dimanche 24 février 2013

SYRIE : Une force populaire de contre-guérilla...Pour emporter la victoire, l’Armée arabe syrienne doit réussir là où les jihadistes ont échoué : se mouvoir « dans la population comme un poisson dans l’eau ».

Dans la guérilla, la victoire appartient à celui qui est soutenu par la population. C’est pourquoi la Syrie vient de se doter de milices populaires pour tenir en échec les Contras soutenus par l’Occident et des monarchies du Golfe. En trois mois, le résultat est spectaculaire : les zones où ces milices locales ont déjà été constituées sont stabilisées.
 

A l’issue de deux ans de combats, il est clair que l’Armée arabe syrienne, conçue pour défendre le territoire en cas de guerre conventionnelle, n’est pas en mesure de stabiliser le pays tout en poursuivant sa tâche première. Elle a vaincu sans difficultés les jihadistes chaque fois qu’ils se sont regroupés, mais elle n’a pas la capacité de combattre une guérilla mouvante qui compense son faible encrage populaire par une puissante aide logistique étrangère.
En définitive, la Syrie s’est résolue à adopter une nouvelle stratégie qui a fait ses preuves partout dans le monde lorsqu’une telle situation se présentait : la création de milices populaires permettant aux gens d’assurer la défense de leur village ou de leur quartier qu’ils sont les seuls à bien connaître. Cette « Armée de défense nationale », dont les membres sont issus des Comités populaires, est bien entendu rattachée à l’Armée arabe syrienne et il faut avoir effectué son service militaire pour pouvoir la rejoindre.
Mao Zedong expliquait que pour vaincre, une guérilla doit évoluer « dans la population comme un poisson dans l’eau ». Or, l’Armée syrienne libre s’en est montrée incapable. Dès qu’elle contrôle une zone, elle commet des exactions et les habitants se révoltent contre elle.
Pour emporter la victoire, l’Armée arabe syrienne doit réussir là où les jihadistes ont échoué : se mouvoir « dans la population comme un poisson dans l’eau ». Bien qu’issue de la population, puisque c’est une armée de conscription, elle ne peut y parvenir seule car son organisation nationale la coupe des réalités locales. Elle doit donc s’appuyer sur une force intermédiaire qui lui serve d’interface avec la population locale, dans chaque village et chaque quartier.
Par ailleurs, l’Armée de défense nationale est soumise à une stricte discipline. Armes et uniformes ne sont remis qu’à des volontaires, jeunes hommes et jeunes femmes, triés sur le volet. Il s’ensuit que les gros bras enrôlés ici et là par des élus locaux, pour assurer la sécurité comme ils le pouvaient, doivent rejoindre cette milice ou rentrer chez eux. Ainsi, dès que l’Armée de défense nationale est organisée dans un village ou un quartier, les éventuels abus commis par ces gros bras cessent. Le phénomène des Shabihas disparaît.
Au Proche-Orient, l‘exemple qui vient immédiatement à l’esprit est le Basij-e Mostaz’afin iranien, qui a déjà servi de modèle au Hezbollah libanais. Téhéran, qui refuse d’impliquer ses Gardiens de la Révolution sur le territoire syrien, a accepté de recevoir des recrues de l’Armée de défense nationale et de les former. Ce n’était pas évident, car les Iraniens ont du s’adapter à des recrues qui ne sont que rarement chiites et n’ont absolument pas l’intention de se convertir.
C’est un événement qui modifie profondément la donne géopolitique régionale. D’une part parce que cette force paramilitaire a rapidement stabilisé les villages et quartiers où elle est déjà implantée, et surtout parce que désormais le Basij et le Hezbollah se retrouvent avec un petit frère, ayant la même formation qu’eux, mais étant mixte et multiconfessionnel ; éduqué dans l’esprit laïque du Baath et non pas dans celui de la Révolution islamique.
Alors que l’un des objectifs principaux de la guerre voulue par les Occidentaux contre la Syrie était d’installer au pouvoir un gouvernement qui rompe avec le Hezbollah et l’Iran, comme l’avait lui-même reconnu Burhan Ghalioun dans un entretien au Wall Street Journal, c’est l’effet inverse qui est obtenu. La résistance commune conduit à resserrer ce bloc malgré les différences religieuses et politiques.
Il y huit mois, Sayyed Hassan Nasrallah a révélé que durant la guerre de 33 jours, le ministre de la Défense syrien de l’époque, le général Hassan Tourekmani, supervisait personnellement au Liban le déploiement des armes de la Résistance. Puis il a déclaré que le Hezbollah ne laisserait pas tomber ses frères d’armes de l’Armée arabe syrienne au cas où il adviendrait qu’ils soient en difficulté. La création de l’Armée de défense nationale va surement renforcer cette alliance par des liens humains étroits au-delà des choix politiques.
Thierry Meyssan

samedi 23 février 2013

SYRIE - La défaite américaine face à Bachar al-Assad....L’empire américain a perdu sa guerre contre Assad et contre la Syrie et se prépare à accepter le mécanisme de fin de la violence proposé par le président syrien.

