dimanche 4 mars 2012

SYRIE : Homs libérée - Nouvelles révélations sur le terrain à Baba Amr

....les autorités syriennes possèdent des documents et des aveux qui bouleverseront la situation contre tous les pays ayant participé à ce complot. « Même les pays voisins connaitront un changement sécuritaire et politique après ces révélations »,.......
Ça y est. L’armée syrienne a pénétré Baba Amr et en a chassé les groupes armés. Une occasion qui a permis aux caméras de presse de révéler toute la vérité sur ce qui s’est déroulé pendant les trois dernières semaines dans ce quartier de Homs.
A première vue, les images diffusées montrent une région fantomatique complètement dévastée. Plus rien n’y bouge. Des immeubles et unités résidentielles ont été transformés en ruine, laissant constater la dureté des combats auxquels se sont livrées les forces syriennes contre des groupes, sans aucun doute, armés jusqu’aux dents.
Près de 700 hommes armés, arabes et étrangers à la fois, ont mis bas les armes à Baba Amr, le bombardement des tunnels leur en ont coupé tout approvisionnement. Les gangs et leurs munitions se trouvent actuellement aux mains des forces sécuritaires syriennes, et personne ne peut dorénavant démentir les vérités suivantes suite aux aveux des insurgés qui viennent de capituler :
- Les hommes armés arrêtés par les forces syriennes sont originaires des pays du Golfe, de l’Irak, et du Liban. Des membres de renseignements qataris, des combattants afghans, turcs, et des Européens, notamment des Français, ont eu aussi « l’honneur » de combattre côte à côte l’armée nationale syrienne. C’est ce qu’a révélé l’expert syrien des affaires stratégiques Salim Harba, dans une interview au site d’information d’alManar.
- Des armes israéliennes, européennes et américaines ont été confisquées à Baba Amr. Ces armes sont tellement sophistiquées qu’elles n’ont pas encore été testées dans les pays producteurs, ajoute l’expert, qui promet la révélation prochaine par les autorités syriennes de nombreuses informations à ce sujet, tenues secrètes jusque là.
- Des obus israéliens, des jumelles nocturnes, des roquettes, des systèmes de vision nocturne, des systèmes de télécommunications très sophistiqués ont été également saisis par l’armée syrienne.
- Des stations de communications ont été mises en place sur le territoire libanais afin de superviser les opérations militaires à Baba Amr, et d’assurer le contact entre les commandants sur le terrain et un bureau de coordination dirigé par des membres de renseignements dans la capitale qatarie Doha.
- Ces stations de communications ont été commandées à partir du Liban par des personnalités libanaises, dont des députés du Courant du Futur, révèle aussi l’expert syrien dans son interview. « C’est ainsi que la région de Wadi Khaled a constitué la profondeur stratégique de Baba Amr pendant les combats », a-t-il affirmé.
Le Mossad et Blackwater supervisent depuis Qatar les opérations à Homs
De même source on confirme qu’un bureau de coordination a été mis en place au Qatar, sous le parrainage des Etats-Unis et des pays du Golfe. Ce bureau regroupe des agents de renseignements américains, français, qataris et saoudiens, ainsi que des membres de l’agence de renseignement américaine, la CIA, du Mossad israélien, de la compagnie Black Water, et certes des figures éminentes du « conseil transitoire syrien ».
Le Qatar a en effet finalisé une transaction avec des compagnies d’armement israélo-américaines pour armer les gangs armés, et les pays du Golfe ont financé l’accord.
Et Harba d’ajouter que les autorités syriennes possèdent des documents et des aveux qui bouleverseront la situation contre tous les pays ayant participé à ce complot. « Même les pays voisins connaitront un changement sécuritaire et politique après ces révélations », a-t-il dit.
Les journalistes européens exfiltrés au Liban via des tunnels
Arrivés à leurs pays après neuf jours passés à Homs, les journalistes français Edith Bouvier et William Daniels, n’ont pas oublié de rendre hommage aux rebelles qui les ont exfiltrés. Il suffit de lire leur compte rendu publié dans Le Figaro de samedi pour faire taire toutes les allégations sur l’absence de tunnels de contrebande entre le Liban et la Syrie.
« Une première tentative à travers un tunnel a échoué sous les bombardements syriens, dans la nuit du 26 au 27 février, seuls Paul Conroy et Javier Espinosa parvenant à être exfiltrés par l’ASL (armée syrienne libre) et à gagner le Liban…L’ASL a alors décidé de sortir les deux journalistes par un véhicule, le long d’un itinéraire secret. Edith Bouvier et William Daniels sont allés de cachette en cachette… Leur itinéraire était ouvert par des éclaireurs qui reconnaissent les routes et les chemins détournés.
En changeant plusieurs fois de véhicule (pick-up, camion), sur des chemins de montagne, les deux journalistes ont atteint la frontière libanaise jeudi soir avant d’être rapatriés par avion vendredi en France », racontent les deux journalistes.
Preuve à l’appui, l’ASL usait bel et bien de tunnels qui liaient Baba Amr au territoire libanais, des tunnels servant à l’acheminement d’armes et de combattants, et non comme le prétendait le Telegraph sur la présence de tunnels pour abriter les civils.
Source : site AlManar, AFP, Le Figaro. http://www.almanar.com.lb/french/adetails.php?eid=52869&...
URL de cet article 16004 http://www.legrandsoir.info/homs-liberee-nouvelles-revelations-sur-le-terrain-a-baba-amr.html

