jeudi 3 mai 2012

FRANCE - Duel Hollande/Sarkozy : Y’a pas photo !...Sarkozy n’était pas en mesure de défendre son bilan et par définition ses promesses non tenues. ...

.....François Hollande a brillé par sa classe, sa sincérité et son calme. Il s’est montré pertinent et convaincant. Ses interventions étaient cohérentes et avaient du sens. Pas une seule faute de français, pas un seul mot déplacé, homme courtois, poli et digne de la haute fonction de président de la République qu’il espère incarner. Il n’a jamais cherché la provocation ou le piège contrairement à son adversaire.....

Les français et françaises ont assisté à une débâcle et une déroute d’un Sarkozy tendu, plein de tics et probablement sous l’effet d’une dose de « calmants ». Il était arrogant, méchant, cherchant à piéger un Hollande calme, courtois et se maîtrisant parfaitement. La nervosité de Sarkosy explique-t-elle ses fautes de français jalonnant son intervention ? Il est inadmissible qu’un président de la République soit aussi nul dans sa langue : pas une phrase sans faute de prononciation ou de grammaire. Comment peut-on exiger d’enfants et d’immigrés ce qu’on n’exige pas d’un président de la République ?! Sarkozy mal habillé, veste déboutonnée gesticule, comme s’il était dans le bistro du coin et mimait son propre rôle. Sa prestation bourrée de mensonges, prouve encore une fois, qu’il n’a rien compris et rien appris de son quinquennat.
A l’inverse, François Hollande a brillé par sa classe, sa sincérité et son calme. Il s’est montré pertinent et convaincant. Ses interventions étaient cohérentes et avaient du sens. Pas une seule faute de français, pas un seul mot déplacé, homme courtois, poli et digne de la haute fonction de président de la République qu’il espère incarner. Il n’a jamais cherché la provocation ou le piège contrairement à son adversaire.
Sur le fond, Sarkozy n’était pas en mesure de défendre son bilan et par définition ses promesses non tenues. Sarkozy a déclassé la France en la rabaissant au niveau des pays du Sud de l’Europe. Il n’a fait que rapporter ses performances à celles de l’Espagne et de la Grèce en oubliant volontairement l’Allemagne, pourtant la seule puissance comparable. Ne parle-t-on pas du couple franco-allemand, moteur de l’Europe ? En dehors de ses attaques répétées contre les leaders socialistes grec et espagnol (Papandréou et Zapatero), rien ne ressort de sa « logorrhée ». Il n’a ni idées, ni vision. Son seul but : rester au pouvoir comme son unique but, il y a cinq ans, fut d’accéder au pouvoir. A-t-il peur du vide ? Il a sans nul doute compris qu’après sa défaite annoncée, l’UMP serait implosée et que tous ses lieutenants s’égareront pour 40 ans dans le futur paysage politique. Craint-il d’être poursuivi dans les affaires de Karachi et de Khadafi et tant d’autres ? Sarkozy paraissait franchement inquiet.
Hollande, avec méthode, a détruit le bilan catastrophique de Sarkozy caractérisé par les doubles déficits historiques du budget de l’Etat et des balances extérieures. Hollande a fait preuve d’une maîtrise des comptes de l’Etat et des attentes du peuple français surtout en matière d’éducation. Sur l’Europe, son projet est clair et ferme : l’ouverture de nouvelles négociations pour la mise en place de nouveaux outils de relance de l’économie européenne par l’émission d’Euro Bonds. Il refuse le petit jeu malsain de la BCE et des banques commerciales qui profitent de la crise par le truchement des emprunts à taux réduits et placés à des taux usuriers aux Etats-membres. Hollande a démontré que Sarkozy n’a jamais été à la hauteur pour faire jeu égal avec Angela Merkel. Hollande s’est montré rigoureux en ce qui concerne la fermeture de la Centrale nucléaire de Fessenheim âgée de 40 ans, construite sur une zone sismique. Le projet de Hollande s’articule autour de deux paramètres : le démantèlement des centrales nucléaires rythmé sur la croissance des énergies alternatives et renouvelables. A l’inverse, Sarkozy, tout défi, revendique le tout nucléaire et nie les possibilités d’accidents, allant jusqu’à prétendre que la catastrophe de Fukushima n’étant rien liée au fonctionnement de la centrale ! Selon son habitude, il s’est promu agent commercial du nucléaire français à travers le monde.
La France sort ruinée d’un quinquennat de gesticulations, de régression sociale et de mensonges, mot utilisé abusivement par Sarkozy à défaut d’arguments ou d’explications de sa part.
Les mots de la fin ont sonné la fin de Sarkozy ! Hollande a injecté une pensée structurée, claire sur sa méthode et ses objectifs s’il est élu Président. Sarko, déstabilisé, a brouillé son message dans une série de lieux communs sur le rôle d’un Président.
Les français ont vu un Sarkozy, pantin pitoyable … certains ont dû regretter d’avoir voté pour lui au premier tour ! Son appel désespéré à l’électorat du Front National puis, dans la même veine à celui du Centre de Monsieur Bayrou a dû consterner nombre des électeurs du Centre. Encore une fois, Sarko a manqué de savoir-faire politique et de respect envers des républicains sincères.
Mustapha STAMBOULI
URL de cet article 16586 http://www.legrandsoir.info/duel-hollande-sarkozy-y-a-pas-photo.html

mercredi 2 mai 2012

France - MONSIEUR LE PRESIDENT....en allant voter les 22 avril et 6 mai prochains, nous n’oublierons pas que vous avez brisé le contrat social et politique qui vous unissait à nous. Vous avez perdu toute crédibilité et nous vous faisons savoir que vous n’avez plus notre confiance. Adieux !

