mercredi 10 septembre 2014

L’EIIL : l’EIIL est une création des services secrets occidentaux, principalement la CIA, le Mossad et le MI6.



Dans un rapport récent, Edward Snowden, l’ancien consultant de l’Agence de sécurité nationale des États-Unis (NSA) a confirmé ce qui était une évidence : l’EIIL est une création des services secrets occidentaux, principalement la CIA, le Mossad et le MI6. Ce groupe djihadiste a proclamé l’existence d’un État islamique dans la zone occupée depuis la ville d’Alep, dans le nord de la Syrie, jusqu’aux villes de Fallouja, Mossoul et Tal-Afar, en Irak, annonçant la restauration d’un califat et appelant « les musulmans du monde entier à prêter allégeance à leur chef ».
L’ex-agent de la NSA Edward Snowden confirme les informations établissant que le groupe djihadiste EIIL est une création des services secrets occidentaux, principalement la CIA, le Mossad et le MI6.
Les services secrets de la triple alliance sioniste auraient créé un service de recrutement de mercenaires dans le cadre d’une stratégie globale ancienne baptisée « nid de frelons », visant à regrouper tous les extrémistes au sein d’une seule entité, selon Snowden.
Dans le sillage des « créations » précédentes ayant pour objet d’augmenter la suspicion de l’opinion publique à l’égard des authentiques mouvements de résistance opérant dans tout le Proche Orient contre l’invasion anglo-américano-israélienne, l’EIIL agit comme une organisation extrémiste d’Al- Qaïda, ceci dans le but d’effacer la trace des véritables créateurs du terrorisme, résolus à redessiner la carte du Proche Orient pour s’emparer des richesses énergétiques et minières de la région, encercler la Russie et isoler la Chine. À cet égard, aussi bien le « nettoyage ethnique » contre les Palestiniens, que l’appropriation de ce qui reste de leur territoire (la bande de Gaza et la Cisjordanie), la sale guerre des forces mercenaires contre les États indépendants dans l’est de l’Ukraine s’inscrivent dans ce même schéma.

L’HISTOIRE SE RÉPÈTE

La stratégie visant à créer des organisations et favoriser l’émergence de leaders susceptibles de servir les intérêts sionistes n’a pas changé. Une fois qu’ils ont été utilisés, les groupes et leurs dirigeants sont remplacés. On met à prix les têtes des dirigeants, avant de procéder à la « reconstruction » de l’organisation.
Les révolutions colorées, le Printemps arabe, le mouvement étudiant des Mains blanches sont des exemples assez édifiants de la manière dont on crée des « organisations » et des « leaders ».
C’était aussi le cas du chef d’Al-Qaïda en Irak Abou Moussab al-Zarkaoui, connu sous son pseudonyme Abou Moussab al-Zarkaoui, et qui n’était autre qu’Ahmed Fadh al Nazzar Khalaylah. Il aurait été recruté pour se charger des actions terroristes en Irak avant, pendant et après l’invasion des États-Unis en 2003 et de l’assassinat de Saddam Hussein. Lieutenant d’Oussama ben Laden (que la triple alliance a utilisé en Afghanistan et au Kosovo avant d’ordonner sa capture et sa « mise à mort »), al-Zarkaoui fut impliqué dans le massacre de Tal Afar, identifié comme le bastion d’Al Qaïda et l’endroit depuis lequel cette organisation aurait étendu son action vers la Syrie.
D’origine jordanienne, al-Zarkaoui fut le mercenaire type. Impliqué dans des attentats commis non seulement au proche Orient mais aussi à Londres et aux États-Unis mêmes, y compris celui du 11 septembre 2001, il fut finalement tué le 12 juin 2006 dans un raid de l’aviation nord-américaine non loin de Baqouba, à une cinquantaine de kilomètres de Bagdad. Il devenait « dangereux », si bien que Bush fils ordonna de lancer une chasse à l’homme. À cette fin, les États-Unis montèrent la farce de la récompense : une offre de 25 millions de dollars US pour sa capture, la même somme que pour Oussama ben Laden.
Une fois al-Zarqaui mort, le gouvernement des USA procéda à l’installation d’Al-Qaïda en Irak, constituée de mercenaires aux ordres d’Abou Ayyoub al-Masri ou Abou Hamza al-Mouhajer, qui fut également éliminé en avril 2010 lors d’une opération conjointe de l’armée américaine et des autorités irakiennes, après avoir promis une récompense de cinq millions de dollars pour sa capture.
À l’heure actuelle, concernant l’EIIL, que la presse servile identifie comme une branche extrémiste d’Al-Qaïda, le gouvernement des États-Unis offre une prime de 10 millions de dollars pour la captur de son leader Abou Bakr al-Baghdadi. La triple alliance sioniste l’a utilisé pour détruire l’Irak et assurer la mainmise des grands groupes pétroliers sur les richesses énergétiques et minières de ce pays et faire passer le mouvement irakien de résistance contre l’occupation pour des terroristes. Aujourd’hui, il ne leur sert plus à rien.
Ceci dit, il serait bon de souligner qu’en Irak Al-Qaïda a toujours été un mouvement de mercenaires organisé par les services secrets occidentaux pour dépecer les États du Proche- Orient, affaiblir l’union musulmane, attiser les conflits confessionnels entre les populations sunnite, chiite et kurde, comme on le constate à l’heure actuelle, discréditer les authentiques mouvements de résistance contre l’invasion US et leurs alliés sionistes, constituer des gouvernements narco-terroristes comme ceux des Balkans qui permettent aux élites oligarchiques des États-Unis et de l’Occident en général d’exercer leur contrôle sur les richesses naturelles et d’assurer le flux de drogue en direction de ce pays et de l’Union européenne.
(Fragments tirés de Rebelion)

