mercredi 7 août 2013

Egypte, Laïcité 1-démocratie 0.......La confrontation entre laïcité et Islam politique, communément appelé islamisme, dépasse les enjeux idéologiques pour se positionner sur le terrain du belliqueux, au point de compromettre dangereusement le vivre en commun et l’avenir du pays, chacun voudrai effacer l’autre politiquement voire physiquement


« ….  Entre les assurances des uns et les craintes des autres , le consensus semble être loin de portée , alors que le vivre en commun lui, se trouve éminemment menacé par cet exercice idiot de la démocratie "arabica", d’où l’urgence d’un dialogue de fond, serein, qui n’exclue personne, pour baliser une fois pour toute le sentier de la vie démocratique dans ces pays et mettre en place des mécanismes institutionnels infaillibles, sortes de garde-fous à même d’apaiser les craintes et éviter ainsi, que la vie politique y soit empoisonnée par des radicalismes laïco-islamiste aussi ridicules que dangereux…. ».
 Le piratage de la laïcité par la raison d’état est plus dangereux que l’absence de la laïcité elle-même, dans des sociétés arabes souvent multiethniques et/ou multiconfessionnelles, la captation de la laïcité par les revendications communautaires, envenime l’exercice démocratique qui finit par bloquer la démocratie elle même , en l’absence de grand débat qui implique tout le monde, suivit d’un large consensus national, la laïcité, bien que garante des droits citoyens de tous et leurs égalités devant les lois de la nation, risque de se convertir en un mécanisme de défense au service des revendications communautaristes légitimes mais, bien souvent restreintes, spéculatives et anxieuses , la laïcité se trouve alors opposée à la démocratie si celle-ci débouche vers un choix que ces communautés jugent menaçant à leur mode de vie, de culte et/ou à leur conception de la citoyenneté, le tout , dans un contexte international qui , plus que jamais, leurs est favorable .
 La confrontation entre laïcité et Islam politique, communément appelé islamisme, dépasse les enjeux idéologiques pour se positionner sur le terrain du belliqueux, au point de compromettre dangereusement le vivre en commun et l’avenir du pays, chacun voudrai effacer l’autre politiquement voire physiquement , pour l’islamiste, le laïc est une sorte de démon , d’athée qui veut chasser Dieu de son domaine et dont il faudra s’en débarrasser , il refuse tout débat sur le concept même de laïcité et sa place dans l’Islam en tant que forme de gouvernance équitable et donc juste, qui se met à égale distance entre toutes les confessions et idéologies, évite la prééminence d’une religion sur les autres , assure et protège leur exercice dans la sphère qui leur est propre, c’est à dire privée de plus, l’islam sunnite ne reconnait aucune autorité ou institution qui le gère à l’instar de l’Eglise catholique et encore moins une gouvernance politique ; L’islamiste n’arrive pas à admettre qu’un croyant puis être laïc et que l’un n’exclue pas l’autre, le laïc arabe lui, voit en l’islamisme un danger, un obscurantisme qui provoque l’immobilité sociale. Une évolution inquiétante de "la laïcité arabica" se radicalisant au point d’étendre son refus à l’Islam lui-même. Dans cette diabolisation mutuelle, chacun cherche un point d’appui pour faire basculer l‘autre au précipice. Les laïques, souvent de culture occidentale, se présentent en tant qu’élite minoritaire, éclairée, à qui incombe une responsabilité historique envers le peuple, cherchent dans le communautaire ethnique ou religieux un soutien, convoitent le militaire qui cesse d’être perçu comme un despotisme à l’instar du religieux mais, plutôt comme un rempart à même de protéger la nation du péril théocratique et dans l’occident un allié, car l’islamophobie intra-muros, ça fait vendre en occident , les islamistes quant à eux , se sont les masses qui les intéresse le plus, le bon peuple, écrasé par le pouvoir, qui a des préjugés sur la laïcité et qui voit en l’Islam la solution , car c’est ainsi , qu’on lui a vendu l’islamisme , qui veux jusqu’a preuve du contraire, asseoir un pouvoir mondain (terrestre), en vendant les mérites d’un pouvoir divin (céleste).
Les islamistes déclarent être partisans d’un Etat civil, moderne et démocratique qui n’exclue personne et croient à l’alternance au pouvoir, le modèle Erdogan semble les inspirer, pour eux ,la violence n’est plus une alternative pour imposer leur choix à la société, enfin c’est ce qu’il disent. Si nous mettons nos craintes de coté et analysons calmement cette situation, n’est ce pas une évolution positive aux moindres coûts, un déverrouage d’esprits inattendu et une évolution dans leur conception de l’Etat qu’on est entrain d’expérimenter ? Ils ne veulent en somme, que moraliser l’Etat et reconnaître la portée islamique de la nation, tout comme la judéo-chrétienneté est admise en occident comme valeur identitaire fondamentale, ne doivent-ils pas avoir leur chance eux aussi à mettre en œuvre cette conception ? En plus, les musulmans n’étaient pas des tarés, en faisant une lecture intelligente et rationnelle de leurs textes, donnèrent au monde une leçon de tolérance, de vivre en commun, que même la démocratie moderne peine encore à consolider ; Mais aussi de bonne gouvernance, exprimée dans la gestion efficace des cités, de nouvelles structures et services que le monde ne connaissait pas virent le jour, hôpitaux ,pharmacies, bains publiques, réseaux d’assainissement et de conduite d’eau urbaine, d’évacuation d’eau usée, système d’irrigations agricole de la période hispano-musulmane que le monde Gréco-latin ne connaissait pas encore, l’éclairage public, salles de services pour les voyageurs en période ottomane y avait même des salles de soins pour leurs animaux et bien sûr, les jardins publiques devenue élément constitutifs des villes de l’âge d’or islamique…etc. , bien que perses et romains ont rayonné avant les musulmans dans certains aspects de la gestion citadine cités, convient-il de le rappeler !.
 De l’autre, le contingent laïc arabe, formé de communautaires , de laïcs et de libéraux, pensent que cela n’est qu’un subterfuge et que les islamistes cachent leurs vraies intentions, celles de vouloir bâtir "daoulet el khilafa et la Umma" au détriment de l’Etat nation, qui va se retrouver complètement dénaturalisée, amoindrie de sa dimension nationale, imposer leurs conception de la charia à l‘ensemble de la société et faire régner un climat de peur et d’obscurantisme, en plus, n’ont-ils pas manqué à leurs paroles en disant que la présidence de la république en Tunisie et en Egypte ne les intéressait pas ? De l’autre, certains de nos laïcs considèrent que l’islamisme est contre la vie elle-même, c’est comme la mort, on ne l’expérimente qu’une seule fois. Bien que la " régression féconde" prônée par monsieur Addi Lahouari vise à construire avec "nos contradicteurs" disait-il, une société civile sur des bases logique et dit : « . L’exercice du pouvoir par les islamistes mettra fin à la domination du hanbalisme qui est une interprétation rigide de l’islam qui se nourrit du profond mécontentement social. Il se mettra en place une autre interprétation qui tiendra compte des réalités historiques, une interprétation moderne alimentée par les aspirations au progrès social et au développement et qui mettra fin au mode collectif du vécu de la foi au profit d’un mode privé », expose une conception intelligente du rapport laïcité islam politique.
