vendredi 16 mars 2012

Pays du Golfe : « la kafala » ou l’esclavage des temps modernes

A l’origine, le terme kafala s’apparente à une tutelle ou à une délégation d’autorité parentale qui s’applique à des enfants mineurs abandonnés. Cette tutelle disparait avec la majorité de l’enfant. Dans les pays du golfe, cette notion s’applique aux émigrés dans ces pays.

Des milliers de travailleurs migrants essentiellement originaires du sous continent indien partent pour les pays du Golfe, avec un permis de travail, obtenu dans leur pays d’origine à travers des agences d’embauche. Mais en vertu de la Kafala , les travailleurs doivent être parrainés par un employeur pour pouvoir entrer dans les pays du Conseil de Coopération du Golfe. Cette procédure qui vise à priori à prévenir l’entrée sur leur territoire de migrants sans papiers à la recherche d’un emploi finit, en réalité, par se retourner contre un grand nombre de travailleurs étrangers  une fois en place.
En effet, l’immigré se trouve sous la coupe du « kafile ». Ce tuteur lui retire son passeport et lui fournit une carte de travail qui fait fonction de pièce d’identité. Il n’a droit à aucune activité à caractère syndical ou autre visant à défendre ses droits. Le kafile a tous les pouvoirs  sur son salarié et les deux parties ne bénéficient pas du même traitement devant la loi du pays d’accueil.
Pour la Confédération Syndicale Mondiale et dans un article du 29 février 2012 ; il est temps de venir à bout du système de parrainage des pays du golfe. Ainsi, parlant des émigrés dans les pays du golfe cet article rapporte que :
« Beaucoup d’entre eux ignorent que le simple fait de quitter un emploi pour en chercher un autre peut entraîner de profondes frustrations, des abus de pouvoir de la part des patrons, voire, dans certains cas, des peines de prison.
La situation est encore pire pour les travailleurs et travailleuses domestiques, qui se voient confinés entre les quatre murs du domicile où ils travaillent, sans pouvoir disposer de leur passeport, qui a généralement été confisqué par l’employeur. De tels cas d’abus et de manipulation par les employeurs sont rarement rapportés par des femmes, vu qu’il leur est impossible de s’échapper. Celles qui réussissent à s’enfuir et n’ont nulle part où se réfugier se retrouvent dépouillées de tout statut légal et seraient exploitées en tant que prostituées ou vendues à d’autres employeurs par des intermédiaires.
D’après des représentants syndicaux des pays du Golfe, les demandes des travailleurs seraient rejetées ou simplement ignorées. Et comme il a été mentionné auparavant, les employés qui soumettent des demandes finissent dans certains cas derrière les barreaux suite à de fausses accusations déposées par l’employeur en guise de représailles. À moins de d’abord faire appel à l’intervention des autorités, les travailleurs et travailleuses migrants n’ont aucune chance de débouter l’appareil judiciaire, étant dépourvus des droits de citoyens.
Le système de parrainage est assorti d’une difficulté supplémentaire résultant de la tendance généralisée chez les employeurs à confisquer les passeports de leurs employés – malgré les lois en vigueur qui condamnent cette pratique - spoliant, par-là même, ces derniers de leur liberté de mouvement et de leur pouvoir de négociation. Même en ayant rempli les formalités exigées, il est impossible pour les travailleurs et travailleuses domestiques de quitter leur employeur, au risque de se convertir en sans papiers et d’être passible de détention et finalement de déportation. »
Etant dans une position de soumission juridique à son « Kafile » ou tuteur, l’émigré perd toute marge de liberté et donc sa dignité. Les contrats de travail deviennent de simples contrats de « soumission » objets d’abus comme celui du cas des travailleuses indiennes prisonnières.
Pour comprendre ce phénomène, il faut remonter au système de gouvernance notamment aux Emirats Arabe Unis et au Qatar. Selon un article publié en 2009 par la revue Hérodote de géographie et de géopolitique.
« Au sommet de la pyramide, un émir et sa famille ont tous les pouvoirs ; la limite entre leurs biens personnels et les biens de l’État est très floue. Le statut de la propriété de la terre à Dubaï ou à Doha est incertain. Aucune règle claire, seul un usage est reconnu : en dehors des zones urbanisées, la terre appartient clairement à l’émir ; en ville, la terre a pu être achetée ou offerte. L’émir organise donc son territoire comme il l’entend, ce qui explique des réalisations urbaines planifiées à l’instar d’un chef d’entreprise et dont les projets parfois pharaoniques traduisent la toute-puissance. La population de souche est la seule à disposer d’une citoyenneté accompagnée de ses droits et devoirs. Elle bénéficie alors des largesses de l’émir et de sa famille qui se traduisent par de multiples avantages économiques et sociaux, notamment de celui hérité des règles islamiques d’adoption d’enfants, à savoir la « kafala » Tout travailleur étranger, mais aussi toute entreprise étrangère, est ainsi sous tutelle, comme un enfant. La « kafala » permet aux citoyens nationaux de jouir des gains d’une entreprise implantée sur son sol (en possédant la majorité des parts capital) ou d’exercer un pouvoir sur les travailleurs immigrés. »
Ce système de gouvernance moyenâgeux porte donc en lui toutes sortes de dérives y compris une sorte d’esclavage des temps modernes pour les travailleurs étrangers vivant dans ces pays. Que ce systéme puisse exister est une aberration en sois, mais que la « muerta » qui l’entoure, notamment par les organismes concernés comme la commission des droits de l’homme de l’ONU est scandaleux.
La FIFA qui a accordé au Qatar l’organisation de la coupe du monde ignorait-elle que les nouveaux stades dans les quels évolueront les joueurs seront réalisés par des travailleurs tombant sous le coup de la « kafala » ou « esclavage moderne » ?

