vendredi 24 août 2012

Maroc : entre Makhzen et révoltes - Il n’y a ni transition démocratique, ni dialogue sociale : il n’y a que la guerre sociale contre les classes populaires.

....Le Roi des pauvres est devenu le Roi de l’impunité, des richesses colossales. Le roi démocrate est devenu Le Roi de la matraque, de la torture et de l’impunité des militaires. Et rien ne vient enrayer dans la conscience populaire que ce système politique ne sert que les puissants et les corrompus....

Et à la crise politique peut se conjuguer une crise économique, qui rendrait la situation trés vite explosive. Chawqui Lotfi est militant de Solidarité pour une alternative socialiste une petite organisation de la gauche marxiste marocaine. Il trace un panorama tout a fait intéressant de la situation dans le royaume chérifien et des perspectives qu'il ouvre pour des forces se réclamant du socialisme. La situation du Maroc peut faire croire a une (relative) stabilité, mais cela ne tient pas compte de l'échec de la "démocratie" tout a fait partielle et irréelle qui laisse apparaitre le systéme, le makhzen dans toute sa brutale réalité. Et à la crise politique peut se conjuguer une crise économique, qui rendrait la situation trés vite explosive. En attendant, l'avis d'un militant impliqué dans les luttes de classes de ce pays sont trés utile à la compréhension globale de la situation. 

