dimanche 6 septembre 2015

Aylan Kurdi…..Essuyez ces larmes de crocodiles. Taisez-vous !



Laissez leurs âmes s’en aller en paix et n’essuyez pas vos couteaux sur leur peau comme l’ont fait et le font encore leurs assassins,….

Le monde est secoué par les cris d’indignation et les lamentations devant la photo de Aylan, le petit enfant syrien échoué sur une plage turque, tandis que les rédacteurs pleureurs et pleurnicheurs s’expriment en termes de cœurs brisés qui saignent, du fait d’une tragédie portant leurs propres signatures, car tous ceux qui ont contribué à la grande arnaque, depuis quatre années, sont les complices du crime pour avoir allumé une guerre ayant obligé une bonne partie du peuple syrien, attaché à sa terre et à sa patrie, à prendre les rudes chemins de l’exil dans le but d’échapper à l'enfer d’une prétendue révolution menée par des gens méprisables, des bandits de grand chemin, des trafiquants, des takfiristes wahhabites issus d’environ quatre-vingts nationalités avec pour principal slogan « nous sommes venus vous passer par le fil de nos épées » et pour unique promesse « Au tombeau ! ».
Ils ont commencé par assassiner les imams des mosquées et démolir les écoles et les hôpitaux, puis se sont rassemblés en organisations de contrebande et de trafic juteux, au point que nombre de leurs chefs ont glané des millions en se partageant la manne des donations du secours international et des largesses des Pays du golfe, avec leurs courtiers en Turquie, en Jordanie, au Liban, jusqu’à devenir des négociants au noir en denrées alimentaires et à s’engouffrer dans le marché des esclaves et de la prostitution organisée, sur le dos des camps pour Syriens « déplacés ».
La tragédie de ces déplacés et de l'immigration syrienne est une fabrication des États-Unis, de tous les gouvernements de l’OTAN, des gouvernements de la Turquie, du Qatar, de l’Arabie saoudite, de la Jordanie, de la clique libanaise du 14 Mars, ainsi que des médias internationaux, arabes et libanais, dont certains persistent à divulguer ce charlatanisme concerté nourri de pétrodollars, en continuant à qualifier des assassins et des terroristes de « révolutionnaires syriens » et en participant au vacarme des lamentations et des falsifications.
La tragédie de Aylan et de sa famille sur les rives de la Méditerranée en Turquie dont les gouvernants ont pratiqué une discrimination raciale à l’égard des Syriens, ont pillé les usines d’Alep, ont légitimé l’installation de camps d'entraînement militaire, de réseaux de contrebande et de cellules d'opération sous la direction du général US, David Petraeus, ainsi que toutes les autres tragédies des nombreuses victimes qui tombent quotidiennement en Syrie et tous les flots de larmes et de sang à l'intérieur et à l'extérieur de ce pays, sont le fruit du sale mensonge concernant un prétendu printemps et d’absurdes balivernes, pour dissimuler la responsabilité notoirement établie de certains gouvernements, médias et forces politiques, ayant vendu des illusions et noyé la Syrie dans un terrible et durable malheur en couvrant une agression mondiale par l’intermédiaire de la coterie des Frères Musulmans, d’une clique de professionnels de l’opportunisme politique, de mercenaires sous de nombreuses bannières, aux côtés des groupes takfiristes wahhabites multinationaux expédiés en Syrie, le tout emballé sous le vocable d’un printemps maudit.
Essuyez ces larmes de crocodiles. Taisez-vous. Laissez leurs âmes s’en aller en paix et n’essuyez pas vos couteaux sur leur peau comme l’ont fait et le font encore leurs assassins, cette fine fleur de vos prétendus révolutionnaires depuis que vous commercez avec la laideur et l’arrogance. Le mensonge doit cesser, car la noire imposture est démasquée par les faits, vos révolutionnaires ne sont autres que DAECH, Al-Nosra et un ramassis de sicaires sous une multitude de faux drapeaux.
Tous les fils de vos intrigues aboutissent chez le maître américain et son partenaire sioniste. Ce sont eux qui distribuent les rôles aux associés, occidentaux, arabes et ottomans, engagés dans ce crime contre la Syrie, financièrement, militairement, médiatiquement et politiquement, quoique le promoteur occidental est désormais le porte parole de votre « révolution daechienne » et n’a même plus besoin de ses mercenaires de façade qu’il s’est donné tant de peine à fabriquer et qu’il a si généreusement gratifié et baladé d’hôtel en hôtel, de capitale en capitale, avant qu’ils ne tombent dans les lieux de l’oubli.
À tous ceux qui s’inquiètent, avec raison, de ce qu’endure la Syrie et se soucient des terribles souffrances de ses enfants condamnés à l’errance par les alliés agresseurs : les Syriens affrontent avec héroïsme une « guerre colonialiste » qui n’a justement pour solution politique que la victoire par la résistance de ce peuple, de son armée et de son commandant en chef ; la manœuvre visant son indépendance nationale et sa détermination à lutter contre le colonialisme et le sionisme, point à la ligne.
À tous ceux qui se préoccupent de la foule d’initiatives et de communications sur les rencontres, en cours, entre les deux camps de cette guerre mondiale : les alliés de la Syrie la soutiennent toujours aussi solidement car, par sa résistance, elle leur a offert une grande force dont ils récoltent les fruits et, qu’en retour, ils lui offrent tous les moyens dont ils disposent pour renforcer sa résistance dans son combat crucial pour la liberté de tous et l’avenir du monde.
Les alliés de la Syrie, notamment la Russie et l'Iran, sont parfaitement conscients que la seule voie « politique » qui sauverait la Syrie passe par l’assèchement des ressources du terrorisme et l’arrêt des mensonges médiatiques, les deux éléments principaux du système des agresseurs. Rien d’autre ne pourrait accélérer la solution, stopper l’hémorragie et mettre fin au calvaire vécu par les Syriens.
Rendre justice aux âmes des victimes exige de confondre, aujourd’hui avant demain, tous ceux qui ont contribué à cette « grande arnaque » en prétendant que ce qui avait été ourdi dans l’obscurité et l’ignorance trompeuses était une révolution. Mais les voilà qui persistent dans leurs mensonges commandés en dépit de toutes les révélations contraires. Ils sont les complices de la tragédie syrienne et de chaque goutte de sang qui coule aussi bien en Syrie qu’à l'étranger.
Ghaleb Kandil
04/09/2015
Source : New Orient News
Article traduit de l’Arabe par Mouna Alno-Nakhal