MAROC : Détenus politiques dans la prison Ain Kadous - à l’opinion publique nationale et internationale



Nous saluons toutes les militantes et tous les militants des associations de droits de l’homme, de l’association des enchômagés des cadres supérieurs, du mouvement du 20 février, des militants au niveau national et international, qui se solidarisent avec nous et soutiennent notre bataille, la bataille des gens libres et nobles et des révolutionnaires, bataille en dernier recours du peuple marocain...
Détenus politiques dans la prison Ain Kadouss , Fès ,Maroc
Mohamed Ghaloud, Mohamed Zeghdidi, Mohamed Fetal, Ibrahim SAîdi.

le 28 février 2012

À l’opinion publique nationale et internationale

Le régime au Maroc a échoué de briser les prisonniers politiques au Maroc en grève de la faim. Il a utilisé différentes méthodes y compris la transfusion et les injections et des promesses pompeuses. Notre bataille subit aussi des complots et des mesquineries. Notre combat victorieux a réussi à dévoiler et à faire connaître le dossier des prisonniers politiques au plan national et international. Les masses populaires ont adopté notre combat. Le régime et ses collabos se sont précipités et utilisent tous les moyens pour briser la grève. Celle ci a permis de démasquer la nature meurtrière du régime et ses étendards démagogiques : respect des droits de l’Homme, rupture avec le passé etc.
Nous , Mohamed Ghaloud, Mohamed Fetal, Mohaled Zeghdidi, Ibrahim Saîdi, détenus politiques dans la prison Ain kadouss à Fès, nous entamons la grève de la faim depuis le 23 février 2012.
Mohamed Ghelat, détenu politique dans la prison de Taza est en grève de la faim depuis le 23 janvier 2012.
Trois autres détenus politiques dans la prison locale à Errachidi ont rejoint le combat. Ils observent la grève de la faim depuis le 22 février 2012.
Ezedine Erroussi est en grève de la faim depuis le 19 décembre 2011 dans la prison de Taza. Son état de santé est très détérioré. Il est au bord du martyre.
Dans ce contexte, le régime ne peut que manœuvrer pour sortir de son isolement et œuvrer pour briser notre combat et limiter ses conséquences.
Dimanche 26 février une caravane de solidarité s’est déplacée vers Taza. Au cours de cette manifestation de soutien, des agents de renseignement se sont déguisés en militants de droits de l’Homme et ils ont tenté d’intimider et d’influencer le papa d’Ezedine Erroussi. Ils lui tenaient des propos suivants : « quelques-uns exploitent ton fils et bénéficient de la grève de la faim, ils le poussent au sacrifice et à l’aventure de mourir. Ton fils met sa santé et sa vie en cause pour rien, lui qui n’a que quelques mois de détention à tenir. Ezedine doit réfléchir à ses intérêts personnels. Réveille-toi et assume ta responsabilité pour sauver ton fils… »
Beaucoup d’autres avaient des plans et ont tenu des discours de campagne contre la bataille du camarade Ezedine, contre la bataille des étudiants et contre les militants de la voie démocratique basiste.
Et pour éclairer l’opinion publique nationale et internationale, ainsi que les nobles militantes et militants, toutes et tous les camarades, nous les détenus politiques dans la prison Ain Kadouss à Fès, nous vous informons que :
Le 27 février 2012, à sa demande, nous étions en dialogue avec le procureur général. Il nous a sollicité de suspendre la grève de la faim pendant une semaine en attente d’une réponse à nos revendications. Le procureur nous a avancé des promesses, surtout il nous a promis notre libération au plus tard le mois de mai ou juin prochain ! Selon le procureur général, « des discussions à haut niveau ont eu lieu pour solutionner le dossier des prisonniers d’opinion…etc »