Le « nouveau règne » n’a pas débouché sur un « nouvel concept de l’autorité », ni sur l’ouverture d’un espace démocratique autonome du pouvoir, ni sur l’amélioration même partielle des conditions de vie de la grande majorité. En réalité, la répression n’a jamais cessé. Ce qui a changé, c’est les formes qu’elle prend et son intensité. Après la longue nuit des années de plomb, le pouvoir a cherché à institutionnaliser les oppositions, intégrer la « société dite civile », récupérer et détourner les revendications, à épuiser les mobilisations en les laissant isolées, en opérant parfois des concessions formelles. Il a réussi à intégrer, acheter, corrompre les « oppositions », à gagner du temps en jouant sur le renouvellement de « la façade démocratique » et par l’instauration d’un pseudo « dialogue social ». C’est ainsi qu’il a pu concéder une marge à la contestation, opérer une répression sélective, tout en s’assurant que ne se construise pas une force enracinée, sociale et politique, capable d’articuler les luttes autour des perspectives communes. Ce qui a changé depuis, et on trouve les signes de ce changement bien avant l’éclosion du M20F, est la gestation d’un mouvement populaire qui lutte sans les partis de la « façade démocratique », les directions syndicales corrompues et sans accorder la moindre confiance aux relais du pouvoir. Et qui lutte d’une manière souvent déterminée. On se rappelle des mobilisations populaires de Bouarfa, des dynamiques révélées par les coordinations contre la vie chère, de la révolte populaire de sidi ifni pour ne prendre que ces exemples. Cette nouvelle vague de la lutte des classes a connu depuis une accélération sous l’impact combiné de deux facteurs :
Le développement de la crise du capitalisme mondial : la bourgeoisie prédatrice dont le bras armé est le palais ne peut tolérer des mobilisations populaires contre les politiques de paupérisation. Toute sa politique vise à élargir l’austérité et les conditions de la surexploitation. L’augmentation des prix de gazoil à celui des denrées alimentaires, la remise en cause de la gratuité de l’enseignement public ; les lignes directrices de la loi de finance, leur volonté de casser le droit de grève, le gel des salaires ne sont que les aspects les plus connus. Elle ne peut accepter l’extension géographique des mobilisations sociales qui mettent en mouvement « les dépossédés », elle ne peut accepter que les campagnes que le pouvoir pensait contrôler, se réveille, ni l’extension des terrains de luttes qui ne sont que le revers d’une violence sociale généralisée. Car si il y a une « nouveauté » de la situation, c’est que tout devient un terrain de confrontation : l’insalubrité des logements et la spéculation immobilière, le délabrement des hôpitaux publics, l’absence d’emploi, l’augmentation des prix et des factures d’eau et d’électricité, la marginalisation de régions entières qui n’ont droit à rien, la baisse du pouvoir d’achat, les retraites volées et non payées, l’arbitraire généralisé., un enseignement qui exclut les pauvres, la faiblesse des salaires, les transports publics, les expropriations de la terre et on peut allonger la liste.. Le pouvoir ne peut accepter que les habitants des quartiers populaires qui constitue le cœur du prolétariat informel revendique, il ne peut accepter que chlihat et beni Bouayach entrent de plein pied dans le Maroc de la contestation. Car satisfaire les revendications, répondre à l’urgence sociale est antagonique avec la logique prédatrice et la dictature du (sur)profit du capitalisme dépendant.
Mais ce qu’il ne peut accepter, et ce qui affole ce pouvoir, est que des forces nouvelles, parfois, souvent sans tradition de lutte résiste avec détermination malgré la répression. Et dont les revendications ne sont pas solubles dans un tour de passe-passe constitutionnel ou une quelconque alchimie électorale. La répression c’est d’abord cela : une violence politique organique d’une classe dominante dont les intérêts matériels sont liés à un ordre social toujours plus inégalitaire et à la violence sociale et prédatrice de l’accumulation capitaliste. La répression est un élément structurel du pouvoir pour maintenir et reproduire le despotisme social et économique. D’autant plus dure quand les formes de luttes mises en avant sortent des schémas classiques de sit-in ou manifestations et prennent la forme d’une occupation des lieux, des voies ferrées, des routes, quand on bloque le fonctionnement normal de l’économie. Nos camarades chômeurs de Khouribga et D’Asfi en savent quelque chose.
Le deuxième facteur est lié à la crise de la façade démocratique. Le recours au PJD n’offre aucune garantie sur la durée. Le soutien de ce dernier aux politiques antipopulaires, au tournant répressif avec un profil idéologique ultra réactionnaire, sa lutte symbolique contre la corruption, son incapacité à imposer la paix sociale, montrent les limites d’une démagogie quand elle est confrontée aux décisions réelles que lui dicte la classe dominante des prédateurs. La monarchie peut de moins en moins masquer sa responsabilité centrale dans la dilapidation de richesses publiques, dans la corruption institutionnalisée, dans la mainmise des ressources par une minorité. Le pouvoir absolu ne se partage pas. Mais un pouvoir absolu qui ne peut s’appuyer sur des relais politiques et sociaux crédibles dans la société (relais qui par le passé ont pu jusqu’à un certain point canaliser le mécontentement), tend à créer les conditions d’un vide politique et les possibilités d’un choc frontal avec les majorités populaires.
Nous ne sommes plus dans la période du nouveau règne où les illusions d’un changement progressif, d’une transition démocratique en douceur avait un appui relatif dans la société. Le Roi des pauvres est devenu le Roi de l’impunité, des richesses colossales. Le roi démocrate est devenu Le Roi de la matraque, de la torture et de l’impunité des militaires. Et rien ne vient enrayer dans la conscience populaire que ce système politique ne sert que les puissants et les corrompus. Cette perte de légitimité a été accélérée par le M20F qui a fait la démonstration que l’on pouvait construire un mouvement de masse démocratique dans la lutte et par la lutte et que la démocratie ne viendra pas d’en haut et se heurte à la nature despotique de l’ensemble du système politique en place. la répression est aussi cela : une réponse à la crise de légitimité de la façade démocratique vidée de toute substance et réduite à une pièce de théâtre avec des acteurs de seconde zone tout juste capables de jouer les bouffons de sa majesté, une réponse à la maturation d’une critique de la rue, de Tanger à Tata où le rapport d’obéissance au commandeur des croyants a fait place à l’exigence de la liberté et dignité et au refus radical d’être cantonnée au statut de sujet.
Quand el haked fait l’objet d’une vengeance d’Etat c’est exactement pour cela, ses chants portent une autre légitimité, sans tabous, sans respect des sacralités où le peuple trouve sa propre voix. Et cela est impardonnable pour un régime pour qui la seule devise acceptable est « Dieu, la Patrie, le Roi », un régime qui sait que les mots ne sont pas que des mots mais un moyen de réveiller ou d’enterrer une nouvelle fois les morts et les vaincus, les espérances enfouies de tout un peuple. Il s’agit pour le pouvoir de stopper net les processus sociaux et politiques qui remodèlent la conscience collective des masses populaires, En « rétablissant l’autorité de l’Etat » (elle a donc été ébranlée ?), en avertissant tout le monde que les années de plomb n’appartiennent pas au passé. Si jusqu’ici, il a évité l’explosion, le climat général est celui d’une montée des luttes, même si celle-ci n’est pas linéaire et rencontre des obstacles. Le pouvoir se prépare à utiliser la force brute et généralisée. Vieille loi classique quand il n’y a plus de « consentement « des opprimés, reste la coercition. Quand la « façade démocratique « ne canalise plus rien, il reste le noyau dur de l’appareil d’Etat : son appareil répressif.
C’est donc la combinaison et l’approfondissement de la crise sociale et politique dans un contexte marqué par la crise du capitalisme mondial et l’irruption des peuples de la région sur la scène politique qui constitue la colonne vertébrale de la guerre répressive que mène le palais contre notre peuple et ses militants. En réalité, et c’est un point sur lequel nous voulons insister, il se prépare à faire face à l’éventualité d’un embrasement généralisé. Il y a une volonté délibérée d’affrontement avec une volonté de tester les capacités d’intervention des forces de l’ordre entièrement rééquipées et formatées pour faire face aux « mouvements sociaux ». Tant le matériel utilisé que les tactiques d’intervention montrent que le régime a bien travaillé pendant nos manifestations « silmia » du dimanche. Il s’est doté d’un commandement unifié et mobile capable de coordonner dans les conditions les plus diverses l’action répressive : dans les périphéries des villes sur la question du logement, au cœur des grandes villes contre les manifestations syndicales et les actions revendicatives, dans les régions plus enclavées. Mettre sous état de siège, expéditions punitives, répression de masse et ciblée, tactiques de harcèlement et de dispersion, combinaison des services sécuritaires et armées. En réalité le pouvoir vise à court terme trois objectifs :
En imposant des arrestations de masses et de lourdes condamnations, il vise à la fois à décourager les résistances en montrant que le prix à payer est très lourd mais aussi à reconfigurer les objectifs de lutte en imposant une lutte de longue durée pour la libération des détenus en espérant que cette lutte ne regroupe que les éléments les plus déterminés et ne prennent pas un caractère de masse.
Eviter les risques d’explosions populaires même localisées qui peuvent avoir un effet de contagion non maitrisé surtout dans les régions qui ont été marquées par une longue marginalisation ou qui ont fait preuve par le passé d’une grande combativité (le Rif par exemple )
Affaiblir les équipes militantes, démanteler les mouvements sociaux combatifs, décourager la participation populaire. Il s’agit en réalité à la fois d’affaiblir les « cadres organisés mais aussi de faire face aux luttes spontanées ou semi spontanées et de tuer dans l’œuf la combativité émergente et les possibilités de jonctions entre les courants militants radicaux et les résistances populaires. Le pouvoir a adopté une stratégie de harcèlement continue visant à nous mettre sur la défensive. C’est le défi qui nous est posé. Mais l’erreur serait d’avoir une lecture statique du tournant répressif. De ne pas voir son caractère durable et global. Il sait que le feu couve partout, ne s’éteint pas, se propage dans un embrasement lent. Même si l’incendie n’est pas encore déclaré, Il se prépare à l’affrontement global. La loi sur l’impunité des militaires ne signifie rien d’autre que le droit de réprimer dans le sang pour sauver le trône. L’augmentation du budget d’armement, le renouvellement des contrats militaires et de l’équipement des forces de l’ordre en matériel répressif de tout ordre, les contrats signés avec la Russie, allié des dictatures les plus sanguinaires, le soutien accordé par les USA qui confirment le statut d’allié majeur hors Otan de l’Etat marocain, l’appui de l’état français plus soucieux de la défense des intérêts des multinationales que du sort du peuple marocain, tout cela indique que la machine de guerre du pouvoir se met en place. En réalité, nous sommes dans une situation mouvante où les bruits de bottes s’agitent devant « l’ennemi intérieur », où les balles de caoutchouc précédent les balles réelles. Exagéré ? Seulement pour ceux qui ont la mémoire courte et ne voit pas que le régime ne reculera devant rien pour se maintenir.
Contre la répression et la dictature : marcher sous le feu de l’ennemi. Ne rien céder. D’abord en revendiquant que la lutte contre la répression doit être au cœur de le lutte pour l’émancipation sociale et démocratique. La question qui est concrètement posée n’est pas celle de faire pression pour arracher une signature de l’état des conventions internationale sur la torture, la peine de mort ou les droits des prisonniers et l’amener à respecter ses engagements ou le dénoncer quand il ne le fait pas. Bataille de Sisyphe où l’on demande aux ennemis de la démocratie de devenir des démocrates. Il ne s’agit pas non de dénoncer la répression comme un simple effet naturel, logique de la nature antipopulaire et antidémocratique du régime mais bien d’avancer des revendications, des objectifs de luttes qui permettent aux secteurs populaires de réaliser que si elles veulent satisfaire leurs aspirations et revendications les plus immédiates, elles n’auront pas d’autre choix que de s’unir et de faire face à l’appareil gouvernemental répressif. La lutte pour le droit démocratique de manifester, de s’organiser, de s’exprimer n’est pas séparable de la lutte pour la satisfaction des revendications sociales. Tout comme la légitimité de résister par tous les moyens, y compris par l’autodéfense collective et la confrontation de masse face à l’Etat policier.
En réalité, la lutte démocratique de masse doit viser le démantèlement de l’ensemble des appareils de répression et des institutions du pouvoir, à réaliser l’unité organique de la lutte contre l’exploitation, la dépendance et le despotisme. Elle n’exclut pas des objectifs spécifiques plus immédiats qui est celle de l’amnistie générale des prisonniers politiques et du mouvement social, la fin de l’impunité des tortionnaires et des responsables des crimes économiques et politiques, mais nous devons intégrer ces objectifs immédiats à des objectifs plus larges visant à mettre fin à la répression globale et au système politique qui la nourrit. Dans cette perspective, ce qui importe est la capacité à donner un caractère populaire à la lutte contre la répression. C’est possible comme le montre, malgré des limites et difficultés, les initiatives de masses qu’ont pu prendre nos camardes étudiants de Fes au moment de la grève de la faim de Rouissi et de ses camarades. C’est possible comme en témoigne les résistances portées dans le rif et à taza. Mais l’enjeu est bien de donner un caractère national à cette dynamique, qui va bien au-delà des caravanes de solidarité ponctuelles ou des communiqués de soutien. C’est d’une manière consciente, prolongée, que la lutte contre la répression et pour la libération des détenus doit être au cœur des différents fronts de luttes. Y compris sur le terrain international.
Une des faiblesses du régime tient à sa volonté de préserver son image extérieure qui lui donne l’illusion d’une exception marocaine. L’impérialisme, fidèle soutien est prêt d’une manière pragmatique à lâcher tout régime qui lui parait incapable de mater la rébellion et d’assurer ses intérêts fut-il son allié de toujours. La façade démocratique et l’intégration soumise à la mondialisation capitaliste a permis de renouveler des soutiens neo coloniaux mais une des taches est justement de réduire ce soutien, de l’isoler sur le plan international, d’exiger l’arrêt des coopérations sécuritaires et militaires, de mettre fin au silence médiatique qui masque la réalité de l’autre Maroc.
Travailler à l’émergence d’une solidarité internationale est d’une nécessité absolue pour l’obliger à reculer et de le faire dégager demain. La lutte pour la révolution populaire continue !
Chawqui Lotfi, 22 août 2012
Source : MEDIAPART

