samedi 15 juin 2013

Maroc : Israël vend des armes et de la haute technologie au Maroc


Le commerce est florissant entre le Maroc et Israël, et le royaume chérifien arrive même à se placer en 4e position des clients arabes de l’Etat hébreu, après la Jordanie, l’Egypte et le Liban.
L’Institut israélien des exportations vient de rendre publics les chiffres des échanges entre les deux pays. Selon le rapport publié par l’organisme israélien, le Maroc, dont le roi Mohammed VI préside le très critiqué Comité Al-Qods, assure des échanges commerciaux avec l’Etat hébreu d’une valeur de 6 à 10 millions de dollars. Selon cet institut, les échanges devraient augmenter, notamment dans les secteurs du tourisme, de l’armement, des hautes technologies et de l’industrie agroalimentaire. Ce rapport vient en tout cas confirmer la tendance mise en exergue en décembre 2012 par un autre organisme israélien, celui des statistiques. Ainsi, selon cette source, les importations marocaines en produits israéliens avaient crû de 216% alors que les exportations de produits marocains vers Israël avaient augmenté de près de 150%. A fin octobre 2012, les exportations du Maroc vers Israël se sont élevées à 42 millions de dirhams, contre 27 millions de dirhams au cours des dix premiers mois de 2011, soit une hausse de 54%.
L’année 2012 a donc vu une explosion du commerce bilatéral, même si sur le plan du volume, les échanges entre les deux pays demeurent minimes. La diffusion de ces chiffres par les organismes israéliens a mis dans une gêne indescriptible les autorités gouvernementales marocaines qui ont, de suite, tenté de démentir l’existence d’une quelconque relation commerciale avec l’Etat hébreu. Il est vrai qu’officiellement, il n’existe pas de relations diplomatiques entre les deux pays, ni de liaisons directes aériennes et maritimes. Mais, visiblement, cela n’a pas du tout constitué un obstacle au développement des échanges commerciaux entre les deux Etats. En juillet dernier, le Premier ministre marocain, Abdelilah Benkirane, avait déjà été accusé de normalisation avec Israël, suite à la participation d’Ofer Bronchtein, ancien conseiller du Premier ministre israélien Yitzhak Rabin, au 7e Congrès du Parti de la justice et du développement. C’est dire que la nature islamiste du gouvernement marocain n’a pas empêché l’amélioration des relations économiques entre l’Etat hébreu et le royaume du Maroc.
* http://algeriepatriotique.com/article/israel-vend-des-armes-et-de-la-h...
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vendredi 14 juin 2013

TURQUIE - Emeutes d'Istanbul : chronique photo

La Turquie est secouée depuis près de deux semaines par un mouvement de protestation inédit contre la politique du premier ministre Recep Tayyip Erdogan. Née à Istanbul, la contestation s'est rapidement diffusée à 48 villes du pays.

TURQUIE : Les Turcs réclament leur droit au pain blanc et au rouge à lévres

Par Alena Palajtchenko, RIA Novosti
Source : RIA Novosti

"Après ce mouvement de révolte la Turquie prendra un virage iranien ou européen – mais elle ne sera plus jamais comme avant" – voici l'idée générale qui circule dans les rues des villes turques, secouées par des manifestations depuis plusieurs jours.
La Turquie est un pays unique : son créateur Atatürk a non seulement réussi à trouver le bon équilibre entre l'islam et la laïcité, mais il a aussi pu rapidement créer sur les vestiges de l'Empire ottoman une société dont les membres, qu'ils soient fidèles à l'islam traditionnel ou attirés par les valeurs occidentales, vivent confortablement depuis 90 ans déjà.
Les femmes en hidjab se sentent à l'aise parmi celles qui portent des jupes courtes. Le vieillard qui prie cinq fois par jour à la mosquée peut très bien jouer au backgammon avec un autre homme de son âge porté sur la bouteille.
C'est pour ça que la Turquie attire les Russes : ils se sentent chez eux tout en jouissant d’un dépaysement exotique qui satisfait leurs attentes de touriste. Ici, ni les chrétiens ni les touristes fêtards ne risquent rien.
Une frontière psychologique est pourtant bien présente : la population urbaine des provinces nord-ouest et sud est traditionnellement plus détendue et indépendante tandis que le sud-est se tient aux règles de l’islam traditionnel.
Dans le contexte actuel cette remarque est pleine de sens : l'électorat d'Erdogan vit en majorité au "sud-est" - le premier ministre est soutenu par 50% du pays. Les 50% restants sont descendus dans la rue.

