lundi 2 mai 2016

France : Le parti socialiste a osé souiller le 1er Mai, héritage du mouvement ouvrier. Nous ne pardonnerons pas.



Le jour de la fête des travailleurs et des travailleuses, le 1er Mai 2016, le pouvoir socialiste aux ordres des capitalistes, donnent l’ordre de matraquer des manifestants.
C’est un crachat sur la mémoire collective ouvrière du monde entier.
Nous ne pardonnerons pas.
Comme nous ne pardonnerons pas les coups de matraques, les mutilations sur les corps de jeunes mineurs, de femmes, d’adolescents, de lycéens, d’étudiants, de camarades salariés, chômeurs, ou syndiqués.
Comme nous ne pardonnerons pas la contre révolution en cours, réclamée par les capitalistes, dont les politiques sont les laquais, et la police, la milice.
Il ne faudra pas compter sur nous, pour tenir des remontrances paternalistes et faire la leçon aux casseurs. La plupart d’entre eux sont révoltés par la violence de la contre révolution en cours et ne disposent, pour l’instant, pas d’autres moyens d’expression. La vie d’un abris bus, à nos yeux, compte moins que la vie d’une femme, travailleuse, qui crève d’une organisation sociale mortifère, qui ne fait pourtant pleureur au quotidien aucun des donneurs de leçon qu’on entend à longueur de JT. Oui, nous connaissons que trop bien la stratégie des capitalistes. Marx nous l’enseigne. L’utilisation par les capitalistes des mercenaires du sous-prolétariat, pour diviser, créer de la tension à l’intérieur même du mouvement d’émancipation. C’ est une vieille technique qu’ils n’hésiteront pas à utiliser, mais nous pouvons désamorcer le piège en restant soudés, solidement campés sur la seule position valable qui est le retrait sans discussion de la loi travail.
Nous ne pardonnerons pas non plus le silence étourdissant des éditocrates vertueux qui faisaient le procès de Nuit Debout pour quelques insultes à l’encontre d’un réactionnaire raciste, mais, qui depuis deux mois, ne trouvent rien à redire sur les épisodes d’ultra-violence liés à la répression dont sont victimes de nombreux prolétaires.
Politiques, PS, Medef, Média, Bourgeoisie détentrice des moyens de production, vous payerez.
Demain 3 Mai et après, tous dans la rue pour renverser le rapport de force en notre faveur !
Retrait de la loi travail ! Immédiatement !

lundi 11 avril 2016

ARABIE SAOUDITE : L’effondrement total approche rapidement, il n’y a vraiment rien qui puisse être fait pour arrêter cela.



