samedi 2 juillet 2011

Che Guevara en Algérie : Pèlerinage à la « Mecque » des révolutions

.... la Bestialité de l'impérialisme...

Le Che effectua deux visites en Algérie, en 1963 puis en 1965 où il prononça son dernier discours. Sa première visite à Alger en juillet 1963 fut l’occasion pour Che Guevara de s’intéresser à un autre combat de libération, celui des Sahraouis qui, déjà, luttaient contre leur absorption par le colonialisme espagnol.


La deuxième visite du Che à Alger était à l’occasion de la tenue du Séminaire économique de solidarité afroasiatique, les 22 et 27 février 1965. En révolutionnaire sincère, son discours du 24 février 1965 à Alger reflétait ce que nombre de dirigeants et militants de gauche à l’époque ne pouvaient dire en public. En résumé, le Che en voulait au grand frère soviétique. Déjà qu’il partageait la fureur de Castro après le recul de Khrouchtchev lors de la crise des missiles soviétiques.
A Alger, clairement, il prend ses distances avec l’URSS qu’il accuse de complicité avec « l’exploitation impérialiste », et s’oppose à la « coexistence pacifique ». « Les pays socialistes ont le devoir moral d’arrêter leur complicité tacite avec les pays de l’Ouest exploiteurs », a-t-il lancé. Car Le Che voulait des Vietnam partout pour reprendre une de ses formules et non pas des compromis entre socialisme et capitalisme, entre lutte pour la libération et loi marchande. « L’aspect de la libération par les armes d’une puissance politique d’oppression doit être abordé suivant les règles de l’internationalisme prolétarien : s’il est absurde de penser qu’un directeur d’entreprise dans un pays socialiste en guerre puisse hésiter à envoyer les tanks qu’il produit sur un front ne pouvant présenter des garanties de paiement, il ne doit pas sembler moins absurde de vouloir vérifier la solvabilité d’un peuple qui lutte pour sa libération ou qui a besoin d’armes pour défendre sa liberté », a-t-il déclaré lors de ce discours à Alger, son dernier. Poussant plus loin, Guevara a estimé ce que l’hémisphère nord, mené par les Etats-Unis dans l’Ouest et l’URSS dans l’Est, exploite l’hémisphère sud. Moscou n’entendait pas laisser le « commandante » la critiquer ainsi. Le Che, soupçonné de « trotskisme » ou de « maoïsme » par Moscou, embarrasse Castro. Le 3 octobre 1965, « l’ami » Castro dévoile une lettre que lui a adressée Guevara dans laquelle il annonce sa démission de ses fonctions, renonce à sa citoyenneté cubaine octroyée en 1959 et son départ à l’étranger. Vers d’autres révolutions à rallumer. Jusqu’à sa propre extinction le 9 octobre 1967 en Bolivie.

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