jeudi 16 août 2012

L'Israélien tueur et le Turc maboul - Les fous dirigent – ou pensent qu’ils dirigent – l’asile.


Comme Asia Times Online l’a déjà signalé (Voir Bomb Iran fever, du 8 août 2012), Tel-Aviv est peut-être à deux doigts de passer de la guerre économique déjà déclarée contre l’Iran, à une guerre ouverte.
Jetez un coup d’oeil à cette folie : [1] Le duo de va-t-en-guerre Bibi-Barak (le Premier ministre Benyamin Netanyahou et le ministre de la Défense Ehud Barak) est peut-être sur le point de tenter le tout pour le tout en faveur d’une attaque de l’Iran – et ce malgré l’avis du gratin de la Défense et des experts du renseignement israélien.
Barak pourrait même avoir eu accès à des dossiers confidentiels du renseignement US. Il a déclaré [à la radio israélienne], « Il existe probablement, vraiment un tel rapport du renseignement US  – je ne sais pas si c’est un NIE [National Intelligence Estimate] – qui tourne dans les bureaux des hauts fonctionnaires [à Washington]. »
« Probablement ? » « Vraiment ? » « Je ne sais pas ? » Et cette forêt d’hypothèses devrait être une justification pour une guerre ouverte ?
Puis Barak a ajouté, « Pour autant que nous le sachions, il [le NIE] rapporte que l’évaluation US est sensiblement proche de la nôtre. »
Pas vraiment. Voici la réponse d’un porte-parole du Conseil de sécurité nationale de la Maison Blanche : la conclusion de l’évaluation du renseignement US demeure la même. L’Iran ne poursuit pas un programme d’armement nucléaire.
Et si une confirmation supplémentaire était nécessaire, Washington semble avoir une idée assez claire des progrès nucléaires de l’Iran. [2]
Selon le porte-parole de la Maison Blanche Jay Carney, « Nous saurions si et à quel moment l’Iran aurait fait ce que l’on appelle un pas décisif vers l’acquisition d’une arme. »
Pour Bibi le tueur, ce n’est évidemment pas suffisant. Cela n’a pas d’importance que – techniquement et logistiquement – Israël n’ait tout simplement pas ce qu’il faut pour mener une attaque réussie contre les installations nucléaires de l’Iran.
Jetez un œil à cette infographie concise.
Pour commencer, Israël n’a pas la dernière génération de bombe  anti-bunker à charge pénétrante MOP GBU-57A afin de frapper les installations souterraines iraniennes. Il n’a pas les bombardiers furtifs Grumman Northrop B-2 pour les larguer. Et il n’a pas assez d’avions-ravitailleurs Lockheed Martin KC-130 (seulement 5; les USA en possèdent 80) pour ses chasseurs F-15 et F-16.
Rien ne prouve que l’administration Obama autorisera le Pentagone à fournir la liste ci-dessus pour le duo Bibi-Barak de sitôt.
Et nous allons introduire un peu de raison dans cette folie – par courtoisie pour un bon vieux « cold warrior » (expression courante désignant les hommes et femmes qui ont été impliqués durant la Guerre Froide, ndlr) : Evgueni Primakov , ancien supremo du KGB et ministre des Affaires étrangères russe. Primakov dit les choses comme elles sont, allez-y, attaquez l’Iran, et alors, inévitablement, ils voudront avoir une bombe. [3]
Pendant ce temps, à Ankara…
La Turquie est-elle sur le point d’entrer dans le neuvième cercle de l’enfer (kurde) ?
La secrétaire d’Etat US Hillary Clinton tout juste revenue de Turquie et de très libyenne humeur - « Nous sommes venus, nous l’avons vu, il est mort » -, comme si elle nous rejouait son rôle de l’Ange de la Mort, augurant de la disparition imminente du président syrien Bachar Al-Assad.
Un instant. La même chose s’applique au Département d’Etat afin d’influencer la décision du shakespearien Premier ministre turc Recep Tayyip Erdogan, à savoir « envahir » ou « ne pas envahir » l’ouest syrien du Kurdistan.
Le fait est que le parti AKP à Ankara ne demandera pas le feu vert au Parlement turc. Il serait si simple d’envahir le Kurdistan syrien – même avec une bande de généraux turcs qui croupissent en prison, accusés d’avoir fomenté un coup d’Etat. Trois brigades turques, des chars d’assaut et de l’artillerie sont déjà à seulement deux kilomètres de la frontière syrienne.
Ankara a pénétré des dizaines de fois au Kurdistan irakien à la poursuite de guérilleros du PKK (Parti des Travailleurs Kurdes). L’intrigue s’épaissit, car dans le même temps Ankara a des échanges/relations diplomatiques assez proches avec le gouvernement régional du Kurdistan (KRG); en fait Ankara est maintenant opposé au gouvernement de Nouri al-Maliki à Bagdad, depuis qu’il a commencé à directement importer du pétrole kurde, en contournant le gouvernement central irakien.
Le ministre turc des Affaires étrangères, Ahmet Davutoglu, s’est rendu en personne à Kirkouk et Erbil pour conclure l’affaire avec Massoud Barzani, le président du gouvernement régional du Kurdistan.
En termes Pipelinestan, c’est énorme : les grandes majors occidentales sont très pressées de rafler autant d'or noir qu’il est humainement possible, de l’énergie du Kurdistan irakien (ainsi que de l’Azerbaïdjan) – court-circuitant ainsi l’Iran et la Russie.
Une « invasion » turque du Kurdistan syrien ne serait pas un problème en terme de relations pour la Turquie avec ces parangons de la démocratie du Conseil de coopération du Golfe; après tout le Qatar et la Maison des Saoud travaillent de concert avec la Turquie à la déstabilisation totale de la Syrie.
Mais le régime d’Assad verrait cela comme un acte de guerre envers la Syrie – et pas seulement du Kurdistan syrien; après tout la Turquie accueille non seulement le Conseil National Syrien (CNS), mais aussi des milliers de gangs de « l’Armée Syrienne Pas Exactement Libre » (ASL), djihadistes salafistes inclus. La Turquie est leur base logistique.
Et que se passera-t-il s’il y a une affluence de sacs à macchabée,  expédiés à Ankara et Istanbul ?
Le jeu de puissance qu’exerce « le Turc Maboul» Erdogan pourrait échouer. L’armée turque, la bourgeoisie commerçante et la bureaucratie laïque en ont plus que marre de ses rêveries napoléoniennes : l’hébergement de l’ASL, bourrée de djihadistes; la contrebande d’armes en Syrie aux côtés du Qatar et des Saoudiens, le déploiement de batteries anti-aériennes et même de missiles à la frontière; les menaces d’envahir le Kurdistan syrien : c’en est trop.
Mais, peut-être pas. Dans une optique élargie, l’ambition d’Ankara – d’inspiration néo-ottomane – serait certainement d’inclure une sorte d’annexion économique du nord de l’Irak et du nord-est de la Syrie; les deux régions sont riches en ressources énergétiques – et la Turquie a vraiment besoin d’énergie. Le problème est que ces deux régions sont toutes deux habitées principalement par des Kurdes.
Même les Kurdes iraniens se sont remis à s’activer. [4] Que se passerait-il si 17 millions de Kurdes de Turquie décidaient également d’entrer en action ? Erdogan pourrait alors faire face au  cauchemar suprême de la Turquie : l’émergence d’un Grand Kurdistan.
La Turquie partage ses frontières avec l’Irak, la Syrie et l’Iran. Les Kurdes commencent à pressentir le tournant historique. Rick Rozoff pour Global Research [5] affirme avec justesse que « la Turquie fournit à l’OTAN – et l’OTAN au Pentagone – un accès direct à ces trois nations. » Mais cela peut aller bien au-delà d’« un nouveau morcellement du Levant sur le modèle des accords anglo-français Sykes-Picot  en 1916. »
La Turquie néo-ottomane, l’OTAN et le Pentagone peuvent être sur la même longueur d’onde, du moins pour le moment. Mais une balkanisation du Levant pourrait favoriser l’émergence d’un Grand Kurdistan. Cela peut faire progresser les intérêts stratégiques de Washington. Mais lorsque Erdogan prendra conscience de la nouvelle réalité – à laquelle sa propre politique aura contribué – il pourrait être trop tard.
Source : TLAXCALA

Mali : les périls d'une intervention - Une intervention militaire pour résoudre la crise actuelle du Mali est risquée au vu du cadre politico-militaire de ce pays.