Hélas , entre les assurances des uns et les craintes des autres , le consensus semble être loin de portée , alors que le vivre en commun lui, se trouve éminemment menacé par cet exercice idiot de la démocratie "arabica", d’où l’urgence d’un dialogue de fond, serein, qui n’exclue personne, pour baliser une fois pour toute le sentier de la vie démocratique dans ces pays et mettre en place des mécanismes institutionnels infaillibles, sortes de garde-fous à même d’apaiser les craintes et éviter ainsi, que la vie politique y soit empoisonnée par des radicalismes laïco-islamiste aussi ridicules que dangereux.
Les exemples ne manquent pas, l’Egypte poste Moubarak, ne semble pas trouver son chemin vers une forme de démocratie stable et garante de la paix sociale et du vivre en commun , 10 % à 15% de la population égyptienne est Copte et constitue la plus importante minorité chrétienne au Proche-Orient , ils se considèrent comme les vrais égyptiens. Le nombre de Coptes est l'un des secrets les mieux gardés d’Égypte.
Destituer un président en exercice, élu à 51,6 %, geler une charte votée à plus de 63% des égyptiens et dissoudre l’assemblée consultative, rayer trois institutions "démocratiques " par un seul trait de stylo, ma foi, ils ont du culot ces laïcs arabes ! Certes réclamés par beaucoup d’égyptiens du "tehrrir" dans leur révolution version "revue et corrigée" celle du : 30 Juin 2013, mais, pas de tous les égyptiens, assaillis par un appareil médiatique redoutable qui fit passer le gris pour noir, la vie des hommes pour dérisoire.
En tant que laïc modéré, l’impartialité m’impose l’équité, pour pouvoir voir clairement à travers cette nébuleuse, cette entropie politico-sociale égyptienne et ne pas dire n’importe quoi.
 Pour arriver à comprendre ce qui se passe dans ce pays , il faut remonter plus loin dans l’histoire de la cohabitation entre musulmans et coptes, soutenue par une forte diaspora en Amérique notamment et appuyés par une minorité"éclairée" d’égyptiens laïcs et de libéraux, en plus, c’est un pays anglophone, à taux d’alphabétisation de prés de 72%. C’est donc l’exemple de pays multiconfessionnel et multiethnique par excellence, où les enjeux de démocratie se trouvent confrontés à ceux de la laïcité de l’Etat, garante de l’égalité des droits et de la citoyenneté de tous.
 Pour garantir le vivre en commun, l’Egypte, ne se voyait que laïque. Ce qui explique l’affinité du contingent ainsi formé , de laïcs radicaux, libéraux et communauté copte avec le militaire et son silence concernant sa violence inouïe contre les manifestant pro-Morsi, alors qu’une seule victime à l’intérieur de l’enceinte du palais el itihadiya suffisait à monsieur El Baradei de dire que Morsi à perdu toute légitimité pour gouverner.
Ce contingent pro-laïc, rejoint maintenant par le militaire, revendiquent (en apparence) le caractère laïc de l’Etat mais, donne l’impression d’être trop laïc pour être vraiment démocrate. Pour une minorité de la minorité copte très virulente, cet Islam"conquérant" , venu s’accaparer leurs terres et changer la foi, pose un problème qui dépasse de loin le politique, pour se positionner sur l’existentiel, en plus, l’Egypte est trop prés d’Israël pour courir le risque de voir prospérer devant leur nez un "état islamique, version ikhawaniste " allié idéologique du Hama, ennemi juré de l’Etat hébreux.
 Face à la menace d’un état religieux, extrémiste et "exterministe "comme il le voit et le redoute, le contingent pro-laïc égyptien, n’eut d’autres choix que d’applaudir l’intervention du militaire qu’il huait sur la place "Tahrrir" et le désignait de tous les mots, en bénissant son plan de route , ils cherchent à dépolitiser ce conflit d’origine politique et ce, en faveur d’une approche strictement sécuritaire, à l’instar de ce qui s’est passé en Algérie des années 90, où une sorte de contrat tacite été convenu entre le régime et le mouvement berbériste, de culture francophone, laïc et hautement politisé, à qui on peut reprocher tout, sauf qu’il n’est pas nationaliste ou soucieux de l’unité nationale. autres concitoyens berbères, plus conservateurs, ne se reconnaissant pas dans la culture francophone et ses valeurs laïques, rejoignirent le FIS dissout et sa direction dés le début, bien que la majorité ne prit part ni avec l’un ni avec l’autre.
Contrairement aux Coptes d’Egypte, nos frères et concitoyens berbères pour la plupart de confession musulmane, sunnite "malikite" et soufi, bien que le travail d’évangélisation tente de se frayer un chemin dans le cœur et âmes des jeunes de cette région chère à nos cœurs. Pour rappel, les missionnaires catholiques considéraient la Kabylie comme une zone imparfaitement islamisée, donc plus facilement « rechristianisable », selon Charles Robert Ageron et Alain Mahé, spécialistes de l’Algérie coloniale. La fissure ethnique a été colmatée par l’Islam des anciens et l’Etat nation pseudo laïc. La reconversion à une autre foi, bien que relevant des libertés de conscience de chacun, ne pose aucun problème, du moment qu’elle se fasse suite à une quête de foi et de vérité, une reconversion de cœur comme on dit et non pas comme réaction"contre l’islam"conquérant, qui prit la terre amazigh, cela risque d’ouvrir une autre brèche confessionnelle, virulente celle-là, difficile à colmater et qui peut prendre des expressions politiques aussi inquiétantes que dangereuses. 
 Islam, religion née au désert d’Arabie depuis 15 siècles déjà, s’est propagée aux trois continents, nouvelle religion ? Pas toute à fait ! Puisque le fondement de ses dogmes et enseignements nous projettent dans la droite ligne du monothéisme israélite ancien, d’ailleurs , le Coran désigné par « el dhikre » , c'est-à-dire « le rappel » , exprime parfaitement cette idée, en inscrivant l’Islam dans la continuité de la révélation plutôt que dans sa rupture.
Appuyée par une diversité humaine inégalée, noirs, asiatiques, blancs, caucasiens, indous, la propagation de l’Islam fut fulgurante et donna au monde l'une des plus brillantes civilisations. Médecine, mathématiques, astronomie, navigation, philosophie, architecture. Les musulmans ont développé et transmis aux occidentaux les prémices de leur renaissance.
En Islam, la foi (et non le dogme !) n’est jamais entré en en conflit avec la raison , le modernisme et les libertés de conscience bien au contraire , alors que le dogme semble interdire la réflexion , la foi elle, l’exige ! Se sont les hommes avides de pouvoir qui se servent du dogme pour asseoir leur autorité.
Source : AGORA VOX

