mercredi 24 juillet 2013

Royaume-Uni : Le Royal baby et les 1,6 million d'enfants britanniques sous-alimentés...Le Prince qui va vivre sur le dos des Britanniques est né une cuillère en argent dans la bouche. Ce n’est pas le cas des nombreux enfants vivant dans la pauvreté en Grande-Bretagne

 Le Royaume-Uni célèbre la naissance du "royal baby"

1,6 million d'enfants britanniques sont sous alimentés et vivent dans des appartements insalubres. Mais on préfère parler du Royal baby qui n'aura pas ces problèmes-là.
C’est fait. Après des jours et des jours d’attente, le petit est arrivé. Pardon, le Prince, le fils de Kate Middleton, l’épouse du prince William. Et figurez-vous que le rejeton, selon le communiqué officiel, est arrivé «  en bonne santé », lundi, à 16h24. Il pèse 3,8 k et Elizabeth II, celle qui ne pouvait pas souffrir Diana, la grand-mère du Royal baby, est « ravie d’apprendre la nouvelle ». Le spectacle va continuer de plus belle: sortie de la maternité de luxe, dont une nuit en chambre avec petit salon coûte près de 6000 euros, frais d'accouchement inclus, mais pas les honoraires des médecins. Puis photos, puis, plus tard, annonce du prénom. Tous les envoyés spécieux de la presse mondiale vont devoir rester sur place encore un moment.
Cuillère dans la bouche
Le Prince qui va vivre sur le dos des Britanniques est né une cuillère en argent dans la bouche. Ce n’est pas le cas des nombreux enfants vivant dans la pauvreté en Grande-Bretagne. Selon l’association Save the Children, un enfant sur trois grandit dans une famille gagnant moins de 60% du salaire britannique moyen. L’association précise qu’un million six cent mille enfants sont sous alimentés et vivent dans des appartements insalubres et surpeuplés. Il y a fort à parier que le Royal Baby ne vivra pas dans le quartier londonien de Bethnal Green and Bow, où 42% des enfants vivent sous le seuil de pauvreté. Il devrait plus fréquenté les quartiers huppés de Richmond (7%) ou de Kingston (11%).
Parmi les autres chiffres concernant la pauvreté des enfants britanniques, signalons ceux-ci:
  • 61% des parents pauvres britanniques avouent avoir diminué leurs dépenses alimentaires
  • 26% expliquent même sauter des repas
  • 19% affirment ne pas avoir les moyens de racheter une paire de chaussures à leur enfant lorsque celui-ci en a besoin, ne pas pouvoir l'envoyer en voyage scolaire ni lui acheter un manteau chaud pour l'hiver
  • Seuls 20% des parents pauvres n'ont pas eu recours à un crédit pour leurs dépenses alimentaires ou vestimentaires.
l'Humanité

mardi 23 juillet 2013

la Résistance libanaise, classée « organisation terroriste »....Devant l’impossibilité de contester au Hezbollah sa qualité de mouvement de résistance contre l’occupation, on a inventé ce prétexte,

Classer le Hezbollah comme organisation terroriste, c’est condamner le principe de « résistance à l’oppression » qui constitue le quatrième droit de l’Homme et du Citoyen (article 2 de la Déclaration de 1789). C’est pourtant ce qu’ont fait les ministres des Affaires étrangères de l’Union européenne. André Chamy revient sur ce reniement de l’esprit européen, sous pression des États-Unis et d’Israël.