Deux poids deux mesures : Indignations sur la Syrie de Bachar, silence assourdissant sur Israël à Gaza

Hélas, le terrorisme intellectuel aujourd’hui pousse certains à se taire. Quand on est humaniste c’est à dire contre le racisme et toutes les injustices, il ne faut pas avoir de parti pris quand une injustice se produit. Et ceci, n’importe où dans le monde. Les indignations à géométrie variable discréditent les porteurs de ces dernières qui, ici ou là, alors que les faits sont avérés, n’ont pas le courage de se prononcer et ne s’en prennent habituellement qu’aux faibles.
Depuis plusieurs jours, l’aviation israélienne mène des raids contre des objectifs palestiniens dans la bande de Gaza. Pour les Israéliens,  “Ces raids visent des objectifs terroristes dans le nord de la bande de Gaza, et sont lancés en riposte à des tirs de roquette contre Israël”. Où le bât blesse, c’est la disproportion acceptée de facto par la soi disant communauté internationale qui se tait.
Depuis un an, le régime syrien est victime de groupes armés financés par l’étranger, qui pillent, assassinent et commentent des attentats contre des militaires et des civils syriens au nom de la démocratie. Le régime syrien les combat comme chaque Gouvernement devrait le faire. Là, c’est le bruit et la fureur. La “communauté internationale” cri aux loups, s’époumone, harcèle et menace.
En 4 jours, plus de 25 Palestiniens ont été tués par Israël, dont des enfants et des femmes. De dangereux terroristes, semble-t-il. A partir du moment où la volonté de l’homme doit être soumise uniquement à la loi morale, il est inconcevable que personne ne s’insurge contre la mort d’innocents, aussi bien en Syrie qu’à Gaza. Ce n’est pas Nicolas Le Pen -selon le Wall Street Journal- qu’on entendra sur ce sujet.
Or, l’appel de certaines “personnalités” à retirer le “permis de tuer” à Bachar Al-Assad est d’une hypocrisie abyssale. Pourquoi ne le font-ils pas aussi à l’encontre d’Israël ? Assad tire sur son peuple, dit-on. Même Mélenchon s’y colle mordicus. Mais, que dit-il sur ce qui se passe à Gaza ? Rien. Mais, les bonnes nouvelles nous viennent de Syrie. Depuis ce matin, la ville d’Idleb est tombée entre les mains de l’armée. Une victoire totale se prépare en Syrie. Heureusement que la Chine et la Russie ont compris le jeu malsain de la France, des États-Unis et du Qatar en Libye.
Quelle crédibilité peuvent avoir ces gens, d’autant plus que Gaza est une prison ouverte depuis des années, et que personne ne trouve rien à redire ? Peut-on accepter que des millions de personnes soient ainsi réduites en esclavage ? Non, quand on est juste, responsable et honnête.
Allain Jules