Les Turcs ne supportent pas la pression

Pour connaître le succès un dirigeant turc doit, comme Atatürk, réussir à maintenir l'équilibre entre l'islam et les valeurs laïques : c’est ce qu’essaie de faire Erdogan depuis dix ans.
Mais l'accent islamique de sa politique a engendré un dangereux penchant vers la pression religieuse sur les postulats laïques d'Atatürk. Les Turcs vénèrent Atatürk et ne pardonnent pas les atteintes à ses commandements, notamment au principe de laïcité fixé par la constitution. Ou tout manque de respect envers lui.
"Imaginez-vous Erdogan s'adresser à la nation sans le portrait d'Atatürk derrière lui ?", s'exclame horrifiée une Turque instruite, soutenue par des millions de personnes – des enseignants, des étudiants, des cadres et des médecins, des jeunes et des vieux, la population la plus active du pays, la classe moyenne.
Le caractère turc est particulier – il explique en grande partie l’explosion sociale qui continue de s’exprimer dans les rues du pays. Un Turc sait ce dont il a besoin et ne supporte pas la pression. Il fait généralement le contraire de ce qu’on lui impose, par principe. L'interdiction du voile dans les établissements scolaires "islamise" même ceux qui ne se préoccupent pas du tout de la mode féminine. Et la réglementation sur la vente d'alcool provoque une hausse de consommation même parmi ceux qui ne boivent pratiquement pas.
Un exemple basique de protestation contre la pression ; couplé dans le cas présent au caractère oriental, explosif et fier.
Le long séjour au pouvoir d'Erdogan, ses véritables succès dans le développement économique du pays, le soutien sincère de ses partisans, ses réussites sur la question kurde : ce bilan positif lui a probablement dessiné une image légèrement erronée de son rôle dans la vie de la société.

La "racaille" est contre

Erdogan est sincèrement convaincu que sa politique est juste, au-delà des discussions sur un financement du pays par les puissances islamiques voisines.
Quel est le problème avec les restrictions sur la vente d'alcool ? La volonté d'avoir des familles soudées avec au moins trois enfants ? Le respect de la religion ? La construction d'un troisième pont sur le Bosphore à Istanbul, qui étouffe dans les embouteillages ? L'envie que les femmes turques soient plus modestes dans leur apparence ?
Réponse : le fait qu’une chose ne soit pas prise en compte - ce couple souhaite-t-il avoir trois enfants ? Est-ce que cette jeune femme a envie de rester modeste ? Est-ce que ce jeune homme a envie de boire du lait au lieu de la bière ?
Tous ceux qui élèvent aujourd'hui des barricades sont persuadés qu'ils sont capables de régler leurs problèmes eux-mêmes, sans tuteur, qui plus est s'il donne ses recommandations de manière brutale et catégorique.
Erdogan a qualifié la jeunesse d'Izmir d'"infidèle" parce qu'elle ne respecte pas les traditions islamiques aussi activement qu'il le voudrait. Cet outrage à des citoyens de son pays, à des musulmans qui ne seraient pas assez fervents, a immédiatement détourné une grande partie des jeunes d'Erdogan et pas seulement ceux d'Izmir - historiquement la ville la "moins turque" du pays. Le terme "racaille" (capulcu) employé par Erdogan à l'égard des jeunes qui descendent périodiquement dans la rue ne lui a pas non plus valu leur sympathie.
Les manifestants d'aujourd'hui, au contraire, sont fiers de s'appeler "capulcu" et des commerçants ont déjà déposé d'innombrables demandes de brevet sur le droit d'utilisation du terme comme marque commerciale.

La patience du peuple est à bout

"Nous avons présenté le projet de reconstruction de la place Taksim il y a plusieurs années. Pourquoi personne n'a protesté à l'époque ?", questionne Erdogan. Apparemment la colère contre son ingérence dans la vie privée de la population n’avait pas encore atteint son apogée.
Erdogan met en place des imam-hatip - ou lycées religieux considérés comme des établissements scolaires "justes". La population a également perçu l'influence islamiste d'Erdogan suite aux récentes décisions de la compagnie aérienne Turkish Airlines d'interdire la distribution de boissons alcoolisées dans les avions et le rouge à lèvres des hôtesses de l'air. Les réseaux sociaux ont vite tourné l’affaire en dérision.
Afin de rendre la population plus "saine", le gouvernement souhaiterait interdire de fumer le narguilé dans la rue – c’est le passe-temps favori des retraités turques, qui se sont indignés.
Pour "préserver la santé de la nation", Erdogan a également interdit le pain blanc : cette fois toute la population est indignée car le pain blanc est le pain préféré des Turcs. D'autres détails de ce genre se sont accumulés depuis le début de son mandat.
La destruction planifiée du parc de Gezi a fait déborder le vase chez les laïcs, fatigués du diktat quotidien et religieux d'Erdogan.