Les ministres des Affaires étrangères de l’Union européenne ont décidé, le 22 juillet 2013, d’inscrire la branche militaire du Hezbollah sur leur liste des organisations terroristes.
« Un accord a été trouvé pour y inscrire le Hezbollah », a déclaré un diplomate de l’UE en marge de cette réunion à Bruxelles. Trois autres diplomates ont confirmé ses dires.
Le Royaume-Uni, soutenu entre autres par la France et les Pays-Bas, cherchait depuis le mois de mai à persuader les autres États européens de prendre cette décision.
Londres a mis notamment en avant des « preuves » de l’implication de la branche militaire du Parti de Dieu dans un attentat à la bombe contre un autobus de touristes israéliens, en juillet 2012, dans une station balnéaire de Bulgarie. Cinq Israéliens et leur chauffeur avaient trouvé la mort.
En outre, les partisans des sanctions ont souligné que l’implication croissante du Hezbollah dans la « guerre civile » en Syrie montrait que le Liban était déjà dans une situation fragile et que l’UE devait considérer la possibilité d’attentats en Europe. Cette décision entraîne le gel immédiat des actifs que posséderait éventuellement le mouvement chiite libanais dans les 28 pays de l’UE.
« C’est une bonne chose que l’Union européenne ait décidé de qualifier le Hezbollah tel qu’il est : une organisation terroriste », a commenté le ministre néerlandais des Affaires étrangères, Frans Timmermans, en marge de la réunion. « Nous avons franchi une étape importante aujourd’hui en sanctionnant la branche militaire, en gelant ses actifs, en perturbant son financement et ainsi en limitant sa capacité à agir », a-t-il ajouté.
Jusqu’à maintenant, l’UE avait résisté aux pressions des États-Unis et d’Israël pour inscrire le Hezbollah sur sa liste noire en expliquant qu’une telle décision pourrait compliquer ses relations avec le Liban, où le mouvement chiite participe au gouvernement, et accroître les tensions au Proche-Orient.
L’implication croissante du Hezbollah dans le conflit syrien, aux côtés de l’armée nationale, n’est pas citée par l’UE, mais elle semble être décisive, car rien de nouveau ne s’est produit pour justifier une décision de nature aussi inique, qui n’est qu’une reculade supplémentaire de l’UE devant les autorités états-uniennes et israéliennes.
Qu’en est-il de cette décision, qui intervient de façon aussi inopportune ?
Les mouvements de résistance sont souvent mal vus, car ils déstabilisent l’autorité établie. L’exemple de Nelson Mandela et de l’ANC est flagrant. Aujourd’hui aucun des puissants ne tarit d’éloge sur Mandela, et sur le sage qu’il était, reconnaissant son intelligence et sa clairvoyance. L’on oublie opportunément que l’ancien président sud-africain et Prix Nobel de la paix, Nelson Mandela a longtemps été inscrit sur la liste noire états-unienne du terrorisme et avec lui son parti, l’ANC. Ces noms ne furent retirés de cette liste que le 28 juillet 2008.
Le Hezbollah, et le Hamas sont aussi mal perçus, alors qu’ils ne sont que la réponse de populations opprimées après des années de mépris et d’humiliation. Qu’est ce qui justifierait que ces populations soient obligées de supporter pendant des années encore les exactions d’une armée d’occupation ? Rien. Il ne leur reste donc que la résistance.
Cette résistance transforme les États ou les groupes qui y adhèrent en bêtes à abattre. Il existe un ordre économique et politique auquel il n’est pas permis de résister. De temps à autre, quelques déclarations d’intention viennent tenter d’atténuer l’impact de l’oppression ressentie, ce à l’instar de quelques voix qui se sont élevées pour protester contre l’invasion israélienne du Liban en 1982, mais aucune n’a été jusqu’à demander une réunion du Conseil de Sécurité de l’ONU pour exiger le retrait immédiat, comme cela a été fait contre l’Irak après l’invasion du Koweït.
Aucune sanction n’a été prise contre Israël pour sanctionner ses exactions contre des civils au Liban ou en Palestine. Il vient d’attaquer un territoire souverain, en l’occurrence celui de la Syrie, et aucune voix ne s’est élevée pour exprimer sa désapprobation. Tout est toléré venant de cet État qui agit comme seul au monde, dont les frontières évoluent chaque seconde en fonction du grignotage et de l’annexion des territoires, des maisons, des vergers et des lieux de cultes palestiniens.
Évidemment, on n’ira pas jusqu’à préparer une campagne militaire pour obliger les Israéliens à quitter le Liban, lequel est resté sous leur occupation pendant plus de dix-huit ans. Peut-on objectivement faire le moindre reproche à l’encontre de ceux qui ont résisté, si ce n’est que pour certains politiciens libanais corrompus il ne fallait pas s’en prendre aux soldats israéliens ! Le problème est qu’ils sont une armée d’occupation.
Le Hezbollah a pu mener sa guerre de résistance, obligeant l’armée israélienne à se retirer de l’essentiel des territoires qu’elle a occupés pendant dix-huit ans. Ce parti est devenu un acteur à part entière de la scène politique. Il a fait du Liban, qui était balloté par les guerres des autres puissances, une pièce indispensable dans un front de refus et de résistance.
Le Hezbollah a su, grâce aux liens ancestraux entre les chiites du Sud du Liban et ceux d’Iran, bénéficier des aides lui permettant de soutenir la population locale dans sa résistance pour éviter qu’elle abandonne ses terres. Des efforts colossaux étaient nécessaires pour créer des services d’éducation, de santé, d’aides sociales. En même temps il fallait harceler l’occupant pour le pousser vers la sortie.
Plus les opérations étaient spectaculaires, plus leur impact était négatif chez les soldats israéliens, mais positif au sein de la population locale. Au-delà, une large frange de la population libanaise s’identifiait à ces jeunes résistants qui défiaient les soldats sur-entraînés et équipés de Tsahal.
Ces jeunes résistants prolongent l’épopée de l’imam Hussein, participant tous les ans à la fête d’Achoura, qui plutôt qu’une fête est une cérémonie de larmes destinée à raviver la flamme du sacrifice parmi eux. Ils se sont fixés un objectif, celui de l’évacuation des soldats israéliens du sud du Liban. Plus aucun soldat ne sera toléré, c’est ainsi qu’en ont décidé les référents de l’autorité religieuse et politique.
C’est ainsi que l’on retrouve le cheik Ragheb Harb, et le sayed Abbas Moussawi, deux chefs religieux, grands tribuns et très écoutés par le peuple du Sud. Ils se sont dévoués à la cause de l’indépendance contre ceux qui ont, selon eux, souillé leur terre sacrée. Cette terre qui porte sur elle les cicatrices de l’imam Hussein, que l’on guérit au sein des Husseiniehs de chaque bourgade. Ces mêmes Husseiniehs, lieux de recueillement, mais aussi lieux de discussions, de prêches et d’enseignement, ont permis discrètement mais sûrement un travail sur le terrain impliquant toute la population dans cette lutte armée contre l’occupant.