Comme dans toutes les situations de crise politique et militaire, la proposition d’une intervention militaire extérieure est évoquée comme voie pour résoudre la crise du Mali. La Cedeao a ainsi tenté de finaliser un plan d'intervention sous mandat onusien. Pour évaluer les chances d'une telle intervention, il faut d’abord rappeler brièvement les conditions du cadre politique-militaire du pays.
Un nouvel échiquier
Le nord Mali s’avère être la région la plus instable du pays : initialement tombée sous le contrôle des rebelles Touaregs alliés avec les groupes extrémistes musulmans, elle est désormais entièrement le territoire des djihadistes. Les différentes milices islamistes sont arrivées à repousser leurs anciens alliés Touaregs en s’établissant comme les seuls maîtres de la région.
Ce mouvement islamiste n’est pas une faction homogène, mais se compose de forces diverses actives dans les villes principales du Mali septentrional. La ville de Gao est entre les mains du Mujao (Mouvement pour l’unicité et le djihad en Afrique de l’Ouest), Aqmi (Al-Qaïda au Maghreb Islamique) règne sur Tombouctou et Kidal est sous le contrôle des milices d’Ansar Eddine. La Mujao est un mouvement composé par des dissidents d’Aqmi, qui maintient de bons rapports avec les sahraouis et le Front Polisario.
À coté des différences (liées surtout à des intérêts de répartition du pouvoir), ces trois groupes islamistes partagent des objectifs comme le « maintien de la cohésion territoriale du Mali » (au contraire des Touaregs) et l’instauration de la loi islamique dans sa forme la plus extrême. Ces derniers jours, il y a déjà eu deux premiers cas d’application de la charia [1].
Les forces Touarègues du MNLA (Mouvement National de Libération de l’Azawad) ont été très affaiblies mais sont encore actives : il y a des négociations en cours pour obtenir leur soutien à l’armée nationale contre les islamistes. Dans le sud, on assiste de plus en plus à la formation de milices indépendantes bien décidées à combattre les islamistes. Elles sont souvent formées par des ex-habitants du nord forcés à fuir.
Intervenir ?
Dans ce cadre d’instabilité constante, au plan international l’hypothèse d’une intervention militaire continue à être évaluée – une idée lancée déjà aux premiers jours de la révolte des Touaregs. Récemment, le Ministre des Affaires Étrangères et le Ministre de la Défense français, Laurent Fabius et Jean-Yves le Drian, ont déclaré le soutien de la France à l’envoi d’une force d’interposition organisée par des militaires des pays CEDEAO, pour contenir et définitivement éliminer la présence des extrémistes. La France, en tous les cas, ne prendra pas l’initiative, même si M. Le Drian a défini comme « inéluctable » l’intervention pour éviter la transformation du Mali en un État islamique. Paris s’inquièterait d’un « retour de bâton » terroriste (exécutions des otages encore au Mali, attentats sur son territoire…).
Au vu de leurs faibles possibilités militaires, les pays africains semblent moins enthousiastes, espérant un soutien étranger (de l’ONU et des USA, en premier lieu) pour conduire une grande opération d’intervention. Peu de pays seront capables – et déterminés – à envoyer des troupes : le Niger, la Mauritanie et la Côte d’Ivoire semblent décidés à intervenir tôt et directement (vue leur inquiétude d’avoir un « voisin extrémiste »), même s’ils n’ont pas les moyen logistiques nécessaires (et les Ivoiriens ont leur problèmes intérieurs). L’Algérie refuse de s’engager hors de ses frontières et le Sénégal (déjà engagé en Guinée-Bissau) préfère suivre la voie diplomatique avec le Burkina Faso pour arriver à la stabilisation de la situation malienne. Dans ce cadre, la délégation burkinabé a rencontré les représentants d’Ansar Eddine, qui se disent « favorables » à la médiation et disposé à se rendre à Ouagadougou pour continuer à en discuter ; au contraire, ni le Mujao ni Aqmi n’ont rencontré de diplomates étrangers. La voie diplomatique, donc, semble encore une option possible mais sera longue est complexe : elle sera choisie s’il n’y a pas la possibilité concrète d’intervenir militairement.
À ce propos, il faut rappeler qu’une invasion avec l’objectif de vaincre une organisation terroriste bien organisée n’est jamais simple, comme nous l’a enseigné l’Afghanistan. Le Mali aussi constitue un vaste territoire à (re)conquérir et très difficile à contrôler, où la majorité des forces djihadistes sont formées par des soldats qui connaissent bien leur territoire, et donc difficiles à affronter. Là aussi les rapports avec la population civile seraient cruciaux : même si des groupes de civils ont manifesté ouvertement contre les islamistes, il y a aussi de nombreux mécontents de la précédente administration et surtout de la brève période de gouvernement par les Touaregs, souvent accusés de vols et viols à l’encontre des populations. De nombreux citoyens vont rejoindre les rangs des milices islamiques, pensant que seuls les djihadistes pourront stabiliser le pays.
Un autre problème réside dans la définition des cibles et les conditions d’engagement de la milice « anti-extrémistes » : une attaque « frontale » générera difficilement des résultats vu que les terroristes n’occupent pas des camps isolés mais commencent à se mélanger à la population dans les villes. Il faudrait ainsi travailler à une infiltration graduelle avec un gros travail des services secrets pour neutraliser les forces terroristes. En outre, il faudrait éviter que la force d’interposition ne contribue à rendre encore plus instable le pays avec un usage excessif de la force : chaque erreur, chaque victime civile se traduirait par un soutien accru aux extrémistes.
Il faudrait enfin que les autorités comprennent que la voie pour la stabilité du pays ne passe pas seulement par la suppression des tendances extrémistes : pour éviter qu’aux ennemis actuels s’en substituent de nouveaux, on devrait travailler en même temps à la construction d’un gouvernement légitime qui ne deviendrait pas une nouvelle institution oppressive. Et, malheureusement, cette phase serait sans doute encore la plus difficile dans la lutte contre les « terroristes ».
Par Giuliano Luongo.Publié en collaboration avec UnMondeLibre
Source ; Contrepoints

SYRIE : Une révolution en Syrie ? Non,une guerre civile confessionnelle...Le risque est de remplacer un pouvoir qui protège ces minorités par un pouvoir qui les opprime.

«« La guerre civile est le règne du crime »                                                                                                  [Corneille, Sertorius]
Contrairement à ce qu’affirment la plupart des commentateurs, ce qui se passe en Syrie n’est pas une révolution mais une guerre civile confessionnelle contre un pouvoir autoritaire d’obédience baasiste (1) qui a su faire jusqu’à présent régner une cohabitation entre toutes les religions en réprimant d’une main de fer les extrémistes islamiques.

