jeudi 10 mars 2016

France : L’homme qui a tué la Gauche…L'oraison funèbre de la gauche a été prononcée par ce petit homme qui a été porté au pouvoir suite à un énorme malentendu.


Le 9 mars sans enthousiasme ni illusion
Le cortège funèbre

La gauche, laminée par les sociaux traîtres du PS, n'a plus les moyens de ses illusions. La droite joue sur du velours, la rue est sienne maintenant.
 
Il pleut sur ma ville, il pleut et le vent glacial s'engouffre dans nos cœurs. Les derniers survivants du peuple de gauche viennent grelotter sur le parvis de la cathédrale. Ils agitent encore par habitude des petits drapeaux qui claquent dans les rafales. C'est la dernière et si vieille garde qui vient ici accompagner les quelques lycéens venus clamer une colère qui ne sait même pas son nom.
N'ayant jamais aimé ces rassemblements militants, je reste à distance, j'observe et me désole. Nul espoir dans les yeux des manifestants, nulle attente du grand soir. Chacun a compris que l'oraison funèbre de la gauche a été prononcée par ce petit homme qui a été porté au pouvoir suite à un énorme malentendu.
L'homme qui fait tomber la pluie n'a cessé de cumuler les catastrophes, les précipitations et les gros grains. Capitaine sans navire, il pousse le vaisseau France dans les bras du libéralisme tout en prenant le risque de nourrir la bête immonde. Il a tué la gauche en se vendant sans honte ni honneur aux thèses du Medef. Il prétendait faire de la finance son ennemi, il s'est allié à elle pour détruire le monde du travail avec la complicité d'un parti, plus attaché aux avantages de ses membres qu'à l'intérêt général.
Les derniers Mohicans portent à bout de bras les oriflammes de leurs croyances passées. Ils ne sont plus rien. La cohorte des travailleurs en colère s'est lentement, inexorablement étiolée. Ils sont devenus des précaires, des menacés, des chômeurs. Ils n'ont plus d'avenir et le savent mieux que quiconque. Alors à quoi bon manifester et prendre froid ? Ils ne sont pas venus, tout simplement, comme ils ne votent plus depuis si longtemps. Désormais, ils n'ont même plus les moyens de se soigner dignement, alors, prendre le risque d'un rhume est un luxe qu'ils ne peuvent s'offrir.
La rue a changé de côté. Elle appartient désormais à l'organisation impeccable des tenants de la manif pour tous ou des colères paysannes. Il faut des moyens, des transports gratuits, des relais plus ou moins officiels pour réussir une belle et grande manifestation, un cortège qui tienne la route. La gauche, laminée par les sociaux traîtres du PS, n'a plus les moyens de ses illusions. La droite joue sur du velours, la rue est sienne maintenant.
Les ultimes soubresauts de la revendication sociale se perdent dans cette pluie glaciale. Les lendemains ne chanteront plus ; ils seront moroses, terribles, inhumains. Les droits seront anéantis, l'ouvrier sera malléable et corvéable à merci, le silence s'imposera dans les rangs ou bien, on fera venir des travailleurs lointains, des esclaves placides, des victimes consentantes.
La croyance en un avenir meilleur s'est dissoute dans le quinquennat de tous les renoncements. Il faut se plier aux lois du marché, aux contraintes du système, aux règles de la concurrence impitoyable. Le formidable contingent des laissés-pour-compte pèse désormais sur ceux qui ont encore quelques miettes à grappiller. Il faut se taire et consentir à son malheur afin que quelques-uns s'enrichissent toujours plus.
Le cortège d'ici s'ébranle et je le laisse à ses derniers soubresauts. J'ai mal à cette nation à l'abandon, pieds et poings liés par une tyrannie économique qui n'est pas faite pour établir le bonheur du plus grand nombre mais bien la domination d'une minorité sur des masses rabaissées à la triste condition servile. Il se peut qu'ailleurs la colère trouve plus d'écho. Je peux me tromper et n'être qu'un pauvre chafouin qui ne comprend jamais rien. Pourtant, j'ai observé et j'ai eu mal à cette pantomime informe.
Je suis en colère contre les caciques d'un parti qui n'a eu de cesse de trahir et de mentir, de renoncer aux principes qu'il était censé défendre ou de les dénaturer. Petits-bourgeois sans aucun rapport avec le peuple réel, ils se sont fait des places au soleil au mépris de ceux qui leur avaient fait confiance du bout des lèvres. Ceux-là seront les responsables de catastrophes bien pires encore. Que la gauche soit laminée aux prochaines élections ne fait aucun doute, que les prochains scrutins ouvrent un boulevard aux ennemis de la démocratie est encore plus certain. L'homme qui a tué la gauche portera alors une très lourde responsabilité mais il s'en moquera, il est à l'abri de tout besoin.
La pluie continue de tomber ; elle sera le symbole de ce quinquennat de toutes les précipitations. Le navire sombre, l'espoir d'une vie meilleure pour nos enfants est désormais sans fondement. Pourtant, rien n'atténuera la morgue de ces gens qui ont failli, qui sont coupables d'une impuissance que leur incompétence n'excusera jamais. S'ils avaient quelque honneur, pour sortir la tête haute de ce fiasco sans nom, la démission serait le seul geste digne de considération.
Désespérément leur.

