29 mai 2014
Le New York Times a publié un article de
une écrit par Eric Schmitt lundi 26 mai, qui détaille un programme du
gouvernement Obama visant à établir de nouvelles unités d'élite dans quatre
nations africaines.
D'après le Times, « le programme secret,
financé en partie avec des millions de dollars venant des fonds secrets du
Pentagone et appliqué par des formateurs parmi lesquels se trouvent des membres
des Bérets verts et de la Force delta de l'armée, ont commencé l'an dernier à
entraîner et équiper des centaines de commandos sélectionnés avec soin en
Libye, au Niger, en Mauritanie et au Mali. »
Bien que l'objectif affiché de ce
programme soit de combattre le terrorisme, les nouveaux détachements sont créés
pour aider l'impérialisme américain dans sa campagne pour gagner le contrôle
des ressources naturelles et établir des positions d'une importance
géopolitique stratégique sur le continent.
Le Times fait savoir qu'un total de 70
millions de dollars est en train d'être dépensé pour l'entraînement et l'achat
d'armes et d'équipements d'espionnage pour des « bataillons antiterroristes »
au Niger et en Mauritanie, où, d'après de hauts responsables du gouvernement
Obama, les nouvelles unités en sont à leur « phase de formation. » Bien que les
fonds pour ce programme n'aient pas encore été transférés au Mali, 16 millions
de dollars supplémentaires ont été dépensés pour créer deux compagnies de soldats
d'élite en Libye, où le gouvernement Obama a, d'après le Times, « utilisé un
compte de dépense classé secret appelé la Section 1208, afin d'aider les
troupes étrangères assistant les forces américaines qui mènent des missions
anti-terroristes. »
Cette manœuvre intervient alors que les
États-Unis et leurs rivaux impérialistes – la France, le Royaume-uni et
l'Allemagne – intensifient leur campagne néocoloniale pour se partager le
continent africain. Après la campagne de bombardement de 2011 contre la Libye,
les principales puissances impérialistes ont entrepris une série de nouvelles
aventures militaires.
Le gouvernement français du président
François Hollande a mené une guerre au Mali et en Centrafrique pendant que les
États-Unis étendaient leur présence militaire sur le continent. A compter du 21
mai, des soldats américains sont officiellement engagés dans des opérations
militaires au Mali, au Burkina Faso, au Niger, au Nigeria, au Tchad, en
République d'Afrique centrale, en République démocratique du Congo, au Sud
Soudan, en Ouganda, au Kenya, en Ethiopie, en Somalie et à Djibouti (ils ont
une base militaire permanente à Djibouti). Avant 2011, les États-Unis n'avait
officiellement des troupes sur le terrain que dans quatre de ces pays.
Selon le Commandement américain pour
l'Afrique (AFRICOM), des exercices militaires et des partenariats pour
l'entraînement ont également eu lieu au cours des deux dernières années en
Afrique du Sud, au Maroc, au Ghana, en Tunisie, au Botswana, au Sénégal, au Liberia,
au Cameroun et au Gabon.
Les détails concernant ce nouveau
programme soulignent comment les efforts américains pour battre leurs rivaux,
dont la Chine, dans la course pour le contrôle du continent ont placé
l'impérialisme américain dans la même catégorie que les forces qu'il prétend
précisément combattre.
La Libye, l'un des quatre pays où
l'armée américaine tente d'établir des unités militaires loyales, est le
premier exemple de l'alignement des États-Unis sur les forces fondamentalistes
islamistes. Un rapport de décembre 2013 dans le Times détaillait comment les
forces qui ont attaqué le consulat américain et un poste avancé de la CIA à
Benghazi le 11 septembre 2012 avaient été employées par la CIA auparavant. Ces
exemples de « contre-coup » sont la preuves des liens entre les États-Unis et
les groupes terroristes comme Al Qaïda, qui émanaient des forces islamistes
anti-soviétiques financées et armées par les États-Unis avant et pendant la
guerre de l'Union soviétique en Afghanistan dans les années 1980.
Dans l'article de lundi, le Times a fait
des références indirectes aux liens des États-Unis avec les forces terroristes
islamistes en Afrique. Il a cité le commandant de l'AFRICOM, le major-général
Patrick Donahue, disant, « Il faut s'assurer de qui vous entraînez. Cela ne
peut pas être la question standard : « est-ce que ce type était un terroriste
ou une sorte de criminel ? » mais encore « quelles sont ses allégeances .
Est-ce qu'il est fidèle au pays, ou est-il toujours lié à sa milice ? »
Ce genre de déclaration de la part de
responsables militaires américains mettent en lumière les événements qui ont eu
lieu dans un ancien camp d'entraînement américain près de Tripoli, où le
gouvernement dit que des forces libyennes qui recevaient un entraînement
américain ont été battues par des milices islamistes à l'été 2013. Un reportage
du Daily Beast publié à la fin du mois d'avril révélait que cette ex-base
américaine est maintenant un centre d'opération d'Al Qaïda et fait fonction,
d'après un responsable anonyme du ministère de la Défense américain, d'«
autoroute majeure, c'est la voie royale pour les combattants étrangers qui vont
en Syrie depuis l'Afrique. »
L'article du Times fait référence à «
l'effondrement de la mission américaine d'entraînement au contre-terrorisme en
août dernier à la base 27, » et cite cela comme un « rappel à la dure réalité »
des risques associés à l'établissement d'unités d'élite soutenues par les
États-Unis. Le Times cite des responsables de l'armée américaine qui suspectent
que le raid sur la base 27 était « un travail de l'intérieur dans lequel un
officier ou un soldat libyen a donné des informations à ces membres d'une
milice locale de tripoli sur le matériel stocké dans la base. »
Le Times et ses sources militaires ont
intérêt à ne pas dévoiler l'étroitesse des liens entre la CIA et les forces
liées à Al Qaïda ainsi que la connaissance de ces liens par le gouvernement.
Quels que soient les détails exacts de la relation entre les États-Unis et les
terroristes, ce commentaire de Donahue et les appels lancés par un ex-officier
des opérations spéciales américaines cité par le Times à « un encadrement plus
sérieux » des unités d'élite soutenues par les États-Unis constituent une
admission que l'impérialisme américain choisit de travailler avec des forces
qui créent un risque de « contre-coup » et contre lesquelles est soi-disant
menée la « guerre contre le terrorisme ».
(Article original paru le 28 mai 2014)
Source : wsws

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