dimanche 14 juillet 2013

Syrie. Bientôt la fin !.... Le changement en Syrie ne peut être, en effet, que l'œuvre des Syriens et d'eux seuls, par l'introduction des réformes qu'ils jugent nécessaires dans leur système politique, et non pas selon un «agenda» extérieur décidé par des pays étrangers qui font s'entretuer les Syriens par intérêt.


En Syrie, l'un après l'autre, les «territoires» qui étaient passés sous la coupe des groupes terroristes sont libérés par l'armée régulière et repassent sous l'autorité de l'Etat.
 

L'éradication de ces groupes est un préalable à la transition politique qui aboutirait, dans ce pays, à un transfert du pouvoir tel que voulu par le peuple syrien, c'est-à-dire à travers des élections démocratiques, et non par les armes et selon les «caprices» du Qatar et de la France.

Le changement en Syrie ne peut être, en effet, que l'œuvre des Syriens et d'eux seuls, par l'introduction des réformes qu'ils jugent nécessaires dans leur système politique, et non pas selon un «agenda» extérieur décidé par des pays étrangers qui font s'entretuer les Syriens par intérêt. La réalité sur le terrain saute aux yeux de tous maintenant : l'«opposition armée» est très largement dominée par les groupes terroristes constitués de mercenaires islamistes venus en force dans le but d'établir en Syrie un «califat».

La trêve que cette «opposition» demande, sous prétexte de tenir compte du mois sacré du Ramadhan, donnera en fait un répit à ces groupes terroristes laminés et en voie d'être vaincus. Sans surprise, l'appel à la trêve est appuyé par le secrétaire général de l'ONU Ban Le silence du gouvernement syrien à ce propos est significatif. L'an dernier, l'armée syrienne avait répondu favorablement aux nombreuses sollicitations extérieures en décidant unilatéralement d'une sorte de cessez-le-feu mais les terroristes avaient interprété ce geste comme un signe de faiblesse.

Dans le contexte actuel, plusieurs indices montrent que les données ont beaucoup évolué. Sur le terrain, c'est la population qui s'est opposée, hier, aux «rebelles», à Alep, en manifestant contre la présence des groupes terroristes qui contrôlent encore une partie de la ville. A l'extérieur, le Congrès américain vient de bloquer l'initiative d'Obama de livrer des armes à l'«opposition». Les groupes terroristes qui opèrent en Syrie ne recevront donc pas d'aide militaire américaine officielle et directe, en dehors des armes qui leur sont envoyées déjà depuis longtemps clandestinement à travers les canaux de l'Otan, de la CIA et des autres services secrets des pays occidentaux.

Idem en France, où, sur cette même question, tout le monde n'est pas d'accord avec Hollande et Fabius et pas seulement dans l'opinion publique. Le désaccord vient de la classe politique. Dans un entretien au quotidien libanais L'Orient-Le Jour, François Fillon affirme que la volonté de la France d'armer les «opposants» syriens «ne fait que prolonger la guerre». Pour l'ex-Premier ministre français, «il faut forcer tout le monde à aller aux négociations». La victoire du peuple syrien sur ses ennemis est proche. Militairement, les groupes armés sont lâchés. Politiquement, les islamistes sont en phase d'être éjectés partout où ils ont cru avoir réussi à s'imposer par la duperie. La donne a définitivement changé. Le «printemps arabe» de Ben Hamad et Ben Jassem ne sera bientôt qu'un mauvais souvenir.

Karim Bouali
Cameroonvoice


Egypte : l’armée défend ses intérêts économiques (Ria Novosti)…. Les généraux ont un intérêt personnel à rétablir l’ordre le plus vite possible : les recettes annuelles de leurs entreprises se chiffrent à 100 milliards de dollars, soit un cinquième du PIB national.


