vendredi 15 janvier 2016

Le terrorisme : Un nouvel appel au retour du colonialisme. Les fabricants du terrorisme ne cessent pas de l'insulter avec leurs langues pour cacher le fait qu'ils le soutiennent avec leurs deux mains.



A côté des célèbres appels au retour du colonialisme, les cercles politiques et médiatiques à la solde de l'axe de l'hégémonie cherchent à promouvoir des thèses mensongères sur le terrorisme en tant que vecteur de libération vis-à-vis de l'hégémonie occidentale et sioniste. Ne sommes-nous pas à l'heure de l'investissement dans le mensonge ?
Des analystes arabes à la solde des cercles hégémoniques rendent des services à ces cercles en mettant en exergue les mythes de la démocratie en Occident, de sa rationalité, de son progrès civilisationnel, ainsi que son grand attachement à assurer les moyens de luxe à ses peuples et même aux peuples des pays qui envoient leurs citoyens pour gagner l'Occident à la nage dans l'espoir de trouver de quoi vivre…
Ils ne trouvent, bien sûr, aucune difficulté à étayer leur discours en insistant sur la situation déplorable de nos sociétés sans toutefois manquer de l'expliquer, directement ou indirectement, en s'attaquant à ce qu'ils appellent les coutumes archaïques, les traditions, le passé, l'ignorance et la légende. Ils déploient toute leur intelligence pour inventer tout ce qu'il faut en matière de suggestions visant à faire comprendre aux destinataires que l'instance visée par leurs attaques n'est rien d'autre que les valeurs de la Nation et, tout particulièrement, les enseignements de l'Islam authentique.   

La défaite en tant que condition pour le progrès

Ces analystes sont ceux qui appelaient et appellent toujours au retour du colonialisme pour gouverner nos pays, et ce à partir de thèses mensongères selon lesquelles nous sommes incapables de nous gouverner nous-mêmes. Pourquoi ? A cause de nos mentalités tribales et misogynes et nos penchants despotiques aussi bien que notre fermeture et notre peu de respect pour l'autre, prétendent-ils. Selon eux, l'Occident appelé à nous coloniser à nouveau pourra nous débarrasser de nos maux et nous aider à prendre le chemin ascendant de la modernité, de la civilisation et du bonheur.
Nos intellectuels qui se sont vendus au diable ne s'étaient-ils pas engagés -lorsque les Etats-Unis avaient commencé leur guerre contre l'Irak- dans une compétition pour glorifier les grands avantages que réaliseront l'Irak et l'ensemble des pays arabes grâce à l'invasion américaine et occidentale ? N'avaient-ils pas utilisé des arguments et des preuves disant que ce qui a permis à des pays comme l'Allemagne et le Japon d'occuper des places distinguées sur tous les plans économiques et civilisationnels est, notamment, la défaite de leurs régimes dans la Seconde guerre mondiale, et le fait qu'ils se sont éclairés, après la défaite, par les flambeaux qui envoient les lumières de la grandeur américaine ?
C'est cette même mentalité qui a incité les «révolutionnaires» de la Lybie à porter le sioniste Bernard-Henry Lévi sur leurs épaules et à hisser à Tripoli et à Bengazi les photos de Sarkozy et les drapeaux de la France. 
C'est également elle qui a permis aux drapeaux du mandat français de flotter à nouveau dans les régions syriennes tombées sous le contrôle des forces de l'Otan dissimulées sous les noms de «Daech», d'«al-Nosra» et des autres groupes et bandes terroristes.
Toutefois, la propagande du retour du colonialisme ne suffit pas en tant que telle pour atteindre l'objectif représenté par le fait de saper toute possibilité de réveil de la Nation. On a donc introduit d'autres formes de manipulation : Le phénomène terroriste.

