jeudi 26 septembre 2013

L’Arabie Saoudite, ce péril en embuscade......une question s'impose : jusqu'où l'Amérique compte-t-elle aller dans son appui au royaume saoudien pour assurer la survie des dictatures, au risque de nouveaux bains de sang et d'instabilité politique ?

Lakome publie la traduction en français du dernier éditorial d'Ali Anouzla, consacré au rôle joué par l'Arabie saoudite pour freiner la démocratisation de la région. Le journaliste revient notamment sur la guerre d'influence entre les Saoud, le Qatar et l'Iran, ainsi que les relations stratégiques entre Riyad et Washington, dont l'union a donné «ce fils illégitime et maléfique baptisé Al-Qaida».
Ali Anouzla
 De la Péninsule arabique aux rives de l'Atlantique, les régimes arabes nourrissent la même crainte de voir, un jour, leurs peuples secouer le joug de la dictature. Il en est même un qui s'est improvisé base de repli pour tous les autres, finançant, encourageant et protégeant les tyrans, jusqu'à offrir l'asile aux fuyards, soigner les malades ou assurer la défense de ceux d'entre eux qui ont été emprisonnés. J'ai cité l'Arabie Saoudite.
Qatar vs Arabie saoudite, le combat des titans
Si le « Printemps arabe » a pris le monde de court, par sa spontanéité, il n'en demeure pas moins que les manipulations dont on commence tout juste à démêler l'écheveau, sont allées bon train, dès les premières escarmouches.
C'est le Qatar, ce minuscule Emirat semblant avoir été enfanté par l'Arabie saoudite, dans les eaux du golfe persique, qui, le premier, a tenté de formater ces « révolutions » au profit de ses protégés, les «  Frères musulmans ». Pour cela, Doha s'est essentiellement appuyée sur la force de son impact médiatique, la présence sur son sol de plusieurs dirigeants spirituels et l'injection de millions de « Gazodollars », pour venir en aide à ses alliés islamistes en Egypte, en Tunisie, au Yémen, en Libye et en Syrie.
Une mainmise insupportable, aux yeux des régimes tribaux de l'Arabie Saoudite, des Emirats arabes unis et du Koweït, qui y voient une menace existentielle. D'où l'idée de soutien financier et médiatique appuyé aux Salafistes, menant campagne électorale en Tunisie et en Egypte, contre les Frères musulmans et leur vieux rêve d'instauration d'une « Oumma islamyia » (Nation islamique) et d'un nouveau « Califat ».
Voilà le décor planté pour un affrontement titanesque entre les deux géants du « Panislamisme », le Qatar et l'Arabie Saoudite.
« Frères musulmans » contre Salafistes
Doha est intervenue médiatiquement, financièrement, et même militairement en Libye et en Syrie, pour défaire ses propres alliés, les Frères musulmans, tandis que Riyad s'impliquait militairement, pour mater la révolte populaire au Bahreïn.
Le Royaume wahhabite a également déboursé des milliards de dollars pour faire avorter la révolution yéménite et pour peser sur les élections démocratiques en Tunisie et en Egypte et n'a pas hésité à intervenir en Syrie, par milices interposées. Des milices extrémistes, dont la proverbiale cruauté et les exactions leur valent d'avoir été listées parmi les organisations terroristes.
Riyad a également pesé de tout son poids, pour soutenir le coup d'Etat militaire en Egypte, commençant par y applaudir, avant de se co-fendre, avec d'autres états du Golfe, dont les Émirats,  d'un chèque de douze (12) milliards de dollars, comme « aide au changement ».
A l'indignation générale suscitée par la boucherie de la place « Rabiaa Al Adaouiya », Riyad a répliqué, en dépêchant à Paris son Ministre des affaires étrangères, Saoud Al Faysal, avec pour mission de mettre la pression sur les occidentaux et leur rappeler les ressources financières considérables que son pays a investies, dans sa ferme détermination à faire de l'Egypte, la référence universelle, en matière de régime sunnite. Fin de l'indignation occidentale !
Embrouillamini à Doha....
Nul besoin d'effort intellectuel pour comprendre le positionnement de l'Arabie Saoudite, pour qui l'Iran chiite et les Frères musulmans constituent un péril mortel. Et tout comme elle s'en est pris aux Frères musulmans en Egypte, Riyad ne cache pas ses ambitions de formater la révolution syrienne, pour miner l'emprise iranienne dans la région. Autant de prises de positions qui ont, comme par enchantement, coïncidé avec le putsch de palais de Doha, un « Putsh blanc » qui a déposé Khalifa ben Hamad al-Thani, en douceur, alors que son premier ministre Hamad ben Jassim ben Jabr al-Thani se prélassait à bord de son yacht, en raison de son soutien aux Frères musulmans qu'il s'est longtemps évertué à présenter aux Occidentaux comme leur allié pragmatique. Mais nonobstant le fait qu'il n'est apparu depuis le putsh ni lors de l'investiture du Prince Tamim Ben Ahmed, ni en public, l'ex numéro deux, demeure le patron d' « Al Jazeera », la puissante chaîne qatarie, fidèle soutien à la « Confrérie » en Egypte, en  contradiction totale avec les positions du nouveau Ministre des Affaires étrangères, Khaled Al-Attiya qui a applaudi au Coup d'Etat, contre le Président Mohamed Morsi.
...et fin de léthargie saoudienne
Loin de cet inextricable embrouillamini, plusieurs événements ont secoué la légendaire léthargie diplomatique de Riyad et poussé l'Arabie à faire basculer la géopolitique régionale, en faveur de ses intérêts stratégiques : l'élection en Iran, de Hassan Rohani, un pragmatique qui ne cache pas le désir de normaliser les relations de son pays avec l'Occident, l'alignement du Hezbollah sur Téhéran, à propos de la question syrienne, avec le risque accru de renforcement du « Croissant chiite » et l'arrivée au pouvoir, par les urnes, des islamistes apparentés aux « Frères musulmans », en Tunisie et en Egypte, au détriment des courants Salafistes d'obédience saoudienne. Si ces trois événements inquiètent, à coup sûr, le pouvoir saoudien, c'est dans la guerre de succession qui fait rage dans les arcanes du Palais qu'il faut chercher l'essentiel de sa soudaine hyperactivité.