Cette lettre citoyenne entend simplement vous rappeler les trop nombreux engagements que vous n’avez pas tenus.
Vous aviez promis en 2007 de maintenir le droit à la retraite à 60 ans : vous l’avez repoussé autoritairement à 62 ans, contre l’avis de la majorité des Français et au terme du plus long conflit social que la France ait connu depuis très longtemps. Nous n’oublierons pas !
Vous avez souhaité dans vos propositions que « la formation initiale des enseignants soit assurée » : votre réforme a supprimé l’année de stage et conduit des milliers de jeunes enseignants non formés à exercer devant des élèves désemparés. Nous n’oublierons pas !
Vous avez voulu réformer en profondeur l’université et la recherche et vous prétendez que cette réforme est le succès de votre quinquennat : les milliards promis ne sont jamais arrivés et de nombreux établissement de l’Enseignement supérieur sont aujourd’hui en déficit tandis que les organismes de recherche sont démantelés. Nous n’oublierons pas !
Vous avez promis de « préserver l’excellence de notre système de santé » et d’« améliorer les conditions de travail des professionnels de la santé ». Vous avez fait fermer des hôpitaux et des maternités, créé des déserts médicaux dans de nombreuses régions, supprimé des dizaines de milliers de postes de personnels de santé et détérioré gravement l’accès aux soins de millions de français. Nous n’oublierons pas !
Vous vous êtes engagé à « veiller rigoureusement à l’indépendance de la justice » : les nombreuses affaires en cours montrent crument l’exercice d’un pouvoir qui tend à privatiser la justice au service d’intérêts financiers, personnels ou politiques, et qui contrevient gravement au principe d’indépendance dont votre fonction vous fait pourtant le garant. Vos gouvernements successifs ont enfreint sous votre autorité l’Article 6 de la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen qui dispose que la loi « doit être la même pour tous ».Nous n’oublierons pas !
Votre politique a ainsi ébranlé les trois socles de la République française : la Sécurité sociale, l’École et la Justice. Nous n’oublierons pas !
Au chapitre des Droits de l’Homme vous aviez promis à vos compatriotes de « franchir de nouvelles étapes dans la préservation et la conquête des libertés ». Les seules étapes que vous avez fait franchir à la société française constituent une inadmissible régression des Droits de l’Homme : votre politique sécuritaire et d’immigration, en flattant les idéologies d’extrême droite et en avivant les haines comme les peurs, a porté non seulement atteinte dans son application aux libertés démocratiques fondamentales, mais aussi aux principes intangibles des grands textes fondateurs de notre histoire, et que votre volonté politique a travaillé à déconstruire et à mettre en péril : La Déclaration de Droits de l’homme et du citoyen, la loi de 1905, les valeurs issues du Conseil National de la Résistance. Nous n’oublierons pas !
Sous votre présidence plusieurs ministres condamnés ou mis en cause dans des procédures ou des informations judiciaires, ont continué impunément à exercer leurs fonctions alors que dans toute démocratie digne de ce nom ils auraient dû se mettre en retrait. Vous avez ainsi contribué à l’abaissement moral de la politique en la soumettant, soit à une idéologie condamnable, soit aux intérêts d’une oligarchie financière et d’un clan. Nous n’oublierons pas !
Aveuglé par votre hyperprésidence et votre conduite autoritaire des affaires de l’Etat, vous avez dévalorisé le rôle du gouvernement et du Parlement. En refusant obstinément de vous mettre à l’écoute des citoyens, en méprisant les associations et les organisations syndicales, vous avez délité les liens sociaux et provoqué une crise démocratique et institutionnelle sans précédent dont vous portez l’entière responsabilité. Responsabilité encore aggravée par le choix de la provoquer en une période de grave crise économique et financière, crise que vous exploitez et que votre politique alimente en choisissant d’accabler les plus pauvres et en ne cessant d’enrichir la classe des Français les plus aisés. En cinq années d’exercice de votre pouvoir, vos gouvernements ont considérablement aggravé les inégalités sociales. Nous n’oublierons pas !
Enfin, vous avez adopté à de multiples reprises un comportement public et fait des choix politiques qui ont rabaissé la fonction présidentielle ainsi que l’image, la culture et les valeurs de la France en Europe et dans le monde. Nous n’oublierons pas !
Pour toutes ces raisons, en allant voter les 22 avril et 6 mai prochains, nous n’oublierons pas que vous avez brisé le contrat social et politique qui vous unissait à nous. Vous avez perdu toute crédibilité et nous vous faisons savoir que vous n’avez plus notre confiance. Adieux !
Il est temps, Monsieur le Président, que vous redeveniez un citoyen et un justiciable ordinaire.
Robert GIL
http://2ccr.unblog.fr/2012/05/01/monsieur-le-president/
J’ai reçu cette lettre dans ma boite mail, et à votre tour vous n’avez plus que cinq jours pour la faire circuler
URL de cet article 16577 http://www.legrandsoir.info/monsieur-le-president.html

mardi 1 mai 2012

Le Premier Mai - C’est un joli nom Camarade !