mardi 8 mars 2016

France - Loi Travail – Pour une riposte à la hauteur de l’agression ! Il faut lutter pour son retrait pur et simple. Il faut rejeter la manœuvre des « négociations » avec un gouvernement uniquement disposé à « négocier » la régression sociale.



« Nos profits valent plus que leurs vies ! » : ce détournement d’un célèbre slogan anticapitaliste est le véritable credo du patronat français. Les travailleurs subissent au quotidien une dégradation de leurs conditions de vie et de travail. La précarisation de l’emploi et le chômage de masse font planer sur chaque foyer populaire la menace de sombrer dans la misère. Les inégalités ont atteint des niveaux inédits. La richesse s’entasse dans les coffres d’une minorité tandis que l’immense majorité s’appauvrit. Mais l’ogre patronal ne pousse qu’un seul cri : « J’en veux encore plus ! » – « Tout de suite ! », lui répond le gouvernement.
Temps de travail

Le projet de loi Travail de la ministre El Khomri contient plusieurs reculs d’une gravité exceptionnelle en matière de droits des salariés. Sur la durée du travail, la loi fait descendre encore d’un échelon la protection des salariés. Avant 2004, le montant des heures supplémentaires et la durée maximale du temps de travail étaient garantis par la loi. Quelle que soit leur entreprise, tous les salariés bénéficiaient des mêmes garanties. Mais depuis les lois Fillon de 2004 et 2008, la convention collective de branche peut déroger à cette protection ; les entreprises d’une même branche sont alors toutes tenues d’appliquer la convention. C’était un premier recul majeur. A présent, le projet de loi prévoit qu’un simple accord d’entreprise permettra de travailler jusqu’à 12  heures par jour et jusqu’à 46 heures par semaine, en moyenne. A l’heure où le chômage est très élevé et où le chantage à l’emploi bat son plein, Myriam El Khomri laisse les salariés de chaque entreprise affronter seuls leur patron.

Licenciement et indemnités

La protection du salarié face au licenciement est également remise en cause. Ainsi, le travailleur qui refusera de voir sa rémunération baisser suite à un « accord de développement de l’emploi » pourra être licencié pour motif personnel et ne bénéficiera donc plus des avantages liés à un licenciement économique. Pire : le plafonnement des indemnités prud’homme en cas de licenciement abusif, qui avait été censuré par le Conseil constitutionnel dans la loi Macron, fait son grand retour. Désormais, le patron qui veut enfreindre la loi saura précisément combien il va lui en coûter, au maximum. Il n’aura plus à s’inquiéter du pouvoir du juge. Tout cela, bien sûr, au nom de la lutte contre le chômage !

Chantage patronal

Il arrive que la direction d’une entreprise soit confrontée à des syndicats majoritaires qui refusent de céder au chantage à l’emploi. Alors, la loi El Khomri prévoit de contourner ce « problème » : même s’ils sont minoritaires, des syndicats pourront convoquer un référendum pour faire adopter l’accord, avec le soutien du patron. La loi ne dit pas comment protéger ces référendums du chantage patronal.
Notons enfin l’affaiblissement de la médecine du travail, où la visite auprès d’un médecin pourra être remplacée par un simple entretien infirmier. Après avoir travaillé 46 heures par semaine et 12  heures par jour, qui pourrait avoir besoin de voir un médecin, franchement ?
Le projet de loi contient d’autres mesures scandaleuses. Nous y reviendrons plus longuement sur notre site internet (www.marxiste.org).

