vendredi 11 janvier 2013

Georges ABDALLAH, LIBRE enfin !...nous ne pouvons oublier et rendre hommage à notre ami et camarade Jacques Vergès qui aura mis toute son attention dans cette bataille juridico-politique où étaient impliqués les services de la DGSE, de la CIA et du Mossad.

Communiqué du Comité « Libérez-les ! » de soutien aux prisonniers et réfugiés politiques (59-62)
GEORGES ABDALLAH VA ENFIN SORTIR DE PRISON ! (vidéo)Après 28 années passées dans les geôles de l’Etat français, c’est avec un grand soulagement et une grande joie que nous venons d’apprendre, qu’enfin la Justice vient d’accorder la liberté à notre camarade Georges Ibrahim Abdallah.
Déclaration de Georges Abdallah du 14 décembre 2012 : 'La direction du vent est déjà bien tracée'
Nous étions toutes et tous sur les nerfs depuis quelques jours et au fur et à mesure des heures de cette journée, nous attendions LA décision.
Que cette libération soit assortie d’une expulsion n’est pas grave vu que Georges n’avait qu’un souhait, retrouver les siens, ses amis et son peuple dans son Liban qu’il a défendu tout au long de sa vie. Son départ serait prévu le lundi 14 janvier en direction de sa terre natale.

Voilà une nouvelle page qui se tourne, et nous, les nombreux soutiens, unis et déterminés, n’avons pas à rougir des dizaines d’années de solidarité avec ce camarade et nous devons être fiers de toutes les actions qui ont été menées pour obtenir cette libération.
Et nous ne pouvons oublier et rendre hommage à notre ami et camarade Jacques Vergès qui aura mis toute son attention dans cette bataille juridico-politique où étaient impliqués les services de la DGSE, de la CIA et du Mossad.

Un grand merci aussi au soutien politique, tels ces Maires, ces Conseils Municipaux, ces Conseillers Régionaux et ces Députés qui ont osés se lever contre cette injustice en nommant Georges au rang de Citoyen d’Honneur ou en interpellant les Ministères de la justice par des courriers et dans l’enceinte même de l’Assemblée Nationale.

« Voilà Georges, tu seras bientôt libre et de retour dans ton beau pays, aussi saches que nous t’embrassons très fort en espérant que peut-être un jour, nous pourrons fêter ensemble cette libération tant attendue. Alors gloire et longue vie à Toi cher Camarade Abdallah, nous ne t’oublierons jamais car ton combat est le nôtre… à ce voir Frère de lutte ! »
Le 10 janvier 2013 à 15h00
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(vidéo) L'annonce de la libération de Georges Ibrahim à l'UJDL (Union des Jeunes Démocrates Libanais) à Beyrouth (nul besoin de comprendre l'arabe pour partager la joie et l'émotion...)


.....Camarades, c’est toujours en assumant la solidarité avec les luttes des masses populaires que l’on apporte la solidarité la plus significative aux prisonniers révolutionnaires.

À bas l’impérialisme et ses chiens de garde sionistes et leurs complices réactionnaires arabes !

Honneur aux martyrs et aux peuples en luttes !

Ensemble, Camarades, nous vaincrons et ce n’est qu’ensemble que nous vaincrons.

À vous tous, Camarades, mes plus chaleureuses salutations révolutionnaires.

Votre Camarade, Georges Ibrahim Abdallah
Déclaration de Georges Abdallah du 14 décembre 2012
              

jeudi 10 janvier 2013

Venezuela : Pas de vacance du pouvoir et un vaste soutien régional et populaire....Le président Hugo Chávez « est un président réélu et non un candidat élu », ce qui constitue une grande différence pour comprendre et interpréter la constitution...

Hugo Chavez, président du Vénézuela, doit prêter serment le 10 janvier prochain pour entamer un troisième mandat présidentiel de 6 ans. [MIGUEL GUTIERREZ - Keystone]
Avec le report de l’investiture de Chavez, Nicolas Maduro, vice-président et ministre des affaires étrangères -désigné par Chavez, comme son dauphin- et Diosdado Cabello, président de l’Assemblée Nationale, sont en première ligne : les pays de la région apportent leur soutien au gouvernement vénézuélien.
« Il n’y a pas de vacance du pouvoir exécutif au Venezuela ». C’est en ces termes très clairs que s’est exprimée le Procureur Général du pays, Luisa Marvelia Ortega Díaz : le président Hugo Chávez, le vice-président Nicolás Maduro, et le gouvernement « se trouvent en possession de leur charge », ses propos validant la décision de l’Assemblée Nationale, prise le 8 janvier, d’entériner le report – pour raison de santé- de la prestation de serment du président Chavez, laissant la possibilité de réaliser cet acte devant le Tribunal Suprême de justice ultérieurement. Et se référant en cela aux articles 230 et 231 de la constitution.
Le président Hugo Chávez « est un président réélu et non un candidat élu », ce qui constitue une grande différence pour comprendre et interpréter la constitution, poursuit le haut magistrat. Le 7 octobre dernier, le peuple vénézuélien a exercé sa souveraineté et s’est exprimé en élisant Hugo Chavez. Ce qui est indiscutable.
Depuis plusieurs jours les spéculations, savamment attisées, vont bon train sur l’avenir démocratique du Venezuela et l’interprétation de la constitution. L’opposition, représentée par Henrique Capriles qui a demandé au Tribunal Suprême de Justice de se prononcer « sur une crise institutionnelle en vue » estimant que la date du 10 janvier marque la fin d’un mandat et le début de l’autre, n’a en réalité pas intérêt à précipiter les événements.
Une élection anticipée ne la donnerait pas forcement gagnante, d’autant qu’aux élections régionales du 16 décembre dernier, le chavisme est sorti vainqueur. Si l’heure n’est pas au bilan, on ne peut oublier les réussites sociales d’Hugo Chavez dans son pays, qui lui ont valu encore lors des dernières élections le soutien du peuple dont les plus pauvres, grâce à un meilleur accès à l’éducation, à la santé, et au logement.
Hugo Chavez a également transformé la politique et la géopolitique de l’Amérique Latine, n’en déplaise à ses détracteurs. Il a été ces dernières années un artisan actif de la construction régionale aux cotés de ses voisins (Bolivie, Equateur...) en participant à asseoir différentes institutions régionales comme l’Alba, l’Unasur, le Celac, et son entrée récente au sein du Mercosur fut un pas décisif.
Aussi rien d’étonnant à ce que jeudi 10 janvier, plusieurs dirigeants ou représentants des pays de la région se rendent à Caracas, à l’instar de Evo Morales, président de la Bolivie, Jose Mujica, président de l’Urugay, ou Hector Timerman, ministre des affaires étrangères de l’Argentine.
Un appui explicite au gouvernement Vénézuélien et au peuple Vénézuélien –appelé à une grande manifestation de soutien- et un message direct aux éventuelles tentatives de déstabilisation du pays, alors que Nicolas Maduro, vice-président et ministre des affaires étrangères -désigné par Chavez, comme son dauphin- et Diosdado Cabello, président de l’Assemblée Nationale, sont en première ligne.
Et doivent éviter les écueils qui émergeraient d’un conflit au sein des différents groupes partisans de Chavez, les deux protagonistes n’ayant ni le même profil, ni les mêmes appuis.
Car si Chavez a réussi à récupérer au profit de l’état et donc du peuple les bénéfices du pétrole, le pays se trouve encore dans une économie de rentes, dépendant de ses exportations quant à sa souveraineté alimentaire : la transformation du tissu économique, et la révolution bolivarienne ont encore du chemin à faire. Et des embuches multiples à surmonter.
Estelle Leroy-Debiasi
http://www.elcorreo.eu.org/Pas-de-vacance-du-pouvoir-au-Vene...

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mercredi 9 janvier 2013

Venezuela 9 janvier 2013 : l’opposition rêve d’un « coup d’Etat constitutionnel »....10 janvier : déferlement d’un peuple pour défendre sa révolution et des médias-mensonges pour la détruire.

L’opposition, de bric et de broc, dont l’unité n’est qu’une façade, la MUD (Mesa de unidad democratica) prétend exploiter la situation, multiplie les fausses rumeurs, et croit son heure arrivée pour en finir avec Chavez, ce qu’elle n’a pu réaliser ni par la voie électorale, ni par un Coup d’Etat.
 
 Des dizaines de milliers de Vénézuéliens vêtus de rouge ont envahi jeudi le centre-ville de Caracas pour exprimer leur soutien au président Hugo Chavez, hospitalisé à Cuba depuis un mois et dans l'incapacité de prêter serment ce 10 janvier comme prévu par la Constitution après sa réélection en octobre
A la veille du 10 janvier, l’opposition vénézuélienne relance « la machine à déstabiliser », bien « drivée » par Washington. Ce 10 janvier 2013, la Constitution bolivarienne (de 1999) prévoit que le président élu (dans le cas d’Hugo Chavez, réélu) doit prêter serment devant l’Assemblée Nationale et initier le mandat constitutionnel 2013-2019.

