lundi 25 janvier 2016

USA - ARABIE SAOUDITE : Les Etats-Unis ferment les yeux sur le comportement de l'Arabie Saoudite qui finance leurs opérations secrètes en leur octroyant «des masses d'argent».



Les Etats-Unis ferment les yeux sur le comportement de l'Arabie Saoudite qui finance leurs opérations secrètes depuis des décennies en leur octroyant «des masses d'argent». Parfois, les deux pays œuvrent de concert, parfois les Saoudiens signent des chèques pour les opérations américaines, lit-on dans le New York Times.

A l'heure actuelle, par exemple, la CIA est fortement dépendante des fonds de Riyad pour financer une opération secrète visant à armer la milice syrienne luttant contre le régime du président Bachar el-Assad. La signature de l'accord entre la CIA et l'Arabie Saoudite pour l'opération remonte à 2013. Conformément à cet accord, les Saoudiens s'occupent de la livraison des armes et du financement de l'opération, tandis que les employés de l'agence sont censés entraîner les miliciens en leur apprenant le maniement des Kalachnikov et des lance-roquettes antichars, écrit le journal citant des sources dans les administrations US actuelle et ancienne.
Par ailleurs, aujourd'hui, les relations entre Washington et Moscou commencent à évoluer du fait que les Etats-Unis dépendent moins des exportations pétrolières et qu'ils aient mis le cap sur un rapprochement avec l'Iran. Néanmoins, l'alliance existe toujours, maintenue à flot par des masses d'argent saoudien et par des intérêts communs. Le fait que les deux pays mènent des opérations conjointes est un des facteurs empêchant les Etats-Unis de critiquer ouvertement l'Arabie Saoudite pour "la violation des droits de l'homme, le traitement des femmes dans ce pays et son soutien fourni au wahhabisme, un mouvement islamiste radical", estime le New York Time.
«Les Saoudiens n'ont jamais caché qu'ils aidaient à armer la milice syrienne, mais l'ampleur de cette coopération avec la CIA demeurait imprécise», note le journal citant des fonctionnaires actuels et anciens américains dans les pays du Golfe.
Ces derniers s'abstiennent de préciser les sommes concrètes débloquées par l'Arabie Saoudite, mais déclarent que pour l'instants l'aide financière saoudienne fournie à Washington à cette fin se compte en milliards de dollars.

Source : Sputnik

France : Demande de déchéance de la nationalité française. Nous autres, Français de hasard, ne voulons plus être français tant que vous incarnerez cette idée de la France.



Suite aux annonces nauséabondes de Valls et Hollande…


FTP (Francs Tireurs Partisans d’une citoyenneté mondiale)

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Chaucre, le 22 janvier 2016


À monsieur le Président de la république française


Monsieur le Président, nous vous faisons une lettre que vous lirez peut-être si vous avez le temps.

Nous sommes nés dans ce pays, la France, par hasard. Nous n’avons choisi ni de naître, ni de naître en France. Il en va ainsi de tous les êtres humains. Jusqu’à présent, ce non-choix ne nous posait pas de trop gros problèmes. Nous aurions pu tomber plus mal.

Depuis déjà quelque temps, cependant, entre Notre-Dame-des-Landes et la condamnation de syndicalistes à de la prison ferme, nous avions quelques doutes sur votre capacité à faire rêver d’une France dite pays des droits de l’homme. Vous nous accorderez de ne même pas parler de socialisme. Avec votre dernier tripatouillage politicard à propos de la déchéance du droit de nationalité, les choses sont claires. Vous jouez avec les allumettes. Vous savez que les terroristes se moquent comme de leur première chemise d’être déchus ou non de… Et pourtant, vous êtes en train de mettre en place un arsenal juridique démagogue qui assigne aujourd’hui à résidence des écolos et des syndicalistes et qui, demain, se retournera contre vous.

