mercredi 23 mai 2012

SYRIE : Les bombardements terroristes de Damas - Du "MADE IN USA"

....L’objectif de cette campagne est de terroriser le peuple syrien et, avec en plus des sanctions unilatérales des Etats-Unis et de l’Union européenne, de paralyser l’économie du pays afin de créer les conditions d’une implosion sociale et politique. ....
On a pu voir jeudi la dernière incarnation de cette politique. Les bombes dévastatrices placées dans des voitures et qui ont tué 55 personnes et fait près de 400 blessés à Damas marquent une nouvelle étape de la campagne impérialiste criminelle pour un changement de régime en Syrie.
Washington, après avoir détourné le mouvement de protestation, qui avait débuté en Syrie en mars de l’année dernière, en une tentative pour en faire un appareil pour l’installation d’un régime client à Damas, a ensuite soutenu la formation des « Amis de la Syrie », inspirée d’un groupe international similaire à celui utilisé lors de la préparation de la guerre en Libye.
Washington a déclaré que le Conseil national syrien (CNS), assortiment de politiciens islamistes issus des Frères musulmans et d’agents vieillissants en exil, originaires de diverses agences de renseignement occidentales, était le « représentant légitime » du peuple syrien. Washington a aussi soutenu la formation de la soi-disant Armée syrienne libre (ASL) pour perpétrer des attaques armées contre les forces de sécurité syriennes.
Les alliés les plus proches de Washington dans le monde arabe, en l’occurrence les monarchies féodales dictatoriales de l’Arabie saoudite et du Qatar, ont mis en place un fonds de 100 millions de dollars dans le but de faire figurer directement sur leur registre de personnel à rémunérer les membres de l’ASL tandis que les Etats-Unis annonçaient l’envoi d’une assistance « non létale » à ces mêmes forces, comprenant de l’équipement de communication sophistiqué, des lunettes de vision nocturne et du renseignement américain.
Rien de tout cela n’a eu le résultat souhaité. Dans la plupart des régions, l’ASL a à peine opposé un semblant de résistance à l’armée syrienne et il n’existe pas le moindre signe d’un soutien populaire de masse pour le Conseil national syrien.
Alors maintenant on en vient aux bombardements terroristes. Les explosions de jeudi à Damas ne sont que les dernières en date et les plus mortelles d’une série d’attaques à la bombe de ces quelques dernières semaines. Vendredi, le gouvernement syrien a rapporté avoir déjoué un autre attentat suicide, cette fois-ci dans la capitale commerciale d’Alep, et qui impliquait un véhicule chargé d’une tonne et demi d’explosifs.
L’objectif de cette campagne est de terroriser le peuple syrien et, avec en plus des sanctions unilatérales des Etats-Unis et de l’Union européenne, de paralyser l’économie du pays afin de créer les conditions d’une implosion sociale et politique. Dans le même temps, ceci est conçu pour prouver que l’accord de cessez-le-feu des Nations unies, négocié par l’ancien secrétaire général des Nations unies Kofi Annan, ne peut pas marcher.
Deux jours seulement avant les attaques de Damas, Susan Rice, ambassadrice américaine aux Nations unies, avait rejeté comme étant une « diversion » les avertissements syriens concernant des terroristes étrangers arrivant en Syrie. Elle soulignait dans le même temps que Washington restait concentré sur un changement de régime et augmenterait son assistance « non létale » à cette fin.
Comme l’a dit Rice en se référant au plan d’Annan, Washington ne « met pas tous ses oeufs dans le même panier. » Il semble à présent que certains de ces « oeufs » aient été en fait des voitures piégées.
Après le bombardement de Damas, les médias avaient initialement accordé une certaine crédibilité aux déclarations absurdes du Conseil national syrien selon lequel le régime d’Assad avait organisé l’attaque lui-même en tuant un nombre considérable de ses propres forces de sécurité.