Le compte à rendre

Il est vrai que les fabricants du terrorisme ne cessent pas de l'insulter avec leurs langues pour cacher le fait qu'ils le soutiennent avec leurs deux mains. Mais au même moment où des flots d'encre coulent pour définir le terrorisme en tant que phénomène impossible à analyser et à comprendre et, par conséquence, à éradiquer, nous nous trouvons face à des points de vue qui, en apparence, sont anti-terroristes et opposés à l'hégémonie, mais qui, en vérité, sont destinés à rendre service au terrorisme et à l'hégémonie.
Le paradoxe est que ce point de vue repose sur l'une des évidences du conflit ancien mais qui se renouvelle entre la région et les forces de l'hégémonie occidentale et sioniste. Il se peut que beaucoup de monde soient pris d'enchantement pour l'Occident et sa civilisation, Il se peut que beaucoup de voix prône le salut par l'intermédiaire de l'Occident et de l'entité sioniste, et il se peut qu'il existe des gens prêts à combattre dans les rangs avancés des armées occidentales et israéliennes, mais les peuples de la région n'oublieront jamais qu'ils ont un compte à régler  avec   sioniste.
C'est cette même évidence, à savoir l'hostilité des peuples opprimés envers l'Occident impérialiste, l'entité sioniste et leurs instruments régionaux, que les analystes en question cherchent à voler et à mettre au service du phénomène terroriste.
Sur ce, veulent-ils dire par exemple lorsque leurs analyses les conduisent à des conclusions signifiant que l'objectif de Daech et d'an-Nussra est la destruction de l'Occident pour le punir ainsi en raison de ses guerres contre l'Islam ?
Ne s'agit-il pas là d'un discours opérant et efficace qu'ils adressent à la jeunesse dans le monde arabe et islamique les appelant à rejoindre les rangs des organisations terroristes qui agissent prétendument pour le salut de la Nation car leurs objectifs sont la destruction de l'Occident ?
Bien sûr, les attentats terroristes perpétrés dans l'un ou l'autre des pays occidentaux fournissent un grand service aux mensonges disant que le terrorisme s'oppose à l'hégémonie occidentale. En même temps, ces mensonges ignorent des faits importants : Les organisations terroristes tirent leur force et tous les éléments nécessaires à leur existence de l'Occident et de ses prolongements régionaux. Il va de soi donc qu'elles disparaissent du moment où l'Occident les traite comme des ennemis et procède au tarissement de leurs sources de financement et d'armement. Cela veut dire que, pour les organisations terroristes, le seul fait de survivre prouve non seulement le peu de sérieux de l'Occident dans sa guerre contre elles, mais surtout qu'il est extrêmement sérieux dans le soutien sans faille qu'il leur fournit.
Reste à dire que cette idée de la libération par l'intermédiaire du terrorisme est prospère dans des cercles politiques et médiatiques parmi ceux qui reçoivent des directives des cercles colonialistes et sionistes et qui sont rétribués grâce à la fameuse générosité des monarchies pétrolières.

Source : French.alahednews

lundi 11 janvier 2016

ARABIE SAOUDITE : Vers l’effondrement ! La chute est désormais inévitable en Arabie parce qu’il n’y a plus aucun espoir pour ceux qui y vivent.



Alors que les Saoud jouissent des derniers moments de leur dictature, la décapitation du chef de son opposition, Nimr al-Nimr, prive la moitié de la population saoudienne de tout espoir. Pour Thierry Meyssan, la chute du royaume est devenue inévitable. Elle devrait s’accompagner d’une longue période d’extrême violence.