Rappelez-vous, Martin Niemöller. Libéré des camps par la chute du régime nazi, en 1945. Il est l’auteur de Quand ils sont venus chercher… faussement attribué à Bertold Brecht. Il disait : « Lorsque les nazis sont venus chercher les communistes, je n’ai rien dit,… je n’étais pas communiste. Lorsqu’ils sont venus chercher les syndicalistes, je n’ai rien dit,… je n’étais pas syndicaliste. Lorsqu’ils sont venus chercher les juifs, je n’ai rien dit,… je n’étais pas juif. Lorsqu’ils sont venus me chercher, … il ne restait plus personne pour protester. »

Monsieur le Président, demain, quand ceux que vous prétendez combattre seront au pouvoir, ils se contenteront d’appliquer vos lois. Comment ne comprenez-vous pas cela ? Par voie de conséquence, comme nous le permet encore la Constitution, nous nous déclarons en situation d’insurrection.

Par la présente, veuillez recevoir notre demande de déchéance de la nationalité française. Pourquoi ? Nous autres, Français de hasard, ne voulons plus être français tant que vous incarnerez cette idée de la France. Par la présente, nous vous informons également de notre volonté de créer dans les plus brefs délais une carte d’identité et un passeport de citoyen du monde.

Monsieur le président, prévenez vos gens d’armes, que nous serons lourdement armés de ces armes de destruction massive que sont l’intelligence, la non-violence, l’honneur et… l’humour. Et que nous n’hésiterons pas à tirer ! Avec ces armes là ! 

Jean-Pierre Anselme
Source : Bellacio

Arabie saoudite : Un gouvernement qui vend des armes et soutient militairement l’Arabie saoudite se rend il coupable de crime de guerre au Yémen ?


Par Stiernon Christophe
Un gouvernement qui vend des armes à – et soutient militairement – l’Arabie saoudite se rend?il coupable de crime de guerre au Yémen ? La question se pose sérieusement aujourd’hui dans plusieurs pays occidentaux, à l’heure où l’Arabie saoudite est impliquée dans un conflit armé.

Accusée de violations flagrantes des droits de l’homme et du droit international humanitaire au Yémen, la monarchie saoudienne peut néanmoins compter sur un flot continu d’armes occidentales. Son appétit pour des armements (ultra)modernes «Made in Europe» et «Made in USA» ne semble pas diminuer. Elle en achète à tour de bras, pour des dizaines de milliards de dollars, et ce, depuis des années. Selon le Stockholm International Peace Research Institute (SIPRI), le pays, qui compte à peine 30 millions d’habitants, est aujourd’hui le deuxième plus gros importateur d’armements majeurs au monde, avec des importations qui ont triplé sur cinq ans. Et avec 2 747 USD par tête en 2014, l’Arabie saoudite est le pays dont les dépenses militaires par habitant sont les plus importantes au monde. À titre de comparaison, les États-Unis ne dépensent «que» 1 912 USD par habitant (la moyenne, au sein de l’UE, est de 414 USD).


La Belgique, 1er fournisseur d’armes légères de la Cour

Selon le SIPRI, 59 % des importations saoudiennes proviennent d’Europe. Entre 2009 et 2013, les pays membres de l’Union européenne (UE) ont octroyé pour plus de 19 milliards d’euros de licences d’exportation d’équipements et de technologies militaires vers l’Arabie saoudite. Si on y regarde de plus près, la Belgique occupe une place de choix. Notre royaume peut se targuer d’être le premier fournisseur européen de la Cour saoudienne pour une catégorie d’armes bien particulière : les armes légères et de petits calibres (ALPC), ainsi que leurs munitions. On parle ici de pistolets, de mitrailleuses, de fusils d’assaut, de lance-grenades, de lance-roquettes, d’armes antichars… une spécialité belge, et plus particulièrement wallonne.
Entre 2009 et 2013, la Belgique a octroyé pour 595 millions EUR de licences d’exportation vers l’Arabie saoudite pour des ALPC et leurs munitions, soit près d’un quart du total européen. La Belgique est même à l’origine de 70 % des licences d’exportation européennes pour les armes à feu d’un calibre inférieur à 20 mm.
Depuis 2011, Riyad reste le premier débouché pour les armements wallons. Loin d’être un «tout petit vendeur» , entre 2006 et 2014, la Région wallonne a octroyé des licences d’exportation pour 1,7 milliard EUR vers l’Arabie saoudite, dont 397 millions EUR rien que pour l’année 2014. Et ces chiffres ne prennent pas en compte le méga-contrat de 3,2 milliards EUR sur quinze ans signé par l’entreprise sérésienne CMI pour fournir notamment «des solutions de tir crédibles et efficaces» sous forme de tourelles et de canons de moyen et gros calibres. Ces armes létales, «précises et puissantes», équiperont des véhicules blindés assemblés au Canada et destinés à la Garde nationale saoudienne.
Poids de l’Arabie saoudite dans les exportations wallonnes. En millions EUR et pourcentage du total.
Pour 2014, chiffres biaisés par la licence non reprise de 3,2  milliards EUR  (voir ci-contre).
Sources : Rapports annuels de la Région wallonne.
2006      2007      2008      2009      2010      2011      2012      2013      2014
173        103        51          337        49          253        267     97          396
23%       17%       8%         42%       7%         39%       35%   21%       9%

