Après le discours de B.Obama sur ce qu’il compte faire
pour lutter contre l’E.I. Le rédacteur Glen Ford y voit une manœuvre pour
attaquer la Syrie, sous couvert de lutte anti-terroriste, il semblerait que
comme pour le Dr Frankenstein, le monstre ait échappé à son maitre..Merci à
Djerad Amar.
« Personne, plus que la Syrie et ses soldats, veut la
destruction de l’EIIL.« Le président
Obama se prépare à faire quelque chose de terriblement dangereux en Syrie et en
Irak. La montée de l’EIIL (Etat Islamique en Irak, en Syrie et au Levant « ISIS
») a entravé la vieille stratégie de l’Empire consistant à déployer des
combattants islamistes pour faire son sale boulot dans le monde arabe et
musulman. L’EIIL (« ISIS »), le Frankenstein né des efforts états-uniens pour
favoriser un changement de régime en Syrie, s’est retourné contre ses maîtres,
des Etats-Unis, de l’Arabie Saoudite, du Qatar et de la Turquie pour établir
son propre califat, dans lequel des milliers d’autres combattants islamistes se
précipitent. Même les médias états-uniens reconnaissent maintenant que les
soi-disant rebelles syriens « modérés » pour lequel Obama veut collecter 500
millions de dollars, sont pratiquement inexistants. Ils ont toujours été un
mirage, créatures de la propagande occidentale. Les islamistes étaient la seule
force qui pouvait remettre en cause l’armée syrienne sur le champ de bataille,
et maintenant qu’ils se rallient à l’EIIIL (« ISIS »), ou qu’ils s’enfuient,
Obama ne sait pas vers qui se tourner.
Certes, les États-Unis peuvent bombarder des positions
de l’EIIL (ISIS) en Syrie, et se préparent déjà pour le faire, mais ce n’est
pas la guerre qu’Obama voulait faire. Il y a trois ans, quand Obama a lancé sa
sale guerre contre la Syrie, le plan était que les djihadistes musulmans
versent leur sang pour renverser le président Assad. Une fois que l’acte sale
et criminel a était réalisé, les djihadistes étaient censés permettre à l’OTAN
et aux rois corrompus de la péninsule arabique de choisir les prochains
dirigeants de la Syrie. La CIA rejouait Lawrence d’Arabie, en utilisant les
djihadistes comme chair à canon, pour les mettre de côté quand le temps de partager
le butin serait venu.
Tel était aussi le plan en Libye, où l’OTAN et le même
gang de voleurs financés et armés par les monarchies arabes ont entraîné le
renversement de Mouammar Kadhafi. Mais les djihadistes libyens n’ont pas réussi
à coopérer avec le régime de l’empire.
Le réseau jihadiste mondial que les Etats-Uniens et les
Saoudiens ont créé dans les années 1980 a déclaré son indépendance, et
Washington n’a personne pour les remplacer. Des troupes états-uniennes sur le
terrain sont inacceptables tant pour les gens de la région que pour le public
états-unien. Obama et ses sbires disent les États-Unis et ses alliés écraseront
l’EIIL (ISIS) – mais ce sera comme étouffer son propre enfant dans son berceau,
et supprimerait tout espoir des Etats-Unis d’atteindre son objectif stratégique
de changement de régime en Syrie.
Surveillez le grand changement (« Big Switch »)
Si Obama était sérieux dans sa volonté d’écraser l’EIIL
(ISIS), le meilleur et le plus logique allié serait le président syrien Assad,
dont l’armée a jusqu’ici prévalu contre toutes les sortes de djihadiste que les
États-Unis ont été en mesure de jeter contre lui, y compris l’EIIL (ISIS) sous
ses incarnations précédentes. Personne, plus que la Syrie et ses soldats, veut
que l’EIIL (ISIS) soit battu, plusieurs soldats syriens sont morts dans cette
guerre diligentée par les États-Unis dans des proportions plus importantes que
tout autre groupe, civils ou rebelles. Si l’objectif d’Obama était de mettre la
région à l’abri de l’EIIL (ISIS), Obama devrait coordonner ses mouvements avec
l’armée syrienne.
Mais il ment – tout comme l’administration Bush a menti
pour faire en sorte que le peuple états-unien croit que Saddam Hussein était
responsable du 11/9. L’objectif des États-Unis n’était pas de se venger du
11/9, mais d’envahir l’Irak. De la même façon, Obama est obligé de pallier à la
défection de l’EIIL (ISIS) du contrôle occidental, mais son objectif reste de
renverser le président Assad. Et, il dira n’importe quel mensonge, ou des
combinaisons de mensonges, pour envoyer des bombes US sur le gouvernement
syrien, sous le couvert de la lutte contre l’EIIL (ISIS). Vous pouvez parier
que la CIA brûle d’impatience et cherche un prétexte pour faire de cette
défaite stratégique des États-Unis une excuse pour attaquer directement la
Syrie. Et c’est ce qui rend cette période si dangereuse.
Auteur
Glen Ford
Source :
Bellacio

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