mardi 25 octobre 2011

LIBYE : La mort qui hante les esprits en occident - Les stratèges de la guerre de précision, chirurgicale, ont laissé s’exprimer le sentiment de vengeance et la loi du Talion.

26-10-2011
....Le mal est fait. Si enquête il devrait y avoir , elle doit commencer par situer la responsabilité des alliés dans toute la tragédie libyenne. Sur le lynchage du colonel Kadhafi et de tous ses partisans dont les corps gisent encore sur le sol de Syrte......
La mort tragique du colonel Kadhafi, disons dans la pure tradition barbare, dont le cadavre et celui de son
fils Mouatassim ont été exhibés pendant plusieurs jours aux caméras des portables du grand public assoiffé de vengeance, ont paraît-il choqué en Occident. Beaucoup de dirigeants européens qui étaient les farouches partisans des bombardements aveugles en Libye, au prétexte hypocrite de sauver les populations civiles des bombardements de la barbarie de Kadhafi, se voilent aujourd’hui le visage pour ne pas voir la mise à mort du « tyran », dont ils savent que ce sont eux les commanditaires.
Pour en finir avec le spectacle macabre des visites qui contrarient la morale et le rite musulmans, les puissances occidentales ont instruit les autorités libyennes d’enterrer au plus vite et discrètement les deux cadavres. Un ordre que le CNT a exécuté sans discuter, frustrant ainsi le sentiment de vengeance des visiteurs qui faisaient encore la queue devant la morgue de Misrata.
Pour se donner bonne conscience, les dirigeants occidentaux ont multiplié communiqués et déclaration de « rejet » de ces images relatant un crime de guerre inédit jusque-là, depuis la fin de Mussolini. Après un bon nombre de ses collègues de l’Union européenne, à leur tête le Français Alain Juppé qui est derrière la tragique guerre de Libye, planifiée pour soigner la carrière politique de Nicolas Sarkozy dans l’espoir de voir ce dernier renvoyer l’ascenseur, en 2012, la chef de la diplomatie espagnole a traduit cet état d’esprit quand elle exprime son « rejet total des conditions dans lesquelles est intervenue la mort de Kadhafi ». Un regret sincère chez cette dame attachée au principe des droits de l’homme à deux vitesses — à la veille de se rendre au Maroc au mépris du sort des Sahraouis — et aussi une façon pour elle de dire que cette mort est une dérive libyenne.
Ceux qui, en mars dernier, avaient plaidé en Occident pour une intervention militaire en Libye dont les dérives et dérapages étaient connus d’avance, avaient déjà à l’esprit la mort de Kadhafi. Peut-être pas dans ces conditions, mais une mort quand même qui ne pouvait être que violente.
Oui,  la mort était déjà au programme de l’OTAN ,et les regrets de l’Alliance atlantique ne changeront rien à cette vérité. Les faits sur le terrain ont apporté la preuve que les Occidentaux, qui ont bien planifié cette guerre dans les moindres détails, ne pouvaient pas ne pas prévoir au sol le comportement barbare de leurs alliés au sol.
Les stratèges de la guerre de précision, chirurgicale, ont laissé s’exprimer le sentiment de vengeance et la loi du Talion. Ils porteront la responsabilité devant la communauté internationale du lynchage de Kadhafi.
Il est trop tard pour exprimer des regrets. Ou encore d’avertir comme ils le font les nouvelles autorités libyennes que « n’importe quel criminel pour aussi sanguinaire qu’il soit a droit à un procès », ou encore de réclamer aux auteurs matériels du lynchage « l’ouverture d’une enquête sur la mort de Kadhafi », ou encore de reconnaître que les images diffusées déjà par les chaînes de télévision sur les conditions dans lesquelles celle-ci a eu lieu provoquent un profond rejet. Le mal est fait. Si enquête il devrait y avoir , elle doit commencer par situer la responsabilité des alliés dans toute la tragédie libyenne. Sur le lynchage du colonel Kadhafi et de tous ses partisans dont les corps gisent encore sur le sol de Syrte.
L’hypocrisie est poussée à son comble dans les déclarations des dirigeants occidentaux qui ont « bombardé la dictature » de Kadhafi pour finalement dérouler le tapis du pouvoir sous les pieds d’un régime aux mains des fondamentalistes. Personne parmi les dirigeants occidentaux ne voit d’inconvénient à la présence d’Al Qaeda au pouvoir en Libye, à l’application de la charia tant décriée en Occident, « car beaucoup de pays de la région appliquent la loi islamique, ce qui n’est pas incompatible avec la démocratie».  La démocratie ? C’est selon les cas aux yeux des donneurs de leçons de démocratie et des droits de l’homme. On verra par la suite ce que sera la réaction de Paris dont le l’un des porte-parole dit que Sarkozy garde un œil sur la Libye, et un autre sur la Tunisie où Ghannouchi a raflé le suffrage démocratique de dimanche.
B. H.
EL-MOUDJAHID

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