Qui a mobilisé ces terroristes du monde entier pour les envoyer en Syrie ?
Qui a ordonné à la Turquie, au Qatar, à l’Arabie saoudite, à la Libye et au Courant du futur libanais d’offrir argent, armes, entrainement, soutiens logistiques et couverture politique et médiatique aux groupes takfiristes ?
N’est-ce pas l’Amérique ?
Quel est le secret de ce revirement ?

La semaine dernière a été marquée par une série d’indices illustrant un changement fondamental dans le discours politique et médiatique américain sur la Syrie, en prélude à un aveu franc de l’échec du plan de Washington dans ce pays, qui devrait apparaitre après le sommet russo-américain.
Ainsi, Washington a sciemment fait savoir que le président Barack Obama avait rejeté un plan d’armement des rebelles syriens présenté par Hillary Clinton, David Petraeus et Leon Panetta, qui ont été remplacés dans le nouvelle administration. Ce trio dirigeait la guerre universelle menée contre la Syrie dans les domaines sécuritaire, militaire et économique. Le nouveau secrétaire d’Etat, John Kerry, a mis l’accent dans ses déclarations sur la nécessité de trouver un règlement politique à la crise à travers des négociations entre les oppositions et l’Etat national syrien, dirigé par son président Bachar al-Assad. Kerry a préparé le terrain à une éventuelle rencontre avec Assad dans plusieurs déclarations faisant état d’"idées" susceptibles de convaincre le dirigeant syrien de négocier avec ses détracteurs. Il est important de souligner que l’initiative proposée par le président Assad le 6 janvier dernier est la seule initiative sérieuse pour organiser le dialogue et le partenariat avec l’opposition. Toutefois, le chef de la diplomatie américaine semble vouloir préparer son opinion publique et les gouvernements de la région à la scène dont il rêve mais qu’il ne lui sera pas facile de concrétiser : un photo le montrant en train de présenter ses respects au dirigeant de la Syrie, en sa qualité de secrétaire d’Etat américain. Un dirigeant que les Américains ont cru à un certain moment pouvoir renverser.
Tous ceux qui suivent de près les développements de la crise syrienne ne peuvent qu’être écœurés de l’attitude trompeuse et hypocrite des Etats-Unis, qui ont déversé ces derniers jours -via la Maison Blanche, le Pentagone et le Département d’Etat- un flot de déclarations sur le fait que le Front qaïdiste al-Nosra constitue la principale source de danger menaçant la sécurité du monde arabe et des pays occidentaux. Qui a mobilisé ces terroristes du monde entier pour les envoyer en Syrie ? Qui a ordonné à la Turquie, au Qatar, à l’Arabie saoudite, à la Libye et au Courant du futur libanais d’offrir argent, armes, entrainement, soutiens logistiques et couverture politique et médiatique aux groupes takfiristes ? N’est-ce pas l’Amérique ? Quel est le secret de ce revirement ?
Certainement pas un éveil de la conscience américaine. C’est tout simplement l’échec du plan occidental contre la Syrie devant la résistance tenace et acharnée du peuple et de l’armée syrienne et de leurs alliés dans la région et dans le monde ; devant la détermination inébranlable de Bachar al-Assad qu’ils n’ont pas réussi à briser et qui se prépare dores et déjà à une nouvelle victoire historique après ses succès en Irak, dans la guerre de juillet 2006 au Liban et à deux reprises à Gaza en 2008 et 2012.
L’empire américain a perdu sa guerre contre Assad et contre la Syrie et se prépare à accepter le mécanisme de fin de la violence proposé par le président syrien. C’est-à-dire que Washington va être contraint, dans un proche avenir, de mettre en œuvre des engagements portant sur l’arrêt de l’armement et du financement des groupes terroristes par ses Etats auxiliaires dans la région.
C’est à ce moment là que les vrais problèmes de ces Etats vont commencer.
Ghaleb Kandil
http://www.neworientnews.com/news/fullnews.php?news_id=89251
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mercredi 20 février 2013

Adieu ma Grèce : Exil du chaos...Je laisserai la terre que j’ai aimée pour la première fois...et que je croyais ne jamais quitter.