من المسؤول عن الجرائم في سورية؟

منذ سنة فقط كان السوريون يعيشون في أمان. كنا نجهل أنواع الأسلحة التي تعرض الآن كلما صادرها الجيش السوري في مخابئ العصابات، أو خلال تسللها من تركيا ولبنان. لم نكن رأينا القاذفات، وبومبوشكين، والقناّصات، والروسية، والقنابل الصوتية ومضادات الدروع والمسدسات وأجهزة الاتصال الخاصة بالتجسس والمناظير الليلية والعبوات الناسفة، والسترات المضادة للرصاص. وهانحن نعرف أن الموت يمكن أن يعبأ في جرّات الغاز وتنكات الزيت! وأن أيا منا يمكن أن يقتل في انفجار، أو خلال ملاحقة عصابة، أو عندما يوضع اسمه في قائمة الاغتيالات! ومع ذلك لايريد مجلس حقوق الإنسان في جنيف أن يعرف أن مايحدث في سورية هو اغتيال أمننا وإلغاء ايقاع حياتنا، فيبحث بين الضحايا عن المتهمين! أما نحن الذين نعيش في سورية، لافي حضن غربي، فنعرف الحقيقة التي يتجاهلها الغرب ومؤسساته "الإنسانية
أمامنا صورتان: الاولى عرضها التلفزيون السوري مرة فقط: أسرة في حي بابا عمرو، قرب طاولة عليها صحون الطعام. أمّ وأب وأطفال وأعمام، كلهم قتلى. وعلى الجدار كتب القتلة بدماء الضحايا اسم كتيبة الموت التي نفذت الجريمة. والصورة الثانية رسمتها سيدة تسكن في دوما، إحدى ضواحي دمشق: وضع المسلحون في ساحة البلدة شابا مقيدا سددوا عليه رشاشاتهم، وألزموا السكان بالفرجة على قتله. وكرروا في اليوم التالي قتل شباب آخرين بالطريقة نفسها. في الوقت نفسه قصف أيمن وفهد عربيني كنيسة عربين والمعهد الشرعي بقذائف ر ب ج، وكان معهما زاهر قويدر من "القاعدة". حدثت تلك الجرائم في مناطق كانت تسيطر عليها العصابات المسلحة. فما هو المشروع الذي يقع فيه هذا الإرهاب، ومن المسؤول عن هذه الجرائم؟ روى أحد القتلة الذين اعتقلوا في بابا عمرو، كما يروي قصة، أنه قتل وخطف واغتصب نساء. وأن شيوخ المجلس العسكري أفتوا له أن القتل والاغتصاب شرعي. لاعجب! فشيوخ السعودية الوهابيون، الذين يدعون من منابر جوامعهم إلى الجهاد ضد الدولة السورية، والقرضاوي شيخ قناة الجزيرة، يفتون بقتل العلوي والمسيحي والدرزي، والسني الذي يوالي الدولة. تتناول العصابات المسلحة مع تلك الفتاوى المال القطري والسعودي والسلاح وحبوب المخدرات التي يصادر الجيش السوري الكثير منها مع الأسلحة. (من المصادرات في بابا عمرو عملات غربية وإسرائيلية، وجوازات سفر متنوعة أحدها "جواز سفر إلى الجنة"، وأسلحة غربية وإسرائيلية، وأجهزة اتصالات متطورة). لايعرف اولئك الشيوخ وصية عمر بن الخطاب في أول الإسلام: لاتقتلوا امرأة ولاطفلا ولاشيخا، ولاتقطعوا شجرة، واتركوا الرهبان في صوامعهم!
ربما تفسر لنا تلك الفتاوى لماذا حكى رجل من تلك العصابات في مساء 7/3/2012 دون وجع ودون ندم: أنه قتل خمسين رجلا، واغتصب عشرات النساء. يُسمى ذلك في العرف استباحة. وقد استباحت العصابات أموال من قتلتهم ونساءهم، وسطت على المؤسسات العامة، وسرقت سيارات الإسعاف وسيارات البلديات والسيارات الخاصة. في الأمس شكا أهل حمص من قناص استباح الطرقات التي يسيطر عليها من سطح بناء. من القتلى الطفل مالك الأكتع. وظيفة هذا الإرهاب؟ كسر المجتمع السوري، وإنزال الخسائر بالجيش، وتقطيع سورية، وشلّ الإنتاج الزراعي والصناعي والحرفي: تدمير بنية الدولة. وقد منعت العصابات، في المناطق التي سيطرت عليها، الأطفال من ارتياد المدارس، ومنعت الطلاب من امتحانات الجامعات، وقتلت العمال في الطريق إلى معاملهم، ومنعت الفلاحين من زراعة حقولهم، ومنعت تزويد محطات توليد الكهرباء بالوقود، واغتالت بعض رجال الأعمال، وبعض الأساتذة الجامعيين، دمرت الحياة حيثما سيطرت! في 11/3/2012 خطفت السياسي مصباح الشعار في حمص، واغتالت بطل الملاكمة غياث طيفور في حلب، ، وكانت قد اغتالت قبل ذلك بطلا من أبطال السباحة، ونسفت جسرا في منطقة الغاب.
سجل تقرير لجنة المراقبين العرب الذي زار مواقع الأحداث وضحاياها، أن بروتوكول الجامعة العربية، الذي وجهها إلى سورية، لم يذكر العصابات المسلحة. وأن تلك العصابات تهاجم المدنيين والمؤسسات العامة والخاصة، وتضطر الجيش النظامي للرد عليها. تمنّت الجامعة العربية التي تديرها اليوم قطر والسعودية، أن ترفض سورية استقبال لجنة المراقبين. ثم تمنّت أن يكتبوا تقريرا يقع في سياق خطتها لتشريع التدخل العسكري. لكن هول الجرائم، وحرارة تعبير الضحايا عن وجعهم، ووعي السوريين الرفيع، سهّل على ذوي الضمير المهني في لجنة المراقبين نقل الحقيقة. لذلك أهملت الجامعة العربية التقرير، وفرضت استقالة رئيس لجنة المراقبين، الشهم الذي رفض شيكا مفتوحا قدمته له قطر.
لماذا لم يعتمد السياسيون الغربيون والمؤسسات الدولية التي يديرونها، تقرير لجنة المراقبين مع أنه أتى من موقع الأحداث، وسجله مختصون أمنيون وعسكريون؟ اعتمدوا مايلفّقه مرصد حقوق الإنسان في لندن الذي يقوم به شخص واحد من الإخوان المسلمين يؤلف لهم معلومات يطلبونها.
ليست المشكلة إذن أن السياسيين الغربيين الذين يديرون الحرب على سورية لايعرفون من يرتكب الجرائم ويستبيح حقوق الإنسان. بل المشكلة أنهم ينفذون ستراتيجية ترسم تدمير الدولة السورية. وأن السياسيين الاوروبيين أصبحوا تابعين عميان للمشروع الأمريكي الصهيوني! وقد أنجز ساركوزي وليفي إلغاء سياسة فرنسا "العربية" التي وضعها ديغول. لانتذكر ديغول عندما نسمع جوبيه، بل نتذكر اوليفا روجيه الذي أمر بقصف دمشق. لذلك يبدو لنا أن رسالة السيد لولان إلى جوبيه، التي ذكّرته بأن الحرب على سورية لاتقع في المصالح الفرنسية، أوحت أيضا بأن كرامة فرنسا تفترض ألا تكون أجيرة في مشروع أمريكي صهيوني.
لنضع إذن جانبا المفردات التي لاتؤدي معانيها: حقوق الإنسان، الثوار، الجيش السوري الحر، الدفاع عن المدنيين السوريين! فالسياسيون الغربيون يعرفون أن "الثورات" تفترض برنامجا سياسيا وطنيا، وأنها قضية رجال كبار ومفكرين وشعراء، قضية مؤسسة على الولاء الوطني، تنبت من أرضها لابقرار خارجي. وبما أن تاريخ الصراع العربي الإسرائيلي مثقل بحروب العدوان الإسرائيلية، فمن أول مبادئ الثوار الوطنيين ألا يتناولوا مساعدات إسرائيلية وأسلحة إسرائيلية. وأن يلتزموا بالثوابت القومية التي تفرض عليهم ألا ينسوا أن العدو ليس الطائفة الأخرى، بل إسرائيل المحتلة والاستعمار الغربي الذي يحرس أمن إسرائيل ويستخف بالأمن العربي. يعرف السياسيون الغربيون هذه الحقائق! لكنهم ينغمسون في تفكيك البلاد العربية وحصار ايران، ويصل مشروعهم إلى روسيا والصين وجمهوريات الاتحاد السوفييتي السابقة. وقد خرقوا القانون الدولي، فتسلل رجال مخابراتهم إلى حمص، وأداروا الحرب من "أمارة بابا عمرو الإسلامية" مع العصابات السلفية، و"القاعدة". وسعوا ثلاث مرات متتالية إلى قرار من مجلس الأمن يبيح التدخل في سورية. ولم يستحق اهتمامهم أن الطائرات الإسرائيلية تقصف غزة، وأنها قتلت في يوم 10/3/2012 ثمانية عشر إنسانا وطفلا، وأن المستوطنين الإسرائيليين يخرّبون الآثار الإسلامية والمسيحية الفلسطينية، ويهوّدون القدس التاريخية. تتيح لنا هذه المآسي الاستنتاج أن السياسة الغربية لاتجسّد فقط الانحطاط الأخلاقي باعتمادها الكذب والتلفيق، بل تجسّد أيضا الانحطاط السياسي والعمى الفكري. فهي تتآمر على سورية التي تتميز بنسيج مدني تتداخل فيه الطوائف والمذاهب والقوميات في وحدة وطنية، وبأمان قلّ مثيله حتى في الغرب، وبثقافة إنسانية تعتز بما قدمته الثورات الكبرى للبشرية، وتترجم الآداب العالمية، وتسمع الموسيقى الكلاسيكية، كما تسمع الموسيقى المحلية، وتشارك نساؤها في الحياة الإنتاجية والعامة، ويسعى شعبها إلى تغيير الواقع بأفضل منه. تستخدم السياسة الغربية في عدوانها الديبلوماسية والإعلام والمنظمات الدولية والأسلحة المتطورة. وتعتمد الأنظمة الاستبدادية التي تفتقر إلى دساتير ومجالس نيابية وتؤجر أراضيها للقواعد العسكرية الأمريكية وتقتل المتظاهرين: في البحرين وفي القطيف السعودية.