Les affrontements qui se sont déroulés hier en Égypte ont fait au moins 40 morts et des centaines de blessés. Après avoir destitué le président Mohamed Morsi les militaires affichent leur résolution, écrit le quotidien RBC Daily du 9 juillet 2013.
Les généraux ont un intérêt personnel à rétablir l’ordre le plus vite possible : les recettes annuelles de leurs entreprises se chiffrent à 100 milliards de dollars, soit un cinquième du PIB national.
L’armée égyptienne vend sur le marché un éventail très large de services et de produits de consommation : des aliments à l’essence en passant par les hôtels de luxe, écrit le Frankfurter Allgemeine Zeitung. La marque Armed Forces (les forces armées égyptiennes) est très présente dans les supermarchés du Caire sur l’emballage des pâtes, de l’huile olive, des œufs, du poulet, du sucre ou du poisson, aussi bien que sur des casseroles, des poêles et même des télés LCD. Cela dit, les revenus réels des militaires en Égypte constituent un secret d’État et la loi punit toute divulgation d’informations de ce genre. Les économistes indépendants ne peuvent qu’évaluer d’une manière générale les revenus et les recettes des entreprises industrielles et agricoles des militaires.
Les privilèges des généraux égyptiens sont très importants : leurs usines de pâtes et le réseau de stations-service Wataniyyah ne sont pas tenus de rendre des comptes aux structures fiscales. Les informations tenues secrètes comprennent naturellement le nombre de camions transportant la viande depuis les abattoirs de l’armée. Selon d’autres estimations, les militaires contrôlent directement de 30 à 40 groupes industriels et sont parfois en situation de monopole. Qui plus est, les généraux envoient souvent leurs recrues travailler dans les champs ou sur les lignes d’assemblage.

Les positions des militaires égyptiens sur le marché immobilier sont également fortes : une loi leur permet de s’approprier pratiquement n’importe quelle terre de l’État en la qualifiant de "nécessaire pour assurer la défense" du pays. Les généraux s’occupent donc activement de la construction et de l’exploitation d’ensembles résidentiels de luxe, de zones de divertissement et d’hôtels. Ces affaires leur apportent des sommes considérables : ils peuvent vendre ces bâtiments ou les louer à de grandes sociétés touristiques.

Les généraux ne sont pourtant pas des gestionnaires efficaces malgré leur présence dans tous les domaines de l’économie égyptienne. Des milliards de dollars du Fonds monétaire international et de la Banque mondiale aussi bien que 40 milliards de dollars de l’aide militaire de la part des États-Unis au cours des 30 dernières années (1,3 milliards de dollars par an) n’ont pas permis à l’économie égyptienne de rattraper son retard par rapport à d’autres marchés émergents, estime Zeinab Abul-Magd, spécialiste américaine du Proche-Orient. Si la pauvreté dans le monde a diminué de deux fois ces 20 dernières années, un nombre important d’Égyptiens vit toujours en-dessous du seuil de pauvreté, fait-elle remarquer.

MOSCOU, 9 juillet -RIA Novosti



samedi 13 juillet 2013

Le saccage impérialiste des richesses de l’Afrique....le capitalisme impose au continent africain le rôle de fournisseur de matières premières et de main d’œuvre à bas coûts.

