samedi 9 mars 2013

Hugo Chavez, l’enfant pauvre de Sabaneta. (La Jornada)...qui a juré de ne pas trahir son enfance de privations et de précarité,


Hugo Chávez fut un personnage en chair et en os sorti du roman le plus fantastique de Gabriel García Márquez. Enfant pauvre de Sabaneta (capitale de l’état de Barinas) qui a juré de ne pas trahir son enfance de privations et de précarité, a appris très tôt à semer et à vendre des friandises. Fils d’instituteurs qui a grandi avec sa grand-mère Rosa Inés et deux autres de ses frères, il a vécu dans une maison en palmes, au mur et sol en terre, qui était inondée par la pluie. Enfant qui rêvait d’être peintre et qui portait dans l’âme le rêve de jouer au base-ball dans les Grandes Ligues, il s’est nourri toute sa vie de ses origines humbles.
De la main de sa grand-mère, qu’il nommait Maman Rose, il a appris à lire et à écrire avant d’entrer à l’ école primaire. À ses côtés, il a appris sur les injustices de ce monde et a connu l’étroitesse économique et la douleur, mais aussi la solidarité. De ses lèvres, une narratrice extraordinaire, il a reçu ses premières leçons d’histoire de la patrie, mélangée à des légendes familières.
L’enfant Hugo Chávez a voyagé par le monde à travers les illustrations et les histoires qu’il a lues dans les quatre grands et gros tomes de l’Encyclopédie Autodidacte Quillet, cadeau de son père. A la fin de la primaire, il fut choisi pour faire un discours à l’évêque González Ramírez, le premier à arriver jusqu’à son village. Depuis ce temps-là, il a trouvé le goût de parler en public et les autres, l’intérêt de l’écouter.
Son idole fut Isaías Látigo Chávez, pítcher dans les Grandes Ligues. Il ne l’a jamais vu, mais il l’imaginait après avoir écouté les matches à la radio. Le jour où son héros est mort dans un accident d’avion, le monde est tombé sur le jeune Hugo, âgé de 14ans.
Pour être comme el Látigo, le garçon de la forêt est rentré dans l’armée. Grâce à ses qualités de joueur de base ball, on lui a ouvert les portes de l’Académie Militaire en 1971. Quatre ans après, il fut diplômé comme sous-lieutenant et obtient une licence en sciences et arts militaires, avec un diplôme en contre-insurrection, avec une boussole qui marquait comme nord, la direction du chemin révolutionnaire.
Sa prise de conscience fut un processus long et complexe, dans lequel se sont combinés des lectures clés et une connaissance de personnages, et événements politiques de l’Amérique Latine. Dans un des épisodes de réalisme magique qui ont marqué sa vie, en 1975, lors d’une opération le sous-lieutenant Chávez a trouvé à la Marqueseña, Barinas, une Mercedes Benz noir cachée dans la forêt. Après avoir ouvert le coffre avec un tournevis, il est tombé sur un arsenal subversif composé de livres de Karl Marx et de Valdimir Ilich Lénine, qu’il a commencé à lire.
Quant à ce qui a contribué à forger ses attitudes politiques, son frère ainé Adam a eu une influence décisive, comme militant du Mouvement de Izquierda Révolutionnaire (MIR). De même sa participation à une expérience éducative des forces armées appelée Plan Andrés Bello, destinée à proposer aux militaires une formation humaniste. De la même manière, dans son éducation politique, clef fut la découverte de Simon Bolívar et la voracité intellectuelle de Chavez l’a conduit à lire tout document trouvé sur la biographie et la pensée du Libertador. Plus tard, l’influence de Fidel Castro, qu’il a traité comme s’il était son père, sera définitive.
Le renversement de Salvador Allende en 1973 a provoqué chez lui un grand mépris envers les militaires de l’acabit d’Augusto Pinochet, si répandus en Amérique Latine. Au contraire, la connaissance de l’œuvre du panaméen Omar Torrijos et du Péruvien Juan Velasco Alvarado lui a montré l’existence d’un autre type de forces armées à vocation nationaliste et populaire, si différentes des gorilles formés à l’École des Amériques.