Bienvenue aux réfugiés : Les impérialistes sont responsables de la situation actuelle, qui pousse des millions de personnes à fuir leur pays ; mais ils ne sont pas disposés à en assumer les conséquences.



« La société capitaliste est et a toujours été une horreur sans fin » (Lénine)

La crise des réfugiés met en évidence certaines des horreurs de la société capitaliste. Elle révèle aussi le contraste entre la solidarité élémentaire des travailleurs et les calculs froids, cyniques, des dirigeants bourgeois en Europe et au-delà.
Les images d’hommes, femmes et enfants qui fuient les horreurs de la guerre civile, la faim et la destruction, qui meurent en mer ou dans des camions, qui s’exposent aux fils barbelés, aux polices antiémeutes, aux camps de détention, aux expulsions forcées – ces images choquent des millions de personnes et les poussent à réfléchir aux causes fondamentales de cette situation, ainsi qu’à ses remèdes.
Notre premier devoir est d’expliquer les origines de cette crise. Les réfugiés fuient des pays qui ont sombré dans la guerre civile. Le plus grand nombre de ceux qui passent par la Grèce et la Hongrie viennent de Syrie, d’Afghanistan et du Kosovo. Les guerres et l’ingérence impérialistes sont directement responsables de la situation catastrophique dans ces pays.
La défaite du soulèvement populaire en Syrie et le développement d’une insurrection réactionnaire furent le résultat de l’intervention des Etats du Golfe, de l’Arabie Saoudite et des impérialismes américains, britanniques et français. L’ascension de l’Etat Islamique est la conséquence directe de l’intervention impérialiste en Irak. La guerre civile en Afghanistan trouve sa source dans la guerre impérialiste commencée en 2001 – et avant cela dans le soutien et le financement des moudjahidines par l’Arabie Saoudite et les Etats-Unis. La situation au Kosovo est, au fond, la dernière conséquence du démembrement réactionnaire de la Yougoslavie, il y a plus de 20 ans – démembrement qui fut fomenté et encouragé par l’impérialisme allemand.
Les impérialistes sont responsables de la situation actuelle, qui pousse des millions de personnes à fuir leur pays ; mais ils ne sont pas disposés à en assumer les conséquences.
Le bombardement de la Lybie – sous couvert d’« urgence humanitaire » – a provoqué l’effondrement de son Etat. De grandes parties du territoire sont dirigées par les fondamentalistes islamiques. Certes, le régime de Kadhafi était une dictature brutale. Il collaborait avec la politique migratoire réactionnaire de l’UE (en échange de subsides) et maintenait des migrants d’Afrique subsaharienne dans d’infâmes camps de détentions. Cependant, nous avons toujours souligné qu’il appartenait aux masses libyennes de renverser Kadhafi. Chaque fois que des tels régimes ont été renversés par des interventions impérialistes, cela a débouché, non sur des « démocraties modernes », mais sur la barbarie. La chute de Kadhafi a simplement abouti à l’émergence d’autres forces réactionnaires et au démembrement du pays. Cela a ouvert une route vers les îles italiennes, qui ne sont pas très loin des côtes libyennes.
De notre point de vue, il n’y a aucune différence fondamentale entre réfugiés et migrants. Tous fuient les horreurs engendrées par le capitalisme dans leur pays d’origine. Certain y sont victimes de la guerre civile et d’atteintes aux des droits de l’homme ; d’autres tentent d’échapper à la faim et à la misère. Dans la plupart des cas, il s’agit d’une combinaison des deux – la misère engendrée par la guerre, la violation des droits de l’homme les plus élémentaires : avoir un toit sur la tête et un repas sur sa table.
