lundi 29 octobre 2012

CUBA - FIDEL CASTRO : Il parait que je suis à l'agonie....

...Les peuples apprennent les leçons, et la résistance grandit face aux crises du capitalisme, qui se répètent de plus en plus fréquemment ; aucun mensonge, aucune répression, pas même les nouvelles armes ne pourront empêcher l’effondrement d'un système de production toujours plus inégal et injuste....
Lancer des bulletins de santé – que l’on sait faux – à propos de dirigeants révolutionnaires n’est pas une erreur. C’est une stratégie de désinformation visant à démoraliser. Le 30 mai, le célèbre journaliste US Dan Rather annonçait que “Chavez allait mourir d’ici deux mois au plus tard”. Zoellick, président US de la Banque mondiale, ajoutait : “Les jours de Chavez sont comptés”. Leur objectif : démoraliser ses électeurs et ceux qui l’admirent dans le monde. Quatre mois plus tard, Chavez remportait haut la main l’élection présidentielle après une campagne intense. Et il ajoutait : “Ce sont les jours de la banque mondiale qui sont comptés”... MICHEL COLLON

Il a suffi d'un message aux diplômés de première année de l'Institut des Sciences médicales « Victoria de Giron » pour que le poulailler de la propagande impérialiste se déchaîne, et que les agences de presse se lancent derrière le mensonge, avec voracité. Mais ce n’est pas tout, dans leurs dépêches, elles ont ajouté sur le patient les stupidités les plus insolites

Le journal espagnol ABC a publié qu'un médecin vénézuélien, établi on ne sait où, a révélé que Castro a souffert d’une embolie massive au niveau de l’artère cérébrale droite, « je peux affirmer que nous ne le reverrons plus en public ». Le soi-disant médecin qui, si c’en est un, a dû d’abord abandonner ses propres compatriotes, a qualifié l'état de santé de Castro de « très proche de l'état neurovégétatif. »
Même si beaucoup de gens dans le monde sont trompées par les organes d'information, presque tous aux mains des privilégiés et des riches, qui publient ce genre de bêtises, les peuples croient de moins en moins à ces mensonges. Personne n'aime être trompé, même le menteur le plus incorrigible attend qu'on lui dise la vérité. Tout le monde a cru, en avril 1961, les nouvelles publiées par les agences de presse affirmant que les envahisseurs mercenaires de Giron ou de la Baie des Cochons, comme on veut bien l’appeler, arrivaient à La Havane, alors qu’en réalité, un petit nombre d’entre eux tentaient vainement de rejoindre en canot les navires de guerre yankees qui les escortaient.
Les peuples apprennent les leçons, et la résistance grandit face aux crises du capitalisme, qui se répètent de plus en plus fréquemment ; aucun mensonge, aucune répression, pas même les nouvelles armes ne pourront empêcher l’effondrement d'un système de production toujours plus inégal et injuste.

Il y a quelques jours, peu avant le 50° anniversaire de la « Crise d'Octobre », les agences ont signalé trois coupables : Kennedy, fraîchement arrivé à la tête de l'empire, Khrouchtchev et Castro. Cuba n'a rien eu à voir avec l'arme nucléaire, ni avec le massacre inutile d'Hiroshima et de Nagasaki perpétré par le président des États-Unis Harry S. Truman, instaurant la tyrannie des armes nucléaires. Cuba défendait son droit à l'indépendance et à la justice sociale.

Lorsque nous avons accepté l'aide soviétique en armes, en pétrole, en aliments et en autres ressources, ce fut pour nous défendre contre les plans yankees d’invasion de notre Patrie, soumise à une guerre sale et sanglante que ce pays capitaliste nous a imposée dès les premiers mois et qui s’est soldée par des milliers de vies et de mutilés cubains.

Lorsque Khrouchtchev nous a proposé, au nom de la solidarité, d'installer des projectiles de moyenne portée semblables à ceux que les États-Unis avaient en Turquie – encore plus proches de l'URSS que Cuba des États-Unis –, Cuba n'a pas hésité à accepter un tel risque. Notre conduite a été moralement irréprochable. Jamais nous ne présenterons d'excuses à quiconque pour ce que nous avons fait. Une chose est sûre, c'est qu'un demi-siècle s'est écoulé et nous sommes toujours là, la tête haute.

J'aime écrire et j'écris ; j'aime étudier et j'étudie. Il y a beaucoup de tâches dans le domaine du savoir. Jamais les sciences, par exemple, n'ont avancé à une vitesse aussi vertigineuse.

J'ai cessé de publier des Réflexions parce que ce n'est certainement pas mon rôle de remplir les pages de notre presse, qui se consacre à d'autres tâches dans l’intérêt de notre pays.

Oiseaux de mauvais augure ! J’ai même oublié ce qu'est un mal de tête. Pour prouver à quel point ils sont menteurs, je vous offre les photos qui accompagnent cet article.

Fidel Castro Ruz
Le 21 octobre 2012
10h12

Afrique : Le continent spolié !..« Pourquoi tant d’immigrants africains affrontent le désert, l’océan et la mer, les garde-côtes et les passeurs tueurs pour migrer vers l’Europe ce continent de malheur ? ».

Les migrants du Bounty ?
Pourquoi les métropoles européennes sont-elles pleines d’africaines et d’africains au regard hagard, au sourire contrit, désemparés – mendiant pauvrement, vendant à la tire, « bossant » durement, le balai à la main, la pelle au bout du bras, fouillant la benne à ordures derrière le restaurant ? Quel désespoir incommensurable a bien pu chasser ces êtres admirables hors de leur patrie ensoleillée – qu’ils apprécient tant ¬– et les pousser sur les chemins de l’exil pleins de périls pour aboutir sous le pont Mirabeau, sur la Grande Place, derrière le Parthénon, autour du Colisée, sur Piccadilly Circus et face au Reijks Museum ?
Leur exode risqué s’est amorcé il y a quelques années au Sénégal, en Côte d’Ivoire, en RDC, au Burkina, au Kenya, en Somalie, au Mali ou au Rwanda, peu importe ; il a toujours débuté là où leur vie était menacée, puis par monts et par vaux, à pied, en car, en train ou en bateau, la longue caravane des déshérités s’est ébranlée laissant ça et là son tribut d’éclopés, d’affamés, d’épuisés, de morts vivants, dans le grand désert brûlant, sur les chemins de brousse mal famée, dans l’océan déchaîné jusqu’à Ceuta l’insolente, Tripoli la décadente, Alexandrie l’énigmatique ou Tunis la tragique.
Là, les derniers rescapés de ces sentiers de souffrance se feront offrir à gros prix par un passeur bandit de compléter la traversée du continent – de la faim – vers un illusoire paradis pour démunis où ils iront grossir les rangs des exclus de la prospérité tapageuse et surfaite. Nul ne sait encore sur ce rafiot de la mort qu’au bout de ce chemin de Calvaire sur les flots mortifères, la dernière épreuve sera d’être arraisonnée avant que d’être retourné sur leur chemin d’amertume !
Dans les pages qui suivent nous allons répondre à une question simple et complexe, à savoir : « Pourquoi tant d’immigrants africains affrontent le désert, l’océan et la mer, les garde-côtes et les passeurs tueurs pour migrer vers l’Europe ce continent de malheur ? ».
C’est que dans les pays africains de misère, où les compagnies minières pillent le minerai précieux et cher alors qu’elles n’abandonnent rien aux crève-la-faim, si bien qu’après avoir travaillé pour presque rien dans ces charniers d’enfer les fils de l’Afrique, s’ils n’y sont pas trépassé, entreprennent la traversée de la jungle, des savanes, des déserts, des barbelés, de la mer meurtrière afin d’aller gagner quelques deniers à expédier à la parenté restée sous le tir des troupiers et sous les bombes anti-personnel des terrassiers, ou sur la plantation de café-exporté, mal payé, ou au fond d’un trou de mine-assassine.