En effet, le chapitre final de l'histoire des Al Saoud, s'écrit avec l'actuel prince héritier Salman Bin Abdelaziz, dernier des fils du fondateur du Royaume. Derrière, une armada de princes ne cachent pas leur ambition de lui succéder un jour. Bandar Bin Soltan est l'un d'entre eux. Le puissant patron des services de renseignements est le deuxième homme fort du pays après Khaled Touijri, Chef de cabinet du Roi Abdallah. Ce dernier est miné par la maladie et sa mort prochaine mettra fin au règne de Touijri, pour sa non appartenance à la lignée  royale. Le Prince Bandar qui n'ignore rien de ce postulat est déterminé à user de toute son influence, pour entraîner les américains dans la guerre en Syrie, tout comme il l'avait fait pour l'Irak du temps de la maladie du roi Fahd Bin Abdelaziz, convainquant ce dernier de la prétendue existence d'armes de destructions massives, aux mains de Saddam Hussein.
«Islam pétrolier»
Si l'Arabie Saoudite occupe ce rang si particulier dans l'échiquier mondial, elle le doit avant tout à son pétrole. Mais ce qui renforce considérablement son pouvoir, c'est la place qu'elle occupe, dans le dispositif militaire américain au Moyen-Orient et son rôle de plus important allié géostratégique de l'Amérique, après Israël et ce, en dépit des divergences de valeur entre les deux pays.
Au cours de ces décennies, les USA n'ont cessé de jongler entre leurs impératifs d'approvisionnement en pétrole et leur préoccupation pour la stabilité politique d'un Moyen-Orient, qui n'en finit plus de s'enfoncer dans une spirale de violence. Un choix difficile mais pas impossible, pour autant qu'à Washington, on se décide à soutenir l'instauration de véritables démocraties. Une idée dont la seule évocation révulse la famille royale saoudienne qui s'acharne à coup de milliards, à faire échouer toute expérience démocratique, comme elle l'a fait autrefois au Liban et aujourd'hui au Bahreïn, en Egypte, en Tunisie, au Yémen. Le soutien aux régimes jordanien et marocain relève de la même préoccupation de barrer la route à toute velléité de démocratisation.
Et même lorsque les USA ont essayé d'exporter en Irak leur savoir-faire en matière de démocratie, l'Arabie Saoudite a joué la carte de la guerre civile meurtrière, soutenant les sunnites contre les chiites. Le pays a, à ce point fait du prosélytisme wahhabite son credo, que certains ont baptisé ce dernier « Islam pétrolier ».  Appuyant les pires groupes extrémistes musulmans, comme elle avait fermé, en son temps, les yeux sur les centaines de saoudiens dans les rangs d'Al Qaïda, en Afghanistan et en Tchétchénie, elle le fait aujourd'hui pour l'Irak, la Syrie et le Yémen.
Frères ennemis
Le régime saoudien qui se définit lui-même comme un allié de l'Amérique, se fait son ennemi à la moindre évocation de démocratie en Egypte, en Irak et en Palestine ou dès lors qu'il s'agit de contrer l'influence grandissante de l'Iran. De fait, l'axe Washington-Riyad tient plus par les menaces auxquelles font face les deux alliés, plutôt que par les valeurs qu'ils ne partagent pas. Ainsi, le régime saoudien n'aurait jamais envoyé ses chars mater la révolte au Bahreïn s'il n'avait été l'allié des Etats-Unis. Pas plus qu'il n'aurait participé au sabotage de l'expérience démocratique en Tunisie, applaudi au coup d'Etat militaire en Egypte ou persuadé le roi du Maroc de revenir sur ses promesses de réformes.
On a vu comment le régime saoudien, menacé à ses frontières, lors du printemps arabe, s'était dépêché d'oublier son contentieux avec le royaume hachémite, pour soutenir ce dernier et comment il avait oublié l'alignement du Yémen sur Saddam Hussein, pour appuyer le régime Yéménite.
L'Amérique aurait-elle à tout le moins fermé les yeux, sinon autorisé pareil « interventionnisme » s'il avait été le fait de l'Iran ? Assurément non !
C'est l'alliance américano-saoudienne qui conforte les autorités saoudiennes dans leurs agissements. Autant le régime saoudien est le plus grand allié des USA dans la région, autant il s'autorise la liberté de s'opposer à lui lorsqu'il s'agit de menaces de démocratisation.
Al Qaïda, ce fils illégitime des Etats-Unis et de l'Arabie saoudite
Au vu de ce qui précède, une question s'impose : jusqu'où l'Amérique compte-t-elle aller dans son appui au royaume saoudien pour assurer la survie des dictatures, au risque de nouveaux bains de sang et d'instabilité politique ?
Plutôt que miser contre l'intérêt des peuples et probablement contre ses propres intérêts, l'Oncle Sam serait mieux inspiré de miser sur l'éveil politique de la jeunesse arabe et sur une révision à la baisse des besoins de l'Amérique en pétrole du Golfe. Il représente tout juste huit (8) pour cent des besoins américains. Raison supplémentaire pour que Washington révise enfin ses relations coupables avec le régime saoudien, source idéologique de propagation de la pensée wahhabite, le plus grand frein à la démocratie dans la région et la plus grande menace pour la stabilité dans le monde. Pour rappel, c'est de cette union que naquit ce fils illégitime et maléfique, baptisé « Al Qaida » qui se reproduit frénétiquement et en dehors de tout cadre  légitime, en Irak, au Yémen, en Afrique du Nord, en Somalie, en Syrie, et au Sahel. Rien ne dit qu'il n'accouchera pas, demain, d'une monstrueuse créature que nul ne pourra plus maîtriser.
Les forces démocratiques seraient bien inspirées de ne pas miser sur les Etats-Unis et l'Occident. Les deux entités ont tout à perdre, si les révolutions arabes devaient l'emporter et si le vent de la révolte devait se propager aux pétromonarchies du Golf.
La croyance populaire avance que tout changement touchant l'Egypte impacte les pays limitrophes, au vu de son poids géostratégique, de sa force démographie, et de son influence culturelle. Mais il apparaît désormais clair, que tout changement devrait, en réalité, partir de la Péninsule arabique, non pas parce qu'elle fut le berceau de l'Islam ou à l'origine de la propagation de l'arabisme, mais en raison de la nature des régimes qui la gouvernent. Des régimes bâtis sur des liens familiaux étroits et des fortunes considérables. Normal qu'aucun d'entre eux ne voudrait d'un changement qui nuirait à ces deux intérêts étroitement imbriqués.