بم نفسر تعاون الغرب مع مقاتلي "القاعدة" المسجلين على "قائمة الإرهاب" العالمية، التي تموّلهم قطر والسعودية، في الحرب على سورية؟ بم نفسر تجاهل الغرب موقف المسيحيين السوريين الذين يتقدمون المجتمع في الدفاع عن اللحمة الاجتماعية ويدينون المؤامرة الغربية الصهيونية؟ ولماذا لايصغي الغرب للراعي الماروني في لبنان، بل يدرب العصابات التكفيرية التي تقتل المسيحيين السوريين، وتهاجم أديرتهم وكنائسهم التي يحترمها المسلمون ويقدمون لها النذور؟ أعلن الظواهري أن القاعدة نفذت عمليات دمشق وحلب. وتشهد التقارير على لقاء أجهزة الاستخبارات الفرنسية والبريطانية برجال القاعدة الليبيين. وقد عرف السوريون أن رجال المخابرات الفرنسية والبريطانية كانوا في بابا عمرو مع عصابات القاعدة. ومنّوا أنفسهم بعرض اولئك المتسللين الأجانب على الشاشات، ليبرّدوا غضبهم من تطاول الغرب الاستعماري على الكرامة السورية. لكن الحكمة السورية فضّلت السيطرة على بؤرة بابا عمرو، على متعة ذلك العرض. سلّم مئات من المسلحين أنفسهم للجيش السوري عندما سحب الغطاء الغربي عنهم. وأكد هذا مسؤولية الغرب عن الجرائم التي يرتكبها المسلحون. وهي ليست فقط القتل والخطف، بل تدمير البنية التحتية السورية التي دفع الشعب ثمنها: نسف أنابيب النفط والغاز وأبراج الكهرباء ومحطات الماء، وإحراق المدارس وتدمير المشافي، ونهب المؤسسات العامة. نؤكد إذن: أن الغرب غير معني بالمسيحيين والعدوان على الكنائس والأديرة. لأن المسيحيين وطنيون يرفضون التدخل الخارجي ويدينون المؤامرة الغربية الصهيونية. ولايخفى عليهم أن "الثوار" عصابات من المجرمين، وأن العقوبات الاوروبية تقصد الانتقام من الشعب السوري وهم جزء أصيل منه! ترى ألا تصل هذه الحقائق إلى وزارات الخارجية الغربية؟!
على كل حال، من تعليمات المعارضة المرتبطة بالخارج: "لاتتفرجوا على التلفزيون السوري، ولاعلى تلفزيون الدنيا، ولاتصوتوا على الدستور"! يبدو أن السادة جوبيه وكلينتون وكاميرون، هم أيضا، لايريدون أن يروا الآلاف من جنائز ضباط الجيش وجنوده الذين قتلتهم العصابات المسلحة، وألا يروا حفاوة أهل القرى بالشهداء. وألا يروا ملايين السوريين الذين ملؤوا الساحات معلنين رأيهم في مؤامرة الغرب الصهيوني على سورية. وألا يروا مستوى الوعي السياسي الرفيع الذي يميز الشعب السوري. وألا يسمعوا تعبير النساء المحجبات والسافرات عن رفض التدخل في الشؤون السورية. لايرون ذلك لأن صاحب الضمير الحي والرأي الحر هو فقط من تهزه الأوجاع الإنسانية، وهو فقط من يقدّر الكرامة الوطنية السورية! وهل يعقل ألاّ يلاحظ الغيور على الديمقراطية أن الدستور السوري الجديد منع تشكيل الأحزاب على أساس ديني أو إثني، وأنه ثبت احترام الحريات الشخصية والدينية؟ وألاّ يلاحظ الحراك الاجتماعي الواسع؟ في أي بلد غير سورية نوقش مشروع الدستور في الندوات والمراكز الثقافية والجامعات والتلفزيون والاجتماعات؟ رأيت مشروع الدستور في أيدي طلاب المدارس والجامعات. وعبر الناس عن آرائهم فيه. وتظاهر أمام مجلس الشعب السياسيون غير الموافقين على مادته الثالثة.
لكن المسألة ليست حقوق الإنسان. فلو كانت حقوق الإنسان هي الدافع، لكان يجب أن يرى جوبيه وكلينتون وكاميرون العدوان المستمر على الشعب الفلسطيني. واستهانة إسرائيل بالقرارات الدولية التي تمنع تهويد الأرض المحتلة وتغيير ملامحها. ولكان يجب أن يدينوا الجرائم التي ارتكبتها إسرائيل في لبنان. وأن يتأملوا انتهاك حقوق الإنسان في ليبيا. ولكان يجب أن يفحص "المجتمع الدولي" تصريحات الرسميين الإسرائيليين الذين يهددون بقصف منشآت ايران النووية، وأن يحاكمهم على التهديد بالحرب. لكن ضاع المنطق! لاتدان إسرائيل التي تملك قنابل نووية وترفض تفتيش منشآتها النووية. وتهدَّد ايران التي لاتملك قنابل نووية ولاترفض تفتيش منشآتها النووية، مع أن هيئة الطاقة الذرية الدولية تسرّب أسماء العلماء الايرانيين فيسهل اغتيالهم.
يلاحظ أن اوباما جلس كالتلميذ المطيع أمام نتنياهو، وأكد حق إسرائيل في أي قرار ترى فيه حماية أمنها، (يمتد أمن إسرائيل حتى مصر وليبيا وايران!) والتزامه بتفوقها العسكري. فرأينا في مستوى الرمز تطابق المشروع الغربي والمشروع الصهيوني. لذلك لايختلف جوبيه عن كلينتون، بالرغم من عنجهيته التي تذكّرنا بمندوب سام من الفترة الاستعمارية. في هذا السياق كشفت المواقف من أحداث سورية الاختراق الصهيوني في الحزب الشيوعي الفرنسي، وفي الحزب الاشتراكي. أليس من السخرية أن يقول برنار هنري ليفي الصهيوني إنه اشتراكي! وأن يذكر ماركس في كتابه عن المهمات التي قام بها لغزو ليبيا "مخلصا ليهوديته وصهيونيته"! وألا ينتبه الحزب الشيوعي الفرنسي إلى نظام السعودية وقطر والعصابات التكفيرية المستخدمة في الحرب على سورية! يؤسس على هذا أن الغرب لم يعد يقبل أن يكون عملاءه دون علاقة بإسرائيل، وألا يقدموا أمنها على الأمن القومي العربي. لذلك أعلنت بسمة قضماني أن إسرائيل ضرورة! وأكد يعض أعضاء مجلس استنبول أنهم سيقيمون علاقات بإسرائيل. في هذا التطابق يقع التعاون بين المخابرات الإسرائيلية والقطرية والسعودية، وتزود العصابات بالأسلحة الإسرائيلية التي اكتشفت في مخابئ العصابات في ضاحية دوما وفي بابا عمرو. وقد ارتكب المجلس الذي يحتضنه جوبيه وكلينتون مالا يغفره الشعب السوري: سوّغ التدخل الخارجي السياسي والعسكري في سورية، واتصل بإسرائيل والصهيونية. في هذا المناخ، يتهم الغرب الضحايا بالجرائم التي ارتكبتها العصابات التي يرعاها. ولايدهشنا أنه يرى عبد الكريم بلحاج والمهدي حاراتي والظواهري وأمير قطر وملك السعودية "ثوارا" ديمقراطيين، ويمحو من ذاكرته تشي غيفارا ومانوليس غليزوس!
هل يمكن أن تتغير الستراتيجية الغربية كي يتبدد خطر انفجار منطقة الشرق الأوسط؟ بقعة الضوء أن قوى ذات ستراتيجية أخرى، تحاول بقوة ودأب أن تعقلن العلاقات الدولية. وهي قوى اقتصادية كبرى ذات مصالح ورؤية وبنية سياسية. تبيّن كلمة بوتين في مؤتمر الأمن سنة 2007، وكذلك مقالاته الأخيرة، أن روسيا لم تعد البلد الذي انتهكه الغرب بوحشية عندما أسقط الاتحاد السوفييتي. بل هي من مجموعة بريكس المتفقة على صياغة علاقات عالمية جديدة. المجموعة التي ترى فيها كثير من الشعوب خلاصا من استبداد القطب الواحد، ومخرجا من الفوضى وانتهاك القانون الإنساني والدولي. نقرأ الأمل في نداء تيودوراكيس بإشارته إلى روسيا للخروج من الأزمة. فنداؤه "حقيقة مايجري في اليونان"، يكشف أن الستراتيجية التي رسمها بريجنسكي: "لم تعد الأمة - الدولة تصنع التقدم بل البنوك"، يجب أن توضع في صيغة أخرى: البنوك والمصارف تصنع بؤس الشعوب والحروب، وتقتل الهويات الوطنية. ويشهد قول ساركوزي لوفد المجلس الانتقالي الليبي: "يجب أن نعلّم الشعب اليوناني الحياة"، أن البنوك الغربية لاتنهب الشعوب فقط بل تذلها أيضا. فليتنا تبيّنا مبكرا أن روسيا والصين وايران والبرازيل وإفريقية وأمريكا اللاتينية مساحات إنسانية واقتصادية، بديلة عن اوروبا!
وبعد، لم يضِع الدم السوري. فدم الضحايا الذي وقّع به ليبيو القاعدة على جدار أسرة قتلوها "أتينا من مصراته لنحرر سورية"، وخرائب بابا عمرو التي أدارت الحرب فيها المخابرات الفرنسية والبريطانية، رسمت صورة تجمَع "القاعدة"، وشيوخ النفط المستبدين الذين يمنعون المرأة حتى من قيادة السيارة، وعصابات المرتزقة، والسياسيين الغربيين، ورجال الاستخبارات الغربية، وأنظمة قطع الرؤوس السعودية والانتهازية القطرية. لوحة معبرة، لاتبيح لاولئك السياسيين أن يعلّموا السوريين حقوق الإنسان والديمقراطية! بل تفترض محاكمة السياسيين الغربيين والخليجيين الذين برمجوا الجرائم في سورية وموّلوها!
د. ناديا خوست".