Le pillage du coltan

Nous ferons la démonstration de ce crime sanglant à partir de l’exemple du coltan. Le coltan (métal rare, indispensable à la fabrication de cellulaires et de téléviseurs) est extirpé des puits de mines artisanales en République Démocratique du Congo (80 % des réserves mondiales), puis, aussitôt exproprié et exporté vers les usines de transformation d’Europe, d’Amérique et surtout d’Asie.
C’est la transformation industrielle du minerai qui crée de la valeur et de la plus-value d’où les capitalistes tirent leurs profits industriels et marchands et l’État ses impôts et ses taxes (le kilo de coltan traité se vend 500 $ sur le marché). L’extraction minière du coltan rapporte très peu. Le salaire d’un mineur de la mort dans la province du Kivu (RDC) se situe entre 10$ et 50$ par semaine, ce qui est tout de même le quadruple du salaire congolais moyen (10$-50$ par mois). Un mineur extrayant en moyenne 1 kilo de coltan par jour, 7 jours par semaine, reçoit donc pour sa peine un salaire hebdomadaire médian de 35$ contre une production de 7 kilos x 500$ = 3 500$, soit un pourcent de la valeur de la marchandise. Vous croyez que l’Afrique reçoit sa juste part des richesses qu’on lui vole ?
Cessons de distribuer la charité aux africains mal-aimés. Cessons de leur prêter de l’argent pour s’endetter pour l’éternité et laissons-les bénéficier de leurs richesses continentales et ils seront prospères, croyez-vous ? Non évidemment ! Pourquoi ? Parce que tout dépend de quelle classe sociale s’approprie ces richesses privées ou collectives ! Nous y reviendrons plus avant.
Sachez qu’en moyenne chaque kilo de coltan coûte la vie à deux enfants mineurs au Kivu-Congo ravageur, peu importe la langue, l’ethnie ou la religion de ces jeunes souffre- douleurs. Ces enfants meurent sous les éboulis dans des mines artisanales délabrées. L’internationalisme de l’exploitation capitaliste sévit dans ce pays dans toute son ignominie.
Les troupes du Rwanda, de l’Ouganda et du Burundi – armées et financées par des multinationales des nouvelles technologies comme Apple, Nikon, Sony, Nokia, Ericsson et autres monopoles occidentaux – occupent la région du Kivu afin d’y exproprier le coltan exploité par de misérables flibustiers armés avec la complicité des généraux – seigneurs de guerre congolais, rwandais et ougandais. Le corsaire du coltan Laurent Nkunda, vous connaissez ? On en parle encore au journal télé. Le Premier Ministre canadien Stephen Harper a-t-il dénoncé ces magouilles lors de sa visite à Kinshasa récemment ? Aucunement !
L’échauffourée tribale et nationaliste n’est ici que le Gris-gris de pays conquis et des petit-bourgeois européens et américains aigris chantant le salut de la patrie par le sang des Partisans. La journaliste Belge Colette Braeckman constate ceci :
« A Kivu, une vingtaine d’avions chargés de minerais décollent chaque jour pour le Rwanda (qui selon l’ONU a empoché 250 millions $ de la vente de coltan NDLR). On peut y croiser des enfants qui travaillaient dans les mines et qui se sont échappés. Ils vous racontent comment ils se sont fait kidnapper sur le chemin de l’école. Tout le monde le sait, mais personne ne fait rien, même pas les Nations unies. Ce trafic ne va pas s’arrêter de sitôt. L’armée congolaise n’est pas efficace - c’est un héritage de Mobutu - et les généraux bénéficient aussi de ce business. Ils disent aller à Kivu pour faire la guerre, mais ils y vont aussi pour s’enrichir. Chaque faction, l’armée congolaise, les milices tutsies, etc. tous profitent de cette situation et n’ont pas intérêt à la changer. ».
En corolaire de ces salaires de misère, chacun se rappellera de l’assassinat de 34 mineurs Sud-africains – soi-disant libérés de l’apartheid – par la police raciste d’Afrique du Sud pour cause de grève ouvrière visant à hausser un salaire de 400 euros par mois tout compté. Ça s’appelle mourir de faim en peinant durement.
De tels salaires de crève-la-faim n’assurent même pas la reproduction élargie de la force de travail. En d’autres termes, plus l’ouvrier africain travaille et plus il s’approche de la mort par lente inanition. Ces salaires n’assurent pas non plus l’édification d’un marché national consistant sur lequel s’appuierait la bourgeoisie marchande locale pour assurer l’accumulation primitive du capital constant (CC) puis l’investissement en usines (CV) et le « Take off » capitalistique industriel moderne.
Il en résulte que dans la division internationale du travail induite par l’impérialisme occidental dominant (du moins jusqu’à présent), l’Afrique a toujours obtenu le rôle de fournisseur de matières premières. Au début, à titre de fournisseurs de bêtes de somme – esclaves valant moins que leur poids de céréales – puis fournisseur de bois précieux et de denrées alimentaires spoliés sur des plantations expropriées aux autochtones comptant pour moins que rien dans ce marché. Enfin, on assiste aujourd’hui à la spoliation des minéraux rares (dont le coltan), des pierres précieuses et du pétrole (10% des réserves mondiales) dont les peuples locaux ne tirent pratiquement aucun bénéfice.

Les pilleurs étrangers protégés par leurs serviteurs nationaux

Un service de garde chiourme des intérêts locaux des compagnies impérialistes étrangères (dont canadiennes) est assuré par une caste de prédateurs – rois nègres cravatés, généraux de carnaval en képi – entourés de meurtriers, de repris de justice et de corsaires déguisés en militaires – mis au service de clans négriers appointés par quelques grandes entreprises monopolistes – les dits monopoles miniers – solidement abouchés aux ambassades occidentales de leur pays d’origine affectées dans ces contrées saignées à blanc.
Tant que le président-nègre local accomplit correctement son travail d’adjudant et tant qu’il réfrène ses appétits de gourmand – n’espérant jamais devenir aussi gros que le bœuf de la fable – et tant qu’il sait embrasser la main qui le maintient sur son trône de paille – sa réélection « démocratique » est assurée. Que le goinfre noir prétentieux tente un jour de redresser l’échine et de s’affranchir de cette tutelle dominatrice ; qu’il manigance quelque nouvelle alliance avec une nouvelle puissance (pensons à Gbagbo en Côte d’Ivoire ou à Kadhafi en Libye ou à Kabila en RDC) et alors, les foudres de l’enfer « démocratique » de l’Occident hypocrite s’abattent sur le récalcitrant en tourment. L’élection hier encore « démocratique » est aussitôt invalidée par l’Élysée – la Maison Blanche – le 10 Downing Street ou le Reichstag allemand – la dite « communauté internationale » et l’opposant complaisant décrété gagnant sur-le-champ.
Le « démocrate » devient tyran, l’ami et l’allié d’hier devient usurpateur et les bombardiers et les drones téléguidés depuis les capitales occidentales fauchent soudainement les vies du peuple ainsi que le palais princier tout à coup outrancier après trente années tolérées au milieu de cette misère mortifère.
Un polichinelle d’un autre clan sera juché pour un temps sur le trône chambranlant – quelques criminels de guerre seront promus généraux d’opérette, les malfrats – garde – du corps de ce prétendant deviendront officiers d’intendance, chargés d’assurer la loyauté de ce nouveau métayer de la corvée présidentielle – qui consiste essentiellement à signer les décrets de prospection et d’exploitation des claims miniers, pétroliers et forestiers et les contrats d’achat d’armements afin d’assurer la reproduction élargie du pouvoir compradore soumis.