Maroc : Les lampistes vont payer ! Mais qui ....Une excuse pire que le crime

« Sa Majesté le Roi Mohammed VI, que Dieu L'assiste n'a jamais été informé, de quelque manière que ce soit et à aucun moment, de la gravité des crimes abjects pour lesquels l'intéressé a été condamné », dixit le communiqué royal !

 Une excuse pire que le crime. En faisant publier, par son cabinet, suite à la vague d’indignation et de colère provoquée dans l’ensemble du royaume par les mesures de grâce accordées par le roi à une cinquantaine de prisonniers espagnols, dont un violeur de 11 enfants marocains, un communiqué de reculade et d’esquisse, le Palais royal ne convainc pas grand monde. Si le roi n’était pas au courant des lourdes charges qui pesaient sur le prisonnier qu’il venait de libérer, c’est le signe d’une incroyable légèreté, voire incompétence, dans la gestion du pays. Si, au contraire, il était parfaitement au courant, c’est encore plus grave. Cela démontre qu’il avait sous estimé les possibles réactions de son peuple, préférant satisfaire les souhaits du roi d’Espagne plutôt que de respecter la dignité des victimes.
Voici le texte de ce communiqué surréaliste qui risque d’attiser encore plus la colère populaire :
« À la suite de la libération, ces derniers jours, du dénommé Daniel Galvan Fina de Nationalité espagnole, condamné par la justice marocaine, le cabinet royal tient à apporter à la connaissance de l'Opinion publique les éléments d'information et les précisions suivants :
1. Sa Majesté le Roi Mohammed VI, que Dieu L'assiste n'a jamais été informé, de quelque manière que ce soit et à aucun moment, de la gravité des crimes abjects pour lesquels l'intéressé a été condamné.
2. Il est évident que jamais le Souverain n'aurait consenti à ce que Daniel Galvan Fina puisse arrêter de purger sa peine, au regard de l'atrocité des crimes monstrueux dont il a été reconnu coupable.
3. Sa Majesté le Roi, en tant que premier protecteur des droits des victimes, de surcroît enfants, et de leurs familles, ne ménagera aucun effort pour continuer à les entourer de sa sollicitude. L'ensemble de l'action royale démontre à l'évidence, l'attachement du Souverain aux immuables valeurs morales, à la centralité de la promotion des Droits de l'Homme et de la protection de l'enfance ainsi qu'à la défense de la société marocaine contre toute atteinte et actions condamnables par la conscience humaine.
Pour toutes ces considérations, Sa Majesté le Roi a décidé, dès qu'il a été informé des éléments du dossier, qu'une enquête approfondie soit diligentée en vue de déterminer les responsabilités et les points de défaillance qui ont pu mener à cette regrettable libération et d'identifier le ou les responsables de cette négligence afin de prendre les sanctions nécessaires. Les instructions seront également données au ministre de la justice afin de proposer des mesures de nature à verrouiller les conditions d'octroi de la grâce à ses différentes étapes ».
Le site marocain yabiladi. com semble mettre en doute les dénégations embarrassées du Palais royal. Il rappelle que ce n’est pas la première fois qu’un pédophile notoire est gracié.
En 2006 déjà, écrit-il, TelQuel révélait que Hervé Désiré Le Gloannec, un Français, avait été gracié après avoir été condamné à de la prison ferme.
Vingt-quatre heures après ce communiqué, et face à la poursuite de la vague d’indignation qui s’est emparée du pays, le souverain marocain a finalement décidé d'annuler la grâce.
Cette décision, « à caractère exceptionnel », est motivée par « la gravité des crimes commis et le respect du droit des victimes », a indiqué le Palais royal dans un deuxième communiqué publié par l'agence de presse officielle MAP.
Pour mettre en œuvre cette mesure, le Maroc va toutefois devoir retrouver le condamné alors que, selon plusieurs médias, celui-ci a déjà quitté le territoire.
À ce titre, le texte du Palais royal note que le ministre marocain de la Justice, Mustapha Ramid, devra « examiner avec son homologue espagnol les suites à donner à l'annulation de cette grâce ».
Selon l’AFP, des versions contradictoires circulaient sur la raison de la présence du nom de ce pédophile sur la liste royale.
À Madrid, l'opposition socialiste a dénoncé un fait d'une « extrême gravité » et exigé des comptes du gouvernement.
Au Maroc, si la classe politique est restée particulièrement discrète, au même titre que les médias officiels, l'annonce de cette libération s'était rapidement propagée par les réseaux sociaux. Vendredi soir, plusieurs milliers de personnes s'étaient ainsi rassemblées devant le Parlement de Rabat, bravant la répression policière.
Dans un pays marqué par plusieurs affaires de pédophilie au cours des derniers mois, d'autres manifestations ont ensuite eu lieu dans le nord (Tétouan, Tanger) ou encore à Agadir (sud-ouest).
Le gouvernement dominé par les islamistes du Parti justice et développement (PJD) était, lui, resté très discret. Contacté jeudi dernier par l'AFP, le ministre de la Justice avait estimé qu'il n'était « pas habilité à commenter », tout en précisant que le pédophile gracié serait désormais interdit d'entrée au Maroc.
À titre individuel, un dirigeant du PJD, Abdelali Hamieddine, avait toutefois évoqué « une faute ».
S'il s'est peu à peu essoufflé, le mouvement pro-réformes du 20-Février, né en 2011, a été, pour sa part, très présent dans le mouvement de contestation de ces derniers jours.
Mais il n’y a pas que la société civile marocaine qu’une telle mesure choquait. C’est ainsi qu’en Algérie, Me Farouk Ksentini, président de la Commission nationale consultative de promotion et de protection des droits de l'Homme (CNCPPDH), a estimé que la grâce accordée au pédophile espagnol par le roi du Maroc est « une grave bévue ». Ce pédophile a été condamné à 30 ans de prison après avoir violé des enfants de 4 à 15 ans et avoir filmé ses actes. « Le Roi aurait pu être clément à l’égard du jeune sportif algérien condamné par la justice marocaine alors que sa culpabilité n'a pas été démontrée ».
Le site algérien algeriepatriotique.com est allé encore plus loin. Dans un éditorial au vitriol signé Kamel Moulfi et intitulé : « Peuple digne, roi soumis » on y lit : « Personne n’arrive encore à admettre qu’un tel fait aussi scandaleux puisse se produire chez nos voisins de l’ouest : le souverain marocain a décidé de gracier un violeur d’enfants espagnol, condamné à trente ans de prison ferme. Il ne faut pas aller loin pour trouver l’explication : la décision a été rendue au lendemain de la visite du roi d’Espagne. Inutile, également, d’insister longtemps pour faire comprendre qu’en Algérie, jamais pareille situation ne se serait produite. Aucune pression extérieure, quel que soit son rang, n’aurait sauvé de la peine capitale ce délinquant et encore moins aurait réussi à le faire bénéficier d’une grâce. La dignité du peuple marocain n’est pas, ici, mise en cause : non seulement la condamnation du violeur d’enfants, en mai 2011, avait été accueillie avec un grand soulagement mais déjà des organisations ont appelé à protester contre la remise en liberté du violeur d’enfants. Le peuple n’y est pour rien, les Marocains eux-mêmes sont victimes de la politique économique libérale qui leur est imposée de longue date et qui fait que le Maroc a accepté la place qui lui a été donnée dans la division internationale du travail : lieu touristique dominé par la pédophilie et la prostitution dont profitent les visiteurs étrangers. Les États-Unis, la France et les autres pays de l’Otan veillent à ce que le royaume chérifien ne sorte pas de cette situation de pays colonisé sous de nouvelles formes. »
Le même site publie le lendemain (3 août 2013) une lettre ouverte d’une « citoyenne » marocaine à Mohammed VI intitulée : « Vous avez offert le corps de onze petits enfants contre le Sahara »
« À l'heure où la société civile se démène, écrit l’auteur de la lettre, pour faire admettre un viol de deux jeunes filles de 17 ans par deux imbéciles dont le plus âgé a 30 ans, où des femmes et des hommes à travers le monde se mobilisent via les réseaux sociaux pour tenter de faire croire à un semblant de justice dans notre pays, une grâce royale vient foutre en l'air toutes ces énergies, ces espoirs et ces volontés. Nous, nous nous battons avec des lance-pierres et aujourd'hui on nous a sorti l'arme de destruction massive. Quand j'entends le ministre de la Justice dire qu'il avait prévenu le cabinet royal de la présence du nom du pédophile dans la liste à gracier, mais qu'il a simplement reçu l'ordre "d'exécuter" les directives du cabinet royal, j'avais envie de lui dire : « Sinon, toi ça va ? Comment tu te sens ? Tu n'as pas envie de te suicider, là, tout de suite ? Je veux dire, ta fierté, ta dignité en tant que responsable politique, en tant qu'être humain, en tant que Marocain, tu vois de quoi je parle ? Ou c'est un truc que votre gouvernement a définitivement perdu depuis que vous avez baissé votre froc jusqu'aux chevilles ? Des hommes ? Des responsables politiques ? Des musulmans ? Gouvernement islamique ? Foutaise ! Puis, j'ai essayé de me calmer un peu pour y voir un peu plus clair. J'ai essayé de taire l'émotionnel et l'affectif pour laisser parler le rationnel. Et mon rationnel m'a dit : ce sont peut-être des cadeaux classiques entre monarques, j'en sais rien moi, peut-être que c'est comme ça que ça se passe, tu me libères un pédophile, je te pistonne pour le Sahara ou pour tes dossiers foireux un peu partout, ou pour tes affaires personnelles, ou pour des trucs dont on ne peut même pas deviner la nature. »
En attendant de connaître le nom du lampiste va payer pour cette bévue royale, il ne fait pas de doute que cette affaire vient de fragiliser gravement le Makhzen, qui ne pourra plus désormais se cacher derrière des dociles exécutants pour s’en tirer à bon compte.
Par : Henri Silvain
Source : Afrique Asie

mardi 6 août 2013

Maroc : Le pouvoir du roi doit enfin être contrôlé (Tribune) ....La monarchie marocaine a longtemps fonctionné sur ce paradoxe : un roi qui décide de tout mais n'est responsable de rien.