Un cadre légal européen mais une décision des entités fédérées

Les exportations d’armes de l’UE vers l’Arabie saoudite sont soumises à des règles européennes communes qui régissent le contrôle des transferts de technologie et d’équipement militaires. Les États membres se sont engagés à respecter une série de huit critères qui servent de normes minimum pour lutter contre l’accumulation et la diffusion déstabilisatrices des armes. Ces règles communes prévoient notamment que les États membres refusent l’autorisation d’exportation si le pays de destination ne respecte pas les principes du droit international humanitaire, si la technologie ou les armes exportées risquent d’aggraver des tensions ou conflits internes, ou représentent une menace pour la sécurité et la stabilité régionales. Dans leur prise de décision, les États membres devront également évaluer le comportement du pays destinataire en relation avec le terrorisme, et prendre en compte les risques de détournement et de réexportation non souhaitée.
Le cadre légal est donc européen mais la décision finale d’exporter des armes vers un pays tiers reste du ressort et de la responsabilité de chaque État membre. En Belgique, cette compétence a été régionalisée en 2003. Ce sont donc maintenant les gouvernements des entités fédérées qui autorisent les exportations d’armes, ou qui les refusent.

Des ventes qui suscitent des inquiétudes

En Europe et ailleurs, des voix de plus en plus nombreuses s’élèvent pour dénoncer les ventes d’armes massives à un régime accusé de crimes de guerre et de violations flagrantes du droit international humanitaire au Yémen. Sans parler d’une utilisation prolifique du sabre et du fouet pour faire régner l’ordre au sein de sa population et d’une conception des droits de l'homme «qui, de toute évidence, ne puise pas son inspiration dans les publications d'Amnesty International». Depuis mars 2015, la coalition menée par le royaume wahhabite mène une campagne intensive de bombardements qui a déjà causé plus de 6 000 morts et plongé le pays dans une crise humanitaire majeure. La coalition saoudienne est accusée de bombarder de manière indiscriminée des zones urbaines densément peuplées et de faire usage de bombes à sous-munitions dans des zones résidentielles, ce qui selon les Nations unies s’apparente à un crime de guerre. Plus de 90 % des victimes du conflit seraient des civils et les violences affectent aujourd’hui 80 % de la population du pays.
Au Royaume-Uni, des juristes de plusieurs organisations accusent le gouvernement britannique de violations du droit national, européen et international en autorisant l’exportation de missiles et d’équipements militaires qui peuvent être utilisés pour tuer des civils au Yémen. Au Canada, le gouvernement est accusé de ne pas respecter ses propres règles en termes de contrôle des exportations d’équipements militaires[12]. En Allemagne, les autorités laissent entendre qu’elles pourraient se montrer plus sévères en ce qui concerne ses exportations d’équipements militaires vers Riyad[13]. En 2015, la Suède avait déjà rompu sa coopération militaire avec l’Arabie saoudite, accusée d’être une dictature aux «méthodes moyenâgeuses».
En Belgique, le 10 janvier 2015, le vice-Premier ministre Kris Peeters a pris position pour l’interruption des exportations d’armes vers l’Arabie saoudite en raison «des tensions grandissantes entre l'État saoudien et la République islamique d'Iran». Mais en Belgique, le commerce des armes n’est plus une compétence fédérale mais régionale. Au niveau wallon, le ministre-président, Paul Magnette, assure approuver les ventes d’armes vers l’Arabie saoudite au terme de «procédures extrêmement rigoureuses» mais n’hésite pas à rappeler l’argument économique – l’expertise wallonne et les milliers d’emplois – pour justifier ces exportations. Du côté flamand, le ministre-président Geert Bourgeois s’est dit opposé à un embargo général. La Région flamande doit, elle aussi, ménager un partenaire économique important, notamment dans le secteur de la pétrochimie et du dragage.