vendredi 2 mars 2012

Brésil : manifeste historique, unitaire, des organisations rurales

jeudi 1er mars 2012

Les mouvements sociaux ruraux de tout le Brésil qui ont tenu une réunion cette semaine à Brasilia ont lancé un manifeste historique pour la défense de­­­­­ la réforme agraire, pour un développement rural qui mette fin aux inégalités, de la production et pour l’accès à des aliments sains, l’agro-écologie et la garantie et l’extension des droits sociaux pour les travailleurs ruraux.L’après-midi du mardi (28/2), les mouvements ont présenté cet appel à la société au cours d’une activité politique lors de la 15ème séance plénière de la Chambre des représentants, à Brasilia.
En voici le texte intégral.
MANIFESTE DES ORGANISATIONS SOCIALES RURALES
Les entités APIB, CARITAS, CIMI, CPT, CONTAG, FETRAF, MAB, MCP, MMC, MPA et MST, présents au Séminaire National des organisations sociales rurales qui s’est tenu à Brasilia les 27 et 28 Février 2012, ont discuté de la construction et de la réalisation d’un processus de lutte unifié pour la défense de la réforme agraire, des droits territoriaux et la production d’aliments sains.
Considérant que :
1) L’approfondissement du capitalisme dépendant dans les zones rurales, basé sur l’expansion de l’agro-business, produit des impacts négatifs sur la vie des populations rurales, sur les forêts et sur les eaux, empêche l’accomplissement de la fonction sociale et environnementale des terres et la réforme agraire, développe l’exclusion et la violence, provoque un impact négatif dans les villes, aggrave la dépendance extérieure et la dégradation des ressources naturelles (primarisation).
2) Le Brésil connaît un processus de reprimarisation économique basée sur la production et l’exportation de produits agricoles et non agricoles (exploitation minière), qui le rend incapable de financer et de promouvoir le développement durable et solidaire et de répondre aux besoins du peuple brésilien.
3) L’agro-business représente un pacte des classes sociales hégémoniques, avec un fort soutien de l’Etat brésilien, orienté vers le financement et l’accumulation du capital, la commercialisation des produits de la nature, la concentration de la terre et son appropriation par des groupes étrangers, la contamination des aliments par les pesticides, la destruction de l’environnement, l’exclusion et la violence dans les campagnes, et la criminalisation des mouvements, des dirigeants et des luttes sociales.
4) La crise actuelle est systémique et planétaire et, dans les situations de crise, le capital cherche des solutions qui ne font qu’affecter davantage les travailleurs par l’exploitation accrue de la main-d’œuvre (y compris par le travail esclave), la surexploitation et la concentration des biens et des ressources naturelles (reprimarisation), la flexibilisation des droits et l’investissement dans une technologie d’exclusion et prédatrice.
5) Dans la crise actuelle, le Brésil, en tant que pays riche en terres, en eau, en actifs naturels et en biodiversité, attire les capitaux spéculatifs et l’agro-exportation, exacerbant ainsi les impacts négatifs sur les territoires et les populations indigènes, afro-descendantes, sur les communautés traditionnelles et paysannes. Extérieurement, le Brésil pourrait se convertir en levier du projet néo-colonisateur, avec l’expansion de ce modèle à d’autres pays, en particulier en Amérique latine et en Afrique.
6) La pensée du « néo-développement » axé sur la production et sur le profit, défendu par la droite et par certains secteurs de gauche, exclut et traite comme des obstacles les peuples indigènes, afrodescendants et paysans. L’option du gouvernement brésilien pour ce projet de « néo-développement » axé sur les grands projets et l’exportation des produits agricoles, aggrave la situation de l’exclusion et de la violence. En conséquence il ne répond pas aux besoins structurels et ne place pas la réforme agraire au centre de l’agenda politique, ce qui provoque un vif mécontentement des organisations sociales rurales, malgré de petites améliorations sur des questions périphériques.
Telles sont les raisons centrales qui ont mené les organisations sociales à se joindre à un processus national d’articulation des luttes. Tout en reconnaissant la diversité politique, elles comprennent l’importance de la construction de l’unité, sur la base de la sagesse, de la maturité politique et du respect des différences, dans la recherche de conquêtes concrètes pour les habitants des zones rurales, des forêts et des eaux.
Par conséquent, nous, organisations rurales, allons nous battre pour un développement soutenable qui mette l’accent sur la souveraineté alimentaire et territoriale, à partir de quatre axes centraux :
1) Réforme agraire en profondeur et de qualité, garantie et extension des droits territoriaux pour les peuples indigènes, afrodescendants et communautés traditionnelles. La terre comme milieu de vie et affirmation socio-culturelle des peuples. La lutte contre le transfert des terres à des groupes étrangers et l’établissement de limites à la propriété foncière au Brésil ;
2) Le développement rural avec répartition des revenus et de la richesse et la fin des inégalités ;
3) La production et l’accès à une alimentation saine et la conservation del’environnement, l’établissement de processus qui assurent la transition à l’agroécologie ;
4) La garantie et l’extension des droits sociaux et culturels qui permettent la qualité de vie, y compris le progrès rural et la permanence des jeunes en milieu rural. C’est un moment historique, un espace qualifié, en présence des dirigeant(e)s des principales organisations rurales qui lancent un appel à l’adhésion et à l’engagement dans ce processus à d’autres organisations et mouvements sociaux, secteurs du gouvernement, parlementaires, personnalités et société en général, sachant que l’agenda qui nous unit exprime les intérêts de tous et de toutes.
Brasilia, le 28 Février 2012.
APIB – Association des Peuples Indigènes du Brésil
Caritas Brésil
CIMI – Conseil Indigène Missionnaire
CPT – Commission Pastorale de la Terre
CONTAG – Confédération Nationale des Travailleurs Agricoles
FETRAF – Confédération nationale des travailleurs de l’agriculture familiale
MAB – Mouvement des personnes affectées par les barrages
MCP – Mouvement Paysan Populaire
MMC – Mouvement des Femmes Rurales
MPA – Mouvement des Petits Agriculteurs
MST – Mouvement des Travailleurs Ruraux Sans Terre
Via Campesina Brésil
Source : MST
Traduction : Thierry Deronne
Pour soutenir concrètement le MST, on peut écrire à Salete Carollo, prointer@mst.org.br
Pour une information continue en français sur les activités du MST : http://mouvementsansterre.wordpress.com/
Version espagnole : http://www.cloc-viacampesina.net/es...
Version portugaise : http://www.mst.org.br/Camponeses-la...