…..Pour la première fois dans le règne de Mohammed VI, une frange de l'opinion publique active dans les réseaux sociaux et dans l'espace public a fait plier le roi "infaillible", dont les actes et les décisions sont indiscutés et indiscutables et sont censés s'imposer comme des ordres auréolés de sacralité…..
Après le drame des viols commis au Maroc par le criminel espagnol Daniel Galvan condamné à trente ans de réclusion criminelle, les victimes et leurs familles ont eu à subir une seconde injustice : la grâce du pédophile par Mohammed VI à l'occasion de la Fête du trône. Elles se voient trahies par le roi, pourtant censé protéger, selon l'article 42 de la Constitution, "les droits et les libertés des citoyennes et des citoyens".
Selon le régime marocain, l'arrestation du pédophile en Espagne le 5 août, soit le lendemain de l'annulation de la grâce par le roi, met un terme à cette affaire qui a scandalisé l'opinion publique marocaine. Derrière ce qui est présenté par le palais comme une simple "erreur" de l'administration pénitentiaire réside le problème central de la responsabilité politique de Mohammed VI. C'est précisément le rôle du roi dans cette affaire qui a été mis en cause par les cyber activistes sur le Net et les manifestants du vendredi 2 août.
SCANDALE MORAL ET CRISE POLITIQUE MAJEURE
A l'origine une sombre affaire de marchandage diplomatique avec l'Espagne, la grâce royale du pédophile s'est muée en scandale moral et en crise politique majeure mettant en cause directement la responsabilité de Mohammed VI. Un scandale moral, car des dizaines de milliers de familles marocaines se sont identifiées aux victimes et à leurs proches. Chaque père et chaque mère sont révoltés par une grâce royale qui pourrait demain viser le violeur de leurs propres enfants.
Ce détournement cynique d'une décision de justice constitue, avec les affaires de pédophilie précédentes rapidement étouffées, un encouragement à sévir pour les criminels sexuels originaires de pays européens, pays avec lesquels l'Etat marocain dit avoir des intérêts majeurs. La grâce royale montre une nouvelle fois dans quel mépris sont tenus les Marocains. Pour le roi comme pour son entourage, ceux-ci sont des sujets dociles, prêts à tout accepter de leur souverain. Une telle décision serait passée inaperçue si l'avocat des victimes, relayé par les réseaux sociaux, n'avait alerté la presse.
C'est aussi une crise politique majeure, car cette affaire fait ressortir les contradictions du régime. D'un côté, le palais et, en service commandé, la majorité de la classe politique ainsi que les médias ne cessent de parler des bienfaits de "la monarchie exécutive" – euphémisme désignant le despotisme – dans lequel le roi, doté de larges pouvoirs, règne et gouverne.
Depuis l'accession au trône de Mohammed VI, tout est fait pour maintenir son omnipotence et son omniprésence. Toutes les décisions majeures de l'Etat sur les plans politique, militaire, social ou économique passent par le palais. De l'autre côté, Mohammed VI se défile lorsqu'il s'agit d'assumer la responsabilité politique de ses actes. Le mythe du bon monarque mal entouré et mal orienté a permis de protéger le roi d'une contestation frontale. L'adoption de la nouvelle Constitution en juillet 2011, à la suite de la contestation populaire du 20 février, et la victoire du Parti de la justice et du développement (PJD) aux élections du 25 novembre 2011 n'ont pas mis un terme ni même diminué les pleins pouvoirs du roi.
UNE VICTOIRE POUR LE MOUVEMENT CONTESTATAIRE
La mise en cause directe de la responsabilité du roi dans l'affaire de la grâce qu'il a accordée n'a pas été le fait d'une hypothétique nouvelle configuration institutionnelle, mais a pris forme dans les réseaux sociaux puis dans les rues de plusieurs villes. Si Mohammed VI a plusieurs fois bafoué la Constitution, qui a pourtant été rédigée par une commission totalement acquise, c'est ici la contestation citoyenne qui le rappelle à l'ordre et le ramène à une interprétation démocratique du même texte.
Les tentatives d'explication du cabinet royal dans un communiqué officiel puis le retrait de la décision du roi constituent indéniablement une victoire pour le mouvement contestataire. Pour la première fois dans le règne de Mohammed VI, une frange de l'opinion publique active dans les réseaux sociaux et dans l'espace public a fait plier le roi "infaillible", dont les actes et les décisions sont indiscutés et indiscutables et sont censés s'imposer comme des ordres auréolés de sacralité.
Après l'annulation de la grâce royale et l'arrestation du pédophile, Mohammed VI est-il dédouané de toute responsabilité si, comme l'indique le communiqué du cabinet royal, il ignorait tout du pédophile qui a bénéficié de sa grâce ? Le fait de ne pas savoir n'exonère en rien le roi de sa responsabilité politique et constitutionnelle. L'article 58 de la Constitution marocaine est clair : "Le roi exerce le droit de grâce." Cette affaire de la grâce royale serait donc au mieux un signe d'incompétence et de négligence sur des questions d'Etat de la plus haute importance. Comment prétendre diriger le pays et "protéger les droits des citoyens", lorsque le roi et son entourage font preuve d'une telle légèreté ? Est-ce là le message d'exemplarité morale que le commandeur des croyants adresse aux fonctionnaires de l'Etat et au peuple ? La mobilisation citoyenne dans plusieurs villes du Maroc continue – et elle doit continuer  malgré l'annulation de la décision royale. Pourquoi ?
D'abord, dans cette affaire, Mohammed VI n'assume toujours pas les conséquences de ses décisions et n'a toujours pas présenté d'excuses aux victimes, à leurs familles et au peuple marocain.
Ensuite, il s'agit de faire aboutir une réforme de la justice qui garantisse son indépendance du pouvoir royal. Il convient aussi de mettre un terme au caractère totalement arbitraire du droit de grâce, qui est en pratique un outil de marchandage politique entre les mains du palais tant au niveau national (gracier les groupes salafistes contre leur allégeance au roi et au régime), qu'international (marchander des prises de position politiques précaires auprès de la France et de l'Espagne sur la question du Sahara occidental). Le droit de grâce doit être exercé par le gouvernement issu des urnes avec un contrôle du Parlement et des associations de droits humains.
LA MONARCHIE DOIT CHOISIR
Enfin, plus fondamentalement, le scandale de l'affaire du pédophile espagnol est le résultat de l'exercice despotique du pouvoir par le roi et ses conseillers, qui ne sont soumis à aucun contrôle et ne rendent de comptes à personne. Au cœur du problème se situe l'absence de mécanismes institutionnels contrôlant les actes du roi.
Il s'agit aujourd'hui soit de mettre en place ces mécanismes de contre-pouvoir protégeant les Marocains des abus du pouvoir royal et l'obligeant à être transparent, soit de réduire considérablement les pouvoirs du monarque afin de réduire leur potentiel de nuisance. C'est à ces tâches que doivent œuvrer les citoyens appartenant à toutes les sensibilités politiques, de la gauche au mouvement islamique.
La monarchie marocaine a longtemps fonctionné sur ce paradoxe : un roi qui décide de tout mais n'est responsable de rien. Or, ce fondement du régime est de moins en moins toléré par les Marocains, non pas en des termes abstraits, mais à l'épreuve de questions concrètes comme l'est l'affaire de la grâce du pédophile.
La monarchie doit choisir entre, d'une part, l'exercice du pouvoir suscitant une contestation frontale potentiellement fatale et, d'autre part, sa survie comme institution symbolique unifiant les Marocains et se maintenant à l'écart des soubresauts et des vicissitudes du pouvoir.
* Youssef Belal est sociologue, ancien professeur à l'université Columbia à New York et à l'université Mohammed-V à Rabat)
Tribune parue dans LE MONDE 06.08.2013

Révolution Permanente: Le Commerce politique aux politiciens, la Libération de la Côte d’Ivoire aux Guerriers !


A chacun son métier. A chacun son devoir. A chacun sa lecture et ses choix des circonstances. A chacun de comprendre et d’agir.
Les événements politiques ne sont que des événements. Ils n’ont de l’importance que lorsqu’ils apportent un changement dans une situation qui était et qui s’offre, avec la survenue desdits événements, l’opportunité d’évoluer positivement.
Nos Salutations militantes aux Camarades Résistants faits prisonniers de guerre et libérés, sous la pression, par l’ennemi embrouillé qui espère tirer un quelconque dividende politique de la remise en liberté de gens qui étaient en liberté hier et la Côte d’Ivoire était en crise, qui ont été faits prisonniers de guerre et la Côte d’Ivoire est demeurée en crise, qui sont libérés aujourd’hui sous la pression et la Côte d’Ivoire poursuivra dans la crise.
 Une crise existentielle comme celle de la Côte d’Ivoire ne se résout pas avec quelques acrobaties  politiques et du trafic honteux de prisonniers innocents.
Mais un imposteur assiégé qui mêle, démêle et s’entremêle les pieds noircis par plusieurs décennies de vie de truand, d’escroc, de tueur, de falsificateur et de menteur ; un imposteur embrouillé et empêtré dans une aventure périlleuse de repeuplement de la Côte d’Ivoire par ses frères Mossis affamés ; un imposteur qui creuse sa propre tombe et celle de millions de barbares armés pensant avoir soumis les Ivoiriens pour les déposséder de leurs terres, emplois et Nationalité ; eh oui, cet imposteur prenant ses rêves pour de la réalité peut rêver l’œil penché qu’il va acheter la conscience du Résistant et du Guerrier ivoirien parce qu’il a dénoué ce qu’il a noué de main d’imposteur, sous l’action malveillante d’une France forcément décadente dans cette Afrique digne qui se dresse comme un seul homme face à l’envahisseur et au roublard gaulois. 
Marché de duperie politique, tu n’es que duperie triomphante pour petites gens aux petits esprits. Et si Commerce politique, d’aucuns peuvent s’en enorgueillir, eh bien, le Commerce politique n’est qu’une affaire de Politiques.
Alors, parlons Libération, notre combat commun, ce qui nous unit au-delà de nos différences.
La Libération d’une Nation menacée de disparition est d’un autre domaine de l’intérêt vital d’un peuple. Elle ne s’aliène pas avec la liberté retrouvée de bon droit par un ou deux dignes fils. Elle est Libération de terres occupées, libération de libertés confisquées, libération d’une armée humiliée, désarmée et contrainte de subir la loi de zozos puants dans une douleur silencieuse qui s’exprimera bientôt, avec fracas et frayeur. La Libération d’une Nation, fille d’une Afrique digne, est la Libération d’un Continent, d’une Histoire, d’une Race.
Elle est un combat. Le fruit d’un long et difficile combat. Jamais un cadeau. C’est pourquoi la Libération de la Côte d’Ivoire est une affaire de Guerriers qui vaincront non pas par orgueil ou pour le plaisir d’un quelconque bord politique, mais pour restaurer la Dignité et donner des chances à l’Avenir d’une Nation d’éclore.
Nouvelle Côte d’Ivoire. Les sceptiques verront éhontés ta Naissance inévitable, les moqueurs auront les dents bien jaunies face à ton rayonnement nouveau, les impitoyables paieront le lourd tribut et de leur enfer maudit, ils regretteront le jour où la convoitise animale pour les richesses et les terres de la Côte d’Ivoire est née dans leur cœur et la folie les a poussés à massacrer les nôtres pour des choses qu’on leur donnait sans rien réclamer en retour
Moi le Kamit, fils de l’Afrique Digne, j’ai parlé. 