Ali Anouzla
Lire l'article original ici


mercredi 25 septembre 2013

SYRIE : Comment Al-Qaïda est devenu l’acteur principal dans la guerre en Syrie : Dollars, fatwas et « djihad de femmes » !


Pour de nombreux médias occidentaux en guerre contre « Bachar », Al-Qaïda dans ses différentes dénominations, front de Nosra et l’Etat Islamique d’Iran et du Levant, sont des « épiphénomènes » que Damas grossit et amplifie pour se justifier. L’argument est devenu un élément du bréviaire de base de la propagande anti-Bachar alors que la réalité du terrain le démentait constamment.
Le Quotidien d’Oran
Les djiahdistes qui affluent de toutes parts – y compris pour le « djihad du sexe » (Al Nikah) pour des femmes comme vient de le confirmer très officiellement le ministre tunisien de – avec le soutien des pays du Golfe, la complaisance de la Turquie d’Erdogan et des Occidentaux, ont leur propre objectif. Ils ne s’en sont jamais cachés mais c’est la propagande anti-Assad des médias arabes et occidentaux qui s’est attelée à le masquer.
Ce refus de voir se poursuit malgré la prise de la ville d’Azaz, près de la frontière avec la Turquie, par le groupe de l’État Islamique d’Irak et du Levant (EIIL) qui l’a arrachée mercredi, au cours d’une opération-éclair à l’Armée Syrienne Libre (ASL). Mais, une fois n’est pas coutume, la coalition de l’opposition syrienne, entretenue par les Occidentaux et les régimes du Golfe, et qui minimisait le risque posé par l’EIIL et le Front Al-Nosra s’est élevée contre les « agressions de l’EIIL contre les forces de la révolution (...) et son mépris pour la vie des Syriens ».
Le révélateur d’Azaz
La coalition accuse, comme si c’était une découverte subite, l’EIIL de servir des « projets extérieurs » et d’appeler « à instaurer un État (islamique) » dans les contours de l’État syrien, en violation de la souveraineté nationale syrienne. Pour l’heure, Azaz est aux mains des djihadistes et la Turquie a décidé de fermer sa frontière. Selon l’Observatoire syrien des droits de l’homme (OSDH) une « trêve » a été conclue entre l’ALS et l’EIIL. L’ALS a envoyé l’une de ses unités, la puissante Brigade Tawhid, s’interposer dans la ville entre jihadistes et son bataillon local, « Tempête du nord », en attendant de trouver une issue à la crise. Mais ce qui s’est passé à Azaz ne fait que refléter une réalité, non propagandiste, de ce qui se passe sur le théâtre syrien avec une prééminence de plus en plus avérée des deux groupes djihadistes actifs, le Front Al-Nosra et l’EIIL.
L’Onu qui a dressé une cartographie de la rébellion syrienne confirme que sur les six cents groupes armés actifs en Syrie, la moitié est clairement djihadiste.
La cartographie onusienne met en relief d’autres groupes moins célèbres mais tout aussi actifs comme Ahrar al-Sham et de Liwa al-Islam. Les financements venant « directement » du Golfe, ces groupes sont souvent mieux armés. Avec des recrues venues de partout en quête de « martyre ». En matière de « commodités » pour les djihadistes, les émirs du Golfe ne lésinent ni sur l’argent ni sur les fatwas.
A l’image de la fatwa sur le « djihad Al-Nikah » (le djihad du sexe), dont la réalité a été confirmée par le ministre tunisien de l’Intérieur, Lotfi Ben Jeddou, jeudi 19 septembre à la tribune de l’Assemblée nationale constituante. Des Tunisiennes sont en effet parties en Syrie pour assurer le « repos des guerriers » pour les djihadistes. Elles ont été soumises à un véritable travail « d’abattage » sexuel. « Elles ont des relations sexuelles avec vingt, trente, cent djihadistes au nom du "Djihad Al-Nikah" ("la guerre sainte du sexe"), puis reviennent enceintes », a déclaré le ministre tunisien.
Ben Jeddou a révélé que depuis sa prise de fonction en mars, ce sont « 6000 de nos jeunes qui ont été empêchés d’aller là-bas ». Un chiffre impressionnant qui est significatif de l’importance des flux et des fonds nécessaires à la mise en place de la logistique des réseaux. Le flux concerne l’ensemble des pays arabes mais aussi de nombreux « djihadistes » venus d’Europe.
Et aussi de Russie ! Le premier vice-directeur du Service fédéral de sécurité (FSB) Sergueï Smirnov a déclaré que « 300 à 400 personnes ont quitté le territoire de notre pays pour s’y rendre (en Syrie) et elles finiront par rentrer. Cela représente, naturellement, un grand danger », a indiqué le responsable. Selon lui, le problème ne concernait pas que la Russie, mais aussi les autres pays membres de l’Organisation de coopération de Shanghai (OCS) qui regroupe la Russie, le Kazakhstan, la Chine, le Kirghizstan, le Tadjikistan et l’Ouzbékistan. « Nous n’avons pas évoqué ce problème lors de la réunion. Mais en comité réduit, lors d’un échange de vues sur l’évolution de la situation, nous avons constaté que tous les pays de l’OSC faisaient face à ce problème. Le recrutement de mercenaires est une réalité ».
Entretenir la guerre d’usure
Pendant longtemps, ceux qui mettaient en garde contre une rébellion dominée par les djihadistes étaient accusés de « défendre Damas » et sa propagande. Sur le terrain, ce sont ces groupes qui sont agissants alors que l’Armée Syrienne Libre, présentée par défaut comme « nationaliste », joue les seconds couteaux. Mais cette complaisance des Occidentaux à l’égard des djihadistes était directement liée à leur stratégie commune avec les pays du Golfe d’obstruction à une solution politique.
Les appels d’un opposant comme Haytham Manaa à une action internationale pour expulser les « combattants étrangers » de Syrie n’ont pas reçu d’écho. Tout ce qui pouvait contribuer à une solution politique était rejeté avec l’objectif, réussi, d’entretenir une guerre d’usure pour détruire systématiquement le pays.
Le vice-Premier ministre syrien Qadri Jamil, l’illustre dans un entretien publié en ligne par le quotidien britannique The Guardian. Il a estimé que le conflit se trouvait dans une impasse et qu’aucune des deux parties n’a les moyens de l’emporter : « Ni l’opposition armée ni le régime ne sont capables de vaincre le camp adverse. Ce rapport de force ne changera pas avant un moment » alors que la guerre a coûté dans les 100 milliards de dollars à l’économie syrienne.
Salem FERDI
 http://www.lequotidien-oran.com/index.php++cs_INTERRO++news=5187950
URL de cet article 22580
http://www.legrandsoir.info/comment-al-qaida-est-devenu-l-acteur-principal-dans-la-guerre-en-syrie-dollars-fatwas-et-djihad-de-femmes.html


Les armes chimiques et les donneurs de leçons : Petite pédagogie de l’horreur….Les pays occidentaux qui poussent des cris d’orfraie, doivent se souvenir que ce sont eux les inventeurs et les vendeurs de ces armes de la mort tragique.