Or, l’état de santé du président Hugo Chavez ne devrait pas lui permettre d’être présent à cette date à Caracas. Le président a été opéré le 11 décembre 2012, à Cuba, d’une récidive de son cancer. Une opération lourde, délicate, à la suite de laquelle l’état d’Hugo Chavez reste préoccupant. Les derniers bulletins de santé, bulletins publiés régulièrement en toute transparence par la direction bolivarienne, indiquent « un état stationnaire », suite à une infection pulmonaire postopératoire.
L’article 235 de la Constitution prévoit que, en cas d’absence prolongée du territoire national, le président doit avoir reçu l’aval de l’Assemblée Nationale. Le Président Chavez a été autorisé, à l’unanimité, par le Parlement, à sortir du territoire pour une quatrième opération.
L’opposition entend exploiter, de façon indécente, cette situation vécue douloureusement par des millions de Vénézuéliens, pour tenter un « coup d’Etat constitutionnel » (comme au Paraguay, ou au Honduras) à partir d’une lecture partiale de la Constitution. Elle cherche ainsi à faire oublier les déculottées électorales reçues aux élections présidentielles du 7 octobre, et « régionales » du 16 décembre.
Que dit encore la Constitution ? L’article 233 établit les cas de « défaut absolu » : mort, démission, destitution, incapacité physique ou mentale attestée par un « Conseil médical » désigné par le Tribunal Suprême de Justice, avec approbation de l’Assemblée nationale, etc. Dans ces cas de figure, de nouvelles élections devraient être convoquées dans un délai de 30 jours, et l’intérim serait assuré par le président de l’Assemblée nationale.
Mais la situation du président Chavez, président convalescent, réélu, qui s’inscrit donc dans une continuité institutionnelle, ne correspond à aucune de ces prévisions.
L’article 231, quant à lui, stipule très clairement « qu’au cas où surviendrait un "motivo sobrevenido" (nous choisissons de traduire par ’cas de force majeure’), le président prêtera serment plus tard, devant le Tribunal Suprême de justice », sans spécifier de délai ni de limite dans le temps.
L’opposition, de bric et de broc, dont l’unité n’est qu’une façade, la MUD (Mesa de unidad democratica) prétend exploiter la situation, multiplie les fausses rumeurs, et croit son heure arrivée pour en finir avec Chavez, ce qu’elle n’a pu réaliser ni par la voie électorale, ni par un Coup d’Etat. Le secrétaire de la MUD, Ramon Guillermo Aveledo, a écrit à toutes les ambassades pour amplifier la manipulation de la Constitution, une offensive qui est déjà relayée à l’étranger par le matraquage des médias dominants, hystériquement antichavistes. Le chef politique de la droite néo et socio libérale appelle même à une « grève civico-nationale » le 10 janvier. L’opération sera un flop, mais elle est surtout à usage externe. Il propose que le Président de l’Assemblée nationale assume l’intérim, ce qui ferait de lui un « putschiste » contre Chavez. La ficelle a la grosseur d’un câble.
Le peuple prie pour la santé du président, tandis que le pays reste serein, stable, sans « vide de pouvoir ». Le vice-président exécutif, Maduro, désigné par Chavez et entouré d’une direction collective, accomplit sa tâche avec une compétence, une intelligence et une crédibilité politiques patentes.
Une fois de plus, alors que l’opposition joue la carte de la provocation, le Parti socialiste unifié vénézuélien (PSUV), et les dirigeants de la Révolution bolivarienne demandent au peuple de descendre dans la rue, une rue qu’il n’a pas quittée depuis des années, pour manifester son soutien, et son rôle fondamental dans le processus en cours. Le 10, à 10 h du matin, en se rassemblant devant le Palais présidentiel de Miraflores, à Caracas, une nouvelle fois, il mettra en échec les revanchards et laissera aboyer les chiens de garde médiatiques à Madrid, Paris, Caracas, etc.
Jean Ortiz pour LGS.

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SYRIE : Texte intégral du discours du Président Bachar al-Assad (Traduction en Français)