Personne, y compris les défenseurs du parc, ne pouvait croire qu'un sujet aussi insignifiant causerait une grande protestation populaire.

"Il vaut mieux mourir"

Ces manifestations ont deux particularités : tout d’abord personne ne les provoque ou ne les organise. Elles sont spontanées, sincères et la foule est importante, comme pour la célébration du Nouvel an sur la place Rouge.
Ensuite, contrairement aux autres "révolutions" demandant des libertés globales ou des réformes économiques, les manifestants turcs ont à première vue des exigences ridicules : que le gouvernement n'empêche pas la population de vivre une vie véritablement privée, ne fouille pas dans le placard de ses citoyens, ne dicte pas à quel âge et dans quelle école un enfant doit aller, quelle boisson boire, quel pain manger…
Le manque de sérieux de ces exigences n'est qu'apparent. Car ces détails de la vie quotidienne concernent et irritent tout le monde de manière égale. Les femmes au foyer, les retraités et les adolescents sont tous épris de cette colère. Certains défendent leur droit de porter du rouge à lèvres, d'autres de boire après 22 heures.
"Ma femme dit : s'il faut mourir, alors il vaut mieux mourir que de voir notre fille de 6 ans porter le voile", explique un responsable de Turkish Airlines. Tout le monde est égal dans ces protestations, tout le monde a quelque chose à défendre. Et ce "quelque chose", chaque manifestant le comprend bien mieux que les slogans d’activistes flous qui font des calculs financiers et promettent une vie meilleure.
Toutefois, il serait possible d'éteindre la flamme de la colère populaire en supprimant simplement les facteurs qui la provoquent.
Mais malgré les slogans exigeant la démission du gouvernement, aucun manifestant ne pourrait nommer un seul candidat pour remplacer Erdogan. Les experts turcs le confirment.
L'opposition est très faible aujourd'hui et Erdogan convient à tout le monde sur bien des aspects – c'est un leader jeune, fort, charismatique, qui a permis à la Turquie d'avancer sur beaucoup d'indices (l'énergie, le tourisme, la médecine, le bâtiment, etc.), qui est accessible et représente dignement la Turquie sur l'arène mondiale, il a de l'allure et sait parler au peuple.
Il n'est pas profondément détesté : la population exprime surtout sa fatigue et sa déception. Si Erdogan arrivait à laisser en paix la population et s’occupait de choses plus pertinentes, la révolution des casseroles cesserait aussi vite qu'elle a commencé.
C'est cette décision "facile", qui ne demande pas au premier ministre de dépenses élevées ou de réforme de l'Etat, qui était attendue par les manifestants et les marchés. Mais la répétition de ses anciennes affirmations sur les extrémistes, la propagande mensongère et la division désolante de la population entre bonne "majorité" et mauvaise "minorité" ont fait effondrer la bourse et convaincu les manifestants de tenir coûte que coûte.
Depuis trois jours l'odeur de gaz s'est dispersée en Turquie et les confrontations avec la police ont cessé. Mais les gens restent dans la rue : les protestations se prolongent et prennent la forme de festivals, avec l’ambiance qui va avec. On ignore ce qui suivra - la Turquie n'a encore jamais connu ce genre de scénario historique.

L’opinion de l’auteur ne coïncide pas forcément avec la position de la rédaction

QUATAR : L’émir contraint par Washington de céder son trône


Selon le quotidien libanais As-Safir, l’annonce par l’émir de Qatar de la transmission de sa charge à son fils Tamim ne serait pas dû à la maladie du prince, mais à une intervention US.
Les États-Unis auraient « découverts » les agissements occultes de la micro-monarchie auprès des jihadistes en Syrie, ainsi que des transactions financières illégales. Ils auraient contraint le monarque à la démission, ainsi que son Premier ministre, et auraient eux-mêmes imposé le choix de son fils Tamim pour lui succéder.
La succession aura lieu début août et modifiera profondément la donne régionale : le Qatar était le financier des Frères musulmans et de la guerre contre la Syrie.
Source :

jeudi 13 juin 2013

Turquie : (VIDEO) - Arrestation de 73 avocats au Palais de Justice d’Istanbul

VIDEO - La police a interpellé mardi plus de 70 avocats qui protestaient contre l’intervention dans la matinée des forces de l’ordre contre les manifestants occupant la place Taksim d’Istanbul.