L’Arabie saoudite n’est pas un État du tout. 
Il y a deux façons de le décrire :
 - comme une entreprise politique avec un modèle d’affaires intelligent mais au final insoutenable et si corrompu qu’il peut ressembler dans son fonctionnement à une organisation criminelle intégrée verticalement et horizontalement. De toute façon, il ne peut pas durer. Cela fait déjà un moment que les décideurs aux USA ont commencé à planifier l’effondrement du royaume saoudien.
 Au cours des dernières conversations avec des militaires et d’autres employés du gouvernement, nous avons été surpris de voir à quel point ils semblaient surpris à cette perspective. Voici l’analyse sur laquelle ils devraient se pencher.
 Comprise dans ce sens, le roi saoudien est le PDG d’une entreprise familiale convertissant du pétrole en actifs financiers qui achètent la loyauté politique. Cela prend deux formes : les subventions en espèces ou des concessions commerciales pour les toujours plus nombreux pions du clan royal, et un minimum de biens publics et de possibilités d’emploi pour les roturiers.
L’Arabie saoudite fonctionne globalement sur un modèle de corruption institutionnalisée. Elle a besoin d’argent en cash pour garder la population dans sa main, pour garder une famille royale sans cesse croissante, riche et heureuse, et pour s’assurer que tout le monde est en train de faire son travail. Ce n’est pas comme cela qu’on conçoit la vie dans la plupart des pays occidentaux, où une grande partie de la population a un sentiment déplacé de devoir civique. Ce système a besoin d’argent, et ne peut pas survivre sur des reconnaissances de dette.
Les élites dans cette société exigent une vie de luxe perpétuelle, et les subventions du gouvernement sont la seule chose qui empêche les masses opprimées de se révolter. Une fois que l’argent manquera, tout va s’effondrer sur sa base.
Mais la situation financière n’est pas le seul problème du royaume saoudien. Une grande partie de son budget est en cours de dilapidation dans une guerre au Yémen, où il se prend une raclée. Des dizaines de leurs mercenaires de Blackwater ont été tués dans une attaque de missiles le mois dernier, les rebelles yéménites ont capturé l’une de leurs bases militaires, il y a deux semaines (sur le territoire saoudien, rien que ça), et la semaine dernière les forces yéménites ont réussi à capturer plus d’une centaine de soldats saoudiens.
C’est un régime qui gouverne par la peur et l’oppression. Comment peuvent-ils faire alors que leur propre armée ne peut pas mater une insurrection dans leur arrière-cour ? Lorsque la mécanique des subventions et des pots de vin se bloque, et que la population est malade et fatiguée d’être dominée par la famille saoudienne, combien de temps pensez-vous que cela prendra pour qu’ils se rebellent? [Sans compter une révolution colorée à l’envers de la part des Iraniens et des Russes… NdT]
Et, en plus de tout cela, l’Arabie saoudite est confrontée à une sévère crise de l’eau. Les Saoudiens sont fortement tributaires des nappes aquifères souterraines, qui ne sont pas renouvelables. Ils utilisent plus d’eau par personne que dans de nombreux pays occidentaux (en fait, deux fois plus qu’une personne moyenne dans l’UE). Ils pourraient manquer d’eau en moins de 13 ans. Cela a incité le régime saoudien à commencer à taxer l’eau pour la première fois, en partie en raison de la crise de l’eau, et en partie en raison de la baisse des recettes pétrolières.
Comme vous pouvez le voir, il y a beaucoup de menaces existentielles qui pèsent sur l’Arabie saoudite. Leurs guerres par procuration avec l’Iran saignent à blanc leurs coffres, alors que les revenus du pétrole sont au plus bas, que leur population opprimée est agitée, qu’ils ne peuvent pas répondre aux exigences de leurs élites gloutonnes et qu’ils sont face à une catastrophe environnementale à l’échelle nationale qui pourrait être la pire des calamités.
En bref, l’un des plus forts alliés de l’Amérique au Moyen-Orient et le pivot du pétrodollar fait face à un effondrement complet, et cela pourrait arriver dans une décennie. Cela pourrait conduire au chaos au Moyen-Orient, et aurait d’énormes conséquences sur l’économie mondiale. Et si on est objectif, il n’y a vraiment rien qui puisse être fait pour arrêter cela.
Source : OSSI
Traduit par Hervé, vérifié par Wayan, relu par Ludovic pour le Saker Francophone

mercredi 6 avril 2016

Les “Panamas Papers” : un moyen de chantage au service des néoconservateurs américains



Les fuites actuelles de données, diffusées, à grand renfort de publicité, par plusieurs empires de presse qui soutiennent l’OTAN et par une organisation non gouvernementale  financée par le gouvernement américain, ont simplement pour but inavouable de salir des personnalités que l’empire américain n’aime pas.