Pas un seul emploi créé

Pour « lutter contre le chômage », Hollande et compagnie ont donné tant et plus aux patrons, depuis 2012. En quatre ans, la fortune des plus riches a doublé [1], mais le chômage continue d’augmenter. A présent, le grand patronat réclame la destruction des droits collectifs des salariés. Si on les supprime, promis, cette fois, ils embaucheront. Qui est assez naïf pour le croire ? Comme le dit le proverbe : « Si vous me trompez une fois, honte à vous ; si vous me trompez deux fois, honte à moi ! »
Ces contre-réformes drastiques ne créeront pas un seul emploi. Si son carnet de commandes est vide, un patron n’embauchera pas. Le seul objectif de cette loi est de nourrir la voracité sans limites des capitalistes en leur permettant d’accroître toujours plus l’exploitation des salariés.
Mobilisation !
Les travailleurs et les étudiants sont déterminés à ne pas se laisser faire. A l’heure où ces lignes sont écrites, la pétition « loi travail : non merci ! », lancée par un collectif de syndicalistes et de personnalités, atteint le million de signatures. Dans différentes couches de la population, la mobilisation s’organise avec énergie, comme en témoigne l’appel « On vaut mieux que ça ! » lancé par un collectif de vidéastes sur Youtube. Les organisations de jeunesse ont immédiatement appelé à une grande journée d’action le 9 mars. Elles réclament le retrait pur et simple du projet de loi. Les universités sont en ébullition.
La lenteur et la modération des directions syndicales ont offert un contraste frappant avec la volonté d’en découdre de la jeunesse. Le 23 février, une intersyndicale nationale publiait un communiqué ne réclamant pas le retrait du texte et proposant… une nouvelle réunion le 3 mars.
Ce communiqué constituait un alignement vers le bas sur la ligne capitularde de la CFDT, de la CFTC, de la CFE-CGC et de l’UNSA. C’est la mobilisation à la base, à l’intérieur et à l’extérieur des syndicats, qui a permis aux autres centrales syndicales de sortir de cette ornière. Une fois de plus, la direction de la CGT a été poussée sur la gauche par sa base. Après le 23 février, quelques syndicats CGT locaux ou nationaux ont commencé à lancer des mots d’ordre de manifestation et de grève pour le 9 mars. De plus en plus nombreux chaque jour, ils ont finalement été rejoints par quelques grandes fédérations, dont celle de la fonction publique (l’UGFF), avant que la confédération n’appelle finalement à participer au 9 mars – mais sans appeler formellement à la grève.

Un potentiel immense

Le potentiel de mobilisation des travailleurs et des étudiants est immense. Dans les entreprises et les universités, la colère gronde contre la dégradation sans fin des conditions de vie, de travail et d’étude que les « réformes » des gouvernements UMP ou PS ont imposées au plus grand nombre. Le mouvement contre le CPE, en 2006, est dans toutes les têtes. Cette situation a beaucoup joué dans la décision du gouvernement de repousser l’examen du projet de loi du 9 au 24 mars. Mais ce n’est pas la seule raison. Pour le gouvernement, c’est aussi un repli tactique permettant de gagner du temps pour négocier les reculs sociaux avec les syndicats capitulards.
Outre une déclaration séparée dans laquelle les centrales CFDT, CFE-CGC, CFTC et UNSA annoncent qu’elles sont prêtes à approuver la loi en échange de quelques concessions, cette intersyndicale de la capitulation appelle à une mobilisation séparée le 12 mars, en complet décalage avec la dynamique enclenchée autour du 9 mars ! Ce faisant, et en refusant de réclamer le retrait pur et simple du projet de loi, ces organisations plantent un poignard dans le dos de ceux qu’elles sont censées défendre.