Le Département d’Etat s’est trouvé obligé de publier une condamnation de pure forme du terrorisme, reconnaissant que des « saboteurs » avaient pu être impliqués dans l’attaque et en insistant pour dire que « la responsabilité [du bombardement] incombait fermement » à sa cible, le régime syrien.
Le secrétaire américain à la Défense, Leon Panetta, a confirmé jeudi la « présence d’al Qaïda en Syrie » tout en réitérant que le Pentagone est chargé « de faire toutes sortes de plans en ce qui concerne d’éventuelles approches en Syrie. Et, si le président des Etats-Unis nous demande de réagir de manières particulières, nous sommes prêts à le faire. »
Selon le Washington Post, ses plans comprennent « une protection militaire des couloirs humanitaires pour aider les civils syriens ou bien une ‘zone de sécurité’ où l’opposition pourrait s’organiser, ainsi qu’une frappe aérienne contre la Syrie. »
Si des éléments d’al Qaïda sont en train de collaborer avec l’impérialisme américain pour mener une campagne terroriste en Syrie, ce ne serait pas la première fois. Abdel Hakim Belhadj, haut commandant des milices qui furent soutenues par les Etats-Unis et l’OTAN durant la guerre pour le changement de régime en Libye, avait auparavant été enlevé, restitué (« renditioned ») et torturé par la CIA en raison de son rôle joué dans le groupe terroriste islamiste.
Ces mêmes éléments libyens jouent à présent un rôle majeur dans l’armement et la formation de l’« opposition » armée soutenue par les Etats-Unis en Syrie tout comme dans l’envoi direct de combattants dans le pays.
Le cliché cynique de la guerre froide selon lequel « un terroriste pour l’un est un combattant de la liberté pour l’autre » est loin de faire le tour du rôle des Etats-Unis en Syrie, où ces éléments remplissent les deux rôles à la fois. D’un côté, dans une campagne en vue de renverser le régime d’Assad, Washington soutient des forces liées à al Qaïda tandis que de l’autre, il planifie de recourir à leur présence dans le pays comme prétexte pour une intervention militaire américaine.
Ceci a été exprimé le plus clairement par Anne-Marie Slaughter, ancienne directrice de la prospective du département d’Etat des Etats-Unis et proche conseillère d’Obama, et qui est une ardente partisane des interventions « humanitaires » impérialistes. La radio National Public Radio l’a citée pour avoir dit que « la présence de groupes jihadistes en Syrie ne devrait pas dissuader les Etats-Unis et leurs alliés d’intervenir, » au contraire, « elle devrait les réveiller aux dangers que pourrait engendrer un conflit prolongé en Syrie. » Elle a poursuivi en avertissant qu’une « menace grave » pesait sur la Syrie, à savoir que des armes chimiques puissent tomber entre les mains d’al Qaïda.
Et donc, les prétextes qui avaient servi pour une invasion américaine en Irak sont repris sous une nouvelle forme perverse. La présence d’al Qaïda, soutenue par Washington, et l’existence supposée d’« armes de destruction massive » en Syrie doivent avoir pour riposte une intervention militaire américaine.
La campagne pour le renversement d’Assad, principal allié de Téhéran dans la région, signifie l’isolement de l’Iran qui est considérée par Washington comme le principal obstacle à sa revendication d'hégémonie dans les régions riches en pétrole et stratégiquement vitales du Golfe persique et de l’Asie centrale. Derrière tous ces prétextes concernant al Qaïda, les armes chimiques, la « démocratie » et l’humanitarisme, l’impérialisme américain est en train de planifier de nouvelles guerres d’agression qui risquent d’avoir des conséquences atroces dans tout le Moyen-Orient et au-delà.
BILL VAN AUKEN
Source : WSWS
Investig'Action