Je viens de terminer, bouleversée, la lettre d’une amie grecque que Marie-Laure Veilhan vient de nous transmettre sur son blog Mediapart. Je vous la transmets à mon tour. Faites la circuler autant que vous le pouvez. Il faut que cette lettre reste lettre vivante.
Ce dont elle parle, nous l’avions appris par bribes, mais de le retrouver ici vécu dans un adieu au pays et savoir qu’un jour, peut-être bientôt, elle et nous serons obligés de fuir ici ce qui existe là-bas , quel désespoir mais aussi quel appel à notre courage et à notre engagement dans la lutte.


Voici cette lettre :
Exil du Chaos
17 février 2013 Par Marie Laure Veilhan
Nous avons pris la décision de partir.

Voilà une décision qui procède d’un non-choix, d’une nécessité que je ne qualifierai pas d’absolue, pour la simple raison que je sais qu’on n’est ni en Afghanistan, ni à Smyrne de 1922. Non, ç’aurait pu être un choix. Mais c’est tout juste une décision.
Décision d’exil, alors.
Il nous reste un été ici. Nous serons en France pour la rentrée 2013.
Nous laisserons derrière nous la maison de mon compagnon, Christos. La maison d’un autre exil, qui date de 90 ans : celui des grands-parents de Christos, venus de Constantinople (Kalloni, « la belle ») en 1922. J’écrirai un jour prochain ce que j’ai pu retenir de cette histoire-là. Elle est présente, curieusement parfois.
Nous laisserons des amis, Dina la rigolote, Angélique à la voix d’or, nous laisserons le père de mes enfants, la mer où Christos allait pêcher si souvent, sur les traces de son père, pêcheur, les orangers, le grenadier, les citronniers, l’oncle Adonis, tout tordu, tout pauvre, tout vieux, toujours si digne et souriant, sauf ces jours-ci, sa dame Anna s’en va à petit feu…
Je laisserai la terre que j’ai aimée pour la première fois il y a vingt-quatre ans, fille au pair d’un été, et que je croyais ne jamais quitter. Chaque jour qui passe, j’ai peine à croire à ce qui arrive à cette Grèce-là.
J’ai peine. Grand peine.
Nous sortons peu – le temps a l’air d’avoir pris la couleur de la vie : il pleut, sans arrêt, au point que le bois doit rester longtemps dans le poêle avant de s’embraser. Nous regardons distraitement les journaux télévisés, on connaît la rengaine. Deux dizaines d’impôts créés en 2012. Chômage. Misère. Enfants non vaccinés. Facultés qui ferment. Hôpitaux en panne de chauffage, de matériel de première nécessité (compresses, instruments chirurgicaux,…). Et de yaourts aussi. Néo-nazis au parlement. Grèves. Mobilisation décrétée dans deux secteurs (marine marchande et transports en commun), sous le contrôle direct de l’armée. La folie rivalise au quotidien avec le ridicule, le trivial, le presque rigolo. Non, on n’y croit pas, quand le secrétaire du Ministère de l’Economie annonce que « le smic à 560 euros -bruts- est encore trop haut »…
En chiffres, ça donne : 27 % de chômage global en novembre 2012 (derniers chiffres disponibles), soit une augmentation de 31% par rapport au mois de novembre 2011. 61,6% parmi les jeunes. Chiffres officiels, qui ne prennent pas en compte les multiples programmes de « formation » indemnisés à 250 euros pour deux mois, soit trois fois moins que l’allocation chômage, fixée à 360 euros mensuels. Pas d’allocation familiale, ni de logement bien sûr. 60 milliards de créances avérées vis-à-vis du Domaine Public (fisc et caisses d’assurance maladie et retraite). La récession en 2012 à 6,5%, pour la cinquième année. Le pain à 1,60, l’essence à 1,70. Le smic grec à 560 euros brut (480 euros nets), et 492 bruts (424 nets) pour les jeunes jusqu’à 25 ans. 300.000 compteurs coupés l’an dernier faute d’avoir pu payer la facture d’électricité, désormais couplée à l’impôt spécial (calculé sur la base de la surface du bâtiment alimenté), censé être exceptionnel, mais qui sera finalement intégré à un impôt global. Mon employeur (Union des Coopératives Agricoles), qui emploie 130 personnes (à l’usine et dans les bureaux, ne s’est toujours pas acquitté des salaires de novembre du personnel administratif. Je fais partie de ce dernier, mais ai eu droit à un « régime de faveur » qui m’a permis de recevoir les salaires de novembre et décembre, sous forme d’ « avance sur salaire » (c’est joli, comme formule : avance sur arriéré). J’étais allée faire remarquer que c’est ma seule source de revenus, et que nous vivons à quatre de ces presque 800 euros par mois. Nous avons longtemps été les moins riches de tous ceux que je connais.