En novembre 2011, je publiais sur mon site Geopolitique-geostrategie.fr une analyse sur le contexte géopolitique de la crise syrienne et je terminais en évoquant la situation intérieure : « La situation intérieure syrienne est très différente de celle de la Libye. En Syrie vivaient en paix jusqu’à aujourd’hui de nombreuses communautés religieuses qui représentent 30 à 35% de la population face à 65 à 70% de sunnites au sein desquels existe la minorité extrémiste des frères musulmans. Le pouvoir syrien bénéficie ainsi du soutien de ces minorités qui craignent l’arrivée au pouvoir de la majorité sunnite. Le risque est de remplacer un pouvoir qui protège ces minorités par un pouvoir qui les opprime. Pour toutes ces raisons la France ne doit pas aller au-delà d’un discours humanitaire et s’opposer à toute action de l’Otan en Syrie, initiée par les Turcs soutenus comme toujours par les américains ».
Ce qu’oublient trop souvent de souligner la majorité des commentateurs c’est que la résistance des insurgés sunnites et des frères musulmans ne peut exister que grâce à l’aide considérable des monarchies sunnites du golfe mais le succès de leur combat ne peut survenir sans un engagement occidental. En effet pour les Alaouites et les minorités qui les soutiennent : Chrétiens, Ismaéliens, Druzes, Chiites il s’agit de vaincre ou de mourir.
Les alaouites sont en effet considérés par l'Islam sunnite comme des apostats (2). Cela leur a valu au XIVème siècle une fatwa du jurisconsulte salafiste Ibn Taymiyya, l'ancêtre du wahhabisme actuel, prescrivant leur persécution systématique et leur génocide. Sa fatwa n'a jamais été remise en cause et est toujours d'actualité, notamment chez les salafistes, les wahhabites et les Frères musulmans. Persécutés pendant 6 siècles, les alaouites n’ont pris leur revanche qu’avec le coup d’Etat d’Hafez el-Assad, issu d'une modeste famille de la communauté, devenu chef de l'armée de l'air puis ministre de la défense.
Face à la montée du fondamentalisme qui progresse à la faveur de tous les bouleversements actuels du monde arabe, son fils est soutenu par les 2,5 millions d’Alaouites, les 2 millions de Chrétiens de toutes obédiences, les 500 000 Druzes, les Chiites et les Ismaéliens, instruits du sort de leurs frères d'Irak et des Coptes d'Égypte. Seule minorité à jouer son propre jeu, la minorité Kurde, qui rêve d’un Kurdistan syrien.
Source : "atlantico

mercredi 15 août 2012

SYRIE : Al-Qaïda veut établir un Etat Wahhabite, en Syrie, avec l’appui saoudien selon Un grand média allemand - joint documentaire filmé, en Syrie et au Liban

Des vérités sur la Syrie sont diffusées, pour la première fois, sur la plus importante chaîne de télévision allemande : des bandes d’Al-Qaïda infiltrent la Syrie, dans le but de tuer les minorités musulmanes et chrétiennes (le groupe des hommes du clan «Berri», assassinés, à Alep, le 03 août 2012, par une bande d’Al-Qaïda-ALS sont des Sunnites chafïtes, comme la majorité des victimes de cette soi-disant révolution).
Ces bandes visent leur élimination, avec l’appui et l’argent des Saoudiens… Le documentaire a été filmé, en Syrie et au Liban. Une remarque importante sur les vocabulaires : le Wahhabisme est un groupe takfirite (déclarant apostat quiconque ne les suit pas et rendant son sang, son argent et ses femmes licites pour eux !!!), Les Wahabites n’ont rien à voir avec les Salafs (les gens des trois premiers siècles après le début de la prophétie du prophète Mohammad). Donc, ils ne sont pas salafistes et ils sont les pires ennemis des Sunnites…
Source: WikiStrike 

Le reportage allemand qui fait vibrer le monde des médias occidentaux

Le déclenchement d'une guerre "humanitaire" contre la Syrie....Les États-Unis et leur irréductible allié britannique sont sur un «pied de guerre humanitaire».