Afrique du sud : pendant les massacres de mineurs, le platine flambe... Quarante quatre morts, dont 34 tombés sous les balles de la police mais le marché du platine tient bon

....le massacre de Marikana prouve surtout que l’Afrique du Sud reste un pays « anormal » : « au temps de l’apartheid, les noirs y étaient traités comme des objets. Aujourd’hui, les africains sont dressés les uns contre les autres pour savoir qui est le représentant légitime des travailleurs. Mais ce que signifie Marikana, c’est que la valeur de la vie humaine continue d’y être insignifiante »....

 Après le massacre de 34 mineurs, tombés sous les balles des policiers, l'Afrique du Sud rend hommage aux morts de Marikana. Le mouvement n'en est pas terminé pour autant. D'autres grèves sont apparus et si certains politiciens agitent déjà les démons de l'apartheid, c'est pour mieux ignorer combien elles sont le révélateur d'une misère sociale dont profitent les richissimes exploitants miniers.

Quarante quatre morts, dont 34 tombés sous les balles de la police mais le marché du platine tient bon. Rarement le cours de ce précieux métal aura été aussi élevé. Depuis les affrontements du 16 aout à Marikana, en Afrique du sud, sa valeur a même bondi de 9%, atteignant son plus haut niveau depuis mai 2012. Un lien de cause à effet entre les mineurs sacrifiés et le cours du métal ? On ose à peine y croire. Et pourtant, si l’argent n’a pas d’odeur, le platine n’en a pas beaucoup plus.

Selon le site indépendant mineweb, spécialisé dans l’analyse financière des métaux précieux, les événements survenus dans la mine de Marikana perturbent certes les marchés du platine : « Il y a régulièrement des tensions dans les régions minières mais le niveau de violence est surprenant » constate une analyste de Mitsui precious metals, une agence financière spécialisée dans les métaux précieux. Néanmoins  « la demande reste encore inférieure à l’offre et s’il n’y a pas de nouvelles perturbations, il n’y a pas de raison de voir les prix du platine flamber à court terme ». Bref, le marché du platine digère pour l'instant plutôt bien le massacre de Marikana. On respire.

Troisième producteur de platine au monde, Lonmin qui affiche un chiffre d’affaires de 2 milliards de dollars pour 311 millions de bénéfices, n’avait pas répondu favorablement aux demandes d’augmentations de salaires des syndicats de mineurs qui réclamaient une multiplication par trois de leurs salaires, proche de 400 euros en moyenne.

La grève continue

Craignant la multiplication des mouvements, le gouvernement a tenté de calmer le jeu mardi en demandant à la société minière de suspendre son ultimatum de licenciement des grévistes qui ne reprendraient pas le travail cette semaine. Un appel entendu : Lonmin a suspendu l’ultimatum en question. Trop tard sans doute. Un tiers seulement des salariés auraient repris le travail. Et d’autres mines pourraient suivre la même voie, notamment compte tenu de la surenchère à laquelle se livrent les syndicats de mineurs, très politisés.

L’AFP affirme que la grève s'est déjà étendue, mercredi 22 août, à une mine voisine, la plus riche réserve mondiale de platine, appartenant à Royal Bafokeng Platinum, où « des salariés ne sont pas venus travailler », a indiqué l'entreprise, en précisant que « la situation était calme ». Environ 600 grévistes, des foreurs, étaient massés devant le puits affecté par la grève où quatre fourgons de police étaient également déployés.

Le Monde rapporte qu’« une autre mine de platine est aussi sous la pression de ses salariés à Thembelani. Ils exigent de porter les salaires des foreurs à 12 500 rands, soit 1 250 euros environ par mois, comme à Marikana et ont donné jusqu'à vendredi à l'entreprise ».