Montée en puissance

Les syndicats CGT, FO, FSU, Solidair-e-s et les organisations de jeunesse UNEF, UNL et FIDL appellent à la mobilisation le 9 mars et à une grève interprofessionnelle le 31 mars. Mais il peut se passer beaucoup de choses entre ces deux dates. Selon le niveau de la mobilisation du 9 mars et des jours qui suivent, il pourrait être indispensable d’avancer la date de la grève interprofessionnelle. Par ailleurs, l’expérience des dernières grandes mobilisations – à commencer par celle de l’automne 2010 – prouve que la stratégie des « journées d’action » sans lendemain, même massives, n’est pas suffisante pour faire reculer le gouvernement, en particulier dans le contexte d’une crise profonde du capitalisme. La responsabilité des directions syndicales est donc de préparer dès à présent, avec énergie, un mouvement de grève reconductible, dans le but de paralyser durablement l’économie.
L’intersyndicale réunie autour de la CGT doit aussi clarifier son attitude à l’égard du projet. La direction de la CGT affirme qu’« il faut partir sur de véritables négociations, pas que sur des réécritures d’articles. » Mais qu’y a-t-il à négocier, dans ce projet de loi dont chaque article est un recul ? Rien ! Il faut lutter pour son retrait pur et simple. Il faut rejeter la manœuvre des « négociations » avec un gouvernement uniquement disposé à « négocier » la régression sociale.

Source : REVOLUTION 

samedi 5 mars 2016

8 Mars : La Journée internationale des femmes est un acquis révolutionnaire.



Origine de la Journée internationale des femmes

La légende veut que l’origine du 8 mars remonte à une manifestation d’ouvrières américaines du textile en 1857, événement qui n’a, en réalité, jamais eu lieu.
En effet, la création d’une “Journée internationale” est proposée pour la première fois en 1910, lors de la conférence internationale des femmes socialistes, par Clara Zetkin, et s’inscrit dans une perspective révolutionnaire. La date n’est tout d’abord pas fixée, et ce n’est qu’à partir de 1917, avec la grève des ouvrières de Saint-Pétersbourg en février-mars 1917, quelques jours avant le renversement du tsar russe que la tradition du 8 mars se met en place.
La Journée internationale des femmes est un acquis révolutionnaire.
Après 1945, la Journée internationale de la Femme devient une tradition dans le monde entier. La date est réinvestie avec le regain féministe des années 70. La “Journée internationale de la Femme” est reconnue officiellement par les Nations unies en 1977. Aujourd’hui, c’est une journée de manifestations à travers le monde et l’occasion de faire un bilan.

Histoire et évolution

Depuis la disparition de la communauté primitive et l’apparition de la propriété privée des outils de production et de l’exploitation, il y a plus de 5000 ans, les femmes se sont retrouvées en position d’infériorité. De la société esclavagiste à la société capitaliste, en passant par la société féodale, les femmes ont subi une double domination sans pouvoir réellement se défendre. Ce fut, d’abord l’exploitation exercée par la classe exploiteuse - maîtres d’esclaves, seigneurs féodaux, capitalistes - et celle de l’homme. Elles se sont battues pour s’affranchir des pires formes d’infamies et d’humiliations et pour arracher un peu de liberté.
La naissance du capitalisme a bouleversé en profondeur les relations femmes-hommes. Les révolutions antiféodales ont vu la participation des femmes aux côtés des hommes pour abolir le servage et les privilèges de la classe des seigneurs. L’industrialisation capitaliste va de plus en plus introduire des machines-outils dans la fabrication de produits. La dépossession des producteurs directs dans les campagnes par la noblesse va jeter sur les routes une grande masse d’hommes, de femmes et d’enfants qui se retrouvent sans moyens de subsistance.
La liquidation du mode de production féodal entre le 17e et le 19e siècle en Europe puis au Japon a eu pour résultat de libérer les paysans asservis, de toute servitude féodale et d’offrir du même coup à la production capitaliste une main d’œuvre abondante. Des milliers de paysans et travailleurs furent jetés à la rue, une armée de réserve des pauvres s’est constituée en provoquant une diminution des salaires. Les patrons avaient vite compris qu’en utilisant les machines apparues avec la révolution industrielle, elle-même rendue possible par la dissolution des rapports féodaux, ils pouvaient embaucher une main d’œuvre sans qualification, payée à des salaires qui leur permettaient à peine de survivre. Ils voyaient dans l’utilisation des femmes, l’accès à une main d’œuvre malléable et bon marché.