«  Je ne comprends pas ces réticences à l’emploi du gaz. Je suis fortement en faveur de l’utilisation du gaz toxique contre les tribus barbares... L’effet moral sera bon. On diffusera une terreur vivace... » Sir Winston Churchill à propos des rebelles kurdes

Le mérite de Winston Churchill c’est d’avoir été franc. Il n’a aucun état d’âme à gazer des populations, et il s’insurge contre ceux qui sont contre. Il leur explique qu’il n’y a pas de quoi puisque ce sont des tribus barbares que l’on doit démoraliser par la terreur. Au passage, Winston Churchill sans état d’âme sait qu’il parle de la terreur mais malgré cela il persiste et il signe. Dans cette contribution pour décrire les faits, nous allons parler des justiciers actuels imposant une doxa occidentale qui repose comme au bon vieux temps sur le fait du prince - des princes pourrait-on dire - et la lettre de cachet pour les manants version actuelle de l’expédition punitive qu’affectionnent particulièrement les socialistes au point d’en user et d’en abuser. Ceci, depuis une certaine France de Guy Mollet partie guerroyer avec son complice de toujours, la perfide Albion et avec l’incontournable Israël, quand il s’agit de mettre au pas les Arabes, jusqu’à la « punition » promise à la Syrie par Hollande, le chevalier sans peur et sans reproche, frustré de ne pas en découdre sans la protection du parapluie américain.
L’histoire de l’utilisation des armes chimiques
Nous avons dans une contribution précédente décrit l’histoire de l’utilisation des armes chimiques en consommant par les feux grégeois qu’un certain Calllinicus avait mis au point. Le feu grégeois était basé sur l’association d’un comburant, le salpêtre, avec les substances combustibles, comme le goudron. Bien plus tard, c’est l’Allemagne qui utilisa la première les armes chimiques en 1915-17 : chlore liquide et phosgène, puis gaz vésicatoire et asphyxiant moutarde (ou ypérite). En riposte, la Grande-Bretagne et la France produisirent elles aussi ce gaz létal. Le gaz nervin Tabun, qui provoque la mort par asphyxie, fut découvert en 1936 par des chercheurs de la société allemande I.G. Farben En 1930, l’Italie utilisa des armes chimiques en Libye et en Éthiopie en 1936.
Les pays occidentaux qui poussent des cris d’orfraie, doivent se souvenir que ce sont eux les inventeurs et les vendeurs de ces armes de la mort tragique. Camus écrit à ce propos dans Agoravox : « (...) Pour ce qui est de la tragédie du gazage du village Kurde d’Halabja en 1988, sans doute conviendrait-il de faire remonter à la surface de l’oubli ce qu’écrivait Barry Lando, ancien de la chaîne américaine CBS, dans Le Monde du 17 octobre 2005 à savoir qu’il eut fallu se souvenir « que les armes chimiques irakiennes étaient fournies principalement par des sociétés françaises, belges et allemandes, dont les ingénieurs et chimistes savaient exactement ce que Saddam préparait. Ni que les États-Unis avaient précédemment fourni à Saddam des images satellite lui permettant d’attaquer les troupes iraniennes avec des armes chimiques ».
Quand Winston Churchill approuvait les gaz de combat
Avant de devenir l’icône de la résistance au nazisme, lit-on sur une contribution parue dans le Guardian, Winston Churchill a d’abord été un fervent défenseur de l’Empire britannique et un antibolchevique convaincu. Au point de préconiser le recours aux gaz qui avaient été la terreur des tranchées. (...) Winston Churchill, alors secrétaire d’Etat à la Guerre, balaie leurs scrupules d’un revers de la main. Depuis longtemps partisan de la guerre chimique, il est décidé à s’en servir contre les bolcheviques en Russie. Durant l’été 1919, quatre-vingt-quatorze ans avant l’attaque dévastatrice en Syrie, Churchill prépare et fait lancer une attaque chimique d’envergure. Ce n’est pas la première fois que les Britanniques ont recours aux gaz de combat. Au cours de la troisième bataille de Gaza [contre les Ottomans] en 1917, le général Edmund Allenby a fait tirer 10.000 obus à gaz asphyxiants sur les positions ennemies. Cependant, la mise au point de l’’engin M’, un gaz extrêmement toxique, le diphénylaminechloroarsine décrit comme « l’arme chimique la plus efficace jamais conçue. »
En 1919 Winston Churchill alors Secrétaire d’État à la Guerre décide d’utiliser les grands moyens Nous lisons sous la plume de Camus : « Un programme exécuté à la lettre par le lieutenant-colonel Arthur Harris qui lui s’en vantait en ces termes : « Les Arabes et les Kurdes savent maintenant ce que signifie un véritable bombardement... En 45 minutes nous sommes capables de raser un village et de tuer ou blesser un tiers de sa population. » Vingt-cinq ans plus tard, Winston Churchill, fidèle à lui-même, professait des idées à peu près identiques à propos du Reich national-socialiste (...) Ajoutons par honnêteté que l’usage britannique des attaques aériennes au gaz moutarde - Ypérite - notamment au Kurdistan à Souleimaniyé sur la frontière irano-irakienne en 1925 - un an après la signature du Protocole de Genève prohibant "l’emploi à la guerre de gaz asphyxiants, toxiques ou similaires et de moyens bactériologiques" - n’a pas été une pratique totalement isolée, les Espagnols dans le Rif marocain [1921-1927], les Japonais en Chine ne s’étant pas privés d’y recourir. »
La France et « son savoir-faire » dans les armes chimiques
La France comme toutes les nations occidentales a développé d’une façon intensive les gaz de combat, notamment dès la Première Guerre mondiale. Son savoir-faire a été exporté dans plusieurs pays. Malgré toutes les conventions signées, elle a gardé en Algérie une base d’expérimentation. Fabrice Nicolino écrit à ce sujet : « La France gaulliste a oublié les armes chimiques de B2 Namous. La France socialo a oublié les 5000 morts d’Halabja. Le 16 mars 1988, des Mirage made in France larguent sur la ville kurde - irakienne - d’Halabja des roquettes pleines d’un cocktail de gaz sarin, tabun et moutarde. 5000 morts. (...) L’urgence est de soutenir Saddam Hussein, raïs d’Irak, contre les mollahs de Téhéran. Et que l’on sache, pas un mot de Hollande, en ce temps l’un des experts du Parti Socialiste. Il est vrai que ce n’est pas demain la veille qu’ils devront s’expliquer sur la base secrète B2 Namous. ancienne base d’expérimentation d’armes chimiques & bactériologiques (...) De Gaulle a l’obsession qu’on sait : la grandeur, par la puissance. La première bombe atomique de chez nous explose le 13 février 1960 dans la région de Reggane, au coeur d’un Sahara alors français. Ce qu’on sait moins, c’est que le pouvoir gaulliste deale ensuite avec l’Algérie d’Ahmed Ben Bella pour conserver au Sahara des bases militaires secrètes. Les essais nucléaires français, devenus souterrains, continuèrent dans le Hoggar, près d’In Ecker, jusqu’en 1966. La France a signé en 1925 une convention internationale interdisant l’utilisation d’armes chimiques, mais que valent les chiffons de papier ? Entre 1921 et 1927, l’armée espagnole mène une guerre d’épouvante chimique contre les insurgés marocains du Rif. Et l’on sait maintenant que la France vertueuse avait formé les « techniciens » et vendu phosgène et ypérite à Madrid ».