YEMEN : Seuls les Yéménites le savent… L'élection n'a été qu'un gentil canular et que rien n'a changé...

...La "révolution" yéménite n'a en effet que peu à voir avec le "Printemps arabe" : la guerre des chefs couvait depuis un certain temps et la bien maigre contestation qui s'est manifestée à l'occasion des révoltes arabes, partie de l'université de Sanaa, a seulement fourni l'occasion d'intervenir aux protagonistes du théâtre politique yéménite.
Ainsi, le conflit a eu pour origine l'annonce faite par le président Saleh de préparer son fils à sa succession. C'est que, dans les accords de gouvernements précédemment passés, c'était au général Ali Moshen que le pouvoir avait été promis....

Quelle surprise de lire les titres des quotidiens européens le lendemain de "l'élection" présidentielle au Yémen : "Les Yéménites choisissent leur nouveau président."
N'y aurait-il donc que les Yéménites à avoir bien compris que cette "élection" n'a été qu'un gentil canular et que rien n'a changé au Yémen ? Car il est bien évident que les Yéménites n'ont rien choisi du tout et, eux, dans leur grande majorité, ils le savent fort bien.
C'est à Riyad qu'a été désigné le nouveau président du Yémen ; et en aucun cas dans les bureaux de vote du 21 février.
Ainsi, le conflit a eu pour origine l'annonce faite par le président Saleh de préparer son fils à sa succession. C'est que, dans les accords de gouvernements précédemment passés, c'était au général Ali Moshen que le pouvoir avait été promis.

Lorsque le président ordonna la répression des manifestations, ce dernier en profita donc pour se rebeller contre le palais, en ordonnant aux régiments de l'armée qui lui obéissaient de "protéger" les manifestants des guerriers tribaux appelés par Saleh à gagner Sanaa pour faire le sale boulot.

Profitant également de la conjoncture, une troisième composante s'engagea dans le conflit, désireuse de réévaluer ses intérêts économiques : très influent dans les quartiers septentrionaux de la capitale, le puissant clan al-Ahmar, à la tête d'une vaste coalition de tribus, s'attaqua aux troupes fidèles à Saleh, lequel répliqua en faisant bombarder le nord de la ville, aujourd'hui en grande partie en ruine.

A cette guerre pour le pouvoir, s'ajoutèrent, d'une part, l'intensification du soulèvement houthiste, mouvement zaydite actif dans le nord du Yémen et réclamant une république islamique propre de toute corruption et de tout compromis avec les Etats-Unis, d'autre part, la rébellion séparatiste, dans le sud (Aden), et, enfin, l'insurrection islamiste de combattants se réclamant de la branche arabique d'Al-Qaida, dans le sud-est surtout (Abyan) ; de surcroît, plusieurs chefs tribaux tentèrent de récupérer leur autorité ancestrale sur leur territoire traditionnel, rejetant le pouvoir central.
Dans cet ensemble, la révolte des étudiants, instrumentalisée par un général frustré du pouvoir, apparaît bien secondaire…

Face au risque très concret de somalisation du Yémen, pays parmi les plus pauvres de la planète, mais géostratégiquement essentiel (frontalier de l'Arabie saoudite et voisin du Golfe d'Aden, par lequel transite une grande partie du trafic maritime en direction de Suez), le Conseil de coopération du Golfe et les Occidentaux ont forcé une solution diplomatique (conscients que l'intervention militaire en soutien à Saleh d'abord proposée par les Saoudiens ne pouvait qu'aggraver la situation), laquelle passait par le retrait du président Saleh, en échange d'une complète immunité pour lui et sa famille.