Rebelle devant le manque de respect, il a découvert en service les abus et la corruption de ses dirigeants, et comme il a pu , il les a combattu. « Je suis venu au Palais pour la première fois – racontait Chavez – chercher une caisse de whisky pour la fête d’un officier ». Pour les bouger, lors l’anniversaire de la mort de Simon Bolívar en 1982, un petit groupe de memebres du corps militaire, parmi lesquels se trouvait Chavez, a fait le serment de Samán de Güere, dans lequel ils ont fondé le Mouvement Bolivariano Revolucionario 200 (MBR200).
Presque sept ans plus tard s’est produit un soulèvement spontané des quartiers pauvres du Caracas contre les mesures d’austérité du gouvernement de Carlos Andrés Pérez. Le « Caracazo » a été étouffé à feu et à sang. La rébellion populaire a donné une grande impulsion au mouvement des militaires bolivariens.
En 1992, Chávez et ses compagnons se sont soulevés en armes. L’émeute a échoué et Chavez est allé en prison. Il a assumé la responsabilité face aux médias. Sa popularité et son ascendance politique furent à partir de ce moment-là en hausse. Après être sorti libre, sa présence politique a vite progressé face à la déroute du système politique traditionnel. Lors des élections présidentielles de 1998 il a triomphé avec 56 % des votes. À partir de ce moment, personne n’a pu l’arrêter. À plusieurs reprises, il a gagné presque tous les élections et les referendums auxquels il a participé, et aussi il a miraculeusement survécu à un coup d’État et à une grève pétrolière.
Tout au long des presque 20 ans qu’il a dirigé l’État vénézuélien, le lieutenant colonel a refondé son pays, il l’a décolonisé, il a rendu les invisibles visibles, il a redistribué la rente pétrolière, il a combattu l’analphabétisme et la pauvreté, il a incroyablement élevé les indicateurs de santé, il a augmenté le salaire minimum et il a fait progresser l’économie. En même temps, dans la cour internationale, il a renforcé le pôle des pays pétroliers sur les grandes compagnies privées, il a fait déraillé le projet d’une aire de libre-échange pour les Amériques, l’ALCA, poussé depuis Washington, et a créé un projet alternatif d’intégration continentale et il a établi les bases pour un socialisme en accord avec le nouveau siècle.
Hugo Chávez fut un communicateur formidable, un conteur infatigable d’histoires, un éducateur populaire. Ses récits, hérités des contes que Maman Rose lui offrait dans son enfance, qui mélangeaient histoire de la patrie, lectures théoriques, anecdotes personnelles, souvent au temps présent. Dans tous, le sens de l’humour était présent. « Si ta femme te demande de te jeter par la fenêtre – il jouait le comique – il est temps que tu déménages au rez-de-chaussée... »
Ses narrations suivaient le modèle classique des sonates musicales, où deux thèmes en contraste se développent dans des tonalités voisines. Dans ses discours il recourait de la même façon à la poésie et au chant. « Je chante très mal – se justifiait il – mais, comme l’a dit cet habitant de los llanos, Chávez chante mal, mais il chante joli », pour, ensuite, interpréter une chanson villageoise ou une ballade.
Anti-impérialiste, anti-néolibéral, il a commencé par faire le miracle de construire les fondations de l’utopie dans un pays qui imaginairement était plus près de Miami que de La Havane. Un llanero pur jus, affabulateur infatigable, Chavez a rêvé de revivre l’idéal socialiste quand très peu voulaient en parler . Et il l’a fait, pour ne jamais trahir son enfance d’enfant pauvre de Sabaneta.
Luis Hernández Navarro
La Jornada. Mexique, le 6 mars 2013
Source traduction : http://www.elcorreo.eu.org/Hugo-Chavez-l-enfant-pauvre-de-Sabaneta?lang=fr#forum815
TRADUCTION : Estelle et Carlos Debiasi pour El Correo
Source originale : http://www.jornada.unam.mx/ultimas/2013/03/06/101329003-hugo-chavez-el-nino-pobre-de-sabaneta
URL de cet article 19671