lundi 21 mai 2012

Palestine : La lettre de Thaer Halahleh à sa fille Lamar. " Quand tu grandiras, tu comprendras quelle injustice a été commise contre ton père et contre des milliers de Palestiniens que l’occupation a mis en prison "..

Bien que j’ai été privé de t’étreindre et d’entendre ta voix, de te regarder grandir et te déplacer dans la maison et dans ton être, et que j’ai été privé de mon droit en tant qu’être humain et que père vis-à-vis de sa fille, ton existence m’a donné toute la force et l’espoir, et quand j’ai vu ta photo avec ta mère dans la tente de sit-in, tu étais si calme en regardant les gens avec surprise, comme si tu étais à la recherche de ton père, regardant mes photos accrochées sous la tente en silence et demandant pourquoi ton père ne revenait pas, j’ai senti que tu étais avec moi, constante, dans mes sentiments et mon esprit, comme si tu étais une partie de mes battements de cœur, et du sang coulant dans mes veines, ouvrant toutes les portes pour moi, créant un ciel clair autour de moi, et exprimant ta libre voix enfantine après ce long silence.
Lamar mon amour : je sais que tu n’es pas à blâmer et que tu ne peux pas encore comprendre pourquoi ton père en est à son 75e jour de cette bataille de la grève de la faim, mais quand tu seras grande, tu comprendras que la lutte de la liberté est celle de pouvoir te revenir, afin que je ne puisse plus jamais être emmené loin de toi et privé de ton sourire ou de te voir, de sorte que l’occupant ne puisse plus jamais m’enlever à toi.
Quand tu grandiras, tu comprendras quelle injustice a été commise contre ton père et contre des milliers de Palestiniens que l’occupation a mis en prison et dans des cellules de prison, brisant leur vie et leur avenir sans qu’ils soient coupables de quoi que ce soit si ce n’est leur quête de liberté, de dignité et d’indépendance, tu sauras que ton père n’a pas toléré l’injustice et la soumission, qu’il n’acceptera jamais l’insulte et le compromis, et qu’il fait une grève de la faim pour protester contre l’État juif qui veut nous transformer en esclaves humiliés sans aucun droit ou dignité patriotique.
Lamar mon aimée, garde la tête haute et sois toujours fière de ton père, et remercie tous ceux qui m’ont soutenu, qui ont soutenu les prisonniers dans leur lutte, et n’aie pas peur car Dieu est toujours avec nous, et Dieu n’abandonne jamais ceux qui ont la foi et la patience, nous sommes dans notre droit, et le droit prévaudra toujours contre ceux qui commettent l’injustice et le mal.
Lamar mon amour : ce jour viendra, et je vais le créer pour toi en toutes choses, et te dirai tout, et tes journées qui s’ensuivront seront plus belles, alors laisse tes jours passer maintenant et porte tes plus jolis habits, cours et puis cours à nouveau dans les jardins de ta longue vie, va de l’avant encore et encore, rien n’est derrière toi que le passé, et c’est ta voix que j’entends tout le temps comme une mélodie de liberté. »
Source : La lettre de Thaer Halahleh, en arabe, sur Maan News / http://www.ism-france.org/temoignag...


Thaer Halahleh

Quebec : Le rapt de la démocratie

....La démocratie n’étant que la façon la moins violente de réguler les conflits sociaux, lorsqu’elle est kidnappée, que le pouvoir est accaparé par une élite, la population trouve d’autres manières de se faire entendre. .....

Lorsque des gouvernements font la sourde oreille aux revendications qui sont portées par un si grand nombre de gens, lorsqu’ils refusent d’entendre les aspirations de la population, lorsqu’ils préfèrent régler les conflits sociaux par l’usage de la force, qu’elle s’exerce par une loi injuste ou par les armes, ces gouvernements prennent la voie de la dictature. Avec la loi spéciale décrétée par le Premier Ministre Jean Charest, nous assistons, atterrés et dégoûtés, à un véritable rapt de notre démocratie. Par cette mesure autoritaire, le gouvernement libéral fait une fois de plus preuve de mépris envers les institutions démocratiques mêmes qui l’ont porté au pouvoir ; assemblées délibérantes, vote majoritaire et recherche de compromis.
Pire, il indique à la population que rien ne sert d’exprimer un quelconque mécontentement, puisque ses décisions sont inflexibles. Du moins en ce qui concerne les gens. Car lorsqu’il s’agit des entreprises privées et du capital, le discours est tout autre, plein de complaisance et de compromission. À preuve, Jean Charest était entouré de l’exécutif de la CRÉPUQ au moment d’annoncer sa loi spéciale. Ne soyons pas dupes, c’est à cette élite ainsi qu’aux banques que profite la situation ! La démocratie est prise en otage et ce sont eux, les ravisseurs ! Et les médias de masse, dissimulant leur parti pris en faveur du pouvoir établi sous des faux airs d’objectivité, en sont les complices.
Sur la scène fédérale, la même pièce se joue, mais bien plus dramatiquement. Tant de droits sont atteints par la loi C-38 que la population ne sait pour quelle cause se battre : l’environnement ? La retraite ? L’assurance-emploi ? Les droits des immigrants et des réfugiés ? Les droits des femmes ? La liberté d’expression, d’opinion et de manifestation ? À voir à quelle vitesse et avec quel acharnement le gouvernement conservateur démolit le Canada, nous sommes en droit de nous demander ce qu’il en restera aux prochaines élections ! À part l’armée, s’entend !
Mais du haut de leur pouvoir, nos dirigeants oublient l’essentiel. Les gouvernants ne peuvent gouverner sans le consentement des gouvernés. On a entendu monsieur Charest dire que la politique ne se fait pas dans la rue ; c’est un mensonge ! La démocratie n’étant que la façon la moins violente de réguler les conflits sociaux, lorsqu’elle est kidnappée, que le pouvoir est accaparé par une élite, la population trouve d’autres manières de se faire entendre. Et ce n’est pas en discréditant les protestataires par des lois injustes sur leur accoutrement ou sur le trajet qu’ils prennent que le pouvoir établi parviendra à nous faire rentrer dans le rang comme des moutons. C’est l’une des grandes leçons de l’histoire ; lorsqu’on prend la démocratie en otage, qu’on bafoue les droits légitimes des citoyens, il faut s’attendre à ce que la population s’insurge et organise la sédition.
Marie-Iris Légaré
Source : PRESSE TOI A GAUCHE