Le cheik Harb et sayed Abbas Moussawi ont été assassinés par les Israéliens, mais leur combat n’a pas cessé. Le calcul misant sur l’anéantissement du mouvement de résistance suite à la disparition d’un de ses chefs a échoué. Rien n’a changé car le projet était en marche avec une structure implacable, se renforçant sans cesse. L’arrivée de l’emblématique sayed Hassan Nassrallah est dans la lignée des autres figures de cette résistance.
Des hommes comme Imad Moughnieh, l’un des chefs militaires de la résistance, assassiné à Damas —est ce un hasard ?—, se comptent actuellement par centaines. Tous n’ont qu’un seul objectif : libérer la dernière parcelle de terrain occupée par Israël. Pour ces jeunes hommes très bien formés, cette guerre n’a rien d’un jeu vidéo suivie sur un réseau informatique, elle est leur guerre, menée sur une terre dont ils connaissent tous les recoins.
Au mois de mai 2000, les soldats israéliens ont dû abandonner leurs postes, leurs prisonniers, et leurs collaborateurs à la cloche de bois. Ils n’ont pas demandé leur reste. Leur erreur était d’avoir continué à occuper une bande de terrain libanais dans l’extrême sud et dans le sud-est du Liban. C’est cette occupation qui allait provoquer l’étincelle de la guerre de 33 jours (juillet-août 2006). Cette bande de terre continuera de hanter les nuits des Israéliens, car ils savent que leur présence n’est pas souhaitée et ne le sera jamais. L’esprit de la Husseinieh s’est définitivement réveillé.
Concernant la situation d’Israël par rapport à la Syrie et au Liban, sous le titre « La guerre qui fait entrer Israël contre le Hezbollah et ses alliés » l’ancien directeur du renseignement Proche-Orient/Afrique du Nord au ministère US de la défense Jeffrey White a publié une étude fort « instructive ». Son élément le plus important est que « si la guerre éclatait à nouveau sur les frontières de la Palestine pour tenter d’occuper le Liban, elle ne sera pas comme le conflit de juillet 2006, mais elle sera peut-être "décisive", et conduira à une transformation de toute la région ».
Surprenante analyse, qui reprend des termes utilisés par le sayed Hassan Nassrallah, rappelant dans ses discours depuis plus de deux ans que si Israël ose s’attaquer le Liban, c’est la région entière qui changera. Cette affirmation semble donc être intégrée dans les réflexions des officines de sécurité aux États-Unis.
Jeffrey White, qui est maintenant expert au Washington Institute for Near East Studies, a donné une conférence pour présenter son étude. Il y a souligné que « Le théâtre des hostilités comprendra 40 000 miles carrés », ce qui équivaut à 64 000 kilomètres carrés, comprenant le « Liban et Israël, ainsi que des parties de la Syrie ». Il a ajouté que « la fin des hostilités en 2006, a marqué le point de départ des préparatifs de la prochaine guerre », et que « les parties ont utilisé une approche offensive par rapport aux précédentes confrontations. »
White a prédit que les combats se concentreront sur la frontière nord d’Israël et dans le sud du Liban, avec un certain nombre de « théâtres secondaires » pour les affrontements. « Le Hezbollah au Liban sud essayera de repousser violemment l’attaque vers le sol de l’agresseur, tandis qu’Israël va essayer d’atteindre le [fleuve] Litani, et même au-delà du Litani, où se trouveraient les roquettes du Hezbollah », a t-il poursuivi.
Dans une tentative de décrire l’« importance des pertes libanaises » dans cette guerre, White a déclaré qu’ « Israël viserait à brûler l’herbe au Liban au lieu de la tondre », et a souligné que le sort de la guerre dépendrait de «  l’invasion terrestre israélienne. » Il a affirmé que bien que l’armée israélienne ait été entraînée pour se battre dans des villes et zones peuplées, elle subirait des pertes importantes. Il a déclaré que le Hezbollah essayerait d’absorber l’attaque Israélienne, mais ne reculera pas. «  La bataille du Sud serait décisive ».
White a déclaré que les prévisions israéliennes indiquent que le « Parti de Dieu procédera aux tirs de roquettes à raison de 500 ou 600 par jour en direction d’Israël ». Il a noté que la qualité de la plupart des roquettes possédées du Hezbollah est devenue nettement supérieure à ce qu’elle était en 2006. Il a ajouté que contrairement à 2006, « Israël agira pour détruire l’infrastructure civile libanaise tout en alléguant que le gouvernement libanais est responsable des actions du Hezbollah ».
Il a conclu que les scénarios de la guerre sont au nombre de trois, et comprennent :
- une solution décisive,
- des combattants fatigués,
- ou une solution imposée.
Selon White la solution décisive ne pourra qu’être en faveur d’Israël afin de mettre fin à la menace du Hezbollah et de dicter ses conditions. En revanche, les deuxième et troisième scénarios aboutiront à un « désordre, comme à la fin de la guerre en 1973 et 2006, et les combattants continueront de se préparer pour une nouvelle guerre ».
À son tour, a averti l’ancien officier de l’armée US et chercheur au Center for a New American Security, Andrew M. Exum, toute occupation israélienne du Liban serait un cauchemar pour les Israéliens. Diplômé de l’Université américaine de Beyrouth, il a déclaré que « l’intérêt supérieur d’Israël, dans le cas où le Hezbollah tuerait un diplomate israélien en représailles à l’assassinat d’Imad Moughnieh, ou s’il procédait à l’enlèvement d’un soldat, nécessiterait des frappes particulièrement douloureuses au cours des trois ou quatre jours suivants ».
Exum a indiqué qu’au cours de la guerre de 2006, la communauté internationale était favorable à Israël durant la première semaine, mais au vu des pertes libanaises par rapport aux israéliennes et compte tenu de l’habilité des Libanais dans leurs rapports avec les médias internationaux, la sympathie à l’égard d’Israël s’est inversée et s’est retournée contre l’État Hébreu.
Il a dit que, sur la base de l’expérience de la guerre de 2006, quand « les Israéliens promettent qu’ils détruiront la banlieue sud (de Beyrouth) complètement, le monde sait qu’ils le feront », ainsi selon cet ancien officier, cette situation « contribue à renforcer l’équilibre de la terreur et de la dissuasion entre les parties et augmente la pression sur les épaules du Hezbollah pour éviter de fournir un prétexte à Israël justifiant son attaque contre le Liban ».
Exum explique que « la trêve sur le terrain entre Israël et le Hezbollah, est la démonstration de l’équilibre des forces. Elle est la meilleure garantie de paix et de dissuasion », qui serait selon lui « nuisible pour le Hezbollah sur le long terme ». Il a conclu que « toute nouvelle guerre ne serait pas dans l’intérêt des Israéliens et des Libanais, ni dans l’intérêt des États-Unis » au Proche-Orient en général.
Ce que les deux spécialistes ont omis de préciser est qu’Israël craint actuellement de se battre sur un front intérieur, car l’idée que le Hezbollah ait pu recruter des agents sur son territoire hante les esprits de certains de leurs responsables. Au mois d’octobre 2002, un ancien lieutenant-colonel de Tsahal a été inculpé pour espionnage. Cette décision a été rendue publique le 24 octobre 2002. L’inquiétude régnait déjà dans l’État hébreu.