Bine évidemment on a rejeté la demande de suspendre la grève de la faim et nous avons réitéré notre demande de satisfaire nos revendications et celles des prisonniers politiques, en premier lieu la libération.
Quelques minutes avant les négociations avec le procureur général, le directeur de la prison Ain Kadouss et soi-disant « responsable de l’administration régionale des prisons » nous ont annoncé qu’ils détiennent des informations sures et que Ezedine Erroussi a arrêté la grève de la faim et de soif , il est de notre devoir et responsablité , selon eux, de ne pas rater l’occasion des négociations avec le procureur général pour arrêter la grève et mettre fin à nos souffrances !!
Autre point qui illustre l’ampleur du piège et du complot organisé contre nous, sans doute par le régime : Dimanche dernier, des gens suspects se sont rapprochés de la famille de notre camarade Ezedine Erroussi et ont propagé des contrevérités et des mensonges pour l’atteindre moralement et faire pression sur Ezedine. Lundi , juste avant notre rencontre avec le procureur, le directeur de la prison Ain Kadouss et le nommé « responsable régional » ont fait circuler la murmure de la fin de la grève de la faim à Taza.
Organiser cette rencontre en ce moment même et dans ces conditions n’est pas du au hasard.
Il s’agit bien d’un plan clair de traits qui est organisé contre la bataille des détenus politiques, contre les masses des étudiants en mouvement dans le bastion Dher EL Mehraz à Fès, victimes des violations et agressions des baltajis (collabos) du régime et contre les étudiants en grève à Taza victimes des interventions répressives des forces de l’ordre.
Contrairement à ces plans abjects des agents et des collabos sous enseigne de « droits de l’homme », nous déclarons qu’Ezedine Eroussi continue sa grève de faim et de soif. Nous même, le détenu politique Mohamed Ghelat et les camarades détenus dans la prison d’Errachidia, nous continuons également la grève de la faim. Nous disons aux comploteurs et aux traitres que notre bataille est forte et nos convictions sont solides. Le chemin du sacrifice et du martyre que nous empruntons en toute conscience est le fossoyeur de vos tombes. Notre bataille ne peut qu’évoluer et s’intensifier et vos masques tomberont.
Nous saluons toutes les militantes et tous les militants des associations de droits de l’homme, de l’association des enchômagés des cadres supérieurs, du mouvement du 20 février, des militants au niveau national et international, qui se solidarisent avec nous et soutiennent notre bataille, la bataille des gens libres et nobles et des révolutionnaires, bataille en dernier recours du peuple marocain. Nous accueillons toutes initiatives pour développer notre cause, la cause du peuple marocain. Nous confirmons notre attachement aux valeurs et principes de la lutte. Nous dévoilons et confrontons avec force toute tentative de surenchère, d’opportunisme, de compromission sur le dos des sacrifices des détenus politiques,leurs familles et des martyrs et des souffrances du peuple.
Nous saluons nos familles et à travers elles toutes les familles résistantes et combattantes des détenus politiques .
Nous saluons nos camarades de la voie démocratique basiste, les masses des étudiants et tous les détenus politiques
Nous saluons également tous les nobles militant(e )s au Maroc et au niveau international
Nous condamnons toutes les conspirations du régime en place et ses caudataires contre les détenus politiques, leurs familles , les masses des étudiants, la voie démocratique basiste, les masses populaires et leurs fidèles militants .
Liberté pour les détenus politiques
La bataille jusqu’à la victoire ou le martyre
Ni paix ni résignation … la lutte en avant.