En grève depuis le début de la fronde qui vise le Premier ministre Recep Tayyip Erdogan il y a douze jours, ces avocats se sont réunis dans l’enceinte du palais de justice d’Istanbul pour dénoncer la police, qui a repris manu militari le contrôle de la place Taksim.
La police est alors intervenue dans le palais de justice pour les en déloger. Après de brèves échauffourées, environ 73 manifestants ont été interpellés.
lejournaldusiecle.com

Le droit des puissants!…..Ce sont, dans le cas de la Syrie, trois pays membres permanents du Conseil de sécurité et puissances nucléaires - Etats-Unis, Grande-Bretagne et France - qui font fi de la Charte des Nations unies et du droit international encourageant, ostensiblement, une rébellion contre un Etat souverain.

C'est cela le «nouvel ordre» mondial ?
La Syrie - avec les événements qui s'y déroulent au quotidien depuis plus de deux ans induits par des scènes de carnages et d'horreur répétitifs - administre au monde comment les puissants conçoivent la paix et la sécurité du monde et les rapports entre les nations. Ainsi, c'est ceux qui disposent de la puissance militaire, financière et politique qui dessinent les destinés des peuples et des Etats. Cela est devenu évident dans le sillage dudit «Printemps arabe» et singulièrement son exploitation insultante pour le droit et les lois internationaux. Il en est ainsi des tentatives d'abattre le dernier régime arabe qui n'entre pas dans les plans de l'Occident pour le «Monde arabe». On ne peut pas comprendre les événements de Syrie si on ne les replace pas dans le contexte de la déstabilisation organisée par des puissances telles que la France, les Etats-Unis et la Grande-Bretagne. Ces deux nations s'étant, dès le départ, montrées les plus déterminées à faire un sort aux pouvoirs arabes, qui ne répondent pas aux critères qu'elles veulent imposer à cette région riche en gaz et en pétrole. On ne peut omettre de souligner que c'est Londres et Paris - par leurs représentants, les ambassadeurs Sykes et Picot - qui ont charcuté (à leur profit) le Moyen-Orient au lendemain de la chute de l'Empire ottoman en 1920. C'est avec cette même donne que ces deux puissances interviennent aujourd'hui dans le conflit syrien. Comment en effet, comprendre l'anomalie du soutien qu'apportent Paris et Londres aux groupes insurrectionnels contre la Syrie si on ne la remet pas dans le contexte d'injonctions faites aux plus faibles «faites ceci, ne faites pas cela...». Ce sont, dans le cas de la Syrie, trois pays membres permanents du Conseil de sécurité et puissances nucléaires - Etats-Unis, Grande-Bretagne et France - qui font fi de la Charte des Nations unies et du droit international encourageant, ostensiblement, une rébellion contre un Etat souverain. Du jamais-vu dans les annales du droit et des relations internationale où des Etat s'engagent aussi officiellement dans la déstabilisation d'un pays tiers. Cela d'autant plus que ces puissances influentes soutiennent des déserteurs, des mercenaires engagés par des monarchies du Golfe, et aussi des jihadistes recrutés dans divers pays arabes. Ceux-ci tuent sans état d'âme les Syriens. Carnages que des médias internationaux complaisants mettent sur le compte de l'armée du régime syrien. Décryptés, Paris, Washington et Londres soutiennent de tout leur poids des tueurs - dont au moins un, le Front Al Nusra, figure sur la liste des groupes terroristes établie par les Etats-Unis - que l'on pourchasse ailleurs en Afghanistan et au Mali. Nécessité fait loi! Or, l'exécution barbare, dimanche, d'un enfant de 14 ans dans le nord de la Syrie par un groupe islamiste armé met en évidence la cruauté de la phalange sur laquelle s'appuient ces puissances pour faire tomber le régime de Damas à défaut de pouvoir intervenir - dans le contexte mondial actuel - directement comme cela a été le cas en Libye par Otan interposée. En fait, la Syrie est devenue - du fait même de la vacuité de l'«opposition» portée à bout de bras par le Qatar - un champ de bataille où tous les coups sont bons sous l'oeil indulgent de ceux-là mêmes qui réclament plus d'armes pour la rébellion. En Syrie, les puissances occidentales et leurs sous-traitants du Golfe ont maltraité le droit international à leur convenance. C'est ainsi que le chef de la diplomatie britannique, William Hague, regrette que le régime syrien - qui, jusqu'à preuve du contraire, est reconnu par l'ONU - regagne du terrain au plan militaire, ce qui rend, selon lui, «plus difficile l'organisation et le succès d'une conférence internationale de paix sur la Syrie». Ce qui laisse entendre que le régime syrien n'avait pas le droit de se défendre dès lors que ces puissances en ont décidé ainsi. C'est pourtant, ce même diplomate britannique qui, plutôt que de condamner l'agression caractérisée d'Israël, contre la Syrie (le 5 mai dernier), lui trouve une justification et estime - le comble - qu'il «fallait respecter» la décision d'Israël de «protéger sa sécurité». Israël a le droit de protéger sa «sécurité» pas la Syrie attaquée par des rebelles soutenus par la Grande-Bretagne, armés et financés par les monarchies et les puissances influentes occidentales. C'est cela le «nouvel ordre» mondial ?
L'Expression

