mercredi 22 avril 2015

Ukraine : trois journalistes tués en un jour, rien dans les médias ! Et "Reporters sans frontières" qui peut être très bavard selon son desiderata !



Trois journalistes ont été tués en Ukraine en un jour ! Quatre assassinats politiques sur deux journées ! Où sont les activistes des droits de l’homme ? Où sont les allocutions de Merkel, Obama, Cameron, etc. ? Où est le tumulte des médias occidentaux ?
KIEV 15 Avril
Oleg Kalashnikov, l’ancien député parlementaire du Parti des Régions, a été tué a Kiev, comme le service de presse du Ministère de L’Interieur Ukrainien l’a confirmé ce mercredi.
Il avait appelé à de larges commémorations du 70ème anniversaire de la victoire dans la Grande Guerre Patriotique. Kalashnikov était connu pour ses positions anti-Maidan. Il organisait également des rassemblements contre les autorités en Ukraine.
KIEV 16 Avril
Un journaliste Ukrainien bien connu, Sergey Sukhobok, a été tué a Kiev. Sukhobok, un natif du Donbass, en Ukraine de L’Est, région en guerre, avait travaillé comme journaliste depuis 1998. Il était auparavant un analyste de l’hebdomadaire Delovoy Donbass (Finance Donbass). Il avait récemment travaillé en tant que journaliste freelance. L’Ukrainskiye Novosti (Nouvelles Ukrainiennes), révèle que Kalashnikov avait reçu des menaces de mort peu de temps avant d’être tué.
KIEV 16 Avril
Olga Moroz, la rédactrice en chef du journal local, a été tuée en Ukraine. Son corps a été trouve avec des traces d’une mort violente.
KIEV 16 Avril
Un journaliste renommée, Oles Buzina, a été tué ce jeudi a Kiev, la capitale du pays. Dans sa dernière interview accordé à Radio Vesti, il avait accusé les autorités nationales d’avoir abandonné de façon inconditionnelle les intérêts de L’Ukraine.
“Les formations politiques qui ont pris le pouvoir en Ukraine comme la conséquence d’un coup d’État ont choisi une voie strictement pro-Occidentale", avait affirmé Buzina.
’Naturellement, tous nos liens de coopération avec la Russie dans la construction navale, l’aviation et la construction industrielle, furent instantanément démantelés. Aujourd’hui le pays est en proie au chômage et beaucoup de gens n’ont plus d’argent. Toutes les promesses de Maidan se sont avérées être de la pure fiction. Cette partie de l’élite ukrainienne qui s’appelle pro-occidentale abandonne tout simplement les intérêts nationaux de L’Ukraine”.
Buzina, un journaliste reconnu, écrivain et présentateur TV, a été tué par balle près de sa maison a Kiev depuis une Ford Focus bleu foncé avec des plaques d’immatriculation étrangères. Il était l’auteur de deux ouvrages, incluant “Taras Shevchenko le Vampire” et “L’union de la Charrue et du Trident”. Buzina était le rédacteur en chef du journal Segodnya mais avait quitté son poste au mois de mars dernier en raison de la censure.
Source : http://euro-dreams.blogspot.ru/2015...

La Méditerranée, une mer cruelle ? …. Elle s’est convertie, en une « énorme fosse commune ».



Combien de milliers de morts en Mer Méditerranée ?
La compassion et la solidarité continueront, comme toujours, de s’exprimer devant les caméras. Mais quelque temps après, tandis que les larmes d’un jour appartiennent déjà au passé, le rejet des demandes d’asile, la répression, la détention, l’insuffisance de l’aide, les renvois immédiats, s’imposent de nouveau autour des frontières.