Camarade,
ceux qui monopolisent les moyens de production, les moyens de distribution et de diffusion,
ceux qui s’emparent des ressources de la nation,ceux qui pillent les biens publics privant chacun de ses droits ne devraient plus gouverner.
 
ILS ONT TOUT ACCAPARÉ, ILS NE DEVRAIENT PLUS GOUVERNER
Camarade, ceux qui monopolisent les moyens de production, les moyens de distribution et de diffusion ;
ceux qui s’emparent des ressources de la nation ;
ceux qui pillent les biens publics privant chacun de ses droits ne devraient plus gouverner.
Camarade, ceux qui spolient la plus-value et s’emparent des profits qu’ils thésaurisent en quantité phénoménale pour spéculer à la bourse, soudoyer le fonctionnaire et comploter avec le gestionnaire ne devraient plus gouverner.
Camarade, ceux qui asphyxient tes rêves raisonnables ne fêtent pas ce Premier Mai que nous célébrons à ta gloire – à ta résistance – à tes luttes et à l’avenir de l’humanité.
SI L’ÉCHO DE NOS LUTTES FAIBLIT, NOUS PÉRIRONS
Chaque Premier Mai succède au précédent et lui ressemble étrangement.
Il est vingt-trois heures à Tokyo, la manifestation est terminée et les camarades se sont dispersés.
À Shanghai, les camarades ont fermé l’usine où les briseurs de grève tentaient de s’infiltrer.
À Pékin, les dazibaos dénoncent la corruption ; alors qu’à Bombay la manifestation s’ébranle, immense, pour venger le paysan « suicidé » par la pauvreté.
Au même instant, à Dacca les travailleurs des ateliers de la terreur ont ameuté tout le quartier suite au dernier incendie meurtrier.
Les ouvriers immigrés de Tel-Aviv commencent à se rassembler pour manifester pendant que les camarades opprimés de la Palestine-occupée préparent leurs affiches pour dénoncer.
Il est seize heures et les camarades du Caire se regroupent Place Tahrir, la mascarade « démocratique bourgeoise » a assez duré.
Ceux de Tunis jurent qu’on ne les y reprendra pas,
alors que les camarades d’Athènes, n’ayant pas rangé leurs banderoles, sont déjà prêts pour le défilé des enragés.
Il est quinze heures à Rome et le cortège est déjà imposant ;
à Paris, le muguet de la journée viendra parer les révoltés.
Il est quatorze heures à Londres et le Tube est bondé de camarades pressés de crier leur rage contre le chômage.
À New-York, le soleil est levé sur les indignés allongés sur la chaussée des « boursiers » ; ils sont venus chahuter leurs complicités.
À Montréal, le centre-ville est jonché des séquelles de l’émeute de la veille, en ce soir du Premier Mai ce sera pareil ; les camarades étudiants ne décolèrent pas.
À Alma les « lockoutés » à qui on avait tout promis tiennent vigie devant l’usine paralysée.
Dans quelques heures les camarades de Toronto, puis ceux de San Francisco prépareront leurs cortèges au soutien d’un florilège de revendications.
Camarade, le Premier Mai est la journée pour se compter – apprécier ses forces – jauger l’ennemi de classe, l’affronter et en découdre avec les autorités.
ILS PILLENT LE NORD
Camarade, entends-tu au nord du Nord les gémissements de la terre-mère nourricière, par-delà le 49e septentrion que leurs routes déchirent sans ménagement, que leurs voies ferrées traversent affreusement, que leurs puits perforent impitoyablement, que leurs barrages inondent inexorablement, que leurs machines meurtrissent cruellement et que les « suicides » endeuillent – les jeunes « sauvages » particulièrement – tristement ? J’enrage, camarade.
Camarade, comme à toi il y a longtemps, ces usurpateurs ont promis des investissements et garanti des emplois, et comme à toi au présent, ils offriront exploitation et spoliation, et notre avenir n’en sera que plus languissant.
Camarade autochtone, ceux de ta tribu bloquent les routes et repoussent ces intrus, derniers « occupants » avides venus du Sud avec leurs lourds équipements, destructeurs du pergélisol fragile qui retient les gaz aux effets de serre, et que les premiers occupants n’avaient jamais perturbé. Camarade autochtone, ceux-là ne sont pas tes invités sur la terre de l’hospitalité.
Camarade, en ce Premier Mai n’as-tu point convenu avec ton frère amérindien de barrer le chemin à tous ceux venus du Sud et des confins de la Terre piller la terre-mère et ses richesses pour tenter de raccommoder leur système en déclin ?
ILS DÉTRUISENT L’ENFANCE
Camarade, ce Premier Mai, vois-tu l’enfant soldat enrôlé – contre son gré – se muter meurtrier ? Les capitalistes miniers prennent l’or, extirpent le diamant, extraient le minerai, colonisent l’arrière-pays, puis s’enfuient, laissant la misère mortifère recouvrir la terre-mère d’un linceul amer après avoir détruit l’enfance et sa conscience.
Camarade, as-tu chanté avec l’étudiant chassé de l’université, outragé, humilié, que ni métier ni carrière ni salaire, que rien n’attend hormis l’endettement et le désœuvrement ?
Camarade, as-tu entendu le chauvin crier haut et fort son refrain à propos de « la nation en danger », son antienne du pays puissant, haïssant l’autre – l’immigrant différent – si pareil pourtant, dans sa misère et ses tourments ?
ASSEZ, C’EST ASSEZ
Camarade, ce Premier Mai, nous sommes des milliers de milliers à marcher, à manifester, à hurler, révoltés. Ceux-là doivent s’effacer maintenant qu’ils ont tout saccagé, tout raflé ce que leur système pourri pouvait engendrer de richesse outrageante, ne léguant que pauvreté humiliante, détresse affligeante, misère infamante et famine dégradante au milieu de guerres horrifiantes.
Du Levant au Couchant, des pôles à l’équateur, leur monde tremble sur ses bases. Ce n’est pas encore la lutte finale mais ça ne saurait tarder. Camarade, c’est le Premier Mai et nous les confrontons, notre courage dans une main notre drapeau dans l’autre, et nous comptons qu’un jour ce sera l’éruption de la fin...
Assez de découragement, assez de craintes, assez de compromis, assez d’attente vaine. Ils n’ont rien à offrir. Alors que font-ils à la tête du gouvernement, que font-ils à l’administration des banques, que font-ils à la direction des usines, que font-ils à la gestion des services ? Ils ont eu tout le temps voulu pour sortir de la crise et faire fonctionner leur système d’exploitation et d’oppression ; qu’ils se retirent, avant qu’on ne les récuse.
Toi camarade, fossoyeur de cet univers de guerre, de pauvreté, de haine et de famine ; toi l’accoucheur d’un monde nouveau de paix, de fraternité et de prospérité, qu’attends-tu ? Le Premier Mai est parmi nous…c’est un joli nom camarade aux cent fleurs du mois de Mai !
Robert BIBEAU
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lundi 30 avril 2012