Les négociations eurent lieu à Ryad et permirent de satisfaire les principaux protagonistes qui ordonnèrent dès lors à leurs factions de cesser les hostilités et de soutenir par leur vote le " processus de transition ", les uns en faveur du " changement ", les autres en faveur du parti, le Congrès progressiste général (Cpg), parti de l'ex-président et du nouveau également.

Il ne restait plus aux Yéménites qu'à entériner le choix des chefs : Abdu Rabu Mansour Hadi, ami et vice-président de Saleh.

Le seul enjeu de "l'élection", pour laquelle le parti avait couvert d'affiches les murs de la capitale, c'était d'atteindre un taux de participation décent, sensé conférer sa légitimité au nouveau Raïs. C'est pourquoi le jour de "l'élection" fut proclamé férié et transformé en grande fête populaire, dont le must était d'avoir le doigt encré. La participation n'a toutefois pas dépassé les 60 %, à l'échelle du pays, et a stagné entre 30 et 40 % dans le sud, où le mouvement séparatiste avait appelé à boycotter le scrutin. Malgré les mots d'ordre, la plupart des Yéménites ont profité du beau soleil de l'hiver finissant, indifférents à ce qui a pu se décider à Ryad, bien loin de leurs problèmes quotidiens : le prix du pain, de l'huile, les coupures d'eau et d'électricité…

Mais personne n'est dupé par cette fausse transition et, dans la médina de Sanaa, les plaisanteries vont bon train sur le compte du "nouveau président", déjà rebaptisé "Ali" Abdu.

Quant à Saleh, il a annoncé son prochain retour : il reste le chef du CPG et n'exclut pas de se présenter aux élections présidentielles qui auront lieu dans deux ans, au terme de la période de "transition".
Laissons dès lors le mot de la fin à ce chauffeur de taxi des faubourgs de Sanaa, qui, le lendemain de la tenue du scrutin, s'échinait à gratter l'affiche à l'effigie du président Hadi qu'on avait collée sur le capot de sa voiture : "Ca tient bien ; il faudra longtemps avant que ça s'en aille."
Source : Le Monde.fr
               Idées

jeudi 1 mars 2012

SYRIE : L'ENVERS DU MOUROIR - Si le régime de Damas est incontestablement responsable d’atrocités, il est aussi titulaire d’un CV politico-idéologique qui n’est pas du goût de certaines puissances notamment régionales...

Dictature contre démocratie est le credo simpliste censé résumer la réalité géopolitique syrienne. Si le régime de Damas est incontestablement responsable d’atrocités, il est aussi titulaire d’un CV politico-idéologique qui n’est pas du goût de certaines puissances notamment régionales. A la fois laïc, nationaliste, panarabe, pro-palestinien, allié de l’Iran, du Hezbollah, des BRICS (1) et de l’ALBA, l’Etat syrien réunit tous les ingrédients pour s’attirer simultanément les foudres de Washington, des pétromonarchies du Golfe, d’Israël et des groupes salafistes. Mais aussi pour nourrir fantasmes et clichés. En voici quelques-uns...

1. Laïcité et religion d’Etat. On dit du pouvoir syrien qu’il est aux mains d’une « clique alaouite » (2). Or, la Syrie est un Etat laïc depuis 1973. Discrets, les alaouites sont absents du champ religieux. S’il y a une religion institutionnelle en Syrie, c’est l’Islam sunnite. Écoles coraniques et mosquées sont en effet gérées par le ministère des fondations religieuses (waqfs). Certes, la transmission dynastique du pouvoir et le népotisme caractérisent le régime. Cette situation inacceptable existe cependant dans toute la région, que l’on soit en république, en monarchie ou en théocratie : les Saoud d’Arabie saoudite, les Al Thani du Qatar, les Hariri au Liban… S’agissant des Assad, l’indignation sélective est de mise. Or, les Assad dirigent le pays avec d’autres baassistes issus d’autres communautés. Le gouvernement d’Adel Safar compte 19 ministres d’origine sunnite sur 31. Certains ministres sont chrétiens, kurdes, chiites ou druzes.

