mardi 14 janvier 2014

LIBAN : De la folie et de l’hallucination …. Aujourd’hui, au XXIe siècle, des forces obscurantistes tentent d’inverser cette tendance, de falsifier le cours de l’Histoire. On les voit à l’œuvre en Syrie, en Irak, au Liban, au Yémen et ailleurs. Leurs schémas intellectuels sont d’autant plus pernicieux qu’ils sont d’une affligeante simplicité: ceux qui ne pensent pas comme eux sont contre eux… et méritent la mort.

Y a-t-il une plus grande intimité que de partager avec l’Autre l’Espace et le Temps? N’est-ce pas ce que font musulmans et chrétiens au Levant, en Irak et en Egypte, depuis plus de quatorze siècles? Leur volonté du vivre-ensemble a résisté aux vicissitudes de l’Histoire. Le rigorisme de certains califes, la tragédie des croisades, l’intolérance des Mamelouks, les sautes d’humeur des Ottomans et l’injustice des colonisateurs n’ont pas entamé la détermination des différentes communautés religieuses à envisager leur avenir ensemble. Telle a été la tendance historique dominante dans notre région, malgré des parenthèses peu glorieuses.
Aujourd’hui, au XXIe siècle, des forces obscurantistes tentent d’inverser cette tendance, de falsifier le cours de l’Histoire. On les voit à l’œuvre en Syrie, en Irak, au Liban, au Yémen et ailleurs. Leurs schémas intellectuels sont d’autant plus pernicieux qu’ils sont d’une affligeante simplicité: ceux qui ne pensent pas comme eux sont contre eux… et méritent la mort. Leurs victimes sont les membres des autres communautés religieuses, chrétiens ou musulmans minoritaires, mais aussi les sunnites qu’ils jugent mécréants, apostats, renégats ou traîtres. Leurs méthodes sont barbares, inhumaines. Elles vont du rançonnage au rapt, en passant par la torture, le massacre de prisonniers, les exécutions sommaires, les décapitations, sans oublier les viols et la débauche (le jihad sexuel!), légitimés par des fatwas venues d’un autre temps.
Le plus désolant, c’est que ces aliénés, lâchés dans la nature, bénéficient d’un précieux soutien provenant d’individus, de groupes, d’institutions ou d’Etats, qui prétendent défendre les valeurs humanistes.
Ils jouissent de la complaisante indifférence d’une partie de la classe politique libanaise, prisonnière des calculs de boutiquiers et empêtrée dans de basses manœuvres, inconsciente (ou parfaitement consciente?) du danger existentiel qui menace tout le monde. Ils profitent, aussi, du laxisme de l’Etat, paralysé par les querelles de poulaillers, les intérêts divergents et les allégeances suspectes.
Cette indifférence et ce laxisme donnent lieu à des scènes incroyables. Un exemple parmi tant d’autres: le cheikh Salem Raféï, à qui l’on peut facilement décerner la palme du discours sectaire, trône aux côtés d’un officier supérieur des Forces de sécurité intérieure, pour, soi-disant, dénoncer l’autodafé de la bibliothèque as-Sayeh à Tripoli. Après toutes les formules habituelles, le cheikh affirme que «les jeunes» qui ont brûlé les livres et les vieux manuscrits ne doivent pas être tenus responsables de leur acte. La faute est au climat ambiant dans le pays, philosophe-t-il. Personne dans l’assistance n’a trouvé utile de protester, ou de froncer les sourcils.
Ces obscurantistes peuvent se vanter d’avoir des soutiens parmi les élus libanais. Khaled Daher - encore lui - n’éprouve aucune honte à justifier les attentats suicide qui frappent certaines régions libanaises. Les assassins, qui se font sauter au milieu des civils, deviennent pour lui des «istichhadiyyin» (kamikazes dans le sens positif). Peut-on attendre mieux d’un homme qui raconte que lorsque sa mère le portait dans son ventre, elle a eu la vision du Prophète lui annonçant la prochaine naissance de notre illustre député?
Que dire alors de ces prestigieuses agences de presse internationales, coupables de graves manquements aux règles professionnelles pour des raisons éminemment politiques? Leurs dépêches sont bourrées de glissements sémantiques et d’euphémismes. On y apprend, par exemple, que les douze moniales de Maaloula ont été «emmenées» par des rebelles et non pas «enlevées»; ou que les deux évêques d’Alep ont été enlevés «par des hommes armés», pour semer le doute dans l’esprit des lecteurs sur le fait qu’il pourrait s’agir, peut-être, de miliciens pro-régime.
Parlons de ces médias et de ces «analystes» qui applaudissent à la «deuxième révolution» des Syriens, contre al-Qaïda cette fois-ci. La bêtise a-t-elle atteint un tel pic que l’on nous demande de choisir entre des aliénés «soft», représentés par le Front islamique (avez-vous déjà écouté un discours de Zahrane Allouche, la plus éminente figure de ce groupe?) et le Front al-Nosra d’un côté, et les aliénés «hard» de l’Etat islamique en Irak et au Levant de l’autre?
Certains cerveaux malades, dans la région et dans le monde, croient pouvoir transformer les «soft» en interlocuteurs respectables, après avoir bien poli leur image et retravaillé leur réputation. Pure hallucination. Autant pactiser avec le diable.
Source : http://magazine.com.lb/index.php/fr/liban/editorial1/itemlist/category/29-editorial
L’Hebdo Magazine (Liban)

lundi 13 janvier 2014

Venezuela : La NSA a-t-elle assassiné Hugo Chavez ? (Matrizur)….. Il était en tête de liste de la CIA comme cible principale de leurs agressions et les États-Unis amplifièrent de façon significative (ouvertement ou secrètement) leur présence militaire autour du Venezuela durant sa Présidence.