L’agression de l’OTAN contre la Libye (productrice de pétrole), l’intervention de la France au Mali (or et uranium), la construction d’une base militaire étasunienne au Niger (uranium) et l’encerclement de l’Algérie (pétrole et gaz) sont des chaînons de la stratégie qui vise, devant la crise du capitalisme mondial, à intensifier l’exploitation des travailleurs et le pillage des ressources naturelles de l’Afrique.
Le journaliste Dan Glazebrook, qui écrit dans des journaux comme The Guardian, The Independent et The Morning Star, a publié un article dans l’hebdomadaire cairote Al-Ahram Weekly dans lequel il dénonce cette conspiration.
Dan Glazebrook commence par rappeler que l’Occident draine chaque année des milliers de millions de dollars provenant du service de la dette, des bénéfices provenant des investissements et des prêts liés au régime de la corruption des secteurs des bourgeoisies compradores.
Une autre façon de dominer l’Afrique consiste à mettre à sac ses richesses naturelles. On peut citer le cas connu du Congo, où des bandes armées contrôlées par ses voisins ougandais, rwandais et burundais pratiquent à l’est du pays le vol de minéraux pour revendre ces derniers à des entreprises étrangères… qui sont elles-mêmes complices du forfait.
L’Afrique finance également les classes dominantes occidentales en fixant le prix de ses matières premières à des tarifs défiant toute concurrence, mais aussi en versant des salaires misérables aux travailleurs qui s’échinent dans les mines ou aux champs.
En somme, le capitalisme impose au continent africain le rôle de fournisseur de matières premières et de main d’œuvre à bas coûts. Mais, afin que cette situation se perpétue, il fait en sorte que l’Afrique continue d’être pauvre et divisée, les coups d’État et des guerres contribuant largement à cette situation.
Selon Dan Glazebrook, la création en 2002 de l’Union africaine, animée par Mouammar Kadhafi, a soulevé les préoccupations des stratèges occidentaux. Pour Washington, Londres et Paris, le plan de l’Union de créer une banque centrale africaine et une monnaie unique était tout bonnement inacceptable. Pis, il était inconcevable de voir cette même Union développer une charte de défense et de sécurité communes pouvant déboucher sur une force militaire unifiée.
En outre, les États-Unis, face à la récession économique et à la « menace » que constituait déjà à l’époque la Chine, avaient échafaudé les plans pour recoloniser l’Afrique. La création en 2008 de l’Africom, le commandement militaire que le président Bush voulait installer sur le territoire africain, s’inscrit naturellement dans cette démarche. Mais l’Union africaine s’est fermement opposée à ce projet et l’Africom a dû finalement établir son état-major en Allemagne.
La plus grande humiliation pour les États-Unis était de voir Kadhafi élu président de l’Union africaine en 2009 et la Libye devenir le principal soutien de l’organisation panafricaine.
L’Empire ne tolérait bien évidemment pas les propos de l’Union qui vont dans le sens d’un processus d’intégration africaine. Après avoir justifié l’agression contre la Libye avec « un paquet de mensonges encore plus grands que ceux qui ont servi de prétexte à l’invasion de l’Irak », comme l’écrit Glazebrook, l’OTAN a détruit le pays, l’a placé dans les conditions d’autres États africains en faillite, se libérant au passage de son adversaire bien trop fier à son goût en l’assassinant. La guerre contre le colonel Kadhafi a détruit son régime. Mais la paix et la sécurité se trouvent depuis menacées dans toute l’Afrique du nord.
Le dirigeant libyen avait organisé depuis 1998 la communauté des États sahélo-sahariens, centrée sur la sécurité régionale, en bloquant l’influence des milices salafistes et en essayant de pacifier les chefs de tribus touaregs. Avec la chute de Kadhafi, les islamistes radicaux de la région ont fait main basse sur les arsenaux d’armes – avec l’aimable autorisation de l’OTAN – et les frontières méridionales de la Libye se sont disloquées. La première victime de la déstabilisation régionale a été le Mali. L’avancée islamiste, concomitante de l’agression de la Libye, a servi de prétexte à l’intervention militaire française.
L’Algérie se trouve désormais dans le collimateur de l’impérialisme. Elle est aujourd’hui entourée par les islamistes radicaux à l’est (frontière libyenne) et au sud (frontière malienne), où se sont également installées les troupes françaises.
L’impérialisme a des raisons de ne pas pactiser avec l’Algérie, le seul pays d’Afrique du nord encore gouverné par le parti qui a lutté pour l’indépendance (FLN). Alger soutient l’Union africaine, a assumé des positions internationales dignes et, comme l’Iran et le Venezuela, vend son pétrole et son gaz à des tarifs « normaux ».
Ce « nationalisme des ressources » pousse les géants pétroliers occidentaux à ne plus cacher le fait qu’ils « en ont marre de l’Algérie », comme l’écrit le Financial Times. Ce même journal avait, un an avant l’agression de l’OTAN, accusé la Libye du « crime » de protéger ses ressources naturelles.
Capitaine Martin
http://www.resistance-politique.fr/article-le-saccage-imperialiste-des...
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jeudi 11 juillet 2013