Ces informations sont prises très au sérieux par l’opinion israélienne, et prennent de plus en plus d’ampleur. Cette situation ne s’est pas arrangée après que le chef du Hezbollah, sayed Hassan Nassrallah, ait divulgué des images captées par les drones israéliens et piratées par les équipes techniques du Parti de Dieu. Les autorités israéliennes ont fini par reconnaître la réalité du piratage tout en précisant qu’elles l’avaient su et avaient modifié le codage de leur transmission en conséquence.
Ce même piratage avait permis au Hezbollah de piéger une escouade de soldats israéliens au cours d’une opération d’infiltration dans la commune d’Anassarieh au sud du Liban pour assassiner un de ses responsables. C’est l’ensemble de cette formation de Tsahal qui s’est trouvée prise en tenaille et a été décimée.
En tout cas, ces histoires réelles font partie des éléments remarquablement utilisés par la communication du Hezbollah et qui font très mal à l’opinion israélienne. Elles contribuent à maintenir ce climat de terreur et de dissuasion entre les parties sur le terrain, car si le Liban craint certainement les destructions massives, Israël craint beaucoup autant pour ses soldats que pour ses civils. Cela conduit à ce que chacun sache qu’il a un prix à payer, sans que personne n’ait envie de payer l’addition.
Se retirer totalement du territoire libanais serait considéré comme un camouflet supplémentaire pour l’« armée invincible ». Y rester devient de plus en plus dangereux. Surtout rester pour quoi faire ? Jusqu’à présent le rôle de l’armée israélienne était celui d’un gendarme, mais si l’on n’a plus peur du gendarme, à quoi sert-il ? Le pire pour Israël est que l’équation s’est totalement modifiée, son armée ne maîtrise plus toutes les données et est actuellement exposée à de fortes probabilités d’échec dans ses opérations.
Cette situation finit par atteindre le moral des troupes à tel point que les soldats ne savent plus pourquoi ils doivent se battre. Tsahal est-il toujours l’armée de « défense d’Israël », ou est-il devenu l’armée des massacres de Qana et des « bavures » ? Une armée qui se bat contre un ennemi invisible commet nécessairement des bavures et en commettra encore. Jusqu’à quand l’armée et la société israéliennes supporteront-elles ces infamies ? Les habitants de Qana disent de leur ville : « C’est là que Jésus a transformé l’eau en vin, et c’est là que les Israéliens ont transformé l’eau en sang ».
Ces contradictions ont fait qu’au fil des années la critique de la politique israélienne n’est plus un tabou. Jusqu’à l’invasion du Liban, oser critiquer les décisions israéliennes était assimilé à un acte antisémite. Tel est de moins en moins le cas. Des juifs et des non juifs critiquent cette politique expansionniste. L’appel de JCALL (European Jewish Call for Reason) est la démonstration qu’il existe bien une cassure dans le soutien dont bénéficiait la politique et les gouvernements israéliens.
Cet appel est intéressant, car tout en assurant un soutien indéfectible à l’État d’Israël, il se montre particulièrement en opposition avec les décisions prises par les gouvernements successifs, notamment en matière d’annexion et de colonisation. Les signataires estiment qu’Israël devra changer de politique pour survivre.
Or nous voyons que l’existence d’Israël est à nouveau en danger. Loin de sous-estimer la menace de ses ennemis extérieurs, nous savons que ce danger se trouve aussi dans l’occupation et la poursuite ininterrompue de la colonisation de la Cisjordanie et des quartiers arabes de Jérusalem-Est, qui sont une erreur politique et une faute morale. Et qui alimentent, en outre, un processus de délégitimation inacceptable d’Israël en tant qu’État.
Ces faits expliquent le malaise vécu, entre autres, par la diaspora juive. Ces mêmes sentiments sont également exprimés par une frange de la population israélienne de l’intérieur, laquelle ne semble pas être écoutée par une classe politique qui rivalise d’outrance et d’excès.
L’UE vient à travers sa décision de déclencher les hostilités, en allant dans le sens contraire de l’Histoire. Les responsables Européens savent parfaitement que cette décision n’a sur le plan pratique aucune utilité. Les membres de la branche armée du Hezbollah sont inconnus. Leur force est justement le secret qui les entoure. Quelles sanctions prendre contre des hommes invisibles.. ?
Quant aux sanctions économiques, elles sont risibles, car les services de renseignement européens savent que le Hezbollah ou ses membres n’ont pas d’avoirs en Europe. La décision est donc symbolique et est aussi précaire qu’injustifié. En effet, concernant l’attentat de Bulgarie, cet État vient de déclarer qu’il n’existe aucune preuve de l’implication du Hezbollah.
Devant l’impossibilité de contester au Hezbollah sa qualité de mouvement de résistance contre l’occupation, on a inventé ce prétexte, et on a laissé filtrer la vraie raison, mais qui n’est pas reprise officiellement : sa participation au conflit syrien.
C’est d’autant plus étonnant que depuis le début du conflit syrien le mouvement politique libanais du Futur, entre autres —avec ses responsables, à commencer par l’ancien Premier ministre Saad Hariri—, a brillé par sa participation plus qu’active en hommes et en armes, sans pour autant être qualifié de mouvement terroriste.
Le Hezbollah a combattu et combat en Syrie Jabhat Al-Noussra, considéré aujourd’hui par les occidentaux comme une organisation terroriste. Comment peut-on combattre les terroristes et être considéré terroriste ? En réalité, le Hezbollah a pour le moins perturbé les projets occidentaux pariant sur la chute de l’État syrien devant les agressions internes et externes, il doit en payer le prix.
En combattant en Syrie, le Hezbollah protège ses arrières. Les vrais terroristes, terrorisaient les civils libanais dans la plaine de la Bekaa, à Akkar à l’est et dans le Nord du Liban. Ces groupent se sont bien installés dans plusieurs dizaines de villages au Liban au prétexte d’être des réfugiés, sans que personne en l’absence d’un État fort, ne puisse vérifier leur qualité.
Ils ont commis des attaques contre l’armée libanaise accusée maintenant d’être pro-Hezbollah, lequel prône le slogan de la résistance « Le Peuple, l’Armée et la Résistance sont la force du Liban contre toute agression ». Fallait-il que le Hezbollah néglige ces risques pour éviter d’être classé organisation terroriste ? Informé de cette rumeur de classement depuis des mois, sayed Hassan Nasrallah avait du reste annoncé qu’il n’en avait cure…
Toutefois, cette annonce est regrettable et menace d’une multitude de répercussions. A-t-on mesuré la portée de cette décision, dont l’effet médiatique serait le seul intérêt ? Pire encore ! le présent article sera t-il considéré comme une « apologie du terrorisme » ? … Seul l’avenir nous le dira. Le but final serait de faire taire toutes les voix qui défendent les mouvements de résistance.
La vérité est que les Européens sont devenus schizophrènes, car ils voient la paille dans l’œil du voisin, mais pas la poutre dans le leur.