En 2013, le Venezuela a connu un des moments les plus difficiles de son histoire avec le décès du Président Hugo Chavez, le 5 mars. Chavez, leader de grande envergure, fut victime d’un cancer agressif dont il mourut en moins de deux ans. Pendant ses quatorze années au pouvoir, ce Président charismatique (toujours élu démocratiquement et à la grande majorité) s’est confronté à de grands et puissants ennemis : coups d’état, sabotages économiques, interventions électorales, guerre psychologique, financement à coup de millions de dollars à l’opposition du pays par des agences américaines, et des attentats contre sa personne , furent quelques unes des méthodes et des stratégies de déstabilisation auxquelles il dût faire face pendant son mandat.
Il était en tête de liste de la CIA comme cible principale de leurs agressions et les États-Unis amplifièrent de façon significative (ouvertement ou secrètement) leur présence militaire autour du Venezuela durant sa Présidence. Tout cela fit que sa mort brutale et inattendue fit naître beaucoup de soupçons parmi ses partisans et tous ceux qui s’intéressaient à sa vision sociopolitique. Chavez défiait les intérêts des plus puissants et en même temps contrôlait les plus grandes réserves pétrolières de la planète.
La mort de Chavez peut-elle avoir été un assassinat politique ?
Il y a quelques années, cette question aurait fait sourire une grande partie des lecteurs, mais aujourd’hui, avec l’immense quantité de documents publiés par le lanceur d’alerte Wikileaks et l’ex agent de la NSA, Edward Snowden, nous informant sur les graves atteintes aux droits de l’homme et à la souveraineté des pays commises par le Gouvernement des États-Unis, ce ne sont plus seulement les « conspiranoïaques » et les connaisseurs de la politique sale des États-Unis qui se posent des questions de ce genre.
Aujourd’hui le monde sait comment le gouvernement des États-Unis espionne ses amis, ses alliés, ses citoyens et ses ennemis ; personne n’échappe aux yeux et aux oreilles de Washington. On sait aujourd’hui que presque toutes les ambassades des États-Unis dans le monde sont des centres d’espionnage et d’opérations d’intelligence, bafouant ainsi toutes les normes et les règles internationales, sans se soucier des conséquences. On sait toutes les graves atteintes aux droits de l’homme qui ont été commises par les forces armées américaines en Irak et en Afghanistan, et on sait aussi comment le Gouvernement de Barak Obama a augmenté l’utilisation d’avions sans pilotes (drones) pour assassiner des innocents par télécommande.
On sait aujourd’hui la rage avec laquelle le Gouvernement du premier Afro-étasunien à la Présidence poursuit ceux qui dévoilent des vérités sur les abus de Washington, et plus encore quand ce sont des citoyens étasuniens comme Bradley (Chelsea) Manning, Edward Snowden et Jeremy Hammond. On sait que Washington a utilisé son pouvoir économique pour tenter de neutraliser Wikileaks et geler ses finances, bloquant son accès à Mastercard, Visa et Paypal avec le seul objectif d’étouffer sa voix et d’empêcher sa publication continue de documents qui dévoilaient les basses actions de la Maison Blanche.
Toutes ces révélations ont rendu le public mondial moins sceptique et plus réaliste quand il s’agit de la capacité du Gouvernement américain à réduire ses ennemis au silence, cacher ses erreurs et utiliser tous les moyens possibles pour conserver sa domination.
Hugo Chavez a toujours été un caillou dans la chaussure impériale. Sous-estimé par les analystes et conseillers « d’esprit guerre froide » de Washington, Chavez mit fin à l’influence et à la domination des États-Unis en Amérique Latine en moins d’une décade. Il a transformé le Venezuela, pays dépendant et soumis à la culture politique américaine en une nation souveraine, libre, indépendante, digne et orgueilleuse de ses racines, de son histoire et de sa culture afro-indo-américaine. Il a repris le contrôle des ressources stratégiques, non seulement du Venezuela mais dans toute l’Amérique Latine, toujours sous le drapeau de la justice sociale.
Il a impulsé l’intégration régionale et la création d’organisations comme l’Union des Nations Sud-Américaines (UNASUR), l’Alliance Bolivarienne pour les Peuples de Notre Amérique (ALBA), la Communauté des États Latino-Américains et des Caraïbes (CLAC), entre autres. Sa main ferme face aux agressions des États-Unis fut un exemple et une inspiration pour des millions dans le monde, qui virent avec espoir la révolution au Venezuela et son expansion régionale.
Sans doute beaucoup d’intérêts puissants à Washington et ailleurs, désiraient la disparition physique de Hugo Chavez. Ils essayèrent d’y parvenir avec un coup d’État soutenu par Washington en avril 2002 qui échoua. Quelques mois après, on essaya de le sortir du pouvoir par un très important sabotage économique qui faillit détruire l’industrie pétrolière du pays, mais cela aussi échoua. Un an et demi après, des paramilitaires mercenaires furent envoyés de Colombie pour l’assassiner mais ils furent capturés par les autorités Vénézuéliennes et le complot fut neutralisé. Dans les années qui ont suivi, il y eut de multiples attentats contre sa personne et beaucoup de plans pour déstabiliser son gouvernement, mais aucun ne fonctionna.
Pendant ce temps, la popularité de Chavez ne cessait de grandir et son projet socialiste commençait à se consolider dans le pays.
Les documents de la NSA filtrés par Snowden, ont révélé que le Président Chavez et son gouvernement était sur la liste des six cibles principales de l’espionnage Américain depuis au moins 2007. À peine un an avant, la Maison Blanche avait créé une mission spéciale d’intelligence pour le Venezuela, qui faisait ses rapports directement au directeur national d’intelligence sans passer par la CIA ni aucune des 15 autres agences d’intelligence des États-Unis.
Cette mission spéciale était complètement clandestine et disposait de grands moyens financiers et autres. Il existait seulement deux autres missions de ce style : pour l’Iran et la Corée du Nord. Associer le Venezuela à deux pays ennemis déclarés de Washington est un indicateur du niveau de menace qu’Hugo Chavez représentait pour le Gouvernement des États-Unis.
La maladie
Le cancer dont souffrit Hugo Chavez, et qui causa sa mort si subite était rare. Comme Nicolas Maduro l’a expliqué, son cancer fut inhabituel, sans nom et très agressif. Il n’était pas d’un organe en particulier. Il n’y a pas eu de cas de cancers dans la famille Chavez, il n’y avait aucune prédisposition génétique. Il fut détecté en Juin 2011 et malgré de très forts traitements il mourut en moins de deux ans.
Des documents déclassifiés de l’armée des États-Unis obtenus par Associated Press en 1995 grâce à la Loi d’Accès à l’Information (FOIA) mirent en évidence que depuis 1948, le Pentagone cherchait à mettre au point une arme de radiation pour les assassinats politiques.
Une autre étude des renseignements de l’armée étasunienne en 1969 confirma que l’utilisation clandestine de la radiation en tant qu’arme pouvait causer de graves maladies ou même la mort d’adversaires politiques. En d’autres termes, c’était une méthode d’assassinat qu’ils mettaient activement au point.
On peut facilement imaginer, si Washington faisait des essais de radiation comme arme d’assassinat politique depuis 1948 jusqu’où a pu parvenir cette technologie au 21e siècle.
Assassinat par le biais de l’espionnage
Un câble secret du Département d’État du 31 Janvier 1976 alertait sur les graves effets sur la santé causés par les micro-ondes radioactives utilisées par le KGB pour espionner l’ambassade États États-Unis à Moscou :
« Selon nos médecins experts l’exposition prolongée à des micro-ondes radioactives aux niveaux mesurés à l’ambassade des États-Unis constituent une menace pour la santé ».
Pourtant Washington développa des outils d’espionnage beaucoup plus puissants et avec de plus grandes fréquences de radiation.
Des documents de la NSA, filtrés par Edward Snowden et publiés récemment par le journal Allemand Der Spiegel se référent à un puissant équipement développé par l’agence Américaine, qui émet des radio-ondes continues et à haute fréquence contre une cible pour surveiller et capturer toutes ses communications. D’après un document ultra secret de la NSA, cet équipement, le CTX4000 est une « unité radar portable d’ondes continues (CW). Il peut être utilisé pour illuminer une cible afin de récupérer de l’information en dehors du réseau ».
Le CTX 4000 a la capacité de collecter des signaux qui ne pourraient l’être autrement, ou le seraient très difficilement ainsi que leur traitement. Le document détaille ses capacités : « Rang de fréquence :1-2 GHz ; bande large à 45MHz ; puissance de sortie :jusqu’à 2W, utilisant l’amplificateur interne ; amplificateur externe jusqu’à 1KW ».
Un kilowatt est une forte capacité et quantité d’ondes radioactives. Cette quantité projetée sur une personne pendant une période continue peut causer de graves dommages à sa santé. L’étude de l’Armée des États-Unis en 1969, (mentionnée antérieurement) sur les effets sur la santé de la radiation en tant qu’arme, souligne que l’impact (ou l’évènement désiré, en d’autres termes la mort de la cible) pourrait avoir lieu des années après l’exposition à l’agent radioactif.
Parmi les documents de la NSA publiés par le Spiegel, se trouvent des renseignements sur d’autres formes d’espionnage au travers des téléphones portables, des systèmes Wifi, et des réseaux mobiles qui pourraient aussi avoir de graves effets sur la santé des cibles. Pourtant l’utilisation d’un équipement radar portable qui émet des ondes continues à haute fréquence contre une personne semble être plus encore qu’un mécanisme d’espionnage un instrument d’assassinat.
Hugo Chavez fut la principale cible de la NSA pendant des années. La possibilité que leurs outils d’espionnage aient contribué, sinon causé sa maladie, ne parait plus autant science fiction que ça l’aurait paru en d’autres temps.
Eva Golinger
Traduit de l’espagnol par irisinda