mercredi 12 juin 2013

Syrie après la bataille de Qousseyr : En finir avec l’hypocrisie !...Dès le début du conflit syrien, les groupes armés venus de plusieurs régions du monde participent à une guerre contre la Syrie et son peuple ! Tout ce « beau monde » ne peut être pris pour une « intervention étrangère », seul le Hezbollah l’est.

Le projet américano-sioniste pour la région ne passera pas, n’en déplaise à tous les propagandistes de l’axe américano-sioniste !

Depuis près de deux semaines, soit depuis que le secrétaire général du Hezbollah, sayyid Hassan Nasrullah, a déclaré que la résistance islamique participera à la guerre en Syrie, et plus précisément dans la région syrienne frontalière de la Bekaa, le Hezbollah ne serait plus qu’une « officine iranienne », qui exécute l’agenda iranien dans la région, tout comme il ne serait plus un parti de résistance, mais juste une milice, shi’ite de surcroît, utilisée pour combattre les sunnites syriens, et même le sunnisme en général. La lutte contre l’ennemi sioniste n’aurait été qu’un épisode accidentel dans le parcours de ce parti. Ces mêmes voix s’indignent de ce qu’ils considèrent comme une « intervention étrangère » dans le conflit syrien, qui risque semble-t-il, d’élargir le champ du conflit vers le Liban et la région.
C’est grosso modo ce qu’on peut lire dans certains articles, certaines lettres et déclarations de musulmans, arabes et non arabes, ou même de non musulmans, arabes ou non arabes. Une large propagande est lancée, surtout après le discours du sayyid le 25 mai dernier, pour discréditer le Hezbollah, devenu, surtout après la résistance contre la guerre criminelle sioniste, un des principaux mouvements de résistance au sionisme et son allié, l’impérialisme.
Lors de son discours, sayyid Nasrullah a bien expliqué le pourquoi de son intervention et la limite de celle-ci, disant qu’il s’avère de plus en plus, avec le développement du conflit syrien, que c’est la résistance islamique qui est visée, le but étant d’anéantir tout ce qui peut représenter une résistance au sionisme et à l’impérialisme dans la région. Ce qui oblige la résistance à protéger son existence. D’autre part, les bandes armées rebelles ne cessent, depuis plus d’un an, de bombarder des villages frontaliers et les quelques villages syriens frontaliers habités depuis des décennies par des Libanais, sont la cible de ces bandes armées. Ni l’Etat libanais, ni l’armée libanaise, ne protègent ces villages et villageois. Ce qui a nécessité l’intervention du Hezbollah.
Ce discours n’a été ni entendu, ni compris par ceux qui ne veulent ni entendre, ni comprendre car il est vrai qu’à un certain stade, on ferme les yeux et on se bouche les oreilles, pour ne pas avoir à réfléchir, à hésiter, à peser les choses, étant donné la complexité et les enjeux de la situation. Dès le début de la crise syrienne, dès les premières manifestations, avant même que le Hezbollah ne prenne position ou se prononce, des manifestants ont levé des pancartes hostiles au parti et lancé des slogans contre l’Iran et le Hezbollah. Ce qui ne s’était passé ni en Egypte, ni en Tunisie, à ma connaissance. Ce fut un signe avant-coureur, pas plus. Mais quelques mois après, des dizaines, puis des centaines, puis des milliers de musulmans venus d’Europe (France, Grande-Bretagne, Belgique et Allemagne entre autres) et de pays arabes (Tunisie, Libye, Yémen, Arabie saoudite, Qatar, Egypte, et Liban, entre autres) et musulmans (Tchétchénie, Caucase, Turquie entre autres) ont débarqué pour lutter, non seulement contre le régime syrien, mais contre le peuple syrien et la Syrie en tant que pays arabe, pour instaurer un émirat islamique.