vendredi 8 mars 2013

Hugo Chavez Maudit sois-tu, Etat d'Israël ! Maudit sois-tu, terroriste et assassin! Vive le peuple palestinien

Hugo Chavez, fervent défenseur de la création d'un État palestinien, est également l'un des dirigeants les plus critiques à l'égard de la politique des États-Unis.
 
 
"Maudit sois-tu, Etat d'Israël", a lancé le président vénézuélien Hugo Chavez hier au cours d'une cérémonie publique où il a une nouvelle fois condamné l'assaut israélien meurtrier contre un bateau turc d'une flottille humanitaire internationale en route pour Gaza.

"Maudit sois-tu, Etat d'Israël! Maudit sois-tu, terroriste et assassin! Vive le peuple palestinien", a dit le chef de file de la gauche radicale latino-américaine, qui a rompu ses relations avec l'Etat hébreu en janvier 2009 en réaction à l'offensive israélienne contre la bande de Gaza.

M. Chavez a également critiqué la réponse, trop mesurée à son goût, du gouvernement américain qui s'est dit "préoccupé". "Comme c'est Israël, tout est permis", a-t-il commenté lors de cette cérémonie retransmise par la télévision officielle.

"Le gouvernement (du président américain Barack) Obama condamne le terrorisme systématiquement sauf quand il est commis par lui-même ou l'un de ses alliés, Israël. Ils nous accusent de parrainer le terrorisme (alors que) ce sont eux qui parrainent le terrorisme", a-t-il ajouté.

Chavez, pour mémoire : La Révolution ne sera pas télévisée (Documentaire 64 mn)


 
Documentaire diffusé sur Arte en 2004, réalisé par Kim Bartley et Donnacha O’Briain.
En avril 2002, alors que deux réalisatrices irlandaises préparent un documentaire sur Hugo Chavez, elles vivent en direct du palais présidentiel le coup d’État conduit par les propriétaires de chaînes privées, les cadres des compagnies pétrolières et une poignée de dirigeants militaires soutenus par les USA, l’Espagne, la Colombie et le Salvador. Mémorable...

jeudi 7 mars 2013

(Documentaire vidéo) 96 mn - Hugo Chavez... qui est-il vraiment ?

Ce documentaire argentin, diffusé à travers toute l'amérique latine en février 2010, retrace la vie du Président vénézuélien Hugo Chavez, depuis son enfance jusqu'à la rébellion du 4 février 1992.

Après la mort de Chavez, je rêve...Moi, simple citoyen des classes populaires, aujourd’hui, je rêve d’être à mon tour victime d’un affreux clientélisme électoral.

Avec la mort de Hugo Chavez, les médias m’ont appris que créer des programmes sociaux pour les plus pauvres, éradiquer l’analphabétisme dans son pays ou augmenter le salaire minimum de 30% n’étaient en fait que des pratiques clientélistes, et n’avaient d’autre visée que de remplir les urnes de bulletins de vote à son nom.
Moi, simple citoyen des classes populaires, aujourd’hui, je rêve d’être à mon tour victime d’un affreux clientélisme électoral.
Je rêve qu’un président de la République sans morale propose de garantir une réelle sécurité sociale gratuite pour tous et augmenter les effectifs des personnels soignants des hôpitaux, osant déclarer au peuple crédule que « la santé, ça n’a pas de prix ».
Je rêve qu’un président de la république, dans l’irrespect total de toute logique économique pure, interdise les licenciements dans les entreprises faisant des bénéfices et refuse le dialogue social avec le patronat qui consiste en l’imposition inévitable de la flexibilité pour « sauver les emplois », dans l’unique but de flatter les bas instincts du peuple au temps libre et aux loisirs.
Je rêve qu’un président de la République, sans tenir compte de la rationalité indubitable des agences de notation et du FMI, augmente le SMIC et plafonne les hauts revenus, avec l’objectif fallacieux de plaire à l’électorat le plus pauvre.
Je rêve qu’un président de la République irresponsable augmente, contre toute logique comptable de « bon père de famille », le nombre d’enseignants, dans le dessein incroyablement machiavélique de préparer le vote futur de nos enfants.
En somme, dans ce monde à l’envers où, comme dirait Eduardo Galeano, les mots ne veulent dire que leur contraire, je rêve qu’un affreux clientélisme menace les bases mêmes de notre « démocratie ».
La dernière fois que cela fut fait, on avait appelé ça le « Conseil National de la Résistance », il paraît.
Gwendal Evenou
URL de cet article 19660

mercredi 6 mars 2013

Hugo Chavez est mort,...on ne pourra qu’apprendre cette nouvelle avec tristesse.

Hugo Chavez est mort, et si on a le coeur à gauche ou si on partage les idéaux d’émancipation ou de justice sociale qui ont été les siens, on ne pourra qu’apprendre cette nouvelle avec tristesse.