Lutte des femmes

Progressivement, surtout dans l’industrie du textile qui avait supplanté la production domestique et celle des artisans, les femmes ont remplacé les hommes. Souvent sous l’influence des hommes d’église, les ouvriers voyaient dans les femmes la cause de leur malheur. Ils retournaient alors contre elles leur colère en provoquant même de violents conflits. Pour les femmes ce fut le début d’un changement important dans leur lutte et leur condition d’existence. La lutte contre leurs exploiteurs capitalistes s’accompagne de la lutte contre la domination masculine. Pour la première fois de leur vie, elles n’étaient plus confinées dans le cercle étroit des tâches ménagères. Elles entraient dans la vie active hors de la famille tout en continuant à supporter le fardeau des tâches ménagères dont elles n’ont pu s’affranchir jusqu’à présent, en raison en particulier des préjugés que le système capitaliste continue à alimenter pour entretenir les divisions de sexe au sein de la classe ouvrière et des travailleurs. Cependant, en touchant un salaire, elles purent entrevoir la fin de leur dépendance vis-à-vis de l’homme.
En tant que travailleuses, elles allaient connaître l’exploitation éhontée des patrons et prendre conscience de leur condition d’exploitées. De ce fait, elles rejoignaient le combat de la classe ouvrière et allaient ainsi prendre parti, à part entière, dans le combat contre toutes les injustices et la fin de l’exploitation de l’homme par l’homme. Dans les sociétés capitalistes, les femmes vont ressentir le besoin de s’organiser pour résister à l’exploitation patronale. Sous l’influence des idées socialistes et notamment du marxisme, les femmes les plus conscientes adhèrent aux partis ouvriers et prennent de plus en plus la direction des organisations politique révolutionnaires qui lient en un combat unique, la lutte pour l’émancipation féminine et celle de la classe ouvrière.

La révolutionnaire communiste Clara Zetkin

C’est la journaliste marxiste allemande Clara Zetkin qui lança l’idée d’une Journée internationale des femmes. C’était surtout une militante communiste extraordinaire qui luttait pour l’émancipation des femmes et pour l’égalité femmes-hommes. Elle était une révolutionnaire qui luttait contre le système capitaliste. Elle disait « Il n’existe donc pas d’opposition réelle entre les intérêts des travailleurs et ceux des travailleuses mais bien une opposition irréductible entre les intérêts du capital et ceux du travail ». Ce qu’il faut avoir en mémoire sur Clara Zetkin c’est son parcours de militante infatigable. Elle a mené sans relâche un combat contre tous les préjugés concernant les femmes y compris contre certains éléments de son propre camp. Elle était convaincue que l’émancipation des femmes ne pourrait jamais se faire dans le système capitalisme mais seulement dans une société socialiste.
Directrice de la célèbre revue Die Gleichheit (L’égalité), qu’elle a fondée en 1890, Clara Zetkin s’inscrit dans une perspective révolutionnaire. C’est elle qui convoqua les conférences internationales des femmes socialistes de Stuttgart (1907) et de Copenhague (1910) où le point de vue qu’elle défendait finit par prévaloir. Les participantes à la Conférence, l’élirent comme Secrétaire et firent de son journal Die Gleichheit leur organe officiel. C’est à Copenhague en 1910, lors de la 2e conférence internationale des femmes socialistes que Clara Zetkin propose pour la première fois, d’organiser une “Journée internationale des femmes” en vue de servir à la mobilisation pour le droit de vote des femmes. La conférence qui avait réuni une centaine de femmes venues de 17 pays, adopta aussitôt cette proposition.
En mars 1914, les femmes réclamèrent le droit de vote. Clara Zetkin fut emprisonnée en 1915 pour son opposition à la guerre impérialiste. En 1916, elle joua avec Rosa Luxemburg, un rôle essentiel dans la création du parti communiste allemand. Elle combattit aussi la montée du nazisme. Elue au Reichstag en 1932, Clara Zetkin fut chargée en sa qualité de doyenne du Reichstag, de prononcer le discours d’inauguration dans un parlement où dominaient les chemises brunes des nazis. Elle lança un vibrant appel à lutter contre le nazisme. Ce sera sa dernière manifestation publique. En exil à Moscou, elle meurt le 20 juin 1933.
Ses convictions lui ont survécu. Elle a défendu une conception du couple au sein duquel les partenaires doivent être égaux en droits. Elle était favorable au divorce par consentement mutuel et pensait que les garçons, comme les filles, doivent prendre part aux soins du ménage. Mère de deux garçons, elle a vécu elle-même en union libre et s’est toujours montrée une ardente partisane du travail des femmes, seul moyen pour elles d’accéder à l’autonomie.