Les déclarations d’un ministre britannique craignant le retour au pays de ces « combattants » expérimentés, la crainte des pouvoirs tunisiens et les négociations entre la Tunisie révolutionnaire et le régime syrien pour le rapatriement de ces « égarés », qui ont abandonné familles, femmes et enfants parfois, répondant à l’appel de quelques « illuminés », ont été ignorés. Et les Tchétchènes, pardi ! Ils sont également en Syrie, pour combattre « au nom de Dieu » tout le tissu social syrien, que chrétiens et musulmans, kurdes et arabes, ont forgé depuis des millénaires sur la terre syrienne. Les Tchétchènes kidnappent deux dignitaires religieux chrétiens à Alep, mais qui s’en émeut ? Une dizaine de Libanais sont otages depuis plus d’un an d’un groupe armé, et sont devenus un enjeu politique inter-libanais et inter-régional, la Turquie et le Qatar, Saad Hariri et ses amis fixent les enchères de leur remise en liberté, pendant qu’al-Jazeera (la chaîne qatarie) s’amuse à jouer les intermédiaires. De quelle « révolution » parlons-nous ? Depuis quand le peuple syrien porte-t-il ces « valeurs » barbares ?
Tout ce « beau monde » ne peut être pris pour une «  intervention étrangère », seul le Hezbollah l’est. L’intervention politique et médiatique, l’envoi de matériel militaire et d’équipements sophistiqués, l’envoi des services de renseignements, souvent par journalistes interposés, par les Etats-Unis, la France, la Grande-Bretagne, la Turquie, le Qatar, l’Arabie saoudite ne sont pas des «  interventions étrangères », seule la présence de combattants du Hezbollah l’est ! Et sans parler du financement de ces rebelles !!!
Les hôpitaux de terrain ouverts dans la ville de Tripoli au nord, pour accueillir les combattants blessés, syriens et autres, le retour des cercueils de « combattants » libanais, enrôlés pour cette guerre, il y a plusieurs mois, les multiples accrochages à la frontière entre l’armée syrienne et les bandes armées venant du Liban, comprenant d’ailleurs toutes sortes de nationalités, tout cela ne peut être considéré comme une participation du Liban à la guerre en Syrie, l’aéroport et les ports d’où débarquent des centaines d’étrangers, avant de se rendre en Syrie, n’est pas une intervention du Liban dans la guerre en Syrie. Il a juste suffi que le Hezbollah annonce qu’il mènera une bataille précise, en expliquant pourquoi, pour que les médias, les politiques, la Ligue arabe, les Etats-Unis et l’ONU se déclarent effarés et crient « au loup » ! puisque le Hezbollah serait en train, d’après eux, d’entraîner le Liban dans le conflit syrien, comme s’il n’y était pas, en plein, depuis le commencement. Que les Libanais le disent, cela fait partie du jeu politique, où toute déclaration peut être comprise à dix niveaux différents. Mais que la Ligue arabe, l’ONU, et toute la clique nauséabonde de l’impérialisme se mette à pérorer sur la participation du Hezbollah ! L’hypocrisie est à son comble !
Dès le début du conflit syrien, les groupes armés venus de plusieurs régions du monde participent à une guerre contre la Syrie et son peuple ! L’opposition politique, qu’elle soit interne ou externe, ne contrôle rien et n’a aucune prise sur la situation. Certes, il y a une opposition financée par le Qatar et soutenue par la France, qui aboie et menace, qui encourage les rebelles armés mais s’en désolidarise lorsqu’il faut présenter ses lettres de créances à l’Union européenne, afin de recevoir des armes et des sous. C’est cette opposition qui applique les directives du sheikh sénile, basé à Qatar, qui a fait appel aux Etats-Unis pour bombarder et finalement détruire la Libye puis à présent, la Syrie, et qui ose lancer l’anathème contre des confessions musulmanes, différentes de la sienne. Pour toute cette mouvance, le Hezbollah serait une officine iranienne, puisqu’il est pour « Wali al-Faqih », alors qu’il n’ont