Un révélateur de la misère sociale sud-africaine

A l'approche du congrés de l'ANC,le parti au pouvoir, véritable Etat dans l’Etat, la tuerie de Marikana a fait l’objet de nombreuses récupérations politiques et médiatiques sur le thème d’un retour du temps de l’Apartheid.
Julius Malema, ex-leader de la Ligue de la jeunesse du Congrès national africain, l’ANC, l’actuel président Jacob Zuma a échoué dans sa tâche, les mineurs « ont été tués parce que le gouvernement défend le monopole blanc sur le capital, affirme celui-ci. Et cette affaire n'a rien à voir avec l'éviction du président Zuma. Mais ça prouve bien que c'est un dirigeant très faible ».
Plusieurs observateurs pointent également le manque de préparation, voire l’incompétence des forces de police face à ces mouvements sociaux.

Pour The Sowetan, le plus grand quotidien de la population noire d’Afrique du sud, créé par des membres de l’ANC dans le cadre du combat contre l’apartheid, le massacre de Marikana prouve surtout que l’Afrique du Sud reste un pays « anormal » : « au temps de l’apartheid, les noirs y étaient traités comme des objets. Aujourd’hui, les africains sont dressés les uns contre les autres pour savoir qui est le représentant légitime des travailleurs. Mais ce que signifie Marikana, c’est que la valeur de la vie humaine continue d’y être insignifiante ».

Beaucoup plus faible en tout cas que celle du platine…
Source : Marianne 2

jeudi 23 août 2012

La nouvelle colonisation de l’Amérique latine, technologie et savoir. (Rebelion)...les outils et les technologies qui permettent la communication et le traitement de l’information doivent être utilisés au service de l’humanité. Les technologies ne sont pas et ne doivent pas être une fin en soi mais le véhicule pour le partage du savoir qui doit être libre et partagé.

..La Connaissance, dans son sens le plus large est la plus grande richesse que peut avoir un peuple, et par conséquent, est le bien le plus sacré que nous devons préserver et bien sur, partager...

...Si l’ État confie la gestion de son administration technologique à un groupe d’entreprises privées,l’Etat n’est ni indépendant ni libre....

La plus grande richesse d’un peuple, c’est la connaissance. Posséder et partager les connaissances nous fait avancer, nous donne une citoyenneté plus libre et pleine de possibles. Ainsi, tout au long de l’histoire de l’humanité, les hommes ont cherché à protéger et à partager le savoir, par l’écrit, le "bouche à oreille" inter-générations, le verbe.... l’important était de ne pas perdre.
La Connaissance, dans son sens le plus large est la plus grande richesse que peut avoir un peuple, et par conséquent, est le bien le plus sacré que nous devons préserver et bien sur, partager. Ce savoir libre nous (Free Knowledge) nous rend plus libres, nous ouvre de plus grandes possibilités et nous fait grandir en tant que société et en tant que personnes qui font partie d’un tout.
Par conséquent, la connaissance devrait être libre. Et cela devient un nouveau front pour les multinationales et les gouvernements : coloniser - posséder les connaissances comme source de richesse et de pouvoir. Parfois, même la génération et la thésaurisation de cette connaissance est présentée comme la seule forme de développement avec la fausse promesse de progrès et de modernité, alors qu’en fait il crée une nouvelle société, le joug technologique, où comme beaucoup l’appellent déosrmais : la colonisation numérique :
Cette stratégie monopolistique existe aujourd’hui, elle est même bien acceptée, car elle se pare d’un visage altruiste et désintéressé. Il s’agit d’une grande entreprise et à long terme pour aller convaincre les pays en développement, en particulier les gouvernements des grandes villes d’Amérique latine, de signer des accords sur de grands volumes de licences propriétaires avec des institutions auxquelles on offre généreusement des exemplaires gratuits de logiciels non-libres dans les écoles.
Pourquoi tant de bonté et de générosité ? Promouvoir l’éducation ? Aider les personnes à faibles revenus ?
Non, ce qu’ils veulent, c’est d’atteindre les publics jeunes. Utiliser l’école comme instrument pour imposer à la société tout entière la dépendance permanente sur leurs produits. Les écoles deviennent des salles d’exposition et les enseignants des vendeurs.
Ce n’est ni plus ni moins qu’une nouvelle colonisation, la Colonisation technologique du XXIe siècle.
La technologie n’est pas neutre, elle ne peut pas l’être, c’est évident quand ce sont des multinationales et non les Etats qui possédant et gardent les données sur leurs citoyens, ces mêmes multinationales qui décident de quelle manière la technologie influe sur l’état et la société dans son ensemble. C’est évident quand ce n’est pas la Société ou ses représentants démocratiquement élus qui décide de la façon dont la technologie est au service des citoyens. Quand ce sont les multinationales qui détiennent les données, les informations et décident des processus et des outils techniques de communication, la technologie perd tout sens d’outil et devient sa propre fin, un bien que n’importe quelle entreprise veut posséder par l’expropriation de son véritable propriétaire, l’Etat.
Certaines multinationales qui ont ce contrôle et ne veulent pas le perdre, en viennent à imposer ouvertement leurs règles et leur vision de la société dans son ensemble, créant une grande une confusion et s’autoproclamant la seule voix autorisée pour imposer leur conditions :
« A prié instamment les autorités de la région de remettre le développement des logiciels au secteur privé ... les gouvernements devraient se consacrer exclusivement à l’amélioration de la vie des citoyens pas à l’informatique » injonction visant particulièrement le Brésil en référence aux programmes de vulgarisation « open source » impulsés par le secteur public.
Quand il s’agit de la souveraineté technologique, nous touchons la sécurité nationale. Si l’ État confie la gestion de son administration technologique à un groupe d’entreprises privées,l’Etat n’est ni indépendant ni libre.
Il est inimaginable que les milliards de données sur la santé des citoyens par exemple, soient stockées dans un coffre fort dont les deux clés sont aux mains du constructeur du coffre et du gouvernement, laissant ainsi l’accès au constructeur. Que ce constructeur puisse modifier la serrure sans en aviser le propriétaire. Et bien c’est ce qui arrive jour après jour à des dizaines de pays sur notre planète. Que devient la confidentialité des données ? A quelles fin seront-elles utilisées ? Le gouvernement doit-il dépendre du constructeur du coffre ? Pourrait-il construire ses propres coffres ? S’il n’est pas maître de sa technologie indépendante, un gouvernement ne peut être indépendant.
Si l’information c’est le pouvoir, les outils et les technologies qui permettent la communication et le traitement de l’information doivent être utilisés au service de l’humanité. Les technologies ne sont pas et ne doivent pas être une fin en soi mais le véhicule pour le partage du savoir qui doit être libre et partagé.
Ramón Ramón
sur ramonramon.org
traduit depuis http://www.rebelion.org/noticia.php?id=154830 par alfare avec encore plus de réserves que d’habitude.
URL de cet article 17494 http://www.legrandsoir.info/la-nouvelle-colonisation-de-l-amerique-latine-technologie-et-savoir-rebelion.html

France : Et si on cessait de voir les Roms comme des sous-hommes ?