 
2. Le salafisme syrien, un danger réel. Depuis les Omeyyades, la Syrie est le berceau de l’Islam flamboyant et universaliste mais il est également celui du djihad contre les hérésies. Les thèses de l’inquisiteur sunnite syrien du XIVe siècle Ibn Taymiyya sont encore en vogue dans le pays. Parmi ses fervents disciples, il y a le cheikh Al-Arour, un « télécoraniste » syrien de la chaîne saoudienne Wissal TV qui menace de « hacher les alaouites et de donner leur chair aux chiens. » A Baba Amr, quartier rebelle de Homs, « Pacifiques jusqu’à l’extermination des alaouites » était un slogan omniprésent avant l’assaut meurtrier lancé par l’armée gouvernementale. Le consultant religieux d’Al Jazeera Al Qardawi appelle à verser le sang des « infidèles » qui règnent à Damas. Quant au principal juriste saoudien Al-Luhaydan, il prône l’extermination d’un tiers de Syriens pour sauver les deux tiers. (3) Les sunnites qui « trahissent » ces prêches sont logés à la même enseigne. Saria, fils du grand mufti de Syrie, a été tué parce que son père refusait d’adhérer à ces discours haineux. N’est-il pas étonnant que nos médias ignorent ces appels au meurtre vus et entendus par des millions de téléspectateurs arabes ?


3. Bons terroristes. En Occident, l’Armée syrienne libre (ALS) a la cote. Ce groupe mobilise pourtant des djihadistes financés entre autres par le sultan saoudien Bandar Ben Sultan, promoteur du terrorisme international et grand ami de Bush. Encadrée par des Libyens naguère actifs au sein d’Al Qaida, l’ALS reçoit l’appui logistique du renseignement français. (4) Ses brigades portent des noms de conquérants musulmans comme Khalid Ibn Al Walid, Mu’awiya ou Abu Bakr. Le 21 décembre 2011, la Brigade Farouk, cette filiale de l’ALS à Homs qui enleva cinq ingénieurs iraniens s’était d’abord autoproclamée « Mouvement contre l’expansion chiite ». (5) C’est l’ALS qui aurait pilonné le quartier où périrent huit Syriens ainsi que le journaliste français Gilles Jacquier. (6) Le confessionnalisme déclaré de l’ALS en dit long sur ce qu’elle réserve aux minorités en cas de prise de pouvoir. Le soutien de la DGSE à ce groupe terroriste est tout aussi éloquent.


4. Mauvaises victimes. Curieusement, les victimes civiles pro-régime n’apparaissent jamais sur les écrans radars de nos médias. Personne n’a évoqué l’assassinat de Mohamed Qabbani (17 ans), un hacker de « l’armée électronique syrienne ». Son groupe avait pourtant piraté plusieurs sites dont la page facebook du « Soir » la veille de son assassinat, une raison évidente pour parler de lui. Personne ne s’est indigné de la mort du journaliste Chukri Abou Al-Bourghol du quotidien pro-régime At-Thawra. Qu’elles soient pro ou anti-Bachar, terroristes ou pacifistes, les « victimes civiles » sont mises d’office sur le compte du gouvernement. Dès lors, comment ne pas s’interroger sur la fiabilité du bilan de 6.000 morts avancé par l’ONU ?
Puissent la dégénérescence du drame syrien et le martyre de Homs en particulier, nous inciter à redoubler de prudence face aux obus de la propagande de guerre. Avant que Damas ne suive Tripoli et Bagdad dans la liste des capitales arabes bombardées, conquises et humiliées par nos justiciers autoproclamés.
BAHAR KIMYONGUR
Source : Investig'Action

SYRIE : Siége de Homs - A qui la Faute ? - Et si, pour les enfants de Homs et pour la survie de la Syrie, on osait la paix ?

Nul ne peut rester indifférent devant les images effroyables qui nous viennent de Homs. Nul ne peut rester de marbre devant la souffrance de ces familles terrées dans leurs caves, sans pain, sans eau et sans espoir. Les obus pleuvent et s'écrasent dans un bruit assourdissant, fauchant des vies sans demander l'âge ni l'identité de leurs victimes.

Devant le drame de Homs, on ne peut qu'éprouver rage et colère à l'encontre du président syrien, de son parti et de son armée.
Mais ce camp aujourd'hui en pleine offensive après avoir été totalement débordé par la violence terroriste (1), est-il le seul à blâmer ? L'Armée syrienne libre (ASL) qui, depuis des mois, tient des quartiers entiers en otage, entraînant une partie de la population dans une aventure militaire incertaine n'est-elle pas autant responsable de cette tragédie ? Début novembre, le régime de Damas avait promis une amnistie à tous les insurgés qui rendraient leurs armes pour autant qu'ils n’aient pas de sang sur les mains. Si l'on peut légitimement douter de la bonne foi du régime, rappelons-nous tout de même que ce type d'engagement gouvernemental a été respecté et même validé par les observateurs de la Ligue arabe (2).
Au lendemain de cette promesse d'amnistie, la porte-parole du Département d’Etat américain Victoria Nuland avait appelé les insurgés à ne pas rendre les armes. Par leur soutien affirmé au terrorisme et au chaos, les États-Unis n’ont-ils pas mis de l’huile sur le feu ? Quant à la stratégie de ces rebelles fanatiques qui espéraient, comme en Libye, un appui aérien de l'OTAN pour poursuivre leur avancée vers la capitale et entraîner la chute du régime à tout prix n'est-elle pas insensée sinon criminelle vis-à-vis des millions de victimes potentielles ?
Que dire aussi des actes terroristes commis par ces mêmes rebelles ? A Homs, ils ont procédé à une véritable épuration ethnique, chassant et liquidant chrétiens, alaouites ou sunnites pro-régime des quartiers qu'ils contrôlent. N’allez pas croire que notre grande presse va émettre un soupçon de reproches aux terroristes sectaires qui se servent de boucliers humains. Que nenni, quand il s'agit de défendre Israël et d'affaiblir l'Iran, l’ASL et ses bataillons salafistes parrainés par l’Arabie saoudite, le Qatar, le Courant du futur des Hariri et Al Qaida, sont les meilleurs alliés donc forcément de gentils militants pro-démocratie.
 