Nous sommes désormais parmi les moins pauvres de ceux dont nous partageons le quotidien (travail exclu). Il n’y a plus de syndicat des ouvrières à mon boulot : il a été dissout, suite à des pressions exercées de façon ouverte sur l’intégralité des ouvrières, prises une à une. Ce mois-ci, le grand magasin Sprider (grande chaîne de vêtements bas prix), qui employait quinze personnes, a fermé. La deuxième boulangerie du quartier aussi. Pas résisté.
[Christos discute ce moment-même sur Skype avec un copain, parti en Allemagne en septembre. Il lui parle exactement de ça, à l’instant. C’est saisissant.]
Aighion accueillait depuis plusieurs années deux sections d’enseignement supérieur technique (optique et kiné). Au bord de la mer, dans un bâtiment industriel abandonné et rénové. Ces deux sections disparaîtront, comme une trentaine d’autres en Grèce, à partir de septembre. Les étudiants s’en iront, les bars, le cinéma qui avait rouvert depuis peu, la salle de musique… vont se vider un peu plus. Nous n’y allions quasiment plus, mais c’est réjouissant de voir ces étudiants qui venaient jouer gratuitement au « Polytechneio ». Triste, aujourd’hui, d’être presque sûr que cela ne durera pas.
Je voudrais être contredite par les faits.
Mais les médicaments de traitement du sida ont été désinscrits de la liste des médicaments remboursables. Pour les traitements anti-cancer, cardio, contre la tension artérielle… et pour une foule d’autres, la question n’est plus tant qu’ils soient ou non remboursables : il est de plus en plus difficile d’en dénicher. On crève de cette crise, et pas ceux qui sautent d’un balcon ou se tirent une balle dans la tête. On se laisse aller, aussi, tout simplement.
Je m’accroche à ceux que j’aime. Et à la première sonate de Beethoven, aussi. Qu’il me pardonne…
Je participerai du 1er au 3 mars à une rencontre organisée par l’aile « rouge » du Syriza sur la lutte contre le fascisme (en tant qu’interprète, ce qui nous paiera les billets de bus et une partie des frais de séjour à Athènes). Je vous conterai ce que j’aurai pu en retenir. Je sais désormais que cela pourra nous valoir des déboires plus ou moins importants. Les députés de l’Aube Dorée soufflent sur les braises de la haine, l’un deux a déclaré hier : « la prochaine fois que nous ferons une descente sur un marché pour contrôler les vendeurs étrangers, on ne fera pas que donner des coups de lattes dans les étalages. Il faut bien qu’on se fasse plaisir, aussi… Il est hors de question qu’on laisse les citoyens grecs sans protection ». Babakar Ndiaye est mort, il y a huit jours, jeté sur les rails de la station Thisseio, à Athènes, par l’un des dix agents de la police municipale qui l’avait pris en chasse parce qu’il vendait sur le trottoir des faux sacs Vuitton ou des parapluies chinois. Les paysans qui tentaient de bloquer symboliquement la route nationale ont été attaqués par les flics. Attaqués, non pas arrêtés. La violence institutionnelle s’installe chaque jour. Violence policière des brigades anti-terrorisme qui rouent de coups les quatre jeunes (qui se déclarent anarchistes), les défigurent, et se donnent tout juste la peine d’un maquillage électronique pour masquer les pires traces de torture sur les visages tuméfiés.
Le message est clair : « Tenez- vous tranquilles, ça pourrait arriver à tout le monde et à n’importe qui. »
