et le Yéméinte, Ali Abdallah Saleh, en sursis, se trouvent dans de périlleuses positions et leurs jours semblent comptés. Exit Sultan Ben Abdelaziz, prince héritier d'Arabie Saoudite. Le Monde arabe, que ce soit pacifiquement - mort de maladie, à 83 ans, du prince héritier saoudien - ou par le violence - révoltes dans nombre de pays arabes - est en train de remonter le cours de (son) histoire et de (re)prendre le train en marche. En est-il temps? La question n'est point de pure forme tant ceux qui sont partis l'ont été du fait du vouloir et de la résistance du peuple, quand l'évolution des choses ne laisse plus de choix à ceux (des dirigeants arabes) qui tergiversent encore feignant n'être pas concernés par le tsunami qui a balayé le quart de leurs pairs arabes en quelques mois. Il y a peu, évoquer une telle évolution du monde arabe était, au mieux, une belle utopie, tant tous les canaux pour une mutation pacifique - à la hauteur des espérances des peuples arabes - étaient cadenassés par des responsables arabes qui ne voyaient pas la nécessité de se remettre en cause et encore moins de remettre le pouvoir au peuple qui, dans nombre de cas, les a fait «rois» inamovibles, ne voyant pas de raison de partir, ni ne croyaient pas à l'alternative de pouvoir.
La manière avec laquelle El Gueddafi a été éliminé, doit sonner comme un avertissement à ses pairs arabes qui ne semblent pas trop prendre au sérieux le ras-le-bol de leurs peuples contraints de s'exprimer par la violence à défaut d'avoir pu le faire pacifiquement. Il ne faut pas s'y tromper. Si le calme prévaut dans certaines contrées du Monde arabe, c'est singulièrement un calme qui (souvent) précède la tempête dès lors que les dirigeants continuent de croire que de telles mésaventures n'arrivent qu'aux autres. Alors que le Monde avance dans tous les secteurs d'activité, qu'ont réalisé les dirigeants arabes pour mettre leurs pays et leurs peuples au diapason des progrès accomplis en matière de libertés collectives et individuelles, dans la bonne gouvernance, de respect de l'alternance de pouvoir, de la protection des droits de l'homme, concepts qui semblent abscons pour des dictateurs arabes dont nombre d'entre eux ont transformé leur pouvoir en dynastie? Or, voilà un retour de bâton, dont seuls les peuples en ont le secret, qui prit au dépourvu des dirigeants qui n'ont rien vu venir et surtout ne croyaient pas que cela pouvait arriver. Les libertés recouvrées par les Tunisiens, les Egyptiens et les Libyens disent bien que cela était possible.