Le 28 janvier, nous avons tous été bouleversés par les images du massacre d'une famille sunnite à Nasihine, femme, enfants et bébés inclus. Dans ce quartier de Homs, ce jour-là, douze innocents, douze membres de la famille Bahader, ont été froidement assassinés. Sans la moindre preuve, le reporter photo du journal Le Monde répondant du pseudonyme de Mani avait mis ce crime horrible sur le compte des milices loyalistes recrutées, dit-on, parmi les alaouites. Le lendemain, on apprit que cette famille sunnite était en fait devenue la cible des rebelles parce qu'elle « collaborait avec le régime ». En fait, Abdel Ghani, le père de famille était un fonctionnaire du gouvernorat de Homs. Un homme sans histoires. Lui et son frère Ghazouan qui est un chauffeur attaché au même gouvernorat, avaient reçu de nombreuses menaces de mort de la part des rebelles. Abdel Ghani souhaitait déménager pour éviter toutes représailles de la part de l'ASL qui voulait l'enrôler de force. Mais la barbarie terroriste l'attendit au tournant, lui et sa famille.
 
Le 23 février, un groupe armé commit un nouveau massacre d'innocents. Quartier visé : al-Arman al-Janoubi à Homs. Les victimes : un couple et leurs quatre enfants. Les terroristes ont d'abord ligoté Mohamed Ryad Darwich, sa femme et ses enfants avant de les torturer à coups de poignards. Les victimes ont été mutilées méthodiquement par des tortionnaires qui ont poussé le vice jusqu'à écrire des mots sur leurs corps à l'aide de leurs poignards. Ils ont ensuite mis le feu à la maison de cette famille. Entre le massacre des familles Bahader et Darwich, on ne compte plus les exécutions sommaires perpétrées par les terroristes. Des centaines de civils et de militaires pro-régime ont subi le même sort. Ces événements et bien d'autres encore témoignent de ce que l'horreur ne se trouve pas dans un seul et même camp.
Tout ça pour ça ?
 
Peu d'analystes s'interrogent sur les réelles motivations des rebelles. Se rebeller, c'est bien. Encore faut-il avoir une raison valable, une réelle alternative démocratique et utiliser les moyens adéquats pour y parvenir. Nous savons toutes et tous que les rebelles veulent renverser le régime. Ce programme aurait été légitime s'il eut obtenu la confiance de la majorité des Syriens.
Or, des millions de citoyens aspirent à une démocratisation dans le cadre du régime actuel. Ils l'ont maintes fois exprimé lors de manifestations monstre ou du référendum constitutionnel du 26 février 2012. En effet, 89,4 % de votants soit près de 7,5 millions des 14.589.954 inscrits sur les listes électorales ont approuvé la nouvelle Constitution syrienne qui abolit la suprématie du parti Baas « sur l’Etat et la société ».
Malgré cette réalité, l’intransigeance des insurgés est totale. Ils excluent ainsi tout compromis, toute négociation, toute réforme et tout règlement politique. Seule une élimination radicale du régime baassiste qui revendique pourtant près de deux millions de membres pourra les satisfaire. Aux insurgés djihadistes, il faut tout, tout de suite. Qu’importe pour eux que la majorité des Chrétiens, des Druzes, des Alaouites, des Arméniens, des Sunnites kurdes ou arabes ne les suivent pas. Devant leur empressement, je ne peux m'empêcher de penser aux rebelles colombiens qui résistent depuis près de 50 ans envers et contre tout. Ces insurgés là n'ont droit à aucune compassion de la part de « nos » armées philanthropiques. Le sol de leurs jungles et de leurs montagnes regorgent pourtant de cadavres, celui de dizaines de milliers de syndicalistes, de paysans, de femmes et d'enfants assassinés par les escadrons de la mort agissant pour le compte de « nos » gouvernements.
D'autres mouvements de libération résistent à la tyrannie, seuls dans leur maquis. Depuis des lunes. Comme les Tigres de l'Eelam Tamoul. Leur encerclement et leur anéantissement par l’armée sri-lankaise en 2009 n’a pas suscité l’indignation internationale que nous connaissons depuis des mois en faveur de l'ASL. Nos rebelles syriens, eux, veulent la victoire illico. Servie sur un plateau d'argent. De préférence avec show laser dans le ciel nocturne de Damas et d'Alep. « Déroulez-nous le tapis de bombes » martèlent-ils à leurs amis atlantistes et wahhabites.
 