Fabrice Nicolino nous parle ensuite des accords d’Evian qui permettent à la France de garder des bases militaires qu’ils ont restituées dans leur état naturel « Outre Reggane et In Ecker, B2 Namous, un polygone de 60 kilomètres par 10 au sud de Béni Ounif, non loin de la frontière marocaine. Dans une note de l’état-major français, on peut lire : « Les installations de B2-Namous ont été réalisées dans le but d’effectuer des tirs réels d’obus d’artillerie ou d’armes de saturation avec toxiques chimiques persistants ; des essais de bombes d’aviation et d’épandages d’agressifs chimiques et des essais biologiques. » En 1997, le ministre de la Défense Alain Richard déclare : « L’installation de B2 Namous a été détruite en 1978 et rendue à l’état naturel ». En février 2013, le journaliste de Marianne Jean-Dominique Merchet révèle qu’un accord secret a été conclu entre la France et l’Algérie. Il porte sur la dépollution de B2 Namous, « rendue à l’état naturel » trente ans plus tôt ».
L’utilisation des armes chimiques par les Etats-Unis
Il est impossible dé décrire les nombreuses circonstances dans lesquelles les armes chimiques ont été utilisées. Qu’il nous suffise de rapporter la philosophie du plus grand chantre de l’utilisation de ces armes de l’horreur. « Décidément, lit-on sur Agoravox sous la plume de Camus, comme s’il fallait établir des distinguos abscons entre morts déchiquetés sous des bombes conventionnelles ou asphyxiés au gaz innervant. Et puis les Anglo-Américains devraient commencer par balayer devant leurs malpropres portes au lieu de jouer aux offusqués et aux saints innocents. (...) N’est-ce pas en effet Washington qui a livré une impitoyable guerre chimique au Vietnam entre 1961 et 1971 avec des épandages massifs - 80 millions de litres - d’Agent Orange, un défoliant comportant de la dioxine ? Ce sont de 2,1 à 4,8 millions de Vietnamiens qui ont été touchés par ce composé hautement mutagène dont les effets se font sentir encore aujourd’hui. » (1)
Massimo Fini s’interroge à son tour,sur l’autorité morale des Etats -Unis : « (...) Mais ce que j’aimerais comprendre, c’est d’où vient exactement cette autorité morale des États-Unis qui se permettent de tracer des « lignes rouges » sur l’utilisation d’armes chimiques. Ce sont pourtant eux qui, en 1985, en fournirent à Saddam alors au pouvoir dans sa lutte contre les Iraniens, et par la suite contre les Kurdes. (...) Lors de la guerre contre la Serbie, les USA utilisèrent des bombes à l’uranium appauvri. (...) On imagine facilement l’effet de cet « uranium appauvri » sur les civils serbes et surtout sur les enfants qui évoluent à 1 m du sol et sont habitués à toucher à tout. En 2001, pour capturer Ben Laden, les Américains noyèrent les montagnes d’Afghanistan sous les bombes à l’uranium et le ministre de la Défense Donald Rumsfeld avait déclaré que « pour chasser les terroristes, nous utiliserons aussi des gaz toxiques et des armes chimiques ». On en voit les résultats aujourd’hui. Un paysan afghan, dénommé Sadizay, raconte : « Un raid de l’Otan a détruit ma maison, tué ma femme et trois de mes fils. Mais quand j’ai vu naitre mon neveu sans bras et sans jambes, alors j’ai compris que les Américains nous avaient volé jusqu’à notre futur. »
Le secret des gaz israéliens
« Ce sont, écrit Thierry Meyssan, les recherches israéliennes sur les armes chimiques et biologiques qui ont poussé historiquement la Syrie à rejeter la Convention interdisant les armes chimiques. C’est pourquoi la signature par Damas de ce document risque de mettre en lumière l’existence, et éventuellement la poursuite, de recherches sur des armes sélectives destinées à tuer les seules populations arabes. (...) Un document de la CIA récemment découvert révèle qu’Israël a mis aussi en place son propre arsenal d’armes chimiques. Des responsables du renseignement à Washington estiment que l’Etat hébreu a secrètement fabriqué et stocké des armes chimiques et biologiques depuis des décennies pour compléter son arsenal nucléaire présumé. Dans un rapport secret de la CIA en 1983. Des satellites espions américains ont repéré en 1982 « une usine de production de gaz chimique et une unité de stockage dans le désert du Néguev ».
Pour Jean Shaoul, la condamnation par les États-Unis de l’usage des armes chimiques ne s’applique pas à Israël. Il écrit : « (...) Aucune obligation morale de cette sorte n’est cependant invoquée à l’égard d’Israël, pays qui détient le plus important stock d’armes chimiques biologiques et nucléaires au Moyen-Orient, et qui est le seul Etat à ne pas avoir signé le traité de non-prolifération nucléaire. Comme l’a relevé le site Web Foreign Policy le lundi 9 septembre, non seulement les États-Unis connaissent depuis des dizaines d’années l’existence des armes chimiques israéliennes, mais ils ont maintenu le silence à leur propos. Ce n’est pas simplement qu’Israël possède un important arsenal d’armes chimiques. Il s’en est servi contre les Palestiniens en Cisjordanie et à Ghaza, contre le Liban et Ghaza durant les assauts militaires de 2006, et durant l’opération Plomb durci à Gaza en 2008-2009. (...) Un protocole de la convention de 1980 sur les armes conventionnelles interdit l’usage du phosphore blanc en tant qu’arme incendiaire (...) Le rapport d’enquête de l’ONU, le rapport Goldstone, a réaffirmé les conclusions de nombreuses enquêtes internationales respectées, confirmant l’usage disproportionné par Israël de la force contre les Palestiniens, et les accusations de crime de guerre contre Israël et le Hamas ainsi que de « probables crimes contre l’humanité » comprenant l’usage du phosphore blanc par Israël. Il y est dit que les forces israéliennes se sont comportées de façon « systématiquement irresponsable » dans leur usage de phosphore blanc dans les zones construites, citant l’attaque israélienne contre le bâtiment de l’Agence de soins et de travaux de l’ONU dans la ville de Ghaza, l’attaque de l’hôpital Al Quds et celle de l’hôpital Al Wafa.
On parle souvent de la « Pax Americana » pour dénommer l’ordre résultant de l’hégémonie des Etats-Unis. Cette position de force n’est pas un gage d’équilibre et de paix à l’échelle mondiale. C’est ainsi que les États-Unis interviennent de façon chronique pour leurs intérêts stratégiques. Pour l’histoire, cela a commencé en 1846 : Guerre américano-mexicaine, les États-Unis d’Amérique annexent La Californie. Ce fut aussi, sans être exhaustif, la Guerre de Corée (1950-1953), du Viêt Nam (1968-1975). Cela a continué pour la période récente avec la guerre du Vietnam où des centaines de tonnes d’agents chimiques orange ont été déversées créant la mort et la désolation pour des dizaines d’années, ce sera ensuite le ou la Guerre en Irak (2003), le feuilleton irakien de la démocratie aéroportée à raison de dizaines de morts tous les jours ne s’est pas clôturé avec la pendaison inhumaine de Saddam Hussein.
En 2011 ce fut la mise à sac de la Libye et le lynchage abjecte de Kadhafi. Au total soixante-six interventions extérieures pour la plupart sanglantes »
Charles de Gaulle écrivait en son temps, que « les armes ont torturé mais aussi façonné le monde. Elles ont accompli le meilleur et le pire, enfanté l’infâme aussi bien que le plus grand, tour à tour rampé dans l’horreur ou rayonné dans la gloire. Honteuse et magnifique, leur histoire est celle des hommes ». La guerre de tous conte tous n’est jamais propre, c’est de fait l’échec de la parole désarmée qui est l’empathie envers la détresse des faibles. Assurément, l’humanité court à sa perte.
Chems Eddine CHITOUR
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http://www.legrandsoir.info/les-armes-chimiques-et-les-donneurs-de-lecons-petite-pedagogie-de-l-horreur.html