La journée du 8 mars

« Durant la période de février, mars 1917 eurent lieu à Saint-Pétersbourg, des manifestations d’ouvrières que les militants bolcheviks désignèrent comme le début de la révolution russe. Une nouvelle tradition est instaurée : la journée du 8 Mars sera choisie pour célébrer la Journée Internationale des Femmes et sera dès lors l’occasion pour les partis communistes de mobiliser les femmes. Après 1945, la Journée des femmes est officiellement célébrée dans tous les pays socialistes. » [1]
La journée internationale de la femme n’a été reconnue officiellement par les Nations-Unies qu’en 1977.
Il convient de rappeler que c’est la révolution d’octobre en 1917 en Russie, dirigée par le parti bolchevik qui a aboli de façon radicale l’inégalité et les discriminations que subissaient les femmes.

Les droits des femmes instaurés par le pouvoir soviétique

Rappelons-nous ce 25 octobre 1917 ou le pouvoir des soviets avait décrété le droit de vote de la femme, le droit d’élire et d’être élue, le droit de choisir librement son compagnon, le droit au divorce, le droit à l’avortement, le droit au travail, le droit au logement et l’égalité des salaires selon le principe à travail égal, salaire égal.
A l’époque aucun autre pays, (même parmi les pays dits « démocratiques ») n’avait accompli en plusieurs siècles ce que le pouvoir soviétique a proclamé en quelques jours.
Tous les partis communistes marxistes-léninistes ont dans leur programme les mêmes dispositions sur l’égalité de l’homme et de la femme.

Qu’en est-il en Algérie ?

Les Algériennes n’ont pas attendu les bras croisés que leur émancipation tombe du ciel.
Elles se sont battues pour obtenir l’égalité homme-femme. Pendant l’occupation française du pays, vivant dans des conditions terribles de pauvreté, subissant les pires humiliations et malgré une répression féroce, elles ont résisté avec dignité et abnégation. Mais leur lutte pour la libération du pays ne pouvait pas ne pas stimuler la lutte pour leur émancipation. Et elles l’ont prouvé par le sang qu’elles ont versé dans les villes et les maquis. Rappelons-nous leur rôle éminemment important pendant la guerre de libération de notre pays. Elles étaient présentes dans les maquis les armes à la main, elles étaient présentes dans les villes et bien souvent à la tête des manifestations pour l’indépendance.
Rappelons-nous ces importantes manifestations populaires du 11 décembre 1960. On ne peut pas oublier les images de ces femmes bien souvent en tête du cortège, le drapeau de l’Algérie libre en étendard, affrontant les mains nues l’armée coloniale. Ces monstres n’ont pas hésité en tirant des rafales de mitraillettes sur des femmes sans armes et sur des enfants. Elles tombaient le drapeau imbibé de leur sang qui s’écoulait sur cette terre généreuse qu’elles ont toujours défendue. L’ennemi ne faisait pas de différence entre les combattants femmes ou hommes. Elles ont subi le viol collectif, la torture et l’arbitraire.
Et pendant la décennie noire, malgré les assassinats et les viols, elles ont résisté aux hordes barbares obscurantistes. Malgré le mot d’ordre des égorgeurs de boycotter l’école, elles n’ont pas hésité une seule seconde à braver cet interdit scélérat. Celles qui étaient enseignantes et professeurs dans les écoles, les lycées ou les universités sont allées enseigner et celles qui avaient des enfants, ont pris leurs enfants par la main pour les accompagner jusqu’à la porte de l’école………
Hommage à toutes les femmes dans le monde, victimes des agressions de l’impérialisme, notamment les Libyennes, les Syriennes, les Irakiennes, les Africaines objet des violences et des atteintes à leur dignité par les groupes armés obscurantistes soutenus par l’impérialisme, la Turquie et les monarchies rétrogrades du Golfe, du Qatar, des Emirats et de l’Arabie saoudite.
Source : Alger Républicain
Article rédigé en mars 2015