L'Egypte, terrain de confrontation pour le Qatar et l'Arabie Saoudite...La chaine de télévision Al-Jazeera du Qatar apportait au gouvernement de Morsi une aide informationnelle.

L’Egypte est devenue un champ d’opposition non seulement entre les partisans du pouvoir laïc et les islamistes, mais aussi entre des acteurs étrangers luttant aussi pour influencer sur ce grand pays arabe. Deux monarchies du Golfe Persique – le Qatar et l’Arabie Saoudite - prennent une part active dans cette lutte.

Après les tirs effectués par les militaires sur les manifestants devant l’état-major de la garde républicaine, le parti salafiste « An-Nour » a refusé de participer aux négociations avec les nouveaux pouvoirs égyptiens. Mais récemment, les salafistes approuvaient la destitution du président Mohamed Morsi. C’est un nouveau témoignage d’une scission entre les islamistes égyptiens. C’est que les Frères musulmans et « An-Nour » ont des protecteurs étrangers. Ici le commentaire du président de l’Institut russe du Proche-Orient Evgueny Satanovski :

« Non seulement en Egypte, mais aussi dans tous les pays du « printemps arabe », le Qatar a soutenu et continuera à soutenir les Frères musulmans et les mouvements alliés. Par exemple, les leaders de « An-Nahda » en Tunisie ou ceux du « Hamas » à Gaza. Les salafistes – c’est la créature de l’Arabie Saoudite. L’Arabie Saoudite a chaleureusement félicité la junte militaire et Adli Mansour, président actuel par intérim, qui ont chassé les Frères musulmans. Mais cela montre que dans la péninsule arabique, le vieux proverbe russe « Si la vache du voisin meurt, c’est très bien » est actuel ».

Doha et Riyad apportent un soutien à leurs protégés. En premier lieu, financier. Le journal Financial Times assure que le Qatar a « investi » en Egypte huit milliards de dollars. La chaine de télévision Al-Jazeera du Qatar apportait au gouvernement de Morsi une aide informationnelle. Il n’est pas étonnant qu’après la destitution de Morsi, la diffusion d’Al-Jazeera soit interdite en Egypte, qu'il y ait eu des perquisitions dans les bureaux de la chaine de télévision, et que le chef de l’antenne au Caire ait été retenu.

L’Egypte n’est pas le seul pays qui soit l’objet de lutte entre Doha et Riyad. Les deux monarchies rivalisent aussi dans les pays du Maghreb, en Syrie, au Liban, au Yémen, en Palestine, pratiquement sur tout le territoire du grand Proche-Orient.

Les experts croient que la destitution de Mohammed Morsi est un coup dur pour les positions du Qatar, en Egypte et dans tous les pays du « printemps arabe ». S’assurant que le pouvoir des Frères musulmans et de leurs protecteurs au Qatar n’est pas si fort que cela, leurs adversaires dans d’autres pays commenceront une offensive.
Artem Kobzev

mercredi 10 juillet 2013

La Jeunesse Africaine salue la révolution égyptienne .....lorsqu’un homme d’État démocratiquement élu transforme son règne en une vénération, dirige sans partage et exclut les autres composantes de la nation de son système de gouvernance devenu autocratique, le peuple, qui lui a remis le pouvoir par les urnes, n’a pas d’autre choix que de le reprendre.