Pourquoi j’ai peur....Pourquoi sommes-nous aussi passifs et résignés : C’est à cause de la peur....

......Au sommet il y a ceux qui méritent leur place et progressivement nous descendons vers la base où une multitude lèvent les yeux et quémandent les miettes du festin pantagruélique dont se gavent les puissants. Mais si la base refuse de porter sur ses épaules le fardeau, la pyramide s’écroule. La base n’est pas consciente de son pouvoir, alors que le système repose entièrement sur ses efforts ! Il est temps de se débarrasser de ces pseudos élites sans morale qui régentent la planète pour leur seul profit égoïste.....
Pourquoi sommes-nous aussi passifs et résignés, pourquoi acceptons-nous facilement certaines injustices et pas d’autres, pourquoi acceptons-nous de vivre dans un monde dominé par les forces de l’argent, pourquoi acceptons-nous d’être gouvernés par des gens sans scrupules, pourquoi sommes-nous arrogants et prétentieux devant les faibles et soumis et domestiqués devant les forts, pourquoi sommes nous désemparés devant la mort et le chaos !
C’est à cause de la peur qui nous habite tous, la peur d’un autre monde, la peur de l’inconnu, la peur de perdre nos repères, peur de manquer, peur de la misère, peur de la solitude, peur du vide et du changement. C’est cette peur qui a servi à inventer la sorcellerie, la magie et une toute puissance divine. La peur, est un instrument puissant du pouvoir. La peur nous maintient dans l’incertitude du lendemain et fixe des barrières à nos espérances, en distillant en nous la peur sociale, la peur de l’autre ou la peur écologique.
Le monde est tel qu’il est car il est conforme aux clivages habituels auxquels l’on nous a conditionnés. L’on nous a fait croire que nos valeurs reposent sur la prédation et la domination de son prochain. Nous sommes programmés pour penser qu’un monde pyramidal est le meilleur. Au sommet il y a ceux qui méritent leur place et progressivement nous descendons vers la base où une multitude lèvent les yeux et quémandent les miettes du festin pantagruélique dont se gavent les puissants. Mais si la base refuse de porter sur ses épaules le fardeau, la pyramide s’écroule. La base n’est pas consciente de son pouvoir, alors que le système repose entièrement sur ses efforts ! Il est temps de se débarrasser de ces pseudos élites sans morale qui régentent la planète pour leur seul profit égoïste.
Un éveil des consciences est essentiel pour le devenir de l’humanité. Nous ne pouvons pas continuer à laisser faire. Nous ne pouvons plus nous permettre uniquement quelques réformes. Nous devons réfléchir à d’autres alternatives. Nous devons redéfinir la manière de vivre ensemble. Nous ne pouvons plus accepter le diktat d’une classe de privilégiés au seul dire que les rôles sont distribués ainsi « parce qu’ils le valent bien », il est grand temps de prendre conscience « qu’ils ne valent rien » !
Le Capitalisme ne sert qu’une poignée d’individus, et devant leur soif insatiable de richesses et de pouvoir, il devient un monstre incontrôlable. On nous fait croire qu’il n’existe aucune alternative à ce modèle sociétal, c’est faux. Il faut seulement oser, mais la peur du changement, la fameuse peur inscrite au plus profond de nos gènes refait surface. Alors que la seule solution à tous nos problèmes passe inévitablement par une redistribution des richesses, nous cherchons des raisons pour ne rien faire. Nous dépendons de ce système depuis tellement longtemps que nous n’osons pas en imaginer un autre. Pour nous en persuader, nous répétons docilement ce que l’on nous a appris : on ne peut pas faire autrement, c’est de l’utopie !
Mais si nous ne changeons pas, nous sommes condamnés à servir nos maitres pour l’éternité. Évidemment que ce n’est pas facile, mais la Liberté se mérite, des peuples se sont saigner pour l’obtenir, c’est un manque de respect envers eux et surtout envers nos anciens qui se sont battus pour nous. Nous ne pouvons condamner les générations futures à l’esclavage en restant immobile. Osons !
Jean Pierre ACASOCA
http://2ccr.unblog.fr/2012/04/13/pourquoi-j-ai-peur/
URL de cet article 16551 http://www.legrandsoir.info/pourquoi-j-ai-peur.html