samedi 19 mai 2012

Le Québec adopte un projet de loi fasciste !...Le Québec vient de basculer dans un régime policier !

Le Québec est-il en train de basculer dans la dictature ? Cette question se fait de plus en plus de circonstances ! Depuis ce soir (18 mai), on peut de moins en moins "causer", parce qu’aujourd’hui on a voté une loi qui dit : « Ferme ta gueule ! »
Pour tenter de mettre fin au conflit étudiant qui dure depuis déjà 15 semaines, le gouvernement néolibéral autoritaire de Jean Charest vient d’adopter une loi limitant la contestation, la liberté de parole et le droit de se rassembler.
Non seulement pour les étudiants, mais pour l’ensemble de la population.
Au Québec, la démocratie est en deuil ! ( La loi 78 : http://www.lapresse.ca/html/1425/projetdeloi78.pdf )
Une loi fasciste ? Fasciste, un mot qui n’est pas du tout exagéré, un mot tout à fait adéquat. Le fascisme… ce qui s’apparente aux méthodes utilisées par Mussolini dans les années 20. La police de ce régime pouvait "légalement" matraquer et arrêter tout ce qui déplaisait au régime. C’est ce que met en place le gouvernement néolibéral Charest.
Le Québec vient de basculer dans un régime policier.
En plus du Canada réformiste néoconservateur de Stephen Harper qui vote, lui aussi, de son côté de multiples lois qui érodent considérablement les libertés jusqu’alors protégées par notre droit démocratique, voilà que nos "libéraux" du Québec emboîtent le pas.
( La loi "mammouth" des réformistes néoconservateurs de Stephen Harper : http://www.ledevoir.com/politique/canada/348607/une-loi-mammouth-pour-changer-les-regles-sans-debat )
Même le gouvernement municipal de Montréal y met du sien en adoptant une loi anti-masque lors de manifestation.
http://www.radio-canada.ca/regions/Montreal/2012/05/18/001-masques-reglement-conseilville.shtml
« Comment dire aux étudiants qu’il faut qu’ils tiennent ? »
Il y a deux mois cette question se posait. http://www.vigile.net/Il-faut-manifester-a-leur-cote
Aujourd’hui elle se pose avec encore plus d’intensité.
Il faut de plus en plus manifester au côté des courageux étudiants.
Malheureusement, il est clair que manifester demande nettement plus d’énergie et d’investissement personnel que ceux qui, passivement, laissent gueuler et commande l’encadrement policier.
Le gouvernement québécois, depuis 15 semaines, dépense des millions pour que sa police casquée et bien armée de matraques, gaz lacrymogène et bombes assourdissantes puisse contenir les manifestations étudiantes quotidiennes.
Le régime Charest a des millions de $$ à offrir aux policiers en heures supplémentaires, mais refuse toute concession concernant les faramineux droits de scolarité qu’il veut imposer aux étudiants.
Il est clair que le conflit n’a pas comme enjeu principal : l’argent. L’enjeu de ce conflit en est un d’idéologie.
Le régime Charest peut dépenser des millions pour la police, mais il est hors de question de geler les frais de scolarité ! Pour le régime Charest, il est aussi hors de question d’aller prendre ailleurs que dans la poche vide des étudiants ces 100 à 200 millions que l’on dit avoir besoin.
On préfère donner aux prédateurs économiques privés les ressources minières, pétrolières et gazières du Nord québécois plutôt que de geler les frais de scolarité : « Les redevances minières, un secret bien gardé » http://www.ledevoir.com/economie/actualites-economiques/347918/les-redevances-minieres-un-secret-bien-garde
On préfère offrir d’indécents gros salaires avec un « minimum » d’impôts !
« La rémunération de Michael Sabia a bondi en 2011 » http://www.ledevoir.com/economie/actualites-economiques/347742/caisse-de-depot-et-placement-la-remuneration-de-michael-sabia-a-bondi-en-2011
On préfère "subventionner" des entreprises qui font des milliards plutôt que de subventionner nos étudiants en leur offrant le savoir gratuitement :
« Pour investir au Canada, AbitibiBowater attend l’aide des gouvernements. » http://argent.canoe.ca/lca/affaires/canada/archives/2011/07/20110713-134100.html