Syrie. Quand Washington parie sur le cheval de Troie «wahhabite»....Obama savait que sa politique au Moyen Orient a échoué car le régime syrien n'est pas défait, la Libye s'est transformé en état fantômatique, coeur battant de trafic d'armes et de munitions dans différentes parties du monde . La Tunisie et l'Egypte ont une situation chaotique et la Turquie vient d'être piégée dans ses propres politiques et de faire face à une crise politique d'envergure.

Les alliances US se font et se défont dans la région du Moyen Orient à une vitesse propre à donner du vertige ,ce qui est selon les analystes , le signe d'un total déboussolement de la politique moyen orientale de Washington. 
Selon Al Nachra, si les Américains emboitent aujourd'hui le pas sans grande innovation le pas aux britanniques, vrais fondateurs du wahhabisme et du Akhvanisme, c'est qu'ils ont perdu totalement l'initiative. " Tous les efforts américains après le 11 septembre pour répondre à cette question ' pourquoi ils nous détestent?' ont échoué"
Selon le site, il faut reconnaitre d'ailleurs que les Etats Unis n'ont pas fourni de réels efforts pour y trouver la réponse. le général déchu Petraeus a dans le temps osé dénoncé les politiques sionistes et leurs impacts sur la politique étrangère des Etats Unis . Depuis Bush, les Etats Unis tentent de se montrer partisans de la démocratie et des droits des peuples. Mais cette politique là a montré ses limites et a déjà échoué en Irak. Obama n'avait pas plus de chance que son prédécesseur. Il s'est engagé dans la campagne éléctorale en dénonçant le bellicisme de Bush. Une fois élu s'est rendu en Egypte et tenu un discours enthousiaste en faveur de l'ouverture envers les pays musulmans, il a défendu l'Islam modéré , se dit prêt à réconcilier avec l'islam politique. Une fois le printemps arabe déclenché, Obama a toutefois commis l'erreur de vouloir le tourner à son avantage: en abuser pour écarter les régimes dicatoriaux traditionnels sans s'engager directement et ainsi préparer le terrain à un réajustement du Moyen Orient suivant les dessins US pour le 21 ème siècle... Obama s'est érigé ainsi en  commandant à l'arrière front , et a tenté de soutenir l'islam politique.
Mais quel a été son objectif? mettre à profit les potentiels existants au sein de cette école de l'islam politique et les tourner dans le sens des objectifs stratégiques US dans la région. Cela devrait lui permettre de "neutraliser l'Iran , de normaliser les relations de tous les états de la région avec israel et de lui assurer sa sécurité ainsi que la sécurité de toutes les voies de transit d'énergie"
Et le site d'ajouter : "peu de temps avant sa participation a la réunion de G8 , Obama savait que sa politique au Moyen Orient a échoué car le régime syrien n'est pas défait, la Libye s'est transformé en état fantômatique, coeur battant de trafic d'armes et de munitions dans différentes parties du monde . La Tunisie et l'Egypte ont une situation chaotique et la Turquie vient d'être piégée dans ses propres politiques et de faire face à une crise politique d'envergure. Les amis européens d'Obama se sont éloignés de lui et ils sont inquiets d'une amplification du terrorisme dans une zone géographique aussi importente que le Moyen Orient. Mais quelle a été la réaction d'Obama? "
Au lieu de reconnaitre son échec et de chercher à trouver une solution en compagnie des dirigeants d'autres pays, Obama s'enfonce dans l'erreur et son attitude n'est qu'une fuite en avant dans une région qui va trop rapidement vers l'implosion .. c'est en ce sens qu'il a décidé de rétablir " l'équilibre des forces" et d'armer les rebelles syriens , ce qui revient à troubler davantage la situation , à déstabiliser davantage le Moyen Orient.
L'auteur voit dans la stratégie américaine " la principale raison de l'échec des représentants du salafisme politique et des Frères musulmans de la région "
" En effet ces régimes issus des Frères ont pour le seul atout l'appuie massive des Etats Unis et ils se considèrent comme représentant absolu des Américains " Au début, les Etats Unis ont donc apporté leur soutien aux Frères musulmans et c'est en ce sens que l'octroie du commandement à la Turquie et au qatar a provoqué en effet une guerre latente et parfois patente dont les parties ont été le Qatar et la Turquie et l'Arabie saoudite. C'est justement cette guerre qui a fait échec à la politique américaine de soutien aux Frères. L'Egypte s'est effondré apres l'arrivée au pouvoir des Frères. Les divergences créées dans la foulée de ce changement n'ont pas mis longtemps à se manifester dans le propre camp pro occidental . Et les impacts de cette erreur se sont fait sentir en Syrie où les Anti Assad se sont déchirés . Mais les Américains ont-ils tiré leçon de cette erreur stratégique?"
Non , puisque "c'est désormais sur le cheval de Troie wahhabite que comptent désormais les Américains . Mais le cheval de Troie wahhabite est amené désormais à faire une démonstration de sa force et à réussir là où les Frères ont échoué. Or cette manière de faire ne fait qu'attiser les guerres fratricides au sein du camp pro occidental car chacun de ces vasseaux , Frères et Wahhabites tentent de faire preuve de son allégeance envers les Etats Unis , ce qui suscite davantage de rivalités et d'adversité "
Cameroonvoice