samedi 28 avril 2012

FRANCE : Choisir entre le candidat de la xénophobie et celui de la République !.....Désormais, le face-à-face n'est plus entre l'UMP et le PS, mais bien entre le candidat de la xénophobie et celui de la République.

L'histoire devra retenir que Nicolas Sarkozy aura été le premier président français à avoir légitimé le discours du Front National. Mais il a fait pire. D'une phrase et avec la légèreté qui le caractérise, il a voulu balayer plus d'un demi-siècle de combats contre l'extrême droite.

Le second tour de l'élection présidentielle du 6 mai prochain a pris un nouveau visage. À mes yeux, et je le dis ex abrupto, ce duel politique, n'opposera plus un candidat de droite à un candidat de gauche. Désormais, le face-à-face n'est plus entre l'UMP et le PS, mais bien entre le candidat de la xénophobie et celui de la République.
 
En franchissant les lignes jaunes, les unes après les autres, en pénétrant sans état d'âme dans les zones grises, en piétinant la bienséance républicaine, en stigmatisant les syndicats, ces affreux "corps intermédiaires", pourtant nécessaires dans toute démocratie qui se respecte, en opposant un prétendu "vrai travail" aux travailleurs et aux chômeurs, en désignant les Français d'origine étrangère et l'immigration comme bouc-émissaire et sources de problèmes à venir, en montrant du doigt l'islam, en le caricaturant et en le présentant comme un danger pour la "civilisation française", en faisant tout simplement dans la xénophobie et le discours nauséeux, Nicolas Sarkozy n'est plus le candidat de la droite républicaine, qu'il a lui-même enterrée, mais celui d'une droite extrême, beaucoup plus proche du Front national que du gaullisme ou de la droite chiraquienne.

Qui peut aujourd'hui douter, non pas de cette droitisation du discours, mais de son extrême droitisation? Les mêmes propos, les mêmes proses, les mêmes ressorts idéologiques, s'ils avaient été utilisés par Marine Le Pen, auraient, en d'autres temps, suscité un tollé général, y compris à droite. Mais aujourd'hui, par sectarisme, par calcul politique, par lâcheté aussi, beaucoup préfèrent ce silence infâme à une nécessaire dénonciation de cette logique jusqu'au-boutiste choisie par un candidat qui n'hésite plus à susciter les haines, les peurs et les divisions dans l'unique but de se faire réélire. Au lieu de prendre le risque de perdre l'élection dignement, le président sortant préfère prendre le risque de perdre à la fois l'élection et son honneur. Peu chères à ses yeux, les valeurs de la République pour qu'elles soient ainsi bradées contre l'espoir de recueillir quelques dizaines de milliers de voix!

Et d'autre part, ou sont les Juppé, Baroin et Borloo, et tant d'autres, devant cette cascade de discours ayant comme colonne vertébrale la xénophobie? Où sont tous ceux qui, hier encore, se réclamaient du gaullisme et de la droite chiraquienne, bien plus respectables que tous ces adeptes du sarkozysme, les Morano, Luca et Vanneste, qui tentent de justifier l'injustifiable.
 