« AbitibiBowater déclare des profits nets de 4,2 G$ US » http://www.lapresse.ca/le-nouvelliste/201104/08/01-4387791-abitibibowater-declare-des-profits-nets-de-42-g-us.php
On préfère épargner ces "shylocks" institutionnalisés plutôt que les étudiants sans le sou : « La Banque Nationale hausse ses profits de 15% » http://affaires.lapresse.ca/economie/services-financiers/201108/25/01-4428746-la-banque-nationale-hausse-ses-profits-de-15.php
On préfère même récompenser généreusement les crapules de la finance lors de leur départ plutôt que d’offrir le savoir gratuit : « Passer du régime Rousseau à l’ère Sabia a coûté près de 10 millions de dollars à la Caisse de dépôt » http://lpa.cyberpresse.ca/economie/quebec/201012/07/01-4349840-faire-le-menage-a-la-caisse-de-depot-a-coute-cher.php
« La prime de départ de près de 380 000$ accordée à l’ex- PDG de la Caisse de dépôt et placement du Québec, Henri-Paul Rousseau » http://argent.canoe.ca/infos/quebec/archives/2009/01/20090119-074403.html
On pourrait allonger cette liste de faits où l’on constate que l’argent ne fait pas défaut. On constate que l’argent n’est pas un problème. Elle existe, elle est bien là. On peut « rapidement » trouver des milliards pour sauver des banques et des banquiers. L’argent est là, mais on ne veut absolument pas la partager.
La volonté des régimes néolibéraux comme celui de Jean Charest, c’est de maintenir bien profond ce fossé qui se creuse entre les très bien nantis et la classe jadis moyenne.
Les gouvernements néolibéraux à travers le monde cherchent par tous les moyens à détruire les organisations citoyennes et cela va des syndicats jusqu’aux associations étudiantes.
La lutte se fait entre le pouvoir absolu de ces marionnettes néolibérales dirigeant les Pays de moins en moins souverains et les solidarités citoyennes.
Nous avons de nombreux exemples.
Observons la Grèce, observons l’Espagne, observons l’Angleterre, observons les "Occupy" des États-Unis ainsi que plusieurs autres endroits.
Partout, comme ici au Québec, c’est la lutte des « masses » citoyennes contre ces cliques oligarchiques qui contrôlent les Pays capitalistes.
Les « masses » !!! Le régime Charest insinue que les « masses » sont de son côté. Le régime Charest répète que notre société est "illégitimement" perturbée par une "minorité" de jeunes enfants gâtés ! Minorité ??? Cette "minorité" a tout de même offert la plus grande manifestation étudiante de toute notre histoire ! ( Les images valent mille mots, voyez vous-même : http://tvanouvelles.ca/lcn/infos/regional/montreal/archives/2012/03/20120322-131252.html )
Ces courageux étudiants portent non seulement leur flambeau, mais le flambeau d’une grande partie de la population qui n’a pas leur jeune énergie, mais qui les appuie de tout cœur.
Ce mouvement étudiant n’est pas un "petit" mouvement ridicule qui tient en otage toute la population. C’est plutôt le régime Charest qui tient en otage toute la population du Québec.
Ce régime Charest, autoritaire et corrompu. http://www.vigile.net/-Charest-dilapidation-dissimulation-
Il est dénoncé depuis déjà des années.
Parfois avec sérieux : « Amir Khadir accuse Charest de faire la guerre aux étudiants plutôt qu’à la corruption » http://www.lapresse.ca/actualites/quebec-canada/politique-quebecoise/201204/16/01-4515954-khadir-accuse-charest-de-faire-la-guerre-aux-etudiants-plutot-qua-la-corruption.php
Parfois de façon sarcastique : http://www.youtube.com/watch?v=z_V7K_Bd978
De notre « Infoman » : http://www.youtube.com/watch?v=HJKmLkx97QY&feature=related
Il y a deux mois déjà on pouvait dire : « Tenir ! C’est là que tout se joue ! » http://www.vigile.net/Il-faut-manifester-a-leur-cote. Le 29 mars dernier, on constatait que partout les autorités ne bronchent pas tellement. On constatait qu’ils réagissent parfois un peu, mais toujours de façon uniquement « cosmétique » Comme notre régime Charest qui a déclaré : « Nous sommes prêts à augmenter les « prêts » et "bourses" !!!
C’est ce que l’on peut appeler du « cosmétique ».
