dimanche 27 décembre 2015

France : Déchéance de nationalité et PS. Comment un gouvernement dit de gauche peut réformer dans le sens de la droite et de l’extrême droite ? « Tout responsable de gauche et tout responsable républicain doit s’opposer à la déchéance de nationalité ».



La déchéance de nationalité sème le trouble au PS

LE SCAN POLITIQUE - En plus de diviser la majorité, la mesure, inscrite dans le projet de révision de la Constitution présenté mercredi, provoque des départs au sein du parti. Un document a été envoyé aux parlementaires PS pour les convaincre du bien-fondé du dispositif, défendu à l’origine par le FN. Publicité
Beaucoup se bouchent le nez, certains au point de quitter le parti. La décision de François Hollande d’étendre la déchéance de nationalité aux terroristes binationaux nés en France provoque des remous au sein de la majorité, et plus largement au sein du Parti socialiste. De nombreux ténors, à l’image de Martine Aubry ou d’Arnaud Montebourg, ont fait part de leur ferme opposition à cette mesure, défendue par le Front national et une partie de la droite. « Tout responsable de gauche et tout responsable républicain doit s’opposer à la déchéance de nationalité », a affirmé au Figaro Pascal Cherki, député PS frondeur. Bernard Roman, député proche de François Hollande, a résumé la situation dans L’Obs : « Près de 80% des députés socialistes sont contre, ainsi que tous les commissaires aux lois PS ». Pour rappel, le gouvernement a besoin du feu vert du Parlement puis un vote à la majorité des 3/5ème des députés et sénateurs pour faire adopter le projet de loi de réforme de la Constitution.
Le groupe PS à l’Assemblée nationale a donc décidé d’envoyer par mail un argmentaire à l’ensemble des parlementaires socialistes, jeudi. Ce document de trois pages, que Le Lab s’est procuré, défend en six points la déchéance de nationalité, et est censé convaincre les élus réfractaires. Il est rappelé que la mesure existe déjà, qu’elle s’inscrit « dans un contexte très particulier », qu’elle comporte des « effets concrets », à savoir la possibilité de la mise en place d’un éloignement, et qu’elle est « bien comprise par l’opinion publique ». L’argumentaire, non signé, déplore que la déchéance de nationalité ne puisse s’appliquer plus largement à tous les Français. « Il faudrait pouvoir déchoir tout auteur d’un crime terroriste de la nationalité française, qu’il soit bi-national ou non », est-il écrit. Dans le même temps, de nombreux élus locaux, à l’instar de Vincent Tison et Mohamed Moulay, conseillers municipaux de Joué-lès-Tours, ont demandé aux parlementaires de rejeter le texte lors de son examen, en février. Malaise et défections au PS
À Solférino, les responsables préfèrent le silence. Le premier secrétaire du PS, Jean-Christophe Cambadélis, n’a pas encore officiellement réagi. Selon son entourage, il se serait opposé « jusqu’au bout » à l’exécutif sur cette mesure. En décembre, le premier secrétaire du Parti socialiste estimait que la déchéance de nationalité n’était « pas une idée de gauche ». Le débat en interne promet de faire des étincelles.
Certains n’ont pas attendu la déclaration officielle de l’état-major du parti. Ainsi Jean-Marie Darmian, membre du PS depuis 40 ans et vice-président du département de la Gironde a annoncé jeudi sur son blog qu’il se mettait en congé du PS, afin de « pouvoir se regarder dans la glace ». Dans un long billet, il menace de quitter officiellement son parti si la mesure était effectivement adoptée. « Petit-fils et fils d’immigrés je ne supporte pas que l’on mette en cause un tant soit peu le droit du sol sans lequel ma famille m’aurait jamais pu construire ce que je suis devenu, sans lequel je ne serais jamais…socialiste », écrit-il.
Autre signe symptomatique du malaise ambiant : plusieurs militants PS de la Loire vont quitter le PS, comme le rapporte France Bleu Saint-Etienne Loire. Abdel Cherif, secrétaire général du MJS de la Loire, se dit « déçu » et même « dégoûté » du Parti socialiste dont il a annoncé sur Facebook qu’il claquait la porte.
Comment un gouvernement dit de gauche #PS peut réformer dans le sens de la droite et de l’extrême droite ? Aujourd’hui...
Il s’est également fendu d’un tweet éloquent sur son départ, se disant « libéré, délivré ».

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