Elle est décidément bien laide cette France de Sarkozy qui ne sait plus défendre les valeurs qu'elle prétend incarner. Elle est bien laide cette France représentée par ces petits politiciens à la petite semaine, plus soucieux de leur devenir personnel que des valeurs universelles, transformées en simple slogan par les adeptes du sarkozysme. Elle est bien laide cette France qui, comme si elle devenait amnésique, se fait oublieuse des conséquences qu'ont engendré dans un passé, pas si lointain, des saillies similaires à celle de Sarkozy.
 
L'histoire devra retenir que Nicolas Sarkozy aura été le premier président français à avoir légitimé le discours du Front National. Mais il a fait pire. D'une phrase et avec la légèreté qui le caractérise, il a voulu balayer plus d'un demi-siècle de combats contre l'extrême droite.
 
Ne nous y trompons pas, lorsque ce candidat affirme que "Marine Le Pen n'est pas incompatible avec la République", il ne parle pas, car les mots en un sens, de la participation de cette dernière aux élections présidentielles. Sauf à croire que le président de la France ne maîtrise guère les nuances d'une langue qu'il ne cesse pourtant de vanter, à juste titre d'ailleurs, et qui offre la possibilité d'exprimer une pensée avec exactitude; sauf à penser, dis-je, qu'il aurait du mal avec la langue de Voltaire, si sa volonté n'était pas de légitimer le Front National, il aurait pu dire, tout simplement, que "la candidature de Marine Le Pen est compatible avec le droit".
 
En réalité, Nicolas Sarkozy, rompu à la tactique politicienne, voulait tout simplement, avec une sortie plus qu'inopportune, banaliser le Front National, banaliser les idées de ce courant politique afin qu'il puisse, par ailleurs, banaliser son propre discours et espérer ainsi draguer presque naturellement les électeurs de la candidate frontiste.
 
Affirmer que "Marine Le Pen serait compatible avec la République", c'est affirmer, en d'autres termes, car cela ne veut pas signifier autre chose, que l'extrême droite serait compatible avec les valeurs de la République. Cette dernière, la République, précisons-le tout de même en ces temps brumeux, n'est pas un simple mot, une idée vague ou une notion abstraite, mais un corpus idéologique qui renferme des valeurs, une morale, un mode de vie, une philosophie. Et à bien examiner ce corpus, l'on s'aperçoit que celui-ci ne s'accommode guère d'idées extrémistes, tant s'en faut.

En effet, depuis quand les idées défendues par l'extrême droite, aujourd'hui défendues, pour certaines, par Sarkozy, sont-elles compatibles avec la République? Le populisme le plus hideux, celui qui divise la société, celui qui oppose les élites au peuple, celui qui désigne les bouc-émissaires et l'ennemi, serait-il compatible avec la fraternité? Le repli sur soi, la peur de l'autre, la logique de stigmatisation sont-ils consubstantiels à la République? Ce discours détestable qui nous parle de "préférence" nationale ou européenne, ce propos qui joue sur les frustrations serait-il vraiment conforme à l'idée que nous nous faisons de la République et de l'égalité? Ce propos infâme qui présente les "étrangers" comme des "profiteurs" et des "assistés" serait-il devenu, par la volonté de l'UMP, conforme aux valeurs républicaines?
 
Au nom de la République, Nicolas Sarkozy joue avec le feu et banalise la xénophobie, enrobant cette approche dans un pseudo débat sur l'immigration. Une autre escroquerie intellectuelle, s'il en est, qui ressemble à cette autre qui avait, par sa volonté, opposé l'immigration à l'identité nationale. Sarkozy est en train de prendre Marianne en otage pour lui faire dire ce qu'elle n'a jamais dit et pour lui faire dire ce qu'elle ne veut surtout pas dire. Ce candidat est en train de violer la République en prétextant qu'il le fait par amour pour elle. Et pendant ce temps, certains se réclamant pourtant des idéaux de celle-ci applaudissent dans la joie et l'allégresse!
 
Oui, je crois vraiment que l'heure du choix est arrivée. Oui je crois que les Français doivent se déterminer entre la xénophobie et la République. Des associations ou des personnalités de la société civile ont déjà publiquement exprimé leur position. Et il faut saluer leur courage.
 
Désormais, le silence et la retenue ne sont plus possibles. La société civile, dans son ensemble, doit se manifester. Les républicains se doivent d'assumer leurs responsabilités, car la situation est beaucoup plus grave que celle qui avait prévalu en 2002.
 
À l'époque, Jean-Marie Le Pen n'avait aucune chance de remporter l'élection. Aujourd'hui, la xénophobie risque vraiment de se retrouver à l'Élysée sous les allures d'un candidat de droite et, ensuite, à l'Assemblée Nationale, sous les couleurs de l'UMP et du FN, les deux pôles d'une même haine.
 
Mohamed Sifaoui
Huffington post
Cri du Peuple 1871 : http://www.mleray.info/article-choisir-entre-le-candidat-de-la-xenophobie-et-celui-de-la-republique--104184861.html

jeudi 26 avril 2012

FRANCE : PERCEE DU FRONT NATIONAL - UNE SONNETTE D'ALARME POUR L'AFRIQUE.....cette montée fulgurante de l'extrême droite doit inquiéter..