En moins d’un an, plus de trois milles migrants sont morts en mer Méditerranée et dans l’Union européenne tandis que les demandes d’asile ont augmenté de 24% entre les premiers semestres 2013 et 2014. Le langage politique repris par les medias fait des raccourcis qui effacent finalement la réalité. On insiste sur les risques que courent les migrants qui se lancent dans une mer dangereuse sur des embarcations de fortune. Et on cache ainsi la réalité. Tout d’abord, parce que la migration est présentée comme une décision individuelle, comme s’il ne s’agissait pas d’une contrainte subie. Et ensuite, parce que les causes et les conséquences sont confondues, comme si la décision politique n’était pas responsable de l’augmentation de ces risques. Le remarquable travail réalisé par l’APDHA remet les choses à leur place : si la Méditerranée s’est convertie, comme le formule l’APDHA, en une « énorme fosse commune », c’est parce que les politiques développées par l’Union européenne et par les Etats membres visent à fermer hermétiquement les frontières d’un espace considéré par les migrants comme leur unique espoir de survie.
 
Un « état de nécessité »
Pour empêcher complètement l’accès aux frontières, l’Union européenne construit des murs, des barrières, des zones interdites et les Etats ouvrent des centres de détention, organisent les retours forcés, multiplient les expulsions, criminalisent des femmes et des hommes… Et pourtant les personnes continuent de migrer !
En réalité, cette politique de l’Union européenne-forteresse fait oublier le fait que ces personnes ont quitté leur pays par nécessité. Les Syriens fuient la guerre et les exactions des fondamentalistes islamiques ; les Iraquiens craignent l’horreur des crimes de Daesh ; les Somaliens sont privés de l’ensemble de leurs ressources et de leurs libertés publiques ; les subsahariens veulent éviter les massacres, la famine ou la misère ; les raisons sont multiples et toutes légitimes. Face à cet « état de nécessité » reconnu à plusieurs reprises par les législations et juridictions nationales comme une circonstance explicative et suffisante pour justifier une action positive, la politique d’immigration européenne est double.
D’une part on encourage les lamentations sur la situation de ces « pauvres gens », on verse des larmes dramatiques quand un naufrage provoque plusieurs centaines de mort d’un coup, on ne ménage pas les efforts pour fustiger les trafiquants et empêcher qu’ils profitent de ces « pauvres gens », on promet de lutter contre l’utilisation inhumaine de clandestins comme main d’œuvre qui ne dispose d’aucun droit.
Et d’autre part, on contrôle les frontières, on limite la délivrance de visas, en temps et en durée, on refuse la grande majorité des demandes d’asile, on multiplie les répressions policières, on construit des murs et des prisons pour immigrants, on externalise dans les pays d’origine les centres de concentration, lieux horrifiques où règnent « la répression, le racisme, la mort », comme le rappelle l’APDHA.

Des mots et des chiffres
On parle parfois de « migrations », parfois de « flux migratoires ». Et puis on remplace bien trop souvent ces expressions par l’expression « arrivées massives de migrants ». La droite et l’extrême-droite parlent d’ « invasion », de « clandestins », d’« illégaux », de « fraudeurs » ou de « profiteurs » : ces qualificateurs péjoratifs justifient des mesures contre eux. L’accent est mis sur le passage de la frontière, vu comme une faute. Par mer ou par terre, ce moment est extrêmement dangereux pour les personnes qui le subissent. Le Haut Commissariat des Nations Unies pour les Réfugiés (HCR) souligne que durant le premier semestre 2014, 216.300 personnes ont sollicité la protection de l’Union européenne, soit 24% de plus qu’au premier semestre 2013. A ce rythme, on peut s’attendre à atteindre les 700.000 demandes d’asile dans les quarante-quatre pays industrialisés d’ici à la fin de l’année. Une autre réalité : en moins d’un an, plus de trois milles personnes sont décédées en mer. Et il s’agit là uniquement d’un recensement macabre puisque les appels des familles des « harragas » à la recherche de leurs enfants partis de leurs pays laissent à penser qu’ils seraient davantage, comme le confirme le dernier rapport de l’Organisation Internationale pour les Migrations (OIM) : les chemins terrestres pour arriver en Europe, par le Sinaï, le Sahara, les frontières de Lybie, d’Algérie et du Maroc, forment des pièges mortels. Parmi ces exilés, les Syriens sont désormais les plus nombreux, suivis des Iraquiens, des Afghans et des Erythréens.

