A la tête de la FIFA, Michel Platini n'est
pas soutenu par les fédérations africaines. Contrairement à son prédécesseur.
Pour accéder à la présidence de la Fédération
internationale de football association (FIFA), l’ancien international français
aura à affronter la colère et même l’hostilité de la grande majorité des
fédérations africaines. La présentation de l’affrontement entre Platini et le
président démissionnaire de la FIFA Sepp Blatter comme un simple duel entre «
le chevalier blanc » et « le corrompu » soutenu par des associations achetées,
notamment celles d’Afrique n’est pas passée sur le continent.
« Pacte de corruption »
Au-delà de la gêne suscitée par cette présentation manichéenne, cette lecture de la crise est
jugée erronée par plusieurs responsables du football africain qui rappellent
que Platini siège depuis 16 ans au Comité exécutif de la FIFA. L’hebdomadaire français France Football avait
révélé à ce sujet qu’une réunion secrète s’est tenu le 23 novembre 2013 à
l’Elysée entre le président Nicolas Sarkozy, Michel Platini et le prince
hériter qatari d’alors (l’Emir d’aujourd’hui) Tamin Ben Khalifa Al Thani dont l’Emirat
prétendait alors à l’organisation de la Coupe du monde 2022.
« C’est tout
simplement scandaleux et faux de soutenir que les fédérations africaines votent
pour Blatter parce qu’elles ont été corrompues. Nos pays lui sont
reconnaissants pour ses gestes en faveur de la régulation du football mondial
», s’emporte le président d’une fédération ouest-africaine de football. « Ce qui
est bon pour le Barça ou Chelsea n’est pas forcément bon pour l’Afrique »,
ajoute-t-il. Selon ce responsable associatif, l’une des raisons de la
popularité de Blatter en Afrique vient de la décision qu’il a fait prendre en
2001 de prélever 5% du montant de chaque transfert pour le reverser au club
formateur. De nombreux clubs africains en ont ainsi tiré profit, qui pour
acheter des équipements, qui pour construire de nouvelles infrastructures.
Conscient du poids électoral de l’Afrique (54 fédérations sur les 209
affiliées) lors du Congrès, la plus grande instance de décision de la FIFA,
le Suisse Sepp Blatter avait lancé le programme « Gagner en Afrique » doté
d’une enveloppe de 70 millions de dollars. Il avait, entre autres, pour
ambition d’installer des pelouses artificielles sur le continent. « L’argent
n’a pas pu disparaître parce que puisque c’est nous qui négocions les contrats,
installions les pelouses. Et tout cela depuis Zurich. L’argent ne passait
jamais par les fédérations locales. Il faut arrêter de raconter n’importe quoi
», s’est insurgé le Français Jérôme Champagne, remonté contre le prétendu « pacte de corruption » entre son ancien
patron et l’Afrique.
L’autre pomme de discorde entre Platini et les
fédérations africaines, c’est la velléité de l’UEFA de remettre en cause le
principe de « un pays, une voix » actuellement en vigueur à la FIFA. « Nous ne
voulons pas du démantèlement de ce système qui est le plus démocratique au
monde. De plus, nous sommes persuadés que l’étape suivante de la stratégie des
pays riches, c’est d’instaurer le droit de véto à la FIFA sur le modèle de ce
qui se passe au Conseil de sécurité », raille, pour sa part, le président d’une
Fédération d’Afrique centrale de passage à Paris.
Avec des réserves de plus de 5 milliards de dollars, la
FIFA aiguise des appétits qui amènent à parier que Platini ne sera pas le seul
candidat à sa présidence. Mais lui au moins sait désormais ce qui lui reste à
poser comme actes pour obtenir les suffrages des fédérations africaines.
Source : mondafrique