mercredi 14 mars 2012

PALESTINE - A GAZA IL N'Y A QUE DES CHIENS ECRASES..Cela fait 64 longues années que les Palestiniens se font tuer et se font traiter de terroristes.

Il est clair que tous les peuples finissent pour des raisons plus ou moins morales à se trouver des « amis » chez les puissants. Sauf les Palestiniens.
Il faut armer Ghaza ! Cette idée, dérangeante, perturbante, coupable de « manquer de tact », c’est un Palestinien, Abdelbari Atwan, qui l’a émise en direction de l’Arabie Saoudite et du Qatar. Deux pays qui, ainsi que personne ne l’ignore, fournissent déjà des armes à l’opposition syrienne en lutte contre le régime de Bachar Al-Assad. Ceux qui lisent régulièrement Al-Qods Al-Arabi savent que M. Atwan n’est d’aucune complaisance à l’égard du régime de Bachar Al-Assad.

Son appel, qu’il sait vain, à armer Ghaza n’est pas destiné à faire de la contre-propagande en faveur de la dictature syrienne. C’est celui d’un Palestinien indigné qui ne peut s’empêcher de constater - et nous avec lui - que les meurtres que commet Israël contre les siens à Ghaza sont en train de passer sur les chaînes de TV « révolutionnaires » du Qatar et de l’Arabie Saoudite dans la rubrique des chiens écrasés. Il constate aussi qu’aucun responsable arabe n’a eu l’ombre d’un état d’âme en entendant une porte-parole du département d’État américain dénonçant vigoureusement les « terroristes » palestiniens qui se font massacrer. Les malheureux Syriens qui font face à la répression du régime en place ont beaucoup « d’amis » qui bougent, fournissent des armes, mettent des chaînes satellites à disposition.