lundi 23 septembre 2013

SYRIE : Bachar al-Assad gagne la bataille de la communication….. Après avoir gagné la bataille politique et diplomatique, avec l'aide de son allié russe, et pris le dessus dans la bataille militaire, avec le soutien du Hezbollah et de l'Iran, la Syrie est en passe de remporter la bataille de la communication.


Les médias américains et européens ont récemment diffusé des dizaines d'articles et d'enquêtes sur la Syrie, évoquant des sujets qu'ils passaient sous silence depuis plus d'un an. Les images des atrocités commises par les rebelles ont été publiées, et des photos sur les décapitations, la cannibalisme et autres actes barbares perpétrés par les pseudo-révolutionnaires, ont fait leur apparition. Cette prise de conscience médiatique a coïncidé avec les menaces d'agression militaire contre la Syrie, envisagée par le président Barack Obama.
Ce changement de ton s'est surtout illustré par le sévère réquisitoire contre Obama auquel a procédé, sur FoxNews, la célèbre juge Jeanine Pirro, le 12 septembre. Cette chaine de télévision, dirigée par les conservateurs, s'est livrée à un procès politique contre la décision  de la guerre contre la Syrie. Sa conclusion était que Barack Obama veut se lancer dans une nouvelle aventure guerrière au service d'Al-Qaïda, qui combat l'Etat syrien.
Les faits leur ont donné raison. Al-Qaïda a lancé en fin de semaine dernière une attaque générale pour prendre le contrôle du Nord de la Syrie, après avoir étendu son hégémonie sur de larges portions de Deir Ezzor, Hassaké et Raqqa.
Dans le même temps, le premier vice-directeur du Service fédéral de sécurité russe (FSB) Sergueï Smirnov, a déclaré qu'entre 300 et 400 mercenaires russes combattent en Syrie dans les rangs des extrémistes. Ces mercenaires "finiront par rentrer. Cela représente, naturellement, un grand danger", a indiqué le responsable.
Mercredi dernier, le ministre français de l'Intérieur, manuel Valls, avait affirmé que 130 français combattent dans les rangs des extrémistes syriens, soulignant que leur retour en France était une source d'inquiétude en raison du danger potentiel qu'ils peuvent représenter.
Ce changement d'attitude de la part des médias occidentaux est dû, en premier lieu, à la faillite de la guerre menée contre l'Etat syrien depuis deux ans et demi par les gouvernements occidentaux, les pétromonarchies rétrogrades du Golfe et la Turquie. De plus, tous les sondages aux Etats-Unis, en France, en Allemagne et en Grande-Bretagne, ont montré le refus des opinions publiques de la guerre contre la Syrie. Au Royaume-Uni, le Parlement a exprimé la volonté populaire en interdisant au Premier ministre David Cameron de participer à toute agression contre Damas.
Le refus populaire d'une nouvelle guerre s'explique par les défaites des Etats-Unis et de leurs alliés en Irak, en Afghanistan dans la Bande de Gaza et dans les trois guerres israéliennes contre le Liban, en 1993, 1996 et 2006. Ces conflits ont eu de graves répercussions sur les économies occidentales et ont laissé de profondes traces dans la mémoire collective des peuples. La résistance de l'Etat syrien face à la guerre universelle menée contre lui, la chute des Frères musulmans en Egypte et l'affaiblissement de la Turquie, ont conforté l'opinion publique dans ses choix pacifistes.
La plupart des articles et des enquêtes publiés dans les médias occidentaux donnent, enfin, une image proche de la réalité sur ce qui se passe en Syrie: un Etat, prêt à procéder à des réformes sérieuses, qui est aux prises avec des gangs de mercenaires extrémistes, en majorité membres d'Al-Qaïda. Les façades "démocratiques" installées par l'Occident et ses auxiliaires se sont effondrées, pour laisser apparaitre le vrai visage de la rébellion: des takfiristes, criminels, tueurs d'enfants, violeurs de femmes et mangeurs d'hommes. Voilà les groupes qui sont recrutés, entrainés, armés, financés et nourris par les illustres démocraties saoudienne et qatari!
Lors de ses récentes apparitions dans les médias occidentaux, le président syrien Bachar al-Assad est parvenu à briser le mur du silence et à montrer à l'opinion publique la véritable image de ce qui se passe dans son pays. Ses arguments, son bon sens, sa logique, étayés de faits, de preuves et de chiffres, ont réussi à convaincre beaucoup de personnes, aussi bien chez les citoyens ordinaires que chez les élites intellectuelles et politiques honnêtes. Certes, l'opinion publique occidentale n'est pas devenue pro-régime, mais elle a saisi la réalité de ce qui se passe en Syrie. Une vérité que la gigantesque machine médiatique, contrôlée par les gouvernements américain, européens et ceux des pays du Golfe, se sont employés à cacher depuis deux an et demi.
Après avoir gagné la bataille politique et diplomatique, avec l'aide de son allié russe, et pris le dessus dans la bataille militaire, avec le soutien du Hezbollah et de l'Iran, la Syrie est en passe de remporter la bataille de la communication.
L'autre facteur déterminant dans le changement d'attitude de l'opinion occidentale, est la position du Vatican. Le Saint-Siège est résolument hostile à toute agression militaire contre la Syrie. Sa position découle de son souci de défendre la cause des chrétiens d'Orient, dont l'existence est aujourd'hui menacée par les takfiristes, qui tentent de détruire le dernier Etat laïque d'Orient, garant des libertés religieuses de tous les citoyens.
La journée de prière pour la Syrie, célébrée à l'appel du Vatican le 7 septembre, a rassemblé des millions de fidèles dans les églises du monde entier, y compris aux Etats-Unis. Cet élan de solidarité a également joué un rôle essentiel dans le basculement de l'opinion publique.
Source : TENDANCES DE L’ORIENT