Aujourd’hui comme hier, la réponse de l’Union Européenne a consisté à construire des murs et d’autres systèmes de contrôle de plus en plus sophistiqués. En 15 ans, l’UE a dépensé 1,6 milliard d’euros dans des barrières physiques et économiques pour empêcher les migrants d’entrer. Quatre grandes multinationales ont bénéficié de ces contrats juteux : Airbus, Thales, BAE et Finmeccanica. Ces entreprises figurent toutes parmi les 10 plus grands industriels de l’armement. Au cours de la même période, l’UE et les pays de l’espace Schengen ont dépensé 11 milliards d’euros dans des expulsions coordonnées (qui ne représentent qu’une petite partie de la totalité des expulsions). Les capitalistes se félicitent de la chute du mur de Berlin, mais ils construisent des murs à Ceuta, à Mellila, en Serbie, en Bulgarie – et désormais en Hongrie. De grandes quantités d’argent son également dépensées pour subventionner des camps de détention hors de l’UE.
C’est cette politique d’Europe forteresse qui pousse des centaines de milliers de migrants et de réfugiés dans les bras de « passeurs ». C’est un business très lucratif. D’après certaines estimations, les migrants ont payé 1 milliard d’euros par an sur les 15 dernières années – et 30 000 sont morts. Depuis le début de l’année, plus de 2500 se sont noyés dans la Méditerranée. Plus l’Europe renforce ses frontières, plus les voies d’entrée illégales deviennent dangereuses. Les médias bourgeois concentrent leur feu sur les passeurs, comme s’ils étaient la seule cause du problème. Certes, il s’agit de gangs criminels qui n’ont aucun égard pour la vie humaine et ne s’intéressent qu’au profit qu’ils tirent de leur activité. C’est d’ailleurs une caractéristique du capitalisme en général. Mais ce ne sont pas les passeurs qui créent les réfugiés et les migrants. Ils profitent simplement d’un mouvement migratoire – et des tentatives de l’UE de l’interrompre en élevant des barrières toujours plus hautes et infranchissables.
Sur cette question, la véritable attitude des politiciens bourgeois était bien résumée par le Premier ministre britannique James Cameron, l’an dernier, lorsqu’il a expliqué qu’il fallait mettre un terme aux opérations de recherche et de secours dans la Méditerranée, car cela « crée un appel d’air » et « encourage davantage de migrants à tenter cette dangereuse traversée ». Et ils ont effectivement interrompu ces opérations. L’ancienne mission européenne de recherche et de secours, qui était dirigée par l’Italie, a été remplacée par la mission « Triton », qui se limite à des opérations de « garde-côte ».
Cela ne signifie pas que les capitalistes sont contre l’immigration. De leur point de vue, les travailleurs migrants sont très utiles. A un pôle, ils sont une source de main-d'œuvre hautement qualifiée dont la formation n’a rien coûté aux patrons européens. A l’autre pôle, les migrants fournissent une main-d'œuvre illégale qu’une section de la classe dirigeante exploite brutalement, sans aucun égard pour le droit du travail, ce qui par ailleurs exerce une pression à la baisse sur l’ensemble des salaires. Les migrants constituent enfin de parfaits boucs-émissaires pour justifier les coupes dans les services publics, le manque de logements sociaux – et toute la régression sociale dont la crise du capitalisme et les politiques d’austérité sont les véritables causes. Le mouvement ouvrier doit répondre par une politique d’unité de classe claire et une lutte commune pour de meilleures conditions de vie et de travail.
L’actuelle crise des réfugiés n’est pas vraiment liée au nombre de personnes cherchant un asile en Union Européenne. L’Allemagne est le pays qui a reçu le plus grand nombre de demandes d’asile, mais ce nombre est moins élevé qu’au début des années 90, à l’époque de l’éclatement de la Yougoslavie. La crise actuelle est liée aux écœurantes dissensions entre « partenaires » européens, dissensions qui portent sur le prix politique et financier de l’afflux de migrants. Au fond, c’est un nouvel épisode de la crise de l’UE elle-même.
La Grèce et l’Italie sont les deux premières destinations des migrants et réfugiés qui traversent la Méditerranée. Cela va très bien aux gouvernements des autres pays de l’UE. La dernière « crise » a commencé lorsque les migrants ont commencé à s’organiser et à passer en force à travers les frontières de la Macédoine, de la Serbie et de la Hongrie, où ils ont tenté de poursuivre leur voyage vers l’Allemagne ou la Suède, les deux pays qui reçoivent le plus grand nombre de demandes d’asile (en nombre absolu dans le cas de l’Allemagne, relativement à la population dans le cas de la Suède).