lundi 22 juillet 2013

L'inévitable défaite de l'homme malade américain.... confronté à son plus grand défi stratégique après l'effondrement de tous ses paris régionaux suite à la chute des Frères musulmans en Egypte. Une chute définitive, qui aura d'immenses répercussions sur les Etats de la région sans exception, de la Tunisie au Yémen, en passant par la Libye et la Turquie.

Le débat qui a eu lieu au Congrès américain lors de l'audition du chef d'état-major interarmes, le général Martin Dempsey, autour de la situation en Syrie, apporte une preuve vivante de la confusion et de la faiblesse de l'empire américain au Machreq arabe après l'échec de son agression contre la Syrie. Ce tableau, couplé à l'amertume vécue par la politique américaine vis-à-vis de la révolution du 30 juin en Egypte, prouve que nous sommes devant une défaite complète des politiques initiées dans la région par l'ancien chef de la CIA, David Petraeus, en partenariat avec la Turquie, le Qatar et l'Arabie saoudite.
Les illusions des Etats-Unis et de l'Occident sur la capacité de modifier les équilibres sur le terrain après la bataille de Qoussair se sont volatilisées ces dernières semaines. Et les experts occidentaux assurent qu'un tel rééquilibrage n'est pas réalisable sans une invasion terrestre de la Syrie, comme l'a encore réaffirmé le chef d'état-major sortant de l'armée britannique, le général David Richars (Voir ci-dessous). Le New York Times a d'ailleurs reconnu que la dynamique a changé sur le terrain au profit des troupes du président Bachar al-Assad (Voir ci-dessous).
Or ces experts soulignent qu'une invasion atlantiste est un suicide pour les Américains et les Occidentaux et risque de menacer l'existence même d'Israël, car le dispositif de défense de l'armée syrienne est intact et s'est même amélioré avec la création d'une résistance populaire prête à défendre la patrie, organisée dans le cadre de l'Armée de défense nationale. De plus, la présence au sol en Syrie du Hezbollah rend encore plus risquée une éventuelle intervention terrestre. 
Confrontés à toutes ces réalités, la Grande-Bretagne et la France, chefs de file des pays européens appelant à l'armement des terroristes syriens, ont renoncé à adopter une telle mesure. Londres a non seulement changé d'avis, mais n'exclut plus que le président Bachar el-Assad puisse rester au pouvoir pendant encore plusieurs années, selon des sources informées, citées par l'agence de presse britannique Reuters.
Ces mêmes sources ont ajouté que la conférence internationale de paix envisagée pour trouver une solution au conflit pourrait ne pas être organisée avant l'an prochain, si le projet n'est pas purement et simplement abandonné, ont ajouté les mêmes sources. "Il est clair que la Grande-Bretagne ne va pas armer les rebelles, de quelque manière que ce soit", a dit une des sources interrogées en rappelant que le Parlement de Londres avait exigé d'être consulté au préalable sur cette question.
Reuters rapporte que l'évolution de la position britannique s'explique notamment par l'hostilité de l'opinion publique à un quelconque engagement aux côtés des rebelles syriens et par la crainte de voir les armes envoyées aux insurgés tomber entre les mains de groupes islamistes farouchement antioccidentaux.
De son côté, le ministre français des Affaires étrangères, Laurent Fabius, a déclaré que Paris "n'a pas modifié sa position" de ne pas livrer d'armes létales à l'opposition syrienne.
En plus à ses déconvenues en Syrie, l'homme malade américain est désormais confronté à son plus grand défi stratégique après l'effondrement de tous ses paris régionaux suite à la chute des Frères musulmans en Egypte. Une chute définitive, qui aura d'immenses répercussions sur les Etats de la région sans exception, de la Tunisie au Yémen, en passant par la Libye et la Turquie.
Le changement en Syrie ouvrent des perspectives de rencontre avec les victoires syriennes, plaçant la région sur un chemin nouveau, marqué par la fin de l'ère américaine et le retour de celle des Etats arabes indépendants, soutenus par une confortable majorité populaire. 
SOURCE : TENDANCES DE L'ORIENT

dimanche 21 juillet 2013

Lettre d'un ex-soldat israélien au gagnant palestinien de l'émission "Arab Idol".....J’ai été soldat ; je sais ce que veut dire d’être prêt à mourir pour une cause. Or, je préfère vivre à tes côtés, sur ce bout de terre, plutôt que de donner ma vie pour que d’autres personnes puisse continuer à y vivre sans la partager.



Washington – Cher Mohammad Assaf, tu te demandes peut-être pourquoi, un jeune Israélien comme moi, t’écrit à toi, le gagnant d’« Arab Idol », qui es de Gaza.
Tu penses sans doute que nous sommes très différents. Tu as raison. Nous avons grandi, toi à Gaza et moi à Jérusalem, à une heure de route l’un de l’autre, mais des années-lumière nous séparent. Aux carrefours de la vie, nous avons chacun emprunté des chemins différents. À 20 ans tu chantais aux mariages, alors que moi je faisais mon service militaire. Mais malgré tout, nous avons beaucoup de points communs : nous sommes jeunes, nous avons vu couler beaucoup trop de sang et tous les deux, nous nous sentons chez nous sur ce bout de terre.