La Syrie : une situation emblématique
Depuis le début du conflit en 2011, les Etats membres n’ont accueilli que 4% des 3,2 millions de réfugiés syriens, pour la plupart installés dans les pays limitrophes de la Syrie. C’est seulement à la mi-août 2014 que dix-sept Etats européens se sont engagés à recevoir 26.300 Syriens supplémentaires. Le Conseil européen avait pourtant souligné dès le mois de décembre 2013 l’importance de ce programme de réinstallation adopté par l’Union européenne.
Or, le nouveau système d’asile est mis à l’épreuve par cette affluence de demandeurs. Il présente en effet certaines brèches dans lesquelles les Etats peuvent s’engouffrer au moment de transposer le droit européen à leur législation nationale. Et le risque est alors que les droits des demandeurs ne soient pas respectés. Par exemple, bien qu’elle soutienne depuis trois ans le Bureau Européen d’Appui pour l’asile (EASO), la Grèce ne garantit pas de dignes conditions d’accueil des exilés. D’après des témoignages d’ONG, la Grèce renvoie encore illégalement des migrants dans leurs pays d’origine. La Bulgarie également. Ou encore, récemment à Chypre, des Syriens ont refusé de débarquer car ils savaient qu’ils allaient être maltraités et qu’ils ne pourraient obtenir le statut de réfugié. En Espagne, des ONG et des parlementaires européens dénoncent le fait que les migrants ne puissent pas solliciter la protection internationale quand ils arrivent à Ceuta et Melilla – enclaves qui ne sont pas n’appartenant pas à l’espace Schengen-. Alors qu’on mentionne moins ce pays que ceux du sud de l’UE, l’Espagne détient en réalité le record de refus d’entrée : 61% des 317.340 demandeuses s’y sont vues refuser l’entrée à l’Union européenne en 2013.

Trafics et politiques de sécurité européenne
Les trafiquants qui ont été dénoncés lors du récent drame le long des côtes italiennes doivent être poursuivis et condamnés. Mais ils ne sont pas les seuls responsables de ces massacres en masse : les trafics n’existent qu’en réponse à la politique de sécurité européenne qui profite à ceux qui abusent de la misère des autres. Paradoxalement, ceux qui condamnent ces trafics et réclament plus de sécurité, plus de contrôle des procédures et des visas, semblent ignorer qu’à chaque nouvel obstacle ajouté sur la route de l’exil, les tarifs du voyage ainsi que les risques augmentent pour les migrants qui n’ont pourtant pas d’autre solution. Pour beaucoup d’entre eux, les dangers d’une traversée maritime constituent la seule alternative à une vie de violences ou à la mort, dans les pays en conflit.
La question centrale n’est donc pas de développer une politique européenne d’asile et d’immigration. Officiellement, elle n’existe pas. Mais pour les défenseurs des Droits de l’Homme, cette « politique » est inacceptable parce qu’elle laisse à chaque Etat des marges d’interprétation et la possibilité d’applications législatives toujours plus restrictives et punitives.

De « Mare Nostrum » à « Triton »
Les 10 et 11 novembre 2014, l’Agence des droits fondamentaux de l’Union européenne (FRA) organisait sa conférence annuelle à Rome. Certains représentants de Frontex ont souligné que oui, il existe bien un principe de non-refoulement et de sauvetage des personnes, mais que leur unique mission est de garantir l’inviolabilité des frontières. « Triton » n’a rien à voir avec les droits fondamentaux. Le futur logique de la politique d’immigration, telle qu’elle est définie, se fera selon trois axes pour empêcher le plus possible l’arrivée de migrants : éviter leur arrivée aux zones maritimes ou terrestres sous contrôle européen ; restreindre les demandes d’accueil et d’asile ; construire de plus en plus de centres de détention. Durant cette rencontre, des membres du HCR et de l’OIM, ainsi que des représentants d’associations se sont indignés contre ces méthodes. Parmi eux, l’AEDH a mis en évidence le lien entre le principe de non-refoulement et le sauvetage et a dénoncé le fait que dans la pratique, la protection des frontières signifient l’emprisonnement des migrants.