Et pour faire quoi messieurs ? Une fois installés au pouvoir, le Conseil national syrien (CNS) alias « Conseil d'Istanbul » et l'Armée syrienne libre (ASL) prendront la courageuse décision de rompre le lien Damas-Téhéran. Ils souhaiteraient également couper les ponts avec les patriotes libanais rassemblés autour du Hezbollah. Dans une interview accordée au Wall Street Journal, le président du CNS Burhan Ghalioun, a affirmé vouloir négocier avec Israël, notamment au sujet de la restitution du Golan « en misant sur nos relations spéciales avec les puissances européennes et occidentales (sic) ». (3) 
 
En d'autres termes, Ghalioun rêve d'une Syrie apprivoisée et docile. Une Syrie asservie aux puissances coloniales. Une Syrie dénaturée, défigurée, dépersonnalisée. Le triste jeu des insurgés de Homs en vaut-il vraiment la chandelle ?

Comment aurait réagi un Etat occidental dans pareille situation ?
On l'a vu à l'œuvre maintes fois : lorsqu'il se sent ou se trouve réellement attaqué, le régime syrien peut s'avérer être excessivement brutal et sanguinaire. Ce mécanisme d'autodéfense est toutefois loin d’être exceptionnel. En effet, dictature ou pas, tout système politique qui se veut responsable à l’égard de ses citoyens ou qui désire juste sauver sa peau, aurait tendance à montrer ses dents dans une situation de violence extrême.

C’est d’autant plus vrai pour une nation dont les ennemis extérieurs n’ont ni le profil, ni l’armement ni l’appétit expansionniste des îles Kiribati, d’Andorre ou du Liechtenstein. C’est une nation qui, de surcroît, s'est aliénée une partie de sa population pour de multiples raisons parmi lesquels le massacre de Hama commis en 1982. L’impunité que s’offre le régime syrien depuis la boucherie de Hama couplée à l’esprit revanchard des djihadistes et à l’incompatibilité existentielle entre les principes laïcs du pouvoir et la charia entretiennent un climat de guerre larvée qui peut à tout moment dégénérer en conflit ouvert.
 
En Europe de l’ouest, depuis la seconde guerre mondiale, nous n’avons certes pas de situation équivalente à celle de Homs. Non pas que nos élites et leurs armées sont plus pacifistes mais parce que l’exploitation des pays du Sud notamment par le mécanisme de l’endettement, ont permis aux bourgeoisies européennes de s’offrir une relative paix sociale, de nous concéder quelques droits moyennant notre démobilisation, ce que l'on appelle en turc « la part du silence ». Nos élites ont, pour ainsi dire, construit et renforcé leur stabilité sur le malheur des plus faibles. Cela n’a pas empêché les pays occidentaux d’être régulièrement confrontés à des troubles sociaux et des crimes relevant davantage du droit commun à l’instar des Fort Chabrol ou des prises d’otages. Dans bien des cas, les forces d’intervention policières d’Europe ou des USA ne font pas dans la dentelle. Si les forcenés n'obtempèrent pas, ils sont froidement abattus. Et cela, au nom de la sécurité des citoyens.

Or, à Homs, certains Fort Chabrol durent depuis des mois et s’étendent sur des quartiers entiers. De plus, leurs auteurs tirent sur tout ce qui bouge, plongeant des populations entières dans un climat de terreur permanent qui fait bien souvent regretter l’environnement sécuritaire imposé par le régime syrien.
 
En tant que garante de la souveraineté nationale et de l'intégrité territoriale de la Syrie, l'armée gouvernementale était tenue d'intervenir dans les quartiers de Homs tombés en dissidence. Cette même armée avait d'ailleurs été vivement critiquée pour son laxisme par les habitants des secteurs soumis aux tirs provenant des quartiers insurgés.
 
A ceux qui l'ignorent, il convient de rappeler que depuis l’après-guerre, les pompiers pyromanes de l'OTAN ont maintes fois tiré « sur leurs propres citoyens » pour bien moins que ça. Le 13 mai 1985, une paisible communauté africaine baba cool de Philadelphie appelée Move fut arrosée de napalm pour avoir voulu vivre en autarcie. Onze personnes dont dix enfants périrent dans les flammes occasionnées par la bombe larguée depuis un hélicoptère de la police. Les habitants de l'immeuble ne menaçaient pourtant personne. Il y eut par ailleurs l'écrasement de la mutinerie de la prison d'Attica dans l’Etat de New York en 1971, le siège de Waco au Texas en 1993 contre la communauté des Davidiens (86 morts), le Bloody Sunday en Irlande, le massacre de Polytechnique en Grèce, les opérations militaires dans les prisons turques de Diyarbakir, Ümraniye, Ulucanlar, Bayrampasa ou dans les villes kurdes de Lice et de Cukurca en Turquie...
Sans parler des guerres secrètes de l'OTAN : tueries du Brabant, attentats de la gare de Bologne, de la Piazza Fontana à Milan, de la place Taksim, de la place Beyazit et du quartier de Gazi à Istanbul, ou encore des pogromes de Maras, Corum et de Sivas... Personne n'a évoqué pour autant l'option d'une intervention humanitaire armée à Washington, Londres, Rome ou Ankara. Je vous passe des assassinats de masse et des génocides commis par les forces atlantistes dans les pays du Sud. Et puis, attendez voir ce que nous réserve l’Europe « démocratique » le jour où les mouvements d'indignés constitueront une véritable menace pour les élites politiques et financières... Les Murs des fédérés ressurgiront hélas à chaque coin de rue.