Certains États arabes dénoncent même avec une vigueur remarquable l’usage « immoral » du veto par les Russes et les Chinois.… Ce serait fastidieux d’énumérer le nombre de veto américains contre des résolutions du Conseil de sécurité sur le dossier palestinien. Il est facile de constater que les dénonciations arabes contre le veto US sont rares et d’une mollesse qui tranche avec la sévérité des admonestations adressées à Moscou. Il est clair que tous les peuples finissent pour des raisons plus ou moins morales à se trouver des « amis » chez les puissants. Sauf les Palestiniens. Ils ont droit à des discours sans fin. Des régimes arabes font parfois, sans agir, dans la surenchère verbale sur la cause des Palestiniens. Cela ne change rien au fait que depuis 64 longues années les Palestiniens sont seuls, sans amis. Sans frères. Et cela fait des décennies qu’ils mènent un combat inégal et se heurtent à l’intransigeance des Américains sans que les Arabes se décident à dire basta. C’est plus aisé de s’attaquer aux Russes, ces « athées », ces « communistes sans Dieu », n’est-ce pas ?

Cela fait 64 longues années que les Palestiniens se font tuer et se font traiter de terroristes. Pourquoi donc n’auraient-ils pas droit, comme les Tunisiens, les Égyptiens et les Syriens, à leur « printemps » ? Les gouvernements arabes ne peuvent même pas justifier leur silence actuel par le fait que des groupes palestiniens auraient pris l’initiative de rompre le cessez-le-feu de fait qui régnait à Ghaza. Cette rupture est venue d’Israël qui a assassiné un dirigeant des comités de résistance populaire. Il y a eu une réunion de la Ligue arabe. Elle n’était pas « officiellement » consacrée à Ghaza mais à la Syrie et donc la Ligue arabe n’a rien dit sur le sujet ! La Ligue des États arabes respecte scrupuleusement son ordre du jour, il n’est pas question de se laisser entraîner dans ces agaçantes infos sur les chiens écrasés de Ghaza. Non, les Arabes n’ont rien à dire ! Le Qatar et l’Arabie Saoudite ne donneront pas des armes à Ghaza. Il ne peut en être question même si Hamas a pris le risque de faire valoir son appartenance idéologique en s’alignant avec les régimes du Golfe et les Frères musulmans contre la Syrie et l’Iran. Il n’en peut être question car les Palestiniens font l’objet d’un veto américain permanent qui, pour les régimes du Golfe, ne peut être ni contesté ni dénoncé.