L’Union européenne « gère-t-elle » vraiment les « flux migratoires » ?
Le 10 octobre 2014, le Conseil Justice et d’Affaires Intérieures (JAI) du Conseil de l’Union européenne a adopté des conclusions intitulées « Prendre des mesures en vue de mieux gérer les flux migratoires » qui se fondent sur trois piliers :
1. la coopération avec les pays tiers, c’est-à-dire le travail en collaboration et le renforcement d’actions destinées à lutter contre le trafic de migrants, l’amélioration des capacités des pays tiers pour la gestion des frontières, la participation volontaire des Etats membres en matière de politique du retour mais également de réinstallation ;
2. le renforcement du contrôle des frontières externes et de Frontex, particulièrement en ce qui concerne le budget de Frontex qui connaît une augmentation régulière et la mise en route rapide de l’opération conjointe Triton, en coordination avec les mesures prises par les autorités italiennes (avec l’objectif de mettre fin à l’opération Mare Nostrum) ;
3. le relevé systématique des empreintes digitales par les Etats membres pour éviter que ne s’applique le règlement EURODAC relatif au transfert des migrants en situation irrégulière d’un Etat membre à un autre.
Nous remarquons une fois de plus que l’accent est mis sur la sécurité plus que sur les droits des migrants. Nous déplorons que même s’il est fait mention de la possibilité pour l’opérateur de Frontex d’ « examiner les personnes vulnérables ou ayant besoin d’une aide sanitaire pour des besoins basiques lors du débarquement », les conclusions du Conseil ne prévoient pas d’authentique opération de sauvetage pour remplacer l’opération Mare Nostrum, ni même la possibilité de satisfaire les besoins des personnes vulnérables avant de débarquer. Et même si la volonté de favoriser la réinstallation dans les Etas membres paraît être un point positif, la participation des Etats membres dans ce domaine reste cantonnée à une action volontaire et, dans les faits, très limitée.

La politique de l’Union européenne est-elle réellement nouvelle ?
Dans une communication du 4 mars 2015, la Commission européenne dit vouloir intensifier les efforts déployés par l’UE, améliorer tous les instruments existants et promouvoir une meilleure coopération dans le domaine de la gestion des flux migratoires provenant des pays tiers. On constate que la sécurité continue d’être l’objectif principal au détriment des droits des personnes. Quatre principes ont été fixés :
 Le développement « cohérent » à la fois du régime du droit d’asile et de la réflexion sur les « causes profondes de l’immigration ». Celle-ci devrait « faire partie intégrante de la conception des stratégies de développement » ;
 La création d’une « nouvelle politique européenne en matière d’immigration légale », pour attirer les « talents nécessaires pour renforcer la compétitivité européenne au niveau mondial ». Cela implique une « révision de la directive sur la carte bleue européenne », afin d’atteindre une « vision plus horizontale de la politique en matière d’immigration légale » ;
 L’intensification de la « lutte contre l’immigration illégale et l’exploitation d’êtres humains », en privilégiant des actions dans les pays et les « itinéraires prioritaires », en développant les « accords de réadmission » et la coopération au sujet des « processus de Rabat, Khartoum ou Budapest » ;
 La sécurisation des frontières extérieures, « dans le plein respect des droits fondamentaux ». Le contrôle de ces frontières a « une importance fondamentale pour tous », le rôle le plus important étant attribué à Frontex (en termes de budget, de moyens, de personnel) pour « répondre au mieux à l’évolution des situations auxquelles l’Union Européenne est confrontée ». Ceci implique également de développer « davantage les échanges entre les ressources des Etats membres », y compris pour la mobilisation des « équipes européennes de garde-frontières ».
Finalement, les nouveautés n’existent qu’à un niveau sécuritaire. Une fois de plus, quand le sage montre la lune, l’idiot regarde le doigt.