On refuse de considérer une moindre hausse des frais de scolarité et on favorise l’endettement étudiant.
Nos courageux et imaginatifs étudiants manifestent depuis des semaines ( http://www.tagtele.com/videos/voir/84278 ) Malheureusement, on les laisse "gueuler" et on ne bouge pas ! C’est l’une des plus efficaces méthodes de nos gouvernements "démocratiques" pour faire un doigt d’honneur à la population qui conteste leurs politiques antisociales : laisser gueuler jusqu’à l’épuisement.
Coluche disait : La dictature, c’est "Ferme ta gueule".La démocratie, c’est "Cause toujours". Eh ! Que ce lucide avait raison ! C’est exactement cela.
Vous pouvez toujours gueuler vous n’avez pratiquement aucun pouvoir. Aucun pouvoir. Le 29 mars on pouvait dire : « Nous n’avons pratiquement aucun pouvoir. » Aujourd’hui, avec la nouvelle loi du régime Charest, le peu de pouvoir que les citoyens québécois avaient vient de disparaître.
Le régime Charest a le pouvoir de la matraque et celui des chevaux qui piétinent les manifestants. Il a le pouvoir des polices en armures capables de vous enlever la vue (deux jeunes ont perdu un œil [1] ) et même capables de vous tuer par négligence.
L’arme des discours
Les régimes fascistes modernes utilisent non seulement les méthodes traditionnelles comme la police et leurs lois sur mesures pour imposer leurs politiques, mais les fascistes ont aussi appris à discourir.
La démagogie, cette technique qui consiste à utiliser les préjugés et les sentiments inoculés dans la population pour discourir habilement en flattant ces points afin d’obtenir l’assentiment de la population ainsi subjuguée.
Il n’y a qu’à écouter les Bachand, Courchesne, Charest et Cie qui nous disent que la neige est noire avec une assurance déconcertante.
On nous dit que la violence est étudiante (la neige est noire !), alors que la violence est policière.
On nous dit que les étudiants en grève sont une "minorité" alors que jamais la solidarité étudiante ne nous a montré une telle solidité et une telle popularité.
On nous dit que les étudiants ne veulent pas bouger de leur position alors que c’est le régime Charest qui ne bronche absolument pas.
On nous dit bien des choses qui sont totalement l’inverse de la réalité (la neige est noire !). Une des techniques des fascistes modernes est la capacité de dire avec assurance et "sincérité" d’odieux mensonges (la neige est noire !).
Comme ce ministre Bachand qui nous dit : « C’est une journée pour la liberté aujourd’hui » ( jour de l’adoption de la loi fasciste 78 ) http://www.radio-canada.ca/audio-video/pop.shtml#urlMedia=http://www.radio-canada.ca/Medianet/2012/CBFT/Telejournal201205182200.asx
( La neige est noire et la glace est chaude, il suffit de l’affirmer avec sincérité ! )
Les fascistes modernes savent pertinemment que je journalisme d’aujourd’hui s’attarde aux mots plutôt qu’aux faits véritables et vérifiables. Ainsi, ils peuvent allègrement aiguiller l’opinion publique par des mots livrés avec "sincérité".
Comme le notait William Blum sur LGS http://www.legrandsoir.info/ce-qu-il-vous-faut-c-est-la-sincerite-et-si-vous-arrivez-a-simuler-la-sincerite-vous-avez-gagne-vieux-dicton-hollywoodien.html
Le pionnier de cette technique : Ronald Reagan : «  Il y a quelques mois, j’ai dit au peuple américain que nous n’échangions pas des armes contre des otages (Irangate). Mon cœur me dit que c’est encore vrai, mais les faits indiquent le contraire. » http://www.highbeam.com/doc/1P2-1309515.html
"A few months ago I told the American people that I did not trade arms for hostages. My heart and my best intentions still tell me that is true, but the facts and evidence tell me it is not." Reagan, 1987 http://killinghope.org/bblum6/aer105.html#link-1
Le mensonge devient vrai (sic) malgré que les faits indiquent totalement le contraire.
Serge Charbonneau
Québec
P.S. : En moins de 16 heures, plus de 140 000 personnes ont signé une pétition d’appui à la requête en nullité du Projet de loi spécial 78
URL de cet article 16726
http://www.legrandsoir.info/le-quebec-adopte-un-projet-de-loi-fasciste.html