Source : Le Quotidien d'Oran

BAHREIN - POURQUOI LE BAHREIN N'EST PAS LA SYRIE

.....Il y a un an, l’écrasante majorité de la population du Bahreïn - la plupart sont pauvres, des sujets chiites négligés et traités comme des citoyens de troisième classe, mais avec parmi eux des sunnites instruits - sont descendus dans les rues pour exiger de la dynastie Al-Khalifa un minimum de démocratie......
...La réponse a été une répression des plus violentes, avec en plus une invasion de l’Arabie Saoudite dans les rues de Manama. Cela a été le résultat d’un accord tacite conclu entre la Maison des Saoud et Washington : nous vous fournissons une résolution de la Ligue arabe vous permettant d’aller à l’ONU, puis de lancer les bombardements humanitaires de l’OTAN sur la Libye, [et en échange] vous nous laissez tranquilles pour briser ce printemps arabe qui est un non-sens (voir : The US-Saudi Libya deal, 2 avril, 2011.)....
Combien émouvant est le fait que le premier anniversaire d’un vrai mouvement arabe pro-démocratie dans le golfe Persique - ensuite impitoyablement écrasé - tombe le 14 février, jour où la Saint-Valentin est célébrée en Occident. Tu parles d’une histoire d’amour vouée à l’échec...
Et comment Washington va-t-il honorer cette histoire d’amour tragique ? En reprenant les ventes d’armes à la dynastie sunnite al-Khalifa au pouvoir à Bahreïn.
Donc, pour récapituler, le président des États-Unis Barack Obama, a dit que le président syrien Bachar al-Assad devait « se retirer et permettre qu’une transition démocratique débute immédiatement », tandis que le roi Hamad al-Khalifa reçoit de nouveaux jouets pour sévir contre ses subversifs et pro-démocratiques sujets.
Obama souffre-t-il de dissonance cognitive ? Bien sûr que non. Après tout la Syrie est soutenue par la Russie et la Chine au Conseil de sécurité des Nations Unies, tandis que le Bahreïn accueille la Cinquième Flotte des Etats-Unis - défenseur du « monde libre » contre ces méchants Iraniens qui veulent fermer le détroit d’Ormuz.
Il y a un an, l’écrasante majorité de la population du Bahreïn - la plupart sont pauvres, des sujets chiites négligés et traités comme des citoyens de troisième classe, mais avec parmi eux des sunnites instruits - sont descendus dans les rues pour exiger de la dynastie Al-Khalifa un minimum de démocratie.
Tout comme la Tunisie et l’Egypte - et contrairement à la Libye et à la Syrie - le mouvement pro-démocratie à Bahreïn était purement local, légitime, non-violente et non contaminé par l’Occident ni infiltré par le Conseil de coopération du Golfe (CCG).
La réponse a été une répression des plus violentes, avec en plus une invasion de l’Arabie Saoudite dans les rues de Manama. Cela a été le résultat d’un accord tacite conclu entre la Maison des Saoud et Washington : nous vous fournissons une résolution de la Ligue arabe vous permettant d’aller à l’ONU, puis de lancer les bombardements humanitaires de l’OTAN sur la Libye, [et en échange] vous nous laissez tranquilles pour briser ce printemps arabe qui est un non-sens (voir : The US-Saudi Libya deal, 2 avril, 2011.)
L’administration Obama n’a pas éprouvé le besoin de faire main-basse sur la « célébration » de la mobilisation démocratique au Bahreïn par l’envoi d’un grand manitou du département d’Etat.
Tel que rapporté dans l’article le Gulf Daily News, la soi-disant « Voix du Bahrain » (plutôt la voix des al-Khalifa), le secrétaire d’Etat américain adjoint pour les affaires du Proche-Orient, Jeffrey Feltman, a prié le roi Hamad de « diminuer les tensions » - par « la libération des prisonniers politiques, un remaniement partiel du gouvernement et le retrait des forces de sécurité ».
Les demandes de Feltman doivent tenir de la schizophrénie, parce que les prisonniers politiques restent en prison, le remaniement ministériel est cosmétique et les forces de sécurité sont lancées au plus fort de la répression.
Feltman a déclaré que Washington privilégiait un « dialogue national », des solutions « made-in-Bahreïn », et ne voulait pas que des Etats étrangers « s’immiscent dans le processus ». Les Bahreïnis doivent-ils suivre le modèle NATO-GCC appliqué à la Syrie ?
Il a également déclaré : « Les Bahreïnis peuvent compter sur le soutien des États-Unis pour trouver un consensus sur la voie à suivre » et a loué la « sincérité » du prince héritier Salman, également commandant suprême adjoint et chef d’orchestre du dialogue national. Avec des amis comme ceux-ci, le mouvement pro-démocratie à Bahreïn n’a guère besoin d’ennemis.
C’est donc un message de Washington qui tient en peu de mots : faites en sorte que ces gens cessent tout ce bruit, et nous garderons notre base ici pour vous défendre, vous et vos cousins, ​​contre ces masses de pauvres.
La vie à Bahreïn est quelque chose de complètement différent. Ce que les médias américains dominants appellent un « émirat sous tension » est toujours sous une loi martiale de facto. Les manifestants pro-démocratie soit-disant « libérés » - des centaines - sont en fait toujours en prison. Human Rights Watch, à son crédit mais toujours en s’exprimant avec des pincettes, a dit : « Il y a eu peu de demande de comptes pour les actes de torture et les meurtres - des crimes dans lesquels est impliqué le Groupe de défense de Bahreïn ».
Il n’y a aucun compte du tout - en fait.
Anticipant une répression aggravée à l’occasion du premier anniversaire de l’insurrection, le ministère de la Santé a ordonné aux hôpitaux privés de fournir à l’appareil de sécurité le nom de chaque personne blessée. Des centaines de médecins et d’infirmières se voient reprocher d’avoir soigné des manifestants blessés, ont été arrêtés au cours des derniers mois.
L’armée a entouré de fils de fer barbelé tous les accès proches du rond-point Pearl - où le monument des manifestants a été rasé, la métaphore ultime d’une volonté démocratique brisée. Deux citoyens américains, Huwaida Arraf et Radhika Sainath, ont été récemment arrêtés à Manama lors d’une manifestation non-violente et pacifique. Ayat al-Qormozi a été emprisonné parce qu’elle a lu au rond-point Peral un poème critiquant le roi Hamad.
En novembre dernier, la Commission d’enquête indépendante au Bahreïn a accusé les al-Khalifa d’utiliser une « force excessive, y compris l’extorsion d’aveux par la torture sur les détenus ».
Fin janvier, Amnesty International a appelé à « enquêter et rendre compte sur plus d’une douzaine de décès suite à l’utilisation de gaz lacrymogènes » et a appelé Washington à « suspendre les transferts de gaz lacrymogènes et autres équipements anti-émeutes aux autorités de Bahreïn ».
Les forces répressives locales soutenues par l’Arabie saoudite ont souvent recours à des policiers anti-émeute d’origine pakistanaise - sans parler des gaz lacrymogènes et des grenades assourdissantes fabriquées aux Etats-Unis et utilisés pour disperser toutes les manifestations anti-gouvernementales, même pacifiques. Des dizaines de personnes âgées et des enfants ont trouvé la mort par asphyxie après que les troupes du régime aient tiré des gaz lacrymogènes dans les zones résidentielles et même dans les maisons.
La répression, soutenue par les troupes de l’Arabie saoudite, a été jusqu’à s’attaquer à des femmes en deuil qui suivaient des cortèges funéraires de manifestants tués par l’appareil de sécurité des al-Khalifa.
Vous n’êtes pas contents ? Tout cela fait partie du « dialogue national » du prince hériter...
Pourtant, même avec une répression qui ne souffre aucun répit, des manifestations exigeant le départ des al-Khalifa ont lieu presque tous les jours. Cette revendication n’a jamais été une demande initiale du mouvement pro-démocratie, mais elle est maintenant reprise depuis l’invasion des troupes de l’Arabie saoudite.
Et pour prouver pour de bon que nous vivons dans un monde qui va dans le sens de ce que disaient les Monty Python, prenez note de cette interview du roi Hamad publié par l’hebdomadaire allemand Der Spiegel.
Le roi du Bahreïn dit qu’il a demandé au Conseil de Coopération du Golfe d’envahir son pays en mars 2011 « pour protéger les installations stratégiques » - « au cas où l’Iran deviendrait plus agressif ». Téhéran n’avait absolument rien à voir avec les manifestations - provoquées par une monarchie sunnite qui traite la majorité absolue de ses sujets indigènes comme les Émirats arabes unis traitent leurs travailleurs immigrés sud-asiatiques.
Le roi a également déclaré que « nos femmes avaient très peur et il est du devoir d’un gentilhomme de protéger les femmes ». Peut-être, au lieu d’une invasion, de la torture, des meurtres et d’une répression sans répit, le roi aurait pu apaiser les « peurs de ses femmes » avec un don financé par l’État de sacs à main Louis Vuitton.

Source : Info-Palestine

mardi 13 mars 2012

Gaza : le massacre continue...Le monde se tait. Pas un mot sur les enfants qui sont tués.