Enfin, presque. Des militants de l’Aube Dorée, arrêtés la même semaine en possession d’armes lourdes, se sont fait photographier au poste. On en rigole : ils ont l’air de sortir du centre de soins esthétiques, tellement ça n’a pas l’air de les éprouver. On comprend, d’ailleurs : ils sont déjà dehors. Nous savons bien que ce qui nous attend en France n’est pas rose. Au-delà de l’adaptation à une vie que nous n’avions jamais prévue telle (ce qui suppose une adaptation forcée des enfants, par exemple, à un système scolaire en français, eux qui sont scolarisés en grec, bien sûr – mon fils, de bientôt onze ans, ne sait ni lire ni écrire en français, il a commencé l’anglais il y deux ans…), au-delà de tout ce qui nous fera ressentir ce mal du pays que les Grecs appellent si justement νοσταλγία (la nostalgie, douleur de la terre d’où l’on vient en traduction libre…), nous savons bien que la situation en France est dure, violente parfois, et que les choses vont mal pour beaucoup, là aussi.
D’ailleurs, le mal dont souffre la Grèce, c’est le même que celui qui étend son ombre sur l’Hexagone. Je le nomme « argent-dette », comme l’ont si bien fait les créateurs grecs de « Catastroïka », dont je ne saurais trop vous recommander la vision. Il a beau avoir été tourné il y a bientôt deux ans, tout y est.
Voyez.
Regardez.
Dites.
Faites.
Agissez.
C’est de notre vie à tous et à chacun qu’il s’agit.
C’est en Grèce qu’ hier Hollande, est allé parader en tant que représentant, non pas d’une nation financièrement libre, mais d’une province de l’Empire qui n’a plus aucune autonomie pour décider de son budget. Lui qui, il y a un an, avait encouragé le peuple Grec à ne pas voter Siriza, a eu hier une phrase historique. Après « Notre ennemi, c’est la Finance » , nous avons eu droit à, retransmis sur son compte twitter :
@Elysée. La Grèce a décidé un programme de privatisation. Les entreprises françaises seront présentes car elles ont l’expérience du service public.
Ainsi, l’aveu est clair. Nous envoyons les entreprises françaises faire leur marché en Grèce qui bientôt ne possèdera même plus en propre un grain de sable, pendant que des entreprises internationales font leur marché en France. La dinosaurie est en place. Le plus gros gagne. Chaque homme est un brin d’herbe.
La France qui a l’expérience du public et surtout de la privatisation du public !
Ne nous faisons plus aucune illusion. S i nous n’avons pas le courage du combat, notre pays sera dépecé comme est dépecée la Grèce.
Le premier acte de guerre a été l’an dernier la signature du MES. Puis du TSCG. Le résultat nous le connaissons : 750 millions d’euros seront retirés aux territoires français. Débrouillez-vous messieurs les maires. Adieu crèches, hôpitaux, écoles !
Le second sera début avril et nous devons entreprendre toutes les actions possibles pour nous opposer à l’entrée dans notre loi de cet ANI, puisque c’est le nom donné aux accords de Wagram.(Accords nationaux interprofessionnels.)
Nous sommes en guerre. Les armées ennemies sont des lois qui nous dépouillent. Que faisons-nous ? Regardons-nous les pauvres du haut du balcon en disant : « Ils l’ont mérité ? ». Attendons-nous de les rejoindre en disant « Ca n’arrivera pas » ?
Ou entrons-nous en résistance ?
Cette question que vous vous étiez sans doute posée à propos de la dernière guerre, la voici dans votre jardin. Impossible de vous défiler. Il faut agir ou trahir.
Trahir notre Histoire, trahir tous les progrès du 20 ème siècle, trahir nos enfants pour le bénéfice d’une bande d’allumés pour qui le mot Humanité n’a plus aucun sens !
Nous sommes devant l’Histoire. L’Histoire des Braves en lutte contre les Fous.
Que dira-t-on de nous ?
Je joins une pétition à signer contre l’ANI. De multiples actions sont en cours que je vous présenterai. A 15 h à l’Assemblée Nationale (visible sur LCP) Gaby Charroux posera une question au sujet de l’ANI au ministre du travail. Il sera intéressant d’écouter la réponse !
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lundi 18 février 2013