Poutine ouvre le débat sur l’arme nucléaire israélienne…. Le démantèlement de l’arsenal chimique syrien est-il le prélude au démantèlement des capacités nucléaires israéliennes ?

Le président russe, Vladimir Poutine, a fait un pas en avant pour défendre la position de son pays par rapport à la crise syrienne, et a introduit dans le débat, hier, une nouvelle dimension, celle du nucléaire israélien. S'exprimant lors d’une rencontre avec des experts russes et internationaux à Valdaï (nord-ouest de la Russie), le chef du Kremlin a souhaité « rappeler » que l’arsenal chimique de la Syrie était apparu comme une « alternative » à l’arme nucléaire israélienne, ajoutant qu’Israël n’avait « pas besoin » de cette arme.
« Je ne peux pas assurer à 100 % que nous réussirons à mener à son terme le plan de démantèlement des armes chimiques syriennes, mais tout ce que nous avons vu ces derniers jours inspire confiance sur le fait que c’est possible et que ce sera le cas », a déclaré M. Poutine. « La Syrie s’est dite prête à adhérer, et se considère déjà comme adhérente de la convention internationale sur l’interdiction des armes chimiques », a-t-il souligné, en saluant ces « pas concrets » de Damas.
M. Poutine a par ailleurs qualifié de « provocation habile » l’attaque chimique commise le 21 août près de la capitale syrienne. « Nous avons toutes les raisons de croire que c’est une provocation habile », a déclaré M. Poutine, en affirmant notamment que de vieux obus de fabrication soviétique, qui ne sont plus utilisés par l’armée syrienne, figuraient dans ce dossier.
« Nous n'avons en Syrie aucun intérêt particulier pour lequel nous essayons d'y maintenir le gouvernement en place », a souligné le chef de l'État russe, ajoutant qu'en s'ingérant dans la situation autour de la Syrie, la Russie s'appliquait tout simplement à affirmer les principes du droit international.
Le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, avait déjà promis mercredi que la Russie transmettrait au Conseil de sécurité de l’Onu des preuves fournies par Damas de cette « provocation » qui visait selon lui à susciter des frappes occidentales.
Par ailleurs, le premier vice-directeur du Service fédéral de sécurité (FSB) Sergueï Smirnov, a déclaré qu'entre 300 et 400 mercenaires russes combattent en Syrie dans les rangs de l'insurrection. « Nous estimons que 300 à 400 personnes ont quitté le territoire de notre pays pour s'y rendre (en Syrie) et elles finiront par rentrer. Cela représente, naturellement, un grand danger », a indiqué le responsable.
Mercredi, le ministre français de l'Intérieur, manuel Valls, avait affirmé que 130 Français combattent dans les rangs des extrémistes syriens, soulignant que leur retour en France était une source d'inquiétude en raison du danger potentiel qu'ils peuvent représenter.
Ces mises en garde interviennent alors qu'Al-Qaïda a lancé une vaste offensive en Syrie pour prendre le contrôle de zones tenues par les rebelles syriens (Voir Mediarama numéro 425).

La révolution islamique ou la voie sans issue…..Pour mettre fin à l’emprise des Islamistes dans les pays musulmans, ne convient-il pas plutôt, d’aider ces peuples à se dégager de cet esclavage, de permettre aux citoyens de pouvoir jouir librement de leurs droits légitimes.