samedi 6 septembre 2014

Les alliés des États-Unis Arabie saoudite, Turquie, Koweït financent et soutiennent le groupe djihadiste de l'EIIL/ISIS ! Il peut subsister des zones d'ombres sur qui est derrière la subite émergence de l'EIIL. Elles ont trait au degré d'implication des pays occidentaux – et de leurs services secrets.



Quand est évoquée la question du financement, des soutiens des djihadistes de l'EIIL/ISIS (Etat islamique de l’État et du Levant), la réponse semble « complexe », « obscure », rétive aux explications « simples ». Or, même s'il subsiste des zones d'ombres, des noms reviennent systématiquement : ceux des alliés des USA.
Cela fait des mois que l'ex-Premier Ministre irakien Nouri al-Maliki accuse directement l'Arabie saoudite et le Qatar du financement des fondamentalistes islamistes de l'EIIL. Des dénonciations qui ont rencontré les démentis des autorités saoudiennes, le mépris des puissances occidentales.
Il faut pourtant prêter une oreille au « faucon » John McCain, en février 2014, à la Conférence de sécurité de Munich : « nous remercions Dieu pour les Saoudiens, le prince Bandar et nos amis qataris ».
Quand est évoquée la question du financement, des soutiens des djihadistes de l'EIIL/ISIS (Etat islamique de l’État et du Levant), la réponse semble « complexe », « obscure », rétive aux explications « simples ». Or, même s'il subsiste des zones d'ombres, des noms reviennent systématiquement : ceux des alliés des USA.
Cela fait des mois que l'ex-Premier Ministre irakien Nouri al-Maliki accuse directement l'Arabie saoudite et le Qatar du financement des fondamentalistes islamistes de l'EIIL. Des dénonciations qui ont rencontré les démentis des autorités saoudiennes, le mépris des puissances occidentales.
Il faut pourtant prêter une oreille au « faucon » John McCain, en février 2014, à la Conférence de sécurité de Munich : « nous remercions Dieu pour les Saoudiens, le prince Bandar et nos amis qataris ».
En mai 2013, John McCain s'était rendu en Syrie pour rencontrer ces « combattants de la liberté », posant sur une photo où on retrouvait, outre le Général Idris de l'Armée syrienne libre, des guerriers des factions islamistes d' « Al Nosra » tandis que l'EIIL revendique depuis cette photo comme preuve de sa légitimité, plusieurs de ces combattants présents ayant depuis rejoint le groupe.
La politique états-unienne n'a pas été uniforme depuis le début de la guerre civile en Syrie, des dissensions se sont faits jour sur les modalités du soutien aux rebelles – direct ou indirect, tout azimut ou ciblé, intervention armée ou coopération avec d'autres puissances dans la région (Iran).
Une chose est sûre, trois pays reviennent systématiquement quand on évoque le soutien aux islamistes d'Irak et de Syrie – l'Arabie saoudite, le Koweït et la Turquie – trois alliés incontournables des États-Unis dans la région.