A Très Bientôt.

Hassane Magued
La Révolution Permanente N°00460/08/13
Infodabidjan.net

dimanche 4 août 2013

EGYPTE : Où se trouvaient les travailleurs Egyptiens dans la « REVOLUTION-COUP » du peuple de juin 2013 ?... Les travailleurs égyptiens jouèrent un rôle significatif dans les luttes pour le changement politique. Ils brisèrent progressivement le «mur de la peur»…

Nous avons débuté la révolution de 2011 et le reste de l’Egypte a suivi» est une déclaration que les travailleurs et travailleuses d’Egypte défendent avec une grande conviction lorsqu’ils discutent du mouvement en faveur du changement dans leur pays. Afin de continuer ce qui commença en janvier 2011, les masses laborieuses furent par conséquent à nouveau dans les rues et les places d’Egypte avant et pendant les manifestations du 30 juin 2013, ainsi que dans les jours qui suivirent jusqu’à ce que le président Mohamed Morsi soit expulsé du pouvoir le 3 juillet.
C’est une chose qui peut sembler surprenante étant donné qu’il n’y avait pas de banderoles ou de bannières le 30 juin indiquant la participation de travailleurs et travailleuses. Cela est dû, en fait, à un accord antérieur parmi les organisateurs de la protestation, le mouvement Tamarod (Rébellion) conduit, entre autres, par des jeunes [d’orientations politiques assez différentes]. Les manifestant·e·s ne devaient porter que le drapeau égyptien, outre des pancartes fabriquées à domicile, mais pas drapeaux d’organisations.
On n’a donc pas vu de travailleurs et travailleuses défiler derrière les bannières de leurs syndicats ou de leurs professions le 30 juin 2013. Les travailleurs étaient pourtant dans les rues en foule dans chaque ville et village d’Egypte, manifestant comme partie entière à la révolution-coup du peuple de juin 2013. Dans certaines localités industrielles, comme al-Mahalla al-Kubra, 10 de Ramadan [dans le gouvernorat de Sharkia] et Sadat, ils constituaient la majorité et conduisaient les défilés.
Les travailleurs sur la voie de la révolution du 25 janvier
Avant janvier 2011, pendant plusieurs années, à l’époque du président expulsé Hosni Moubarak, les travailleurs égyptiens se sont organisés en des réseaux et mouvements indépendants, protestant régulièrement contre les épreuves continues de la vie quotidienne et les conditions de travail épouvantables. Les travailleurs menèrent des grèves «sauvages» non seulement contre des employeurs privés mais aussi contre le gouvernement, qui est l’employeur officiel du «secteur public»  et contre la Fédération syndicale officielle, l’Egyptian Trade Union Federation (ETUF), une fédération sous contrôle de l’Etat composée de 33 syndicats, créé en 1957. Le rôle principal de l’ETUF était de réprimer les revendications des travailleurs et travailleuses en faveur de meilleures conditions de travail et pour des augmentations salariales, d’assurer qu’ils suivent la ligne du gouvernement, les maintenant dans le rang en tant que partisans loyaux du régime.
«Entre 2004 et 2008, plus de 1,7 million de travailleurs participèrent dans des actions de travail conflictuelles. En absence d’un organe crédible représentant les travailleurs égyptiens, les grèves et les manifestations étaient devenues les seuls moyens influents pour les travailleurs d’exercer une pression sur les employeurs (dans le secteur public) ou le gouvernement (dans le secteur public).»Les politiques économiques mises en œuvre par le gouvernement d’Ahmed Nazif (2004-2011) nourrirent encore plus le mécontentement des travailleurs.
Une montée de l’activisme des salarié·e·s débuta en 2004 comme conséquence des politiques économiques de ce gouvernement dites de «croissance économiques» et se débarrassant du minimum de justice sociale, créant ainsi des injustices de masse pour la classe laborieuse. Il y eut, au total, environ 3000 grèves ouvrières et manifestations entre 2006 et janvier 2011 et environ 1100 entre mai 2011 et avril 2012.
Les travailleurs égyptiens jouèrent aussi un rôle significatif dans les luttes pour le changement politique. Ils brisèrent progressivement le «mur de la peur», en d’autres termes la peur répandue parmi de nombreux citoyens de protester contre le régime et d’être sujets à une répression policière brutale. Bien que les paroles des travailleurs dans leurs actions revendicatrices fissent appel principalement aux droits économiques et sociaux, il s’agit au final d’un acte politique courageux de défi. Ces protestations furent une école d’apprentissage: une répétition générale de ce qui se déroulerait sur la place Tahrir et à travers le pays début 2011. La grève qui se déroula en décembre 2006, impliquant 25’000 travailleurs protestant contre les misérables conditions de travail, une autre en septembre 2007 puis une troisième le 6 avril 2008, qui eurent toutes lieu dans les usines textiles et de la confection de al-Mahalla al-Kubra, furent les premières parmi de nombreuses autres brèches dans le mur régnant de la peur.
Ainsi que le déclare Kamal al-Fayoumi, l’un des dirigeants de la grève, «la grève de 2006 à Mahalla fut la bougie qui éclaira le chemin des travailleurs dans tout le pays, leur montrant qu’une grève pacifique était possible, que l’on pouvait se tenir debout face à l’injustice et contre la corruption.»Selon lui, la grève de 2006 fraya le chemin de celle du 6 avril 2008. Puis, en décembre 2008, fut créé le premier syndicat indépendant en Egypte depuis 1957, celui des collecteurs d’impôts sur la propriété municipale (Municipal Real Estate Tax Colletors Authority employees, RETA). Cela donna une immense confiance et stimulant d’autres travailleurs de différents secteurs économiques, désireux également de revendiquer leurs droits perdus depuis longtemps. 
Il est clair que le mouvement syndical indépendant contesta régulièrement le pouvoir du régime de nombreuses années avant janvier 2011. Ce mouvement était dispersé et pas nécessairement unifié sous une organisation faîtière, mettant ainsi en cause les explications classiques de la Social Movement Theory (SMT) qui insiste sur les structures organisant les mobilisations . «Ainsi, des années avant la révolution du 25 janvier, un mouvement social de travailleurs, de leurs familles et des habitant·e·s des quartiers manifesta son existence. A travers des grèves et d’autres actions collectives, les travailleurs obtinrent de substantiels gains économiques, enseignant à de nombreux Égyptiens une leçon cruciale: s’engager dans des actions collectives, vues auparavant comme un jeu perdant mené par des activistes engagés appartenant presque exclusivement à la classe moyenne, pouvait aboutir à quelque chose de valeur.»
McAdam, Tarrow et Tilly ont proposé «un nouveau cadre pour analyser de la politique de contestation: non pas sous le sceau de mêmes lois générales régissant toutes les contestations du monde […] mais à travers la comparaison d’épisodes contestataires à la leur des processus qui animent leurs dynamiques» tout en incluant le contexte social et historique. Les théories classiques SMT se concentrent sur les structures de mobilisation, les processus encadrant, les possibilités et les menaces ainsi que sur un répertoire de contestations; soit une approche structuraliste . Un effort menant au-delà de ces conceptions en direction d’un modèle dynamique et interactif est la manière optimale d’évaluer le mouvement de travailleurs indépendant avant 2011. Il révèle que les précédents établis par les travailleurs et travailleuses d’Egypte, comme un mouvement social dynamique qui n’est pas nécessairement organisé par une structure mobilisante, frayèrent le chemin de l’insurrection massive de janvier 2011 qui conduit au retrait du régime Moubarak.
Quelle était la situation des travailleurs entre février 2011 et la révolution de juin 2013?
Il existe deux principales fédérations syndicales indépendantes en Egypte qui comprennent environ 1000 syndicats indépendants au total. Il s’agit de l’Egyptian Federation of Independent Trade Unions (EFITU) et de l’Egyptian Democratic Labor Congress (EDLC). En mars 2011, l’ancien ministre du travail Ahmed Hassan al-Borai, après consultation avec les dirigeants des syndicats indépendants, reçu en Egypte l’ancien directeur général de l’Organisation internationale du travail (OIT), Juan Somavia . Ensemble, ils dévoilèrent publiquement la déclaration des libertés syndicales qui contribua à la naissance «officielles» des syndicats indépendants en Egypte. Cette déclaration fut une première étape en replaçant l’Egypte sur les rails en termes du respect des standards internationaux fondamentaux en matière de liberté d’association, de droit à s’organiser et à négocier collectivement.
Depuis cette déclaration, les travailleurs égyptiens formèrent des centaines de syndicats indépendants, bien que cela ne se fît pas sans résistances [voir à ce sujet la déclaration et l'entretien avec Fatma Ramadan publiés sur ce site en date du 26 juillet et du 27 juillet 2013, sous l’onglet Egypte]. Les employeurs n’ont pas toujours accueilli ces syndicats les bras ouverts, ni reconnu la validité de la déclaration de 2011 malgré une décision de 2012 du Conseil d’Etat . Il y eut, en fait, plus de grèves dans la période post-2011 et jusqu’à juin 2013 qu’au cours de plusieurs années antérieures prises ensembles, selon Kamal Abbas, coordinateur du Center for Trade Union and Worker Services (CTUWS) .
Le rapport de 2013 de l’Egyptian Center for Economic and Social Rights de 2013 fait au Comité des droits économiques et sociaux des Nations Unies souligne le besoin croissant de syndicats en Egypte, «parce qu’il est devenu toujours plus difficile pour les travailleurs de revendiquer leurs droits. Il n’est pas étranger qu’autant les propriétaires d’entreprises privées que l’Etat aient recours à la violence pour traiter des revendications des travailleurs.» Le rapport détaille plusieurs exemples de ces pratiques à partir de 2012: «par exemple, les travailleurs de Faragello, une entreprise de produits alimentaires et de boissons, et de Titan, une entreprise de ciment, furent pris d’assaut par la police et ils furent bloqués dans une mosquée avant d’être attaqué par des chiens policiers; 18 d’entre eux furent arrêtés.»
