dimanche 23 octobre 2011

Accélération ! La manière avec laquelle El Gueddafi a été éliminé, doit sonner comme un avertissement à ses pairs arabes qui ne semblent pas trop prendre au sérieux le ras-le-bol de leurs peuples.....


L'histoire a connu subitement une fantastique accélération dans une région jusqu'ici figée dans ses fausses certitudes, vivant en marge des changements qui ont marqué le monde. Ainsi, 2011 restera dans les annales l'année qui aura vu la «disparition» naturelle ou forcée de nombre de dirigeants arabes, réputés indéboulonnables. Quels experts, quels visionnaires, ou quelles «Mme Soleil», auraient osé prévoir pour 2011 la cascade d'évènements qui ont changé et sont en train de changer de fond en comble la face du Monde arabe? Aucun, en vérité! La révolte des Tunisiens, suivie rapidement par celle des Egyptiens ont entraîné en un singulier maelström des autres peuples arabes sur le chemin de la libération.
Que ces révoltes aient été par la suite récupérées, voire «sponsorisées», le problème (pour le moment) n'est pas (encore) là. Nous retiendrons en particulier le fait que la révolte des Tunisiens, actée du fond des drames que ce peuple vivait au quotidien, a été spontanée comme l'a été celle des Egyptiens enclenchée par l'incroyable succès de la révolte tunisienne qui a chassé son inénarrable dictateur, Zine El Abidine Ben Ali. De fait, la fuite peu glorieuse de Ben Ali aura été le déclencheur qui a allumé les feux du changement dans le Monde arabe. Neuf mois après la fuite du président tunisien, un pan entier de la nomenklatura arabe s'est ainsi effondré. Exit El Gueddafi, lynché par son propre peuple! Fuite honteuse de Ben Ali en Arabie Saoudite, procès humiliant de Moubarak au Caire. Le Syrien Bachar Al Assad et le Yéméinte, Ali Abdallah Saleh, en sursis, se trouvent dans de périlleuses positions et leurs jours semblent comptés. Exit Sultan Ben Abdelaziz, prince héritier d'Arabie Saoudite. Le Monde arabe, que ce soit pacifiquement - mort de maladie, à 83 ans, du prince héritier saoudien - ou par le violence - révoltes dans nombre de pays arabes - est en train de remonter le cours de (son) histoire et de (re)prendre le train en marche. En est-il temps? La question n'est point de pure forme tant ceux qui sont partis l'ont été du fait du vouloir et de la résistance du peuple, quand l'évolution des choses ne laisse plus de choix à ceux (des dirigeants arabes) qui tergiversent encore feignant n'être pas concernés par le tsunami qui a balayé le quart de leurs pairs arabes en quelques mois. Il y a peu, évoquer une telle évolution du monde arabe était, au mieux, une belle utopie, tant tous les canaux pour une mutation pacifique - à la hauteur des espérances des peuples arabes - étaient cadenassés par des responsables arabes qui ne voyaient pas la nécessité de se remettre en cause et encore moins de remettre le pouvoir au peuple qui, dans nombre de cas, les a fait «rois» inamovibles, ne voyant pas de raison de partir, ni ne croyaient pas à l'alternative de pouvoir.
La manière avec laquelle El Gueddafi a été éliminé, doit sonner comme un avertissement à ses pairs arabes qui ne semblent pas trop prendre au sérieux le ras-le-bol de leurs peuples contraints de s'exprimer par la violence à défaut d'avoir pu le faire pacifiquement. Il ne faut pas s'y tromper. Si le calme prévaut dans certaines contrées du Monde arabe, c'est singulièrement un calme qui (souvent) précède la tempête dès lors que les dirigeants continuent de croire que de telles mésaventures n'arrivent qu'aux autres. Alors que le Monde avance dans tous les secteurs d'activité, qu'ont réalisé les dirigeants arabes pour mettre leurs pays et leurs peuples au diapason des progrès accomplis en matière de libertés collectives et individuelles, dans la bonne gouvernance, de respect de l'alternance de pouvoir, de la protection des droits de l'homme, concepts qui semblent abscons pour des dictateurs arabes dont nombre d'entre eux ont transformé leur pouvoir en dynastie? Or, voilà un retour de bâton, dont seuls les peuples en ont le secret, qui prit au dépourvu des dirigeants qui n'ont rien vu venir et surtout ne croyaient pas que cela pouvait arriver. Les libertés recouvrées par les Tunisiens, les Egyptiens et les Libyens disent bien que cela était possible.

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire