dimanche 20 décembre 2015

L'Arabie saoudite et la «guerre contre le terrorisme».L'alliance avec un Etat qui finance, fournit armes et inspiration religieuse et idéologique aux groupe liés à Al-Qaïda fait mentir la supposée «guerre contre le terrorisme».



Parlant aux médias lors d'une visite à la base aérienne géante d'Incirlik en Turquie mardi, le secrétaire américain à la Défense Ashton Carter a loué la monarchie saoudienne pour avoir proclamé une nouvelle «Alliance islamique» contre le terrorisme.
«Nous sommes heureux de l'alliance formée par l'Arabie saoudite et nous réjouissons des mesures prises par eux contre le terrorisme », a déclaré Carter.
A peine l'annonce saoudienne faite cependant, un certain nombre de pays ont soulevé des questions au sujet de leur inclusion à leur insu dans cette soi-disant alliance. Trois pays à majorité musulmane, l'Irak, la Syrie et l'Iran, ont été exclus, conduisant à l’accusation que la monarchie saoudienne ne faisait qu’assembler une alliance sunnite afin de mener sa croisade sectaire contre la population chiite de la région.
Une question plus fondamentale est de savoir ce que le régime saoudien entend par «terrorisme». De toute évidence il ne se réfère pas aux différents groupes liés à Al-Qaïda qui combattent en Syrie et reçoivent des fonds substantiels, des combattants en grand nombre et leur inspiration religieuse et idéologique du royaume wahhabite saoudien.
Ce fait a été confirmé par l'ex-secrétaire d'Etat américaine Hillary Clinton dans un câble classé de 2009 déclarant que «les bailleurs de fonds en Arabie Saoudite constituent la plus importante source de financement des groupes terroristes sunnites dans le monde entier ».
Ceci a aussi été reconnu par le vice-président Joe Biden dans un discours prononcé à Harvard l'an dernier. Il y admettait que le régime saoudien, avec d'autres despotes clients des États-Unis au Moyen-Orient, avait «versé des centaines de millions de dollars et des dizaines, même des milliers de tonnes d'armes à tous ceux qui voulaient se battre contre Assad. Sauf que les gens qu'il fournissaient étaient al-Nusra et Al-Qaïda et les éléments extrémistes de jihadistes venus d'autres parties du monde ».
Bien sûr, ce que Clinton et Biden cherchaient à dissimuler était que cette opération avait été entièrement coordonnée par la CIA depuis une station au sud de la Turquie. Washington avait armé et financé des groupes similaires dans la guerre de changement de régime des Etats-Unis et de l’OTAN en Libye et avait bien avant cela collaboré étroitement avec les Saoudiens pour fomenter la guerre islamiste contre le régime pro-soviétique d’Afghanistan, ce qui a donné lieu à l’essor d’Al-Qaïda.
Qu'est-ce que la monarchie saoudienne considère donc comme du terrorisme? On peut trouver la réponse dans ses cachots où trois hommes jeunes, tous arrêtés alors qu'ils étaient mineurs, attendent leur mort par décapitation pour le «crime» d'avoir participé à des manifestations pacifiques contre la répression implacable du régime de Riyad, soutenu par les Américains.
Ils font partie des 52 autres « terroristes » semblables dont l'exécution en masse est prévue à tout moment. Deux d'entre eux, Ali Mohammed al-Nimr, qui avait 17 ans quand il fut arrêté et Abdullah al-Zaher, qui en avait 15, devront en plus d'être condamnés à mort par décapitation avec un sabre, être crucifiés, leur corps décapités montés sur des croix dans un espace public pour servir d’exemple à tous ceux qui voudraient défier la Maison des Saoud.
Ce que la monarchie saoudienne considère encore être du «terrorisme» a été inscrit l'an dernier dans une nouvelle loi. Elle établit que le terrorisme comprend « tout acte » destiné, entre autres, à «insulter la réputation de l'Etat », « nuire à l'ordre public» ou «ébranler la sécurité de la société ».
D’autres actes définis comme «terroristes» comprennent: « toute promotion de la pensée athée, ou remise en cause des fondements de la religion islamique sur lesquelles se fonde ce pays », ainsi que « le contact ou la correspondance avec tous groupes, courants [de pensée] ou personnes hostiles au royaume ».
Les parents d'Abdullah al-Zaher qui a maintenant 19 ans ont lancé un appel pour sauver sa vie. Ils décrivent comment il a été torturé et battu avec des tiges de fer après son arrestation jusqu'à ce qu'il signe une fausse confession qu'il n'a même pas été autorisé à lire.
Le régime saoudien a déjà exécuté au moins 151 personnes cette année, le taux de peine capitale par habitant le plus élevé du monde.
Le gouvernement Obama et les grands médias sont restés sourds aux appels à sauver la vie d'Ali Mohammed al-Nimr, Abdullah al-Zaher et celle de dizaines d'autres dont la décapitation est imminente.
Washington continue de considérer l'Arabie saoudite comme son plus proche allié dans le monde arabe et lui vend plus d'armes qu’à tout autre pays au monde. Rien que l’an dernier, le royaume pétrolier a acheté pour $1,2 milliards d’armements américains. Un nouveau marché de $1 milliard a été annoncé récemment, alors que le Pentagone continue à réapprovisionner l'armée saoudienne dans sa guerre féroce au Yémen, qui a déjà tué plus de 7.000 personnes et poussé au bord de la famine des dizaines de millions d’autres.
Les médias aux Etats-Unis ont largement ignoré le sort des jeunes condamnés à la décapitation et à la crucifixion. Mais ils ont fait l’éloge des récentes élections municipales au motif que les femmes y avaient pour la première fois le droit de voter et de se présenter comme candidates, bien qu’elles restent privées de presque tous les autres droits.
La plupart des articles a consciencieusement ignoré le fait que moins de 10 pour cent de la population – et à peine 1 pour cent des femmes saoudiennes – ont pris la peine de voter pour les conseils municipaux qui sont des groupes consultatifs sans aucun pouvoir dans un pays où la famille royale nomme tous ceux qui exercent un pouvoir réel.
Pendant que les médias célébraient la poignée de riches femmes saoudiennes en lice pour des postes sans signification, ils ne prêtaient aucune attention à une femme sri lankaise (faisant partie des milliers de travailleurs domestiques étrangers traités comme des esclaves) qui attend sa mort par lapidation après avoir été accusée d'adultère. Deux bonnes indonésiennes ont été exécutées par décapitation plus tôt cette année.
Que l'impérialisme américain compte le régime saoudien comme son plus proche allié dans le monde arabe réfute tous les prétextes utilisés pour justifier ses guerres continues dans la région. L'alliance avec un Etat ​​qui finance, fournit armes et inspiration religieuse et idéologique aux groupe liés à Al-Qaïda fait mentir la supposée «guerre contre le terrorisme». Le soutien à une monarchie absolue qui décapite et crucifie les jeunes révèle la fraude de la promotion par Washington de la « démocratie » et des « droits de l'homme ».
Les objectifs réels de Washington sont purement prédateurs, ils visent l’usage de la puissance militaire pour compenser le déclin économique du capitalisme américain à travers l’imposition d’une hégémonie sur les marchés et les ressources de la planète.
Que Washington compte sur ce régime ultra-réactionnaire et banqueroutier pour être un pilier essentiel de cette politique ne fait que démontrer que l'impérialisme américain se dirige vers une catastrophe. Il est destiné, alors que les immenses contradictions qui se développent au sein de la société américaine créent les conditions d'une explosion révolutionnaire, à récolter tout ce qu'il a semé avec les crimes massifs commis contre les peuples de la région.
Par Bill Van Auken
(Article original paru en anglais le 18 décembre 2015)
Source : WSWS

vendredi 18 décembre 2015

Arabie Saoudite : La blague de Riyad - l'Arabie Saoudite a formé une coalition… antiterroriste de 34 pays musulmans.



Etre un acteur de guerre de premier plan et vouloir rassembler les pays «qui aiment la paix», c’est l’exploit réalisé par l’Arabie Saoudite. Mieux, le régime saoudien prétend que son initiative vise à combattre Daech. On ne se trompe pas, il s’agit de la même Arabie Saoudite qui s'apprête à décapiter un poète pour apostasie, en fait pour avoir critiqué le régime moyenâgeux de Riyad ; ce régime qui torture, qui flagelle, qui traite la femme comme un objet, et qui, en matière de terrorisme, en a produit l’idéologie, le wahhabisme, propagé partout où il sévit. Et l’information qui suit ressemble à une blague : l'Arabie Saoudite a formé une coalition… antiterroriste de 34 pays musulmans, où l’on trouve le Qatar et la Turquie, de la même engeance, qui encouragent les groupes terroristes en Syrie et ont contribué à ce qu’ils s’installent en Libye, particulièrement Daech que cette coalition prétend combattre. Heureusement, notre pays ne participe pas à cette tragi-comédie, ni l'Iran, et encore moins l'Irak et, naturellement, la Syrie qui sont aux avant-postes de la lutte antiterroriste. Mais on y trouve les Comores et les Maldives. Le centre de commandement est basé dans la capitale saoudienne, tout comme l’autre coalition, arabe celle-là, que dirige aussi l’Arabie Saoudite et qui est engagée dans une des guerres les plus sales, et de surcroît sans issue, contre le Yémen, musulman, voisin. Il faut rappeler que le régime saoudien est partie prenante dans la coalition pro-occidentale, dirigée par les Etats-Unis, qui fait semblant de combattre Daech en Syrie et en Irak. Cette fébrilité saoudienne n’est certainement pas étrangère aux pressions exercées par les dirigeants américains pour amener Riyad à redorer son blason pour offrir un aspect plus présentable en tant qu’allié des pays occidentaux. On a vu comment l’opinion publique française a réagi après les attentats de Paris du vendredi 13 novembre en exigeant de son gouvernement qu’il révise sa position à l’égard du régime saoudien.
Houari Achouri
Source : Palestine Solidarité

mercredi 16 décembre 2015

SAHARA OCCIDENTAL : Une grande victoire et une décision historique pour le peuple sahraoui !



En mars 2012, l’Union européenne a signé avec le Maroc un accord de libéralisation des produits de l’agriculture et de la pêche. À l’époque, les associations de solidarité avec le peuple sahraoui (dont le MRAP), des juristes internationaux et de nombreux parlementaires européens avaient demandé au Conseil de ne pas signer cet accord illégal au regard du droit international car il concernait aussi le territoire du Sahara occidental. Bien que la souveraineté du Maroc sur le Sahara occidental ne soit reconnue, ni par les Nations unies, ni par les États membres, l’Union européenne a signé l’accord.
En novembre 2012, le Front Polisario a introduit un recours contre cet accord devant la Cour européenne de justice. La Cour a jugé recevable le recours du Front Polisario qui est ainsi reconnu comme représentant légitime du peuple sahraoui. Après trois ans de bataille judiciaire et de mobilisation internationale, la Cour européenne de justice a rendu son verdict le 10 décembre : l’accord entre l’Union européenne et le Maroc est annulé parce qu’il s’applique au Sahara occidental.
C’est une grande victoire et une décision historique pour le peuple sahraoui ! Le MRAP se félicite de cet arrêt qui confirme que le Maroc n’a aucune souveraineté sur le Sahara occidental. Les autorités européennes et les gouvernements devront en tenir compte en excluant le Sahara occidental de tous leurs accords de coopération avec le Maroc, en arrêtant tous les projets mis en œuvre au Sahara occidental, en interdisant le pillage des ressources naturelles du Sahara occidental. Tous les accords concernant le Sahara occidental devraient être négociés directement avec le Front Polisario qui se voit reconnaître le droit de poursuivre en justice les États et les entreprises qui signeront avec le Maroc des accords englobant le Sahara occidental.
Au lieu d’essayer de bafouer ou de contourner le droit international, l’Union européenne et ses États membres auraient mieux à faire en mettant tout leur poids pour l’application des résolutions de l’ONU.
L’arrêt de la Cour européenne de justice constitue aussi un encouragement à la poursuite de la mobilisation pour la libération des prisonniers politiques sahraouis et la pleine reconnaissance des droits du peuple sahraoui qui doit pouvoir décider librement de son avenir par un référendum d’autodétermination.

lundi 14 décembre 2015

Les États-Unis, l’OTAN et les terroristes de l’E.I. font partie d’une seule et même alliance.