dimanche 12 janvier 2014

SHARON : Cet homme n’était pas un héros,c’était un criminel…..Nous sommes tous tenus de ne pas oublier ses victimes, ses innombrables morts, blessés et déplacés, tout en rappelant au monde entier que cet homme n’était pas un héros.

J’ai toujours jugé aberrant que les gens puissent se réjouir de la mort de quelqu’un. Je me trouvais au Royaume-Unis lorsque la nouvelle de la mort de Margaret Thatcher fut annoncée et j’ai été témoin des célébrations qui s’en sont suivies. Les expressions de joie et les fêtes qui se sont répandues à travers tout le pays pour célébrer la mort de la Dame de Fer m’ont au début choquées. Lors de mes visites dans différentes parties du pays, notamment au Pays de Galles et en Irlande, j’ai pensé que de pareilles explosions de joie pourraient avoir lieu à l’annonce de la mort d’Ariel Sharon.
Plongé dans un coma depuis janvier 2006 à cause de plusieurs hémorragies cérébrales, Ariel Sharon se trouve depuis 8 ans dans un état végétatif. Aux dernières nouvelles, ses reins ont cessé de fonctionner alors qu’Israël retient son souffle quant à une mort imminente de l’ancien premier ministre.
On peut donc s’attendre à d’interminables éloges à son encontre une fois enterré, du style : « un héros, » « un grand leader, » « un génie militaire » Nous entendrons tout cela et même plus. La presse racontera et relatera chacun de ses exploits militaires, chacune de ses batailles remportées, tant sur le plan militaire que politique. Sa détermination en sa qualité de leader israélien sera saluée et on nous dira qu’on se souviendra de lui comme quelqu’un qui a tout donné pour son pays.
Dans mon livre Le fils du Général, voyage d’un Israélien en Palestine, j’ai mentionné le nom de Sharon à plusieurs reprises. Je l’ai évoqué en sa qualité d’homme militaire cruel, brillant et téméraire, puis en tant que Ministre de la Défense et enfin Premier Ministre. Toutefois, j’estime important et urgent de faire une mise au point et de rétablir les faits au sujet de cet homme avant que ne commencent les torrents écœurants des condoléances, débordants d’hypocrisies et de mensonges qui suivront sa mort.
Ariel Sharon était un home ambitieux. Il était brutal, avide, intransigeant et malhonnête. Il avait une soif insatiable de pouvoir, de gloire et de fortune. Au début de sa carrière, en 1950, lorsqu’il commanda l’Unité 101 de l’armée israélienne, il était vite repéré et désigné comme une personne insensible, un tueur sans pitié.
Pour rappel, l’Unité 101 était une brigade commando infâme munie d’une autorisation spéciale pour tuer et terroriser les Palestiniens. L’Unité opérait principalement dans la Bande de Gaza, mais également dans d’autres parties du pays et même au-delà. Plusieurs innocents sont morts à cause des pratiques les plus brutales de cette Unité que même selon les normes et standards israéliens, on avait jugé que l’Unité est allée trop loin dans sa barbarie et a fini par être dissoute.
Sharon a continué sa montée des marches au sein du commandement de l’armée israélienne, se faisant ainsi un nom et une réputation comme commandant prometteur. D’ailleurs, tout le monde s’attendait à ce qu’il devienne un jour un haut commandant de l’armée israélienne ou chef d’Etat-Major. Mais il n’a jamais été question d’un poste supérieur dans l’armée ; il a fait mieux. Sharon s’est lancé dans la politique et fut nommé au poste de Ministre de la Défense dans le gouvernement de Menahem Begin. Agissant en cette qualité, il a conduit en 1982 l’invasion israélienne catastrophique et désastreuse du Liban.
D’innombrables morts, blessés et déplacés Palestiniens et Libanais sont à déplorer suite à cette invasion. Sharon était également l’auteur des massacres survenus au mois de septembre de la même année au camp de réfugiés de Sabra et Chatila, à Beyrouth, et là encore, même selon les normes et standards israéliens, Sharon avait dépassé les limites et avait été démis de ses fonctions.
Bien que Sharon ait été réprimandé pour son rôle dans le massacre de Sabra et Chatila et par voie de conséquence écarté du poste de Ministre de la Défense, sa carrière politique a, cependant, continué son avancée et sa sphère d’influence a poursuivi sa croissance. En sa qualité de Ministre du Logement et du Développement, il a contribué plus qu’aucun autre à la mise en œuvre de politiques racistes et anti-palestiniennes et aux affaires de corruption au sein de son Ministère. D’aucuns confirment que durant son mandat, le budget de son ministère ne connaissait pas de limites, dépassant le budget total de la défense israélienne. Il a fait pleinement usage de son pouvoir et de son influence afin de parachever la colonisation et le déplacement des Palestinien de ce qu’on appelait la Cisjordanie.
Malgré tout ce qu’il a été dit sur lui, l’appellation « homme de paix » est certainement la chose la plus absurde et la plus ridicule jamais dite sur Sharon. On a également dit qu’il a « quitté » Gaza et qu’il l’a « restituée » aux Palestiniens, qu’il a agi en quête de la paix mais qu’en retour, il n’a obtenu que des missiles tirés sur Israël, à partir de Gaza. Mais en réalité, le désengagement de Gaza n’est qu’une mesure unilatérale cynique. Il a permis à Sharon de bien écarter les colons de Gaza de son chemin pour enfermer la Bande telle une prison et marquer des points auprès de l’administration américaine. Ce fut une action cruelle qui lui a permis d’étouffer davantage la population de Gaza dont il était déterminé de détruire dès le début de sa carrière violente. Mais les Palestiniens connus pour être fiers n’ont jamais cédé, ni ont-ils voulu se rendre. Ils sont ce rappel constant du sang des leurs qui entache les mains de Sharon.
Le nom de ce dernier est lié à une liste de crimes qui n’en finit pas. Alors qu’il est à quelques jours ou à quelques minutes de son dernier souffle, nous sommes tous tenus de ne pas oublier ses victimes, ses innombrables morts, blessés et déplacés tout en rappelant au monde entier que cet homme n’était pas un héros ; c’était un criminel.
Au moment où j’écris ces quelques passages, Ariel Sharon est encore en vie, si on peut l’appeler ainsi, et vu sous tous les angles, l’état dans lequel il se trouve aujourd’hui serait bien l’enfer qu’il a amplement mérité.
Miko Peled
4 janvier 2014 – Blog Miko Peled – Vous pouvez consulter cet article en anglais à :http://mikopeled.com/2014/01/04/fin...Traduction : Info-Palestine.eu - Niha