Une vraie fuite de données d’un cabinet d’avocats au Panama serait très intéressante. Beaucoup de gens riches et/ou des politiciens cachent de l’argent dans les sociétés fictives que ces firmes panaméennes fournissent. Mais les fuites actuelles de données, diffusées, à grand renfort de publicité, par plusieurs empires de presse qui soutiennent l’OTAN et par une organisation non gouvernementale  financée par le gouvernement américain, ont simplement pour but inavouable de salir des personnalités que l’empire américain n’aime pas. Elles offrent aussi une belle occasion d’en faire chanter d’autres en promettant de ne pas publier des informations en échange d’une faveur ou d’une autre.
Il y a déjà 16 mois, Ken Silverstein a publié un reportage sur Vice à propos de Mossak Fonseca, un gros fournisseur véreux de sociétés fictives du Panama. (L’Intercept de Pierre Omidyar, pour lequel Silverstein travaillait alors, avait refusé de publier le reportage.) Yves Smith a publié plusieurs longs articles sur le business du blanchiment d’argent de Mossak Fonseca. Silverstein a également redit une chose bien connue, à savoir que Rami Makhlouf, un riche cousin du président syrien Assad, avait de l’argent caché dans des sociétés fictives de Mossak Fonseca. Il a écrit:
Pour pouvoir fonctionner, les sociétés fictives comme Drex ont besoin d’un agent agréé, parfois un homme de loi, qui dépose les documents d’enregistrement nécessaires et dont le bureau sert habituellement d’adresse à la société fictive. Cela crée un intermédiaire entre la société fictive et son propriétaire, surtout si l’entreprise fictive est enregistrée dans un paradis fiscal où l’information sur la propriété est protégée par un mur impénétrable de lois et de règlements. Dans le cas de Makhlouf – et, comme je l’ai découvert, dans le cas aussi d’hommes d’affaires véreux et de gangsters du monde entier – l’organisation internationale qui a permis d’enregistrer sa compagnie fictive et de la protéger contre la surveillance internationale était un cabinet d’avocats appelé Mossack Fonseca, qui a fait office d’agent agréé de Drex du 4 juillet 2000 à la fin de 2011.
L’année dernière, quelqu’un a fourni des tonnes de données de Mossak Fonseca à un journal allemand, le Süddeutsche Zeitung. Le quotidien munichois est politiquement au centre droit et résolument pro-OTAN. Il coopère avec le Guardian, la BBCLe Monde, le Consortium international des journalistes d’investigation et d’autres organes de presse qui sont tous des partisans avérés de l’Establishment.
Le Süddeutsche affirme que les données fuitées concernent quelques 214 000 sociétés fictives et 14 000 clients de Mossak Fonseca. Il y a sûrement beaucoup de boue cachée là-dedans. Combien de sénateurs des États-Unis sont impliqués dans ces sociétés ? Quels politiciens de l’Union européenne ? Quelles sont les grandes banques de Wall Street et les fonds spéculatifs qui se cachent au Panama  ? Oh pardon. Le Süddeutsche et ses partenaires ne répondront pas à ces questions. Voici comment ils analysent les données:
Les journalistes ont réuni des listes des politiciens importants, de criminels internationaux, d’athlètes professionnels bien connus, etc. Le traitement numérique a permis de rechercher ensuite si des noms de ces listes figuraient dans les fuites. La liste «scandale des dons au parti» contenait 130 noms, et la liste des sanctions de l’ONU plus de 600. En quelques minutes, le puissant algorithme de recherche a comparé les listes avec les 11,5 millions de documents.
Pour chaque nom trouvé, un processus de recherche détaillé a été lancé au moyen des questions suivantes: quel est le rôle de cette personne dans le réseau des entreprises ? D’où vient l’argent ? Où va-t-il ? La structure est-elle légale ?
En d’autres termes, le Süddeutsche a pris des listes de criminels célèbres, de personnalités et d’organisations connues que les Étasuniens n’aiment pas et a vérifié s’ils étaient dans les données fuitées. Les résultats obtenus ont ensuite été évalués. Comme résultat, il y a l’éternel retour annuel de la campagne de diffamation contre le président russe Vladimir Poutine, qui n’est pas même mentionné dans les données de Mossak Fonseca, des accusations contre diverses personnes de la fédération de football de la FIFA, fort détestée des États-Unis, et la mention de quelques autres mécréants de moindre importance.
Il n’y a rien sur aucun Étasunien, rien du tout, ni sur aucun politicien important de l’OTAN. La victime la plus politique est bizarrement, à ce jour, le Premier ministre de l’Islande, Sigmundur David Gunnlaugsson, qui possédait, avec sa femme, une des sociétés fictives. Il n’y a aucune preuve que la propriété ou que l’argent détenu par cette société soient illégaux.
Alors, que faut-il déduire de tout ceci ?
Comme l’écrit l’ancien ambassadeur britannique, Craig Murray, pour comprendre le sens (s’il y en a un) de tout ça, il faut se pencher sur ce qui est caché par les organisations qui gèrent la fuite:
Le filtrage des informations de Mossack Fonseca par les médias est le reflet direct de l’agenda gouvernemental occidental. Bien qu’ils soient leurs principaux clients. Aucune grande société occidentale, aucun milliardaire occidental n’est mentionné parmi ceux qui ont utilisé les services de Mossack Fonseca, Et le Guardian se dépêche de les rassurer en disant que «la plus grande partie des informations fuitées ne sera pas divulguée»
A quoi vous attendiez-vous ? La fuite est gérée par un organisme qui porte le nom grandiose, mais qui prête à rire quand on connaît l’oiseau, de Consortium international des journalistes d’investigation. Il est entièrement financé et géré par le Centre des États-Unis pour l’intégrité publique. Leurs bailleurs de fonds comprennent :
La fondation Ford 
La fondation Carnegie
La fondation de la famille Rockefeller
La Fondation W K Kellogg
La Fondation pour une société ouverte (Soros)
La fuite consiste en un ensemble de données sélectionnées par des organisations amies des États-Unis à partir d’une base de données, probablement obtenue par les services secrets américains, qui contient sans aucun doute beaucoup d’informations fort compromettantes sur des personnes et des organisations occidentales.
La publication d’informations triées sur le volet à partir des données fuitées a deux objectifs:
  • Elle salit divers ennemis de l’empire, même si c’est seulement par personne interposée comme les présidents Poutine et Assad.
  • Elle prévient d’autres personnalités, celles qui figurent dans la base de données, mais dont les noms n’ont pas encore été révélés, que les États-Unis ou leurs partenaires médiatiques peuvent, à tout moment, exposer leur linge sale en public. C’est donc un moyen de chantage idéal.
La fuite des Panama Papers a été orchestrée par une petite coterie pour incriminer quelques personnes et quelques organisations qui ne plaisent pas aux États-Unis. Cela permet aussi de montrer les instruments de torture dont ils disposent aux personnes qui ont fait affaires avec Mossak Fonseca, mais dont les noms n’ont pas (encore) été publiés. Ces personnalités sont maintenant entre les mains de ceux qui contrôlent la base de données. Elles devront faire ce qu’on leur dit, sinon…
Article original en anglais :
Par Moon of Alabama, 06 avril 2016