Saimir Mile est Rom, d'origine albanaise ; il ne vit pas dans un campement sauvage. A l'image du demi-million de Roms résidant en France, puisque «seules» 15 000 personnes sont dans des camps illicites. Saimir enseigne la langue de son peuple, le romani, à l'Institut national des langues et civilisations orientales (Inalco) à Paris, depuis 2007. S'il n'a pas souffert personnellement de discrimination, beaucoup de ses amis n'osent pas avouer qu'ils sont Roms, se faisant passer pour Pakistanais ou Indiens. «Les instincts racistes sont encore très forts envers le peuple Rom. Les gens racontent qu'on mange des chats, qu'on vole des enfants pour les vendre en pièces détachées. Nous sommes perçus soit comme des gens dangereux à expulser, soit comme des cas sociaux dans des conditions misérables.»
 
Avec l'association qu'il a fondée en 2005, la voix des Rroms (avec deux R, la vraie orthographe en romani), il cherche à faire évoluer les mentalités à l'égard de son peuple : «En France, tout le monde part du présupposé que les Roms sont une population délinquante qui pose problème. Et si on considérait plutôt que c'est une population qui a du potentiel et de l'énergie ? Contrairement aux idées reçues, nous sommes capables de travailler comme des fous s'il le faut, avec un optimisme démesuré. Un proverbe rom dit que même du rocher, il peut sortir quelque chose à manger.»

Pas de discrimination positive

Ce potentiel, Saimir a cherché à le mettre à profit dans diverses villes d'Ile-de-France. A Saint-Denis, dans le 93, un projet d'auto-construction de logements pour 250 Roms doit voir le jour l'an prochain, financé par la mairie. Un moyen pour la communanuté de se prendre en main, sans être dans une situation d'assistanat social. «La discrimination positive, c'est la pire des choses. Une politique sociale avec une étiquette ethnique donne un mélange explosif. En Hongrie, l'extrême-droite est puissante car elle joue sur la jalousie des citoyens vis-à-vis des aides spécifiques apportées aux Roms.»
 
Pour autant, Saimir Mile estime que les pouvoirs publics freinent toute initiative émanant de la communauté Rom. Un exemple l'a particulièrement marqué : «en 2008, l'association et l'équipe municipale de Montreuil, fraîchement élue, avaient noué un partenariat pour développer un projet d'auto-construction, associant le savoir-faire rom et la philosophie écologiste des élus. Les Roms devaient construire des logements économiques et écologiques. Le projet a capoté parce que les pouvoirs publics ont peur du neuf, de l'initiative, tranche Saimir. Au lieu de ce projet qui pouvait être une première, ils ont préféré construire un village d'insertion».

La catastrophe des villages d'insertion
 
Les villages d'insertion, ces campements améliorés encadrés par les municipalités, le président de la voix des Rroms ne les aime pas beaucoup. Par principe, car il concède ne pas tous les connaître. «Il s'agit de la rencontre entre la répression et l'assistanat. Certes, ces villages empêchent le risque d'expulsion et fournissent un minimum sanitaire, même si les rats s'y promènent malgré tout. Mais les individus sont fliqués et contrôlés. J'ai des amis dans des villages d'insertion, je ne vais plus les voir parce que je n'ai aucune envie d'avoir un vigile à côté de moi quand je discute.»

Le vrai problème des villages d'insertion reste ailleurs selon lui : «Ces dispositifs ont pour objectif d'intégrer les gens dans la société. Comment est-ce possible s'il n'y a pas d'accès au travail ?» Et pour cause : malgré les efforts des travailleurs sociaux de ces villages pour trouver un emploi aux Roms, l'Etat français impose jusqu'en 2013 aux ressortissants roumains et bulgares des mesures restrictives pour l'accès à l'emploi. Une taxe de l'ordre de 900 euros doit être versée par l'entreprise, quand celle-ci accepte les longs délais nécessaires aux migrants pour obtenir une autorisation de travail.
«Si le gouvernement souhaite vraiment aider les Roms, la solution est simple : arrêter les villages d'insertion, qui ne doivent absolument pas se généraliser, mais surtout ordonner la levée des mesures restrictives. Ca peut être fait en 24 H et il n'y a pas un centime à débourser. Pour tout le reste, nous sommes prêts à discuter avec le gouvernement pour l'aider à faire appliquer son programme. Car rappelons-nous que c'est François Hollande lui-même qui avait promis qu'une vraie politique de relogement des Roms serait menée !»
 
Avenir incertain

Saimir Mile, qui n'a pas été convié à la réunion interministérielle organisée à Matignon, mercredi 22 août, juge durement la politique du gouvernement : «Durant la campagne, nous avions fourni à l'équipe de Hollande des éléments de réflexion sur la question Rom. Pas de nouvelle depuis... enfin si, une série de démantèlements de camps ! »
 
Pour le président de la voix des Rroms, il n'y a aucune différence entre la politique de Manuel Valls et celle de Claude Guéant ou Brice Hortefeux avant lui. «La forme est différente, les évacuations sont menées de façon moins brutale et spectaculaire, mais les résultats sont les mêmes. Les Roms sont chassés de partout, et quand les policiers les évacuent d'un campement, ils continuent à les poursuivre sur les trottoirs.» Quant à l'argument qui consiste à dire qu'on ne peut pas laisser des êtres humains vivre dans de telles conditions, il n'a aucune valeur selon lui : «l'hygiène et la sécurité des individus expulsés ne deviennent pas miraculeusement meilleures dans la rue. Il faut cesser de considérer les Roms comme des sous-hommes!»
 
Saimir Mile est sceptique quant à l'avenir des Roms en France : «Les adultes, jeunes ou d'âge mûr, ont bien souvent émigré très tôt, sont peu allés à l'école et n'ont aucune formation professionnelle particulière. Ils sont perdus, sur le plan identitaire et des valeurs.» Pour lui, l'espoir peut venir des enfants, qui vont à l'école en France. «Le seul problème est qu'ils risquent de se confronter dans un futur proche à l'échec de l'intégration à la française, comme toutes les autres immigrations...»
 
Marianne2
 

lundi 20 août 2012

Appel à faire cesser l’agression contre la Syrie et à refuser la participation de la France à celle-ci.