vendredi 10 janvier 2014

France : Dieudonné celui par qui la résistance s'organise…..Le crime de Dieudonné ce n’est pas l’antisémitisme, pas même l’antisionisme, c’est la résistance flamboyante au despotisme idéologique des riches. Les quenelles et Dieudonné sont devenus des symboles de résistance populaire contre l’oligarchie honnie.

….Les ministres Vals, Moscovici, Taubira ne s’y sont pas trompés et lancent l’offensive afin de faire taire ce pestiféré, gênant pour la puissante machine de l’État policier. Mais ce faisant, chaque agression menée contre le citoyen Dieudonné montre la fragilité de l’État tétanisé. Pensez donc, un homme seul contre tout un gouvernement et une coterie de médias propriétés de milliardaires déchaînés. Mais en réalité ce que Dieudonné est en train de démontrer c’est qu’un homme ostracisé par les célébrités, qui ose affronter l’appareil de répression gouvernemental et médiatique, trouve des milliers et des milliers de salariés pour le secondé et l’appuyer….
La classe ouvrière de France mène la lutte pour la liberté d’expression
La classe ouvrière choisit ses combats et c’est son droit. Depuis quelques années la classe ouvrière de France a choisi de mener la lutte sur le front idéologique de la lutte de classe pour le droit d’expression, le droit de réunion, le droit d’opposition, le droit d’organisation et  contre le délit d’opinion.
Quand le Ministre français de l’Intérieur exprime publiquement son aversion pour un artiste et suggère qu’il pourrait user de son poste ministériel pour poser des gestes inconstitutionnels comme d’interdire les spectacles à venir – non encore rédigés – d’un humoriste apprécié, l’accusant par contumace et par anticipation, d’être présumé coupable avant que d’avoir commis le délit ; on atteint des sommets de déraison que l’on aimerait voir condamné par le Président de la République pas encore fasciste. On voudrait entendre le Premier Ministre, patron de ce Ministre délinquant, rappeler à l’ordre ce garnement.
Au contraire, le collègue du précédent, Ministre de l’Économie et des Finances, empêtré dans la crise économique, le chômage et les scandales financiers, en rajoute et invite les citoyens à empêcher l’artiste de gagner son pain. Il signe même de sa main les affidavits administratifs de poursuite destinés à ce citoyen lambda somme toute plutôt moyen. Le Ministre n’avait pas pris cette peine dans l’affaire Bettencourt multimilliardaire héritière de la fortune l’Oréal ;  ni dans l’affaire Depardieu, multimillionnaire fuyant le fisc parisien ; non plus qu’à propos de monsieur Arnault, première fortune de France, s’éclipsant vers la Belgique.
Comme le souligne Dieudonné, comment va-t-il  payer plus d’impôt si le Ministre des finances milite activement pour le boycott et el quiproquo? Une question tout aussi irritante me tourmente : depuis quand un Ministre des finances tient-il inquisition et joue-t-il les censeurs contre les spectateurs ?
Et voici s’avancée au milieu de la mêlée, au centre de l’allée des strapontins ministériels, la daube noire de service, désignée à la Justice, miss Christiane Taubira, fraichement coopté Garde des Sceaux parmi les marguillers en procession vers l’Élysée. La fugace Ministre tient mordicus à apporter sa contribution dans la guerre contre le trublion, celui par qui la résistance s’organise. La dame appel au lynchage public de l’inconscient, professe des menaces et exige des sanctions toujours plus salaces. La Ministre de la Justice, redevable devant 66 millions de citoyens français, s’épand d’une déclaration dans les médias internationaux à l’encontre d’un commettant, affirmant sa résolution à faire taire l’insolent. Mais consciente de la guerre de classe en cours elle s’en prend également au public du troubadour, créant séance tenante le délit de perversion humoristique. Elle déclare : «Faut-il que son talent soit stérile pour qu’il n’ait d’autres motifs pour faire s’esclaffer des esprits irresponsables ou incultes ou pervers, qu’une tragédie, un génocide (…)». La Dame des bayous de la Guyane,  «Garde des Sceaux», en rajoute : «Il faut donc descendre dans l’arène, disputer pied à pied, pouce par pouce l’espace de vie commune, faire reculer cette barbarie ricanante (sic) la refouler, occuper le terrain par l’exigence et la convivialité.» (1). Depuis quand le lynchage, l’acharnement juridique, l’appel à créer des troubles publics et l’invective d’une Ministre de la Justice contre le public français sont-ils les instruments exigés de la convivialité? Assurément il y a quelque chose de pourri au royaume de  Sacha Guitry (2).
Force est de constater qu’il y a bien une affaire Dieudonné M’bala un humoriste né en France de mère française et de père camerounais. Trois questions nous interpellent avec insistance. La première : quels sont les sources et les motifs de l’affaire Dieudonné? La deuxième : quels en sont les protagonistes? La troisième : Où espère-t-on aller à l’Élysée avec cette persécution publique contre Dieudonné?
Quels sont les sources et les motifs de l’affaire Dieudonné ?
Pour répondre à cette question il faut convenir de quelques prémices, jamais affirmés mais toujours appliqués sans mots dires en ce royaume autocratique poujadiste.
§  La société française est une société extrêmement hiérarchisée, normée, régulée, engoncée dans des protocoles imposés par des poncifs qui se cooptent sans jamais avoir été accrédités par la populace. La nouvelle oligarchie gouvernementale vient nécessairement des Grandes écoles et pour mériter la notoriété de maire-député le candidat doit avoir passé par ces «Tours d’Argent» obligées. Les aristocrates de la langue – plastronnée à l’Académie française – imposent leur diktat sur la langue écrite par des millions d’individus. La communauté francophone du monde entier traine ce boulet d’une grammaire imaginée à une époque où l’aristocratie conservait compliqué l’expression écrite comme son fief exclusif. Nous savons aujourd’hui ce que les jeunes font de ce fourbi. Hébété, combien de fois n’ai-je entendu un africain aliéné, plus français qu’un métropolitain, s’écrier que tout citoyen doit respecter le Président de la République que ce dernier soit un saint ou un vaurien. Un crétin en autorité doit-il conserver sa renommée ?
§  De l’axiome qui précède, il découle que chaque classe sociale et chaque segment de classe joue son rôle social intégral. Il ne viendrait pas à l’idée d’un petit-bourgeois de durement critiquer son Président sur les ondes de la télé sous peine d’être saqué. Les dernières entrevues téléguidées par Sarkozy montraient cette animatrice se contorsionnant pour ne pas poser la question qui tue à son ami et Président.
§  La société française entretient une relation singulière avec la culture et les médias censés propager la culture élitiste. Il est là aussi des règles non-écrites mais respectées par tous (ou presque). L’une d’elle dit que le terrain des médias à la solde est la chasse gardée de la petite-bourgeoise intellectuelle qui ne doit en faire usage qu’au bénéfice de ses maîtres qui remplissent son écuelle. Ceci étant admis – les chefs d’antenne, les directeurs de pupitres, les éditorialistes, les animateurs de la radio et de la télé peuvent exposer toutes les insignifiances qu’ils voudront à condition que la classe ouvrière n’y soient jamais représentée – la vie d’un esclave salarié n’offrant rien de palpitant pour les téléspectateurs aliénés qui doivent être abreuvés des péripéties de la vie de Johnny et de la propagande-informative – prédigérée – analysée et interprétée,  ne laissant que les onomatopées à déclamer par le spectateur passif et compassé. Les artistes, les écrivains, les journalistes, les politiciens sont soumis à cette loi d’airain tout comme l’animateur télé dont le rôle est de leur faire faire leur tour de piste, chacun selon son cirque : «Parlez beaucoup pour ne rien dire ça devrait suffire, de toute façon le temps d’antenne vous est compté».