En un an, le nouveau roi d’Arabie, Salmane, 25e fils du fondateur de la dynastie, est parvenu à consolider son autorité personnelle au détriment des autres branches de sa famille, dont le clan du prince Bandar ben Sultan et celui de l’ancien roi Abdallah. Cependant, on ignore ce que Washington a promis aux perdants afin qu’ils n’entreprennent rien pour récupérer leur pouvoir perdu. Quoi qu’il en soit, des lettres anonymes, parues dans la presse britannique, permettent de penser qu’ils n’ont pas abandonné leurs ambitions.
Contraint par ses frères de nommer comme héritier le prince Mohamad ben Nayef, le roi Salmane l’a rapidement isolé et a limité ses compétences au profit de son propre fils, le prince Mohammed ben Salmane, dont l’impulsivité et la brutalité ne sont pas tempérées par le Conseil de famille qui ne se réunit plus. De facto, c’est désormais lui et son père qui gouvernent seuls, en autocrates, sans aucun contre-pouvoir dans un pays qui n’a jamais élu de Parlement et où les partis politiques sont interdits.
Ainsi a-t-on vu le prince Mohammed ben Salmane prendre la présidence du Conseil pour les Affaires économiques et le Développement, imposer une nouvelle direction au Ben Laden Group et s’emparer de l’Aramco. Chaque fois, il s’agit pour lui d’écarter ses cousins et de placer des hommes liges à la tête des grandes sociétés du royaume.
En matière de politique intérieure, le régime ne repose que sur la moitié de la population sunnite ou wahhabite, et discrimine l’autre moitié de la population. Le prince Mohammed ben Salmane a conseillé à son père de faire décapiter le cheikh Nimr Baqir al-Nimr parce qu’il avait osé le défier. En d’autres termes, l’État a condamné à mort et exécuté le principal chef de son opposition dont le seul crime est d’avoir formulé et répété le slogan : « Le despotisme est illégitime ». Le fait que ce leader ait été un cheikh chiite ne fait que renforcer le sentiment d’apartheid des non-sunnites, qui sont interdits d’éducation religieuse, et qui sont tous interdits d’entrée dans la fonction publique. Quant aux non-musulmans, soit un tiers de la population, ils ne sont pas autorisés à pratiquer leur religion et ne peuvent pas espérer recevoir la nationalité saoudienne.
Au plan international, le prince Mohammed et son père le roi Salmane mènent une politique fondée sur les tribus bédouines du royaume. Ce n’est qu’ainsi qu’il est possible de comprendre à la fois la poursuite du financement des Talibans afghans et du Courant du Futur libanais, la répression saoudienne contre la Révolution au Bahreïn, le soutien aux jihadistes en Syrie et en Irak, l’invasion du Yémen. Toujours, les Saoud soutiennent des sunnites —qu’ils considèrent comme les plus proches de leur wahhabisme d’État—, non pas contre les seuls chiites duodécimans, mais d’abord contre les sunnites éclairés, puis contre toutes les autres religions (ismaéliens, zaydites, alévis, alaouites, druzes, sikhs, catholiques, orthodoxes, sabatééns, yazidis, zoroastriens, hindous, etc.). Surtout, dans tous les cas, ils soutiennent exclusivement des leaders issus des grandes tribus sunnites saoudiennes.
Au passage, on notera que l’exécution du cheikh al-Nimr suit l’annonce de la création d’une vaste Coalition anti-terroriste de 34 États autour de Riyad. Sachant que le supplicié, qui a toujours récusé l’usage de la violence, a été condamné à mort pour « terrorisme » (sic), on doit comprendre que cette Coalition est en réalité une alliance sunnite contre les autres religions.
Le prince Mohammed a pris sur lui de lancer la guerre au Yémen, prétendument pour secourir le président Abd Rabbo Mansour Hadi, renversé par une alliance entre les Houthis et l’armée de l’ancien président Ali Abdallah Saleh, en réalité pour s’emparer des champs de pétrole et les exploiter avec Israël. Comme on pouvait le prévoir, la guerre tourne mal et les insurgés lancent des incursions en Arabie saoudite où l’armée se débande, abandonnant son matériel.
L’Arabie saoudite est donc le seul État au monde propriété d’un seul homme, gouverné par cet autocrate et son fils, refusant tout débat idéologique, ne tolérant aucune forme d’opposition, et n’acceptant que la vassalité tribale. Ce qui a été longtemps considéré comme des résidus du passé appelés à s’adapter au monde moderne s’est donc sclérosé jusqu’à devenir l’identité même d’un royaume anachronique.
La chute de la Maison des Saoud pourrait être provoquée par la baisse des cours du pétrole. Incapable de réformer son train de vie, le royaume emprunte à tout va, de sorte que, selon les analystes financiers, il devrait tomber en faillite d’ici deux ans. La vente partielle de l’Aramco pourrait accorder une prolongation à cette agonie, mais elle se fera au prix d’une perte d’autonomie.
La décapitation du cheikh al-Nimr aura été le caprice de trop. La chute est désormais inévitable en Arabie parce qu’il n’y a plus aucun espoir pour ceux qui y vivent. Le pays se trouvera alors précipité dans un mélange de révoltes tribales et de révolutions sociales qui sera bien plus meurtrier que les conflits proche-orientaux précédents.
Loin de s’opposer à cette fin tragique, les protecteurs états-uniens du royaume l’attendent avec impatience. Ils ne cessent de célébrer la « sagesse » du prince Mohammed comme pour l’encourager à plus d’erreurs. Déjà en septembre 2001, le Comité des chefs d’état-major travaillait sur une carte de remodelage du « Moyen-Orient élargi » qui prévoyait la partition du pays en cinq États. Tandis qu’en juillet 2002, Washington envisageait la manière de se débarrasser des Saoud, lors d’une célèbre séance du Defense Policy Board. Désormais, ce n’est plus qu’une question de temps.