À TOUS LES FRANÇAIS
Nous sommes aujourd’hui l’objet d’une longue et importante campagne médiatique qui nous abreuve de mensonges à propos de la Syrie. Cet acharnement des médias de la pensée unique a pour but de nous faire accepter la participation de la France à une agression criminelle contre un pays souverain, qui fut longtemps un pays ami et que nous avons aussi, autrefois occupé sous mandat de la SdN. Cette agression que subissent déjà l’Etat-nation et le peuple syrien, viole les lois internationales, les traités signés par notre pays, notre constitution et nos lois.
Comité Valmy
Comment qualifierait-on, en France, l’appui que donneraient l’Allemagne, la Suisse ou l’Espagne par exemple, par la mise à la disposition de bases, d’armements, d’argent, de munitions, de matériel de communication, de service de propagande sans nuance, à des groupes armés et fanatisés, ces groupes attaquant notre gendarmerie, notre police, détruisant à l’explosif les trains, les aéroports, les lignes électriques, assassinant fonctionnaires, journalistes, élus, choisis sur critères ethniques ou religieux ? Que diraient les Etats-Unis si le Canada ou le Mexique se livraient contre eux à des attaques semblables ?
Qui est tué en Syrie ? La moitié des morts estimées entre 17 et 20.000 par les occidentaux appartiennent aux forces gouvernementales, dites de « répression ».

Le seul correspondant accepté par nos journalistes et les médias en France, leur source unique concernant la situation en Syrie est une officine partisane (une seule personne en réalité) pilotée par les services secrets britanniques, l’autoproclamé « Observatoire Syrien des Droits de l’Homme ».

Comment qualifiait-on chez nous pendant l’Occupation la radio et les journaux inféodés à l’ennemi du peuple et de la nation ? « Radio Paris est allemand ».

Même si, et beaucoup d’entre nous ont conscience que ce n’est pas le cas, Bachar Al Assad était bien le dictateur affirmé par les médias du système, les Syriens qui refusent l’agression de leur pays souverain par des hordes étrangères seraient-ils pour autant des suppôts de cette prétendue dictature ?

La France et l’Angleterre sont entrées en guerre pour défendre la Pologne de Pilsudski, qui coopérait juste avant avec Hitler ; les millions de personnes qui ont dénoncé les guerres US contre l’Irak soutenaient le peuple irakien agressé et pas nécessairement Saddam Hussein.

Comment ose-t-on parler de « la communauté internationale », comme si elle était unie ou majoritaire, alors que les réunions organisées par l’OTAN et les émirats et rassemblant de pseudo « amis de la Syrie », concernent moins de population que la dernière réunion de Téhéran, le jeudi 9 août 2012, où plus de la moitié de la population mondiale était représentée ? Cette majorité des peuples, n’en déplaise aux pseudos « humanitaires » ou aux « bobos de gauche ou de droite », dénonce l’alliance agressive de l’OTAN, des euro occidentalistes, du Japon avec des émirs et djihadistes du Proche-Orient. Les peuples prennent conscience du risque grandissant de guerre mondiale qui ne pourrait être que nucléaire. Ils n’acceptent plus les guerres d’agression déclenchées sous des prétextes aussi divers que mensongers comme en Irak, Afghanistan (il n’y eut aucun ultimatum ni déclaration de guerre), Yougoslavie, Côte d’Ivoire, Libye, et qui aujourd’hui avec la Syrie servirait de détonateur à une conflagration généralisée.

Si la France officielle installée dans une logique de guerre et qui déjà soutient de différentes manières l’agression extérieure, notamment en fournissant des armements et des spécialistes aux extrémistes aux origines diverses, franchissait le pas de la guerre ouverte que certains réclament dans ses rangs, alors nous nous trouverions du mauvais coté, celui des fauteurs de guerre que nous imposent les politiques, les journalistes et les « élites » autoproclamées qui monopolisent le pouvoir au détriment de la souveraineté populaire.

Nous, organisations et citoyens d’horizons divers, de sensibilités différentes, estimons avoir le devoir d’alerter sur le péril imminent qui menace non seulement l’honneur et les valeurs de la France, les principes de notre République, mais également, au-delà, notre sécurité, notre vie et celle de nos enfants. Au nom de la paix et du respect de ces valeurs, nous demandons que cesse cette agression contre la Syrie, afin de briser l’engrenage d’une nouvelle guerre mondiale, que seuls les peuples peuvent empêcher.

Cet appel ouvert à la signature des citoyens qui souhaitent contribuer à cette initiative, est initié par le Bureau national du Comité Valmy ainsi que par des personnalités et des militants d’organisations et de sensibilités diverses.
La liste des premiers signataires sera publiée ultérieurement.

Contact et signatures :
Claude Beaulieu
info@comite-valmy.org

Syrie et avenir de "la guerre humanitaire" : des lits "humanitaires" installés par la France pleins à craquer...TF1, un des plus grands outils de la propagande française..

...Qu’il n’existe de cause humanitaire dans laquelle l’Occident s’engage que tout ce qui va dans le sens de sa puissance et du renforcement de sa domination sur les peuples. Avec des conséquences aussi juteuses pour l’Occident et surtout pour ses entreprises multinationales, la guerre humanitaire a de beaux jours devant elle. A moins que les peuples victimes et potentiellement victimes à cause des convoitises que suscitent leurs terres décident de se constituer en peuples solides dotés aussi bien de dirigeants, de citoyens informés et animés de patriotisme éclairé par l’histoire et les intérêts qui doivent être les leurs que d’organisation, de discipline et de moyens de défense puissants....

Laurent Fabius, le Juppé de François Hollande, a effectué le 16 aout 2012 une visite dans un camp de réfugiés en Jordanie. Là, le pauvre humanitaire ministre français des affaires étrangères, voyant des centaines voire des milliers de blessés que la France soigne humanitairement énonce que " tant que Bachar El-Assad continuera son oeuvre de mort il y aura des blessés et des réfugiés et il faudra faire de l’humanitaire ". Oui, des blessés dans des "lits vides", comme le constate le reporter, Patrick Fandio, qui n’a eu d’autre choix que de dire la vérité sur ces tentes inoccupées et des lits qui n’ont jamais reçu le moindre blessé. C’est dire combien sur ce coup-là, la propagande a donc foiré. Pas un mot de la part du "ministre humanitaire" en revanche sur des massacres et autres actes inhumains commis par les "pauvres révolutionnaires", "insurgés", "rebelles" (on ne sait plus quel vocabulaire adopté face à une horde de djihadistes armés pour la cause par les USA, la France, la Grande-Bretagne par l’intermédiaire des territoires mercenaires de la Turquie, du Qatar, de l’Arabie Saoudite et de la Jordanie) qui, pendant la même semaine, jetaient depuis des immeubles de plusieurs étages des personnes et égorgeaient publiquement d’autres dans les rues syriennes.