§  Ce pattern d’ensemble ne souffre aucune incartade – aucune initiative intempestive – aucune saute d’humeur non approuvée par les autorités et aucune originalité incontrôlée sur les plateaux fragilisés où à la fin on vous dira que cette salade a toujours été servi aux différents publics desservis qui ne réclament rien de plus exquis. Les audimats (côtes d’écoute) traquent celui qui dérape de cette routine et qui le paie par des tarifs publicitaires en déprime. Comme ceux qui réclament et ceux qui achètent la réclame sont les mêmes – la machine programmatique et l’appareil de propagande fonctionnent en tandem, de la façon convenu, ce que confirment les sondages. Jusqu’au jour où un grain de sable se glisse dans l’engrenage. En France aujourd’hui ce grain de sable a pour nom Dieudonné M’bala M’bala.
Qui sont les protagonistes de cette controverse idéologique ?
Un artiste, un humoriste, un journaliste, un politique, un intellectuel déviant (Jean-Paul Sartre pendant sa phase maoïste étant l’exemple probant) qui ne respecte pas ce code d’éthique inédit – jamais dit mais toujours admis – complique la vie des Égéries. Arrive Dieudonné croyant naïvement à la liberté d’expression, faisant fi des tabous – des non-dits, manquant de respect envers les intouchables-innommables, ceux dont on ne prononce le nom qu’après avoir fait génuflexion, négligeant le fait que cette immense machine de propagande n’est pas faite pour informer mais pour désinformer et pour tromper en ayant l’air d’interroger des commentateurs ignares – venus faire la promotion de leur dernier manuscrit – toujours prompt à retourner l’ascenseur à l’animateur lui-même éditeur de quelques pensées plagiées.
Qu’un débutant s’enfarge faute de maîtriser le rituel du cérémonial télévisuel; qu’il dise des choses non admises, à la limite du proscrit, il n’y a là rien d’inédit. L’animateur lui présentera une question complémentaire accompagné de la réponse à braire – ou alors un autre intervenant sur le plateau, planquer là spécifiquement pour ce boulot, se chargera de rappeler le béotien à l’ordre de la pensée unique – prête à consommer et au service des riches.
La sélection des privilégiés de l’antenne ayant lieu avant-scène, Il arrive rarement qu’un artiste, un journaliste, un analyste, un politique fasse la sourde oreille et continue à déblatérer pour faire croire que les médias sont là pour informer. Car aussitôt l’amicale des chacals – animateurs, chef de plateau, éditorialistes et plumitifs – lance le mot d’ordre de boycott général – et si certains ne semblent pas avoir compris alors un thuriféraire accrédité – un intellectuel abouché avec les autorités – lance une «fatwa» contre le malfrat. Jusqu’ici inutile d’ameuter les Ministres et les plénipotentiaires accrédités auprès des chancelleries.
C’est ici qu’un humoriste, coupable d’outrage au tribunal idéologique despotique, devient le «cas Dieudonné». Et plutôt que de faire amende honorable et de se taire après s’être confondu en décharge, jurant de ne plus jamais le refaire – l’humoriste tient tête et en remet. Le voici qui use du droit d’expression, d’opinion, de réunion, d’organisation, d’opposition, sans restriction et sans autorisation. C’est la profession même de meneur d’antenne, de faiseur d’opinion, de créateur de consentement, de lèche culs des puissants et de leurs adjudants que cet artisan du spectacle joue à la roulette des audimats.
Où va l’État bourgeois français si tout un chacun peut émettre et diffusés publiquement des idées non normées – non politiquement approuvées ? Si n’importe quel croquant peut quitter son studio et monter sur le plateau pour être entendu par la multitude des frustrés, des enragés paupérisés qui n’attendent que cela pour maugréer contre le pouvoir dépravé? Pire, avec les nouveaux moyens de télécommunication un artiste comme Dieudonné peut déposer une vidéo sur Youtube  qui sera visionnée par quelques millions de révoltés non censurés. Le monopole de la parole n’est plus respectée et même la ligue des biens pensants – accrédités parce qu’assujettis – ne parvient plus à colmater l’hémorragie de la pensée libérée.
Où espère-t-on aller à l’Élysée avec cette persécution contre Dieudonné ?
Les salariés de France ne s’y sont pas trompé, qui se mobilisent pour défendre le droit d’expression et d’opinion de Dieudonné, pour défendre le porte-parole des sans voix, comprenant parfaitement que ce sont les droit d’opinion, d’expression, d’opposition, de réunion et d’organisation qui sont remis en question. L’État policier ne doit pas imposer le délit d’opinion. C’est un niveau de conscience populaire qui ne fait pas l’affaire des thuriféraires qui se liguent et appel au boycott totale du résistant afin de rétablir leur autorité despotique malmenée. Encore un peu et leurs patrons exigeront des comptes à ces poltrons incapables de faire taire l’humoriste grégaire et populaire.
Voilà pourquoi chacune de ses paroles est devenue une affaire d’État policier. C’est le pouvoir de manipulation de l’information et de l’opinion qui sont en jeux et la propagation de cette  fronde populaire menace l’édifice étatique capitaliste. L’intervention du CRIF et de la section sioniste du patronat et des banquiers français n’est que fortuite. Pour des raisons historiques cette section du grand capital français est mieux organisé et plus prompte à se mobiliser pour une répartie planifiée. Dieudonné a même eu le courage de prendre fait et cause pour le valeureux peuple Palestinien attirant de ce fait l’opprobre du contingent sioniste et de tous les autres segments des capitalistes français.
La rancœur gronde à Matignon. Une exécution médiatique et artistique sommaire a avorté. L’affaire est en train de prendre des proportions internationales. Ce sont les  coolies du stylo, du clavier et des plateaux qui ont appelé les apparatchiks gouvernementaux à la curée afin d’étouffer cette fronde sociale pour le droit d’expression, d’opinion, de réunion et contre le maintien de l’hégémonie des riches sur les idées véhiculées dans la société.
Le crime de Dieudonné ce n’est pas l’antisémitisme, pas même l’antisionisme, c’est la résistance flamboyante au despotisme idéologique des riches. Pour ces milliers de coolies de la radio, des journaux et des plateaux, perdre la guerre Dieudonné c’est de voir contesté leur autorité et se vider l’auge où ils ont l’habitude de se goinfrer.
Pour les ouvriers et les salariés paupérisés et révolté, les quenelles et Dieudonné sont devenus des symboles de résistance populaire contre l’oligarchie honnie. La guerre de classe est engagée sur le front idéologique d’une lutte à finir. Les ministres Vals, Moscovici, Taubira ne s’y sont pas trompés et lancent l’offensive afin de faire taire ce pestiféré, gênant pour la puissante machine de l’État policier. Mais ce faisant, chaque agression menée contre le citoyen Dieudonné montre la fragilité de l’État tétanisé. Pensez donc, un homme seul contre tout un gouvernement et une coterie de médias propriétés de milliardaires déchaînés. Mais en réalité ce que Dieudonné est en train de démontrer c’est qu’un homme ostracisé par les célébrités, qui ose affronter l’appareil de répression gouvernemental et médiatique, trouve des milliers et des milliers de salariés pour le secondé et l’appuyer.
Désormais, chaque exaction contre Dieudonné, y compris «l’anataxe-shohananas», agrandira et galvanisera le cercle de ses amis qui ira en s’élargissant tandis que la quenelle ira en s’amplifiant. Je crois que 2014 verra l’effondrement de ce gouvernement délirant, battu par «David» M’bala M’bala à la quenelle géante et insolente.
Robert Bibeau