Le cheikh al-Nimr décrivait ainsi la vie des chiites en Arabie saoudite : « Du moment où vous êtes né, vous êtes entouré par la peur, l’intimidation, la persécution et les abus. Nous sommes nés dans une atmosphère d’intimidation. Nous craignions même les murs. Qui d’entre nous n’est pas familier avec l’intimidation et de l’injustice à laquelle nous avons été soumis dans ce pays ? Je suis âgé de 55 ans, plus d’un demi-siècle. Depuis le jour où je suis né jusqu’à aujourd’hui, je ne me suis jamais senti en sécurité dans ce pays. Vous êtes toujours accusé de quelque chose. Vous êtes toujours sous la menace. Le directeur de la Sûreté de l’État l’a admis devant moi. Il m’a dit quand je fus arrêté : “Vous tous, chiites, vous devriez être tués”. Voilà leur logique. »

Thierry Meyssan
Source : Réseau Voltaire
 

samedi 9 janvier 2016

France : 7 Janvier 2015 – 7 Janvier 2016 - Un an après l'attentat de Charlie Hebdo, La police abat un jeune SDF dans un quartier populaire de Paris. La mort de ce jeune résulte directement de ce climat politique toxique et réactionnaire.



Le 7 janvier, le jour du premier anniversaire de l’attaque terroriste contre Charlie Hebdo, la police a abattu un jeune homme devant un commissariat du nord de Paris. Si les responsables du gouvernement diffèrent dans leur présentation des motivations de la victime et de comment la police l’a tué, les témoins eux ont carrément contredit la description de la fusillade par la police et ont déclaré que celle-ci avait tiré sans sommation sur un homme désarmé.
Le jeune homme a été abatu à midi devant le commissariat de police d’un quartier pauvre avec une large population immigrée, la « Goutte d’Or » dans le 18e arrondissement de Paris.
La victime fut identifiée au départ comme un jeune Marocain de 20 ans s'appelant Sallah Ali, né à Casablanca et vivant en France en tant que SDF. Il avait eu un seul démêlé avec la police en 2013 où il fut arrêté pour vol à Sainte-Maxime dans le Var. Il a été identifié par ses empreintes digitales, prises à l’époque, car il ne portait pas de papiers d’identité. Selon de nouvelles informations cependant, des membres de sa famille l'aurait reconnu sur une photo et il s'agirait d'un jeune Tunisien, Tarek Belgacem.
Le ministre de l’Intérieur Bernard Cazeneuve et le préfet de police de Paris étaient sur les lieux une demi-heure après, montrant par là que le gouvernement PS de François Hollande et Manuel Valls intervenait au plus haut niveau.
Le métro parisien dans les environs fut arrêté et on ordonna un déploiement massif des forces de sécurité; l’ensemble du quartier de la Goutte d’Or fut verrouillé. Des tirailleurs, déployés dans tout Paris dans le cadre de l’état d’urgence du gouvernement PS, furent placés en état d’alerte.
Quarante-cinq minutes seulement après la fusillade, le porte-parole du ministère de l’Intérieur, Pierre-Henry Brandet, annonçait sur BFMTV que le jeune homme « était armé d’un couteau et d'un dispositif pouvant être un gilet explosif » et qu'il « aurait crié 'Allah Akbar' ['Dieu est grand ' en arabe] en tentant d’agresser un policier » à l’entrée du commissariat.
Vingt-cinq minutes plus tard, ce récit de la fusillade commençait à se déliter. Une unité de démineurs était arrivée sur les lieux et avait analysé la ceinture portée par l'homme. Elle a dit qu’elle ne contenait aucun explosif. Il n’y avait aucune trace de couteau, mais on a trouvé près de lhomme un hachoir.
Les témoins de la fusillade contredisent la description de Brandet. BFMTV les a interrogés et a rapporté que « Plusieurs témoins ont assuré à BFMTV que l'assaillant du commissariat du 18e n'avait pas crié 'Allah Akbar'. Plusieurs témoins ont assuré à BFMTV que l'assaillant du commissariat du 18e n'avait même pas prononcé ces mots. 'Quand il est arrivé, il était très normal' disait l’un d’entre eux. »
BFMTV poursuit ainsi, « des témoins affirment que l'homme n'a pas été armé. 'Il n'a pas été armé du tout,' a déclaré une femme qui avait vu l'agresseur. Les policiers lui ont dit 'recule, recule, recule' puis 'il a reculé en levant les mains', raconte-t-elle. Mais l'homme est revenu vers les policiers qui lui ont tiré trois fois dessus. ».