L'Arabie saoudite, l'épicentre du djihadisme 
Le premier au banc des accusés est l'Arabie saoudite, pointé par les gouvernements irakien, iranien et syrien mais aussi par son « meilleur ami/ennemi », le Qatar.
Première question, celle du financement. Bien que les Saoudiens aient toujours dénié tout soutien financier aux guérillas islamistes, on sait désormais que les deux principaux bailleurs de fonds de la rebellion syrienne, en rivalité par ailleurs, sont le Qatar et l'Arabie saoudite.
On sait également que les dits « modérés » (mais qui est modéré dans ce conflit ?) ont depuis longtemps perdu le contrôle au profit des dits « extrémistes », les groupes liés à Al-Qaeda en tête.
Dans ce cadre, la rivalité entre Qataris et Saoudiens portaient sur l'identité des groupes islamistes à soutenir, le Qatar auraient favorisé plutôt le « Front al-Nosra » tandis que les Saoudiens privilégiaient l' « EIIL » ou la nouvellement formée « Armée de l'Islam » (JAI).
Or, en février dernier, une rencontre à Washington entre les services de renseignement alliés des Etats-unis – Jordanie, Turquie, Qatar, Arabie saoudite – débouchait sur une affirmation de la nécessité de cesser de financer, d'armer les groupes « extrémistes » plutôt que les « modérés ».
Le premier pays visé était l'Arabie saoudite dont le chef des services de renseignement, le prince Bandar bin Sultan venait, peut-être sur sollicitation américaine, d'être congédié. Un aveu du bien-fondé des suspicions irako-irano-syriennes, inavouables publiquement bien sûr.
De quoi s'attarder sur la personnalité du prince Bandar bin Sultan, et son rôle dans la préparation militaire de la rébellion. Belliciste et influent, résolu mais aussi incontrôlable, le prince Bandar a fini par agacer les Etats-unis qui ont demandé sa mise sur la touche.
Pourtant, jusque-là, la collaboration des services saoudiens avec la CIA avait fonctionné à plein, comme dans les camps d'entraînement des djihadistes en Jordanie.
Ou encore dans la « rat line », un approvisionnement d'armes libyennes jusqu'en Syrie via la frontière turque, avec des financements saoudiens, et l'action d'agents de la CIA américaine et du MI-6 britannique, une opération coordonnée par le directeur de la CIA, David Petraeus.
La « rat line » a été divulguée au moment de l'attentat contre le consulat américain à Benghazi, en septembre 2012. Elle était contenue dans une annexe classifiée secrète à un rapport du Département d'Etat sur l'événement.
Toutefois, les doubles objectifs de l’État saoudien, les plans secrets de soutien aux islamistes radicaux du prince Bandar ont refroidi les États-Unis.
L'influence de ce dernier auprès des cercles dirigeants néo-conservateurs et des groupes pétroliers est notable, profitant de sa charge d'ambassadeur aux Etats-unis de 1983 à 2005 pour tisser son réseau, lui qui fut un ami personnel de Ronald Reagan, George Bush (père et fils) ou encore Dick Cheney. Il fut pendant longtemps la face publique du « lobby saoudien » à Washington.
Pourtant, le prince Bandar n'a jamais caché ses intentions. Ainsi, en juillet dernier, le prince Bandar a parlé franc jeu avec le président russe Poutine, après avoir menacé à demi-mot les JO de Sotchi d'attentats terroristes :
« Ces islamistes tchétchènes (...) sont comme ceux que nous contrôlons en territoire syrien, ils ne bougent pas sans que nous nous coordonnions. Nous les utilisons contre le régime syrien, mais ils n'auront pas d'influence dans l'avenir politique du pays ».
Sur le terrain, les forces militaires de l'EIIL sont composés de combattants de toute nationalité, mais avant tout saoudiens selon diverses estimations.
En 2007, les Etats-unis avaient déjà estimé que 45 % des combattants étrangers en Irak étaient saoudiens. Selon un institut de recherche basé aux Emirats arabes unis, l'INEGMA, 4 000 combattants saoudiens et 1 500 des Emirats seraient présents dans les rangs de l'ISIS.
De quoi éveiller quelques doutes chez les responsables américains, en coulisses bien sûr. En 2009, Hillary Clinton avait signé un mémo secret – révélé par Wikileaks – spécifiant que :
« l'Arabie saoudite représente une base de soutien financier capitale pour Al-Qaeda, les Talibans (…) les donateurs d'Arabie saoudite constituent la source la plus importante de financement des groupes terroristes sunnites dans le monde ».
Faut-il rappeler que 15 des 19 responsables directs des attentats du 11 septembre 2001 étaient Saoudiens, l'immense majorité des financements d'Al-Qaeda venait d'Arabie saoudite, tout comme son idéologie « wahhabite » dont s'est inspiré Ousama Ben Laden.
Aucun « terroriste », pas un sou ne venaient alors d'Iran, de Syrie ou d'Irak. 