La petite et la moyenne bourgeoisie africaine « socialiste »

L’économie nationale des pays africains étant dominée et spoliée par les pays impérialistes occidentaux, la petite et la moyenne bourgeoisie nationale africaine, fragile et instable, n’a souvent pas grand accès aux prébendes, aux bakchichs, aux postes administratifs, gouvernementaux, judiciaires et militaires lucratifs, ni à la propriété foncière réservée à la grande bourgeoisie compradore. Ces fragments de classes sont donc aigris et menacés de paupérisation et d’éradication tout comme leurs cousins nord-américain et européen. La tentation est alors très grande pour ces sections de classes moribondes de lancer leur peuple dans la révolte aventurière sous le sceau frauduleux du « socialisme » – l’Angola, l’Algérie, l’Éthiopie sont de ces pays qui ont connu de ces guerres « populaires » pour assoir le pouvoir de charlatans et de leurs sectes de prétendants moyens et petits bourgeois. On sait aujourd’hui ce qu’il advint de ces tyrans pseudo-socialistes.
Parfois, le néo-colonisateur ne laisse pas assez à boire et à manger, pas suffisamment de prébendes alléchantes pour satisfaire tous les larbins locaux vainqueurs du précédent gouvernement si bien que le partage du butin devient source de conflits sanglants entre pirates intra-tribaux – intra-muros. C’est ce qui se produit en ce moment à Abidjan entre Ouattara l’adjudant et ses sergents d’apparat dont certains ont été abandonnés dans le caniveau au Ghana et au Burkina Faso d’où les assassinats récents à la frontière du domaine convoité et contesté. Le prolétariat n’a rien à faire de ces guerres entre hyènes et chacals.

L’AFRICOM mène la charge

Notez que les puissances impérialistes occidentales ne font pas confiance à cette engeance de larbins locaux pour maintenir l’ordre et le pouvoir de leur maître sur ces contrées convoitées. Aussi, les États-Unis ont-ils imaginé une superstructure militaire contraignante – L’AFRICOM – pour représenter ses intérêts dans la région – et pour embrigader, contrôler et entraîner ces va-nu-pieds déguisés en armée de métier. L’AFRICOM organise et supervise les efforts de guerre et de maintien de l’État de guerre permanente, d’extraction des ressources naturelles et de spoliation du travail salarié et de sa plus-value. Pour ne pas avoir accepté d’embrigader son armée dans l’agression en préparation au Nord du Mali le Président de Mauritanie a bien failli y laisser la vie. Il semble qu’après l’attentat à demi réussi, il ait enfin compris. L’attaque contre le Mali aura bien lieu, supervisée par l’AFRICOM et menée par la chair à canon régionale.
En 2007, le conseiller du département d’État étasunien, le Dr J. Peter Pham, a affirmé que les objectifs stratégiques d’AFRICOM consistaient à « protéger l’accès aux hydrocarbures et autres ressources stratégiques abondantes en Afrique. [La] tâche [d’AFRICOM] consiste à protéger la vulnérabilité de ces richesses naturelles et s’assurer qu’aucune tierce partie comme la Chine, l’Inde, le Japon ou la Russie obtiennent des monopoles ou des traitements de faveur.

Une solution aux problèmes africains ?

Par les temps qui courent, les peuples africains, loin de se reprendre en main et de mener à bien leurs luttes de libération contre la domination néocoloniale impérialiste, et surtout contre leur bourgeoisie compradore nationale organisée en castes autour de généraux – seigneurs de guerre complaisants – laissent plutôt tous ces vauriens offrir leur service d’homme de main aux différentes puissances hégémoniques.
Aujourd’hui en Afrique, certaines des anciennes puissances coloniales sont réapparues sur le devant de la scène, concurremment à leur allié et concurrent étatsunien, face à la Chine, nouvelle superpuissance ascendante. En 2012, la Chine est devenue le premier partenaire commercial de l’Afrique devant les USA et la France. La Chine impérialiste a construit le siège social de l’Union Africaine, elle investit chaque année des milliards de dollars en projets routiers et ferroviaires. Elle exploite les mines et le pétrole et change la donne en construisant des usines – clés en main – en Éthiopie notamment, créant ainsi un prolétariat africain au Nord du Continent, complément au prolétariat de l’Afrique du Sud. Ce sont là d’excellentes nouvelles pour la classe révolutionnaire africaine qui voit ainsi grossir ses rangs. Si vous souhaitez combattre les sectes religieuses intégristes, construisez des usines en Afrique.
Voilà, résumées en quelques pages, les causes fondamentales du misérable exode africain vers l’hémisphère Nord. Les puissances impérialistes occidentales absorbant l’usufruit des ressources naturelles et expropriant une large part de la plus-value ouvrière et paysanne ainsi que les profits et les revenus des États croupions, il ne reste pratiquement rien pour la survie de ces pays. Aussi, plutôt que de se laisser mourir les africains suivent la trace de leurs richesses jusqu’au Nord de la Méditerranée.
Peut-on changer ce désordre des choses ? Oui, certainement ! Il revient aux ouvriers et aux employés, mineurs, travailleurs des champs, métayers et artisans de s’organiser en parti politique révolutionnaire indépendant de l’aristocratie bureaucratique locale, aussi loin que possible de la petite et de la moyenne bourgeoisie nationale – fuyant comme la peste les intellectuels hâbleurs et pédants – pour diriger leurs coups meurtriers visant à renverser les commettants locaux de la classe capitaliste monopoliste internationale.
Robert BIBEAU

samedi 27 octobre 2012

Françafrique, cette association de malfaiteurs qui a paralysé l’Afrique...Alors, morte la Françafrique comme le proclame le président Hollande ? Pas sûr.