En Allemagne, la question de l’immigration exerce une pression politique sur Merkel. Elle demande que d’autres pays prennent leur « juste part » du nombre de réfugiés. La Grande-Bretagne a répondu, en somme, qu’elle n’en accueillerait aucun, mais qu’elle était prête à doubler ce chiffre sous la pression. Dans toute l’Europe, les gouvernements de droite subissent la pression de partis qui défendent des idées ouvertement nationalistes, racistes et anti-immigrés. En réalité, ces idées ne reflètent pas l’opinion de la majorité des travailleurs. Elles ne gagnent un certain soutien que sur la base d’une propagande médiatique constante – et, surtout, parce que les dirigeants du mouvement ouvrier (partis et syndicats) n’y répondent pas, ou pas correctement.
Ces derniers jours, nous avons assisté à une vague massive de solidarité et de soutien concret aux réfugiés. Cet été, en Grèce, les touristes et habitants des îles ont aidé les réfugiés provenant de Turquie. En ex-Yougoslavie, les gens se souviennent de leur propre histoire ; ils ont aidé les réfugiés à Belgrade et dans d’autres villes. Même dans l’ambiance réactionnaire qui existe actuellement en Hongrie, des douzaines de volontaires ont aidé les réfugiés en gare de Budapest. Des milliers de personnes ont manifesté contre la politique réactionnaire d’Orban. Dans les stades de football d’Autriche et d’Allemagne, les supporters ont brandi des bannières de soutien aux réfugiés. Le mouvement a été particulièrement fort en Autriche : 30 000 personnes ont manifesté à Vienne, avant d’organiser le soutien pratique et matériel des réfugiés qui arrivaient en train. A présent que les autorités hongroises ont bloqué les trains, des volontaires autrichiens organisent des convois de voitures et de bus pour aller chercher les réfugiés.
En Espagne, face à l’inaction du gouvernement du PP, la mairie de Barcelone (Unité Populaire) a pris des initiatives pour organiser l’accueil des réfugiés. L’appel du conseil municipal a rencontré un énorme écho ; des centaines de personnes se sont portées volontaires. Cela a entraîné la formation d’un réseau de comités locaux d’accueil des réfugiés.
En Grande-Bretagne, 100 000 personnes – à ce jour – se sont engagées à participer à une manifestation de soutien aux réfugiés, le 12 septembre à Londres. D’autres manifestations seront organisées à travers le pays. En l’espace de deux jours, une pétition demandant que la Grande-Bretagne accueille davantage de réfugiés a rassemblé 400 000 signatures.
Partout, cela devient une question politique de première importance. C’est évidemment une réaction directe aux images, diffusées ces derniers jours, de l’enfant syrien gisant sur une plage turque et des 71 personnes mortes asphyxiées dans un camion en Autriche.
Mais il y a plus que cela. Ce mouvement de solidarité fait partie d’un profond courant de méfiance et d’opposition à l’égard des politiciens bourgeois et de l’establishment. C’est le même courant qui a suscité le phénomène Podemos en Espagne, l’énorme impact de la campagne de Corbyn en Grande-Bretagne, ou encore les grandes manifestations contre l’austérité vues durant la dernière période.
Le mouvement de soutien aux réfugiés peut menacer les fondements mêmes du système capitaliste. Cependant, pour qu’il se développe, deux choses sont nécessaires.
Premièrement, il faut mobiliser la pleine puissance de la classe ouvrière et de ses organisations. Les syndicats ont le nombre et les moyens d’organiser la solidarité pratique sur des bases sérieuses. Ce sont des travailleurs qui conduisent les trains bloqués et pilotent les avions qui servent aux expulsions. Il faut faire pression pour rompre la passivité des dirigeants des organisations officielles des travailleurs. Le mouvement de solidarité a déjà élaboré ses propres structures organisationnelles, à juste titre. Mais pour qu’il aille plus loin, il est crucial qu’il implique la classe ouvrière organisée.