POUTINE DEMEURE MAITRE DE SON PROPRE AGENDA

Les informations et les témoignages se multiplient à l’effet que les États-Unis, l’OTAN et l’État islamique (DAECH) sont engagés dans un même combat. Ils font partie d’un système dont la tête dirigeante est l’Oncle Sam. Ce dernier contrôle l’ensemble des acteurs et définit les stratégies à suivre pour atteindre les objectifs fixés. 
Il n’est pas superflu de rappeler que l’OTAN compte 28 pays membres qui se sont délestés, dans les faits, de leur souveraineté nationale pour rejoindre cette superstructure sous contrôle des États-Unis d’Amérique. Il est pertinent de rappeler ici ce témoignage du colonel Régis Chamagne qui ne mâche pas ses mots pour confirmer cette réalité. Il en va de même pour l’É.I. (DAECH), créature de cette même puissance. 
 Si tel est bien le cas, on peut alors comprendre que la lutte contre le terrorisme, slogan largement employé par l’Occident, ne soit qu’une couverture pour consolider ce même  terrorisme en lui assurant armement, formation et argent. Cette situation aide à comprendre également que les bombardements, supposément dirigés contre DAECH, au cours des dernières années aient permis à ce dernier de doubler ses effectifs et de progresser dans sa lutte de prise de contrôle du territoire syrien et de déstabilisation du gouvernement légitime de Bachar al Assad.
L’entrée en scène de la Russie en Syrie pour combattre ce terrorisme, à l’invitation du président Bachar Al Assad, vient contrecarrer les projets des trois principaux acteurs dans cette opération de conquête et de changement de gouvernement. En moins de trois mois de bombardements, la Russie a fait plus de ce qu’ont fait tous les pays de l’OTAN engagés dans cette lutte contre le terrorisme. La présence russe et la clarté de son engagement dans sa lutte contre DAECH leur posent un sérieux problème. Poutine sait que ce terrorisme est parti de leur arsenal de guerre, mais les populations auxquelles ces gouvernements répondent ne le savent pas. Tout leur a été caché, dissimulé. Des milliards de dollars et d’euros, engloutis dans les budgets militaires, vont à ces groupes terroristes, pensés et voulus comme des armées secrètes au service de diverses missions hors la loi. 
Au moment d’écrire ce texte, la coalition de lutte contre l’État islamique, dirigée par les États-Unis, renforce ses interventions en Syrie en multipliant les bombardements et en envoyant des bataillons militaires pour soi-disant combattre sur le terrain ce terrorisme. Les retenues de Poutine à ne pas répondre à l’agenda occidental des provocations qui visent à l’amener à déclarer la guerre sont perçues comme une faiblesse de sa part. Dans un article récent, on peut lire ceci :
« L’Empire a correctement identifié la faiblesse des forces russes en Syrie, et il a décidé d’utiliser la Turquie pour se doter d’un élément de déni plausible. Cette attaque n’est probablement que la première étape d’une campagne beaucoup plus vaste pour repousser la Russie loin de la frontière turque. La prochaine étape, apparemment, comprend l’envoi de troupes occidentales en Syrie, d’abord comme conseillers, mais finalement comme forces spéciales et contrôleurs aériens avancés. Les armées aériennes américaines et turques joueront le premier rôle ici, avec des avions allemands et britanniques assurant suffisamment de diversité pour parler d’une coalition internationale. Quant aux Français, coincés entre leurs partenaires russes et leurs alliés de l’OTAN, ils resteront aussi insignifiants qu’avant : Hollande s’est dégonflé, de nouveau (ça vous étonne ?). Finalement, l’OTAN créera un havre de facto pour ses terroristes modérés au nord de la Syrie et l’utilisera comme base pour diriger une attaque contre Raqqa. »
Ce que je comprends de Vladimir Poutine c’est qu’il a son propre agenda de guerre et que ce ne sont pas les provocations calculées de ses adversaires qui l’en feront démordre. Dans son intervention aux parlementaires de son pays, il a bien dit qu’il connaissait les terroristes et ceux qui les soutiennent et qu’il savait ce qu’il fallait faire. Par ces propos, il dit clairement à qui veut l’entendre qu’il a un agenda très précis dont il est seul avec ses principaux alliés à en connaître les avenants et aboutissants. Je soupçonne Poutine de faire éclater au grand jour, au vu et au su des populations occidentales, le fait que les États-Unis, l’OTAN et les terroristes de l’E.I. font partie d’une seule et même alliance. Ses invitations répétées à former une seule grande alliance avec la Russie pour lutter contre l’État islamique (DAESH) sont constamment repoussées par ses partenaires occidentaux et pour cause. Leurs interventions en Syrie ne visent pas l’élimination des terroristes, mais le renforcement de leurs luttes contre le gouvernement Bachar al Assad. C’est exactement ce à quoi pense Poutine lorsqu’il dit qu’il n’y a pas place pour le double jeu dans cette lutte contre le terrorisme.
Ce double jeu devient de plus en plus évident avec ces témoignages qui se font toujours plus nombreux et crédibles sur cette grande arnaque de l’opinion publique. Il faut ajouter au témoignage du colonel Régis Chamagne, celui du général américain Wesley Clark qui donne le contexte dans lequel ces diverses forces ont été mises en place en vue de remodeler le M.O. et de prendre les devants pour assurer la gouvernance du monde. À joindre à ces témoignages celui d’un rabbin juif qui n’y va pas avec le dos de la cuillère pour parler du rôle fondamental de la CIA dans la mise en place de ces forces terroristes au service des intérêts de l’empire et de ses alliés. 
Vladimir Poutine n’en continue pas moins à positionner ses forces en fonction de son agenda et non en fonction de celui de ses « partenaires » occidentaux. Lorsqu’il aura fait le constat que la confrontation est inévitable, il attaquera le premier, là où ça fera mal. 
Poutine reste maître de son propre agenda de guerre.
Oscar Fortin
Le 13 décembre 2015 
http://humanisme.blogspot.com