Combien de milliers de morts en Mer Méditerranée ? 

Protégé par les frontières étroitement surveillées par Frontex, par le mur érigé entre la Grèce et la Turquie, par les barrières de Ceuta et Melilla, il est clair qu’au Nord de la « frontera sur », chacun pleure les milliers d’exilés qui ont perdu la vie sur les côtés de Lampedusa, de la Lybie ou du Maroc.
La compassion et la solidarité continueront, comme toujours, de s’exprimer devant les caméras. Mais quelque temps après, tandis que les larmes d’un jour appartiennent déjà au passé, le rejet des demandes d’asile, la répression, la détention, l’insuffisance de l’aide, les renvois immédiats, s’imposent de nouveau autour des frontières.
Il est inacceptable qu’année après année, à cause d’une terreur fantasmagorique de se voir un jour envahir par une “foule” d’exilés, les leaders européens maintiennent la même politique de renforcement des mesures de sécurité dans le périmètre de l’Eldorado formé par les vingt-huit Etats membres : barrières, murs, déploiement de patrouilles maritimes ou aériennes, drones pour surveiller les eaux internationales…
Mais ces drames ne concernent pas les pays pris individuellement. Ce n’est pas le problème de Malte, de la Grèce, de l’Italie ou de l’Espagne. C’est un sujet pour l’ensemble de l’Union européenne. C’est à elle que revient –en plus des pays pris individuellement- la responsabilité de la mort de milliers d’être humains sur ses côtes et frontières.
Pour répondre à la nécessité de sauver ces vies et dans le même temps tenir compte de l’inévitabilité des migrations internationales, phénomène historique, les gouvernements et les institutions européennes doivent impérativement changer de paradigme.
Dominique Guibert, président de l’Association européenne de défense des droits de l’Homme (AEDH)
Source : BELLACIO

mardi 21 avril 2015

Méditerranée : Cette dernière noyade de masse n’est pas simplement une tragédie, c’est un crime. Les grandes puissances impérialistes d'Europe et les États-Unis ont du sang sur les mains.