Deuxièmement, les arguments politiques doivent être précisés et développés. L’instinct de solidarité humaine est un bon point de départ. Mais il faut répondre efficacement à la propagande raciste des grands médias. Qui doit payer ? Il faut être clair là-dessus. La classe dirigeante utilise et continuera d’utiliser la question des réfugiés pour diviser la classe ouvrière et leur faire porter le chapeau des coupes drastiques dans les dépenses publiques. Nous disons : NON, les réfugiés sont bienvenus – et c’est aux capitalistes, aux banquiers, aux marchands d’armes de payer. Ils ont trouvé des milliers de milliards d’euros pour sauver les banques ; pourquoi ne pourraient-ils pas trouver des milliards d’euros pour accueillir les migrants et réfugiés ?
D’où viendra l’argent pour financer les écoles, les logements et les soins dont ils ont besoin ? Une première mesure consisterait à taxer les marchands d’armes qui ont fait d’énormes profits dans les guerres impérialistes. Par ailleurs, tous les logements vides que possèdent les banques et multinationales doivent être expropriés, sans compensation, pour héberger les réfugiés et les SDF locaux. C’est aux capitalistes de payer les conséquences des guerres et de l’exploitation impérialistes.
Le mouvement de solidarité qui traverse l’Europe est une réponse à tous les cyniques et démagogues de droite qui dépeignent les travailleurs comme des individus égoïstes et cupides. Les travailleurs ne sont pas stupides. Ils voient bien qui est responsable de cette crise humanitaire. Ils voient la contradiction flagrante d’un système qui a trouvé les moyens de financer des guerres en Irak, en Lybie, en Afghanistan, etc., mais qui prétend ne pas avoir les moyens d’aider les millions de personnes fuyant les conséquences de ces mêmes guerres.
Le mouvement ouvrier et ses organisations doivent également apporter une réponse à la pauvreté croissante en Europe, où une section significative des travailleurs et de la jeunesse a vu son niveau de vie reculer. Le chômage augmente ; les salaires et les retraites réels ont baissé. Si le mouvement ouvrier ne livre pas ce combat, les démagogues de droite vont en profiter pour opposer les pauvres d’Europe aux migrants et réfugiés. La classe dirigeante utilisera cette question pour diviser les travailleurs. Nous ne devons pas le permettre.
La société dispose d’assez de ressources pour répondre aux besoins de ceux qui fuient les guerres et la faim. D’après de récentes données, il y a 11 millions de logements vides en Europe. Cela suffirait à garantir des logements bon marché aussi bien pour les pauvres et les SDF d’Europe que pour les migrants. La question n’est pas : « des logements pour nous ou pour eux ». Il y en a assez pour tous.
Si des millions de gens ont faim à travers le monde, si des centaines de milliers meurent de maladies soignables, si des centaines de millions n’ont pas accès à une éducation et une santé de base, ce n’est pas à cause des flux migratoires. C’est à cause d’un système qui repose sur la course aux profits. Il y a assez de ressources pour résoudre tous ces problèmes. L’expropriation des grandes multinationales, sous le contrôle démocratique des travailleurs, permettrait de satisfaire les besoins du plus grand nombre – et non plus la soif de profits d’un petit nombre de parasites que personne n’a élus.
Les nombreuses guerres locales et civiles en cours sont la conséquence de la crise du système capitaliste. La guerre est terriblement profitable… pour une poignée de capitalistes ultra-riches. Mais elle inflige de terribles souffrances aux masses. Tant que le capitalisme survivra, ces souffrances perdureront. C’est un puissant argument en faveur de la lutte internationale des travailleurs pour le renversement du capitalisme et pour le socialisme mondial.
Tendance Marxiste Internationale