Tu es le jeune Palestinien le plus aimé du moment. Quand tu as chanté à la finale d’Arab Idol, Arabes et non-Arabes, partout dans le monde, sont tombés sous ton charme.

J’ai voulu t’écrire, parce qu’au delà de ton charme, pour les gens de Ramallah et de Khan-Yunis, tu représentes l’espoir – une denrée rare par les temps qui courent pour tous ceux qui habitent entre le Jourdain et la Méditerranée.

J’ai voulu t’écrire parce que quand les gens te regardent, ils ne voient pas seulement un beau gosse qui chante bien, mais quelqu’un qui symbolise de nouvelles possibilités et qui donne envie de croire à un avenir différent de la réalité qui nous enferme.

Tu te dis sûrement : « Mais qu’est-ce je peux faire ? »

Tu as toutes les raisons du monde d’être pessimiste. Le secrétaire d’Etat usaméricain John Kerry a beau essayer de ramener les Israéliens et les Palestiniens à la table des négociations. Mais toi et moi, nous savons très bien que chez nous, la plupart des gens n’y croient plus vraiment. On ne peut pas leur en vouloir, après tout ce temps et tous ces dirigeants qui nous ont déçus par leur incapacité à prendre des décisions courageuses et à faire un pas vers la réconciliation.

Mais, justement, ta voix pourrait être plus claire et plus forte que celles des dirigeants. Nombreuses sont les initiatives non conventionnelles qui ont changé le cours de l’histoire. Tu as touché le cœur et l’âme de plus de 160 millions de personnes. Un grand nombre d’Israéliens n’ont pas le profil de tes fans, néanmoins, nous ne sommes pas pour autant si différents. Quand la musique est prenante, on n’y reste pas insensible. Avec ta belle voix, tu peux transmettre ce qu’aucun politicien ne pourra.

Tu te dis sûrement : « Ces gens-là ne veulent pas de paix avec nous ». C’est vrai que les Israéliens ont du mal à croire à une éventuelle résolution du conflit, non pas parce qu’ils sont contre, mais plutôt parce qu’un ancien Premier ministre nous a dit que nous n’avions pas de partenaire pour cette paix. Vraie ou fausse, cette phrase, la plupart d’entre nous l’a encore à l’esprit aujourd’hui. Mais à vrai dire, même les plus pessimistes espèrent avoir tort en leur for intérieur.

Dans la Bible, il est dit qu’« un bon voisin vaut mieux qu’un lointain ami ». Le monde entier a beau t’aimer et compatir avec toi, mais c’est à nous que tu as affaire, et vice versa. S’il te plaît, adresse-toi aussi à nous ! Sois aussi notre « nouvelle star ».

Tu as 23 ans, moi j’en aurais bientôt 25. Nous sommes jeunes, mais nous ne sommes plus des enfants. Quand j’avais 15 ans, j’ai lu dans un livre usaméricain que « le signe d’immaturité chez un homme, c’est de vouloir mourir pour une noble cause, alors que la maturité c’est de vouloir vivre en toute humilité ». Aujourd’hui, cette phrase me parle enfin, au-delà d’une belle citation de l’auteur d’un roman. J’ai été soldat ; je sais ce que veut dire d’être prêt à mourir pour une cause. Or, je préfère vivre à tes côtés, sur ce bout de terre, plutôt que de donner ma vie pour que d’autres personnes puisse continuer à y vivre sans la partager.

Regarde-moi, parce que tu n’as pas le choix. Moi aussi je suis dans le même cas que toi. Nous sommes tous les deux coincés ici, sans pouvoir aller nulle part ailleurs. Ce n’est pas obligatoirement une mauvaise chose.

Tu as une belle voix. Toute la jeunesse palestinienne et arabe t’écoute - et nous aussi. Tu peux chanter une nouvelle histoire, qui ne dira pas « nous n’avons pas de partenaire pour la paix ». Ce sera une chanson, qui honore – sinon l’amour – la vie. J’écrirais bien la chanson, si tu la chantais.

Mabrouk, ou comme on dit en hébreu mazel tov (félicitations).
Source : Tlaxcala : 18/07/2013

Les mensonges de la France sur l’affaire Evo Morales/Edward Snowden….Paris s’est rendu coupable d’une gravissime violation du droit international en attentant contre l’immunité diplomatique absolue dont jouit tout chef d’Etat.

Sur injonction de Washington, plusieurs pays européens dont la France ont fermé leur espace aérien à l’avion du Président bolivien Evo Morales, déclenchant une grave crise diplomatique entre l’Europe et l’Amérique latine.
 

En interdisant à l’avion présidentiel d’Evo Morales de survoler son territoire dans la nuit du 2 au 3 juillet 2013, la France a déclenché une grave crise internationale avec la Bolivie. L’Espagne, l’Italie et le Portugal se sont rendus coupables du même acte d’hostilité à l’égard du pays d’Amérique du Sud. Tous, sans exception, ont suivi les ordres émanant de Washington, qui pensait à tort que son ancien agent Edward Snowden se trouvait à bord de l’avion.

Cet acte, inédit depuis la fin de la Seconde guerre mondiale, a unanimement été condamné par l’ensemble de l’Amérique latine, du Chili à Cuba, toutes tendances politiques confondues. Paris s’est rendu coupable d’une gravissime violation du droit international en attentant contre l’immunité diplomatique absolue dont jouit tout chef d’Etat. La Bolivie a immédiatement dénoncé cette agression illégale auprès des instances internationales.