Syrie : Appel du Parti Communiste unifié sur les graves conséquences de l’ingérence impérialiste*...Votre solidarité et votre soutien à notre peuple seront hautement appréciés par notre peuple en ces jours.

La Syrie ne croit pas non plus que la solution du problème est militaire. Au contraire, elle s’est prononcée depuis la naissance du problème pour une solution pacifique et politique à travers un dialogue national d’ensemble. En même temps, l’alliance agressive impose des conditions préalables au dialogue national de façon à rendre impossible la solution politique.

(Extraits)
Vous savez que notre pays- la Syrie - vit depuis plus de vingt mois, une guerre déclenchée contre elle par de nombreux pays impérialistes, aux côtés d’autres pays qui tournent autour d’eux comme des satellites. Leur but est de détruire l’Etat syrien qui se tient comme un obstacle sur le chemin de ceux qui essaient d’imposer le plan d’un " Grand Moyen Orient", après avoir brisé les Etats de la région en les divisant en petites entités se combattant les unes les autres, afin d’imposer une domination absolue sur les ressources pétrolières et en gaz ; éliminer le problème palestinien d’une manière entièrement opposée aux intérêts du peuple palestinien.
Ces pays ont exploité les erreurs et les défauts du régime d’un côté, et les mouvements s’opposant à ces défauts, de l’autre. Ces mouvements étaient au début pacifiques. Ensuite certains se transformèrent en mouvements armés recevant le soutien sur une vaste échelle de l’alliance qui a émergé comprenant les USA, la Turquie, le Qatar et l’Arabie Saoudite. La Turquie a occupé la frontière existante avec la Syrie pour aider à la contrebande des armes, l’entrée de milliers de mercenaires se nommant eux-mêmes "Jihadistes". Ils ont ouvert des camps pour l’entraînement de leurs soutiens et de leurs alliés. Des milliards de pétrodollars US ont été dispensés dans ce but. Ils ont eu recours aux formes les plus provocantes de la guerre psychologique, relayées par les l’action d’environ une centaine de stations de TV pour semer le sectarisme et les conflits ethniques dans les esprits et parmi les membres d’un même peuple. Ensuite, les prétendus groupes djihadistes se sont mis à détruire l’économie syrienne. Ils ont déclaré la guerre contre le peuple syrien en décrétant l’embargo économique et les sanctions. Des attaques armées furent déclenchées contre les propriétés populaires et privées. Des explosifs et des véhicules chargés d’explosifs furent aussi utilisés.
Les stations génératrices d’électricité ont été dynamitées. Les câbles des réseaux d’électricité ont été détruits, les puits de pétrole incendiés, les tankers transportant le pétrole brûlés. Des milliers de tonnes d’acier ont été dérobés et passés en contrebande en Turquie. Environ un millier d’usines et ateliers d’Alep ont été pillés. Les machines de ces usines ont été revendues en pièces détaches en Turquie à de bas prix. Les projets d’irrigation et également les centres d’élevage des animaux ont été attaqués, les routes reliant les villes et les cités entre elles à travers la Syrie fermées ; les centres de santé, les écoles et les universités ciblées. Des scientifiques, des docteurs ont été ciblés, kidnappés ou capturés et souvent assassinés.
Des milliers de soldats et également des civils ont été kidnappés. Il a été découvert que les gangs armés ont mis à exécution les massacres. Les corps des victimes ont été jetés dans les rivières.
Certaines victimes ont été décapitées. D’autres ont été mutilées. Ces formes de crimes appartiennent au moyen âge.
Peu de jours après, les criminels mirent à exécution une série de crimes au moyen de véhicules chargés d’explosifs, particulièrement à Alep où 85 étudiants de l’université ont été tués et des centaines blessés.
Aujourd’hui la Syrie est directement la cible de la Turquie à travers une guerre directe. La Turquie a admis publiquement qu’elle fournit aux terroristes et aux criminels, des armes de toutes sortes, des assassins qui appartiennent à 20 pays.
Ces actions sont contraires de façon flagrante au droit international qui interdit à tout pays d’utiliser ses territoires pour attaquer ses voisins. Nous savons que la Turquie, seule, ne peut pas du tout accomplir ces choses sans le soutien des Etats américain, européens et du Golf. De toute manière, la Syrie qui est un pays en auto-défense résiste à cette agression et inflige de lourdes pertes à ces gangs. En conséquence, les criminels et aussi bien les terroristes ne sont pas en mesure d’atteindre tous leurs objectifs. Mais les Syriens paient un lourd prix dans leur résistance.
La Syrie ne croit pas non plus que la solution du problème est militaire. Au contraire, elle s’est prononcée depuis la naissance du problème pour une solution pacifique et politique à travers un dialogue national d’ensemble. En même temps, l’alliance agressive impose des conditions préalables au dialogue national de façon à rendre impossible la solution politique.
Le gouvernement syrien a fait une déclaration importante en lançant une nouvelle initiative pacifique, en accord total avec le droit international qui interdit l’ingérence dans les affaires des pays voisins. Les initiatives soulignent encore plus le besoin de réformes démocratiques, une nouvelle Constitution, à côté d’un nouveau pacte général et national qui serait préparé par toutes les forces y compris l’opposition. Le pacte insisterait sur la fin de toutes les opérations militaires conduites d’une part par l’Armée Syrienne, et d’autre part la cessation de l’infiltration de mercenaires en Syrie. Malheureusement, l’initiative a été immédiatement refusée par les groupes armés terroristes et par ceux qui les soutiennent et qui incitent à la poursuite de la violence et du terrorisme.
La situation a connu il y a deux jours un nouveau développement, susceptible de changer la direction des événements en Syrie. Que signifie l’agression soudaine d’Israël contre le centre de recherche scientifique de Syrie près des frontières syriennes et libanaises ? En commettant une telle agression, Israël a dévoilé sa nature réelle, ses tentatives de manipuler les événements actuels en Syrie pour affaiblir l’armée syrienne et ouvrir de nouveaux fronts.
Plus encore le peuple syrien doit payer un très lourd prix, des dizaines de milliers de civils ont été tués. Aujourd’hui la Syrie est exposée à une catastrophe humanitaire.
Environ trois millions de citoyens syriens ont fui leurs domiciles et deviennent des réfugiés constamment déplacés dans les pays voisins vivant dans des conditions misérables incroyables et ils ont des besoins en nourriture et en médicaments. Ces réfugiés en appellent à l’opinion publique internationale pour faire pression sur les gouvernements des USA et d’Europe, du Qatar et de l’Arabie Saoudite afin qu’ils mettent un terme au siège économique et aux sanctions imposées à la Syrie. En outre, ils demandent que le soutien armé aux gangs cesse immédiatement, parce qu’il menace non seulement la Syrie mais un grand nombres de régions dans le monde.
Votre solidarité et votre soutien à notre peuple seront hautement appréciés par notre peuple en ces jours. Plus encore, ils représentent une autre preuve indiquant l’unité et la solidarité des forces révolutionnaires dans le monde entier.
Damas, le 9/02/2013
http://www.alger-republicain.com/spip.php?article1075
* Traduction légèrement revue par la rédaction d’Alger républicain
URL de cet article 19395

Syrie : Les rebelles s’en prennent au patrimoine culturel syrien...L’Irak a été pillé en son temps sous l’œil complice des troupes d’occupation. C’est désormais au tour de la Syrie.