Les lecteurs de LGS ont droit au texte original du discours, même traduit plutôt que la pluie de vociférations lues et entendues tant de la part des politiciens locaux que des journalistes à la botte.
Syrie : Texte intégral du discours du Président Bachar al-Assad
Dimanche 06/01/2013
Maison de l’Opéra de Damas
Mes soeurs et mes frères,
Aujourd’hui, je vous regarde et je vois les visages des fils et filles de ma patrie emprunts de tristesse et de douleur. Je vois les yeux des enfants de la Syrie ne plus briller du rire radieux de l’innocence. Je vois les mains des plus âgés ne plus savoir que se lever vers le ciel pour prier, et implorer pour le salut de leurs enfants, petits enfants et arrières petits enfants.
Nous sommes réunis ici, mais la souffrance a envahi la terre syrienne sans laisser place à la joie dans tous ses coins et recoins. La tranquillité et la sécurité ont disparu de ses rues et ruelles… Nous sommes réunis ici, mais des mères ont perdu leurs fils… les meilleurs des fils ; des familles ont perdu leur soutien ; des enfants sont devenus orphelins ; des frères ont été séparés, les uns tombés en martyrs, d’autres déplacés, et d’autres portés disparus.
Cette souffrance plane sur le pays tel un nuage noir. En tenir compte est noble, mais cela ne suffit pas à compenser la perte d’êtres chers, à ramener la stabilité et la sécurité, à assurer le pain, l’eau, les carburants et les médicaments à tous et à toutes. Mais, de cette matrice de la douleur doit naître l’espoir, et du fin fond de cette souffrance doivent naître les meilleures des solutions ; tout comme le nuage qui cache la lumière du soleil porte en lui la pureté de l’eau de pluie qui fera germer l’espoir et la générosité, une fois qu’il aura plu.
Ces sentiments et émotions réunissant douleur, chagrin, défi, et détermination sont une formidable énergie ! La Syrie ne dépassera son épreuve qu’en convertissant cette énergie en un « mouvement national » général qui sauvera le pays des griffes d’une agression inouïe et sans précédent dans l’Histoire de la région.
Ce « mouvement national » est le seul baume qui puisse apaiser les blessures profondes qui ont touché notre tissu social et ont failli le déchiqueter. Il est seul capable de maintenir la géographie de la Syrie, de la rendre plus forte politiquement et socialement, et de la régénérer culturellement et moralement. Cette responsabilité incombe à chacun des citoyens. Chacun peut offrir sa part selon ses moyens, même s’il les considère faibles ou limités. La patrie est pour tous et nous la défendons tous, chacun comme il peut et selon son propre potentiel. Car, l’idée est défense, la situation est défense, la reconstruction est défense, et la sauvegarde des biens du peuple est défense ! Défense… pour la bonne raison que, devant cette agression de toutes les composantes de la patrie, chaque citoyen réfléchi sait pertinemment que l’attentisme, le négativisme ou l’espoir que quelqu’un d’autre puisse résoudre les problèmes reviendraient à mener le pays vers l’abîme… Ne pas participer à la recherche des solutions, reviendrait à faire reculer le pays non à le sortir de ce qu’il endure.
Beaucoup sont tombés dans le piège tendu pour faire croire que le conflit est à situer entre le pouvoir et l’opposition, autrement dit une lutte pour un fauteuil, un poste, ou un pouvoir ! C’est pourquoi, ils se sont tenus à distance et ont opté pour le silence et la neutralité. Par conséquent, aujourd’hui, il est du devoir de chacun d’entre nous de rediriger les regards vers la véritable boussole de la patrie… Car le conflit, Mesdames et Messieurs, est entre la patrie et ses ennemis, entre le peuple et des criminels assassins, entre le citoyen et ceux qui volent son pain, son eau, ses sources de chaleur… et le privent de la sécurité dont il était si fier, pour répandre la peur et la panique dans les esprits.
Ils ont tué les civils et les innocents, pour éteindre la lumière et le rayonnement de notre pays… Ils ont assassiné le talent et l’intelligence, pour semer l’ignorance dans nos esprits… Ils ont saccagé les infrastructures construites avec les deniers de notre peuple, pour répandre la souffrance dans nos vies… Ils ont privé les enfants de leur écoles, pour détruite notre avenir et répandre leur idiotie… Ils ont coupé l’électricité, les voies de communication et l’approvisionnement en carburant, pour laisser les personnes âgées et les enfants endurer le froid de l’hiver, et ont ainsi prouvé leur incontestable barbarie… Ils ont volé les silos de grains, de blé, de farine, pour que le citoyen meurt de faim et ne puisse plus que rêver de son pain… Est-ce là un conflit pour un poste ou un pouvoir ? Ou bien est-ce une guerre entre la patrie et ses ennemis ? Est-ce une lutte pour le pouvoir ? Ou bien est-ce pure vengeance contre le peuple qui n’a pas accordé à ces terroristes assassins le mot clé pour disloquer la Syrie et partager sa société ? Ils sont les ennemis du peuple, et les ennemis du peuple sont les ennemis de Dieu, et les ennemis de Dieu sont voués au feu de l’Enfer le jour de la Résurrection !
Dans une première étape, ils ont imposé leur prétendue révolution ! Mais le peuple s’est révolté et a refusé de les couver, malgré les flots d’argent déversé, le déchainement des médias, et l’intimidation par des armes encore cachées. Constatant leur échec, ils sont passés à la deuxième étape, et tombant les masques de la révolution dite « pacifique » ils ont brandi leur arsenal qu’il était devenu inutile de dissimuler… Ensuite, ils ont tenté l’occupation de certaines villes qui devaient leur servir pour se déchainer comme des loups furieux sur d’autres villes… Ils ont frappé sauvagement… Mais plus ils frappaient, plus le peuple conscient des enjeux résistait, démontrant son mépris et leur fausseté… C’est là qu’ils ont décidé de leur vengeance, contre tous et sans distinction, en usant du « Terrorisme » partout où ils ont pu s’infiltrer !
Ils parlent de « Révolution », alors qu’ils n’ont rien à voir avec les révolutions, ni de près, ni de loin ! Une révolution a besoin de penseurs. La révolution se construit sur une pensée. Où est donc le penseur ? Qui a rencontré un seul de leurs penseurs ? Les révolutions ont besoin de dirigeants. Qui sait quel est celui qui les dirige ? Les révolutions supposent un savoir et des idées, non de l’ignorance… Les révolutions supposent d’aller de l’avant, non de revenir à des siècles passés… Les révolutions supposent d’éclairer la société toute entière, non de lui couper l’électricité… Habituellement, la révolution est faite par le peuple, non par des individus importés de l’étranger pour imposer leur révolution au peuple… Elle est faite pour le peuple, non contre ses intérêts. Alors, de grâce, est-ce une révolution et avons-nous à faire avec des révolutionnaires ? Ou bien ne sont-ils qu’une bande de criminels ?
Ceci pour la façade, alors qu’en arrière plan œuvraient les « Takfiristes » par déflagrations, assassinats de masse, et soutien logistique des bandes armées au premier plan. Il n’empêche qu’à chaque fois que l’armée et le peuple, main dans la main, les ont repoussés, ils ont frôlé la dépression. Du coup, ils se sont sentis obligés de se battre aux premiers rangs et de tenir la barre d’un vaisseau voguant à tout va, par le feu, le sang, et la torture… C’est bien parce que la pensée takfiriste est étrangère à notre pays qu’ils ont dû importer de l’étranger et les individus et leurs idées… Et c’est là que l’équation s’est inversée. D’une part, des takfiristes, des terroristes, al-Qaïda, qui se targuent d’être des « djihadistes » venus de partout dans le monde, pour mener des opérations terroristes sur notre sol. D’autre part, des bandes armées qui, suite à leur échec, ont été transférées à l’arrière plan en tant qu’assistantes dans les opérations d’enlèvements, de pillages, et de sabotages… Des esclaves ou des agents à la solde des ennemis, dans le meilleur des cas. Des espions travaillant contre leurs compatriotes pour le compte de tueurs takfiristes ne parlant que la langue du carnage, et du démembrement des corps de leurs victimes !
Mes frères… c’est ceux-là que nous combattons. Beaucoup ne sont pas Syriens. Ils sont venus, mus par des concepts pervers et une terminologie frelatée. Ils parlent d’un Djihad qui est loin de correspondre à celui de l’Islam… Ce qui est certain est que la plupart de ceux à qui nous avons à faire, aujourd’hui, font partie de ces terroristes prônant l’idéologie d’al-Qaïda… Je pense que la plupart d’entre vous savent de quelle manière l’Occident a soutenu, en Afghanistan, ce type de terroristes financés par de l’argent arabe, depuis trois décennies… Avec le démembrement de l’Union soviétique et son retrait d’Afghanistan, cette organisation de terroristes s’est mise à essaimer et à frapper partout dans le monde arabe… Elle a frappé en pays musulmans puis s’est dirigée vers l’Occident… Ils ont essayé de s’en débarrasser au cours de leur guerre en Afghanistan… Ils ont essayé d’autres manières pour s’en débarrasser après leur invasion de l’Irak… Ce qui n’a pas empêché ce terrorisme organisé de devenir de plus en plus obstiné et migratoire… Mais voilà que « les événements » sont arrivés dans le monde arabe, notamment en Syrie, comme une opportunité pour ces forces - je veux dire les forces occidentales - afin qu’elles puissent transférer le plus grand nombre de ces « désormais indésirables » vers la Syrie et en faire une nouvelle terre du Djihad. C’est ainsi, qu’ils ont pensé pouvoir défaire deux rivaux gênants d’un même coup : le terrorisme et le « nœud problématique » de la Syrie !
Il y a un peu plus d’un mois, une organisation - dont je ne me souviens plus du nom - qui s’occupe des questions de terrorisme, a publié un rapport sur la baisse des actes terroristes dans le Monde, notamment en Asie centrale et orientale… C’est vrai, puisque la plupart des terroristes qui sévissaient dans ces régions et même dans certains pays occidentaux sont venus en Syrie ! L’intrusion de ces terroristes est dangereuse pour la sécurité de n’importe quelle société ; ce qui est évident sans pour autant admettre qu’il soit impossible de les défaire quand on en a la volonté et le courage… Mais le plus dangereux est leur intrusion dans les intellects et les milieux sociaux… Une fois que leur mode de pensée a pénétré au sein d’une communauté, elle se transforme en un monstre difforme. Nous devons traiter cette question avec sérieux, indépendamment de la crise politique que traverse la Syrie. En d’autres termes, nous devons dépasser nos divergences car si nous ne traitons pas cette question, nous ne laisserons que du « sang en héritage » pour des générations et des générations... La Syrie que nous connaissons n’existera plus. Son nom et sa géographie ne disparaitront pas nécessairement, c’est plutôt la société syrienne telle que nous l’avons connue qui disparaitra. Ceci dit, il n’est pas exclu que ce mode de pensée fondé sur la « Fitna » détruise la géographie et le sens politique de toute société qu’il a pénétré. C’est là une grande responsabilité qui exige que nous nous unissions pour y faire face.
D’autres dimensions existent dans cette crise qui n’est pas seulement interne, ce qui s’y passe étant désormais clair pour tous ceux qui veulent bien voir… En effet, au niveau régional, il y a ceux qui cherchent sa partition et ceux qui cherchent à l’affaiblir… Certains financent et arment les criminels tandis que d’autres les entrainent et les soutiennent… Des États ennemis qui se sont construits en occupant et en agressant, et dont le comportement ne nous surprend pas outre mesure… Des pays voisins qui ont injustement maltraité la Syrie et son peuple, pour réussir à les dominer… Des États qui se cherchent une place dans l’Histoire sans espérer s’y retrouver… Alors, ils ont choisi de la réécrire avec le sang des innocents du peuple arabe, le peuple syrien en particulier… Mais la Syrie et son peuple sont plus forts et plus solides… Nous leur promettons de ne pas oublier !
Quant au niveau international, ce n’est un secret pour personne que la Syrie a été et restera libre et souveraine, qu’elle refuse la soumission et n’accepte pas la tutelle… C’est ce qui a toujours dérangé certains pays occidentaux… Ils ont donc voulu exploiter les événements internes, pour sortir la Syrie de l’équation politique régionale, en finir avec le « nœud problématique » qu’elle représente, y frapper toute velléité de résistance, et ainsi nous transformer en suivistes comme beaucoup de pays qui nous entourent… Mais la communauté internationale ne se limite pas aux pays occidentaux. De nombreux pays, en particulier la Russie, la Chine, les autres pays du BRICS, et beaucoup d’autres refusent l’ingérence dans les affaires des États et la déstabilisation de notre région, tout en respectant leurs propres intérêts et principes, dont l’autodétermination et la liberté des peuples… Des États qui respectent la souveraineté de la Syrie, son indépendance, et sa liberté de décision… Des États que, réciproquement, nous ne pouvons qu’estimer, respecter, et remercier… Je remercie particulièrement la Russie, la Chine et l’Iran et chacun des pays qui a soutenu l’autodétermination du peuple syrien.
À la lumière de ce qui précède, nous ne pouvons parler de solution sans tenir compte de ces facteurs : le facteur intérieur, le facteur régional, et le Groupe de travail international. Ceci, en sachant que toute action qui ne modifierait pas ces facteurs ne pourra aboutir.