Suite aux manifestations qui ont abouti au renversement du président Mohamed Morsi, le 03 juillet 2013, l’Organisation Jeunesse Africaine salue la phase II de la révolution égyptienne.Regrettant qu’un gouvernement issu des urnes n’ait pas pu survivre à sa propre dérive autoritaire, l’Organisation Jeunesse Africaine rappelle que quelques mois après sa prise de pouvoir, le 24 juin 2012, Mohamed Morsi s’était octroyé les pleins pouvoirs, détournant la révolution et inscrivant l’Égypte sur le chemin d’un islamisme d’extrême droite qui a eu pour effet la mise à l’écart de la diversité ethnoculturelle égyptienne et la fin des principes fondamentaux de la démocratie.
L’Organisation Jeunesse Africaine considère que lorsqu’un homme d’État démocratiquement élu transforme son règne en une vénération, dirige sans partage et exclut les autres composantes de la nation de son système de gouvernance devenu autocratique, le peuple, qui lui a remis le pouvoir par les urnes, n’a pas d’autre choix que de le reprendre. Ainsi, même si elles font partie du jeu démocratique, les élections ne représentent pas la démocratie dans les faits; elles ne sont qu’un outil de transmission du pouvoir à des représentants aux fins de son exercice véritable.
La légitimité d’un pouvoir ne s’obtient donc pas nécessairement par les urnes, mais par la gestion que l’on fait du pouvoir qui en sort. Les procédures de l’impeachment, qui existent dans les démocraties avancées, le démontrent fort bien. C’est la bonne gouvernance fondée sur la justice sociale, le respect des libertés, la sécurité, la bonne distribution des richesses, l’égalité de tous devant la loi et l’inclusion de toutes les composantes sociales dans la gestion des affaires de la nation qui donne force de droit au pouvoir et confirme la légitimité démocratique des représentants du peuple.
Dans cette perspective, l’Organisation Jeunesse Africaine conçoit qu’en faisant corps avec le peuple et en remettant le pouvoir à un autre civil, en l’occurrence au président au conseil constitutionnel, l’Armée a joué le rôle de protecteur des intérêts du peuple. La destitution de Mohamed Morsi ne saurait donc être vue comme un coup d’État; elle traduit plutôt la mise en application de la procédure de l’impeachment, enclenchée par le peuple lui-même à la suite des faits présentés plus haut.
L’Organisation Jeunesse Africaine saisit l’occasion qu’offre cette révolution pacifique pour lancer un appel à l’instauration d’un État laïc en Égypte et inviter d’une part les armées africaines à s’inspirer de l’exemple égyptien pour devenir, elles aussi, le bras droit protecteur de leurs peuples respectifs, et d’autre part les gouvernements africains à sortir des modèles autocratiques pour s’inscrire définitivement dans les systèmes véritablement démocratiques.

Pour L’Organisation Jeunesse Africaine
Maurice NGUEPE, Secrétaire Général

dimanche 7 juillet 2013

Egypte : Ce n’est pas un coup d’Etat mais un coup de balai !...l’armée égyptienne a mis HS (Hors Service) les dérives autoritaires du régime Morsi « élu » en 2012, dérives inscrites dans la doctrine de l’islamisme mondial dont fait partie la secte des Frères musulmans matrice du sieur Morsi…