La mer Méditerranée est devenue le premier cimetière de boat-people du monde. L'Union européenne considère la noyade de réfugiés comme un moyen de dissuader d'autres personnes voulant risquer la traversée à l'avenir.
Une nouvelle et horrible tragédie s’est abattue sur des réfugiés fuyant l'Afrique du Nord pour atteindre l'Europe via la mer Méditerranée. Dimanche, un petit bateau a chaviré à environ 200 km au sud de l'île italienne de Lampedusa. Jusqu’à 700 personnes sont mortes. Lundi, les secouristes cherchaient toujours à récupérer les corps. Il se peut que le nombre exact de morts ne soit jamais connu.
Cette catastrophe intervient quelques jours seulement après qu’un bateau transportant 550 réfugiés a coulé en Méditerranée; au moins 400 d’entre eux se sont noyés.
Le nombre de personnes qui meurent en tentant d'émigrer vers l'Europe est choquant: plus de 1 500 depuis le début de cette année, 30 fois le nombre de décès pour la même période l’année dernière. Quelques 20 000 réfugiés ont atteint l'Italie, dont la majorité est maintenant prisonnière dans des camps d'internement.
Cette dernière noyade de masse n’est pas simplement une tragédie, c’est un crime. Les grandes puissances impérialistes d'Europe et les États-Unis ont du sang sur les mains.
Le bureau du Haut Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés et d'autres organismes d'aide estiment qu'un demi-million de personnes campe sur les côtes libyennes et cherche désespérément à trouver un passage à bord de tout navire disponible pour faire la traversée vers l'Europe. Elles ne représentent qu'une fraction de la population de réfugiés de cette région: deux millions pour la seule Libye, déplacés par la guerre de l’OTAN et des USA en 2011, qui a détruit le régime de Kadhafi et déclenché la guerre civile subséquente. Une autre guerre civile incitée par les USA en Syrie a créé un million de réfugiés. Des milliers d'autres ont été déplacés dans les pays de la Corne de l'Afrique Érythrée, Éthiopie et Somalie, ravagés par la famine, la guerre civile ou les frappes à partir de drones américains.
A cela s’ajoute un grand nombre de personnes fuyant l’effondrement des pays d’Afrique occidentale sous l'effet conjugué de la crise économique, de la sécheresse, de la maladie et des déprédations causées par les puissances impérialistes, dont la France qui y joue un rôle de premier plan. Il s’agit entre autres de la Mauritanie, du Mali, du Niger, du Tchad, de la Haute-Volta, de la Côte-d'Ivoire, du Cameroun et de la République centrafricaine.
Israël a contribué à l'afflux de réfugiés par l’offensive menée contre la bande de Gaza l'été dernier et qui a détruit les habitations de centaines de milliers de personnes. S’ajoute à cela le blocus économique incessant de ce territoire imposé conjointement par Tel-Aviv et la dictature militaire égyptienne et dont l’effet est d’emprisonner l’ensemble de la population, soit 1,5 million de personnes.
La classe dirigeante européenne a répondu à cette catastrophe humanitaire en érigeant une « forteresse Europe » et s’est efforcée avant tout d’empêcher les migrants d'atteindre le continent. L'Union européenne considère la noyade de réfugiés comme un moyen de dissuader d'autres personnes voulant risquer la traversée à l'avenir.
Cependant, la responsabilité principale revient à l'impérialisme américain et à l'administration Obama, dont les attaques militaires incessantes, les assassinats par drones, les blocus économique et les opérations de changement de régimes menées par la CIA ont produit une catastrophe humanitaire sans précédent depuis la Seconde Guerre mondiale.
Deux décisions prises par Washington méritent un examen particulier: le déclenchement de la guerre des États-Unis et de l'OTAN contre la Libye en mars 2011 et l'intervention en Syrie, qui a commencé le même mois et continue à ce jour. Dans chaque cas, l'administration Obama a cherché à dissimuler ses objectifs prédateurs derrière le discours d’une défense des droits humains et démocratiques. Les médias américains à la solde du grand patronat lui ont fourni la propagande nécessaire et les voix libérales comme le magazine The Nation et des groupes de la pseudo-gauche comme l'International Socialist Organization l’ont applaudie.