L’administration Obama, en lien avec Londres, Paris et Tel-Aviv ainsi que le quartier général de l’OTAN à Bruxelles envisage diverses «options d’interventions» militaires contre la Syrie, y compris des opérations navales et aériennes en appui aux forces rebelles d’« opposition » sur le terrain.
Les États-Unis et leur irréductible allié britannique sont sur un «pied de guerre humanitaire».
Les forces alliées, incluant des agents du renseignement et des Forces spéciales ont renforcé leur présence sur le terrain en appui à l’«Armée syrienne libre» (ASL) de l’opposition. Le ministère de la Défense britannique serait « en train de formuler des plans d’urgence advenant le déploiement de troupes par la Grande-Bretagne dans cette région instable».
Des déploiements navals et aériens ont déjà été annoncés par le ministère britannique de la Défense. Selon les tabloïds londoniens citant des sources militaires « faisant autorité», «[l]’escalade de la guerre civile en [Syrie] a augmenté la probabilité que l’Occident soit forcé d’intervenir». ( Daily Mail, 24 juillet, 2012.) 
Pour des raisons pratiques, on n’envisage pas de campagne de bombardement «choc et stupeur» à l’irakienne : « Des analystes de la Défense ont averti qu’une force d’au moins 300 000 troupes serait nécessaire pour mettre en œuvre une intervention à grande échelle [en Syrie]. Cette option se heurterait tout de même à une résistance farouche […] » (Ibid.)
Au lieu de mener une guerre éclair totale, l’alliance des États-Unis, de l’OTAN et d’Israël a choisi d’intervenir en vertu de la «responsabilité de protége » et son contexte diabolique de «guerre humanitaire». Inspirées de l’opération en Libye, les étapes suivantes sont prévues :
1. Une insurrection soutenue par les États-Unis et l’OTAN, intégrée par des escadrons de la mort, est lancée sous couvert d’un « mouvement de contestation » (mi-mars à Dara)
2. Les Forces spéciales britanniques, françaises, qataries et turques sont sur le terrain en Syrie pour conseiller et entraîner les rebelles ainsi que superviser des opérations spéciales. Des mercenaires engagés par des compagnies de sécurité privées sont également impliqués dans le soutien aux forces rebelles.
3. Les meurtres de civils innocents par l’Armée syrienne libre (ASL) sont exécutés délibérément dans le cadre d’une opération clandestine des services de renseignement. (Voir SYRIA: Killing Innocent Civilians as part of a US Covert Op. Mobilizing Public Support for a R2P War against Syria, Global Research, mai 2012.)
4. Le gouvernement syrien est ensuite accusé des atrocités commises. La désinformation médiatique est axée sur la diabolisation du gouvernement syrien et l’opinion publique est incitée à appuyer une intervention militaire pour des raisons humanitaires.
5. En réaction à l’indignation publique, les États-Unis et l’OTAN sont alors « forcés d’intervenir » en vertu du mandat de la « responsabilité de protéger » (Responsibility to Protect (R2P)). La propagande médiatique passe en vitesse grand V et « la communauté internationale » vient à la rescousse du peuple syrien.
6. Des navires de guerre et des chasseurs sont alors déployés dans la Méditerranée orientale. Ces actions sont coordonnées avec un soutien logistique aux rebelles et des Forces spéciales sur le terrain.
7. Le but ultime est un « changement de régime » menant au « démantèlement du pays » selon des divisions confessionnelles et/ou à l’installation d’un «régime influencé ou dominé par l’Islam» à l’instar du Qatar et de l’Arabie Saoudite.
8. Les plans de guerre contre à la Syrie sont intégrés à ceux relatifs à l’Iran : la route vers Téhéran passe par Damas. Les vastes répercussions d’une intervention militaire des États-Unis et de l’OTAN comportent l’escalade militaire et le déclenchement probable d’une guerre régionale s’étendant de la Méditerranée orientale à l’Asie centrale et dans laquelle la Chine et la Russie pourraient être impliquées directement ou indirectement.
Les étapes 1 à 4 ont déjà été mises en œuvre.
L’étape 5 a été annoncée.
L’étape 6 comprenant le déploiement de navires britanniques et français en Méditerranée orientale est prévue pour la «fin de l’été» selon le ministère britannique de la Défense. (Voir Michel Chossudovsky, The US-NATO War on Syria: Western Naval Forces Confront Russia Off the Syrian Coastline? Global Research, 26 juillet 2012.)
L’étape 7, à savoir le «changement de régime», qui représente la phase finale de la guerre humanitaire, a été annoncé à maintes reprises par Washington. Le secrétaire à la Défense Leon Panetta a fait référence au président Al-Assad en ces termes : « Il ne s’agit plus de savoir si son règne achève, mais plutôt quand il s'achèvera. »
La phase finale : Déstabiliser l’État laïque, instaurer l’« islam politique »
Le Royal United Services Institute for Defence and Security (RUSI), un groupe de réflexion ayant des liens étroits avec le ministère britannique de la Défense et le Pentagone a laissé entendre qu’« une forme d’intervention [militaire] en Syrie est de plus en plus probable […]». Dans son bulletin sur la crise en Syrie intitulé A Collision Course for Intervention (Une intervention inévitable) le RUSI évoque ce que l’on pourrait décrire comme « une légère invasion » menant soit au « démantèlement du pays » selon des divisions confessionnelles et/ou à l’installation d’un « régime influencé ou dominé par l’Islam » calqué sur celui Qatar et de l’Arabie Saoudite.
Plusieurs « scénarios » comportant des opérations clandestines des services de renseignement sont mis de l’avant. L’objectif non avoué de ces options de l’armée et du renseignement est de déstabiliser l’État laïque et d’implanter, par des moyens militaires, la transition vers un régime post-Al-Assad « dominé ou influencé par l’islam » inspiré des modèles qatari et saoudien :
Nous devons mieux comprendre les activités et les relations d’Al-Qaïda et des autres djihadistes salafistes syriens et internationaux, ces derniers étant maintenant de plus en plus nombreux à entrer en Syrie. Les vannes s’ouvriront probablement davantage, les djihadistes étant encouragés par des signes indiquant le progrès significatifs de l’opposition face au régime. Ces éléments ont l’appui de l’Arabie Saoudite et du Qatar et auraient indubitablement un rôle à jouer en Syrie après la chute d’Al-Assad. L’envergure de leur implication devrait être prise en considération dans la planification de l’intervention. (Ibid, p. 9, c’est l’auteur qui souligne.)
Tout en reconnaissant que les combattants rebelles sont de véritables terroristes impliqués dans des meurtres de civils, le bulletin du RUSI, en invoquant des considérations tactiques et du renseignement, suggère que les forces alliées devraient malgré tout appuyer les terroristes. (Les brigades terroristes ont été soutenues par la coalition menée par les États-Unis depuis le tout début de l’insurrection à la mi-mars 2011. Des Forces spéciales ont intégré l’insurrection.) :
Quels défis militaires, politiques et sécuritaires représenteraient-ils [les djihadistes] pour le pays, la région et l’Occident? Les problèmes comprennent un régime possiblement dominé ou influencé par l’islam héritant d’un armement sophistiqué, dont des systèmes de défense antiaérienne et de missiles antinavires; ainsi que des armes chimiques et biologiques qui pourraient être transférées aux mains de terroristes internationaux. Au niveau tactique, des renseignements seraient nécessaires pour identifier les groupes les plus efficaces et savoir comment les appuyer le mieux possible. Il serait par ailleurs essentiel de savoir comment ils opèrent et si un soutien les aiderait à massacrer des rivaux ou à attaquer des civils, comme l’ont déjà fait des groupes d’opposition syriens. (RUSI - SYRIA CRISIS BRIEFING: A Collision Course for Intervention, Londres juillet 2012, p. 9 c’est l’auteur qui souligne.)
La citation précédente confirme que les États-Unis et l’OTAN sont déterminés à utiliser l’« islam politique », comprenant le déploiement de groupes terroristes affiliés à Al-Qaïda et soutenus par la CIA et le MI6, afin de poursuivre leurs ambitions hégémoniques en Syrie.
Des opérations clandestines des services de renseignement occidentaux en appui à des entités terroristes de l’« opposition » sont lancées dans le but d’affaiblir l’État laïque, de fomenter des violences interconfessionnelles et de créer des divisions sociales. Rappelons qu’en Libye, les rebelles « pro-démocratie » étaient menés par des brigades paramilitaires affiliées à Al-Qaïda, supervisées par des Forces spéciales de l’OTAN. La « libération » de Tripoli dont on a tant parlé a été effectuée par d’anciens membres du Groupe islamique combattant en Libye (GICL)
Options et actions militaires : Vers une «invasion soft»?