Les explications fournies par le Ministère français des Affaires étrangères ne sont guère convaincantes. Le Quai d’Orsay a ainsi exprimé « les regrets de la France suite au contretemps occasionné pour le président Morales par les retards dans la confirmation de l’autorisation du survol du territoire par l’avion du président ». Or, la Bolivie a demandé et obtenu l’autorisation de traverser l’espace aérien français dès le 27 juin 2013, c’est-à-dire six jours avant l’incident. La France savait ainsi depuis plus d’une semaine que l’avion présidentiel bolivien traverserait le territoire national.

Interrogé à ce sujet, le président français François Hollande n’a pas fourni davantage d’éclaircissements. « Dès que j’ai su que c’était l’avion du président bolivien, j’ai donné immédiatement l’autorisation de survol ». Là encore, ces propos sont inexacts puisque l’autorisation de traverser l’espace aérien avait été fournie près d’une semaine avant le grave incident qui a obligé Evo Morales à atterrir en urgence en Autriche et à y faire une escale de 13 heures.

En réalité, la France a fait preuve d’une embarrassante soumission à l’égard des Etats-Unis et s’est comportée non pas comme une grande nation souveraine et indépendante, mais comme une république bananière docile et obéissante. Paris n’a pas hésité un seul instant pas à violer le droit international, à commettre un acte extrêmement hostile à l’égard d’un pays allié et à mettre en danger la vie d’un président démocratiquement élu, dans le but de répondre à une injonction de la part de Washington. Le gouvernement socialiste français a ainsi prêté main forte à l’administration Obama dans ses tentatives d’arrêter Edward Snowden, qui a révélé que les services de renseignements étasuniens espionnaient…l’Europe et la France.

Mondialisation.ca, 10 juillet 2013
Texte publié initialement en portugais :
http://operamundi.uol.com.br/conteudo/opiniao/29882/as+mentiras+da+fra…

samedi 20 juillet 2013

HENRI ALLEG,ce héros tout simple....,Un grand résistant dans tous les sens du terme.Le vrai résistant, c’était Henri, et tous ceux, Algériens ou Français, qui se sont battus comme lui pour que l’Algérie soit libre !

Juif d’origine russo-polonaise, installé en Algérie en 1939, il milite pour la libération de ce pays. Directeur du quotidien Alger républicain, il est arrêté en juin 57 et torturé par les forces d’occupation française, commandées par le général Massu. Il décrira ces tortures dans son livre La Question, immédiatement interdit par la France, et réédité en Suisse.

Extraits :
« Jacquet, toujours souriant, agita d’abord devant mes yeux les pinces qui terminaient les électrodes. Des petites pinces d’acier brillant, allongées et dentelées. Des pinces « crocodiles », disent les ouvriers des lignes téléphoniques qui les utilisent. Il m’en fixa une au lobe de l’oreille droite, l’autre au doigt du même côté… Brusquement, je sentis comme la morsure sauvage d’une bête qui m’aurait arraché la chair par saccades. Toujours souriant au-dessus de moi, Jacquet m’avait branché la pince au sexe. Les secousses qui m’ébranlaient étaient si fortes que les lanières qui me tenaient une cheville se détachèrent. On arrêta pour les rattacher et on continua… »

Il y a maintenant plus de trois mois que j'ai été arrêté. J'ai côtoyé, durant ce temps, tant de douleurs et tant d'humiliations que je n'oserais plus parler encore de ces journées et de ces nuits de supplices si je ne savais que cela peut être utile, que faire connaître la vérité c'est aussi une manière d'aider au cessez-le-feu et à la paix. Des nuits entières, durant un mois, j'ai entendu hurler des hommes que l'on torturait, et leurs cris résonnent pour toujours dans ma mémoire.

"Alors, il ne veut pas parler ? dit l'un des civils.
-On a tout le temps , dit le commandant, ils sont tous comme ça au début : on mettra un mois, deux mois ou trois mois mais il parlera.
-C'est le même genre que Akkache ou Eyette Loup, repris l'autre. Ce qu'il veut : c'est être un "héros", avoir une petite plaque sur un mur dans quelques centaines d'années." Ils rirent à sa plaisanterie

 
C’est un des livres qui a marqué mon engagement militant. Tout jeune, j’ai été en contact avec des Belges et des Français qui avaient aidé le FLN, le mouvement de libération algérien en lui servant de base arrière (on les appelait les « porteurs de valise »). C’est ainsi que je fus amené à lire La Question. Une lecture indispensable pour comprendre jusqu’où peut aller la « démocratie occidentale » et aussi pour s’imprégner de son courage de vrai résistant.

Au moment où certains aiment à présenter Jean-Marie Le Pen comme un « résistant au système » qui « aurait des couilles », la pensée qui me vient est que c’est précisément à cet endroit que la torture était pratiquée par Le Pen et ses collègues criminels. Il ne s’en est jamais excusé, continuant à manifester son arrogance de colonialiste répugnant. Un tel homme ou sa fille ne sauraient incarner aucune résistance ! Juste de la démagogie manipulatrice pour amener les gens dans l’impasse du colonialisme et de l’extrême droite. Un programme qui est le contraire de la fraternité, en continuant le mépris et le racisme.

Le vrai résistant, c’était Henri, et tous ceux, Algériens ou Français, qui se sont battus comme lui pour que l’Algérie soit libre !

Jusqu’aux derniers moments de sa longue vie, il n’a cessé de lutter contre le système

J’ai eu le plaisir de rencontrer Henri à plusieurs reprises, notamment en donnant avec lui des conférences ou des formations pour jeunes. Il m’a marqué par sa forte conscience et sa capacité d’analyse politiques lucide. Mais aussi par sa gentillesse et sa simplicité.

Un héros tout simple. Ne se vantant jamais. Considérant ce qu’il avait réalisé comme tout à fait normal. J’ai eu avec lui quelques conversations très riches qui m’ont fortement aidé à comprendre le colonialisme.

Merci, Henri, nous essayerons de porter dignement ton message de résistance et de fraternité !

Source : Investig'Action michelcollon.info