jeudi 30 janvier 2014

Maroc : Le maroc exploite honteusement la tragédie des réfugiés syriens pour nuire à l’Algérie ….Dans cette histoire invraisemblable, le Maroc inverse les faits. La réalité est que les autorités marocaines ont voulu se débarrasser des réfugiés syriens vers l’Algérie à travers cette frontière hermétiquement close.

Plutôt que de s’occuper de la sécurité des Marocains face aux réseaux terroristes djihadistes qui pullulent dans le royaume, les services marocains concentrent leurs moyens, notamment à travers certains médias aux ordres, pour attaquer l’Algérie voisine en l’accusant d’avoir « refoulé » des réfugiés syriens vers le Maroc. Alors que c’est ce dernier qui cherche à se débarrasser d’eux !
Le bidonnage médiatique grossier monté de toutes pièces par les services de renseignements marocains à propos de la prétendue expulsion de réfugiés syriens, dont des femmes et des enfants, du territoire algérien vers le Maroc, s’est vite dégonflé.
De quoi s’agit-il exactement ? Il y a quelques jours, un groupe de réfugiés syriens qui se trouvait au Maroc a été obligé par la police marocaine à entrer en Algérie à travers la frontière terrestre qui séparent les deux pays, fermée depuis de longues années et interdite à tous. Aucun Algérien ou Marocain, et à plus forte raison, aucun étranger n’a le droit de la franchir dans un sens ou dans l’autre. Rappelons que l’Algérie avait fermé cette frontière terrestre (ce n’est pas le cas pour les liaisons aériennes et maritimes) suite à l’imposition abusive d’un visa d’entrée pour les Algériens, contrairement aux règlements de l’Union du Maghreb arabe dument signés par le Maroc. Il s’agissait de la part du Maroc d’une réaction intempestive et illégale décidée par feu Hassan II après un attentat terroriste perpétré en 1994 sur le territoire marocain par un commando venu de France. Cette mesure, intervenue alors que l’Algérie menait elle-même un combat sans concession contre le terrorisme, avait été douloureusement ressentie par les Algériens qui ne pouvaient, à l’époque, voyager sans visa que vers la Tunisie, la Turquie et la... Syrie !
Khaled Nezzar, à l’époque Ministre de la défense, est récemment revenu sur cette période. Dans un entretien avec le site Algérie Focus (04 août 2013), il a accusé « les services de sécurité marocains d’avoir aidé les groupes terroristes islamistes qui tuaient et égorgeaient sans pitié en Algérie ». Nezzar a accusé ouvertement les autorités marocaines d’avoir « facilité le transport des armes au profit de ces groupes terroristes dans la seule optique de déstabiliser l’Algérie ». D’après lui, « pendant les années 1990, lorsque l’Algérie se battait contre l’ogre terroriste, le Maroc n’a même pas daigné collaborer avec les autorités nationales pour sécuriser nos frontières communes. » Nezzar a estimé « que le Maroc poursuit la même politique hostile à l’égard de l’Algérie. Sauf qu’aujourd’hui, à la place du terrorisme, il tente de déstabiliser l’Algérie à travers la drogue que des narcotrafiquants introduisent, avec la complicité des autorités marocaines, dans notre pays. »
Aujourd’hui le gouvernement marocain réalise la stupidité de cette mesure d’imposition de visa aux Algériens. Il avait sous-estimé la portée psychologique désastreuse de cette mesure ressentie comme « un coup de poignard dans le dos ».
Vingt ans après, l’Algérie refuse toujours d’ouvrir cette frontière terrestre sans le règlement de tous les problèmes en suspens entre les deux pays et le règlement de la question sahraouie conformément aux résolutions du Conseil de sécurité de l’ONU. En fait le Maroc s’est piégé lui-même.
Et il ne rate pas une occasion pour essayer de contourner cette mesure.
L’instrumentalisation de la question des réfugiés syriens intervient donc dans ce climat.
Dans cette histoire invraisemblable, le Maroc inverse les faits. La réalité est que les autorités marocaines ont voulu se débarrasser des réfugiés syriens vers l’Algérie à travers cette frontière hermétiquement close. Seuls les trafiquants de drogue et les contrebandiers la franchissent à leurs risques et périls.