Le Koweit, et les autres pays du Golfe : la plaque-tournante du financement
Toutefois, pour ce qui concernerait le financement, il faudrait voir d'abord du côté des riches fortunes des pays du Golfe : Qatar, Émirats arabes unis et surtout Koweït.
Présenter ce financement comme « indirect » peut prêter à sourire quand on sait l'imbrication intégrale et même l'identité entre grandes fortunes et familles princières dans les Emirats.
Selon un rapport du think tank libéral Brookings Institution – financé partiellement par le Qatar – le Koweit est désormais devenu « une plaque-tournante du financement de la myriade de groupes rebelles en Syrie », chiffrant le montant des aides à plusieurs centaines de millions de $.
Utilisant la législation extrêmement laxiste du Koweit, une dizaine d'hommes de l'affaire de l'émirat auraient fait transiter des millions de $ via la Turquie ou la Jordanie pour financer la rebellion tandis que des membres de la minorité chiite au Koweit soutiendraient, eux, le régime d'Assad.
Le rapport de la Brookings Institution souligne que la collecte de fonds pour les rebelles syriens est devenue à partir de 2011 enjeu de rivalités entre tribus et clans, notables cléricaux ou politiques, poussés par les partisans du salafisme.
Des campagnes furent menées expliquant qu'on pouvait « avec 800 $ acheter une roquette », ou « équiper un soldat avec 2 500 $ », les noms de riches donateurs, parlementaires ou dignitaires religieux comme Jaman Herbach, Walid al-Tabtabai, Hadjaj al-Ajmi ou Abd al-Rahmane al-Anizi, représentent ces financements ouvertement proclamés pour les djihadistes syriens.
Les stratégies des donateurs koweitiens allaient du financement de la création de brigades salafistes regroupées dans « Jahbat al-Asala wa al-Tanmiya », du renforcement de groupes islamistes dont « Ahrar al-Sham » (soutenu par Shafi al-Ajmi) ou « Jabhat al-Nosra » (financé par Ghanem al-Mutairi).
Selon la Brookings Institution, tous les groupes financés par les Koweïtiens collaborent avec les mouvements d'Al Qaeda, d'abord le Front al-Nosra, ensuite l'EIIL.
Les Etats-unis ont d'ailleurs ciblé et gelé les avoirs il y a une semaine de trois individus pour financement de l'EIIL – ainsi que d'al-Nosra – qui se révèlent être Mohammed al-Ajmi, Hadjadj al-Ajmi et Abd al-Rahmane al-Anizi, des noms déjà mentionnés et connus des observateurs.
Le Qatar – tout en finançant des analyses qui dédouanent l'émirat, accusant ses voisins saoudiens et koweïtiens – dénie toute implication dans le financement, bien que l'on sache qu'il ait été le premier bailleur de la rébellion islamiste syrienne, avec 3 milliards de $ dépensés de 2011 à 2013.
Cette somme aurait servi avant tout à financer les islamistes du « Front al-Nosra », tandis que le Qatar aurait alimenté un réseau de trafic d'armes permettant d'armer notamment les rebelles en missiles anti-aériens. 