...Force est de constater, encore une fois dans le cas du Mali, ce va-t-en guerre, dont la France use si facilement sur le continent et qui trahit la nature des relations néocolonialistes encore diffuses dans les esprits de l’Élysée. Ce ne sont sûrement pas les peules du Congo, de la Côte d’ivoire, de l’Algérie, du Rwanda, du Tchad et beaucoup d’autres, comme aujourd’hui, les Maliens qui diraient merci à la France d’avoir intervenu militairement dans leur pays. Finalement, ce qui est présenté comme une rupture dans les relations avec l’Afrique peut se révéler n’être qu’une mutation et tous les atermoiements ne justifieraient ultimement qu’une chose : les intérêts économiques de l’Occident en Afrique, menacés par les économies émergentes, en particulier la Chine, de plus en plus présente sur le continent. Et sûrement à moindre coût (humain et matériel) pour des Africains en quête de liberté, de dignité et de développement.
Ces jours-ci, il est de bon temps de parler d’un vent de renouveau dans les relations France-Afrique. L’« honneur » des Africains est lavé, semblent dire à l’unisson certains milieux politiciens des deux côtés de la méditerranée. Le nouveau président de la gauche française, François Hollande est venu soigner les « bobos » que son prédécesseur de la droite française, Nicolas Sarkozy, a commis envers les « élites » africaines.
Contrairement à Nicolas Sarkozy qui avait dans la même ville, Dakar, commis l’impair en pensant avoir identifié le « drame de l’Afrique » en disant que «  l’homme africain n’est pas assez rentré dans l’histoire », François Hollande préfère « encenser » le continent « berceau de l’humanité », en valorisant ses atouts et en axant sur son avenir, sans s’attarder sur le lourd passé des relations franco-africaines, dont il veut apparemment se distancer. Désormais, déclare-t-il dans son premier discours en terre d’Afrique : « Le temps de la Françafrique est révolu : il y a la France, il y a l’Afrique, il y a le partenariat entre la France et l’Afrique, avec des relations fondées sur le respect, la clarté et la solidarité. (1) » En fait, l’exposé est truffé de belles phrases, des promesses d’amitié, de sincérité, bref, un beau discours avec des énoncés tout à fait judicieux pour susciter l’adhésion des Africains en ces temps d’incertitudes et de crise globalisée, dont ils sont encore une fois les otages.
Mais pour beaucoup d’Africains, le seul fait nouveau dans ce discours, c’est son orateur, le président François Hollande, le nouveau visage des intérêts de la France en Afrique. Le reste n’est que rengaine. Les mémoires sont pleines des promesses et autres engagements des gouvernements successifs de la France, qu’on s’empresse d’enterrer sitôt éteints les projecteurs. Qui ne se souvient du fameux discours prononcé à La Baule le 20 juin 1990 par un autre président français, également de gauche, François Mitterrand. Son contenu a marqué les esprits par le vent de changement qu’il prônait, autant en terme de relations entre la France et l’Afrique, qu’en terme de liberté, de développement et d’ouverture démocratique. D’autant que le contexte politique international de l’époque s’y prêtait particulièrement dans la foulée de l’effondrement de l’union soviétique et la chute du mur de Berlin. N’est-ce pas qu’il faut avoir la mémoire courte pour croire encore aux discours des présidents français sur l’Afrique ? Aucun d’eux n’a jamais mis en péril le système néocolonialiste mis en place par le général de Gaule et son homme de main Jacques Foccart pour garder ses ex. colonies sous domination française. La machine monstrueuse qu’est la Françafrique est toujours active, même si les discours et les filières sont renouvelés à chaque changement de gouvernement français.
Alors, morte la Françafrique comme le proclame le président Hollande ? Pas sûr. Chacun de ses prédécesseurs avait, dans des termes plus ou moins similaires, proclamé publiquement l’acte de décès de cette association de malfaiteurs, dont l’ampleur des crimes contre l’humanité occuperait la cour pénale internationale pour des années, à tout le moins. Mais aucun des présidents, de droite comme de gauche, n’a vraiment dévié de la ligne tracée par Jacques Foccart, laquelle comme chacun sait, ne fait aucune place aux droits des peuples des ex. colonies.
Gauche et droite, nourries au sein de la Françafrique
Si les Africains ne s’attendaient pas à des gestes révolutionnaires de la droite française, supposément pas très regardante sur la question des droits de l’homme dans la conduite de ses affaires en Afrique, l’arrivée de la gauche au pouvoir en 1981 avait soulevé de grands espoirs. D’autant que François Mitterrand avait nommé au poste de ministre délégué à la « coopération » Jean-Pierre Cot, un homme tout acquis au changement dans les relations France-Afrique, comme l’écrivait Christian Fauvet dans l’Express : « La tête pleine d’idées généreuses (…), il s’emploie à faire souffler le vent du changement. Après tout, il est là pour ça. Dans son esprit, le changement consiste à abandonner la politique du secret, que symbolisait Foccart, (…) À promouvoir une autre politique du développement, fondée sur une certaine morale. (2) » Jean-Pierre Cot, explique pour sa part au réalisateur du remarquable documentaire Francafrique (3), Patrick Benquet : « qu’il représentait “l’image” à laquelle tenait le président Mitterrand”, l’ouverture sur le tiers-monde, le discours généreux du développement, les nations unies, les droits de l’homme… » Tout cela ne fut qu’une brève parenthèse.
Les Africains découvrent rapidement que ce n’est qu’une image derrière laquelle le président Mitterrand est devenu lui-même la nouvelle matrice de la Françafrique et encaisse dans les pures traditions de celle-ci, les dividendes engendrés par le pillage, les détournements, et autres crimes infligés aux peuples du continent. Ils ne sont pas les seuls à être déçus par la gauche française. Le ministre de la coopération l’est tout autant de voir son président reproduire dans les coulisses ce qu’il condamnait publiquement. Jean-Pierre Cot démissionne et devient ainsi une victime de l’argent sale, qui alimente les caisses noires de l’Élysée et les comptes bancaires des dictateurs alliés. Sauté l’obstacle Jean-Pierre Cot, la Françafrique repart sous la houlette de François Mitterrand, qui du même coup enterre le discours d’ouverture de la Baule qui faisait la part belle à la démocratie, au développement et les droits de l’homme dans les ex. colonies. Pendant un court instant de l’histoire, les peuples africains s’étaient mis à rêver si fort qu’ils en oubliaient que l’orateur et son assistance, un parterre de dictateurs sanguinaires et corrompus, étaient les pourvoyeurs exclusifs de leurs souffrances. Mitterrand a tout bonnement enterré le projet de rupture avec la Françafrique et mis celle-ci au service de ses propres ambitions.
On efface et on recommence
Plus de 15 ans plus tard, après d’autres guerres (4), d’autres massacres, et d’autres coups d’état qui ont confiné le continent dans la misère et la violence, le candidat président de la droite, Nicolas Sarkozy se présente aux Africains avec le même projet de rupture avec la Francafrique. Il parle d’instaurer une : « relation transparente. Il nous la faut, déclare-t-il, débarrassée des réseaux d’un autre temps, des émissaires officieux qui n’ont d’autre mandat que celui qu’ils s’inventent. Le fonctionnement normal des institutions politiques et diplomatiques doit prévaloir sur les circuits officieux qui ont fait tant de mal par le passé. Il faut définitivement tourner la page des complaisances, des secrets et des ambiguïtés » (5) Son secrétaire d’état chargé de la coopération et de la Francophonie, Jean-Marie Bockel va connaître le même sort que celui de Mitterrand, Jean-Pierre Cot. Dans un discours fort critique des relations France-Afrique, il déclare devant la presse : « Je veux signer l’acte de décès de la “Françafrique” (6). Je veux tourner la page de pratiques d’un autre temps, d’un mode de relations ambigu et complaisant, dont certains, ici comme là-bas, tirent avantage, au détriment de l’intérêt général et du développement. » Il n’en fallait pas plus pour réveiller les monstres de la Françafrique. Et au lieu de rupture, c’est plutôt le secrétaire d’état qui est démis de ses fonctions dans la « patrie » des droits de l’homme. Cependant, contrairement à Jean-Pierre Cot qui a refusé de monnayer ses principes en déclinant l’offre de son gouvernement, cet ancien colonel accepta d’occuper le poste de ministre aux anciens combattants.
50 ans après les indépendances, la mort de la Françafrique devrait être une affaire exclusivement africaine
Tous ces épisodes de la Françafrique, qui renait à chaque fois de ses cendres, prouvent aux Africains que la balle de leur émancipation est désormais dans leur camp. Il leur faudra regarder bien en face, et surtout évaluer les incidences des instruments de leur dépendance vis-à-vis de l’ancienne puissance coloniale, la Françafrique, bien sûr, mais aussi la Francophonie et la Franc-maçonnerie (7), qui sont autant de ghettos qui neutralisent le développement des ex. colonies. Si la mondialisation n’est pas l’idéal pour l’humanité, il n’empêche qu’elle a permis l’ouverture du continent africain à d’autres possibilités de développement. Quand les Africains entendent les politiques et médias français s’indigner que la Chine fasse des affaires avec des régimes qui violent les droits humains, ça prête à sourire, tant le sarcasme est énorme. Il faut être bien arrogant et surtout méprisant pour reprocher aux Chinois, un crime qu’eux-mêmes commettent systématiquement et sans état d’âme depuis 50 ans sur le continent noir, au vu et au su de toute l’Europe, dont ils sont le fer de lance dans cette partie du monde. Tout comme les Britanniques et les États-Unis le sont dans d’autres endroits de la planète.
C’est parfait de vouloir tourner la page, mais alors, que la France cesse séance tenante son soutien aux dictateurs, qu’elle publie tous leurs biens et leurs avoirs (8) sur son territoire et qu’elle les restitue aux peuples pillés (9), qu’elle libère les archives de ses ex. colonies, qu’elle mette fin aux accords militaires secrets, et qu’elle procède au démantèlement de ses bases militaires. Peut-on y croire ? Après 50 ans de pratiques inégales et de mensonges, les préjugés instillés par les réseaux de la Françafrique finissent comme une seconde nature qu’on peine à éliminer. Et on aurait tendance à penser que rien de cela ne sera fait. Force est de constater, encore une fois dans le cas du Mali, ce va-t-en guerre, dont la France use si facilement sur le continent et qui trahit la nature des relations néocolonialistes encore diffuses dans les esprits de l’Élysée. Ce ne sont sûrement pas les peules du Congo, de la Côte d’ivoire, de l’Algérie, du Rwanda, du Tchad et beaucoup d’autres, comme aujourd’hui, les Maliens qui diraient merci à la France d’avoir intervenu militairement dans leur pays. Finalement, ce qui est présenté comme une rupture dans les relations avec l’Afrique peut se révéler n’être qu’une mutation et tous les atermoiements ne justifieraient ultimement qu’une chose : les intérêts économiques de l’Occident en Afrique, menacés par les économies émergentes, en particulier la Chine, de plus en plus présente sur le continent. Et sûrement à moindre coût (humain et matériel) pour des Africains en quête de liberté, de dignité et de développement.
Zehira Houfani,
écrivaine

vendredi 26 octobre 2012

Rhétorique électorale : les États-Unis et le Moyen-Orient...Les électeurs américains sont certainement bien plus préoccupés par l’industrie américaine en déclin que par les fausses polémiques entretenues par Obama et Romney qui sont d’accord sur le fond : perpétuer la domination du grand capital et se comporter en prédateurs à l’extérieur