Après tout il n’y a pas beaucoup de chefs d’État en Amérique latine ou ailleurs qui ont été capables, avec autant d’acharnement et de passion, de s’attaquer aux si inégales conditions sociales et économiques qui encore en 1998 faisaient qu’au Venezuela, 49% de la population vivaient sous le seuil de pauvreté, et 21% en état d’extrême pauvreté. En 2012 : après 14 ans de révolution bolivarienne, ces taux ont été ramenés respectivement à 27 et 7%. Ce n’est pas rien, surtout en cette ère néolibérale où presque partout ailleurs, on ne parle que de privatisations, de libéralisation des échanges et partant d’accroissement des inégalités, de coupures dans les programmes sociaux ou de dégradation des conditions de vie. Il faut le dire : il y avait quelque chose de l’exploit à opter pour le chemin inverse : celui de renforcer l’État, ou de redistribuer la rente pétrolière vers les secteurs populaires depuis toujours marginalisés, en leur redonnant au passage dignité, ou encore de s’opposer d’arrache-pied aux si nombreuses intromissions étasuniennes.
On comprendra donc que sa disparition secouera toute l’Amérique latine et inquiétera ces pays qui –comme Cuba, La Bolivie et l’Équateur—avaient chacun à leur manière des liens privilégiés avec le Venezuela bolivarien, profitant sans doute des échanges pétroliers effectués avec lui, mais aussi et surtout de cette volonté politique commune de faire entendre la voix d’une Amérique latine unie, capable d’échapper enfin à la tutelle impériale des USA et de s’orienter pas à pas vers un autre mode de développement “sud/sud, moins soumis aux logiques perverses de la dépendance et de l’échange inégal.
Sans doute, il y a aussi des côtés moins lumineux dans cette expérience de transformation sociale absolument inédite, et Hugo Chavez n’y est pas totalement étranger. Mais on ne peut les juger en toute justice sans tenir compte du lourd héritage qu’il a dû assumer : celui d’un pays où le pétrole est autant un cadeau qu’une malédiction ; celui d’une société longtemps désarticulée et dans laquelle n’existait pas de tradition de mouvements sociaux forts et indépendants. Et sans doute certains ne manqueront pas de stigmatiser le caractère personnaliste de sa gouvernance (son “hyperleadership” !) ou les dimensions erratiques ou inachevées de bien des réformes qu’il a parrainées. Mais ces critiques, à bien y regarder, sont d’abord du ressort de ceux qui comme lui ont aspiré –loin du capitalisme néolibéral— à “un autre monde possible”, et continuent à lutter pour qu’il devienne réalité à travers plus de justice, de liberté et de dignité pour les peuples. C’est à eux que revient la tâche d’en faire le bilan intransigeant et d’aller plus loin ! Quant à lui, rendons-lui pour l’instant ce qui lui revient : cette farouche volonté d’avoir –au milieu de tant d’adversités—initié puis rendu possible un tel espoir.
Pierre Mouterde
Source : PRESSE-TOI A GAUCHE


Hugo Chavez : l’homme qui a donné vie à tout un peuple et à tout un continent.....QUE CHAVEZ VIVE DANS LE CŒUR ET L’ESPRIT DE TOUS LES PEUPLES

Hugo Chavez le porte-parole des pauvres, des déshérités des laissés pour compte, des exploités,..
 

Il y a moins de 40 minutes, le 5 mars 2014, à 16 h 35, Hugo Chavez s’est envolé vers le Nazaréen, celui qui l’aura inspiré durant toutes ces années de luttes et de solidarité au service d’un peuple et de tout un Continent.
Véritable Bolivar des temps modernes, son action s’inscrivit dans le cadre de la seconde indépendance du Venezuela, son indépendance économique et politique, et dans celle du réveil de tous les peuples de l’Amérique latine et des Caraïbes, les unissant tous dans la poursuite d’un destin commun. (CELAC)
Celui qui a su se faire le porte-parole des pauvres, des déshérités des laissés pour compte, des exploités, celui qui a allumé en ces derniers la flamme de la dignité, de la confiance, de la solidarité, du courage, celui qui a défié les forces oligarchiques et impériales, celui pour qui les peuples du monde ont prié et qui pleurent aujourd’hui son décès, aura réussi à enraciner son rêve dans le cœur et dans l’âme de dizaines de millions de Vénézuéliens et de Latino-américains.
Seuls, ses adversaires, ces oligarchies qui passèrent des années à puiser à pleine main dans les coffrets de l’État pour gonfler leurs fortunes et les États-Unis d’Amérique qui y trônaient en empereur pour disposer des immenses richesses pétrolières, se réjouissent de son décès.
À ces derniers, il faut ajouter tous ces professionnels de l’information qui se sont prêtés honteusement à couvrir les centaines de machinations mises en place pour faire disparaître cet homme au destin surhumain. Nos médias n’y échappent pas, tout comme nos politiciens serviles à Washington.
Avec la mort d’Hugo Chavez, ce sont des millions de Chavez, que ses adversaires auront devant eux. Ils réaliseront qu’il y a maintenant un peuple, une patrie et un Continent qui sont devenus conscience, dignité, courage, solidarité. Si pendant des décennies les maîtres du monde ont tué des hommes, des femmes et des enfants, dans l’indifférence des peuples, aujourd’hui, leurs armes ne sauraient atteindre cette conscience, élevée au niveau d’un continent et de nombreux peuples à travers le monde.
QUE CHAVEZ VIVE DANS LE CŒUR ET L’ESPRIT DE TOUS LES PEUPLES
Oscar Fortin
Québec, le 5 mars 2013
http://humanisme.blogspot.com
URL de cet article 19634