samedi 5 septembre 2015

Bernard-Henri Levy Taisez-vous ! Vos larmes de crocodiles ne réveilleront pas cet enfant innocent étendue sur la plage.



Bernard-Henri Levy Taisez-vous !!Décidément la honte n'est plus de ce monde. Devant l'image d'un enfant syrien mort échoué sur une plage turque, accourent de nombreux criminels en puissance venus verser des larmes de crocodiles sur l'innocence assassinée, sur l'humanité échouée.
Parmi eux, Bernard-Henri Levy le philosophe de la mort, principal responsable du chaos libyen  et du drame des migrants avalés par la méditerranée. Toute honte bue, le philosophe du chaos arpente les plateaux télé et radio pour selon ses dires « éveiller les consciences » au sujet du drame des migrants. Il appelle l'Europe à accueillir ces migrants.  Monsieur Bernard Henri-Levy Taisez-vous !!  Rasez les murs !! Terrez-vous !!
Vous avez une part de responsabilité dans le drame des migrants puisque vous avez-poussé Nicolas Sarkozy et Cameron à faire la guerre contre Kadhafi. C'est depuis le départ de Kadhafi que les migrants arrivent en masse depuis la Lybie.
Invité dans l'émission le club de la presse  sur  Europe 1 édition de ce 03 septembre pour parler du drame des migrants,  le philosophe du chaos martèle malgré les faits :
« On n'a pas tout détruit en Lybie parce qu'il y avait rien. Il n'y avait pas d'État en Lybie….Il n ' ya pas de libyens parmi les migrants. »
Il en profite pour appeler l'Europe à négocier avec le gouvernement illégitime de Tripoli afin d'empêcher les migrants de rallier l'Europe:
 « Il  y a un gouvernement légitime qui se trouve dans  la partie proche de l'Egypte à Tobrouk et un gouvernement illégitime qui se trouve à Tripoli. C'est à partir de Tripoli que les migrants partent. Moi, je suis partisan d'une coopération parce qu'il y a urgence, parce qu'il faut sauver les gens, parce qu'il faut trouver une solution internationale à ce problème. Je pense que l'Europe devrait parler avec les gens de Tripoli et de Misrata […] Je suis sûr qu'il y a moyen de parler à ces gens, de travailler avec eux techniquement pour faire en sorte que cette frontière ne soit pas une passoire ».
Bernard Henri-Levy, taisez-vous une bonne fois pour toute ! Vos  cris d'orfraie et vos larmes de crocodiles ne réveilleront pas cet enfant innocent étendue sur la plage. Quand on y pense bien Bernard Henri-Levy, ses complices  Sarkozy et Cameron sont en quelque sorte responsable de la mort de cet enfant échoué sur la plage.
Wake up Africa

vendredi 21 août 2015

Le lumpenprolétariat ou l’armée du capitalisme : une véritable armée, une armée civile, une armée intérieure, dont la violence sert les intérêts des puissants.