Les élections américaines sont manifestement liées au Moyen-Orient, au moins dans le domaine de la rhétorique.
Mais en pratique, la politique étrangère américaine dans la région dépend de la dynamique propre du Moyen-Orient, comme des revers politiques et économiques des États-Unis ou de leurs ambitions. Il y a peu d’éléments historiques prouvant que la politique étrangère américaine dans le monde arabe ait jamais été guidée, au moins de façon lisible, par des principes moraux.
Quand il est question du Moyen-Orient - et honnêtement, de la plupart des pays - c’est surtout une question de style. Les deux principaux partis politiques du pays se sont révélés tout aussi interventionnistes, mais les Démocrates, au moins dans les deux dernières décennies, semblaient pencher davantage vers l’unilatéralisme en politique étrangère comme dans la guerre, tandis que les Républicains, comme l’a mis en évidence l’administration de George W. Bush, sont beaucoup moins préoccupés par la façon dont leurs actions peuvent être qualifiées.
L’administration américaine de Bill Clinton (1993-2001) a maintenu un état de siège draconien sur l’Irak, ce qui a provoqué ce que l’ancien procureur général américain Ramsey Clark décrit comme « un génocide ». Deux ans plus tard, W. Bush a choisi la voie de la guerre directe, ce qui revenait simplement à donner un autre nom au génocide en cours. Dans les deux cas, des centaines de milliers d’Irakiens innocents sont morts.
En dépit des rodomontades guerrières de l’ancien gouverneur du Massachusetts, Mitt Romney, sur ses intentions de bouleverser le Moyen-Orient pour répondre aux intérêts des États-Unis au cours de son mandat, s’il devait être élu, peu de gens prennent cela pour plus que des tentatives désespérées de séduire les secteurs les plus réactionnaires de son parti, en particulier ceux qui disposent d’une influence politique, de l’accès aux médias et, bien sûr, de beaucoup d’argent. Sheldon Adelson, le magnat pro-israélien des jeux, peut être cité plus que d’autres mais nombreux sont ceux qui exigent une telle rhétorique avant de bien vouloir sortir leurs chéquiers.
En fin de compte, « c’est l’économie, imbécile » - une expression devenue légendaire après qu’il ait été inventée par Bill Clinton alors qu’il lançait sa campagne présidentielle en 1992. Une fois de plus, la phrase est susceptible d’être le facteur clé du prochain 6 novembre.
Les électeurs américains vont décider de prolonger le mandat du président Barack Obama de quatre années, ou de confier à un Romney plus impulsif mais tout aussi opportuniste, le destin de leur pays qui a depuis longtemps franchi le seuil de la récession économique dans des proportions inconnues depuis la Grande Dépression de 1929. Romney, l’archétype américain de la richesse, au style de vie et au langage tellement éloignés de l’américain moyen, fait de son mieux pour exploiter l’incapacité d’Obama à sauver l’économie aujourd’hui en lambeaux. La reprise économique, malgré le battage médiatique, n’est toujours pas au rendez-vous. Avec un déficit important et croissant, et une dette publique qui ne cesse d’augmenter, les perspectives d’avenir restent incertaines.
« La croissance économique n’a jamais été aussi faible dans la période d’après-guerre. Les dépenses de consommation n’a jamais été aussi limitées. Une seule fois dans l’histoire, la croissance de l’emploi a été aussi faible », écrivait Paul Wiseman, dans le Huffington Post daté du 15 août. Il faisait ces remarques à propos d’une analyse approfondie publiée par l’Associated Press, qui concluait que la supposée « reprise-Obama » depuis 2009 avait été en réalité la plus forte des 10 récessions américaines comptabilisées depuis la Seconde Guerre mondiale.
La récession remonte aux années 2007-2008, qui ont marqué une rupture économique, des coupures budgétaires massives et la perte de nombreux emplois. Les Républicains souhaitent éviter de parler de l’héritage de huit ans de George W. Bush avec ses dépenses militaires colossales. C’est dans ces moments-là que le Moyen-Orient est victime d’une omission, et les guerres et les pressions sans précédent induites sur l’économie semblent trop triviales pour être même mentionnées. En écoutant Romney parler de politique étrangère, on a l’impression qu’une autre guerre est déjà en gestation. Le lieu de cette guerre n’a pas d’importance, ce qui importe, c’est que Romney paraisse fort, décidé et prêt à la bagarre à tout moment.
Quant aux Démocrates, ils concentrent leur stratégie sur la répartition de leurs discours de campagne entre l’économie (voulant voir la reprise dans les nouvelles généralement optimistes des indicateurs économiques) et d’autres questions importantes pour de larges secteurs de la société américaine : les soins de santé, l’avortement, l’immigration, les questions relatives aux droits civils, etc... Avec une économie qui continue à suivre une ligne hiératique, les deux parties en sont encore à définir ce que sont les vrais problèmes dans leur nation, renvoyant la question des solutions concrètes à une date ultérieure.
Incontestablement, de nombreux Américains sont lourdement déçus. La ferveur pour « l’espoir et le changement » de la première campagne d’Obama, s’en est allée depuis longtemps. Les Démocrates n’ont plus sous la main de slogans à sensation, et il est maintenant plutôt question de traverser une passe qui s’annonce difficile. Les Républicains semblent plus unis par leur propre aversion d’Obama que par leur affinité pour Romney. Ce dernier manque de cohérence, est incapable d’offrir une vision simple à comprendre, et le désintérêt [pour la campagne électorale] exprimé clairement par 47 pour cent des électeurs américains complique la tâche de jouer au sauveur tant attendu. De plus, les Républicains, désorganisés et divisés entre conservateurs traditionnels, partisans du Tea Party, fanatiques religieux, pour ne citer que ceux-là... ne sont guère prêts au très attendu « tremblement de terre », tel que ardemment souhaité par Keith Edwards dans le American Thinker daté du 2 octobre.
L’importance de ces élections ne dépend guère de la force politique ou des aptitudes de ses principaux candidats, mais plus de la transition historique que les États-Unis subissent aujourd’hui, non seulement dans le domaine d’une économie sinistrée, mais aussi dans celui de sa position au niveau mondial. C’est là que le Moyen-Orient réside pour l’essentiel : ce moment de transition dans la région - illustré par les révolutions en cours, les troubles politiques et les guerres civiles - ne pouvait être plus mal à propos. Alors que la politique étrangère américaine paraissait décidée à reconsidérer les guerres lancées par les néoconservateurs, des événements importants à travers le Moyen-Orient font des ravages sur une retraite américaine déjà désordonnée. Incapable de gérer une transition par rapport à sa politique agressive des années passées, l’administration Obama tente de résister à la tempête, au moins jusqu’à ce que les élections soient passées.
Dans le Wall Street Journal daté du 1e octobre, Romney a relancé la charge, dans l’espoir d’effacer les accusations toujours plus fortes selon quoi son expertise en politique étrangère était déficiente et peu judicieuse. « Notre pays semble être à la merci des événements plutôt que de les déterminer », écrit-il, exigeant une fois de plus une action contre l’Iran, encore plus de soutien américain à Israël, et une plus grande intervention en Syrie, en Libye et ailleurs. Son administration, dit-il, va « encourager la liberté et l’ouverture » pour remplacer l’extrémisme au Moyen-Orient.
Bien que de réelles différences peuvent être soulignées entre les deux candidats sur diverses questions concernant le Moyen-Orient, tous les deux sont de fervents partisans d’Israël, sans relâche en compétition pour gagner le soutien du puissant lobby pro-israélien à Washington. Mais Obama refuse de céder aux exigences israéliennes de placer une « ligne rouge » sur la volonté supposée de l’Iran de fabriquer une bombe nucléaire. Quant à Romney, il exploite cette question au maximum.
Les pays du Moyen-Orient ont peu à attendre des prochaines élections. La région semble mue par sa propre dynamique, en dépit des tentatives permanentes des États-Unis d’intervenir ou de s’immiscer pour en déterminer les résultats. Indépendamment de qui va résider à la Maison Blanche, c’est la faiblesse de leur économie et la crainte de s’empêtrer dans de nouvelles aventures militaires qui vont probablement redéfinir les relations des États-Unis dans la région.
Ramzy Baroud
Source : Info-Palestine