rien compris, ni au « wali al-Faqih » ni au Hezbollah ! Il faudrait lire ou entendre ces sheikhs ou écrivains pour réaliser l’ignorance crasse dans laquelle ils veulent nous plonger et dans laquelle ils se complaisent ! Et les « spécialistes » en politique, religion, Iran, Syrie, mouvements islamiques, et tout ce qui s’ensuit, des chaînes françaises n’ont rien à leur envier. La compétition est lancée pour savoir qui peut niveler au plus bas la conscience des musulmans et des arabes. D’après cette mouvance, qui a fermé les yeux et qui s’est bouché les oreilles, l’Iran serait l’ennemi. C’est de nouveau le persan, le shi’ite, le « majous », l’ennemi, mais des musulmans ? Pas seulement, il serait l’ennemi des Arabes, puisque le nouveau discours joue sur la corde de l’arabité, qu’ils viennent de découvrir, à Qatar et ailleurs. Qatar, ou l’Arabie saoudite, comme chantres de l’arabité ? Il faut vraiment être acculturé pour y croire.
Et al-Qussayr, alors ? Al-Qussayr, ville syrienne très modeste, est devenue du jour au lendemain le « Stalingrad » des groupes armés rebelles. Il est vrai qu’ils y avaient installé des milliers de combattants et leurs familles, que c’était une place-forte de liaison et d’accueil pour les groupes armés venant du Liban. Elle fut fortifiée pour être le lieu d’où partent les attaques sur la région de Damas, vers le sud, et vers le nord. Au-delà de l’importance accordée par les rebelles à cette ville, parce qu’ils y ont accumulé les armes et creusé les tunnels, sa prise par l’armée syrienne signifie aussi qu’elle peut désormais couper la voie aux armes et aux groupes armés en provenance du Liban, ce qui explique d’ailleurs toute cette propagande mensongère et hypocrite des cercles de l’impérialisme. Dès les premiers jours de cette bataille, l’armée syrienne avait ouvert un « corridor » pour la sortie des civils, à peine quelques centaines. Ensuite, il n’y eut que des combattants et leurs pertes furent très lourdes, en humains et en matériels. Ils ont aussi perdu la ville, et toutes les possibilités qui y étaient offertes.
De nouveau, les mensonges et la propagande. Certains ont voulu nous faire croire à des massacres. Qui fut massacré ? Des civils ? non. Il n’y en avait presque plus.
Des combattants armés, dont certains peuvent être anthropophages et prêts à mâcher le cœur et le foie de leurs ennemis, en direct sur les écrans des télévisions ? Oui. Les combattants furent défaits et plusieurs centaines, semble-t-il, ont trouvé la mort.
D’autres, blessés, furent convoyés vers les hôpitaux au Liban, après que le politicien Joumblatt ait demandé un geste au Hezbollah pour qu’il autorise leur transfert. Cela fut fait, et plusieurs de ces combattants sont des Libanais. Parler de massacres signifie nécessairement qu’il s’agit de civils, mais est-ce que ces combattants, qu’ils soient syriens, tchetchènes, qataris ou autres, n’ont-ils pas choisi la voie armée pour lutter contre la Syrie, son régime et son peuple ? Ne faut-il pas plutôt dénoncer ceux qui les ont envoyés par des fatwas enflammés (les sheikhs qui lancent l’anathème), les financeurs, les livreurs d’armes, les supports politiques et médiatiques, avant de dénoncer le Hezbollah, rendu à présent responsable de ces morts ? Le Hezbollah n’a fait que se défendre, défendre sa présence et le maintien de sa force, nécessaire pour affronter l’ennemi sioniste. Cette bataille ne fut pas la sienne, dans le sens où il y a été entraîné. Mais il l’a menée avec honneur, comme toutes les batailles qu’il mène. La propagande ennemie, qu’elle soit diffusée par des Arabes, musulmans ou autres, n’y changera rien. Le projet américano-sioniste pour la région ne passera pas, n’en déplaise à tous les propagandistes de l’axe américano-sioniste !
Rim al-Khatib