En votant pour Marine Le Pen, près d'un quart des électeurs français ont du même coup adressé un message clair aux immigrés. C'en est fini de la "douce France", de la patrie des droits de l'homme qui aura, pendant longtemps, été une terre d'accueil pour tous ceux qui sont en quête de liberté et d'un minimum de fraternité. Certes, le bloc de gauche retrouve son meilleur niveau depuis 1988, avec 44 % des votes. On avance même que [le candidat socialiste] François Hollande pourrait l'emporter avec 54 % des voix. Mais c'est surtout la candidate frontiste qui a créé la surprise avec un score (17,90 %) qui a soulevé l'enthousiasme dans son camp. Cette poussée, qualifiée d'historique, est le meilleur résultat jamais réalisé par le Front national au premier tour d'une présidentielle.
 
Les militants du FN, parti aux funestes ambitions, n'ont cure du sang versé par les Africains [pendant la Seconde Guerre mondiale] pour libérer l'ancienne Gaule des griffes de l'envahisseur, et faire triompher la liberté et la démocratie. Jour après jour, leur discours atteint sa cible. Les résultats des consultations électorales le montrent clairement. Il n'y a point besoin d'un interprète pour décoder ces messages du FN qui crachent sur ceux qui, un jour, ont tout simplement choisi la France comme terre de transit, d'accueil, de travail ou de résidence. Les Africains le comprendront-ils une bonne fois pour toutes ? Le dépit et la colère l'emportent aujourd'hui, d'autant que les dirigeants des grands partis traditionnels de France paraissent eux-mêmes désemparés face à cette montée fulgurante du parti de la famille Le Pen. Comme encouragés dans leurs élans sectaires, les militants de l'extrême droite française ne font rien pour dissimuler leurs prises de position. Elles sont, bien entendu, aux antipodes d'un monde qui voudrait faire du troisième millénaire celui de l'ouverture et de la tolérance.
 
A la bienveillante complicité des partis traditionnels français s'ajoute le silence coupable des dirigeants africains qui voient pourtant se faner la fleur qui avait éclos à la faveur des grandes luttes de libération auxquelles ce continent avait bien contribué. La position des dirigeants africains demeure aussi ambiguë que révoltante. N'est-il pas temps, en effet, que l'on débatte ouvertement de ces questions qui fâchent : le mauvais traitement infligé à la diaspora, le sempiternel problème des visas, l'accueil réservé aux voyageurs, etc. ? Pour avoir voulu rogner des voix dans le camp de l'extrême droite, les partis traditionnels sont finalement presque tous tombés dans le piège de l'intolérance. Les Africains déchantent donc de plus en plus. Mais seront-ils seuls à le faire demain ?
  
Les derniers résultats du FN pourraient se justifier par la crise qui sévit en Europe et qui discrédite les partis traditionnels. Ceux-ci ne parvenant pas à cristalliser les peurs, la xénophobie née de la crise tend inévitablement à gagner du terrain. Avec son discours sur " La France aux Français", Marine Le Pen aura donc réussi ce tour de force : séduire près du quart des Français. Pour autant, le FN ira-t-il jusqu'à prendre le pouvoir un jour ? On ne peut jurer de rien.
 
Vue d'Afrique, même si elle peut paraître illusoire, cette montée fulgurante de l'extrême droite doit inquiéter. Car le prochain combat se tiendra à l'Assemblée où l'adoption d'éventuels projets de lois, émanant de cette droite raciste, pourrait bien nuire aux intérêts des Africains en particulier, des immigrants en général. De nouveau, et avec encore plus d'acharnement, on pourrait bien entendre : " Non aux immigrants !"  Même si Sarkozy, qui a presque adopté cette chanson, en a payé le prix en mordant presque la poussière au premier tour ! En tout cas, le discours que tient la droite ainsi que ses pratiques quotidiennes tendent à le confirmer. Reste à savoir, après deux avertissements consécutifs de l'électorat, comment vont se comporter désormais les dirigeants des autres partis.
 
Auront-ils tendance à se conformer - ou non - aux opinions et directives contenues dans le discours de l'extrême droite ? Et ces dirigeants d'Afrique, comment se sentiront-ils dans leur "peau" de sujets de plus en plus marginalisés dans l'Hexagone ? Travailleront-ils enfin à donner le bonheur à leurs ressortissants ? Pour un grand nombre d'Africains, conscients de l'évolution de la situation, il est plus que probable que la sonnette d'alarme doit être tirée.
 
Le Pays-Burkina

lundi 23 avril 2012

Bahreïn, une bombe à retardement - Le Bahrein ne connait pas une seule nuit sans émeutes depuis plus d'un an.

...Afin de justifier son extrême brutalité dans la répression ayant entrainé plus d'une centaine de morts, un millier de blessés et deux mille prisonniers politiques, le pouvoir ne cesse de brandir, sans avancer de preuves, la menace d'un complot de l'Iran chiite. Décidément, cette menace iranienne est devenue la carte blanche idéale et un laisser-passer sans limite pour justifier toutes sortes d'exactions....