Source : Palestine Solidarité


mardi 7 janvier 2014

Arabie Saoudite : Les Saoud et le fantôme de Jouheiman, qui a protesté par les armes contre une dynastie qui exploite effrontément la religion pour soumettre et aveugler les pauvres, afin de pouvoir profiter des immenses richesses pétrolières du pays.

Le comportement de l'Arabie saoudite dans la région fait l'objet d'une attention et d'un suivi particuliers, après que la dynastie des Saoud soit devenue la principale source de l'escalade et de la violence exercées ces derniers temps par les groupes terroristes-takfiristes en Irak, en Syrie, au Liban et jusque dans certaines régions de Russie.
L'Arabie saoudite est en colère et veut des lots de consolation dans la région. Elle cherche à obtenir des compensations des grandes confrontations en cours et s'allie à la France. Elle tente de saboter les accords en gestation entre les Etats-Unis et la Russie, qui passent par la reconnaissance de la défaite de l'Occident en Syrie et du statut de puissance régionale de l'Iran. Toutes ces expressions illustrent l'impasse dans laquelle se trouve le royaume wahhabite après l'effondrement de son influence régionale, grâce à la résistance de la Syrie face à la guerre universelle menée par l'Arabie saoudite, Israël, le Qatar et la Turquie.
Les changements intervenus ont ébranlé les fondements du rôle saoudien, qui date de plus d'un demi siècle. La montée en puissance de l'Iran n'est pas le seul changement stratégique, bien qu'il soit le plus marqué. Ce facteur s'est fait sentir à l'intérieur même du Conseil de coopération du Golfe (CCG), qui constitue le premier cercle où s'exerce l'influence saoudienne. Les développements à Bahreïn et au Yémen jettent également les fondements d'un changement dramatique dans les chasse-gardées du royaume. Le possible établissement d'une monarchie constitutionnelle à Bahreïn, la consécration de la diversité politique au Yémen, où la résurgence du Sud Yémen, constituent autant de graves défis qui auront sans aucun doute des répercussions à l'intérieur même de l'Arabie saoudite, où la colère sociale et politique, étouffée pendant des décennies, risque d'éclater subitement. D'ailleurs, ces trois dernières années, les mouvements de protestation s'expriment avec force sur les réseaux sociaux, où des millions de jeunes des pays du Golfe laissent éclater leur colère et leur soif de liberté.
La détermination des Saoud à utiliser et soutenir les groupes takfiristes dans l'ensemble de la région, dans le cadre d'une campagne globale menaçant le monde d'une nouvelle génération de terroristes, ne s'explique pas seulement pas la colère et la déception de l'Arabie saoudite après ses défaites en Syrie. Cette même carte terroriste avait été exploitée pendant 40 ans par les Etats-Unis, partenaires du royaume wahhabite, avant le recul de l'influence américaine. Une des principales causes de ce comportement saoudien s'explique par des facteurs internes. En effet, répandre la pensée extrémiste sert à détourner l'attention de la jeunesse saoudienne afin qu'elle ne demande pas des comptes à une dynastie, alliée de l'Occident et qui contrôle toutes les richesses du pays tout en menant un train de vie caractérisée par l'extrême opulence et la débauche sans limites.
On a presque oublié l'incident de l'occupation de la Kaaba à la Mecque, le 20 novembre 1979, par la première insurrection menée par un groupe takfiriste issue du cœur de l'institution wahhabite. Le mouvement était conduit par Juheiman al-Oteiby, sortit des rangs de la Garde nationale et qui a étudié, avec ses camarades, dans les instituts religieux officiels wahhabites. On a presque oublié cette rébellion, écrasée dans le sang, alors qu'il s'agissait d'un cri de protestation contre le pourrissement et l'injustice du système saoudien. L'appel d'al-Oteiby à considérer comme apostat le régime saoudien a trouvé un écho favorable au sein de la jeunesse saoudienne et les rebelles ont recrutés des centaines de jeunes prêts à porter les armes pour prendre d'assaut la Kaaba. Les forces de sécurité saoudiennes ne sont pas parvenus à reprendre la situation en main et Riyad a dû louer les services des forces spéciales françaises pour écraser cette insurrection.
Un an après le mouvement d'al-Oteiby, la famille régnante des Saoud, en coopération avec les Etats-Unis, lançait la première vague du terrorisme-takfiriste en Afghanistan et finançait l'armement des Frères musulmans en Syrie dans leur guerre contre l'Etat syrien, qui s'était résolument opposé à l'accord de Camp David. Riyad et Washington légitimaient ainsi le premier noyau des réseaux d'Al-Qaïda, fruits de la coopération entre l'Occident et les Saoud. Cette nébuleuse terroriste a été affectée à des missions en Tchétchénie, en Bosnie en Somalie, au Soudan, en Algérie, au Yémen, en Irak, au Liban, en Iran en Syrie et ailleurs. Toutes ces guerres, financées par l'Arabie saoudite, ont servi les stratégies américaines. Dans le mêmes temps, elles ont permis de détourner l'attention de milliers de jeunes wahhabites, envoyés pratiquer le Jihad dans des contrées lointaines. La Palestine n'en faisait évidemment pas partie.