1 - Qu'est ce que le lumpenprolétariat

Créé par Karl Marx et Friedrich Engels, le terme allemand "Lumpenprolétariat", composé de "Lumpen" = loque, chiffon, haillon et "Prolétariat", se traduit le plus souvent en français par "Sous-prolétariat" et désigne les masses urbaines marginales, vivant de manière parasitaire et fondamentalement incapables d’accéder jamais à une conscience révolutionnaire.
Mais attention, il ne s'agit pas d'amalgamer lumpenprolétariat et pauvres. Selon Marx, le paupérisme vient de la surpopulation relative ; Marx parle de surpopulation relative pour indiquer qu’il n’y a surpopulation que par rapport aux besoins toujours variables de l’exploitation capitaliste. Les surnuméraires forment l’armée de réserve du travail. Ce sont aussi bien des chômeurs par accident que la réserve de main-d’œuvre des campagnes, à domicile, ou, plus misérables encore, les exclus du processus de travail en raison de leur âge, de leurs infirmités ou de la désuétude de leur qualification. Tous sont susceptibles, en certaines conjonctures, de reprendre du service actif. Exclus, victimes du système étant passés "par la dure mais fortifiante école du travail" ou disposés à passer par elle, ils sont, à tous ces titres, potentiellement révolutionnaires. Le lumpenprolétariat, à l’opposé, n’est jamais passé par cette "dure mais fortifiante école" ; c’est pourquoi il est a-révolutionnaire. Formé de "gens sans aveu ni feu", il est vénal et prêt à se mettre au service de la bourgeoisie.
Voici enfin deux citations représentatives de la vision qu'avaient Marx et Engels du lumpenprolétariat :
"Quant au lumpenprolétariat, ce produit passif de la pourriture des couches inférieures de la vieille société, il peut se trouver, çà et là, entraîné dans le mouvement par une révolution prolétarienne ; cependant, ses conditions de vie le disposeront plutôt à se vendre à la réaction." Le manifeste du parti communiste
"Le lumpenprolétariat - cette lie d'individus déchus de toutes les classes qui a son quartier général dans les grandes villes - est, de tous les alliés possibles, le pire. Cette racaille est parfaitement vénale et tout à fait importune. Lorsque les ouvriers français portèrent sur les maisons, pendant les révolutions, l'inscription : « Mort aux voleurs ! », et qu'ils en fusillèrent même certains, ce n'était certes pas par enthousiasme pour la propriété, mais bien avec la conscience qu'il fallait avant tout se débarrasser de cette engeance. Tout chef ouvrier qui emploie cette racaille comme garde ou s'appuie sur elle, démontre par là qu'il n'est qu'un traître." La sociale démocratie allemande

2 - La question "raciale"

