dimanche 25 septembre 2011

Le piège du pouvoir en Afrique

L’exercice du pouvoir en Afrique, aujourd’hui plus qu’hier suscite l’intérêt de bon nombre d’intellectuels.  Le folklore qui entoure la fonction de Chef d’Etat en Afrique, laisse croire que ce dernier n’a pas de devoir. 
Mais des droits.

Le Président africain est « un demi dieu ». Il fait et défait, nomme aux postes importants, avec ou sans l’avis d’éventuels proches ou collaborateurs. Certains chefs d’Etat n’hésitent pas à amender la Constitution. La loi fondamentale de la nation, dans le seul but de se maintenir au pouvoir ou y faire accéder une progéniture. Presque la moitié des dirigeants africains ont plusieurs décennies d’exercice du pouvoir. De Mouammar Kadhafi, à Théodoro Obiang N’Guema, d’Eduardo Dos Santos à Blaise Compaoré, ce sont plusieurs décennies de présence à la tête de leur Etat respectif.
Du culte de la personnalité
Un chef d'Etat est une personne physique, qui représente symboliquement la continuité et la légitimité de l'Etat. Mais force est de reconnaître que dans certains Etats notamment africains, un vrai culte de la personnalité est fait au Président. Des portraits officiels de chefs d'État se retrouvent dans les bureaux du gouvernement, les cours de justice et même les aéroports, les bibliothèques et autres bâtiments publics. L’image du chef d'État devient l'unique représentation visuelle du pays, surpassant même d'autres symboles tels que le drapeau, la constitution, l'hymne national. La conséquence de cette pratique, c’est que le chef de l’Etat finit par croire qu’il est l’unique symbole de la nation. Et finit par ne plus entrevoir une vie après le pouvoir.
Le désir d’alternance
Les populations, exaspérées et souvent motivées par le désir profond d’alternance sortent de leur torpeur et se résolvent à mettre fin à cet état de fait. Un projet de loi du Président sénégalais Abdoulaye Wade, qui institue en particulier l'élection au suffrage universel d'un président et d'un vice-président, avait provoqué de violentes émeutes le jeudi 23 juin dernier à Dakar et sa banlieue. Des édifices administratifs publics ont été pillés puis incendiés. Des affrontements entre forces de sécurité et manifestants ont fait plusieurs dizaines de blessés. A la base, un projet de loi prévoyant : « En cas de démission, d'empêchement définitif ou de décès en cours de mandat, le président de la République est remplacé par le vice-président». L’opposition et la société civile ont vu dans ce projet de loi une « dévolution monarchique du pouvoir » d'Abdoulaye Wade, 85 ans, au profit de son fils Karim, 42 ans, actuellement à la tête de pas moins de quatre ministères. Au pouvoir, il y a dix ans, Abdoulaye Wade envisage se présenter pour un troisième mandat.
Ce ras-le-bol est aussi perceptible au Burkina Faso, où depuis février, le pays est en proie à des manifestations civiles et à des mutineries. Plusieurs régions du Burkina ont été secouées par des mouvements de protestation. Les manifestants ont pour principales revendications l’amélioration de leur condition de vie, par le régime du Président Blaise Compaoré, réélu pour un nouveau mandat en novembre dernier. Même s’il ne transparait pas officiellement dans les propos des frondeurs. Sous le cape de ces mouvements sociaux, se cache la volonté d’un changement. Cela fait 24 ans que Blaise Compaoré préside aux destinées du Burkina Faso, tout de même.
Mouammar Kadhafi, considéré jusqu’ici comme le doyen des Chefs d’Etat africains avec une durée au pouvoir de 42 ans, fait face à une insurrection politico-militaire, appuyée par l’Occident. Quoique l’intervention de l’Occident ne laisse pas sans commentaire, la volonté de changement des contestataires au régime du guide libyen, est justifiée.
Des révolutions populaires ont mis fin le 14 janvier à 23 ans de règne de Zine El Abidine Ben Ali en Tunisie et, à 31 ans d’exercice du pouvoir d’Hosni Moubarak en Egypte en mars dernier. Même si l’héritage au lendemain de ces révolutions, est pénible à assumer, cela n’enlève rien au soulagement que le changement apporte à ces peuples.
Source : Afreekelection.com

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