jeudi 25 octobre 2012

Touareg : La liberté de la femme ...la Targuia n’est pas une femme soumise. Elle est gracieuse, et elle est forte aussi..

La condition de la femme chez les musulmans est sujet quotidien à débat ; les touaregs qui ont récemment revendiqué leurs droits au nord-Mali, ont été sujet à débats aussi (désinformation des medias aidant) …
L’amalgame a été vite fait, avec des conclusions trop hâtives, du genre : « les rebelles touaregs veulent imposer la charia », « le port du voile va être instauré pour les femmes », etc, etc …
Depuis, il est vrai que les pauvres touaregs, ont été « renvoyés sous leurs tentes » par les islamistes qui ont récupéré illégitimement leurs acquis géographiques.
Laissant à l’écart le problème politique ou religieux, que j’ai déjà analysé (pour ceux que ça intéresse, ici : Mali, révolte touareg : et si l’on parlait vrai ), je souhaite dans cet écrit, vous conter la condition de la femme au sein des peuples touaregs ; j’espère que ces lignes vous interpelleront ...

Le statut de la femme chez les hommes bleus

Bien que la plupart des Touaregs soient de confession musulmane, ils ont préservé certaines de leurs coutumes, dont la monogamie. La femme touarègue jouit d’un statut privilégié dans la mesure où elle bénéficie d’une autonomie et d’une écoute au sein de la société. La tente lui appartient et, en cas de malentendu entre les époux, l’homme sera chassé par la maîtresse des lieux.
Chez les touaregs la charpente de la société est structurée autour de la femme. Elle est la matrice de cette culture. C’est de la lignée maternelle que se transmettent les pouvoirs qui sont ceux d’une aristocratie guerrière.
Dans l’institution maritale, elle joue le rôle central depuis le mariage, jusqu’à l’éducation des enfants en passant par la gestion du foyer. La femme touarègue a non seulement droit à la propriété, mais tout ce qui matérialise la cellule familiale lui appartient en commençant par la tente et son contenu. En cas de séparation, l’homme n’a droit qu’à son apparat au sens strict du terme. C’est lui qui part du foyer et le laisse intact pour être livré à l’incertitude.
« Sans exagérer, l’homme touareg est perçu ici comme simple géniteur et pourvoyeur des moyens matériels de subsistance. Il affronte les dangers de par sa constitution physique et son penchant naturel et les acquis de sa féroce lutte contre la nature sont confiés à l’intelligence subtile de la femme pour les gérer et les préserver de la déperdition ».
La femme touarègue est aussi le support sur lequel repose toute la vie économique et l’avenir de la communauté. Elle propose les alternatives, gère et encadre le campement à l’absence de l’homme et participe à toutes les décisions en sa présence.

Les atouts culturels de la femme touarègue

L’avis de la femme a toujours été sollicité et pris en compte dans les grandes décisions qui ont donné un sens et un contenu à la vie de cette société.
Bien longtemps avant la conférence de Beijing, la femme touarègue a eu accès à la propriété, à la liberté d’être, d’expression, de choisir son partenaire et d’être à l’abri des sévices corporels. Pour préserver ce fondement culturel de cette société, un code de conduite dénommé « Asshak » a été institué et imposé aux hommes. Dans cette démarche éthique morale, l’homme doit gérer son avantage physique afin de ne pas en abuser sur la femme et les faibles de la société. Cette règle garantit la totalité des droits de la femme et fait d’elle le facteur anoblissant l’homme. L’homme qui déroge à cette règle n’est plus noble et est déchu de ses droits. Il est banni. Ce sont les femmes qui prononcent cette exclusion. Quel est l’homme touareg qui risquerait de ne plus être chanté par ces belles voix à son retour lors des séances musicales d’imzad, que fera-t-il pour maintenir leur grâce, même s’il lui faut se surpasser ?
Aujourd’hui encore, le plus grand sacrilège dans la société touarègue est de porter la main sur une femme et les insultes à son égard sont fortement réprouvées. Aucune atteinte à son intégrité physique, morale et spirituelle n’est tolérable.
(Pour cela et pour une question de pudeur, et certainement plus par respect de la femme, la question de la virginité de la jeune mariée au moment de la consommation du mariage est couverte par un silence explicitement approuvé).
Le jugement de la femme est redouté. Elle est régulatrice du comportement dans la société. Pour ce faire, l’homme a intérêt à apparaître à ses yeux courageux, généreux et infaillible. À cet effet d’ailleurs, devant une situation difficile quelconque, que ce soit sur le champ de bataille ou dans la vie de tous les jours, le jeune touareg ne pensera jamais aux conséquences de son comportement sur sa propre personne, mais plutôt ce que diront les jeunes filles au campement.
Avant de rejoindre son mari, l’épouse touarègue a toujours disposé d’une tente, de meubles et d’animaux de traite selon les capacités de ses parents. Elle rejoint son mari avec un capital qu’il doit préserver, voire fructifier en accord avec celle-ci. Il convient de préciser que dans le mariage, c’est le régime de la séparation des biens qui prévaut. Aucun mari ne peut disposer des biens matériels inaliénables nommés ébawel de son épouse sans son consentement. La femme touarègue choisit son mari, ou alors la famille le choisit avec son accord. Sa préférence est prépondérante même si elle doit obéir elle aussi à des critères qui préservent la dignité et l’honneur de la famille, de la tribu ou de la fédération. Sa dot est toujours équivalente à celle qui a été donnée à sa mère et quelques soit le nombre de mariages, elle a droit à la même dot. Contrairement aux autres femmes nigériennes, sa dot ne se déprécie jamais. Dépositaire de la culture et de la tradition, la femme touarègue a en charge entre autres, de transmettre la langue et l’écriture touarègue « Tifinagh » aux générations montantes. Ainsi, la femme touarègue s’occupe de l’éducation des enfants, de la jeune fille en particulier, des travaux domestiques et de la surveillance des animaux.
Bien que musulmane depuis longtemps, la femme touarègue méprise royalement la polygamie. Elle met à profit le statut que lui confère la société pour imposer la monogamie. Pour elle, si l’Islam tolère jusqu’à quatre (4) épouses, il ne contraint par contre aucun mari à être polygame
D’autre part, la femme touarègue est si adulée que la poésie lui est essentiellement dédiée. Elle y est décrétée comme un être chérissable, mystérieux, énigmatique à conquérir. Elle est autant appréciée pour ses qualités spirituelles, pour son intelligence et sa vivacité d’esprit que pour sa grâce féminine. Consciente de son importance et du mythe qui l’entoure, elle a su exploiter en sa faveur les réalités socioculturelles et historiques de son milieu. Elle est par ce fait, en position de force pour exiger et obtenir ce qu’elle veut. Cela est d’autant plus facile, car elle dispose d’une certaine autonomie sur le plan économique que lui confère le droit à la propriété.
Extraits de « Le statut privilégié de la femme touarègue et son évolution actuelle. Survie d’un matriarcat » de Faiza SEDDIK ARKAM http://www.assa-ka.org/articles.php?lng=fr&pg=21