Avant de voir quels sont les liens entre le lumpenprolétariat et les élites capitalistes, il est important de faire un point sur un aspect qui est inévitable en France lorsque l'on parle du sous-prolétariat : le racisme. Tout d'abord, il convient de rappeler qu'un français, qu'il soit ou non d'origine étrangère, est avant tout un français. Cela étant dit, dans les débats médiatiques comme dans les conversations entre citoyens lambdas, il n'est pas rare que se voient distingués les français dits de souche des français d'origine étrangère, ou issus de l'immigration. Pour ma part, cette distinction n'a pas lieu d'être car un français est un français et un sous-prolétaire est un sous-prolétaire ; qu'il soit blanc, noir, jaune ou vert, il se définit par sa position au sein de la société et non par sa couleur. Toutefois il est très important d'aborder cette question car nous allons voir comment les oligarques créent du racisme sous couvert d'anti-racisme afin de protéger leur armée sous-prolétaire.
Voici un exemple de cause de polémique : "Selon une étude menée en Isère, deux tiers des mineurs délinquants sont d'origine étrangère" Le Monde, 16 Avril 2004. Pourquoi préciser cela, il ne s'agit SURTOUT PAS pour moi de vouloir démontrer une propension plus grande qu'auraient les étrangers, et donc les français d'origine étrangère, à la délinquance. Seulement voila, si quelqu'un voulait dénoncer certains de ces actes de délinquance, il citerait statistiquement une majorité de cas dans lesquels l'agresseur portera un prénom ou un nom à consonance étrangère. Et c'est là que l'antiraciste de mauvaise foi, qui est en fait un défenseur de l'oligarchie, dira : "Mais pourquoi vous ne citez que des noms à consonance étrangère ? Vous êtes un raciste ?". Et le procès en sorcellerie pourra commencer, et la lutte légitime contre la délinquance sera oubliée au profit d'une lutte contre un racisme fantasmé et immiscé par notre auto proclamé anti-raciste.
Ainsi, OUI je pense que les français d'origine étrangère sont sur-représentés parmi le lumpenprolétariat. Et NON je n'en tire aucune conclusion raciste. Aucune culture, aucune couleur de peau, aucun gène, ne prédispose selon moi à devenir un voleur, un dealeur, un violeur ou un casseur. En revanche, cette sur-représentation génère ce que j'appelle une solidarité raciale, qui est une forme de tribalisme et par là même un véritable racisme. Je vais tâcher d'expliquer cela avec des mots simples. Comme on voit beaucoup de noirs et d'arabes dans les faits-divers sordides, et comme des gens comme Marine Le Pen associent en permanence la délinquance et l'immigration ; dés que l'on veut s'attaquer à la délinquance, le français noir ou arabe qui n'a rien d'un sous-prolétaire se sent visé également. Alors qu'il ne l'est absolument pas et qu'il devrait lui aussi dénoncer les délinquants. Ainsi, et parce qu'on lui martèle que parler de sécurité c'est réservé à la droite et aux racistes, le français honnête et travailleur, si il est noir ou arabe, aura tendance à s'attaquer, par solidarité raciale, à ceux qui dénoncent la délinquance plutôt qu'aux délinquants, protégeant ainsi ces derniers.
Cette question raciale est donc en France particulièrement importante car c'est par ce levier que l'élite bourgeoise à la fois utilise et protège le lumpenprolétariat.

3 - Lumpenprolétariat et oligarques

Remarquons tout d'abord que lumpenprolétariat et oligarques ont des points communs : vénalité, malhonnêteté, goût pour l'argent facile, mépris pour ceux à qui ils le volent etc. Ainsi, Marx écrivait :
"L'aristocratie financière, dans son mode de gain comme dans ses jouissances, n'est pas autre chose que la résurrection du lumpenprolétariat dans les sommets de la société bourgeoise." Les luttes de classes en France
Mais pourquoi ai-je titré cet article "Le lumpenprolétariat ou l'armée du capitalisme" ? Autrement dit, pourquoi l'oligarchie favorise-t-elle autant l'émergence du lumpenprolétariat tout en assurant avec soin sa protection ? Selon moi il s'agit d'une part de clientélisme et d'autre part du bon vieil adage : "Diviser pour mieux régner". En effet, un sous-prolétaire choyé est un bon client tant aux niveaux politique qu'économique. Clientélisme politique car un sous-prolo sera plus enclin à voter pour un parti proposant une justice plus souple et évitant de parler de sécurité de peur de stigmatiser les français d'origine étrangère. Clientélisme économique également car les sous-prolétaires sont de parfaits consommateurs avides de grandes marques et totalement à la merci des publicitaires. Mais le second point me semble plus important : la division de la société française. Opposer le prolétariat au sous-prolétariat, les racistes aux antiracistes, les français de souche aux français d'origine-étrangère (et nous voyons là pourquoi l'oligarchie veut absolument racialiser ces questions sociales) est absolument bénéfique à ceux qui dirigent réellement. Ainsi, pendant que l'ouvrier est occupé à se racheter la voiture qu'on lui a brûlé la nuit précédente, et qu'il est également occupé à s'engueuler avec son collègue arabe qui le traite de raciste parce qu'il a dit que ce sont des arabes qui avaient brûlé sa voiture... ces 2 collègues ne pensent pas à s'attaquer à celui qui vend les voitures tout en incitant les sous-prolos à les brûler.

Le lumpenprolétariat est donc une véritable armée, une armée civile, une armée intérieure, dont la violence sert les intérêts des puissants. L'image est à la fois banale et simple : On brûle les voitures de son quartier, pas celles des quartiers riches.