Le rapport critique également la loi passée au début 2011, interdisant le droit à la grève, contre laquelle ces travailleurs réagir en manifestant: «La loi, ratifiée par le Conseil suprême des forces armées le 12 avril 2011, suscita la colère de beaucoup en ce qu’elle stipule des peines de prison et des amendes jusqu’à 500’000 livres égyptiennes contre “quiconque organise une manifestation ou une activité qui peut ralentir ou empêcher le travail d’une institution de l’Etat, une autorité générale ou une place de travail publique ou privée”.»
Où étaient les travailleurs dans les jours qui ont précédé et qui ont suivi le 30 juin 2013?
Lorsque la campagne Tamarod débuta en avril 2013, réunissant des signatures appelant à la démission du président Mohamed Morsi, le mouvement syndical indépendant s’y joignit avec enthousiasme. Pourquoi les travailleurs furent-ils si impatients d’apporter leurs signatures à cette campagne? Ils endurèrent une année difficile marquée par des violations quotidiennes des droits des travailleurs. Il n’y eut aucun progrès dans l’élaboration d’une nouvelle loi syndicale qui garantisse la liberté d’association, le droit de s’organiser et de négocier collectivement. Le chômage augmentait avec aucun projet de création d’emplois en vue. Les grèves étaient condamnées par le gouvernement et les travailleurs étaient attaqués autant au propre qu’au figuré .
Les travailleurs réunirent donc des centaines de milliers de signatures, soutenant l’appel à des élections présidentielles anticipées. Le Center for Trade Unions and Worker Services [CTUWS], un point d’appui pour le mouvement syndical indépendant depuis sa création en 1990, utilisa ses six bureaux à travers le pays pour récolter des pétitions de la campagne Tamarod. L’EFITU et l’EDLC [Egyptian Democratic Labor Congress] encouragèrent chacune activement leurs membres à sortir et à manifester le 30 juin. Des réunions se déroulèrent dans leurs bureaux centraux, dans les fédérations syndicales provinciales et dans les locaux des syndicats locaux, encourageant toutes les membres à manifester leur soutien aux principes de la campagne Tamarod et à protester contre la domination de l’ancien président Morsi.
Avant même la date convenue du 30 juin [marquant l’anniversaire de l’entrée en fonction de Morsi, en 2012], des protestations de travailleurs se déroulaient déjà. A al-Mahalla al-Kubra, par exemple, le 27 juin, après l’entrée de la première équipe à l’usine textile Ghazl al-Mahalla, des milliers de travailleurs quittèrent l’usine en défilé de protestation. Ils furent indignés par le discours que donna l’ex-président Morsi le 26 juin et par les politiques d’ensemble des Frères musulmans et de son bras politique, le Parti de la liberté et de la justice (PLJ). Ils scandèrent que Morsi devait «partir» (irhal). Mohamed al-Ganayni, membre du PLJ, demanda le même jour la démission du chef du conseil d’administration de l’entreprise Ghazl al-Mahalla, l’ingénieur Mohamed Ibrahim, pour ne pas avoir arrêté le défilé .
Avant le 30 juin, les acteurs principaux du mouvement des travailleurs indépendants – l’EDLC aux côtés du CTUWS et de l’EFITU – mirent en place des «centres opérationnels» dans leurs locaux afin de suivre de près la présence de travailleurs dans les manifestations et dans tout incident de violence et de harcèlement. Ces centres opérationnels étaient aussi en communication directe avec le siège de la campagne Tamarod, afin de coordonner les activités telles que les points de rencontres des travailleurs au départ des défilés en direction de la place Tahrir et vers le palais présidentiel de al-Ittihadiyya. En outre, des tentes furent montées pour les travailleurs à chaque lieu de protestation. Celles-ci servirent de points de repos ainsi que de lieux de rencontres pour les protestataires, un endroit où ils puissent recevoir des informations fraîches .
Immédiatement après le 30 juin, les travailleurs répondirent à l’appel de mettre fin à la domination de Morsi de manière plus organisée, en menant des actes de désobéissance tels que: «par exemple, certains conseils de travailleurs à l’échelle municipale parvinrent à arrêter le fonctionnement des institutions de l’Etat dans les provinces en coopération avec les protestataires dans les rues. Cela s’est produit dans les provinces de Daqahiliyya et de Beheira.»Dans le même temps, les dirigeants des principales organisations de travailleurs participèrent à des émissions télévisées dans lesquelles ils encouragèrent les travailleurs à faire entendre haut et fort leur voix ainsi qu’à établir leur présence sur la scène politique .
Après Morsi
La Déclaration constitutionnelle transitoire émise par le président intérimaire Adly Mansour, le 8 juillet 2012, ne fait pas expressément mention du droit de grève, une question litigieuse majeure au cours des deux années et demie . La Constitution de 2012 donne aux syndicats le droit de s’organiser, mais le gouvernement de Morsi négligea la loi formelle qui régit le fonctionnement des syndicats .
L’EFITU a cependant déjà annoncé que ses membres étaient disposés à travailleur jour et nuit pour l’Egypte ainsi qu’à soutenir le nouveau gouvernement intérimaire [21]. Selon ses déclarations, les membres de l’EFITU soutiennent complètement la feuille de route et indiquent que les travailleurs et paysans sont au service du nouveau gouvernement: «Ils sont les héros des grèves contre les deux précédents gouvernements et ils seront désormais des héros durs à la tâche et à produire pour la nation. Ils ne désirent, en retour, que de se sentir des êtres humains et non des citoyens de seconde classe.» Tandis que le langage de l’EFITU est une réminiscence du jargon nationaliste des années 1960 et 1970, il indique déjà l’engagement des membres de l’EFITU à retourner au travail pour reconstruire l’Egypte.
L’EDLC et son organisation de soutien, le CTUWS, de son côté a publié un communiqué de presse le 4 juillet appelant les travailleurs égyptiens à continuer à œuvrer en vue de la réalisation des «revendications centrales [de la révolution] de justice sociale et de garantir la liberté d’association, lesquelles doivent être incluses dans les priorités dans la phase future.» Ce langage est plus mesuré et reflète la nature pragmatique de l’EDLC et de son organisation de soutien, le CTUWS. Il y a déjà des différences apparentes dans les déclarations publiques des deux principales fédérations syndicales. Tandis que la compétition et la diversité des fédérations syndicales sont bienvenues et nécessaires à ce stade de développement des relations industrielles en Egypte, il est à espérer qu’elles ne conduisent pas à une inimitié supplémentaire qui n’est pas nécessaire ainsi qu’à des divisions à l’intérieur du mouvement syndical indépendant. Nous avons besoin d’un front unifié autour des principes fondamentaux de la liberté d’association, du droit de s’organiser et de négocier collectivement.
Les défis à venir
En 2010, la force de travail égyptienne s’élevait à 25 millions de personnes . Le mouvement syndical indépendant va devoir insister sur son rôle au cours de la prochaine période de transition démocratique en Egypte. Le taux de chômage atteint aujourd’hui 13,2%: ce chiffre n’exprime que le nombre de personnes qui cherchent toujours activement un emploi en pourcentage de la force de travail, ce qui est trompeur en termes du nombre réels de personnes qui ne gagnent pas leur vie . Le taux réel de ceux et celles qui ne travaillent pas est bien plus élevé. La création d’emplois est donc une première étape indispensable pour le gouvernement intérimaire. Ensuite, les représentants des travailleurs doivent être inclus dans l’élaboration d’une constitution amendée. Le droit à la liberté d’association, c’est-à-dire de créer des syndicats indépendants, le droit à s’organiser, à négocier collectivement et à faire grève devra être inclus dans la Constitution comme faisant partie des droits sociaux et économiques fondamentaux.
Le 16 juillet 2013 a été témoin d’un développement positif avec la nomination comme ministre du travail de Kamal Abu-Eita, président de l’EFITU et ancien dirigeant du premier syndicat indépendant des collecteurs d’impôt sur la propriété, en 2008 . Les travailleurs disposeront ainsi d’une voix expérimentée et forte au conseil des ministres. Il est en effet bien connu qu’Abu-Eita poussera à l’adoption d’une nouvelle loi sur les syndicats fondée sur les principes internationaux reconnus dans les conventions de l’OIT, que l’Egypte a signées. Il a d’ores et déjà annoncé que sa première priorité, qu’il a présentée comme une condition avant d’accepter sa nomination, était la mise en place d’un salaire minimum ainsi que d’une loi sur la liberté d’association syndicale . Il n’est par conséquent par surprenant que ceux qui s’opposèrent à la nomination d’Abu-Eita étaient des membres de l’ETUF, fédération autorisée par le régime de Moubarak. [D'autres étaient sceptiques étant donné la nature effective du gouvernement, de la place centrale de Al-Sissi – voir entre autres la position de Fatma Ramadan dans les textes cités ci-dessus – Réd. A l’Encontre.]
Les travailleurs se trouvent au cœur de toute appréciation effective de la situation économique égyptienne ainsi qu’à toute proposition de solution de ces maux économiques. Il existe aujourd’hui une organisation qui représente véritablement les travailleurs, contrairement à l’ETUF, nous pouvons donc espérer assister à la création d’un niveau de délibérations tripartites entre l’Etat, les syndicats et les représentants patronaux. Cela serait un début de bon augure, ouvrant effectivement un nouveau chapitre dans la transition de l’Egypte vers la démocratie.
Par Heba F. El-Shazli
(Article publié le 23 juillet sur le site Jadaliyya.com. Traduction A l’Encontre)