« Ce n’est pas un coup d’Etat militaire classique puisque l’armée ne s’installe pas aux commandes en Egypte, mais on peut facilement l’appeler un coup de balai… L’armée s’est très inquiétée de la polarisation croissante de la société égyptienne et de la descente aux enfers qui s’annonçait en Egypte, et donc là elle a voulu mettre les pendules à l’heure et rappeler que ce n’est pas parce que Morsi a été, semble-t-il, démocratiquement qu’on va assister impassible à un processus d’islamisation de l’Egypte, c’est-à-dire de leurs codes, de leurs normes, à une société égyptienne aujourd’hui moderne, très jeune et connectée au reste du monde ».
Les légalistes, nourris à la mamelle du démocratisme, poussent des cris de vierge effarouchée suite à l’intervention de l’armée égyptienne qui a mis HS (Hors Service) les dérives autoritaires du régime Morsi « élu » en 2012, dérives inscrites dans la doctrine de l’islamisme mondial dont fait partie la secte des Frères musulmans matrice du sieur Morsi…Tout comme en 1992 ils ont poussé les mêmes cris lorsque l’armée algérienne, répondant aux manifestations organisées par le Comité National de Sauvegarde de l’Algérie (CNSA), à mis un terme à la course vers l’abîme islamiste. Auparavant, le parti islamiste (l’ex-FIS aujourd’hui recyclé dans différents partis islamistes) a prévenu les algériens, bien avant les élections, qu’ils devraient « changer leurs habitudes vestimentaires et alimentaires ». Fait significatif : les femmes sont toujours au devant lorsqu’il s’agit de confiscation démocratique, parce que, comme en Algérie en 1992, elles sont les premières victimes de l’islamisme et comme dirait un intellectuel de renommée mondiale , en l’occurrence Vladimir Illitch Lénine, « Les femmes sont le baromètre de la société », descendirent les premières à la PlaceTahrir comme cela fut dans Algérie de 2992.
A ces « légalistes », rappelons que l’éviction de Morsi, accompagnée de l’annulation d’une Constitution votée au pas de charge par la majorité des Frères musulmans, survint après plusieurs mois de manifestations pacifiques mais non moins révoltées, à la Place Tahrir, véritable épicentre sociopolitique d’Egypte. Il faut rappeler aussi à ces « légalistes » ignorants des réalités que moins de deux ans après son avènement, le régime Morsi a permis l’explosion des produits alimentaires, notamment les produits de première nécessité. Et ce n’est pas peu, pour qui connait le revenu de l’Egyptien moyen. En cela, le régime s’est conformé aux préceptes impitoyables du capitalisme. Alors que pour cela, il suffisait au nouveau régime de signer quelques décrets en faveur de la justice sociale.
Au mois de mai, l’inflation annuelle s’élevait à 9 %.
Au premier trimestre 2013, le taux de chômage s’établissait à 13,2 %, contre 12,6 % un an plus tôt.
Quant à la justice sociale, l’une des principales revendications de la révolution, dans un pays où, en 2011, quelque 25 % de la population vivaient en dessous du seuil de pauvreté, elle n’a jamais semblé être la priorité de Morsi. Ainsi, la nouvelle politique fiscale adoptée fin mai fixe à 30 % seulement le taux d’imposition des revenus supérieurs à 5 millions de livres (530 000 euros) par an. En France, qui n’est pas un modèle de référence en matière de justice sociale, un revenu équivalent est taxé à 45 %. « On ne peut guère attendre des Frères qu’ils réduisent les inégalités au vu de leur programme économique en tout point semblable à la politique néolibérale des Moubarak , estime Alaa al-Din Arafat, chercheur associé au Centre d’études et de documentation économiques, juridiques et sociales, comme l’affirme le Centre d’études et de documentation économiques, juridiques et sociale (Cedej).
Alors pourquoi les égyptiens ont-ils fait la révolte qui a chassé Moubarak pour se retrouver dans les mêmes travers ? Il faut, encore, et à ce propos, rappeler Gamal Abdel Nasser, tiers-mondiste et surtout chantre de la justice sociale. En Egypte, même ceux qui n’ont pas vécu en son temps, ont la nostalgie de cette époque, époque où l’Egypte rayonnait sur la scène mondiale non pas par son à-plat-ventrisme envers les Etats-Unis et Israël mais par sa quête permanente de la liberté.