Dans le cas de la Libye, l'administration Obama a affirmé qu'il y avait une catastrophe humanitaire imminente à Benghazi, où les troupes gouvernementales libyennes auraient été sur le point d’écraser une « rébellion » soutenue par les Etats-Unis. Il s’est avéré plus tard que cette rébellion avait été conduite par des intégristes islamiques liés à Al-Qaïda, recrutés pour la campagne anti-Kadhafi, puis mobilisés pour la guerre civile en Syrie.
Six mois de bombardements des forces des USA et de l’OTAN, complétés par l'aide aux forces terrestres par procuration dirigés par des conseillers impérialistes, ont conduit au renversement de Kadhafi et à son assassinat par des forces « rebelles » dans les rues de Syrte. Hillary Clinton, secrétaire d'État, maintenant favorite à l'investiture démocrate à la présidentielle, a fait remarquer après, « Nous sommes venus, nous avons vu, il est mort », riant de sa lamentable plaisanterie.
Depuis, la Libye a sombré dans le chaos, des milices rivales y luttent pour le pouvoir, des gouvernements, des parlements et des capitales multiples sont apparus et un tiers de la population a été déplacée, n’ayant plus de foyer. Le principal butin sur lequel les pays impérialistes ont mis la main a été les vastes ressources pétrolières du pays, les installations de raffinage pour l’exportation et les ports nécessaires pour livrer le pétrole sur le marché mondial. Il se peut que la suite de l’histoire soit un retour pur et simple au colonialisme car l'Italie, l'ancienne puissance coloniale, envisage un blocus naval dirigé contre les bateaux de réfugiés et l'envoi de troupes au sol pour « rétablir l'ordre ».
En Syrie, pays beaucoup plus peuplé et économiquement développé, l'intervention américaine a été plus indirecte, mais non moins catastrophique. Les alliés des USA et de la CIA ont financé, armé et entraîné une succession de groupes rebelles qui cherchent à renverser le gouvernement du président Bachar al-Assad, le principal allié arabe de l'Iran et la Russie.
Les villes du pays ont été dévastées, en particulier Alep, la plus grande ville et le centre commercial. Le régime Assad a perdu le contrôle de la moitié du pays. Un tiers de la population de 26 millions d’habitants a été déplacée et des millions d’autres ont fui vers le Liban, la Turquie et la Jordanie. Un grand nombre a cherché à atteindre l'Europe, contribuant à l'afflux de réfugiés en Méditerranée.
Un autre million de réfugiés a été déplacé en Irak dû à l'émergence de l'Etat islamique (EI), lui-même un sous-produit de l'invasion américaine antérieure, de l'occupation de l'Irak et des opérations de la CIA en Syrie. Des millions d'autres réfugiés ont été créés par la dernière explosion de violence impérialiste dirigée contre le Yémen, que l'Arabie saoudite et d'autres États clients des Etats-Unis bombardent à l’aide d’avions de guerre, de bombes et de missiles américains, tout en préparant une éventuelle invasion terrestre de troupes équipées par les Etats-Unis
Depuis la première guerre du Golfe persique de 1990-1991, la classe dirigeante américaine a été engagée dans une guerre presque continuelle pour dominer les régions riches en pétrole du Moyen-Orient, d'Asie centrale et d'Afrique du Nord. Ces guerres ont détruit des sociétés entières et produit des souffrances humaines indicibles dans toutes ces régions.
Les deux grands partis et toutes les institutions officielles du capitalisme américain sont impliqués dans ce crime historique, y compris le Congrès, les tribunaux et les médias contrôlés par la grande entreprise.
Chaque partie de l'establishment politique défend les intérêts impérialistes des grandes entreprises et des banques. Tout homme politique, démocrate et républicain, est à la solde de l'appareil militaire et du renseignement qui soutient ces intérêts dans le monde entier. La lutte contre la guerre impérialiste nécessite un appel à la classe ouvrière et sa mobilisation révolutionnaire contre le capitalisme.
Pour diriger ce mouvement, une direction politique doit être organisée. C’est pour cette raison que le Comité international de la Quatrième Internationale a organisé le rassemblement en ligne de la Journée internationale du 1er mai 2015.
Par Patrick Martin
Source : WSWS