L'annonce, le 13 avril dernier du maintien au Bahreïn du circuit du Grand Prix de Formule 1 le 22 avril prochain, vise à annoncer une prétendue normalisation et du "business as usual" dans ce minuscule petit État du golfe persique plus petit que Manhattan. Cette initiative qui vise à occulter le clivage entre les deux communautés sunnites et chiites ne doit pas faire oublier la réalité de terrain.

Ce pays ne connaît pas une seule nuit sans émeutes depuis plus de un an et la prétendue "paix sociale" n'a pu être instaurée qu'à coup de matraquage de la population par des troupes saoudiennes invitées par le pouvoir sunnite à y rétablir l'ordre. Les mêmes troupes y campent, un an après, sous des tentes au beau milieu de la ville véhiculant l'image d'un pays sous occupation étrangère. Or, l'explosion d'une bombe le 9 avril dernier dans le village chiite de Al-Akar visant les forces de sécurité exclusivement sunnites marque un dangereux rappel du durcissement des positions des protagonistes. La normalisation est loin d'être au rendez-vous.

 
Afin de justifier son extrême brutalité dans la répression ayant entrainé plus d'une centaine de morts, un millier de blessés et deux mille prisonniers politiques, le pouvoir ne cesse de brandir, sans avancer de preuves, la menace d'un complot de l'Iran chiite. Décidément, cette menace iranienne est devenue la carte blanche idéale et un laisser-passer sans limite pour justifier toutes sortes d'exactions.
Ce petit pays est dirigé par une minorité sunnite qui a instauré une sorte d'apartheid au détriment de la vaste population chiite majoritaire à 80 pour cent. Il héberge la 6e flotte américaine et semble marquer la ligne rouge aux yeux du pouvoir sunnite et de leurs alliés saoudiens. En effet, les pays arabes du golfe persique essaient de tout faire pour éviter, qu'après l'Iraq où les chiites sont également majoritaires, le Bahreïn tombe entre les mains de sa population chiite.

En effet, si les chiites sont minoritaires dans l'Islam, ils sont majoritaires sur les sites des gisements miniers d'hydrocarbures. Ainsi la totalité du pétrole saoudien est produite dans les provinces dites de l'Est où la population est à 90% chiite. Or l'Arabie Saoudite et le Bahreïn ne sont séparés que par une courte distance et reliés par un pont opportunément qualifié de "Causeway". Aux yeux des Saoudiens il s'agit de tout faire pour empêcher un risque de contagion des revendications des chiites du Bahreïn aux chiites saoudiens. Le pouvoir Bahreïni se présente comme un bastion de résistance contre ce que les pétromonarchies du golfe-persique perçoivent comme l'inexorable avancée de l'Iran dans le monde arabe.
 
Pendant cette répression où torture et arrestation arbitraire sont monnaie courante, le pouvoir Bahreïni a tenté de véhiculer un sentiment d'État de droit en chargeant une commission d'enquête dite 'Baissiouni' de faire un état des lieux et de proposer des remèdes. Les travaux de cette commission, dirigée par un Avocat égyptien du même nom, ont conclu au recours à toute sorte d'exaction par le pouvoir sunnite allant de l'usage régulier de la torture et du viol en passant par des assassinats et des arrestations politiques. En particulier, le rapport préconise toute une série de mesure dont l'arrêt de la torture et des emprisonnements injustifiés ainsi que la mise en cause des autorités responsables de ces abus. Il suggère également un rééquilibrage confessionnel des membres des forces de sécurité, aujourd'hui exclusivement composé de sunnites.
  
Bahreïn, en effet, est une bombe à retardement. La majorité chiite, d'après tous les observateurs, y est malmenée, et c'est un euphémisme, vivant dans une sorte d'apartheid institutionnalisé. Même si la loi martiale est théoriquement abrogée, le bruit de bottes résonne encore et les quartiers chiites sont quadrillés par des troupes en tenue de combat. Plus de mille prisonniers politiques continue de pourrir dans les geôles du pouvoir. Le très populaire et aimé militant des droits de l'homme, Abdulhadi Alkhawaja, continue de croupir en prison avec une grève de la faim qui dure depuis le 8 février. Toutes les demandes internationales en vue de sa libération sont restées lettres mortes. Aux yeux du pouvoir, il a commis le crime de lèse-majesté pour avoir demandé une égalité entre chiite et sunnite.
 
Il ne peut y avoir de voie de sortie de crise en l'absence d'un partage de pouvoir plus équilibré entre les deux communautés et l'introduction d'une forme de démocratie même à dose homéopathique. Le maintien du Grand Prix est une invitation à plus de confrontation. Le mouvement de la "Jeunesse révolutionnaire du 14 février", rappelant la date de la répression de la place Perle, rasée depuis, a d'ores et déjà annoncé qu'il ne saurait être tenu pour responsable des débordements à même de se produire à l'occasion de ce circuit.
 
Le désamorçage de cette bombe à retardement est loin d'avoir commencé.
 
Ardavan Amir-Aslani  
Huffington post