Lettre ouverte à Madame l’Ambassadeur de l’UE au Liban : Angelina Eichhorst, « En matière de terrorisme vous êtes les professeurs et nous, vos élèves ! »


Votre Excellence Madame l’Ambassadeur,
Madame, vous savez que l’une des tâches les plus difficiles pour un diplomate civilisé et respectable ayant réellement foi en la paix, tel que vous, est de se trouver contraint dans l’exercice de ses fonctions à défendre une décision inique et agressive prise par sa hiérarchie représentant un État ou une Organisation d’États, comme c’est le cas de l’Union européenne qui a décidé d’inscrire sur sa liste des organisations terroristes internationales ce qu’elle a qualifié d’« aile militaire » du Hezbollah
Ceci, soit dit en passant, alors que le ministre bulgare des Affaires étrangères M. Christian Viginin a officiellement déclaré qu’il n’y avait aucune preuve d’une relation quelconque entre le Hezbollah et l’explosion du bus transportant des passagers à Burgas en Bulgarie, ce qui signifie que c’est en toute connaissance de cause que l’Union européenne a pris sa décision en contradiction avec l’enquête menée par ce pays ; et ceci, maintenant que le voile se lève sur l’attentat du 18 juillet 1994 contre un immeuble d’une institution juive à Buenos Aires, attentat immédiatement attribué au Hezbollah alors que les investigations suivent toujours leur cours et que les doigts accusateurs pointent M. Vladimir Corach, ancien ministre argentin de l’Intérieur connu pour ses étroites relations avec la mafia et les Services de sécurité israéliens.
Concernant cette dernière décision de l’Union européenne, il est de mon devoir de noter quelques observations que je vous confie en espérant que vous voudrez bien les transmettre à votre hiérarchie pour la bonne raison que la définition du terrorisme, adoptée par l’Union elle-même, s’applique en premier lieu aux gouvernements et aux décideurs qui en font partie.
Madame, nul doute que vous savez que l’Union européenne considère la prise en otage de civils innocents comme un « crime terroriste » ne souffrant d’aucune prescription, crime équivalant à un crime de guerre et à un crime contre l’humanité que rien ne pourrait justifier. Par conséquent, le moins que l’on puisse dire est que l’Union européenne adopte une position officielle déraisonnable, inhumaine, et conciliante avec les auteurs de ces crimes quand il s’agit des otages libanais enlevés à A’zaz, ou de Monseigneur Paul al-Yazigi et de Monseigneur Jean Ibrahim, tous deux victimes syriennes incontestablement pacifiques et innocentes.
Nul doute que vous savez ce qui est désormais de notoriété publique concernant l’impact direct et décisif du gouvernement de M. Erdogan sur les organisations terroristes armées ; gouvernement d’un État membre de l’OTAN regroupant nombre de gouvernements de votre Union européenne, alliés et complices dans la guerre dévastatrice menée contre la Syrie.
Vous savez aussi que rien de tout cela n’a empêché votre Union de poursuivre sa collaboration sur le terrain avec le gouvernement turc en soutenant, armant et entrainant les terroristes qui comptent pas moins de quarante mille mercenaires étrangers à la Syrie, comme l’a reconnu l’Émissaire international M. Lakhdar Brahimi. C’est là une vérité qui place votre Union dans le cercle des accusés au premier degré et engage votre responsabilité éthique et juridique, avec tout ce que cela implique comme poursuites judiciaires contre les responsables aux commandes.
Il est absolument inadmissible de vous voir couvrir ces crimes odieux, d’autant plus que votre Union ne cesse de donner des leçons à autrui insistant sur la nécessité de combattre le terrorisme où qu’il sévisse sans aucune concession et sous aucun prétexte. Et si jamais il vous fallait encore des preuves, il est plus que probable que les vidéos innombrables mises sur You Tube par les terroristes criminels et nécrophages, eux-mêmes, n’ont pu échapper à votre vigilance !
Madame, pardonnez-moi de préciser que je ne vous imagine pas ignorante du fait que le détournement d’un avion civil équivaut, à juste titre et selon vos propres critères, à un crime classé dans le registre du terrorisme international et comparable aux enlèvements de personnes et à leur détention ou à leur assassinat avec ou sans documents photographiques à l’appui, etc… N’est-ce pas ce qui s’est passé il y a quelques semaines lorsque certains gouvernements de votre Union ont fermé leur espace aérien à l’avion du président bolivien Evo Morales en provenance de Moscou ? N’a-t-il pas été obligé à un atterrissage forcé en Autriche ? N’a-t-il pas été bloqué pendant des heures sous prétexte que l’Américain Edward Snowdon qui a révélé au monde que le gouvernement US « vous » espionnait, pouvait se trouver à son bord ? L’information n’est-elle pas partie de l’Ambassade américaine à Moscou ? Quel paradoxe !
Cet incident, qui est donc pure agression contre un avion civil transportant le président d’un État indépendant et souverain, nous rappelle la première opération de ce genre qui a eu lieu le 22 Octobre 1956 lorsque des responsables français ont jugé bon de détourner un avion civil transportant des dirigeants du FLN de Rabat vers Tunis [Ahmed Ben Bella, Hocine Aït Ahmed, Mohammed Khider, Mohammed Boudiaf, Mostefa Lacheraf]…
Le détournement des avions, Madame, est malheureusement une invention européenne tout comme, par exemple, le nazisme même s’il n’est pas d’inspiration exclusivement européenne… Nous en resterons donc là et nous nous contenterons de vous rappeler que les gouvernements européens classent les détournements d’avions dans le registre du terrorisme international !
Madame, la crise tragique qui a frappé la Syrie a fait tomber plus d’un masque et a révélé l’étendue de vos mensonges ; le premier de ces mensonges étant votre décision de mettre Al-Qaïda et ses dérivées au sommet des organisations terroristes internationales, parce que la plus dangereuse. Et voilà que la scène syrienne nous révèle les mécanismes de coordination, sur le terrain, entre votre organisation européenne et celle d’Al-Qaïda ; coordination déjà flagrante et publiquement rodée en Libye avant de se traduire avec éclat sur le territoire syrien comme en témoignent les nombreuses déclarations de responsables européens.
Je me limiterai à deux de ces éminents responsables : le ministre français des Affaires étrangères, M. Laurent Fabius, qui a clairement dit l’année dernière à Marrakech lors d’une Conférence des prétendus amis de la Syrie que les terroristes de Jabhat al-Nosra faisaient du « bon boulot » avant que les USA ne les placardent sur la liste des terroristes ; et le prolixe ministre britannique des Affaires étrangères, encore plus brutal et sadique, qui a carrément déclaré que les membres d’ Al-Qaïda et dérivées ne devaient pas rentrer de Syrie car ils étaient une menace pour vos pays civilisés !
Je me limiterai donc, et ne m’étendrai pas sur le flot continu d’armes et de munitions introduites en Syrie à travers des « portes européennes » que nous connaissons et que vous connaissez fort bien vous-même.
En revanche, je vous dirai que l’Union européenne qui n’a cessé de prétendre se soucier des chrétiens du Moyen-Orient a constamment et systématiquement persécuté le christianisme et les fidèles adeptes de cette religion céleste née de notre terre et donc « fille de l’Orient ». Disant cela, je n’exagère ni ne triche, témoin en est Sa Sainteté le Pape Benoît XVI. Philosophe et très grand théologien, il a tenu à avertir de cette persécution permanente dans son message célébrant la « Journée mondiale de la Paix » début 2011. Je vous le livre, mot pour mot, tel qu’il est rédigé en fin du paragraphe 14 : « J’exprime aussi le souhait qu’en Occident, spécialement en Europe, cessent l’hostilité et les préjugés à l’encontre des chrétiens qui veulent donner à leur vie une orientation cohérente avec les valeurs et les principes exprimés dans l’Evangile. Que l’Europe apprenne plutôt à se réconcilier avec ses propres racines chrétiennes : elles sont essentielles pour comprendre le rôle qu’elle a eu, qu’elle a et veut avoir dans l’histoire ; elle saura ainsi faire l’expérience de la justice, de la concorde et de la paix,  en cultivant un dialogue sincère avec tous les peuples » .
Madame, vous savez comme je sais que ces vérités sont pratiquement ignorées de vos peuples car ils vivent derrière un nouveau rideau de fer, encore plus opaque, plus rusé et plus insidieux que le rideau de fer plus primitif qui se dressait autour du Bloc de l’Est, et qui est toujours debout autour des dictatures arabes et non arabes. Votre rideau à vous est invisible, mais le plus effrayant est qu’il se manifeste par la soumission de vos gouvernements à une double occupation ; d’une part, l’occupation militaire, sécuritaire et économique américaine ; d’autre part, l’occupation sécuritaire et culturelle israélienne.
C’est la vérité, Madame, quoi que nous fassions pour l’ignorer. Et la récente décision de l’Union européenne ne fait que confirmer la réalité de cette double occupation de vos pays, occupation dont nous souhaiterions que vous vous libériez un de ces jours. Nous savons que c’est difficile, car la plus tenace des occupations est celle qui se saisit des esprits au moyen d’un « terrorisme culturel » incessant exercé par vos différents médias presque totalement sous la domination des sionistes.
Madame, nous vivons tous, vous comme nous, une période de changement social où la vraie confrontation est entre la liberté et l’esclavage. Mais si la liberté ne se fonde que sur une seule norme et sur une seule mesure, les critères de l’esclavage sont multiples.
Veuillez m’excuser si j’ai été trop long, mais l’horreur du tsunami de mensonges exige que nous mettions quelques points sur les « i ». Soyez assurée que je suis convaincu de votre sincérité et de la noblesse de vos objectifs contrairement à ce que je pense de l’Union européenne que vous représentez.
L’Europe, Madame, n’est pas dans une situation juridique et éthique qui lui permette de nous donner des leçons sur l’humanité et l’humanisme.
Hassan Hamadé
01/08/2013
 Texte original : As-Safir
http://assafir.com/Article.aspx?EditionId=2529&ChannelId=61034&ArticleId=12&Author=%D8%AD%D8%B3%D9%86+%D8%AD%D9%85%D8%A7%D8%AF%D8%A9#.UfrW3m3-R6N
Texre traduit de l’arabe par Mouna Alno-Nakhal pour Mondialisation.ca