La Force « arabe » de Défense commune : un Otan arabe… sous commandement israélien.



De nombreux Etats et personnalités qui avaient pris position au début de la guerre du Yémen se sont ravisés. Se gardant de se positionner automatiquement selon le clivage sunnites-chiites, ils appellent au cessez-le-feu et à une solution politique. Derrière cette guerre inutile se cache en effet le projet de création d’un Otan arabe… sous commandement israélien.
Dans sa Doctrine de Sécurité nationale, publiée le 6 février 2015, le président Obama écrivait : « Une stabilité à long terme [au Moyen-Orient et en Afrique du Nord] requiert plus que l’usage et la présence de Forces militaires états-uniennes. Elle exige des partenaires qui soient capables de se défendre par eux-mêmes. C’est pourquoi nous investissons dans la capacité d’Israël, de la Jordanie et de nos partenaires du Golfe de décourager une agression tout en maintenant notre engagement indéfectible à la sécurité d’Israël, y compris par son avance militaire qualitative ».
La lecture attentive du document ne laisse aucun doute. La stratégie du Pentagone consiste à créer une version moderne du Pacte de Bagdad, un Otan arabe, de manière à pouvoir retirer ses forces militaires du Moyen-Orient et d’Afrique du Nord et à les repositionner en Extrême-Orient (le « pivot » contre la Chine).
De même, il est clair que dans sa vision, le Pentagone envisage que cette « Force arabe de Défense commune » soit constituée d’États du Golfe et de la Jordanie et qu’elle soit placée sous commandement israélien. Si l’on reprend l’exemple du Pacte de Bagdad, on se souviendra qu’il avait été constitué par le Royaume-Uni avec ses anciennes colonies. Cependant, au bout de trois ans, son état-major fut placé sous commandement du Pentagone, bien que les États-Unis n’aient jamais adhéré au Pacte.
En novembre 2013, le président israélien d’alors, Shimon Peres, est intervenu, par vidéoconférence devant le Conseil de sécurité du Golfe, réuni à Abu Dhabi en présence de représentants des principaux membres de la Ligue arabe et d’États sunnites d’Asie. Son intervention, qui portait sur la nécessité d’un nouveau pacte militaire face à l’Iran, avait été longuement applaudie.
Le Sipri de Stockholm vient de révéler que l’Arabie saoudite se serait préparée à créer la « Force arabe de Défense commune » en augmentant son budget militaire en 2014 de 13 milliards de dollars (+17 % !).
Riyad tente d’impliquer le plus grand nombre d’États possibles dans ce projet. Il a ainsi réussi à acheter la participation de l’Égypte. Pour ce faire, les États du Golfe ont offert 12 milliards de dollars pour les projets d’investissement du Caire, lors de la conférence économique de Charm el-Cheikh, le 13 mars.
La Ligue arabe a adopté ce projet lors de son sommet de Charm el-Cheick, le 1er avril. Officiellement, il s’agit d’appliquer le Traité de Défense arabe de 1950. pour lutter contre le terrorisme, à moins que ce ne soit pour satisfaire les ambitions saoudiennes au Yémen. La guerre contre les Houthistes, dont personne ne comprend la nécessité, joue ici le rôle d’un exercice grandeur nature, sans que l’on manifeste de compassion pour le millier de morts et les 3 000 blessés qu’elle a déjà entraînés.
D’ores et déjà, selon Stratfor, l’état-major militaire de l’opération « Tempête décisive » n’est pas en Arabie, mais au Somaliland. Ce pays, qui proclama son indépendance en 1960, puis fut rattaché à la Somalie à la suite d’un coup d’État en 1969, proclama une seconde fois son indépendance en 1991 avant d’être réintégré à nouveau à la Somalie, en 1994, et proclama une troisième fois son indépendance en 2002. Lors de ses deux premières indépendances, Israël fut le premier État à reconnaître le Somaliland. Actuellement cet État n’est reconnu par personne, mais depuis 2010, c’est une base israélienne pour contrôler le détroit de Bab el-Mandeb qui relie le canal de Suez et la mer Rouge au Golfe d’Aden et à l’océan Indien.
Les chefs d’état-major de la Ligue arabe se rencontreront le 22 avril pour évaluer les unités qu’ils pourraient mettre à disposition de ce dispositif. L’Égypte, le Koweït et le Maroc, tous trois impliqués dans les bombardements au Yémen présenteront un rapport préliminaire, le 1er juillet.
Tout cela était malheureusement prévisible. Après avoir trahi le Peuple syrien en excluant la République arabe syrienne de ses rangs en violation de ses statuts, la Ligue arabe s’apprête à trahir le Peuple palestinien et à placer ses armées sous le commandement d’un État colonial.
Thierry Meyssan