La position d’un (regrété) célèbre touareg

Si beaucoup d’écrits savant s’intéressent à la femme touareg, cela tient, je pense à la liberté d’expression et de mœurs dont elle jouit. Contrairement à l’homme, elle ne voile pas son visage. (…)
A mon avis, si les hommes se sont voilés, ce fut d’abord, pour se protéger contre soleil et vent pendant les caravanes et les rezzous. Après, le taguelmoust est devenu le symbole de leur dignité. Si en revanche, la femme touarègue reste découverte, c’est qu’elle n’a peut-être pas envie de cacher sa beauté. Qui lui en voudrait ? Pas les hommes en tout cas. Eux, ils préfèrent voir, contempler. Et les ambitions de quelques marabouts intégristes n’y feront rien. Celui qui, pour des raisons religieuses, voudrait imposer le port du voile à nos femmes devra s’attendre à la rebellion de toute la communauté touarègue, les deux sexes confondus.
Car honnêtement, je ne pense pas que la femme touarègue nécessite la prétendue protection des préceptes d’un islam radical. Elle ne risque pas de devenir un « objet sexuel ». Aucun homme n’oserait porter la main sur elle ni même manquer de respect à son égard.
La touarègue sait défendre ses intérêts. Elle a toujours refusé la polygamie, et elle a obtenu gain de cause. Elle est libre parce qu’elle a les moyens d’assurer son indépendance. En cas de divorce, c’est elle qui garde l tente et dispose de son propre troupeau.(…).
Je m’égare. Voulant parler de la vie au campement, j’ai fini par chanter la gloire des femmes touerègues. Mais c’est important : la Targuia n’est pas une femme soumise. Elle est gracieuse, et elle est forte aussi. Selon notre légende, le seul suzerain jamais accepté par tous les touareg fut la reine Tin Hanan (Antinea) dans le Hoggar. Cela dit beaucoup de choses…
(extrait de "Touareg, la tragédie" de Mano dayak) : http://www.amazon.fr/Touareg-trag%C3%A9die-Mano-Dayak/dp/2709611546
L’article dans sa niche : La liberté de la femme touareg

Libye : Le prix du sang libyen. Ni oubli, ni pardon (ojosparalapaz.org)....Qu’ont-ils fait pour mériter cela, les libyens ?

N’oublions jamais le triste rôle des "ni-nis" patentés, et de la gauche "plurielle anticapitaliste". Elle n’est ni plurielle ni anticapitaliste. Elle est complice.

Il y a un an, le 20 octobre 2011, le Colonel Kadhafi était sauvagement lynché et assassiné des mains des mercenaires de l’OTAN. Assassinée avec lui, aussi, la révolution libyenne, la Jamahiriya, qui avait obtenu des succès si manifestes que l’ONU, un mois avant de donner son feu vert pour la fameuse "zone d’exclusion aérienne", félicitait le gouvernement libyen, lui-même, pour ses grandes avancées sociales.
Depuis, la Libye est plongée dans le chaos.
Inexistante en tant qu’État, envahie par des milliers de mercenaires étrangers engagés dans une terrible chasse aux sorcières, où tortures et assassinats sont légion. Les membres-mêmes du gouvernement imposé, affichent la nationalité étasunienne, et vivent pour la majorité d’entre eux, aux USA. Les couleurs d’Al Qaeda flottent désormais sur ce territoire, le pseudo-gouvernement a instauré la charia et le président du Parlement libyen est nord-américain, un cas unique dans l’histoire. Le pays qui fut si riche et crédité d’un Indice de Développement Humain (IDH) le plus important du continent africain, n’est plus qu’un tas de décombres, avec ses banques, son pétrole et ses ressources en eau saccagés ; ses hôpitaux, écoles, ports, réseau de distribution en eau, troupeaux d’élevages, cultures et récoltes, détruits par les bombardements de l’OTAN.
Le Président du Conseil Tribal Libyen (c’est-à-dire le seul représentant légitime de ce pays) s’est adressé à Ojos para la Paz pour leur demander de dévoiler publiquement – ce que les médias occidentaux lui refusent, sauf rare exception- la réalité de la ville assiégée de Bani Walid (بني وليد ), et du bombardement, au gaz sarin et au phosphore, dont ils ont été victimes, des produits chimiques clairement interdits par la Convention de Genève, mais qui sont utilisés à profusion en Libye pour exterminer la tribu Warfala. Comme le dirait le général espagnol Enrique Ayala : "Aux tribus - qui ne se rendent pas - nous devons les convaincre politiqu…ou militairement". Dans les hôpitaux les malades et les morts s’entassent sans que personne ne lève le petit doigt pour cette ville inscrite sur la liste noire par l’autoproclamée "communauté internationale". Les photos saisies dans les hôpitaux sont hallucinantes. Le besoin de médecins et de médicaments est urgent.
Comme tous les gouvernants, à la tête des pays pétrolifères, qui ne se sont pas pliés aux diktats de l’occident, Kadhafi a du subir, lui aussi, une campagne médiatique continue. De nombreuses preuves attestent que la CIA avait même orchestré l’attentat de Lockerbie (un autre Maine [1]) en l’imputant à la Libye.
Des journalistes écossais avaient révélé que cet attentat, en 1988, dans lequel un avion de la Pan American avait explosé en plein vol au-dessus de cette localité écossaise, avait été préparé aux USA par des agents de la CIA. Après de longues recherches, le citoyen libyen Abdelbaset Ali Mohmed Al Megrahi fut accusé et déclaré coupable de l’attentat [en 2001], condamné à la prison à vie puis libéré [huit ans plus tard, en 2009] atteint d’une maladie incurable. Nous savons depuis peu, que les témoins à charge contre l’accusé avaient été soudoyés.
La journaliste écossaise Lucy Adams découvrit des faits frappants, soigneusement occultés : " Le Département de la Justice des USA avait généreusement payé les principaux témoins de l’accusation, Paul Gauci et Tony Gauci. Ce dernier était le patron d’un magasin à Malte, qui avait affirmé que Megrahi avait acheté du tissu qui, plus tard, devrait être retrouvé dans la valise contenant la bombe. Cette seule déclaration fut la clé de l’accusation. Nous savons maintenant, que Anthony Gauci, avant le procès, avait désespérément besoin d’argent, et qu’il reçût après sa déclaration, près de deux millions de dollars du Département de la Justice US ", selon le communiqué de la journaliste.
"En réalité, la Jamahiriya a toujours nié une quelconque responsabilité dans l’attentat, estimant qu’elle était l’objet d’un chantage des grandes puissances occidentales, mais elle accepta d’indemniser les victimes, à hauteur de 2700 millions de dollars, en échange de la levée des sanctions économiques que lui imposaient les grandes puissances. Kadhafi croyait qu’en résolvant à tout prix les différents litiges entre les USA et son pays, il parviendrait à arrêter les préparatifs de guerre de l’OTAN. L’histoire a montré que son calcul était erroné, et que l’OTAN ne manque pas d’imagination lorsqu’il s’agit d’inventer de nouveaux prétextes pour justifier les guerres qu’elle a planifié à l’avance ".
Dans un célèbre documentaire intitulé The Maltese Double Cross-Lockerbie, le journaliste étasunien Allan Francovich démontre, lui aussi, que l’attentat fut véritablement perpétré par un agent US.
La Libye était un pôle de prospérité, avec les meilleurs PIB et IDH de toute l’Afrique, selon le PNUD : scolarisation des enfants, prolongement de l’espérance de vie (78ans), répartition équitable des rentes du pétrole, haut niveau des soins de santé, universels et gratuits, un réseau de distribution en eau couvrant tout le territoire et ayant permis également la plantation de millions d’arbres et la création d’immenses zones de culture dans le désert, le logement reconnu comme un droit constitutionnel, le plein emploi avec plus de 2,5 millions de postes de travail pour les immigrants. Le gouvernement libyen avait offert, à ses habitants, de grandes avancées encore inégalées dans une majorité des pays européens.
Aujourd’hui, la Libye est en ruines et pleure ses 75.000 morts, les libyens ont perdu leur pétrole, les réserves d’or de leur Banque Centrale et les dépôts bancaires d’un montant de 200 millions de dollars (dépôts que les USA se sont empressés de voler en premier), les pensions, les soins médicaux, les bourses pour les étudiants, l’emploi… ils ont tout perdu. L’apartheid s’est instaurée et la population de couleur –principalement des immigrants- est pourchassée à mort.
Excellent travail de l’autoproclamée "communauté internationale" (tant acclamé par ces monarchies féodales qui maintiennent toujours l’esclavage. Et l’on félicite Obama et l’UE pour leur prix Nobel de la paix. Quelle ironie.
Qu’ont-ils fait pour mériter cela, les libyens ?
Ils n’ont fait que défendre leur indépendance, cherché à créer leur propre monnaie, et garder d’importantes réserves d’argent, d’or, de pétrole et de gaz fossile, convoitées par des pays sans scrupules qui, avec les services de l’OTAN, agissent comme une dangereuse bande de malfaiteurs, se destinant au terrorisme et au pillage. L’Espagne, elle, (c.a.d un consortium d’entreprises qui se disent espagnoles) a décroché le marché de construction de la ligne ferroviaire du TGV La Mecque-Médina [2], en contrepartie de son engagement dans le massacre des libyens. De grands travaux, qui comme dans toute la Libye, se réalisent au prix du sang.
Jilata Marka
Auteur
Purificación González de la Blanca est une avocate andalouse et membre du collectif International Ojos para la Paz, et de la Plateforme Mondiale contre les Guerres.
Trad. Jilata
Source : "Libia, ni olvido, ni perdón"
Publié le 20 octobre 2012 par Ojo para la Paz
1- En 1898, les USA organisent un auto-attentat à l’explosif pour couler leur cuirassé "Maine" dans la rade de la Havane, et accuseront les espagnols. Ce sera le prétexte pour déclarer la guerre à l’Espagne et s’approprier de ses dernières colonies.
2- Le 25 mai 2011, la ministre des affaires étrangères d’Espagne, Trinidad Jiménez, se rend en Arabie Saoudite pour promouvoir des investissements d’entreprises espagnoles dans ce pays et contracter la construction de la ligne ferroviaire du TGV qui doit relier La Mecque à Médina (pas moins de 450 km de voie ferrée, lié avec toutes les infrastructures les plus sophistiquées. En contrepartie, l’Arabie Saoudite demande à l’Espagne de s’engager activement et militairement dans l’invasion de la Libye. Le 26 octobre 2011, l’agence EFE annonce que le contrat pour la ligne TGV La Mecque-Médina, est attribué au consortium espagnol "Al-Shoula". Le 14 janvier 2012 à Riad, les ministres du PPE, Ana Pastor et García Margallo ratifient avec le prince d’Arabie Saoudite, Mishal bin Abdul Aziz, le contrat du TGV pour 6,736 milliards d’euros, TGV la Mecque-Médina le prix du sang libyen (es).
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mardi 16 octobre 2012