Commençons par l’intérieur… Pour certains, le conflit a donc consisté à dire qu’il y avait désaccord entre opposants et partisans… Je ne pense pas qu’il en soit ainsi et ce, depuis le tout début des événements. Dans le monde civilisé, un tel désaccord tourne autour de la question de savoir comment consolider la construction de la patrie, non comment la détruire… comment progresser et se développer, non comment revenir en arrière. La relation entre opposition et gouvernement se déroule en interne. Mais quand des éléments internes en arrivent à faire partie intégrante d’éléments étrangers, le conflit se situe entre l’intérieur et l’extérieur, entre l’indépendance du pays et sa vassalisation, entre la souveraineté et la colonisation politique… Dès lors, le contexte oblige à la « défense de la patrie » et à « l’union de tous » contre l’agression étrangère munie d’une boîte à outils interne. C’est pourquoi lorsque nous parlons d’opposition externe, nous ne nous basons pas sur le lieu de résidence de tel ou tel, mais sur ce vers quoi il a dirige son cœur et son esprit, avec qui il a accepté de s’associer, sur qui il a parié, et de qui a-t-il accepté le financement. C’est ce que nous entendons par opposition étrangère, qu’elle réside à l’intérieur ou à l’extérieur, puisqu’il est clair que d’autres vivent à l’étranger mais défendent leur patrie.
Oui, mesdames et messieurs, il ne s’agit ni d’un conflit entre opposition et partisans, ni même d’un simple combat entre une armée et des gangs d’assassins. Aujourd’hui, nous sommes en état de guerre dans tous les sens de ce terme. Nous nous défendons contre une agression féroce, un nouveau genre de guerre plus dangereuse et plus meurtrière que les guerres conventionnelles, car elle n’utilise pas ses propres outils pour nous battre, mais nous utilise pour arriver à ses fins…Elle cible la Syrie à travers une poignée de Syriens et de très nombreux étrangers, et c’est malheureusement grâce à la coopération consentie par certains des nôtres qu’elle espère nous pousser à déraciner nos arbres et à démolir nos fondations. Une telle guerre exige de nous de défendre la patrie tout en poursuivant la voie des réformes, même si elles ne peuvent probablement pas changer grand-chose à la réalité de cette guerre. Il n’en demeure pas moins qu’elles pourraient nous fortifier et renforcer notre unité et notre immunité. Certains pensent que cette solution par les réformes serait l’unique solution de nos problèmes. Non… c’est un facteur important, mais pas la seule solution.
En effet, la réforme sans la sécurité est comme la sécurité sans la réforme. L’une ne peut réussir sans le concours de l’autre. C’est ce que nous avons déjà déclaré et que nous continuons à dire… Ceux qui ne cessent de répéter que la Syrie a choisi « la solution sécuritaire » n’entendent ni ne voient ! Nous avons maintes et maintes fois répété : solution politique d’une main, éradication du terrorisme de l’autre main. À ceux qui tentent d’inverser la situation par ce prétexte, nous demandons : lorsqu’une personne résiste à une agression, diriez-vous qu’elle s’est défendue ou bien qu’elle a choisi une solution sécuritaire ? Pourquoi parler de « solution sécuritaire » lorsqu’un État défend le peuple et que le peuple défend la patrie ? N’importe qui, dans ce cas, serait considéré comme ayant opté pour sa légitime défense, non pour une situation sécuritaire ! Nous, nous n’avons pas opté pour la guerre. La guerre a été imposée à la Syrie. Par conséquent, lorsque l’État défend le peuple et que nous nous défendons tous, aucune personne raisonnable ne devrait continuer à dire que nous avons fait un choix sécuritaire. La défense de la patrie est un devoir et le seul choix possible. Le fait que nous ayons accepté une « solution politique » n’implique nullement que nous devrions cesser de nous défendre, tout comme il suppose un partenaire qui accepte cette solution et qui est disposé au dialogue.
Nous n’avons jamais refusé la « solution politique ». Nous l’avons adoptée depuis le premier jour sur la base fondamentale du dialogue. Nous avons tendu la main à toute personne porteuse d’un projet politique qui pousserait la Syrie à aller de l’avant. Mais avec qui dialoguer ? Avec les dépositaires de la pensée extrémiste qu’ils n’expriment que par le langage du sang, du meurtre et de la terreur ? Avec des gangs télécommandés de l’étranger ? Avec ceux qui suivent l’étranger et exécutent ses ordres ? L’étranger ordonne de refuser le dialogue national parce que ses dirigeants savent qu’il ferait échouer tous leurs plans échafaudés pour détruire de la Syrie, d’autant plus que certains dirigeants de pays de la région ont bien compris que si la Syrie sortait de « sa crise », leur avenir politique serait sérieusement compromis, maintenant qu’ils se sont noyés et ont noyé leurs peuples dans les mensonges et ont gaspillé leurs richesses pour soutenir le terrorisme, maintenant qu’ils ne peuvent justifier leur politique d’agression et qu’ils se sont compromis dans le crime, le meurtre, et l’effusion du sang des innocents. Et enfin, devons nous dialoguer avec des pantins façonnés par l’Occident pour tenir le rôle qu’il leur a distribué et réciter les textes qu’il leur a dictés ? Si nous devons dialoguer, autant dialoguer avec l’original plutôt qu’avec sa copie, non avec celui qu’il a créé de toutes pièces pour l’exhiber sur les scènes du monde entier. Autant dialoguer avec le maître, plutôt qu’avec l’esclave !
C’est l’Occident, descendant du colonialisme et premier détenteur du sceau des divisions politiques et des rivalités sectaires odieuses, qui a fermé la porte du dialogue, pas nous ! Ceci, parce qu’il a pris l’habitude de donner des ordres et que nous nous sommes habitués à la souveraineté, à l’indépendance, et au libre arbitre. Nous ne changerons pas ! Dès lors, comment pourrait-il dialoguer avec nous ? Et pourquoi le ferait-il ? Par conséquent, celui qui se contente de parler d’une « solution politique » en négligeant ces réalités, soit les ignore, soit est complice et sacrifie sa patrie et ses concitoyens pour nourrir les criminels qui se tiennent derrière eux. Il vend son peuple et le sang de ceux qui sont tombés pour la patrie. C’est ce que nous ne permettrons pas !
Certains parlent d’une solution politique sans parler de l’éradication du terrorisme, et inversement. Ceux-là manquent de précisions, car la solution ne peut être que globale et concerner plusieurs « axes » : le politique, la lutte contre le terrorisme, et le social. Ce troisième axe s’est révélé être d’une grande importance, ne serait-ce qu’en tirant les conclusions des « modèles » observés à Homs et à Deraa, où nous avons vu la situation s’améliorer de façon spectaculaire du fait de cette « solution sociale ». Ainsi, des personnes d’une moralité certaine, armés de leurs seuls sentiments d’appartenance nationale et de patriotisme, ont pris l’initiative de servir d’intermédiaire entre l’État, certains insurgés dupés, et même des terroristes. Ils sont arrivés à des résultats tangibles que nous avons tous pu vérifier sur le terrain. Ces citoyens n’étaient affiliés à aucun parti, n’avaient pas de programme politique, mis à part leur sentiment national. Ce genre d’initiative est de la plus haute importance, surtout que n’importe quelle crise dans n’importe quel pays peut s’aggraver… Il faut toujours revenir aux racines sociales. Je salue toutes ces personnes qui ont merveilleusement travaillé pour le salut de la patrie, chacune donnant le meilleur de ce qu’elle peut donner. J’en connais certaines que j’ai rencontrées, et d’autres dont j’ai entendu parler. Il y a des soldats inconnus… Nous les saluons tous, et nous leur disons que nous comptons beaucoup sur leurs initiatives.
Ce qui précède pourrait laisser à penser que nous ne voyons personne avec qui dialoguer. Ce n’est pas vrai ! Malgré tout, nous sommes toujours prêts au dialogue et nous continuerons toujours à tendre la main pour inviter au dialogue… Nous dialoguerons avec ceux qui s’opposent à notre politique, tant qu’ils ne portent pas atteinte aux principes nationaux fondamentaux… Nous dialoguerons avec les partis et les individus, tant qu’ils ne se vendent pas aux forces étrangères… Nous dialoguerons avec ceux qui déposeront les armes, pour que l’authentique sang syrien recoule dans leurs veines… Nous resterons les partenaires vrais et sincères de chaque citoyen patriote honnête, noblement et jalousement attaché à la Syrie, à ses intérêts, à sa sécurité et à son indépendance.
Partant de là et de nos « constantes de principe » ; à savoir, la souveraineté de l’État, l’indépendance de sa décision, les principes et objectifs de la Charte des Nations Unies, le Droit international ; lesquels confirment tous la souveraineté, l’indépendance, l’intégrité territoriale des États, ainsi que la non-ingérence dans leurs affaires internes. Et, étant donné que nous sommes convaincus de la nécessité du dialogue entre les enfants de la Syrie, sous direction syrienne, pour rétablir la sécurité et la stabilité politique ; la « solution politique en Syrie » se fera comme suit :
Première étape
1. Les États concernés, régionaux et internationaux, s’engagent à cesser de financer, armer, et héberger les combattants armés ; parallèlement à l’arrêt des opérations terroristes de ces derniers. Ceci, facilitera le retour des Syriens déplacés vers les lieux de leur résidence d’origine, dans le calme et la sécurité. Ce n’est qu’ensuite que nos forces armées mettront fin à leurs opérations militaires, tout en se réservant le droit de riposter au cas où la sécurité de la patrie, des citoyens, des entreprises publiques et privées, serait menacée de n’importe quelle attaque.
2. Trouver une procédure pour s’assurer que toutes les parties respectent le précédent engagement avec, en particulier, le contrôle des frontières.
3. Le gouvernement en exercice se charge d’initier directement les prises de contact avec toutes les catégories de la société syrienne, les partis, et les organisations pour permettre les échanges et préparer à une « Conférence de dialogue national », à laquelle participeront toutes les forces extérieures et intérieures, désireuses de trouver une solution en Syrie.
Deuxième étape
1. Le gouvernement en exercice invite à tenir une conférence de dialogue national et global, pour décider d’une « Charte nationale » qui affirme la souveraineté et l’intégrité territoriale de la Syrie, le rejet de toute ingérence dans ses Affaires, ainsi que le renoncement au terrorisme et à la violence sous toutes ses formes. C’est cette charte qui tracera l’avenir politique de la Syrie et qui dessinera le système constitutionnel et judiciaire, les caractéristiques politiques et économiques, et les projets de lois issus du consensus, concernant les partis, les élections, l’administration locale etc.
2. La charte devra être soumise à référendum national.
3. Elle sera suivie de la formation d’un gouvernement élargi à toutes les composantes de la société syrienne, chargé de la mise en œuvre des dispositions de la « Charte nationale ».
4. Organisation d’un référendum sur la Constitution. Après son adoption, le gouvernement élargi adoptera les lois consensuelles issues de la « Conférence du dialogue national » conformément à la nouvelle constitution, dont celles portant sur loi électorale qui permettra de tenir de nouvelles élections législatives. Ceci dit, tout ce qui concerne la Constitution et les lois pourrait être précédé du conditionnel « si », autrement dit en cas d’accord lors de la « Conférence du dialogue national », une conférence permettra de débattre des nouvelles lois ou de la nouvelle constitution ; le gouvernement travaillant à sa visibilité.
Troisième étape
1. Formation d’un nouveau gouvernement conformément à la Constitution adoptée selon les modalités précédentes.
2. Tenue d’une « Conférence de Réconciliation Nationale », et déclaration d’une amnistie générale pour ceux qui ont été emprisonnés en raison des événements, avec maintien de leurs Droits civils.
3. Travaux préparatoires pour la réhabilitation des infrastructures, la reconstruction, et l’indemnisation des citoyens pour les dommages subis du fait des événements.
Concernant l’amnistie générale, elle se fera en effet avec la conservation des droits civils, car l’État a le droit d’accorder la grâce dans le domaine du Droit public, alors qu’il ne dispose pas de cette possibilité dans le domaine du Droit des personnes… Je pense que lorsque nous serons arrivés à ce stade, il faudra que le pardon soit l’affaire de tous, non seulement par amnistie de l’État. Ce n’est qu’alors que nous parviendrons pratiquement à la « Réconciliation nationale », tout un chacun ayant pardonné à tous !
Telles sont les principales caractéristiques de la solution politique telle que nous la concevons. Il s’agit de têtes de chapitres qu’il faudra étayer et approfondir. Le gouvernement aura à gérer cette « vision » et à en rédiger les détails, sous forme d’une « initiative » qu’il présentera dans quelques jours. Par la suite, les choses devraient suivre leur cours selon les étapes précédemment mentionnées.
Maintenant, remettons chaque sujet dans son contexte, car nous vivons à l’ère de la falsification et des interprétations erronées. Nous n’avons pas falsifié. Mais étant donné que telle est la tendance générale du moment, tâchons d’éviter les quiproquos :
1. Concernant notre vision de la solution, certains pourraient s’inquiéter en la considérant comme un recul du point de vue sécuritaire. Je vous rassure tous. La lutte contre le terrorisme ne s’arrêtera pas tant qu’il restera un seul terroriste en Syrie. Ce que nous avons commencé, nous continuerons à le faire, et cette initiative n’impliquera aucune complaisance dans notre lutte contre le terrorisme. Au contraire, plus nous progresserons dans notre lutte, plus les chances de succès de notre vision augmenteront.