Ces « légalistes » ne se sont pas émus lorsque Morsi fit charger la police contre des manifestants pacifiques, causant plusieurs morts par balles
En ce sens, ces « légalistes » rejoignent, à l’occasion de ce Hors Service, l’Occident, avec les Etats-Unis en tête.
En effet, quelques heures après l’éviction de l’imposteur Morsi, Barack Obama se dit « profondément inquiet »« profondément inquiet . A cette occasion il appelé à « réviser l’aide militaire américaine au Caire ».
Ses subordonnés européens ne sont pas en reste :
Celle qu’on appelle dans les couloirs de la Commission européenne « la p… des Etats-Unis », Mme Ashton, présidente de la Commission européenne, « appelle toutes les parties è retourner rapidement au processus démocratique », c’est-à-dire retourner à la case départ, cette case que justement les Egyptiens contestent.
Le Royaume Uni, pour sa part, déclare que « La situation est clairement dangereuse … Le Royaume Uni ne soutient pas une intervention militaire pour résoudre des problèmes dans un système démocratique ». Ce qui n’a pas empêché ce pays, en passant, de faire intervenir des moyens militaires disproportionnés en Irlande.
Aujourd’hui, en Egypte, l’espoir des caciques résident en la personne d’El Baradei., un individu qui n’a rien d’un passé révolutionnaire ni d’opposant. Cependant il pourrait satisfaire aux désidératas capitalistes dont il est un fervent partisan. A ce titre il pourrait être le candidat occidental à la prochaine élection présidentielle égyptienne ;
La rupture de l’Egypte avec son passé du 20ème et le début du 21ème siècle se mesure à l’aune de sa rupture ou pas de ses relations avec l’Etat criminel d’Israël. Cette rupture signifierait la rupture de sa relation de vassalité avec les Etats-Unis d’Amérique. Mais nous nous rappelons que le dénommé Morsi avait déclaré, à l’occasion de son discours inaugural lors de son intronisation que « Nous respecterons les engagements internationaux pris par le précédent régime ». Par engagement internationaux, il faut comprendre les Accords de Camp David pris par Anouar Essadate, accords à l’occasion desquels l’Egypte devint la moquette d’Israël.
Au niveau intellectuel - ces intellectuels honnis par tous les régimes capitalistes - citons le palestinien Khader Bichara, professeur émérite à l’université de Louvain (Belgique) :
« Ce n’est pas un coup d’Etat militaire classique puisque l’armée ne s’installe pas aux commandes en Egypte, mais on peut facilement l’appeler un coup de balai… L’armée s’est très inquiétée de la polarisation croissante de la société égyptienne et de la descente aux enfers qui s’annonçait en Egypte, et donc là elle a voulu mettre les pendules à l’heure et rappeler que ce n’est pas parce que Morsi a été, semble-t-il, démocratiquement qu’on va assister impassible à un processus d’islamisation de l’Egypte, c’est-à-dire de leurs codes, de leurs normes, à une société égyptienne aujourd’hui moderne, très jeune et connectée au reste du monde ».
Pur sa part, Fréderic Encel, spécialiste français des Relations Internationales, a déclaré à RFI : « Les Frères musulmans ne sont pas un parti progressiste et ne se sont pas montrés, historiquement, comme des amoureux de la démocratie. Aujourd’hui, l’Egypte, par démocratisme, court le risque de se diriger vers une élection à l’algérienne, avec des islamistes qui pourraient prendre le maquis. Une opposition violente, donc, avec leurs alliés salafistes ».
« Morsi et les Frères musulmans ont échoué, affirme Ashraf al-Sherif, professeur de sciences politiques à l’université américaine du Caire. Ils n’ont réussi à introduire aucun changement et n’ont réalisé aucun des objectifs de la révolution. Ils reproduisent les politiques de l’ancien régime sous une forme nouvelle. » (Jeune Afrique du 04/07/2013)
Cependant, la rupture véritable avec le passé honteux du 20ème siècle, si rupture il y aura, se mesurera à l’aune des relations égypto-israéliennes. Ce que n’ont pas exigé, et n’exigeront JAMAIS, le Frères musulmans égyptiens dont est issu le bouffon appelé Morsi.
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