Voici le récit fait par la Gendarmerie nationale (GGF) algérienne. « Les GGF ont refusé l’accès sur le territoire national à des réfugiés syriens que les autorités marocaines voulaient expulser vers l’Algérie », a indiqué à l’APS le colonel Boualleg Mohamed, chef de groupement de la Gendarmerie nationale de la wilaya de Tlemcen. « C’est suite à ce refus que les autorités marocaines avaient fait appel à leurs médias pour accuser à tort les autorités algériennes d’avoir refoulé ces Syriens, alors qu’en réalité, ils se trouvaient sur le territoire marocain », a-t-il expliqué.
Le colonel Boualleg Mohamed a rappelé que « lorsque les gardes-frontières algériens interceptent des personnes tentant de s’introduire illégalement sur le territoire national, elles sont immédiatement arrêtées et présentées devant la justice et non refoulées vers le territoire du pays voisin ».
Le nombre de réfugiés syriens présents dans la wilaya de Tlemcen est estimé entre 250 à 300 personnes, précise une source sécuritaire. Ils bénéficient régulièrement d’aides octroyées par le comité de wilaya du Croissant-Rouge algérien (CRA), d’associations caritatives et de citoyens, a-t-on constaté sur place. Quant au nombre global accueilli par l’Algérie, il se situe autour de 100 000 personnes.
Jeudi, le porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Amar Belani, avait démenti cette « information fabriquée » par les services marocains en des termes énergiques :
« Je démens catégoriquement cette information mensongère et j’insiste sur le fait qu’il ne faut accorder aucun crédit aux allégations malveillantes déversées, quotidiennement, par ces pseudos magazines électroniques d’un pays voisin qui se sont spécialisés dans le clapotis nauséabond du marécage médiatique anti-algérien", avait affirmé M. Belani.
Rappelons que le Maroc, qui fait partie du groupe mal nommé des « Amis du Peuple syrien », et qui a contribué par son soutien aux bandes armées et terroristes qui déstabilisent la Syrie et martyrisent son peuple, provoquant ce flot ininterrompu de réfugiés, non seulement refuse l’accès à son territoire aux réfugiés syriens, mais se permet de les expulser, violant ainsi les droits de l’Homme les plus élémentaires.
Rappelons enfin qu’Afrique Asie avait réalisé en novembre 2013 une interview du général Abdelghani Hamel, le directeur général de la Sécurité nationale algérienne à propos de l’accueil par l’Algérie des réfugiés syriens. En voici un extrait :
« AA. Et pour les réfugiés syriens ? On a lu qu’il y en a beaucoup qui viennent ici.
Général Hamel : Le nombre des réfugiés syriens en Algérie dépasse 70 000.
Comment sont-ils accueillis ? Comme des réfugiés ou ils se fondent dans la nature ?
Ils ne peuvent pas se fondre dans la nature, comme vous dites. Mais ils se trouvent dans des endroits où ils sont encadrés et pris en charge convenablement sur tous les plans.
Mais pas dans des camps comme en Turquie ou en Jordanie ?
Ce ne sont pas des camps mais des centres d’accueil.
Ont-ils le droit de travailler ?
Si quelqu’un a une qualification, il peut travailler.
On n’entend pas beaucoup parler de l’Algérie alors qu’elle a un fardeau à porter, mais il n’y a pas de problèmes particuliers avec ces réfugiés ?
Non, pas du tout. »
Pour conclure, le gouvernement marocain aurait été bien inspiré de suivre l’exemple algérien, un modèle de générosité et de solidarité envers un pays martyrisé autant par les dizaines de milliers de terroristes qui ont afflué des quatre coins du monde que par ceux qui s’autoproclament ses « amis », qui sont complices de cette tragédie. La décence commande de ne pas instrumentaliser cette tragédie à des fins bassement politiciennes. Ce n’est pas le meilleur moyen de rendre service à ces malheureux réfugiés.
Source : Afrique Asie

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