Vers un embargo européen ?

Au regard du triste bilan de Riyad en termes de droits humains et de son implication critiquée dans le conflit yéménite, la mise en place d’un embargo européen sur les livraisons d’armes paraitrait nécessaire et cohérente. Pourtant, une telle décision semble à ce jour peu probable tant la monarchie saoudienne reste un allié stratégique et un partenaire économique incontournable pour de nombreux États de l’Union européenne.
Pour justifier de ces relations commerciales embarrassantes, les arguments ne manquent pas : nombreux sont ceux qui louent le rôle stabilisateur de Riyad dans la région ; d’autres préviennent des conséquences d’un effondrement du régime saoudien pour l’ensemble du monde arabe ; ou encore affirment que les armes européennes seraient de toute façon vite remplacées par des armes chinoises. Pourtant, au regard du précédent libyen et des tensions régionales croissantes, il semble urgent de réévaluer avec la plus grande prudence les décisions d’exportations vers l’Arabie saoudite. Quelles sont les garanties du gouvernement wallon que les véhicules blindés légers équipés de canons fabriqués en Wallonie ne seront pas, à terme, utilisés par le régime saoudien dans le conflit au Yémen ou même contre sa propre population ? Dans un pays où «les soldats devraient avoir cinq bras pour pouvoir utiliser toutes les armes belges qu’ils ont achetées», les risques d’accumulation déstabilisatrice ou d’utilisation non souhaitée ne doivent pas être minimisés.
Source : grip.org

TUNISIE : Des manifestations de masse contre le chômage éclatent dans toute la Tunisie. La jeunesse réclame son droit à travailler.