Généraux et colonels de l’armée, l’élite intellectuelle issue des grandes familles bourgeoises qui fournit une bonne partie des dirigeants et des cadres de l’administration, les gros propriétaires terriens, les grands dignitaires des confréries musulmanes acquises au pouvoir, voila la fine fleur, le dessus du panier qui gouverne et domine, au sommet de l’Etat, dans la plupart des pays arabes. L’homme fort du régime généralement un roi ou un haut gradé de l’armée, veuille à maintenir un équilibre et un partage subtil des responsabilités et des richesses entre ces différentes forces auxquelles il doit sa légitimité et sa pérennité.
  Le peuple quant à lui, qui constitue l’écrasante majorité de la masse populaire, est tenu à l’écart, marginalisé, exploité et asservi. Nous l’avons dit dans un article précédent : 41% des Egyptiens vivent sous le seuil de la pauvreté et presque la moitié des chômeurs sont des jeunes entre 20 et 24 ans. L’opposition, quand elle existe, est muselée. Ses organes de presse aux moyens subsidiaires ont rarement une audience nationale Son activité, couverte en permanence par les services de renseignement, reste toujours limitée à ses membres et sympathisants.
 En Egypte les élites du pays étaient " recrutées et embrigadées par l’ancien régime qui les nommait dans des postes de responsabilité et aux hautes fonctions de l’Etat. Possédant pour la plupart de belles villas au Caire et des résidences de luxe à Charm Cheik et des comptes bancaires à l’Etranger, ils constituaient les soutiens infaillibles du pouvoir en place et la garantie de sa stabilité. Leurs enfants poursuivent leurs études dans des écoles privées et dans des universités étrangères. On retrouve d’ailleurs cette même caractéristique dans presque tous les Etats arabes. D’où l’existence dans tous ces pays d’une minorité de gens choyés, fidèles serviteurs du régime et béni oui- oui, qui approuvent sans réserve la politique et les décisions du patron de l’Etat et une écrasante majorité de " sujets " qui végètent dans la misère et le sous emploi.
 C’est au sein de cette masse que la colère populaire est née et grandit pour donner lieu à ce qu’on a appelé le printemps arabe. C’est la révolution ou plutôt la révolte, le soulèvement, le ras le bol de tout un peuple opprimé qui ne supporte plus l’injustice et les inégalités, un peuple qui refuse de rester éternellement soumis à une minorité de profiteurs à la solde de l’impérialisme étranger, un peuple enfin qui croit avoir trouvé refuge dans le giron d’Allah. Il est d’ailleurs d’usage dans le monde musulman, qu’en cas de malheur les gens se recueillent au sanctuaire d’un « saint homme » pour pleurer leurs détresses. Ils en repartent soulagés, ayant fait le plein d’optimisme. " Dieu est avec les patients qui ont la force de l’endurence. Dit le Coran.
 Si le dessein des dirigeants de cet islam politique peut sembler « à priori », sain et légitime, la voie choisie pour le réaliser est dès le départ, condamnée à être avortée et rejetée par la communauté internationale. La révolution de 1917 qui a destitué le régime tsariste russe, malgré ses carnages et extermination des millions de vies humaines, est venue avec des idées marxistes et révolutionnaires pour sauver un peuple asservi. La révolution française de 1789 a permis de remplacer une monarchie absolue et une oligarchie pourrie, par une république qui a mis fin à la société d’ordres et aux privilèges. La déclaration des droits de l’Homme et du citoyen a proclamé l’égalité devant la loi, les libertés fondamentales et la souveraineté de la nation.
 La " révolution islamique vient quant à elle, pour ramener le peuple à plusieurs siècles en arrière, notamment dans l’application stricte et rigoureuse de la religion, ce qui est une aberration dans les temps où nous vivons. Le choix d’une croyance est une option strictement personnelle. Personne n’a le droit d’imposer aux autres de croire ou ne pas croire, de pratiquer ou non les obligations d’une religion donnée. Et c’est là le grand problème de la religion musulmane dans laquelle autorités et dignitaires religieux se font une concurrence pour imposer à leurs concitoyens la manière de se conduire et de mener leur existence. La priorité, toute la priorité est donnée à cet aspect de la vie en société, où l’individu se trouve prisonnier et emporté dans un engrenage de coutumes et de pratiques qui lui est imposé. Encore une fois, une croyance doit être librement consentie, sans quoi, elle devient une simple contrainte imposée à l’homme.
 On me rétorquera que les régimes des pays musulmans ne sont pas tous aussi contraignants, que leur système de gouvernement n’est pas basé uniquement sur les pratiques religieuses et que leurs activités sont riches en réalisations sociales et économiques. Les gens qui tiennent ce genre de langage, sont à notre avis complètement hors sujet ou alors ont une notion très rudimentaire de la démocratie. Quelle part font-ils aux droits de l’homme, aux libertés fondamentales. Que représente pour eux la femme dont on veut cacher le visage derrière ce voile intégral, ridicule, qui ne laisse apparaître que leurs yeux ? Que pensent-ils des limitations faites encore aux femmes en Iran et dans les pays du Golfe où elles ne possèdent aucune personnalité, aucune notoriété et deviennent de simples femelles acquises pour satisfaire les désirs sexuels de l’homme et agneler.
 Certes, nous avons nous-mêmes soutenu l’idée de laisser les Islamistes égyptiens faire leur propre expérience à partir du moment qu’ils ont été portés au pouvoir par une majorité de citoyens. Notre position, sincère, était inspirée par le seul désir de respecter la volonté et le suffrage populaires. Nous avons été traité d’Islamiste par certains commentateurs qui, au lieu de lire attentivement un texte, ne font que le survoler sans chercher à comprendre la pensée profonde de l’auteur. Je reconnais aujourd’hui que le risque à courir était en effet trop grand. Mais que faire ? Avoir deux conceptions de la démocratie ? Accepter le verdict des urnes en Occident et le refuser ou l’ignorer dans le monde musulman ? C’est là un choix que, en tant que démocrate très attaché à la liberté, j’hésite encore à prendre.
 Le monde va donc continuer à vivre, et longtemps encore, ce douloureux dilemme. Il serait en effet malheureux de méconnaître la misère économique, sociale et morale dans laquelle vit la majorité arabe et égyptienne plus particulièrement. Il serait aberrant de leur refuser le droit de se révolter, de rejeter cette autocratie militaire qui les gouverne et d’exiger un système juste et égalitaire, le respect des libertés (individuelles, d’expression, d’opinion, de presse, de réunion, syndicale et religieuse) ainsi que la disparition des privilèges.
 Quel point commun entre ces révolutionnaires français qui ont, le 14 juillet 1789 pris d’assaut la Bastille de Saint-Antoine et les milliers d’Egyptiens qui ont investi les places Tahrir et Rabéa Adaouia au Caire. Les uns comme les autres étaient motivés par leur soif de liberté et de dignité humaine. En Egypte, au règne despotique et discrétionnaire du roi Farouk a succédé un pouvoir militaire, plus abusif et contraignant que le régime impérial.
 Pour mettre fin à l’emprise des Islamistes dans les pays musulmans, ne convient-il pas plutôt, d’aider ces peuples à se dégager de cet esclavage, de permettre aux citoyens de pouvoir jouir librement de leurs droits légitimes. L’occident a l’habitude de s’élever contre la répression et de dénoncer les violations des droits de par le monde, même en Russie et en Chine, Pourquoi garde-t-il le silence et les yeux fermés quand il s’agit de régimes qui lui sont favorables (Pays du Golfe, Maghreb, et Afrique noire) ? Pourquoi, au lieu de protéger ces potentats et de leur fournir des armes, ne s’emploie-t-il pas à aider plutôt les oppositions, qu’elles soient libérales ou de gauche, pour chasser ces dictateurs ? .
 Ce serait là, à notre avis, le meilleur moyen et le seul de limiter voire de stopper l’avance des Islamistes qui passent aujourd’hui pour les défenseurs des peuples opprimés, ce qui renforce leur audience et leur donne une notoriété dans le monde musulman.
Source : AGORA VOX


vendredi 20 septembre 2013

SYRIE (VIDEO) : Une triple défaite française « celle d’un homme, François Hollande, d’un pays, la France et d’une idéologie, le droit de l’ingérence ! »


Éric Zemmour, le chroniqueur iconoclaste de RTL explique comment, dans l’affaire syrienne, le pouvoir français a mordu la poussière sur toute la ligne. Il s’agit, dit-il, d’une triple défaite : « celle d’un homme, François Hollande, d’un pays, la France et d’une idéologie, le droit de l’ingérence ! »