2. La vision, ou l’initiative - quel que soit le nom qu’on lui donnera - s’adresse à tous ceux qui veulent le dialogue et une solution politique, dans un proche avenir, en Syrie. Elle ne s’adresse pas à ceux qui les refusent. Sachant que, dès aujourd’hui, nous allons entendre beaucoup de commentaires exprimant son rejet de la part de ceux que vous commencez à bien connaître. D’avance, et pour qu’ils ne perdent pas leur temps, nous leur disons : pourquoi refusez-vous quelque chose qui, fondamentalement, ne vous est pas adressé ?
3. Toute initiative qui pourrait venir d’une autre partie, personnalité, ou État devra se fonder sur la « vision syrienne » ; ce qui signifie qu’il n’y a aucune initiative qui puisse remplacer ce que nous préconisons comme solution en Syrie. Plus clairement encore : n’importe quelle autre initiative pourra éventuellement aider les Syriens en ce qu’ils ont eux-mêmes décidé, mais en aucune façon elle ne pourra la remplacer. Maintenant que le gouvernement syrien a exposé ses idées, toute initiative étrangère devra se fonder sur ces mêmes idées à partir du moment où elle pourrait aider à les concrétiser. Il est donc inutile que nous perdions notre temps et celui des autres par des initiatives éloignées de ce contexte.
En même temps, si nous nous demandions comment les initiatives étrangères pourraient-elles nous aider ? Nous dirions que ce serait sur deux axes : l’axe de l’action politique, et l’axe de la lutte contre le terrorisme. Pour le premier, nous n’avons pas besoin d’aide. Nous Syriens, sommes capables d’intégrer une opération politique. En pratique, celui qui voudrait sérieusement, efficacement, et honnêtement aider la Syrie, devrait se concentrer sur les moyens susceptibles d’arrêter le trafic de combattants armés et d’argent à travers ses frontières. Ceci est un message à tous ceux qui travaillent de l’extérieur, pour qu’ils sachent sur quoi réfléchir. Nous ne souhaitons pas qu’on vienne en Syrie pour nous dire comment mener notre opération politique… Un pays millénaire sait gérer ses affaires.
4. Si nous acceptons des initiatives étrangères, cela ne signifie absolument pas que nous acceptons une interprétation incompatible avec notre vision. Nous n’acceptons aucune interprétation qui ne sert les intérêts syriens. Ce qui m’amène à parler de « l’Initiative de Genève » approuvée mais comportant un article obscur, celui relatif au « gouvernement de transition ». Cet article n’est évidemment pas clair pour la simple raison que lorsque nous parlons de transition, il faudrait savoir répondre à la question : transiter d’où vers où ? Transiter de quoi vers quoi ? Serait-ce par exemple : Transiter d’un pays indépendant vers un pays occupé ? Ou alors, transiter d’un pays doté d’un État vers un pays sans État, où règne le chaos ? Finalement, devrions- nous nous passer de notre pouvoir de décider, pour le confier aux bons soins des étrangers ?
Bien sûr, nos adversaires voudraient voir ces trois dernières transitions réunies. Pour nous, les conditions actuelles font qu’un tel flou nous ferait transiter de la stabilité vers l’instabilité. Toute autre interprétation ne nous concerne pas. Ceci dit, dans les conditions normales, une transition suppose d’aller du moins bien vers le mieux et se fait dans le cadre de la Constitution… C’est ce que nous faisons et en ce qui nous concerne, nos idées sont notre « période transitionnelle » à nous !
5. À chaque fois que nous avons accepté une initiative, nous avons considéré qu’elle respectait la souveraineté et la décision du peuple car, effectivement, toutes celles avec lesquelles nous avons eu à faire contenaient ces deux principes en préambule. Ainsi, les points sur lesquelles s’accorde l’intérieur ou l’extérieur doivent être de la décision du peuple syrien. Même la « Charte nationale » issue de la « Conférence du dialogue national » ne passera pas sans référendum. Il devrait y avoir consultation référendaire pour tous les problèmes, surtout en ces circonstances difficiles. Nous l’avons dit à tous ceux que nous avons rencontrés. Toute idée ou sujet qui nous vient de l’intérieur ou de l’extérieur doit être soumise à référendum, et non seulement approuvée par le président, le gouvernement, le dialogue, ou autres. Cela nous garantirait de n’agir qu’avec l’approbation du peuple et dans l’intérêt de la patrie. Si nous tenons compte de ce principe clair et simple à la fois, alors tous ceux qui vont et viennent en Syrie sauront que la Syrie accepte le conseil et refuse le diktat, accepte l’aide et refuse la tyrannie.
Par conséquent, tout ce que vous avez entendu ou entendrez comme idées, opinions, initiatives et déclarations par des médias ou des responsables, ne nous intéresse pas tant qu’ils continueront à user de leur « terminologie printanière », d’ailleurs comparable à des bulles de savon qui finissent par éclater… Toutes les explications sur n’importe quel sujet qui ne tiennent pas compte de la souveraineté de la Syrie, restent du domaine des chimères. Ils peuvent toujours rêver et déambuler dans leur monde imaginaire, mais ils ne peuvent nous amener à vivre dans leur monde. Nous ne prendrons aucune initiative, nous ne déciderons d’aucune action, qui ne seraient fondées sur la réalité syrienne et la volonté du peuple.
Mes sœurs et mes frères, la patrie est indépassable, la Syrie est indépassable, c’est par l’initiative que nous la fortifions, c’est pour chaque grain de sa terre que nous la défendons. Le Syrien respire la tolérance et l’indulgence, mais la dignité nationale coule dans ses veines, si bien que la grande majorité des Syriens se sont dressés contre le terrorisme. Il y a ceux qui ont travaillé à fournir de précieux renseignements aux autorités compétentes, leur permettant de contrecarrer des opérations terroristes prévues contre les citoyens… Il y a ceux qui ont refusé de les accueillir et qui leur ont tenu tête, au risque de leur vie… Il y a ceux qui se sont battus au coude à coude avec nos forces armées pour défendre les villes, les quartiers et les infrastructures. Les exemples sont pléthores… Celui qui me vient à l’esprit s’est passé à l’extrême nord syrien dans le gouvernorat d’Hassaké et à Ras el-Ein plus précisément. Les jeunes de ce petit village l’ont défendu pendant plusieurs jours contre les attaques répétées de terroristes venus par la frontière turque toute proche, avant de finir par les vaincre. Je les salue. D’autres se sont impliqués dans des initiatives de réconciliation au niveau local et national, coupant ainsi la route aux terroristes et empêchant l’escalade des violences par le dialogue et l’esprit de solidarité.
Ces citoyens ont témoigné d’une conscience profonde, à savoir que la sécurité souhaitée ne passe ni pas par la neutralité et l’attentisme, ni par la fuite en avant, ni par la soumission servile devant l’étranger. Lorsque notre patrie va mal, nous tous allons mal. La patrie n’appartient pas seulement à ceux qui l’habitent, mais à ceux qui la défendent. La patrie n’appartient pas à ceux qui ont grandi sous son ombre et profité de ses bienfaits pour disparaitre quand elle appelle. La patrie appartient à tous ceux qui ont répondu à son appel… même à ceux qui ont failli dans de nombreuses circonstances, mais qui se sont ressaisis quand elle a été durement frappée et, quelle que soit leur appartenance, se sont levés avec tous les autres disant : le moment de l’offrande est arrivé. Ils ont alors donné sans compter.
Certains sont tombés sur le champ d’honneur. C’est leur sang qui a démasqué le « faux printemps » et sauvé le peuple des « supercheries » destinées, dès le début des événements, à le frapper du pire. C’est leur sang qui a vaincu ce que l’Occident a faussement qualifié de printemps, mais qui a brûlé de son feu haineux et aveugle tout ce qu’il a pu atteindre par son sectarisme odieux et sa volonté d’une partition détestable. Ce ne fut que le printemps de ceux qui l’ont planifié et ont tenté de l’exécuter. Mais le voilà qui échoue, et que c’est justement le sang de ses martyrs qui a protégé et qui continuera de protéger la patrie et la région. C’est ce sang versé qui préservera l’intégrité de notre territoire, consacrera notre union dans la diversité, purifiera nos sociétés de la traitrise et de la trahison, et empêchera la décadence morale et humaine de notre civilisation pour les siècles et les générations futures. Telle est la plus importante et la plus puissante des victoires de la patrie, laquelle n’oubliera pas ceux qui se sont sacrifiés pour sa victoire. C’est parce que la patrie est un droit qu’elle restituera à chacun ce qui lui revient de droit.
Je rends hommage aux hommes les plus méritants des amis du droit, les hommes de l’Armée arabe syrienne. J’adresse mes salutations à nos courageux officiers et soldats qui par la sueur et le sang donnent sans compter pour la Syrie, priorité de toutes leurs priorités. J’adresse mes salutations à nos forces armées qui combattent la plus féroce des guerres, déterminées à éradiquer jusqu’au dernier des terroristes pour rétablir la paix et la sécurité à toute la patrie et à tous ces citoyens. Mais, nos forces armées qui se sont illustrées par leur ténacité, leur cohésion et leur patriotisme ne sont que le reflet de la ténacité et de l’unité de notre peuple ; elles ont veillé pour conserver sa sécurité et sa dignité ; il les a soutenu tout autant. Alors, gloire à chaque soldat tombé pour défendre le sol de la patrie, et gloire à chaque soldat qui reprendra les armes d’un soldat tombé pour accomplir ce qu’il n’a pu terminer.
Et, sincères salutations à chaque citoyen qui, à sa manière et selon ses moyens, a fait son devoir en soutenant nos forces armées. Ceux-là sont la fierté et la dignité de la Syrie. L’Histoire retiendra leurs noms en lettres de lumière et de feu, car ce sont eux qui l’écrivent avec leur sang et leur courage. Ils sont et resteront les équivalents de notre Armée et les Défenseurs de notre patrie, au côté des « Houmatal’dyari ».
Mes sœurs et mes frères… je sais comme vous savez que ce que le pays traverse est difficile et douloureux. Je partage les sentiments d’une majorité du peuple syrien confronté à la perte d’êtres chers, car la haine a touché tout le monde et les cercueils des martyrs innocents ont endeuillé de nombreux foyers, dont le mien, parce que je fais partie de ce peuple et que j’en ferai toujours partie ; les postes étant éphémères, mais la patrie éternelle ! Quant aux larmes des mères affligées par la perte de leurs enfants innocents, elles se verseront pour la paix de leurs âmes immortelles, mais se déverseront en une véritable damnation sur les criminels assassins qui ont volé le sourire de nos enfants, avant de tenter de voler leur avenir dans un pays fort, paisible et stable.
La Syrie restera telle vous l’avez connue et, si Dieu le veut, elle reviendra plus forte qu’elle ne l’a jamais été. Il ne faut donc pas renoncer à nos principes. Ceux qui ont parié sur l’affaiblissement de la Syrie pour qu’elle oublie son Golan et ses territoires occupés sont dans l’illusion. Car le Golan est à nous, et la cause palestinienne est et restera la nôtre ; cette Palestine pour laquelle nous avons donné le meilleur de nous- mêmes… du sang et des martyrs !
Nous continuerons à soutenir la Résistance contre la coalition de ses ennemis. Car, la résistance est « la voie », non les individus. La résistance est état d’esprit et pratique, non concessions et opportunisme. Et le peuple et l’Etat qui, pendant des décennies, ont assumé la lourde charge de leur soutien à la juste cause du peuple palestinien, en dépit de toute sorte de défis, de pressions, de menaces, et du prix élevé payé par chaque citoyen syrien, ne peuvent modifier leur position à l’égard de leurs frères palestiniens, et pour quelles que raisons que ce soient !
Ainsi, la tentative poussant à compromettre les Palestiniens dans les événements syriens n’a qu’un seul but, celui de ne plus orienter la boussole vers le véritable ennemi. Toutes ces tentatives sont vouées à l’échec avant même de commencer. Le Palestinien en Syrie fait son devoir envers sa seconde patrie comme tout Syrien. Et nous, État et peuple syriens, assumons la responsabilité de faire notre devoir à l’égard des Palestiniens, comme nous le ferions pour tout Syrien. Je rends hommage à tous les nobles palestiniens qui ont respecté notre pacte, ont pris acte de nos prises de position avec toute la compréhension nécessaire, ont fraternisé avec leurs frères syriens par le sang et le destin sans jamais considérer la Syrie comme un hôtel de loisirs qu’on quitterait au gré des circonstances !
Mes sœurs et mes frères, malgré tout ce qui a été planifié contre la Syrie et tout ce que nous avons subi de la part des proches avant les moins proches, ils ne réussiront pas à modifier ce qui nous habite de fort, de solide et d’inébranlable lorsqu’il s’agit du patriotisme qui coule dans nos veines… lorsqu’il s’agit de la Syrie, plus précieuse que tout le reste. La résistance, dont vous avez fait preuve depuis près de deux années face à tout ce qui nous est arrivé, dit au Monde que la Syrie est réfractaire à l’effondrement, que son peuple est récalcitrant à la soumission et à l’humiliation, et que la résistance et la relève du défi sont ancrées dans le corps syrien. Nous en héritons génération après génération. Nous avons toujours été ainsi et le resterons. Main dans la main, et en dépit de nos blessures, nous emmènerons et marcherons avec la Syrie vers un meilleur et plus bel avenir… Nous emmènerons et marcherons avec la Syrie… Nous irons de l’avant sans nous laisser intimider par leurs armements, ni nous laisser terroriser par leur haine, parce que nous sommes du côté du juste et que Dieu est toujours et à jamais avec la Justice !
Je vous remercie.
Dr Bachar al-Assad
Président de la République arabe syrienne
06/01/2013
الخطاب الكامل للسيد الرئيس بشار الأسد 6 1
2013