Comme on peut le voir sur ces images de TF1, un des plus grands outils de la propagande française, il y a des milliers de blessés, se tordant de douleur mais opérés par de braves français ayant abandonné pays et familles pour LA "cause humanitaire" du moment : sauver les victimes d’Al Assad, le nouveau méchant que la croisade occidentale pourchasse "diplomatiquement". Ces milliers de blessés imaginaires sous les tentes françaises vus par Laurent Fabius sont déchiquetés par les bombes de l’armée nationale syrienne renommée "l’armée d’Al-Assad". Ne les voyez-vous pas, vous ? Seriez-vous aveugles ? Regardez-là, là, làààà, sous les tentes. Vooooilààààà ! vous les voyez maintenant ? Les victimes de "l’oeuvre de mort de Bachar Al-Assad" ? Voilààà, c’est rassurant ! Sinon il devenait inquiétant de constater que vous ne voyiez pas ces civiles blessés malgré leur présence manifeste sous les tentes françaises.
Comme ces blessés et ces victimes du "bourreau, du massacreur" de Syrie, selon les mots mêmes de Fabius, sont innombrables et comme la Russie et la Chine n’entendent en rien céder aux chantages ni aux arguments mensongers dont les Occidentaux ont le secret en pareilles circonstances, Fabius ira dire en Turquie, un des canaux de transmission d’armes aux "rebelles-révolutionnaires-insurgés" syriens qu’au vu de l’hécatombe, " Bachar Al-Assad ne mérite pas d’être sur terre ". Quelle belle sentence après avoir vu des blessés occupant des lits vides ! Une telle déclaration est un appel clair et net au meurtre. Mais qui condamne ces propos ? Personne. Pas même la fameuse opposition incarnée par l’UMP, si prompte à taper sur les socialistes tombeurs de Sarkozy qui trouve d’ailleurs que la France de Hollande n’en fait pas assez sur la Syrie. Bien au contraire, tout le monde salue la fermeté du ministre. Dans les médias amoureux fous de "la guerre humanitaire" inventée par l’Occident, "la diplomatie française se donne enfin des dents" comme le souhaitait Dominique de Villepin sur Europe1 récemment. Sur France Inter le 17 août 2012, Frédéric Encel, intraitable idéologue se présentant malgré tout comme un universitaire enseignant de géopolitique prévenait ceux qui seraient tentés de juger Fabius de Talleyrand qui disait que tout ce qui est excessif est insignifiant, que l’excès verbal dont a fait preuve le sosie d’Alain Juppe en la personne de Laurent Fabius était " parfaitement justifié ", puisque ajoute-t-il, " des 18 mois d’une répression féroce accablant en priorité des civiles avec toute la panoplie de tortures et humiliations si un haut représentant d’une authentique démocratie n’emploie pas le terme de bourreau, alors jamais celui-ci ne s’imposera...Ces propos de notre ministre ne sont pas si virulents que cela. " Voilà qui est tranché !
Faut-il rappeler que ce nouvel Edit de Fabius s’inscrit dans une longue série de déclarations du nouveau Alain Juppé, celui qui s’était illustré dans la chasse à Mouammar Kadhafi avec le mythique massacre des populations civiles libyennes par le "fou" de Tripoli. Le samedi 21 juillet dernier, le même Fabius lançait un appel à une non-identifiable opposition montée de toutes pièces en affirmant que " Le moment est venu de préparer la transition et le jour d’après. Nous sommes tous d’accord pour considérer que l’heure est venue pour l’opposition de se mettre en ordre de marche afin de prendre les commandes du pays. Nous souhaitons la formation rapide d’un gouvernement provisoire ". L’envie est donc immense pour la France et ses alliés d’en découdre le plus tôt avec le gouvernement syrien et de le remplacer par des satrapes totalement soumis. La Syrie sera redevenue ce qu’elle fut : un pays sous "mandat" français comme elle l’avait été de 1919 à 1949. L’indépendance de la Syrie ne sera reconnue par la France qu’après la guerre de 1946 que celle-ci avait farouchement mené pour conserver sa tutelle sur le pays. Configuration identique à la Libye post-Kadhafi qui est une reconstitution de la Libye italienne après la défaite de Mussolini divisée en la Tripolitaine, la Cyrénaïque et le Fezzan. Jusqu’au renversement par Kadhafi et ses compagnons du roi Idriss en septembre 1969, l’Angleterre avait dirigé les deux premières régions (la Tripolitaine et la Cyrénaïque), la France, quant à elle, avait régenté le Fezzan et tout ceci avec leurs alliés les Etats unis d’Amérique. Autant ces mêmes pays qui se sont coalisés 42 ans plus tard pour assassiner Mouammar Kadhafi et reconstituer la Libye coloniale d’antan, autant les mêmes agissent en Syrie pour remettre ce pays sous leur juron et, par ricochet, se rapprocher davantage de l’Iran qu’ils ont ciblé depuis longtemps.
La Russie et la Chine, à l’aune de leurs propres intérêts géopolitiques, pour le moment, n’entendent pas céder sur la Syrie contrairement à ce qu’ils avaient fait sur la Libye. Ces deux pays avaient livré la Libye aux hyènes occidentales qui l’ont détruite et mis la main sur ses richesses avec de petits satrapes soigneusement recrutés à qui ils ont attribué l’exercice de la police locale. Aussi, la Russie et la Chine ont-ils donné la clé aux Occidentaux de redessiner tout le Sahara à partir de la Libye. "Qui possède Tripoli possède le Soudan" (le Soudan entendu ici comme l’Afrique centrale, le coeur de l’Afrique), énonçait en 1885, Gerhard Rohlfs, voyageur allemand qui parcourait la région. Cette prédiction est en train de trouver son accomplissement sous nous nos yeux. Le Mali découpé en est une preuve palpable avec la création du fameux Azawad après la création du Sud Soudan, créatures dont la vocation est de répondre aux préoccupations extérieures qu’on cache sous le manteau troué des revendications indépendantistes locales.
Alain Juppé avec l’appui de Nicolas Sarkozy avait fait des agressions contre le président laurent Gbagbo et contre Mouammar Kadhafi des affaires personnelles. Laurent Fabius porté par François Hollande, moins bavard et moins agité que son prédécesseur mais aussi résolu que lui, fait de la Syrie une affaire personnelle, multipliant invectives, livraison d’armes et matraquage verbal contre Bachar Al-Assad. C’est de bonne guerre, car ce caractérise fondamentalement l’Occident c’est qu’il ne s’engage que s’il a procédé à un calcul minutieux des pertes et profits. Lui dénier ce trait de caractère c’est faire injure à son génie et à sa civilisation que ses enfants n’hésitent d’ailleurs pas à présenter comme supérieure. Son histoire montre qu’il n’existe de cause humanitaire dans laquelle l’Occident s’engage que tout ce qui va dans le sens de sa puissance et du renforcement de sa domination sur les peuples. Avec des conséquences aussi juteuses pour l’Occident et surtout pour ses entreprises multinationales, la guerre humanitaire a de beaux jours devant elle. A moins que les peuples victimes et potentiellement victimes à cause des convoitises que suscitent leurs terres décident de se constituer en peuples solides dotés aussi bien de dirigeants, de citoyens informés et animés de patriotisme éclairé par l’histoire et les intérêts qui doivent être les leurs que d’organisation, de discipline et de moyens de défense puissants.
Komla KPOGLI
20 août 2012
Web.
http://lajuda.blogspot.com
URL de cet article 17483 http://www.legrandsoir.info/syrie-et-avenir-de-la-guerre-humanitaire-des-lits-humanitaires-installes-par-la-france-pleins-a-craquer.html