La Turquie, base logistique des rebelles islamistes
Et la Turquie dans tout cela ?
Que ce soit pour le transport d'armes, les voies d'acheminement des rebelles, ou le transfert de fonds, tous les acteurs évoquent une voie royale :la frontière longue de 800 km entre la Turquie et la Syrie, qu'un journaliste turc a qualifié « d'autoroute à deux sens pour les djihadistes ».
Un simple coup d’œil à une carte révèle que les « rebelles syriens » contrôlent – en dépit de leurs revers face aux troupes syriennes gouvernementales – toujours le nord de la Syrie, le long de la frontière turque, ce qui laisse l'hypothèse lourde d'une base arrière turque pour les rebelles.
Une institution confirmée par nombre d'observateurs qui soulignent que les djihadistes utilisent les camps de réfugiés comme camps d'entraînement, traversent la frontière pour se soigner, se reposer ... ou simplement prendre un verre de thé et manger un kebab dans le sud de la Turquie.
C'est par exemple le témoignage d'un combattant d'ISIS interviewé par le journal turc « Yurt », évoquant « le soutien dont son organisation reçoit d'Ankara, sans lequel ils n'auraient pas autant de combattants, et ne contrôleraient pas tous ces territoires ».
Interviewé au cœur de l'Anatolie, il ajoute que lui et ses compagnons sont traités ici des blessures reçues en Turquie. Certains sont soignés dans des hôpitaux publics et privés à Ankara, Istanbul et Izmir. Selon les observateurs, 3 000 militants d'ISIS se trouveraient en Turquie à l' heure actuelle.
Le Washington Post insistait récemment sur la « répression tardive des combattants islamistes (12 août 2014), rappelant que « dans les étales poussiéreuses du marché, parmi les boutiques de baklava et les kebab, les habitants mentionnent des combattants islamistes qui achetaient leurs uniformes et les derniers portables Samsung ».
« Tandis que les djihadistes blessés de l'EIIL et d'Al-Nosra étaient soignés dans les hôpitaux turcs (…) les riverains indiquent que Reyhanli et les autres villes turques frontalières étaient devenues des étapes pour les combattants et les armes destinées à alimenter les rebelles syriens. »
Ce secret de polichinelle ne pouvait plus être caché après que le 1er janvier 2014, un camion rempli d'armes et de munitions à destination de la Syrie était arrêté à Adana, près de la frontière. Les policiers qui ont divulgué des photos de la prise, le procureur public d'Hatay qui a tenté de mener l'enquête ont tous été démis de leurs fonctions, l'affaire a été classée sans suite.
Ce camion appartenait à l'IHH (la Fondation turque pour les droits de l'Homme et l'aide humanitaire), une organisation de charité islamique – à laquelle est liée le fils du Président Erdogan –, paravent pour le financement de groupes djihadistes comme en Syrie, avec des livraisons d'armes avérées au moins à partir de septembre 2012.
L'implication des services de renseignement turcs, le MIT, est directe selon le journaliste turc Cengiz Candar pour qui l'organisme est l' « accoucheur » du groupe djihadiste.
Son rôle indirect semble indiscutable tant la porosité de la frontière turco-syrienne ne peut s'expliquer que par un laissez-faire (ou plutôt laissez-passer) coupable.
Certains combattants kurdes syriens dénoncent le fait que des officiers turcs aient participé à des interrogatoires de leurs militants capturés par ISIS.
Le journal turc Aydinlik a révélé, lui, que des anciens membres des Forces spéciales avaient été envoyés en Syrie pour épauler ISIS, avec une base logistique pour cette opération dans la ville de Konya, en Anatolie centrale.
Certains officiers des renseignements occidentaux – cités dans The Telegraph, le 14 avril 2014 – estiment que c'est le MIT turc qui serait à l'origine de l'attaque au gaz sarin du 21 août dernier, cherchant à provoquer l'entrée en guerre des Etats-unis.
Selon les autorités turques, il y aurait plus de 1 000 combattants turcs dans les rangs d'ISIS, soit un dixième de leurs forces. Difficile de croire que les services de renseignement turcs auraient manifesté une telle incompétence face à ce flot de combattants ayant résidé sur leur sol, traversé leurs frontières, étant de leur nationalité.
Enfin, un dernier élément troublant, accablant, ce sont les autres sources de revenus d'ISIS : d'abord le trafic de pétrole revendu dans la région.
Là encore, ce n'est guère un surprise, ce pétrole est revendu essentiellement à la Turquie, qui pomperait 1 500 tonnes par jour, soit 4 % de sa consommation, à prix cassés. Selon le député turc d'opposition, Ali Ediboglu, les rebelles d'ISIS auraient vendu pour 800 millions de $ de pétrole au gouvernement turc.
Il peut subsister des zones d'ombres sur qui est derrière la subite émergence de l'EIIL. Elles ont trait au degré d'implication des pays occidentaux – et de leurs services secrets. Mais le rôle des plus proches alliés des Etats-unis dans cette rébellion nous en apprend beaucoup sur son instrumentalisation au service des desseins impérialistes dans la région.
 Article AC pour http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/