Transcription et traduction : Mouna Alno-Nakhal
URL de cet article 18897

lundi 7 janvier 2013

Les Palestiniens résistent par leur dignité....Les Palestiniens représentent bien plus qu’un conflit. Ils incarnent la dignité, la détermination, le dévouement total à leur patrie et à leur identité, la joie et la créativité.

Partir dans un pays en guerre et revenir le cœur rempli d’espoir. Est-ce possible ? C’est pourtant mon ressenti après avoir séjourné un peu moins d’une semaine en Cisjordanie. Il faut croire que c’est la Palestine qui m’a appelée à elle, moi qui n’avais jamais envisagé un voyage sur cette terre. Comme si elle avait un message à me délivrer. Un message auquel je ne m’attendais pas vraiment.
Bien que je m’enthousiasmais à l’idée de partir, l’angoisse me gagnait peu à peu avant le grand départ. J’inventais chaque jour un scénario qui ne me sécurisait guère : la crainte d’un retour en France dans un état psychologiquement perturbée, la peur d’être confrontée à la violence de soldats ou de colons armés, ou encore d’être rongée par la culpabilité : celle d’avoir quitté des proches inquiets. Ces scénarios étaient aussi fantaisistes qu’effrayants et m’offraient différentes approches de la chose. Mais les motivations de ce voyage – rendre compte de l’implantation continuelle des colonies, et des conditions de vie des réfugiés – nourrissaient ma curiosité et mon engouement. Et puis, vint le jour J. Mon arrivée à l’aéroport Ben Gourion s’est faite à 2h du matin, accompagnée de militants associatifs et politiques en provenance des quatre coins du monde et avec lesquels nous constituions la délégation française envoyée par l’Association France Palestine Solidarité. Pour certains, la sortie n’a pu se faire qu’à 8h du matin. Parmi les personnes retenues : mon amie Narimène et moi-même.

Les douaniers nous avaient tenues à l’écart des autres passagers afin de nous poser un certain nombre de questions. L’intimidation et la peur furent les principales méthodes utilisées, comme s’ils avaient été formés pour empêcher une éventuelle volonté d’entrer sur le territoire Palestinien ou, tout simplement, pour nous faire regretter d’être venus. Ils nous demandaient sur un ton insistant et menaçant si nous restions bien en Israël, et si nous n’envisagions pas d’aller dans les territoires occupés ! Soulagée d’avoir quitté l’ambiance lugubre de cet endroit, mon amie découvre à sa grande surprise que nos passeports n’ont pas été tamponnés. Ce n’était pas un oubli mais bel et bien une volonté de leur part de compliquer notre séjour : les douaniers savent qu’un passeport non tamponné risque de causer des problèmes à l’entrée ou à la sortie des checkpoints. C’est à ce moment-là que les sentiments de colère et d’injustice ont résonné en moi. Si une telle discrimination s’applique à des « touristes » européens, qu’en est-il du quotidien des Palestiniens ? Comment supporter de vivre dans de telles conditions et penser construire, dans le même temps, un avenir stable et serein ? Cette question m’a servie de fil conducteur tout au long du périple et la réponse se dessinait dans mon esprit au fur et à mesure que mon voyage se poursuivait. Enfin installée, je suivais le programme établi pour chaque jour : visite de Ramallah, Hébron, Bethléem, Naplouse, en passant par les villages de Bil’in et Qalqylia. Chaque rencontre témoignait des différentes formes d’injustices auxquelles les Palestiniens étaient confrontés : vol de terres fertiles et riches qui sont sources d’eau potable, interdiction aux ambulances palestiniennes d’accéder à certaines routes israéliennes avec des panneaux indicatifs très explicites, impossibilité de franchir des checkpoints pour des raisons injustifiées, etc.