Dans le bulletin du RUSI sur la crise syrienne, plusieurs options militaires concrètes sont envisagées, lesquelles reflètent largement les réflexions actuelles de l’OTAN et du Pentagone sur la question. Toutes ces options sont basées sur un scénario de « changement de régime » nécessitant l’intervention de forces alliées en territoire syrien. On envisage une « invasion légère » s’inspirant de l’opération en Libye, en vertu d’un mandat humanitaire et de la responsabilité de protéger, plutôt qu’une guerre éclair totale du genre « choc et stupeur ».
Le document confirme toutefois que l’appui réel et soutenu des rebelles de l’ASL nécessitera tôt ou tard l’emploi d’une « force aérienne sous la forme de chasseurs, de systèmes de défense naval, terrestre et aérien » combinés à un afflux de Forces spéciales et le débarquement « amphibie et aéroporté d’une unité d’infanterie d’élite ». (Ibid, p. 16.)
Il ne fait aucun doute que cette transition vers un soutien naval et aérien concret aux rebelles est motivée par des revers de l’insurrection (dont des pertes substantielles chez les rebelles), subis lors des représailles des forces gouvernementales dans la foulée des attentats terroristes contre le quartier général de la Sécurité nationale à Damas le 18 juillet dernier. Le ministre de la Défense, le général Daoud Rajha ainsi que deux membres de haut rang de l’équipe nationale de défense ont trouvé la mort lors de ces attaques.
On envisage de mener successivement diverses actions militaires imbriquées, avant et après le « changement de régime » proposé.
Une coalition menée par les États-Unis pourrait sans nul doute réaliser la meilleure option, soit la destruction des forces armées syriennes par une invasion à l’irakienne de type « choc et stupeur ». Cependant, à l’instar toutes les autres formes d’intervention, la gestion des conséquences serait bien moins prévisible et pourrait entraîner les forces de la coalition dans un bourbier long et sanglant. À l’heure actuelle, cette possibilité est irréaliste et doit être exclue […] Une opération aérienne menée par les États-Unis pourrait certainement arriver à neutraliser l’infrastructure de la défense aérienne syrienne de manière substantielle. Cela requerrait toutefois une campagne militaire soutenue, de grande envergure et extrêmement coûteuse, comprenant le déploiement de Forces spéciales sur le terrain afin de prêter assistance en matière de ciblage […]
Les options d’intervention restantes se classent en trois grandes catégories qui se chevauchent parfois […] La première constitue le renforcement militaire visant à réduire la violence en Syrie ou à y mettre fin […] et à empêcher les forces d’Al-Assad d’attaquer des populations civiles par des actions [militaires] directes. [Le RUSI ignore le fait que les tueries sont commises par l’ASL plutôt que par des forces du gouvernement. M.C.]
La deuxième consiste à susciter un changement de régime en combinant un appui aux forces d’opposition et une action militaire. La seconde catégorie pourrait s’appliquer dans la foulée de l’effondrement du régime. L’objectif serait de soutenir un gouvernement post-Al-Assad en aidant à stabiliser le pays et à protéger la population contre des représailles et des violences entre factions […] Une force de stabilisation serait déployée à la demande du nouveau gouvernement. Chaque scénario d’intervention devrait comprendre la nécessité de détruire ou sécuriser les armes chimiques de la Syrie si elles étaient sur le point d’être utilisées, transférées ou posaient des problèmes de sécurité. Cela exigerait des forces de combat si spécialisées et possiblement en si grand nombre qu’il n’y a probablement que les États-Unis qui puissent effectuer cette mission. [Rappelant les armes de destruction massive d'Irak, le prétexte des armes chimiques de la Syrie est utilisé pour justifier une intervention militaire plus musclée. M.C.]
La troisième catégorie comporte l'aide humanitaire, soit l'approvisionnement et l'aide médicale aux populations assiégées […] Cette forme d'intervention, probablement menée sous l'égide de l'ONU, impliquerait les agences d'aide comme le Croissant-Rouge international ainsi que des forces militaires armées, dont des forces aériennes, là encore peut-être basées sur une coalition de l'OTAN. De l'aide humanitaire pourrait être nécessaire avant ou après un changement de régime. (Voir RUSI - SYRIA CRISIS BRIEFING: A Collision Course for Intervention, Londres juillet 2012, p.9-10. C'est l'auteur qui souligne.)
L'« aide humanitaire » est souvent employée comme prétexte pour envoyer des unités de combat et des Forces spéciales. Des agents du renseignement sont aussi fréquemment déployés en utilisant les ONG comme couverture.
Actions militaires concrètes des États-Unis et de l'OTAN.
Le document du RUSI reflète-t-il les perspectives actuelles de la planification militaire des États-Unis et de l'OTAN concernant la Syrie?
Quelles sont les actions militaires et des services de renseignement posées concrètement par l'alliance militaire occidentale à la suite des vétos russes et chinois au Conseil de sécurité des Nations Unies?
Le déploiement d'une puissante armada de navires français et britanniques est déjà envisagé « à la fin de l'été », la date n'étant toutefois pas précisée. (See Michel Chossudovsky, The US-NATO War on Syria: Western Naval Forces Confront Russia Off the Syrian Coastline?, Global Research, 26 juillet 2012.) 
Le ministère britannique de la Défense a cependant laissé entendre que des déploiements de la Royal Navy au Moyen-Orient ne pourraient être mis en œuvre qu'« après » les Jeux Olympiques de Londres. Deux des plus grands navires de guerre de la Grande-Bretagne, le HMS Bullwark et le HMS Illustrious ont été assignés à la sécurité des Olympiques de Londres, aux frais astronomiques des contribuables britanniques. Le HMS Bullwark est stationné dans la baie de Weymouth pour toute la durée des Jeux et le HMS Illustrious est actuellement sur le Thames au cœur de Londres. (Ibid.)
Ces opérations navales planifiées sont soigneusement coordonnées avec l'appui accru des alliés à l'ASL, intégrée par des mercenaires djihadistes étrangers entraînés au Qatar, en Irak, en Turquie et en Arabie Saoudite pour le compte de l'alliance militaire occidentale.
L'alliance des États-Unis et de l'OTAN lancera-t-elle une opération aérienne totale?
Les capacités de défense aérienne de la Syrie sont, selon les reportages, basées sur le système sophistiqué S-300 de la Russie. (Des reportages non corroborés indiquent que la Russie a annulé une livraison à la Syrie de ce système de missile sol-air après avoir reçu des pressions d'Israël (Voir Israel convinces Russia to cancel Syrian S-300 missile deal: official, Xinhua, 28 juin 2012.) Des reportages suggèrent par ailleurs qu'un système russe de radar sophistiqué a été installé. (Voir  Report: Russia Sent Syria Advanced S-300 Missiles, Israel National News, 24 novembre 2011.)
Le rôle des Forces spéciales
Dans les prochains mois, les forces alliées vont sans doute s'efforcer de paralyser les capacités militaires du pays, incluant sa défense aérienne et ses systèmes de communication, en combinant des opérations clandestines, des cyber-attaques et le parrainage d’attentats terroristes de l'ASL.
Les rebelles de l'« Armée syrienne libre » sont les fantassins de l'OTAN. Les commandants de l'ASL, dont bon nombre font partie d'entités affiliées à Al-Qaïda, sont en liaison permanente avec les Forces spéciales britanniques et françaises en Syrie. Le rapport du RUSI recommande que les rebelles soient appuyés par un déploiement «de conseillers des Forces spéciales au pays et d'un soutien aérien sur demande» :
La présence de conseillers aux côtés des commandants rebelles, possiblement en compagnie de petites unités des Forces spéciales, pourrait être déterminante sur les plans tactique et stratégique, comme ce fut le cas en Afghanistan en 2001 et en Libye en 2011. (RUSI, op. cit., p. 10.)
Des Forces spéciales sont sur le terrain en Syrie depuis le début de l'insurrection. Des reportages confirment aussi l'implication des compagnies de sécurité privées, dont d'anciens mercenaires de Blackwater, dans l'entraînement des rebelles de l'ASL. Dans ce que l'on décrit comme la « guerre au noir de l'Amérique », des Forces spéciales sur le terrain sont en liaison permanente avec des alliés de l'armée et des services de renseignement.
L'affluence de mercenaires djihadistes combattants
À la suite de l'impasse du Conseil de sécurité de l'ONU, le recrutement et l'entraînement de mercenaires djihadistes s'accélère.
Selon une source de l'Armée britannique, des Forces spéciales britanniques sont en train de former les « rebelles » syriens en Irak sur les tactiques militaires, le maniement d'armes et les systèmes de communication. Le reportage confirme aussi qu'un entraînement de commandement militaire avancé se donne en Arabie saoudite pour le compte de l'alliance militaire occidentale :