Parmi ces jeunes figure Majed al-Majed, le chef des Brigades Abdallah Azzam, un branche d'Al-Qaïda qui a revendiqué le double attentat suicide contre l'ambassade d'Iran à Beyrouth, le 19 novembre dernier. Les circonstances de sa capture et de sa mort au Liban sont très suspectes. L'Armée libanaise a attendu neuf jours avant de confirmer officiellement son arrestation, pour annoncer le lendemain son décès à cause de la détérioration de son état de santé.
L'Arabie saoudite a exercé de fortes pressions pour qu'il soit extradé, de peur qu'il ne révèle les noms des princes et des cheikhs saoudiens qui le financent et lui donnent des ordres.
Des articles de la presse libanaise avait mis en garde contre la possible liquidation de Majed al-Majed sur son lit de l'hôpital pour l'empêcher de faire ces révélations embarrassantes. Ils ont eu raison. Après l'annonce de sa mort, le député iranien, Mohammad Hassan Asghari, a déclaré que ses aveux auraient pointé du doigt l'Arabie saoudite.
Les Saoud restent hantés par le fantôme de Juheiman al-Oteiby, qui a protesté par les armes contre une dynastie qui exploite effrontément la religion pour soumettre et aveugler les pauvres, afin de pouvoir profiter des immenses richesses pétrolières du pays.
Source : TENDANCES DE L’ORIENT

jeudi 2 janvier 2014

SYRIE : Le silence qui tue …..Pourquoi nos médias ont-ils ignoré le massacre perpétré par les « rebelles » à Adra ?

 
Le 11 décembre, des combattants du Front Al-Nosra et du Front islamique ont envahi un quartier industriel d’Adra, une ville proche de Damas qui abrite des communautés sunnite, alaouite, chiite, druze et chrétienne. S’attaquant au poste de police, à l’hôpital, à une boulangerie industrielle, à des maisons d’habitation... ils y ont massacré, sur des critères confessionnels, une centaine de civils, notamment des travailleurs du secteur public. Nombre d’entre eux ont été décapités ou mutilés. D’autres ont été brûlés dans les fours de la boulangerie.
Têtes coupées, mains coupées, exécutions sommaires… Des témoins terrorisés rapportent que les jihadistes ont demandé « qui soutient le régime et qui travaille pour l’État (…) Ils ont coupé la main d’un certain nombre d’employés, pour les empêcher de retravailler, ils en ont décapité d’autres devant leurs enfants ».
Pourquoi aucune de nos ONG de défense des droits de l’homme et aucun de nos médias n’ont-ils parlé de cet événement terrible ? Seule la presse russe l’a largement et honnêtement couvert .
Serait-ce que ces images horribles de corps baignant dans leur sang, mains et têtes coupées, étaient cette fois trop difficiles à imputer automatiquement aux forces gouvernementales comme la presse occidentale l’avait fait mensongèrement dans le cas du massacre de Houla ? Et devenues, de ce fait, trop embarrassantes pour une presse et des organisations humanitaires qui, dès 2011, ont pris le parti de l’« opposition » anti Assad ?

Rideau de fumée pour faire diversionMuet sur le massacre d’Adra, le quotidien Le Monde a en revanche – dans son édition du 18 décembre – gratifié ses lecteurs d’un article intitulé « Vrais et faux de la révolution syrienne », (2) signé par Christophe Ayad, « grand reporter, spécialiste du monde arabe » dont le biais pro-israélien et anti-Assad est un secret de Polichinelle. À lire l’article, on comprendra vite que, pour Ayad, le « vrai » se situe du côté des combattants d’Al-Nosra et le « faux » du côté d’Assad.
Sous prétexte d’« informations contradictoires », la « mise au point » d’Ayad s’attache essentiellement à semer le doute et la confusion sur les exactions commises par les groupes islamistes radicaux allant jusqu’à prétendre que « le Front Al-Nosra, la branche syrienne d’Al-Qaida, prend garde à ne pas heurter de front la population, les exactions étant exceptionnelles » (sic). Et, pour justifier les attaques contre les sanctuaires chrétiens, il affirme : « il est avéré que le régime utilise des monastères comme bases militaires et positions d’artillerie pour bombarder villages et habitants, sans que les autorités ecclésiastiques osent toujours condamner ces pratiques, par peur des représailles ».
Tout l’article est un tissu d’affirmations de la même veine. En dépit du fait qu’il a déjà perdu toute crédibilité sur le dossier syrien Le Monde continue ainsi son travail de désinformation.
Au cas improbable où il serait réellement intéressé par les faits concernant les exactions des « rebelles » en Syrie, nous renvoyons Christophe Ayad, à quelques articles (parmi les centaines que nous avons publiés) qui montrent que les atrocités commises par les « rebelles » (et occultées par la presse traditionnelle) contre le peuple syrien fidèle au gouvernement Assad, ont commencé dès 2011 :