Quatre jours de bombardements. 23 morts, dont plusieurs enfants. Plus de 80 blessés. Et ça continue. 1,6 millions de Palestiniens vivent à Gaza, enfermés dans une cage. Pas de moyen de s’enfuir. Les bombes tombent partout, près des écoles, sur des buildings. Les blessés affluent dans les hôpitaux, qui ont des difficultés de fonctionnement. Depuis des semaines, Gaza vit dans le noir, il n’y a plus d’électricité. Israël tire sur les cortèges des Palestiniens tués la veille. Le monde se tait. Pas un mot sur les enfants qui sont tués. Pour nos médias : Palestiniens et Israéliens s’agressent mutuellement.
Tout a commencé vendredi soir avec une provocation délibérée : l’exécution de deux responsables des Comités de Résistance Populaire. L’argument israélien pour justifier ce raid est que les deux hommes visés étaient les organisateurs d’un attentat en août dernier et s’apprêtaient à en perpétrer un autre. Comme toujours, l’armée israélienne ment et contredit ses propres enquêteurs, qui avaient conclu au mois d’octobre que les Palestiniens de Gaza n’étaient pas impliqués dans cet attentat, comme on peut le lire ici. Israël savait bien que les Palestiniens allaient répliquer à ce meurtre par des tirs de roquettes, qui leur donneraient la justification pour continuer le massacre.
Revenant des EU et n’ayant pas reçu le feu vert pour une attaque contre l’Iran maintenant, Netanyahou s’en prend à Gaza. Au moins, là, il peut y aller sans craindre une réaction de Washington. Un commentateur israélien écrit sans scrupules dans le Jerusalem Post « Il faut raser la pelouse à Gaza » « Assurer la maintenance, pour ainsi dire, dans la lutte contre le terrorisme ».
Depuis l’opération « Plomb durci », les attaques contre Gaza n’ont pas cessé. Rien que depuis le 1 janvier 2011, 260 personnes ont été tuées par Israël à Gaza. Vous voulez voir à quoi ressemble une attaque sur Gaza : visionnez la vidéo ci-dessous, plus spécialement à partir de 18 min 35. Le film Tears of Gaza a été fait lors de la guerre d’agression contre Gaza en 2008-2009.
pourlapalestine.be

Quand la France martyrisait la Syrie...dès mai 1916, la France et la Grande-Bretagne négocient en secret le partage du Moyen-Orient (accords Sykes-Picot)

Anticipant le démembrement de l’empire ottoman qui a suivi la Première guerre mondiale, dès mai 1916, la France et la Grande-Bretagne négocient en secret le partage du Moyen-Orient (accords Sykes-Picot). Sur une partie de cette région - qu’on appelait alors le Levant - la France se réserve la possession d’un territoire aux frontières arbitraires correspondant à la Syrie et au Liban d’aujourd’hui. [1]
En 1920, la Société des Nations consacre la remise de ce territoire à la France (mandat).
Commandé par le général Gouraud, le corps expéditionnaire français va rencontrer une résistance acharnée de la part des populations farouchement opposées à l’occupation étrangère.
Dès leur débarquement sur le sol syrien, en juillet 1920, les troupes coloniales se heurtent à une insurrection arabe conduite par l'émir Faysal qui dirige le royaume de Damas.
Il faudra l’envoi d’une colonne avec autocanons, automitrailleuses, deux formations de chars d’assaut et l’appui de l’aviation, pour que les troupes françaises parviennent à écraser les insurgés et faire leur entrée à Damas, le 25 juillet 1920.
Dès septembre 1920, la France démembre la Syrie en créant un Etat libanais confessionnel où dominent les chrétiens maronites. Elle joue aussi des oppositions entre populations : Alaouites, Druzes, Kurdes.

En juillet 1925, éclate la révolte druze (ou Grande Révolte syrienne) dirigée par le sultan Pacha al-Atrache. Dès les premiers combats, elle met en déroute les troupes françaises. L’insurrection s’étend et prend une dimension nationale.
En octobre 1925, Damas insurgée est bombardée par l’artillerie durant trois jours sur ordre du général Sarrail. On compte près de 1.500 morts. Des monuments historiques de la vieille ville sont réduits en poussière.
Ce n’est qu’en faisant venir des renforts de troupes du Maroc (30.000 soldats) en mars 1926 que la France parviendra à venir progressivement à bout du mouvement.
En mai 1926, la ville de Damas est de nouveau bombardée  - cette fois-ci par l’aviation - provoquant de nouvelles pertes humaines (5.000 morts) et matérielles considérables.
Au début de 1936, une insurrection urbaine embrase la Syrie. Le gouvernement de Front populaire négocie et signe des traités prévoyant l’indépendance de la Syrie et du Liban. Mais ces textes ne seront jamais ratifiés par le Parlement français.
Durant la Seconde guerre mondiale, en juin 1941, le général Catroux, au nom de la France libre, proclame l’indépendance de la Syrie et du Liban. Toutefois, celle-ci ne doit intervenir qu’après un traité qui reste à venir.
Des élections ont lieu en 1943 qui donnent la victoire aux nationalistes. Ceux-ci exigent leur souveraineté immédiate et refusent de la subordonner à un traité.
De Gaulle tergiverse, envoie des troupes et, le 30 mai 1945, donne l'ordre à l'aviation française de bombarder Damas pendant 36 heures d’affilée. On dénombre 500 morts dont 400 civils et des centaines de blessés. Une partie de la ville est détruite dont le parlement syrien.
Mais De Gaulle doit finalement accepter l’arrêt des combats et abandonner ses prétentions. En avril 1946, les derniers soldats français quittent le Levant.
Durant un quart de siècle, la France a ainsi soumis la Syrie à une dictature féroce et sanguinaire, comme en témoigne le seul fait d’avoir procédé à trois reprises au bombardement de la ville historique de Damas, faisant des milliers de victimes.
Cette réalité rend d’autant plus odieuse l’ingérence de l’ancienne puissance coloniale dans les évènements qui, depuis un an, secouent la Syrie.
Dès le début, la France a cherché à imposer à ce pays un scénario « à la libyenne » en appuyant diplomatiquement et militairement les groupes violents de la contestation à Bachar al-Assad.
La France comme la Grande-Bretagne, avec une participation active de la Turquie, et des monarchies obscurantistes du Qatar et de l’Arabie saoudite, arment et entraînent les « rebelles », troupe composite de Syriens et de mercenaires extérieurs.
Comme en Libye, la France a dépêché des éléments de ses forces spéciales pour apporter un soutien logistique aux « rebelles ». [2]
Il semble même que certains d’entre eux aient été arrêtés alors qu’ils opéraient sur le territoire syrien (le bulletin Médiapart accuse les médias français de taire cette information sous l’effet d’une véritable censure militaire). [3]
[1] Les Britanniques exercent leur tutelle sur la Palestine, la Transjordanie et l’Irak.
Jean-Pierre Dubois - blanqui.29@orange.fr