25 janvier 2016
Cinq ans après que l’auto-immolation de Mohamed Bouazizi, vendeur de légumes malgré ses diplômes, a déclenché des manifestations de masse contre le chômage, devenues ensuite des luttes révolutionnaires ayant conduit à la chute du président tunisien Zine El Abidine Ben Ali, des manifestations de masse de travailleurs et d’étudiants ont de nouveau éclaté contre le chômage dans toute la Tunisie.
Après la mort, dans une manifestation samedi dernier, de Ridha Yahyaoui, jeune homme cherchant un emploi d’enseignant dans la ville de Kasserine dans le sud tunisien, les protestations se sont propagées du sud et de l’ouest de la Tunisie à la capitale Tunis et jeudi à l’ensemble du Pays. Un policier est mort lorsque son véhicule s’est renversé, et un nombre non spécifié de manifestants ont été blessés jeudi lors d’affrontements à Kasserine, où les forces de sécurité avaient tué des dizaines de manifestants durant le soulèvement de 2011.
« Je suis sans emploi depuis 13 ans, et je suis technicien qualifié. Nous ne voulons pas la charité, seulement notre droit au travail », a dit Mohamed Mdini, un électricien, à l’agence Reuters lors d’une manifestation à Kasserine.
Après un rassemblement de diplômés d’université au chômage jeudi à Tunis, qui réclamaient des emplois et la chute du régime, l’Etat a déclaré un couvre-feu de 20 heures à 5 heures hier dans toute la Tunisie. Le ministère de l’Intérieur a averti que les protestations causaient des « dommages aux biens publics et privés. » Il a menacé de poursuivre toute personne défiant le couvre-feu, bien que des manifestants aient déjà défié, à Kasserine, un couvre-feu local déclaré dans leur région plus tôt dans la semaine.
L’éruption en Tunisie de protestations de masse montre qu’aucun des griefs ayant poussé la classe ouvrière dans la lutte révolutionnaire il y a cinq ans contre la dictature de Ben Ali d’abord, puis contre celle de Moubarak en Égypte, n’a été résolu. Les États-Unis et les principaux pouvoirs européens ont dépensé des milliards de dollars dans des guerres qui ont dévasté la région, de la Libye au Mali. Dans le même temps, les puissances de l’OTAN et la classe capitaliste tunisienne n’ont répondu ni aux besoins sociaux fondamentaux des travailleurs ni respecté les droits démocratiques fondamentaux.
Après un intermède où le parti islamiste Ennahda a été au pouvoir, le parti de Ben Ali, le RCD (Rassemblement constitutionnel démocratique), rebaptisé Nidaa Tounes, est revenu au pouvoir en 2014, avec le soutien d’une bureaucratie syndicale tunisienne corrompue et de groupes de « gauche » de la classe moyenne.
Les protestations ont débuté il y a une semaine, lorsque Ridha Yahyaoui est mort électrocuté après avoir grimpé sur un poteau pour s’adresser à un rassemblement de chômeurs à qui le ministère de l’Éducation avait refusé des emplois. Il était l’un des sept chômeurs diplômés privés d’emploi après avoir organisé une occupation l’an dernier et une rencontre avec les autorités locales au début de l’année pour présenter des revendications.
Salem Ayari, le secrétaire général de l'Union des diplômés chômeurs, a dit au Huffington Post–Maghreb que Yahyaoui « avait récemment découvert que son nom avait été retiré de la liste des fichiers à être remis au Premier ministre afin de régulariser leur situation... La liste a été modifiée et manipulée sans consultation avec le maire ou le député qui s’occupaient de la question. »
La mort tragique de Yahyaoui, comme celle de Bouazizi, a déclenché des manifestations à travers les régions industrielles et minières déprimées du Sud tunisien, où sont situées Kasserine et Sidi Bouzid.
Des ouvriers de la construction et des journaliers de Béja ont rejoint les manifestations, exigeant des papiers et des conditions de travail normales. Les manifestants ont défilé, bloqué les routes et tenté d’occuper les bâtiments municipaux dans des villes de tout le sud et du centre de la Tunisie, dont Meknassi et Sousse. Lorsque le gouvernement a tenté de mettre fin à ce mouvement mercredi, en offrant des concessions à Kasserine et en promettant de créer quelques milliers d’emplois, les travailleurs d’autres villes de Tunisie ont rejoint le mouvement. Sidi Bouzid, Béja, Kébili, Meknassi, Mazouna, Gabès, Sfax, Sousse ont toutes été la scène de protestations.
Plusieurs bâtiments publics, à Jendouba et Tozeur entre autre, furent occupés par des étudiants et des chômeurs exigeant des emplois. Les protestations ont également touché des quartiers populaires de Tunis où les manifestants auraient bloqué les routes et mis le feu à un poste de police.