Siège de l’OTAN, l’UE est une plate-forme US d’où décollent les bombardiers qui tuent dans les pays pauvres....Union européenne : un prix Nobel pour bons et loyaux services rendus aux intérêts étasuniens.

....Combien de destructions et de victimes innocentes imputables aux bombardiers partis de Londres, de Paris, d’Italie ou d’Allemagne sur les peuples sans défense de Libye, d’Afghanistan et d’Irak ?
Combien de gouvernements légitimes renversés pour avoir commis une irrémissible faute : refuser le diktat euro-atlantiste visant à contrôler leurs ressources énergétiques ?
La pax americana, c’est en réalité guerroyer sous n’importe quel prétexte pour installer dans les pays nouvellement « libérés » une classe politique soumise à l’Empire. L’Union européenne a apporté sa contribution à ces sinistres desseins et c’est la raison pour laquelle elle a indignement reçu le prix Nobel de la paix....

L’Union européenne telle que nous la voyons aujourd’hui n’est rien moins qu’une colonie de la bannière étoilée. La voici désormais récompensée pour ses décennies de soumission à Washington. C’est la conclusion qui s’impose après que le prix Nobel de la paix a été décerné cette année à l’Union européenne.
Comme il était prévu, les déclarations satisfaites émanant des salons bruxellois n’ont pas manqué, parmi lesquelles celle du président de la Commission européenne, José Manuel Barroso : « l’Union européenne est quelque chose de très précieux pour le bien de l’Europe et du monde ». Et l’eurocrate de rappeler que l’Union européenne a été en mesure d’unifier et de reconstruire les pays dévastés par la guerre, et enfin d’unifier ceux qui ont été libérés par la fin de la guerre froide. « C’est un grand honneur pour l’ensemble de l’Union européenne, pour les 500 millions de citoyens qui la composent de recevoir le Nobel de la paix », a déclaré M. Barroso.
Le Comité norvégien tente de justifier cette distinction pour le moins surprenante en précisant que la décision a été « unanime », et que l’Union européenne a été récompensée du prix Nobel en 2012 pour « avoir contribué depuis plus de soixante ans à la promotion de la paix, de la réconciliation, de la démocratie et des droits de l’homme ».
Une argumentation qui prête pour le moins à sourire. L’Union européenne a été durant toutes ces années un outil des intérêts étatsuniens, une plate-forme à partir de laquelle l’Empire a lancé et continue de lancer ses guerres contre ceux qui ne se plient pas à sa volonté et à ses « valeurs » (les droits de l’homme… mais seulement pour ses citoyens et les laquais ; la démocratie… pour ceux qui se plient à leur diktat ; la domination du dollar ; la présence de militaires étasuniens sous le contrôle direct de Washington…).
C’est la pax americana ! Et notre Europe, pour se plier à cette dernière, a vu pendant plus de 60 ans ses technocrates se rallier à toute une série d’interventions militaires sous couvert de l’OTAN et des États-Unis, afin soi-disant d’apporter au Proche et au Moyen-Orient la « paix » et la « démocratie ». Combien de destructions et de victimes innocentes imputables aux bombardiers partis de Londres, de Paris, d’Italie ou d’Allemagne sur les peuples sans défense de Libye, d’Afghanistan et d’Irak ? Combien de gouvernements légitimes renversés pour avoir commis une irrémissible faute : refuser le diktat euro-atlantiste visant à contrôler leurs ressources énergétiques ? La pax americana, c’est en réalité guerroyer sous n’importe quel prétexte pour installer dans les pays nouvellement « libérés » une classe politique soumise à l’Empire. L’Union européenne a apporté sa contribution à ces sinistres desseins et c’est la raison pour laquelle elle a indignement reçu le prix Nobel de la paix.
Mais l’avenir est sombre : les États-Unis et l’OTAN sont à court d’argent, et avec un déficit de 1.000 milliards de dollars, l’Oncle Sam n’est plus disposé à ouvrir son porte-monnaie. Il préfère donc voir l’Europe se débrouiller militairement toute seule. Il en découle ainsi une mutualisation des moyens au sein des pays de l’Union européenne. Et nonobstant la crise économique qui secoue la zone euro, l’Union européenne ne renoncera pas à trouver l’argent nécessaire pour mettre en place une armée autonome, une armée capable de répondre adéquatement aux défis de taille du XXIè siècle : répondre aux « menaces » des pays émergents, contrôler les ressources énergétiques, etc. Des défis coûteux pour une classe politique européenne au service des technocrates et des banquiers dont la raison d’être n’est autre que la satisfaction des intérêts des multinationales. La pax americana
Résistance (http://www.resistance-politique.fr/article-union-europeenne-un-prix-nobel-pour-bons-et-loyaux-services-rendus-aux-interets-etasuniens-111300330.html
Capitaine Martin
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