Plusieurs situations vécues pourraient être évoquées dans cet article mais à défaut de ne pouvoir tout retranscrire, je parlerai du sentiment qui m’a le plus saisie et qui fut probablement celui ressenti à Hébron. C’est ici que j’ai commencé à tirer enseignement de cette visite en Palestine. Hébron, ville connue pour avoir été le théâtre des plus virulentes altercations entre colons et Palestiniens, cité où la provocation et la colère sont attisées par des colons est aussi, et contre toute attente, la ville où les habitants palestiniens continuent le plus à résister. La pression et le caractère haineux y sont si perceptibles qu’un grand nombre de commerçants ont dû fermer boutique, à l’exception d’une petite minorité qui a décidé de rester. A notre arrivée, un commerçant nous offre thé et café avec toute l’hospitalité et la générosité qui caractérisent ce peuple. Un geste de bonté qui exprime aussi une volonté de narguer les soldats israéliens patrouillant dans les alentours. Les rires et les jeux des enfants au regard coquin animent les ruelles souvent vides. Dans plusieurs rues, des messages peuvent être lus sur des murs à travers tags, fresques et graffitis, et sont le plus souvent porteurs d’un message de vie et de résistance. Et puis, la figure emblématique d’Hébron parmi tant d’autres est celle de Hachem. Il fut notre guide là-bas. Il subit des violences depuis quelques années déjà et a néanmoins été reçu par moult médias pour diffuser son témoignage. Il nous parle de son voisin, Barouch Marzel connu pour ses actes et propos racistes. Il raconte les violences auxquelles son épouse Nessrine et lui-même ont dû faire face. Nessrine a été victime de deux fausses couches suite à des altercations violentes. Il nous a montré un mur de sa maison ayant essuyé des impacts de balle mais qui n’ont heureusement blessé personne. Nous avons également observé une cicatrice sur son visage : celle-ci a été provoquée par un coup de matraque de soldat, pour avoir refusé de quitter sa maison. La dignité de cet homme ne peut alors m’empêcher de lui demander s’il lui arrive d’avoir peur. Et lui de me répondre avec force et détermination : « Non je n’ai pas peur, car je suis chez moi. C’est MA terre ». A cet instant, mon émotion est vive et mon estime, pour sa personne, remarquable.

Cette admiration se fera sentir partout où je me rendrai : à Bethléem, dans le camp de réfugiés d’Aida et dans un autre basé à Qalqylia. Mais à Bil’in aussi où l’on a pu voir « le mur de l’Apartheid » qui empêche les deux populations de se côtoyer ; je l’ai ressentie également à Naplouse, où les rues sont animées de commerçants, de passants et d’habitants pleins de vie. Je n’oublie pas Ramallah, ville dans laquelle une rencontre particulièrement mémorable m’a permis de mettre des mots sur l’espoir qui m’anime depuis mon retour. Ramadan Khattab est contrebassiste et directeur académique du Conservatoire Edouard Said qui accueille 1500 enfants. Il a dû arrêter son cursus scolaire à l’âge de 12 ans suite à la première Intifada, puis il a gagné sa vie comme mécanicien, jusqu’au jour de ses vint-six ans où il décida de se consacrer à la musique. Il étudie alors six années en France. Pour Ramadan, la musique est une source d’énergie et peut permettre aux enfants d’oublier la terreur des bombardements sans nier la réalité du conflit. Et c’est précisément cela qui est dérangeant : cette volonté de créer et de produire sans cesse, et de faire de la vie une arme de résistance en cultivant la joie. Il m’a parlé des cours de musique qui existaient sous la forme de vidéo-conférences pour les enfants gazaouis : 120 musiciens et 4 professeurs en exercice. C’est pour eux une fierté et un véritable défi de promouvoir l’éducation et vivre ses rêves quel qu’en soit le prix. Et lorsqu’on lui demande si des enfants juifs sont admis dans le Conservatoire, Ramadan répond qu’il trouve absurde de s’attarder sur la confession religieuse d’un enfant. « Un enfant reste un enfant ». En arrivant sur place, je pensais rencontrer des Palestiniens abattus par le conflit et désespérés par des perspectives d’avenir incertaines. J’ai finalement découvert des hommes et des femmes qui résistent à l’occupation grâce à ce que l’on tente de leur prendre par la force : la vie. Eprouver de l’empathie et de la peine quant à leur vécu est une chose. Mais cultiver ce sentiment n’aidera certainement pas leur cause ni celle d’aucun autre peuple. Les Palestiniens représentent bien plus qu’un conflit. Ils incarnent la dignité, la détermination, le dévouement total à leur patrie et à leur identité, la joie et la créativité. En attendant que les politiciens osent se prononcer et agir pour proposer un consensus de paix entre Palestiniens et Israéliens, il est nécessaire de s’informer et d’être témoin de la réalité du terrain. C’est d’ailleurs ce que réclament le plus souvent les Palestiniens en termes d’actes de solidarité, et de productivité : s’informer et informer notre entourage. Et si un de mes regrets est celui de n’avoir pas eu l’occasion d’échanger avec des Israéliens refusant, ou non, l’ « apartheid » actuel, j’ose espérer qu’une nouvelle opportunité se présentera à moi. En attendant, je médite sur les paroles d’Aung San Suu Kyi et qui s’adressent à tout peuple en lutte : « Usez de votre liberté pour promouvoir la nôtre ».
Source : Investig'Action

dimanche 6 janvier 2013

SYRIE 06/01/2013 - VIDEO 57mn - Discours complet du Président syrien BACHAR AL ASSAD en arabe الخطاب الكامل للسيد الرئيس بشار الأسد

Bachar el-Assad a affirmé que le conflit qui a fait, selon l'ONU, plus de 60 000 morts, n'opposait pas « le pouvoir et l'opposition, mais la patrie et ses ennemis, le peuple et ses assassins », ajoutant que certains voulaient la partition de la Syrie.

 
 
Le président syrien Bachar el-Assad s'est exprimé publiquement, ce dimanche 6 janvier, depuis la Maison de la culture et des arts, dans le centre de Damas. Ce discours, retransmis en direct par la télévision officielle syrienne, est le premier depuis sept mois. Le président syrien a notamment affirmé que le conflit meurtrier en Syrie n'opposait pas son régime à l'opposition, mais la Syrie à ses ennemis, qui souhaitent, selon lui, la partition du pays.

Dans son premier discours public en sept mois, Bachar el-Assad a affirmé que le conflit qui a fait, selon l'ONU, plus de 60 000 morts, n'opposait pas « le pouvoir et l'opposition, mais la patrie et ses ennemis, le peuple et ses assassins », ajoutant que certains voulaient la partition de la Syrie.
Le président a en outre appelé à un « dialogue national », pour lequel il a affirmé ne pas avoir trouvé de « partenaire ».
Mais ce dialogue, a-t-il précisé, ne s'ouvrira qu'à plusieurs conditions. « Les pays impliqués doivent s'engager à arrêter de financer l'armement et les hommes amés doivent arrêter les opérations terroristes, nos forces cesseront ensuite immédiatement les opérations militaires, tout en conservant le droit de répliquer », a-t-il affirmé. Et ce n'est qu'après ces étapes, que se tiendra « une conférence de dialogue national, auquel participeront toutes les parties », a-t-il poursuivi.
Si ce dialogue ne s'est pas ouvert jusqu'à présent, « ce n'est pas parce que nous ne voulons pas d'une solution politique, mais parce que nous n'avons pas trouvé de partenaire », a-t-il ajouté.
Le président syrien s'exprimait sur la scène de la Maison de la culture et des arts, dans le centre de Damas, où il est arrivé sous les applaudissements nourris de centaines de personnes qui ont scandé « Par notre âme et par notre sang, nous nous sacrifierons pour toi ». Derrière lui s'affichait un immense drapeau syrien composé d'une multitude de visages.


samedi 5 janvier 2013

La tragédie des Palestiniens en Syrie, et la centralité du Droit au retour..Tant qu’Israël continuera à se moquer du droit international, les millions de Palestiniens réfugiés demeureront prisonniers de rivalités régionales où ils sont politiquement exploités, ou considérés comme un problème démographique, ou pire encore, comme une menace..

Des centaines de Palestiniens ont été tués en Syrie. Ils ont été soit entraînés dans le conflit sanglant entre le gouvernement syrien et l’opposition, soit délibérément pris pour cible sous un prétexte ou un autre. L’épisode violent le plus récent, qui a presque vidé le camp de Yarmouk, a débuté le 14 décembre quand des militants islamistes ont, semble-t-il, attaqué les Palestiniens fidèles au gouvernement syrien du Président Bashar Assad.


Cela devait être en 2007, bien que je ne puisse pas me rappeler la date précise. Je me souviens avoir perdu beaucoup de temps à trouver où était le siège du Programme Alimentaire Mondial des Nations Unies à Rome. S’y tenaient une réunion d’ONGs et une sorte d’Assemblée Générale à laquelle participaient plusieurs ambassadeurs de l’ONU et consacrée à « la question de la Palestine ». J’avais été invité à y participer au nom d’une ONG. Timidement, j’avais accepté.