Le gouvernement s’alarmant de la propagation des protestations à la fin de la semaine, le Président Béji Caïd Essebsi, ancien responsable du régime Ben Ali, a parlé au peuple tunisien dans un discours télévisé le 22 janvier au soir. Prétendant un court instant éprouver de la sympathie pour les masses il a admis que « les chômeurs ne pouvaient pas attendre éternellement », puis il a attaqué des personnes, non identifiées, actives dans les manifestations qui « avaient contribué à attiser les flammes et ordonné des actes de sabotage et de pillage. »
Essebsi a cyniquement dit qu’il allait créer des emplois sans dépenser d’argent supplémentaire, disant qu’il était sûr que l’Etat pouvait « trouver les fonds nécessaires, au besoin en les enlevant d’autres projets. » Il a promis cependant que quelle que soit l’action de son gouvernement, ce dernier respecterait « tous ses engagements, financiers et autres, auprès de ses partenaires étrangers », c’est à dire les grandes banques et les gouvernements des pays impérialistes d’Europe et d’Amérique.
Nonobstant les promesses toutes rhétoriques d’Essebsi, les cinq dernières années ont montré de façon concluante que les revendications des masses laborieuses pour les droits fondamentaux, sociaux et démocratiques étaient incompatibles avec la domination capitaliste de l’Afrique du Nord et en particulier avec l’escalade des interventions militaires des puissances impérialistes. La Tunisie a été privée d’investissement et d’emploi, frappée par l’effusion de sang débordant de la Libye voisine après que l’OTAN et ses alliés islamistes y eurent renversé, dans une guerre sanglante, le régime du colonel Mouammar Kadhafi.
En Tunisie, le chômage est à plus de 15 pour cent (et de plus d’un tiers pour les jeunes), l’économie parallèle équivaut à 54 pour cent du produit intérieur brut et le pouvoir d’achat a chuté de 40 pour cent depuis le début de la révolution, rapporte Tuniscope.
Les cinq années écoulées depuis l’effondrement du régime Ben Ali ont surtout montré qu’aucune protestation sociale quelle que soit sa force ne peut amener une victoire de la classe ouvrière sans qu’elle ait à sa tête un parti révolutionnaire. Les soulèvements de 2011 en Tunisie et en Égypte étaient de puissantes luttes révolutionnaires mobilisant des masses de travailleurs qui ont rapidement brisé la résistance des forces de sécurité de dictatures redoutées qui semblaient invincibles.
Mais en l’absence d’un parti révolutionnaire combattant pour mener la classe ouvrière en Tunisie, en Égypte et au-delà à la prise du pouvoir d’État et la création d’une société socialiste, les deux régimes ont pu finalement se stabiliser. Après que le pouvoir soit brièvement passé dans les mains des islamistes, des personnages de l’entourage des anciens autocrates — Essebsi en Tunisie, et le général Abdel Fattah al-Sisi en Égypte — ont finalement réussi à revenir au pouvoir avec le soutien de diverses organisations de « gauche » petites-bourgeoises.
Internationalement, la bourgeoisie est bien consciente du rôle joué par ces forces et les a généreusement récompensées. L’Union générale tunisienne du travail (UGTT) et la Ligue tunisienne des droits de l’Homme (LTDH) se sont partagé le Prix Nobel de la Paix 2015 avec divers groupes d’entreprises et professionnels. Le comité Nobel a salué leur « contribution décisive à la construction d’une démocratie pluraliste en Tunisie. »
Comme les manifestations tunisiennes le montrent maintenant, l’UGTT et la LTDH n’ont pas construit une démocratie, mais une nouvelle façade pour le retour de l’ancienne dictature, construite sur l’oppression économique intense et la répression de l’opposition de masse de la classe ouvrière. Nonobstant leurs prétentions démocratiques, ils essaient maintenant d’étrangler les protestations et aident à justifier la répression policière en diffusant des histoires horrifiantes de manifestations infiltrées par des terroristes venus de Libye.
L’UGTT, un pilier du régime de Ben Ali, a publié une déclaration appelant brièvement les exigences des manifestants « légitimes », pour proposer ensuite le déploiement de ses membres autour des bâtiments de l’Etat et de les protéger contre les manifestants. L’UGTT a dit dans une déclaration qu’elle dénonçait « le pillage et le vol commis par des gangs criminels qui tentent de manipuler la protestation sociale... et fait appel à une mobilisation générale de ses membres pour protéger les installations des institutions publiques et privées. »
Hamma Hammami, le dirigeant du Parti des travailleurs, élément clé du Front populaire, un regroupement de « gauche » de la classe moyenne qui s’est allié avec Nidaa Tounes avant les élections de 2014, a montré clairement que son parti aussi voulait de nouveau bloquer une révolution en Tunisie. Parlant à Mosaïque FM, Hammami a dit que tandis que les membres du Front populaire « se joignent certes aux protestations, » ceci était « avec l’objectif de leur donner une structure, afin qu’ils conservent un caractère pacifique et ne soient rien d’autre. »
(Article paru d’abord en anglais le 23 janvier 2016)
Source : WSWS