Les Forces spéciales britanniques et françaises entraînent activement des membres de l'ASL sur une base en Turquie. Certains reportages indiquent que l'entraînement a lieu aussi en Libye et au nord du Liban. Des agents du MI6 britannique et du personnel des UKSF (SAS/SBS) entraîneraient par ailleurs des rebelles pour la guérilla urbaine et les approvisionneraient en armes et en équipement. On croit que des agents étasuniens de la CIA et des Forces spéciales assistent les rebelles en matière de communication. (Elite Forces UK, 5 janvier 2012.)
Plus de 300 [rebelles syriens] sont passés par une base tout juste à l'intérieur la frontière irakienne, alors qu'un cours de commandement se donne en Arabie Saoudite.
Deux firmes privées de sécurité employant du personnel des Forces spéciales entraînent des groupes de 50 rebelles à la fois.  “Notre rôle est essentiellement instructif et consiste à enseigner des tactiques, des techniques et des procédures”, a déclaré un ancien membre des SAS.
[...] “Nous espérons les aider en leur apprenant à se protéger, à tirer et à éviter de se faire cibler par des tireurs d'élite.” (Daily Mail 22 juillet 2012.)
Le rôle de la Turquie et d’Israël
Le haut commandement militaire turc est en liaison avec le quartier général de l’OTAN depuis août 2011 relativement au recrutement actif de milliers de « combattants de la liberté » islamistes, rappelant l’enrôlement de moudjahidines pour mener le djihad (la guerre sainte) de la CIA à l’apogée de la guerre soviéto-afghane :
Nos sources rapportent que Bruxelles et Ankara discutent d’une campagne de recrutement de milliers de volontaires musulmans des pays du Moyen-Orient et du monde musulman pour aller se battre auprès des rebelles syriens. L’armée turque abriterait ces volontaires, les entraînerait et assurerait leur passage en Syrie. (DEBKAfile, NATO to give rebels anti-tank weapons, 14 août 2011, c’est l’auteur qui souligne.) 
Le flot récent de combattants étrangers d’une envergure considérable suggère que ce programme diabolique de recrutement de moudjahidines mis en œuvre il y a plus d’un an s’est concrétisé.
La Turquie appui elle aussi les combattants des Frères musulmans au nord de la Syrie. Dans le cadre de cet appui aux rebelles de l’ASL, « la Turquie, à l’aide des alliés qatari et saoudien, a aménagé une base secrète pour envoyer aux rebelles syriens de l’aide cruciale sur les plans militaire et communicationnel à partir d’une ville près de la frontière ». (Exclusive: Secret Turkish nerve center leads aid to Syria rebels | Reuters, 27 juillet 2012.)
Se caractérisant surtout par des opérations clandestines d’espionnage, le rôle d’Israël dans le soutien aux rebelles, quoique « discret », a été néanmoins significatif. Depuis le tout début, le Mossad a appuyé des groupes terroristes salafistes radicaux, lesquels ont participé activement au mouvement de protestation à Daraa, dans le sud de la Syrie, à la mi-mars. Des reportages suggèrent que le financement de l’insurrection salafiste provient de l’Arabie Saoudite. (Voir Syrian army closes in on Damascus suburbs, The Irish Times, 10 mai 2011).
Tout en appuyant clandestinement l’ASL, Israël soutient également les séparatistes kurdes au nord de la Syrie. Le groupe d’opposition kurde (Conseil national kurde (KNC)) entretient des liens étroits avec le gouvernement régional kurde de Massoud Barzani au nord de l’Irak, directement appuyé par Israël.
Washington et Tel-Aviv prévoient utiliser les visées séparatistes kurdes afin de démanteler la Syrie et la diviser en plusieurs entités politiques « indépendantes » fondées sur des frontières ethniques et religieuses. Il convient de noter que Washington a par ailleurs facilité le déploiement de «militants de l’opposition » kurdes syriens au Kosovo en mai pour participer à des sessions d’entraînement employant «l'expertise terroriste» de l’Armée de libération du Kosovo (ALK). (Voir Michel Chossudovsky, Hidden US-Israeli Military Agenda: "Break Syria into Pieces", Global Research, juin 2012.)
Le programme militaire à peine voilé des États-Unis et d’Israël est de « Mettre la Syrie en pièces », dans le but d’appuyer l’expansionnisme israélien. (The Jerusalem Post, 16 mai 2012.)
Confrontation avec la Russie
Dans les prochains mois, nous devons nous attendre à ce qui suit :
1) un déploiement naval en Méditerranée orientale, dont l’objectif militaire n’a pas été clairement défini par les forces alliés.
2) une affluence accrue de combattants étrangers et d’escadrons de la mort en Syrie, ainsi que des attentats terroristes soigneusement ciblées, en coordination avec les États-Unis et l’OTAN.
3) une escalade dans le déploiement de forces spéciales alliées, dont des mercenaires de compagnies privées de sécurité travaillant à contrat pour le renseignement occidental.
Le but de l’opération «le volcan de Damas et les séismes de Syrie» consiste au bout du compte à étendre les attentats terroristes de l’ASL à la capitale de la Syrie, sous la supervision des Forces spéciales et d’espions occidentaux sur le terrain. (Voir Thierry Meyssan, La bataille de Damas a commencé, Voltaire Net, 19 juillet 2012.) Cette option visant à cibler Damas a échoué. Les rebelles ont également été repoussés lors de combats intenses à Alep, la seconde ville syrienne en importance.
3) L’affaiblissement du rôle de la Russie en Syrie, incluant ses fonctions dans le contexte d’un accord de coopération militaire bilatéral avec Damas, fait aussi partie des visées du renseignement militaire des États-Unis et de l’OTAN. Cela pourrait donner lieu à des attentats  terroristes contre des citoyens russes vivant en Syrie.
Un attentat terroriste visant la base navale russe de Tartous a été annoncé par l’ASL moins de deux semaines après la confrontation au Conseil de sécurité. Il ne fait aucun doute que celui-ci a été ordonné par les États-Unis et l’OTAN dans le but de menacer la Russie.
Suivant l’arrivée de la flottille de dix navires de guerre au large de la côte syrienne, un porte-parole de l’ASL a confirmé (le 26 juillet) leur intention d’attaquer la base navale russe de Tartous.
Nous avons un avertissement pour les forces russes : si elles envoient davantage d’armes pour tuer nos familles et le peuple syrien nous allons les frapper durement en Syrie » a déclaré Louay al-Mokdad, un responsable de la logistique pour l’ASL.
Des informateurs au sein du régime nous indiquent qu’une importante livraison d’armes arrivera à Tartous dans les deux prochaines semaines. Nous ne voulons pas attaquer le port, nous ne sommes pas des terroristes, mais s’ils continuent à agir de la sorte, nous n’aurons pas le choix.
L’ASL a formé une « brigade navale » constituée de déserteurs de la marine syrienne, active près de Tartous. « Bon nombre de nos hommes travaillaient auparavant dans le port de Tartous et ils le connaissent bien », a affirmé le capitaine Walid, un ancien officier de la marine syrienne. « Nous observons de très près les mouvements des Russes.
Nous pouvons facilement détruire le port. Si nous frappions les stocks d’armes à l’aide de missiles antichars ou d’une autre arme, cela pourrait déclencher une explosion dévastatrice, a déclaré un représentant de l’ASL. « Nous pouvons aussi attaquer directement les navires. (Syrian rebels threaten to attack Russian naval base - World - DNA, 26 juillet 2012.)
Si les bases navales de la Russie étaient attaquées, il est fort probable que cela se ferait sous la supervision des forces spéciales et des agents du renseignement des alliés.
Alors que la Russie possède les capacités militaires pour défendre efficacement sa base navale de Tartous, une attaque contre celle-ci représenterait un acte de provocation pouvant ouvrir la voie à l’implication plus visible des forces russes en Syrie. Une telle tournure des événements pourrait également mener à une confrontation directe entre les forces russes d’une part et, de l’autre, les Forces spéciales et les mercenaires occidentaux actifs dans les rangs des rebelles.
Selon le bulletin du RUSI sur la crise Syrienne cité plus haut : «L’anticipation des actions et réactions de la Russie doit constituer un facteur majeur dans tout plan d’intervention [militaire] occidentale en [Syrie]. Les Russes sont certainement capables de poser des gestes audacieux et inattendus […]» (RUSI, op. cit., p. 5.)
Le monde est à une dangereuse croisée des chemins
Une « guerre humanitaire » totale contre la Syrie figure sur la planche à dessin du Pentagone et si elle devait se réaliser, elle conduirait le monde à une guerre régionale s’étendant de la Méditerranée orientale au cœur de l’Asie.
Un programme de propagande global et sophistiqué appuie la guerre au nom de la paix et de la sécurité mondiale.
Le scénario sous-jacent d’un conflit planétaire va bien au-delà des visées diaboliques de 1984 d’Orwell.
Le ministère de la Vérité sanctionne la guerre comme entreprise de pacification en mettant la réalité sens dessus dessous.
Les mensonges et les fabrications des médias dominants, assortis de diverses insinuations, sont présentés dans un enchevêtrement complexe de tromperies.