On pouvait malheureusement s’y attendre. Les sites archéologiques syriens sont le point de mire des rebelles. Le patrimoine culturel de la Syrie, héritage d’une histoire millénaire, est la partie la plus vulnérable mais aussi la plus attrayante pour les destructeurs du pays arabe. Complètement indifférents à la valeur qu’ont les sites et les pièces de collection aux yeux des Syriens mais aussi pour les personnes un tant soit peu civilisées, les rebelles sont en train de faire des ravages pour en tirer quelque profit. L’Irak a été pillé en son temps sous l’œil complice des troupes d’occupation. C’est désormais au tour de la Syrie. « Certains jours nous sommes des combattants et d’autres, nous sommes archéologues », déclare ironiquement dans un entretien au Washington Post un jeune rebelle de 27 ans originaire de la ville d’Idlib. Comme lui, d’autres rebelles interrogés par le quotidien d’Outre-Atlantique ont admis la contrebande d’antiquités, officiellement pour financer leur lutte contre le gouvernement de Bachar el-Assad.
Toujours selon le Washington Post, des dizaines d’œuvres ont disparu en quelques mois à peines. Pis, certaines sont irrémédiablement endommagées. Parmi les objets volés, une statue en or datant de l’époque araméenne (VIIIème siècle avant l’EC) provenant du musée d’Hama et désormais inscrite sur les tablettes d’Interpol. Plus grave encore, des mosaïques byzantines de la cité romaine d’Apamée, près d’Alep, ont été retirées au bulldozer.
Ceci n’est pourtant que la partie émergée de l’iceberg, et quand on sait tout ce que la Syrie recèle en matière de patrimoine (Palmyre, les châteaux des croisés, les sites pré-phéniciens, les villes de Damas et Alep, etc.), on peut facilement imaginer que les contrebandiers y trouveront leur compte.
Il existe, selon le Washington Post, de véritables équipes de fouilles composées de jeunes dont la mission est de trouver dans les sites archéologiques de l’or, des statuettes, des mosaïques, et tout ce qui peut avoir une valeur marchande, fut-ce au prix d’irréparables déprédations. La destination principale des œuvres volées est la Jordanie, où la contrebande est favorisée par le flux quotidien de quelque 2.000 réfugiés. « Tous les jours, nous sommes contactés pour acheter de l’or syrien, des mosaïques syriennes et des statuettes syriennes », a confirmé un antiquaire d’Amman. « Damas est vendue ici à Amman, pièce par pièce ».
La contrebande syrienne rappelle ce qui est survenu durant l’invasion de l’Irak par les États-Unis, car la Jordanie était également considérée comme un point de passage obligé pour les trésors volés. « Il est encore trop tôt pour comparer la situation en Syrie avec ce qui s’est passé en Irak », a dit Nayef Al Fayez, ministre du tourisme et des antiquités de Jordanie, «  mais quand il y a des problèmes de sécurité, les sites archéologiques en sont les premières victimes. Et nous nous attendons à ce que ces événements se multiplient ».
L’UNESCO n’a pas été en mesure pour le moment de quantifier l’ampleur des pillages et des détériorations du fait de la difficulté d’accéder aux sites historiques dans un pays en proie à des attaques terroristes. Le krak des chevaliers, l’un des plus beaux châteaux inscrit au patrimoine de l’humanité, a été exposé à des tirs et à des bombardements. Les anciens souks d’Alep sont partis en fumée et la ville de Bosra, jadis capitale de la province romaine d’Arabie, a subi également d’importants dommages.
« Les gens peuvent nous condamner et nous traiter de voleurs », commente Abou Majed, un déserteur âgé de 30 ans qui dirige les chemins de la contrebande dans le sud du pays, « mais parfois, on doit sacrifier le passé pour garantir le futur ». Du fanatisme à la barbarie, il n’y a qu’un pas.
Capitaine Martin
http://www.resistance-politique.fr/article-les-rebelles-s-en-prennent-au-patrimoine-culturel-syrien-115441047.html
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samedi 16 février 2013

15 février 2013 - VIDEO - Cisjordanie : manifestations en faveur des détenus en grève de la faim

 
 
Des dizaines de Pales­ti­niens ont été blessés lors de heurts avec les forces israé­liennes en Cis­jor­danie à l’occasion de mani­fes­ta­tions de soli­darité ven­dredi avec des détenus par Israël en grève de la faim.
Des centaines de citoyens se sont rassemblés devant la prison d'Ofer, près de Ramallah, en soutien aux héroïques grévistes de la faim Samer Issawi, Ayman Sharawna, Tareq Qa'adan, Jaafar Azzedine et Fadi Washha.