Sachant à l’avance comment ce genre de réunions se concluent le plus souvent - reprendre d’anciennes déclarations, rabâcher de vieux textes, réaffirmer ceci et cela - j’y participais néanmoins. Le sujet de la discussion était les réfugiés Palestiniens, lesquels pour la grande majorité des Palestiniens - excepté l’Autorité Palestinienne de Mahmoud Abbas - représentent toujours le noyau de n’importe quelle solution équitable à la lutte palestinienne vieille de plusieurs décennies, pour la liberté et les droits. Je me sentais poussé par une grande sensation d’urgence sur la nécessité de répéter et reconfirmer le texte officiel des Nations Unies. Quelques jours plus tôt à Londres, j’avais reçu un appel téléphonique qui m’avait bouleversé.
Celui qui m’appelait était un jeune Palestinien nommé Hossam, échoué à la frontière entre la Jordanie et l’Irak. Deux de ses frères avaient été tués en Irak ces derniers mois. L’un assassiné dans le quartier de Baladiat à Bagdad, où vivaient principalement des réfugiés Palestiniens, et l’autre aassassiné par des militaires américains.
Avant l’invasion par les États-Unis en 2003, une petite communauté de 35 000 Palestiniens vivait en Irak. Ils étaient intentionnellement tenus à l’écart de n’importe quelle participation à la vie politique dans le pays, et à la différence des Palestiniens réfugiés au Liban, ils étaient bien traités. Mais après l’invasion américaine, ils sont devenus des cibles faciles pour différentes milices, les forces occupantes et les bandes criminelles. Beaucoup ont été tués, particulièrement ceux qui n’avaient pas les moyens de payer les lourdes rançons imposées au hasard par les gangs armés. La plupart des réfugiés se sont enfuis, cherchant refuge ailleurs dans le pays et quand cela n’était plus possible, jusque dans les pays voisins.
Permettre à des Palestiniens d’entrer dans les pays Arabes n’est pas aussi simple. Des milliers d’entre eux se sont donc retrouvés bloqués dans des camps de réfugiés nouvellement construits aux frontières de la Jordanie et de la Syrie. Ils ont survécu, certains pendant des années, affrontant les dures conditions du désert et grâce aux aides des Nations Unies. Pour finir, un bon nombre de ces réfugiés ont été dirigés vers divers pays non-arabes. C’était encore une fois le spectacle pitoyable d’une trahison des Palestiniens par les régimes arabes. Plus un de ces régimes parlera avec passion de la Palestine, moins il se préoccupera de la situation difficile et réelle des Palestiniens. L’Histoire a de tous temps été cruelle à cet égard.
Hossam voulait simplement rentrer en Jordanie. Il y était né et y avait grandi, mais son permis de résidence fut arbitrairement supprimé, comme c’est souvent le cas quand les Palestiniens réfugiés augmentent en nombre et finissent par poser un souci démographique au pays d’accueil. Il m’a donc demandé de l’aider, m’expliquant que sa mère était très âgée et qu’il était le seul fils qui lui restait.
Naturellement, j’étais, et je reste, impuissant. Cependant, quand je me suis vu invité à la réunion de Rome où il était question des réfugiés, j’ai alors pensé que ce serait une plate-forme appropriée pour que les difficultés de Hossam soient exposées dans un contexte politique d’urgence. Ce ne fut cependant pas le cas, les habituelles déclarations prenant le pas sur les préoccupations actuelles apparemment jugées insignifiantes.
Les Palestiniens réfugiés en Irak avaient le droit de revenir en Palestine. Ceux ayant le courage moral de s’exprimer ainsi, comme les ambassadeurs des Nations Unies à Rome, n’ont cependant aucun pouvoir excepté celui de faire d’ardents discours. Ceux capables de proclamer les résolutions des Nations Unies, depuis longtemps négligées et qui insistent sur le Droit au retour pour les Palestiniens réfugiés, sont cependant dociles face aux pressions des États-Unis et à la détermination disraélienne à nier ce droit à la population indigène. La Résolution 194 des Nations-Unies, qui date du 11 décembre 1948, n’est encore aujourd’hui que de l’encre sur du papier.
Tant qu’Israël continuera à se moquer du droit international, les millions de Palestiniens réfugiés demeureront prisonniers de rivalités régionales où ils sont politiquement exploités, ou considérés comme un problème démographique, ou pire encore, comme une menace. Et les États-Unis s’assurant qu’aucune mesure significative n’est prise pour alléger la souffrance des réfugiés, des milliers d’entre eux continueront à s’agglutiner aux frontières, faisant la queue pour la nourriture et défendant leur cause devant quiconque est disposer à les écouter.
La Syrie est maintenant le dernier épisode de cette longue tragédie, qui s’est développée comme jamais depuis la guerre civile libanaise (1975-1990) et les invasions israéliennes du Liban (1978 et 1982). Il y a douze camps de réfugiés en Syrie. Neuf d’entre eux sont officiellement enregistrés en tant que camps par l’UNRWA [UN Relief and Works Agency] et ils hébergent une population de plus de 496 000 réfugiés. Le camp de Yarmouk à lui seul, près de Damas, héberge près de 150 000 réfugiés. Ce camp a été régulièrement la cible de différents groupes militants et des forces syriennes. D’autres camps ont également été visés dans ce violent conflit, dont notamment Dera’a, Husseinieh et Neirab.
Des centaines de Palestiniens ont été tués en Syrie. Ils ont été soit entraînés dans le conflit sanglant entre le gouvernement syrien et l’opposition, soit délibérément pris pour cible sous un prétexte ou un autre. L’épisode violent le plus récent, qui a presque vidé le camp de Yarmouk, a débuté le 14 décembre quand des militants islamistes ont, semble-t-il, attaqué les Palestiniens fidèles au gouvernement syrien du Président Bashar Assad. Une contre-attaque incluant un raid aérien a frappé le camp, faisant beaucoup de morts et de blessés. Un exode s’en est suivi et un nouveau chapitre de l’odyssée palestinienne était écrit par la force, accompagné de sang et de souvenirs encore plus atroces. Des dizaines de milliers de réfugiés se sont sauvés. Certains se sont rendus dans les camps palestiniens déjà surpeuplés du Liban. D’autres s’en sont vus refuser l’entrée, et ils campent à présent dans les parcs de Damas, faisant une fois de plus la queue pour obtenir les aides des Nations Unies. Le Programme alimentaire mondial semble avoir la responsabilité de nourrir les réfugiés. Dans une déclaration récente, l’UNICEF [agence des Nations Unies pour l’enfance] coordonne ses efforts avec l’UNRWA, le Croissant Rouge Arabe syrien [SARC], et le Haut Commissariat pour les réfugiés (UNHCR).
Aucun mot ne peut réellement décrire la si pénible situation des millions de réfugiés syriens innocents entraînés dans un jeu de pouvoir régional qui n’a aucune sorte de respect pour les trois millions de réfugiés déplacés à l’intérieur du pays ou dans les pays limitrophes. Mais la situation pour les Palestiniens, en Syrie et ailleurs, continue à être une particularité encore pire, toutes les fois que des conflits éclatent dans un pays arabe - comme dans le cas de la Jordanie, du Liban, du Koweït, de l’Irak, de la Libye et maintenant de la Syrie. C’est toujours la même vieille histoire qui se répète et qui devrait une bonne fois pour toutes, être traitée comme une crise humanitaire et politique et non pas simplement comme une question conjoncturelle.
La Direction palestinienne porte une grande part de responsabilité, puisqu’elle a relégué au second plan la question des réfugiés - c’est-à-dire le Droit au retour - la réduisant à une question à traiter d’une manière ou d’une autre lors de négociations avec Israël pour un statut final. Ces discussions n’ont naturellement jamais eu lieu, et selon les documents révélés au grand jour, il s’avère que l’Autorité palestinienne avait totalement abandonné les réfugiés à leur sort, lors d’entretiens tenus secrets avec des officiels israéliens.
La plupart des Palestiniens réfugiés en Syrie ont été chassés de Palestine en plusieurs étapes. La première vague est arrivée en 1948, venant en grande partie de Safad, de Haïfa et de Yaffa. Le deuxième vague est arrivée après l’occupation par Israël des Hauteurs du Golan en 1967, et la troisième pendant la guerre civile au Liban et les guerres lancées par Israël contre ce même pays. C’est une tragédie à plusieurs niveaux et qui dure dans le temps. En vérité, cela exige de doubler les efforts pour protéger et prendre soin des réfugiés, mais cela exige également un réexamen sérieux de l’attitude méprisante de la communauté internationale envers ces mêmes réfugiés. Ceux-ci ne peuvent être réduits à une multitude fuyant des conflits arabes ; ils représentent par eux-mêmes une crise politique et morale grave qui exige une action immédiate sous l’égide des droits des Palestiniens, tels qu’ils sont reconnus par le droit international.
Paradoxalement, c’est l’ambassadeur israélien aux Nations Unies, qui a replacé le Droit au retour dans un contexte politique, dans sa son réponse à la désapprobation manifestée face à l’expansion des colonies juives à Jérusalem par les membres du Conseil de Sécurité. Le 20 décembre, Prosor a affirmé que ce n’était pas l’expansion des colonies - toutes illégales au regard du Droit international - qui devait être considérée comme un obstacle à la paix, mais plutôt l’insistance des Palestiniens à revendiquer leur Droit au retour. Son argumentation était à la fois biaisée et dépourvue de sensibilité. Tandis qu’Israël continue son nettoyage ethnique de la Palestine pour faire de la place aux colons juifs, les réfugiés en Syrie et au Liban luttent pour la survie comme l’ont fait trois générations de réfugiés durant les 64 dernières années. D’une certaine manière, exiger que soient respectés les droits d’enfants effrayés et de mères implorantes - selon le droit international - représente une menace majeure pour la version israélienne de la paix.
Si la tragédie des réfugiés en Irak semblait insuffisante pour rappeler le rôle central de la crise des réfugiés palestiniens et le droit inaliénable de ces réfugiés, la véritable calamité qui leur arrive en Syrie ne devrait laisser aucun doute sur le fait que la question des réfugiés est une partie intégrante de la narration palestinienne, comme cela devrait être le cas dans n’importe quel discours politique digne de ce nom..
Le Droit au retour n’est pas simplement l’étude rétrospective d’une histoire émouvante faite de souvenirs d’une génération en train de disparaître. Ce droit mérite d’être traité comme une priorité politique extrêmement urgente avec une dimension humanitaire également pressante. Les Palestiniens une fois de plus meurent sur les routes et toutes les actions entreprises doivent viser à aider ces réfugiés à faire face au conflit en Syrie et à rentrer dans leur patrie : la Palestine.
Ramzy Baroud (http://www.ramzybaroud.net)
Source : Info-Palestine