vendredi 2 août 2013

L'Algérie demeure fidèle aux objectifs de sa politique étrangère

Au  cours de ces dernières années, des changements d'une ampleur sans précédent sont intervenus sur les plans régional et international, qui ont appelé la diplomatie algérienne à faire la réévaluation de la situation internationale tant il y a un redéploiement de stratégies impérialistes, colonialistes que du côté de la nébuleuse terroriste. La situation complexe qui en est résultée s'est reflétée négativement dans les sphères politiques et économiques de nombre de pays et n'a pas manqué de mettre en lumière les différences des choix politiques, économiques et les oppositions d'intérêts qui ont montré les limites des possibilités politiques de certains régimes et autres chefs de partis politiques au sein notamment du monde arabe. A ce propos,  la politique étrangère de l'Algérie à l'égard de ces voisins, des autres pays arabes et africains, inspirée par le bon sens, témoigne d'une constante à ne point s'ingérer dans les affaires internes des Etats et des peuples. Ce raisonnement diplomatique, qui a pour principe l'amitié et la fraternité, depuis quelques jours, fait l'objet d'une véritable " contamination " relevée à travers les déclarations et les positions de certains chefs de partis politiques qui tiennent à ce que cette  politique et ce principe changent à leur convenance, c'est-à-dire, comme le demande la mouvance islamique algérienne,  que l'Etat algérien se mette dans le camp des Frères musulmans d'Egypte, après la destitution du président Mohamed Morsi, mais aussi du côté du parti Ennahdha au pouvoir en Tunisie, objet actuellement d'une très forte contestation populaire et politique. Ces deux formations politiques trouvent en Algérie des soutiens, d'où cette offensive déclenchée en Algérie par les partis de la mouvance islamique qui semblent vouloir mettre une sorte de " cloche " idéologique au-dessus de la diplomatie algérienne pour la rendre quasiment vulnérable à leurs desseins. Ces alliés des Frères musulmans (Egypte) et d'Ennahdha (Tunisie) connus du grand public algérien, suite à leur position affichée, ont-ils au moins revisités les textes fondamentaux du pays ? Il est donc à s'interroger sur une telle attitude qui vise à une adaptation contraire à la base des choix clairs de l'Etat algérien. Un Etat qui s'est attaché, depuis 1962, à définir le champ d'action d'une politique étrangère correspondant à ses aspirations à celles du peuple. Agissant toujours dans cette ligne irrévocable, sans franchir ce chemin tordu que d'aucuns de chez nous tentent d'enfourcher. Au Maghreb, bien que consciente de la diversité des réalités qui prévalent aujourd'hui dans chacun des pays, l'Algérie ne s'est pas moins efforcée de favoriser une coopération harmonieuse avec les affinités et les aspirations communes aux peuples de la région et à la mesure des potentialités d'un ensemble maghrébin apte à constituer un cadre de promotion répondant aux exigences d'un monde moderne et progressiste. Aujourd'hui,  avec ce qui se passe dans la région, la diplomatie algérienne recherche et appelle nécessairement à un terrain d'entente entre l'essentiel et le conjoncturel en Egypte, en Tunisie et en Libye. L'idéal et le réel et, partant,  que ces peuples définissent d'eux-mêmes tout ce qui tend à éliminer tout genre de conflit interne, participant de conceptions retardataires et tournées vers un passé révolu, qui oriente les sociétés et leurs énergies sur des chemins sans issue. La construction du Maghreb et d'un monde arabe ne peut s'inscrire que dans une vision d'avenir qui implique tôt ou tard des transformations inévitables permettant aux peuples de jouer le rôle qui leur revient pour la réalisation de leurs aspirations sans l'appui des forces externes. Aussi, ce que demandent les politiques religieux algériens est tout à fait contraire aux traités de bon voisinage, de fraternité et de coopération et qui sont l'un des objectifs prioritaires de la politique algérienne, depuis le recouvrement de sa souveraineté nationale. Et s'il en sera question selon ces requêtes partisanes, l'équilibre de la région serait complètement mis en cause et au bénéfice des ennemis des peuples. Donc, cette solidarité des islamistes algériens avec leurs homologues égyptiens et tunisiens, si elle s'inscrit dans un cadre idéologique commun, elle est inadmissible pour l'Etat algérien qui se veut neutre en rapport avec les conflits politiques du moment. Et pour l'Etat algérien, il est entendu depuis très longtemps que les maux du monde arabe viennent de ces foyers de tensions internes et qu'il faudra stopper par le dialogue menant à la réconciliation de ces peuples avec eux-mêmes.                                            
B.C
LE MAGHREB