vendredi 18 mai 2012

Québec : Depuis plus de trois mois, les étudiants sont très massivement en grève...La lutte des étudiants contre l’emprise du capitalisme financier sur l’enseignement reste en tout cas aujourd’hui l’un des signes les plus encourageants....

La formidable grève des étudiants québécois

Depuis plus de trois mois,  les étudiants du Québec sont très massivement en grève contre le projet gouvernemental de hausse des droits d’inscription à l’université. Des manifestations considérables ont déstabilisé le gouvernement libéral, entraînant la démission de la ministre de l’éducation, Line Beauchamp. Le premier ministre Jean Charest ne trouve rien de mieux à faire en ce 17 mai que de faire passer une « loi spéciale » visant à rendre illégale la grève et à criminaliser les étudiants en lutte.
 
La détermination dont ont fait preuve les étudiants, la durée de leur action, l’unité de leurs associations jusqu’à ces derniers jours face aux manœuvres du pouvoir et à la violence de la police sont en tout point remarquables. Cela ne doit pas faire oublier le contenu de leurs revendications et le sens de leur lutte. Les étudiants québécois sont vent debout contre l’alignement de la Belle Province sur la norme néolibérale mondiale en matière d’enseignement supérieur, dont l’une des caractéristiques est l’augmentation de la part du financement privé des dépenses universitaires. La décision du gouvernement Charest d’augmenter de 75 % les frais d’inscription ne sont, au dire même des responsables politiques, qu’une mesure de rattrapage par rapport à la norme établie en Amérique du Nord. Or, ce modèle défendu dans les hauts lieux de la pensée dominante, depuis l’OCDE jusqu’à la Commission européenne, commence à prendre l’eau. Cette décision survient en effet à un moment où, dans le monde entier, les révoltes contre le modèle néolibéral d’enseignement supérieur se multiplient. Que l’on songe à la grève des étudiants anglais à l’hiver 2010 ou à celle des étudiants chiliens au printemps et en été 2011.
Ces luttes ont pour trait ne pas rester confinées au seul monde de l’enseignement. L’alourdissement des charges pesant sur les familles et les étudiants vient frapper les couches sociales les moins favorisées mais aussi une masse croissance de membres des classes moyennes en voie d’appauvrissement. La situation est particulièrement dramatique en Europe. Les pays les plus frappés par les conséquences de la crise financière sur les budgets publics, de l’Irlande à la Grèce en passant par l’Italie et l’Espagne, ont tous eu recours à l’augmentation des frais d’inscription qui encourage mécaniquement l’endettement privé. Et ceci à un moment où les tensions sociales en Europe se font sentir de plus en plus fortement du fait des politiques d’austérité qui aggravent les conditions de vie et détruisent l’emploi. Les luttes étudiantes contiennent donc un potentiel de contestation de l’ordre néolibéral très puissant, capable d’entraîner de larges couches de la population et de s’élargir à toutes les conséquences  des politiques néolibérales, comme on l’a vu au Chili ces derniers mois. 
Il ne faut pas non plus oublier que le mouvement des Indignés et d’Occupy Wall Street  s’inscrit explicitement contre ce modèle de financement privé de l’enseignement supérieur. Le cas des Etats-Unis commence à être mieux connu. Dans un article remarquable, intitulé « Endettement étudiant : une bombe à retardement aux Etats-Unis »,   le quotidien Le devoir faisait le 14 mai dernier le point sur la dette des étudiants américains. Elle a quintuplé en douze ans pour atteindre mille milliards de dollars, soit une dette moyenne par étudiants de 25 000 $. Cet article n’hésitait pas à écrire : « On commence à parler d’une bulle comparable à celle des subprimes, ces prêts hypothécaires à risque, dont l’éclatement avait plongé les États-Unis et le monde dans une grave récession en 2008. Plus du tiers des dettes d’étudiants sont « titrisées », c’est-à-dire regroupées puis cédées à des investisseurs sous forme de produits dérivés. Il y a pour 400 milliards de dollars de SLABS en circulation chez nos voisins du Sud : il s’agit de papiers commerciaux appuyés sur des actifs (PCAA), en l’occurrence des prêts étudiants. »

On comprend que le président américain Obama commence à s’inquiéter de cette nouvelle « bombe » qui menace le système bancaire. L’aveuglement de tous ces gouvernements qui veulent suivre la même voie est sans doute plus étonnant. Mais comment oublier le matraquage des formules dogmatiques qui répètent depuis des années que l’université dans un contexte concurrentiel doit impérativement avoir recours aux portefeuilles des familles et des étudiants plutôt qu’aux financements publics  ? N’est-ce pas le modèle que les think tanks néolibéraux  veulent toujours mettre en place en France, non sans l’appui de certains idéologues de Terra nova ?