 

Autrement dit : L’âge de glace du Printemps arabe....À la pointe de ce combat pour un "printemps", élaboré pour des Arabes dans des laboratoires non arabes,...


On l’appréhendait depuis plusieurs mois, certains prédisaient même le pire après la victoire du parti "Ennahdha" et la formation d’un gouvernement "islamiste" en Tunisie. De ce côté-ci de la frontière, on espérait même voir le pays voisin échapper aux convulsions et aux souffrances que nous avons connues en Algérie. Las, les derniers événements, les attentats contre les libertés, puis le meurtre, mercredi dernier, d’une éminente figure de l’opposition tunisienne, nous interpellent de nouveau. Sans doute, n’est-ce pas le lieu de rappeler ici la solitude qui fut la nôtre, et la façon scandaleuse dont certaines voix, à l’Est et à l’Ouest, se sont empressées de se démarquer. Il y a eu des commentaires désobligeants, et blessants dans le contexte, sur les capacités de certaines nations, mieux outillées que d’autres face aux crises. 

Ces jours-ci, encore, alors que mausolées et tombes étaient profanés et détruits, la même antienne est revenue, mais comme un acte futile d’exorcisme. Heureusement, ils ne sont plus très nombreux, en Tunisie, à vouloir se persuader qu’ils ne vivraient pas le drame, vers lequel ils se précipitaient pourtant tout droit. Nos voisins sont désormais bien conscients que le langage de la violence engendre la violence et les liquidations physiques, que l’extase religieuse n’autorise pas la négation de l’autre. Aujourd’hui, il est encore plus évident que les mêmes causes produisent les mêmes effets, à fortiori dans une région de population aussi homogène que le Maghreb. On voit, aujourd’hui, que les révolutions qui ont triomphé, sans violence ou avec un minimum de dégâts, ne faisaient que différer cette violence.
 Tout avait pourtant bien commencé en Tunisie, d’où l’odeur du jasmin se répandait sur toute la rive Sud de la Méditerranée, mais les soubresauts continus mettent à nu l’inanité de certains néologismes, trop vite hissés au rang de dogme immuable. C’est le cas de ce Printemps arabe, lancé par quelques nostalgiques qui ont raté ou refusé de respirer l’air du Printemps de Prague. Depuis les années soixante, la terminologie n’a pas évolué, et de vieux slogans sont ressortis des placards, hâtivement époussetés, pour un usage de circonstance. 
L’absurdité suprême, ou l’audace suprême du vocabulaire de la conspiration, aura été de vouloir faire pousser du jasmin partout. Même là où il avait fort peu de chances de pousser, et même là où l’on n’avait pas du tout envie de cultiver ce genre, préférant les orties locales à un jasmin, aux forts relents de "Chanel".
De Tunis à Bahreïn, on a vu, et aussi entendu, ce slogan racoleur auquel ont succombé les Arabes eux-mêmes, en proie à une crise de psittacisme, sans égale dans leur histoire.
 À la pointe de ce combat pour un "printemps", élaboré pour des Arabes dans des laboratoires non arabes, on a retrouvé un certain Sarkozy. A la barre d’une France, que son timonier dirigeait "à droite toute", l’ancien président n’a réussi qu’un seul prodige : détester les Arabes de Saint-Denis, en le montrant bien sûr, et aimer, de façon tout aussi ostentatoire, d’autres Arabes, ceux de Benghazi. En Tunisie, il n’a pas osé, parce que la ficelle aurait été trop grosse, au regard des relations de Paris avec le régime déchu. Ensuite, il y a eu d’autres "printemps", ou des ersatz de la saison des floraisons, comme en Egypte où Moubarak, lâché par Washington, a abandonné. Puis, on s’est attaqué à la Syrie, dont le régime semble résister plus que jamais aux coups de boutoir des factions armées, germant çà et là, printemps oblige, après le passage des semeurs étrangers. Là, on ne se donne même plus la peine d’agir, selon la tradition, en se contentant de signer des chèques.
Désormais, les financiers tiennent à contrôler eux-mêmes, et sur place, la destination et l’usage final de leur argent.
Salah Arezki
http://www.afrique-asie.fr/menu/actualite/4947-autrement-dit...
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