mercredi 30 mars 2016

Attentats de Bruxelles : Washington et ses alliés aux forces islamistes en Syrie a produit un réseau de combattants islamistes en Europe.


Alors que se multiplient les révélations d’une connaissance préalable par l’Etat des attaques du 22 mars à Bruxelles, les milieux dirigeants tentent de dissimuler leur responsabilité dans des attaques ayant fait jusque là 35 morts et 340 blessés. Comme apparaît au grand jour le rôle central joué par les réseaux islamistes développés par les pouvoirs de l’OTAN dans la guerre par procuration en Syrie, les politiciens belges et français attisent la haine anti-musulmane.
Il est apparu la semaine dernière que le renseignement belge avait identifié les assaillants et leurs liens avec les milices islamistes combattant en Syrie et qu’il avait été averti des cibles et du moment de leurs attaques. Néanmoins, la police n’a pas surveillé les auteurs de l’attentat et ne les a pas appréhendés non plus alors qu’ils amassaient un énorme arsenal de fabrication de bombes et amenaient les bombes aux endroits ciblés. Des informations continuent d’apparaître sur comment le soutien de Washington et de ses alliés en Syrie aux forces islamistes a produit un réseau de combattants islamistes en Europe bénéficiant d’un niveau considérable de complicité de la part de l’État.
« Les évaluations d’espionnage de l’occident ont pendant des mois mésestimé l’ambition du groupe djihadiste à exporter la violence, » a déploré le Financial Times dans un article qui donne une estimation du nombre de combattants retournés en Europe. Sur environ 30.000 combattants étrangers ayant été en Syrie, écrit ce journal, « bien plus de 1.200 sont revenus dans les frontières de l’UE. Environ 350 en Grande-Bretagne, 250 en France (plus 250 qu’on estime être sur le chemin du retour), 270 en Allemagne, 118 en Belgique et environ 200 en Scandinavie, selon les chiffres officiels des renseignements ».
Les quelques milliers de jeunes qui rejoignent l’EI sont autorisés à aller en Syrie par les services secrets belges et leurs collègues à travers l’Europe pour y combattre dans la guerre de changement de régime par procuration. Ce sont ces gouvernements européens qui ont créé les conditions d’attaques terroristes dans leur propre pays. Au fur et à mesure que le scandale monte en Belgique sur le rôle de l’État dans les attentats, des politiciens bourgeois de toutes tendances cherchent à détourner l’attention du caractère criminel de leur politique en incitant à la haine et à la peur de la population musulmane en Europe.
En des termes qui auraient pu facilement venir du Front national néo-fasciste (FN), le ministre français de la jeunesse et des sports Patrick Kanner (Parti socialiste), a publié une dénonciation extraordinaire de Molenbeek, la zone immigrée de Bruxelles où on a trouvé le suspect en cavale des attaques de Paris, Salah Abdeslam. Comme cela a été révélé, la police belge était au courant de son adresse exacte depuis le début, bien qu’il fût soi-disant « l’homme le plus recherché d’Europe » pendant les quatre mois où il se cachait.
Parlant à i> Télé, Kanner a dénoncé Molenbeek comme « un système profondément non intégré, un système mafieux avec une économie souterraine, un système où les services publics ont presque disparu, un système où les élus ont renoncé à essayer. »
Dans des commentaires menaçant les immigrés de répression policière en France, Kanner a appliqué la même description malveillante aux quartiers immigrés dans toute la France: « Il y a aujourd’hui, comme on le sait, des centaines de quartiers en France qui présentent des similitudes potentielles pour ce qui est arrivé à Molenbeek. »
En Belgique, les membres dirigeants de la Nouvelle alliance flamande (N-VA), le parti nationaliste flamand, une des composantes du gouvernement du Premier ministre belge Charles Michel, dénoncent également les musulmans et les immigrés.
