Comme il fallait s’y attendre, le Yémen connait une
phase de déstabilisation aiguë risquant de l’entrainer sur la voie de la guerre
civile. Le vendredi 20 mars, deux attentats à la bombe ont eu lieu à Sanaa, la
capitale, tuant 142 fidèles chiites qui avaient participé à la prière du
vendredi dans deux mosquées de la ville et blessant 345 autres personnes.
Il n’était pas inattendu que les opposants à la
révolution populaire yéménite utilisent le terrorisme aveugle afin d’attiser la
violence dans différentes régions, d’autant que les conditions sont propices à
favoriser une guerre civile, vu le tissu démographique et la structure tribale
et historique du pays.
Depuis que le mouvement Ansar Allah et le gouvernement
provisoire de Mansour Hadi ont signé en 2014 à Sanaa, un accord connu sous
l’appellation de « l’accord du 21 septembre », les tensions politiques ne se
sont pas apaisées et les contre-révolutionnaires ont décidé de tout mettre en
œuvre afin de faire échouer le processus politique qui devait aboutir à la
réalisation des objectifs de la révolution parmi lesquels, l’unité et
l’indépendance nationale.
Lorsque Mansour Hadi a quitté Sanaa en février 2014 et
s’est installé à Aden, et tandis qu’il y avait encore un espoir de dialogue,
ces courants ont tout fait pour que le pays demeure dans un vide
institutionnel. Chaque fois qu’un pas était franchi vers le renforcement de
l’entente nationale, les adversaires de la paix s’en prenaient au peuple par
des attentats terroristes afin d’empêcher l’unité nationale.
Il ne fait aucun doute que les Etats-Unis et le régime
sioniste sont derrière les événements qui se produisent, ces derniers jours,
ainsi que leurs sous-traitants que sont l’Arabie saoudite et les pays du Golfe,
refusant de voir s’installer un pouvoir à dominante chiite à leur porte. Ils
préfèrent plonger le pays dans le chaos plutôt que voir le pouvoir échapper à
leur contrôle et rejoindre l’axe de la résistance ! Pour le moment, leur
souhait de mener le pays vers un scénario « syrien » ou « libyen » a échoué
face à la sagesse du pouvoir houti. Cependant, ce dernier ne compte pas laisser
le takfirisme prendre le contrôle du Yémen. Ainsi, leur leader Abdel Malek
al-Houthi a invité « le peuple à la mobilisation générale », afin de se
défendre légitimement contre les hordes d’al-Qaïda et de DAESH.
Sur le terrain, les combattants d’Ansar Allah
progressent vers le sud et se sont emparés, dimanche 22 mars, de l'aéroport de
Taëz, troisième ville du pays située sur la route entre la capitale Sanaa
(nord), où ils ont pris le pouvoir en début d'année et Aden, la principale
ville du sud, qu’ils semblent décidés à conquérir et où est retranché le
président sortant M. Hadi. La conquête de Taëz permettrait ainsi aux Houthis
d'avancer vers le détroit stratégique de Bab al-Mendeb, à l'embouchure du Golfe
d'Aden et de la mer Rouge, ce qui fait frémir l’axe wahhabo-sioniste. L’armée
yéménite, quant à elle, semble décidée à rester fidèle aux intérêts suprêmes de
l’Etat, ce qui explique l’augmentation du nombre d'exécutions de soldats et de
militaires par les agents sionistes d’al-Qaïda.
Le peuple yéménite, qui pensait avoir retrouvé sa
souveraineté nationale, devient ainsi la victime des intérêts géostratégiques
américano-sionistes, qui se cachent derrière les pétromonarchies sponsorisant
les hordes fanatisées, chargées de semer la terreur dans le pays.
Source :
Parti Anti Sioniste

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