Vers 15 heures, le parquet de Paris avait ouvert une enquête pour 'tentative d'assassinat sur personne dépositaire de l'autorité publique' et a chargé la brigade criminelle de la police judiciaire parisienne de l'enquête. Puis, à 15 h 45, le parquet de Paris a donné de nouvelles informations. « Un téléphone portable et un papier sur lequel figurent le drapeau de Daesh [État islamique en Irak et la Syrie] et une revendication manuscrite non équivoque en langue arabe » avait été découverts sur le corps de l'homme.
Le parquet de Paris avait répété l'affirmation selon laquelle Ali/Belgacem a crié «Allah Akbar» en se dirigeant vers les policiers. BFMTV ajoute pour finir que de source judiciaire « L’enquête en flagrance se poursuit désormais pour tentative d’assassinat sur personnes dépositaires de l’autorité publique en relation avec une entreprise terroriste ».
Il avait été confirmé plus tard que le drapeau de l'EI sur le papier avait été dessiné en amateur avec un feutre. Quant à la demande manuscrite, les autorités avaient dit que c'était un serment d'allégeance à Abou Bakr al-Baghdadi, le chef auto-proclamé de l'Etat Islamique et se réfère à « des actes pour venger les morts en Syrie. »
Les tentatives du ministère de l’Intérieur pour présenter Ali/Belgacem comme un terroriste ne sont tout simplement pas crédibles. Un policier parlant au quotidien de droite Le Figaro a exprimé de l’incrédulité face aux allégations du PS que l'homme était en train de réaliser une attaque terroriste. Il a dit, « foncer à pied sur des policiers en armes, portant des gilets pare-balles, avec une fausse ceinture d’explosifs, paraît complètement farfelu. C’est même suicidaire. »
Le compte-rendu du Parquet a également été contredit par la ministre de la Justice Christiane Taubira, qui a dit, « Ce qui apparaît très clairement de ce qui est connu de cette personne, [c'est qu'elle] n'a aucun lien avec la radicalisation violente, aucun. ».
« Une ceinture d'explosif factice, ces cris, cette allégeance dans la poche, ce sont des signes qui peuvent le raccorder à un réseau, mais en même temps cela peut être des signes de déséquilibre. L'enquête fera la clarté de tout cela », a-t-elle ajouté.
La mort d'Ali/Belgacem aux mains de la police souligne l'immense décalage vers la droite de l'establishment politique français durant l'année écoulée depuis que les frères Kouachi ont mené l' attaque terroriste qui tua douze personnes à Charlie Hebdo. Après l'attaque, le PS a organisé une manifestation nationale de masse, proclamant une période d'unité nationale sur la base d'un renforcement policier soi-disant pour protéger la liberté d'expression et la liberté de la presse.
Ce qui s’est déroulé l’an dernier n’était pas un épanouissement de la démocratie en France, mais, au contraire, un mouvement d’accélération vers un régime d’État-policier dirigé par le PS. Un climat de « loi et d’ordre » et des sentiments anti-musulmans ont aidé le Front national néo-fasciste (FN) à consolider sa place dans l’establishment politique, et depuis les attaques terroristes du 13 novembre, le PS a placé la France en état d’urgence. Cela donne aux PS de larges pouvoirs de police, y compris de censure de la presse.
Le PS propose une mesure visant à priver les citoyens français de leur nationalité s'ils commettent des délits liés au terrorisme. Cette mesure a été longtemps associée au FN et avant cela à la privation de la citoyenneté des Juifs durant l'Holocauste dans la Seconde Guerre mondiale.
La division au sein du PS à propos des actes de la police et de la mort d'Ali/Belgacem reflète le débat qui a troublé le gouvernement depuis, Taubira critiquant le soutien du PS à la privation de nationalité tandis que le gros du gouvernement l’appuyait.
La mort du jeune SDF résulte directement de ce climat politique toxique et réactionnaire. En même temps que le PS fait la promotion de l’hystérie de loi et d’ordre pour aider à forcer le passage d’un amendement constitutionnel pour inscrire l'état d’urgence permanent dans la constitution française, 100 000 soldats et policiers patrouillent les rues en alerte maximum. Avec des hommes nerveux et lourdement armés déployés dans tous le pays, il est probable que ce n’est qu’une question de temps avant que quelqu'un ne soit abattu par les forces de sécurité dans les rues de France.
(Article paru d’abord en anglais le 8 janvier 2016)
Source : WSWS