Dans un revirement cynique de situation, les atrocités documentées commises par l’« opposition » de l’Occident contre les civils syriens sont maintenant (au lieu d’être attribuées aux forces gouvernementales) reconnues comme étant « inévitables » dans la douloureuse transition vers la « démocratie ».
Les conséquences plus vastes du « grand mensonge » sont occultées.
La guerre humanitaire mondiale devient un consensus que personne ne peut contester.
La guerre contre la Syrie s’inscrit dans un programme militaire mondial intégré. La route vers Téhéran passe par Damas. L’Iran, la Russie, la Chine et la Corée du Nord sont également menacés.
Avec le déploiement de l’armada franco-britannique plus tard cet été, des navires de guerre occidentaux en Méditerranée seraient contigus à ceux déployés par la Russie qui effectue ses propres jeux de guerre, ce qui pourrait mener à une confrontation entre les forces navales russes et occidentales, évoquant la Guerre froide. (Voir Michel Chossudovsky, The US-NATO War on Syria: Western Naval Forces Confront Russia Off the Syrian Coastline?, Global Research, 26 juillet 2012.)
Une guerre contre la Syrie, dans laquelle Israël et la Turquie seraient inévitablement impliqués, pourrait représenter l’étincelle causant une guerre régionale contre l’Iran et à laquelle la Russie et la Chine pourraient être mêlées (directement ou indirectement).
Il est crucial de passer le message et de briser les réseaux de désinformation médiatique.
Afin de renverser l’escalade militaire il faut absolument comprendre les événements en Syrie de manière critique et impartiale.
Passez le message. Faites circuler cet article dans le monde entier.
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Les peuples britannique, français et étasunien doivent absolument empêcher le déploiement naval d’armes de destruction massive en Méditerranée orientale « à la fin de l’été ».
Le ministère britannique de la Défense a annoncé que plusieurs navires de guerre britannique sont requis pour assurer la sécurité des Jeux Olympiques. « Le HMS Bullwark est stationné dans la baie de Weymouth pour toute la durée des Jeux et le HMS Illustrious est actuellement sur le Thames au cœur de Londres. » Le déploiement de navires de guerre britanniques, dont le HMS Bulwark et le HMS Illustrious, est envisagé « après » les Olympiques.
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Empêchez les navires de quitter le port.
Article original en anglais :
- by Prof. Michel Chossudovsky - 2012-08-02
Traduction : Julie Lévesque pour Mondialisation.ca