Le chef de file de la N-VA et maire d’Anvers Bart de Wever a dénoncé dans une interview à Der Spiegel « l’erreur historique » de la chancelière allemande Angela Merkel d’avoir annoncé l'an dernier que l'Allemagne accorderait l'asile aux réfugiés fuyant les guerres en Syrie, en Irak et en Afghanistan. Il a appelé l'intégration des musulmans dans la société belge un échec: « Nous ne sommes pas en mesure de leur offrir une version flamande du rêve américain. Voilà notre problème. »
En même temps, les informations ont clairement montré que le gouvernement belge a joué un rôle clé dans la protestation anti-musulmane d'extrême droite qui eut lieu à Bruxelles dimanche 27 mars.
Samedi 26 mars, le gouvernement avait annulé « La Marche contre la peur » une manifestation organisée par le Parti socialiste (PS), parti francophone qui est actuellement le principal parti d’opposition en Belgique. Le ministre de l’Intérieur Jan Jambon (N-VA) et le maire de Bruxelles Yvan Mayeur (PS) avaient annoncé conjointement l’annulation de la manifestation: « Compte tenu de la capacité de la police sur le terrain, et parce que la priorité va aux enquêtes judiciaires, nous aimerions vous demander de ne pas manifester demain [dimanche]. »
Dimanche, plus de 400 jeunes d’extrême-droite ont convergé sur la gare de Vilvoorde près de Bruxelles pour se rendre au square où devait avoir lieu la « marche contre la peur ». La police locale n’est pas intervenue. Les jeunes sont montés à bord d’un train à destination de Bruxelles où ils ont été accueillis à la gare par la police fédérale et locale. La police a accompagné les jeunes à la Bourse de Bruxelles, où des veillées silencieuses ont lieu tous les jours depuis les attentats.
Les jeunes ont pris le contrôle de la place en face de la Bourse et ont commencé une virulente manifestation anti-immigrés et anti-musulmane avec saluts nazis. Ceux qui participaient à la veillée ont été contraints de se réfugier sur les marches de la Bourse.
Les jeunes d’extrême-droite portaient des banderoles « Les Casuals contre le terrorisme. » Ils appartiennent à l’aile belge de « Casuals United » groupe formé à l’origine en Grande-Bretagne à partir de hooligans du football sur un programme anti-immigré et anti-musulman. Les 400 jeunes étaient attendus car ils avaient organisé leur voyage sur la page Facebook de l’organisation la semaine précédente.
Le double standard dans la gestion de l’affaire par le gouvernement Michel est évident. On a autorisé une manifestation d’extrême droite à continuer et lui a même donné une escorte policière, tandis que les organisateurs d’une manifestation PS ostensiblement contre la peur et pour la compréhension multiculturelle l’ont précipitamment annulée se pliant aux déclarations officielles qu’il n’y avait pas assez de police pour surveiller des manifestations.
Le rôle du gouvernement dans la manifestation montre l’importance des sympathies d’extrême-droite bien connues de membres du gouvernement belge et conformes à la réhabilitation du sentiment néo-fasciste entreprise en France et dans toute l’Europe.
Le ministre de l’Intérieur Jan Jambon, haut responsable de la N-VA et associé de Bart De Wever, maintient peu d’ambiguïté sur ses liens avec l’extrême droite. Interrogé en 2014 au sujet de sa participation en 2001 à une réunion de la Saint-Maartensfonds, association défendant les volontaires flamands qui ont rejoint la guerre d’agression génocidaire des nazis contre l’URSS dans la Seconde Guerre mondiale, il a dit à La Libre Belgique: « Les gens qui ont collaboré avec les Allemands avaient leurs raisons. Je ne vivais pas à l’époque. »
Puis il a qualifié d’« erreur » la collaboration belge avec le régime nazi en Belgique durant la Seconde Guerre mondiale, mais minimisa ensuite son importance – écartant la collaboration, qui comprenait la formation d’un régime fasciste en Belgique, comme une « nouvelle sans grande importance. »
(Article paru d’abord en anglais le 29 mars 2016)
Source : WSWS