La lutte des étudiants contre l’emprise du capitalisme financier sur l’enseignement reste en tout cas aujourd’hui l’un des signes les plus encourageants qu’une autre politique est possible qui consisterait à faire contribuer fiscalement ceux qui profitent le plus sur le plan économique du haut niveau des connaissances de la population sans vouloir en financer les conditions.
 
On pourra lire sur la question québécoise le livre de deux enseignants canadiens Éric Martin et Maxime Ouellet, Université inc., Des mythes sur la hausse des frais de scolarité et l’économie du savoir, Lux, 2011.
 
Christian Laval
Blog Mediapart

mercredi 16 mai 2012

Bahreïn (VIDEO) : Le Pays Interdit - Une population opprimée dans l'indifférence

Depuis un an, une insurrection démocratique remplit chaque jour les rues d’un pays où personne ne va, Bahreïn, le pays oublié du printemps arabe. Cette île, petite monarchie du Golfe Persique de 600 000 habitants, est fermée aux journalistes.
Pour le reste du monde, Bahreïn est un pays riche, moderne, en plein essor. En réalité, la monarchie sunnite du roi Al Khalifa est une dictature pratiquant la torture, les arrestations arbitraires, la discrimination à l'égard d'une population chiite à plus de 75%. L’élite est sunnite.


Bahreïn est avant tout un satellite de l’Arabie Saoudite et un allié occidental. Au printemps 2011, lors du début du soulèvement, l’armée saoudienne a envoyé ses chars à Bahreïn pour rétablir l’ordre.

Depuis maintenant un an, chaque jour, des femmes et des hommes de toutes les générations défient le pouvoir de Manama pour demander plus de démocratie. Une population opprimée dans l'indifférence.

samedi 12 mai 2012

France : Ôter toute illusion sur le nouveau Président socialiste.

La lutte est la seule issue  
Nous ne regretterons pas l’éviction de Sarkozy et son équipe : ils portent la lourde responsabilité d’avoir fait de la France le plus agressif des pays impérialistes occidentaux, d’avoir été les plus fermes soutiens de l’Europe des banquiers et des spéculateurs, du chômage, de l’austérité et de la régression sociale, les complices de la destruction des industries françaises en favorisant les délocalisations, et ils ont cultivé depuis cinq ans la xénophobie et les idées fascisantes.
Mais notre devoir de militants lucides est d’ôter toute illusion sur le nouveau Président socialiste et ses soutiens, notamment dans le domaine international. Même s’ils ont été prudents sur le sujet, nous savons que François Hollande et le Parti socialiste non seulement sont fermement attachés aux règles du grand marché mondial capitaliste, mais qu’ils ont soutenu depuis cinq ans toute les guerres impérialistes menées par la France (en Afghanistan, en Libye), qu’ils ont affirmé leur attachement à l’OTAN et à la politique belliciste israélienne, à l’Europe supranationale et ses diktats d’austérité budgétaire, à l’OMC et à la « libre circulation » des capitaux. Nous ne devons rien espérer de positif des nouvelles autorités politiques françaises, sauf si le peuple français les y contraint.
Notre objectif dans la période qui vient, y compris dans la campagne électorale qui continue, doit être de convaincre les Français encore majoritairement sous l’emprise de la propagande « européenne ». Il n’y aura pas de progrès sociaux en France sans une politique totalement nouvelle sur le plan international :
1) La sortie de l’OTAN et la fin des ingérences militaires et économiques en Afrique, Syrie, Iran, etc.
2) La dénonciation des traités européens et la restauration de la souveraineté nationale et populaire en matière monétaire, économique, douanière.
3) L’appropriation par les nationalisations des grands moyens de production et d’échange (banques, eau, énergie, services publics) aujourd’hui livrés aux financiers et spéculateurs.
Cela seul permettra de stopper la désindustrialisation et de lutter contre le chômage et l’inégalité sociale. Un mouvement populaire fort sur ces objectifs peut l’imposer quel que soit le gouvernement. Il nous reste à le créer, sur la base d’un rassemblement de toutes les sensibilités politiques et syndicales attachées à ces orientations.
Paris, le 12 mai 2012
Communiqué du Collectif Communiste Polex  
Source : Alger Républicain