Julian Assange - discours depuis l'ambassade d'Equateur à Londres : "Je demande au Président Obama de cesser la persécution contre WikiLeaks"

Voici le discours tenu par Julian Assange depuis un balcon de l'ambassade équatorienne à Londres le dimanche 19 août 2012

Vous m'entendez ?
Je suis ici aujourd'hui parce que je ne peux pas être avec vous là-bas, mais, merci à vous d'être venus, merci pour votre détermination et votre générosité d'esprit.
Dans la nuit de mercredi, après qu'une menace a été envoyée à cette ambassade et que la police a tenté une descente sur ce bâtiment, vous êtes venus en pleine nuit, et vous avez apporté avec vous les yeux du monde.

A l'intérieur de l'ambassade, je pouvais entendre des équipes de policiers envahissant le bâtiment par l' escalier interne d'incendie, mais je savais qu'il y aurait des témoins, et c'était grâce à vous.

Si le Royaume-uni n'a pas jeté les Conventions de Vienne aux orties l'autre nuit, c'était parce que le monde était en train d'observer.

La prochaine fois qu'on vous dira que c'est inutile de défendre ces droits qui nous sont chers, rappelez-leur votre veille dans l'obscurité devant l'ambassade d'Equateur et comment, à l'aube le soleil s'est levé sur un monde différent et une courageuse nation latino-américaine a pris position pour la justice.

Un mot sur ces gens courageux. Je remercie le président Correa pour le courage qu'il a démontré en examinant et en acceptant ma demande d'asile.

Et je remercie aussi le gouvernement, en particulier le ministre des Affaires étrangères, Ricardo Patiño, qui a pris en compte la constitution équatorienne et sa notion de citoyenneté universelle dans l'examen de ma demande d'asile.

Et merci au peuple équatorien pour avoir soutenu et défendu cette constitution.

Et j'ai aussi une grande gratitude à l'égard du personnel de l'ambassade, dont les familles vivent à Londres, et qui ont fait preuve d'hospitalité et de gentillesse à mon égard malgré les menaces qu'ils ont tous reçu.

Ce vendredi il y aura une réunion d'urgence des ministres des Affaires étrangères d'Amérique latine à Washington DC pour examiner la situation créée par cette affaire.

Je suis donc reconnaissant aux peuples et gouvernements d'Argentine, Bolivie, Brésil, Chili, Colombie, Salvador, Honduras, Mexique, Nicaragua, Perou, Venezuela et de tous les autres pays d'Amérique Latine qui se sont unis pour défendre le droit d'asile.

Merci aux peuples des USA, du Royaume-Uni, de Suède et d'Australie qui m'ont soutenu et donné de la force, même quand leurs gouvernements ne le faisaient pas. Et merci aussi à ceux qui, dans les gouvernements, ont la sagesse de continuer à se battre pour la justice. Votre jour viendra.

Merci à l'équipe, aux supporters et aux sources de WikiLeaks, dont le courage, l'engagement et la loyauté ont été sans égal.

Merci à ma famille et à mes enfants qui ont été privés de leur père. pardonnez-vous. Nous serons bientôt réunis.

Tout comme WikiLeaks, ce sont la liberté d'expression et la santé de nos sociétés qui sont menacées.

Nous devons saisir cette occasion pour faire voir au gouvernement des USA le choix devant lequel il se trouve. Va-t-il retourner aux valeurs sur lesquelles il a été fondé et les réaffirmer ? Ou va-t-il dégringoler dans le précipice, nous entraînant tous dans un monde dangereux et répressif, où les journalistes se taisent par peur de poursuites et où les citoyens doivent chuchoter dans le noir ?
Je dis qu'il faut faire marche arrière. Je demande au Président Obama de faire la seule chose juste. Les USA doivent renoncer à leur chasse aux sorcières contre WikiLeaks. Les USA doivent annuler leur enquête du FBI. Ils doivent s'engager à cesser de poursuivre notre équipe ou nos supporters. Les USA doivent s'engager face au monde à ne pas poursuivre des journalistes mettant en lumière les crimes secrets des puissants.

Il faut mettre fin aux discours insensés sur les poursuites contre des organisations médiatiques quelles qu'elles soient,  WikiLeaks ou  New York Times.

La guerre de l'administration US contre les lanceurs d'alerte doit prendre fin.

Thomas Drake, William Binney, John Kirakou et les autres héroïques lanceurs d'alerte US doivent - ils doivent - être grâciés et indemnisés pour les soufrfances qu'ils ont enduré au service de l'intérêt public.

Quant au soldat détenu dans une prison militaire à Fort Leavenworth, Kansas, dont les Nations Unies ont établi qu'il avait subi des mois de détention avec torture à Quantico, Virginia, et qui attend encore son procès après deux ans de prison, il doit être remis en liberté.

Bradley doit être libéré.

Et si Bradley Manning a vraiment fait ce dont il est accusé, alors il est un héros, un exemple pour nous tous et l'un des plus éminents prisonniers politiques du monde. Bradley Manning  doit être libéré.

Mercredi, Bradley Manning a passé son 815ème jour de  détention sans jugement. Le maximuml légal est de 120 jours.

Jeudi, mon ami Nabil Rajab, Président du Centre bahreïni des droits humains, a été condamné à trois ans de prison pour un tweet. Vendredi, un groupe musical russe a été condamné à deux ans de prison pour une performance politique.

Il y a une unité dans la répression. Il faut absolument y répondre avec unité et détermination.

Je vous remercie.

Traduit par  Fausto Giudice فاوستو جيوديشي 
Source : TLAXCALA