mardi 14 août 2012

SYRIE : De l'intervention militaire : qui croire, BHL ou Jalili ?....« Je trouve extrêmement pénible que n’importe quel intellectuel de bistrot dans le monde exige l’engagement de soldats sans jamais avoir à rendre des comptes par la suite »...

Généralités
Nous avouons à nos lecteurs que nous ne savons pas quel éditorial écrire aujourd'hui. La guerre impérialiste contre la Syrie s’intensifie et les masques tombent. Le représentant spécial de l'ONU pour résoudre le conflit syrien, Kofi Annan, a démissionné [1] après avoir offert aux conjurateurs un temps précieux pour qu’ils renforçassent leurs rangs et lançassent une nouvelle vague d’ « attentats catastrophiques » dans les villes syriennes. Drôle de coïncidence, la secrétaire d’État des États-Unis, Hillary Clinton, avait proféré, quelques jours auparavant, des menaces au gouvernement syrien, précisément au président Assad, pour qu’il démissionnât afin d’éviter un « assaut catastrophique » [2] ; ce qui pose un point d’interrogation sur le vrai rôle que joue l’Empire étatsunien dans la soi disant « révolution syrienne ». Pour sa part, le président étasunien, Barack Obama, a signé un document secret autorisant l'aide étatsunienne aux groupes armés syriens [3].
Par d’ailleurs, vous connaissez suffisamment les responsables de la Sainte-Alliance arabo-atlantique pour saisir le ridicule de leur discours sur la liberté, la justice, la démocratie et les droits de l’homme. Je comprends, dans ce sens, qu'en Arabie saoudite notamment, les femmes n’aient pas le droit de conduire ; je comprends bien que jusqu’à présent les émirs et sultans arabiques règnent arbitrairement, sans constitution aucune [4], et que leur « sérail est dans le désordre, et qu’il est rempli de querelles et de divisions intestines » [5] ; je comprends aussi que les nouveaux califs d’Istanbul, qui dénoncent la « violation » des droits de l’homme en Syrie, n’hésitent pas à souffler le feu de la haine chauviniste et religieuse contre les minorités kurde et alaouite locales, en premier lieu, et contre la minorité chiite dans le monde musulman entier, en deuxième lieu ; je comprends clairement comment à un certain moment historique les grandes valeurs fondamentales de l’Occident sur la liberté, la démocratie et la loi s’amalgament avec celles du despotisme obscurantiste arabique et de l’islamisme califal turc, pour créer ainsi une Sainte-Alliance contre la Syrie.
Pourtant, ce que je ne comprends pas dans cette comédie burlesque intitulée « Printemps arabe », c’est que le principal acteur n’est pas un arabe, évidemment, mais un philosophe prosaïque et fastidieux, connu sous le nom de Bernard-Henri Lévy, désormais BHL. Derrière BHL il y a  cependant à nouveau un comité secret qui pousse à la roue et oblige plus ou moins ce mousquetaire « printanier » à jouer le rôle que l’on sait.
BHL : fantaisie, dandysme et bombardement aérien
Le philosophe « humaniste », BHL, considère qu'il est temps que le chef de l'État français, François Hollande, prenne exemple sur Nicolas Sarkozy dans sa gestion du conflit libyen. Le cœur brisé, BHL ne peut plus cacher son mécontentement du président Hollande qui, selon lui, a oublié les promesses qu’il avait faites pendant sa campagne électorale. BHL en rappelle le président Hollande, en lui demandant d’être assez courageux pour prendre une décision ferme et historique et pour donner le feu vert au bombardement de la Syrie, en suivant le scénario libyen. Après un long soupir, BHL enfin exprime sa déception : « Je suis déçu par Hollande », déclare-t-il dans une interview avec Le Parisien [6].
Selon notre intellectuel « universaliste », si les belles paroles et les discours ne sont pas suffisants à convaincre les Russes et les Chinois à abandonner le président syrien Assad, « les plans d'attaque sont prêts », admet-il. À vraiment dire, pendant quelques instants, j’ai eu l’impression que c’était l’amiral Kornilov [7] qui parlait à son état-major à la forteresse de Sébastopol, et non pas BHL au Parisien. Notre philosophe « prit une physionomie pensive, se pinça les lèvres et conserva cette attitude jusqu’à la fin de la partie » [8]. De sa manière habituelle à vulgariser de grands thèmes, BHL simplifie le conflit en Syrie en une simple bataille entre les mousquetaires de la liberté et le despote de Damas. En plus, BHL présente sa vision d’une solution concrète, mais ferme, à la crise syrienne ; il vulgarise plutôt la solution : « Il ne faut pas grand-chose, chacun le sait, pour donner le coup de grâce au régime. Il manque juste un pilote dans l'avion. Et, même si les avions sont turcs, le pilote peut et doit être français ». [9]
BHL continue, avec son dandysme habituel, à présenter ses plans militaires, sa « vision » d’un nouveau Moyen-Orient où la démocratie et la liberté (sic.) règneraient : « ça voudrait dire acter l’échec lamentable des Nations unies. Et forger une alliance ad hoc avec la Ligue arabe et cette fois les Turcs » [10]. Autrement dit, ce philosophe « humaniste, universaliste, en soutien de toutes les victimes de toutes les oppressions sans exception » [11], appelle à la formation d'une Sainte-Alliance comprenant sous sa robe blanche la démocratie bourgeoise occidentale, l’islamisme califal turc et le despotisme obscurantiste arabique.
« Sois transportée d'allégresse, fille de Sion ! Pousse des cris de joie, fille de Jérusalem ! Voici, ton roi vient à toi ; Il est juste et victorieux, Il est humble et monté sur un âne, sur un âne, le petit d'une ânesse » [12].
En fermant à demi l’œil droit, BHL s’interroge si le scénario libyen a donné du bon fruit pourquoi ne semer pas les mêmes graines en Syrie ? Nous nous souvenons encore des temps heureux où BHL jouait Lawrence d’Arabie en Libye. Dans une émission d’autrefois – l’émission « Revu et Corrigé » de Paul Amar sur France 5, puis sur Europe 1, le 20 mars 2011 [13] – BHL revenait sur les derniers jours, les dernières heures décisives qui avaient amené le conseil de sécurité de l’ONU à voter la résolution 1973 : « la communauté internationale rend simplement possible la reconquête de la Libye par les libyens libres», dit BHL. En plus, monsieur BHL évoque aussi les perspectives d’une démocratie sortie des ruines du kadhafisme : « un pouvoir de transition assez démocratique s’est institué (…) je crois à ces grands emballements révolutionnaires » [14]. En tout cas, ce dont monsieur BHL est certain c’est que tout sera mieux que l’ordre terroriste qui était instauré par Kadhafi, ce terrorisme d’État. Kadhafi, c’était un terroriste contre ses civils, et un terroriste contre le monde entier. Tout sera mieux que cela » [15].
Pourtant, les équations de la « métaphysico-théologo-cosmolo-nigologie » [16] de monsieur Panglos [17], appliquées ici par BHL, ont malheureusement entrainé la destruction totale de la Libye et le retour de ce pays à l’âge de la pierre [18]. En dépit de l’emploi des mots qui raisonnent – transition, démocratique, emballements, révolutionnaires – notre philosophe noble se soumet avec la plus grande bonhomie du monde à l’ennuyeuse forme discursive démocratique occidentale pour moquer sous cette forme, et dans une langue fluide et aisée, la démocratie et les valeurs démocratiques de l’Occident dans leur ensemble. En effet, au grand dam et au grand dépit de monsieur BHL, les « mousquetaires de la liberté » du Conseil national de transition libyen (CNT), après qu’ils avaient pris le pouvoir, ont adopté la sharia islamique comme une constitution [19]. Pourtant, monsieur BHL insiste à prouver « qu’il n’y a point d’effet sans cause, et que, dans ce meilleur des mondes possibles » [20], le château de monseigneur le « Conseil national de transition » libyen était le plus beau château, et madame la « Sainte-Révolution » syrienne la meilleure des baronnes possibles [21].
À plus forte raison, la principale erreur de BHL est sa certitude de la victoire. Il est si sûr de son affaire qu’il croit tout réglé par une bombe sur le palais présidentiel à Damas.
Jalili : l’Iran ne permettra pas que l'axe de résistance soit brisé
Une chose est certaine : si nous laissons complètement de côté la « talentueuse solution » de monsieur BHL, les chefs atlantiques savent bien qu’une intervention militaire en Syrie ne sera jamais une promenade, et que ce « pilote dans l’avion » dont parle BHL, une fois sa « mission » aura été accomplie, il retournera à sa base militaire, suivi d’une pluie de missiles balistiques à longue portée, en provenance de la Syrie, du Liban et de l’Iran, c'est-à-dire de l’ « axe de la résistance ». La preuve en est que l’adjoint du chef de l’état-major des forces armées iraniennes, le général Massoud Jazayeri, a déclaré que l’Iran « ne permettra pas à l'ennemi d’avancer » en Syrie. Il a ajouté que « pour l'instant il n'est pas nécessaire que les amis de la Syrie entrent en scène et notre évaluation est qu'ils n'auront pas besoin de le faire » [22]. Quelques jours plus tard, monsieur Saïd Jalili, l'émissaire du Guide suprême iranien, l’ayatollah Ali Khamenei, a répété les déclarations de Jazayeri en confirmant, à l’occasion de sa réception à Damas par le président syrien Assad, que « l’Iran ne permettra pas que l’axe de résistance, dont la Syrie est un élément essentiel, soit brisé en aucune façon » [23].
Franchement, en tant que chercheur, je trouve que les déclarations de monsieur Jalili et du général Jazayeri sont plus fiables pour mes recherches que les fantaisies de monsieur BHL.
Il suffit de faire le parallèle avec ce que le quotidien israélien Haaretz avait rapporté en février dernier. Selon Haaretz, le commandant des forces spéciales de la Garde révolutionnaire iranienne, Kassam Salimani, était arrivé à Damas pour prendre sa place parmi les membres de l’état-major du régime syrien [24]. Haaretz ajoute que les forces spéciales iraniennes, baptisées Force al-Quds, comptent 15, 000 combattants. Si ce rapport est correct, cela entraine à dire que les déclarations continues des responsables iraniens à propos de la Syrie sont plus sérieuses que nous le croyons, et que Téhéran considère la Syrie comme une partie intrinsèque de sa sécurité nationale. Cela veut dire aussi que si le « pilote dans l’avion », dont parle BHL ci-devant, bombarde Damas, les Iraniens réagiront comme s’il avait bombardé Téhéran.
De surcroît, selon une source exclusive au quotidien libanais al-Akhbar, monsieur Jalili, lors de sa dernière visite à Damas, a confirmé au président syrien que la sûreté de la Syrie fait partie de « la sûreté nationale, régionale et internationale de l’Iran ». Monsieur Jalili ajoute que « si la situation s’aggrave, nous ne nous tiendrons pas les bras croisés. Nous réagirons contre toute intervention militaire une fois une force étrangère aura franchi la frontière syrienne. À l’intérieur, nous sommes confiants que vous reprendrez contrôle de la situation et que vous dépasserez la crise » [25] (T.d.A).  
De Maizière : l’intellectuel de bistrot ne décide pas de la guerre
Quelqu’un pourrait protester, le poing levé, en disant que « les Iraniens ne sont que des haut-parleurs », et qu’une intervention militaire en Syrie mènera certainement à une victoire totale contre le régime de Damas. Dans ce cas, nous ne pouvons que nous reculer quelques mois en arrière, laissant l’arène à ceux qui croient encore et se font croire à l’intervention militaire, pour jeter un coup d’œil sur ce qu’un responsable atlantique disait d’une telle intervention.
Le ministre allemand de la Défense, Thomas de Maizière, a critiqué, dans une interview au quotidien allemand Die Tageszeitung, les voix qui appelaient à une intervention militaire en Syrie : « Je trouve extrêmement pénible que n’importe quel intellectuel de bistrot dans le monde exige l’engagement de soldats sans jamais avoir à rendre des comptes par la suite » [26] (T.d.A). Il a ajouté aussi que « la xyloglossie [27] répandue par des personnes qui n’ont aucun sens de responsabilité crée de grandes espérances dans des régions comme la Syrie, ce qui entraîne plus tard à des désappointements » [28] (T.d.A).
À ce jour, monsieur de Maizière ne change pas de position. Dans une interview au journal Welt am Sonntag, il s'est opposé, une nouvelle fois, à l’intervention militaire : « L’échec de la diplomatie ne doit pas automatiquement mener au début de l’option militaire » [29]. Il souligne qu’une zone d’interdiction aérienne ne suffirait pas à pacifier le pays mais que des dizaines de milliers de soldats étrangers devraient être envoyés sur place. Une option qui n’est pas envisageable logistiquement et politiquement pour monsieur de Maizière.
La selle de Djeha-Hodja Nasreddin
Djeha-Hodja Nasreddin perdit sa selle dans la ville où il s'arrêta pour passer la nuit. Il dit alors aux gens du village :
- Ou vous trouvez ma selle ou je sais ce que je ferai.
Alarmés par ces propos, les paysans cherchèrent partout, sans rien trouver. Ils revinrent à l'hôtel de Djeha-Hodja Nasreddin et le virent en train de seller son âne. Avant qu'il ne quitte la ville, ils lui demandèrent :
- Qu'aurais-tu fait si ta selle n'avait pas été retrouvée ?
- J'ai une vieille sacoche à la maison, répondit-il. Je l'aurais découpée et j'en aurais fait une nouvelle selle.
En guise de conclusion, il reste à dire que depuis le début de la guerre impérialiste contre la Syrie, les chefs de la Sainte-Alliance arabo-atlantique ne cessent pas de proférer des menaces au président syrien Assad :
- Ou tu démissionnes ou nous interviendrons !
- Et si je ne démissionne pas, que feriez-vous ? répond Assad.
- Nous t’avertirons de nouveau, ou tu démissionnes ou nous interviendrons !
- Et si je ne démissionne pas ? répond Assad ; ainsi de suite, jusqu’à la fin des jours !
Fida Dakroub, Ph. D
Docteur en Études françaises (UWO, 2010), Fida Dakroub est écrivaine et chercheure, membre du « Groupe de recherche et d'études sur les littératures et cultures de l'espace francophone » (GRELCEF) à l’Université Western Ontario. Elle est militante pour la paix et les droits civiques.
Pour communiquer avec l'auteure : http://bofdakroub.blogspot.com/

Syrie - Vidéo montrant la barbarie de l’ASL : Corps de postiers jetés depuis le toit d’une poste (Attention, images très dures).

De quelle « résistance » parle-t-on ? Dans quel pays démocratique des hommes armés, jetant des postiers du toit d’un immeuble et hurlant des slogans religieux seraient-ils tolérés et qualifiés d’« opposants », de « révolutionnaires », de « résistants » ?