La Syrie sous le feu de reporters aux ordres (14 DÉCEMBRE 2011) http://www.silviacattori.net/article2509.htmlRésister aux milices armées soutenues par l’étranger est une question de survie pour le peuple syrien (17 JANVIER 2012) http://www.silviacattori.net/article2705.htmlLes Syriens sont une majorité à soutenir le président Assad, mais ce n’est pas des médias occidentaux que vous pourriez l’apprendre (20 JANVIER 2012) http://www.silviacattori.net/article2718.htmlHoms, une ville plongée dans l’horreur organisée par des groupes armés et non par Damas (6 FÉVRIER 2012) http://www.silviacattori.net/article2787.htmlLe terrorisme au nom de la « démocratie » (10 FÉVRIER 2012) http://www.silviacattori.net/article2797.htmlHoms dans l’enfer des bandes armées (23 FÉVRIER 2012) http://www.silviacattori.net/article2861.htmlSyrie : « Des forces étrangères soutiennent l’insurrection » (9 MARS 2012) http://www.silviacattori.net/article2941.htmlSyrie : les « opposants » armés coupables d’atrocités (13 MARS 2012) http://www.silviacattori.net/article2966.htmlTémoignage sur les récents massacres de civils à Homs (20 MARS 2012 ) http://www.silviacattori.net/article3000.htmlQui est responsable des crimes en Syrie ? (20 MARS 2012) http://www.silviacattori.net/article2975.htmlSyrie : « Si l’armée régulière quitte notre village, nous risquons d’être égorgés » (14 AVRIL 2012) http://www.silviacattori.net/article3094.htmlDes atrocités sont perpétrées par les gangs de « l’armée syrienne libre » (15 MAI 2012) http://www.silviacattori.net/article3224.htmlLe massacre de Houla était planifié et a été instrumentalisé (3 JUIN 2012) http://www.silviacattori.net/article3283.htmlSyrie : Journalistes envoyés à la mort par les rebelles (9 JUIN 2012) http://www.silviacattori.net/article3297.htmlSyrie : Les rebelles sont responsables du massacre de Houla (10 JUIN 2012) http://www.silviacattori.net/article3303.htmlLa vérité sur la Syrie commence à transpirer (10 JUIN 2012) http://www.silviacattori.net/article3304.htmlLe massacre de Houla perpétré par la rébellion (11 JUIN 2012) http://www.silviacattori.net/article3310.htmlSyrie : Des mensonges qui ne changeront pas la dure réalité pour l’Occident (18 JUIN 2012) http://www.silviacattori.net/article3342.htmlÉglises vandalisées et désacralisées à Homs (19 JUIN 2012) http://www.silviacattori.net/article3344.htmlGérard Chaliand dit quelques vérités sur la Syrie (21 JUIN 2012) http://www.silviacattori.net/article3350.htmlHoms : tout ce qui est raconté par les médias traditionnels est à l’envers (24 JUIN 2012) http://www.silviacattori.net/article3370.htmlHoms : Les unités criminelles de l’« Armée syrienne libre » en action (27 JUIN 2012) http://www.silviacattori.net/article3384.htmlSyrie : Les victimes des gangs de l’"opposition" ignorées (7 JUILLET 2012 ) http://www.silviacattori.net/article3416.htmlTout ce qu’ils nous disent sur la Syrie… est-il faux ? (11 JUILLET 2012) http://www.silviacattori.net/article3434.htmlLes crimes d’une prétendue « Armée syrienne libre » occultés par les médias traditionnels (24 JUILLET 2012) http://www.silviacattori.net/article3475.htmlNous n’avons plus de mots (1ER AOÛT 2012) http://www.silviacattori.net/article3481.htmlLe vrai visage des « gentils révolutionnaires » de l’ASL (2 AOÛT 2012) http://www.silviacattori.net/article3485.htmlRegardez... ce sont des monstres ! (5 AOÛT 2012 ) http://www.silviacattori.net/article3496.htmlSyrie : Un journaliste décrit les tortures perpétrées par d’impitoyables « rebelles » (16 AOÛT 2012) http://www.silviacattori.net/article3537.htmlUn médecin britannique parmi les "rebelles" allés faire la "guerre sainte" en Syrie (28 AOÛT 2012) http://www.silviacattori.net/article3592.htmlSyrie : L’arnaque Martine Laroche Joubert et Christophe Kenck (3 OCTOBRE 2012) http://www.silviacattori.net/article3761.htmlAprès la Libye, l’insupportable biais en faveur des bandes armées islamistes continue en Syrie (17 OCTOBRE 2012) http://www.silviacattori.net/article3829.htmlY a-t-il eu un massacre dans la ville syrienne d’Aqrab ? (16 DÉCEMBRE 2012) http://www.silviacattori.net/article4056.htmlSyrie : Comment l’Armée “libre” transforme ses captifs en kamikaze (24 AOÛT 2012 ) http://www.silviacattori.net/article3576.htmlSyrie : Les « révolutionnaires » de l’ASL en train de torturer (2 SEPTEMBRE 2012) http://www.silviacattori.net/article3626.htmlL’« armée syrienne libre » soutenue par l’Occident massacre les captifs (2 NOVEMBRE 2012 ) http://www.silviacattori.net/article3874.htmlL’Arabie Saoudite envoie ses condamnés à mort mené le "Jihad" en Syrie (11 DÉCEMBRE 2012 ) http://www.silviacattori.net/article4033.htmlLe Front Al-Nosra revendique le carnage de l’Université d’Alep (17 JANVIER 2013) http://www.silviacattori.net/article4142.htmlSyrie : Basma Kodmani n’est pas une simple « militante pro-démocratie » (4 SEPTEMBRE 2013) http://www.silviacattori.net/article3456.html
Voir : - Syrie : plus de 5.000 civils évacués de la ville d’Adra, 30 décembre 2013 http://www.silviacattori.net/article5226.html
-
 ‘Whole families murdered’ : Syrian rebels execute over 80 civilians outside Damascus, 15 décembre 2013 http://rt.com/news/syria-adra-civilian-execution-289/
- Saudis want to turn Syria into ‘graveyard for minorities’, 17 décembre 2013
http://rt.com/op-edge/syria-fighting-saudis-uk-353/
- ‘Slaughtered like sheep’ : Eyewitnesses recount massacre in Adra, Syria, 17 décembre 2013
http://rt.com/news/adra-syria-massacre-witnesses-355/- Russia condemns Adra massacre, calls on world community to react, 18 décembre 2013 http://rt.com/news/russia-condemns-adra-massacre-406/Voir également :- Syrie : Un massacre nommé Adra, par Nahed Harrar, 16 décembre 2013 http://www.silviacattori.net/article5192.html