Bien entendu, comparaison n’est pas raison. Autrement dit, les crimes commis par les troupes atlantistes ne justifient nullement ceux commis par l’armée syrienne. Et la vie d'un enfant syrien qu'il soit du côté rebelle ou du côté loyaliste, n'est pas moins précieuse que celle d'un enfant français, américain ou scandinave.
 
Finalement, les mots sont si vains devant la tragédie de Homs. Seule compte la vie des innocents de cette ville pris entre deux feux. Si on veut les sauver, il faudrait peut-être commencer par abandonner la logique de confrontation et dialoguer avec le gouvernement syrien. Au lieu de gesticuler, d’insulter ou de tenter de convaincre la Russie et la Chine, il serait peut-être plus sage de descendre de ses grands chevaux et de rejoindre le bloc sino-russe dans son appui à une solution de transition démocratique syrienne sans paternalisme et sans interférence. Nous serions ainsi bien plus en phase avec la Charte des Nations Unies. Et si, pour les enfants de Homs et pour la survie de la Syrie, on osait la paix ?

lundi 27 février 2012

Afrique : La reconquête coloniale - la « démocratie » et les « droits de l’homme » n’est qu’un habillage qui dissimule une stratégie impérialiste

Le discours occidental sur la « démocratie » et les « droits de l’homme » n’est qu’un habillage qui dissimule une stratégie impérialiste de domination de l’Afrique et du reste du monde.
En réalité, les dirigeants occidentaux n’ont que faire des vertus supposées de la démocratie dans les pays du Sud.
Ce qui les intéresse c'est le contrôle des ressources de la planète et l’occupation de positions géostratégiques.
Cette stratégie de domination s’appuie sur l’OTAN, l’armée des Etats-Unis et celle de quelques pays européens dont la France.

LA DEMOCRATIE PERVERTIE

C’est pour vendre cette stratégie à leur opinion publique, que les dirigeants des puissances occidentales ressortent leur discours sur les « droits de l’homme » et la « démocratie ».
C’est ce qui s’est passé en Libye. Mais pas plus qu’en Afghanistan ou ailleurs, l’OTAN n’apportera la « démocratie » à la Libye.
Même dans les pays occidentaux, la démocratie tend à être vidée de son contenu originel.
Partout, c’est la « démocratie de marché » qui domine. Des dirigeants élus se mettent au service des marchés financiers et des multinationales, en reniant les promesses faites à leurs concitoyens et en leur imposant toutes sortes de sacrifices.
Ce qui n’empêche pas les mêmes d’avoir l’arrogance de prétendre exporter la démocratie et protéger les droits de l’homme ailleurs sous l’appellation de « droit d’ingérence humanitaire ».

L'EXCEPTION PALESTINIENNE

Cependant, la doctrine du « droit d’ingérence humanitaire » n’est jamais appliquée à la Palestine occupée et à son peuple privé de ses droits les plus élémentaires, et soumis à une oppression meurtrière de la part de l’Etat d’Israël.
Cette « exception palestinienne » montre bien que le « droit d’ingérence humanitaire » est une stratégie réservée principalement à l’Afrique pour la recoloniser et mettre la main sur ses ressources.

LA RECOLONISATION

La colonisation de l’Afrique au 19ème siècle, menée dans le but de « civiliser » ses populations « sauvages », a engendré génocides, massacres, destruction de cultures autochtones, pillage éhonté des ressources et du patrimoine du continent.
Le « droit d’ingérence humanitaire » moderne vise les mêmes objectifs au nom, cette fois-ci, de la « protection des populations » contre leurs « dictateurs », leurs « tyrans »..
Il est clair que, si les Africains se taisent, le processus de reconquête de l’Afrique continuera.
C’est ce qu’exprimait Thabo Mbeki, ancien président de l’Afrique du Sud, au moment des bombardements aériens de l’OTAN sur la Libye.
Appelant à des protestations de masse sur tout le continent, il déclarait : « L’Afrique doit se dresser contre l’Occident », car  « ce qui est arrivé en Libye peut très bien être un signe précurseur de ce qui peut arriver dans un autre pays ».
Plus récemment, Thabo Mbeki montrait que, depuis la fin de la guerre froide, les puissances occidentales avaient renforcé leur intervention en Afrique, y compris militaire, et que celle-ci n’avait d’autre but que d’assurer la protection de leurs intérêts au mépris du point de vue des Africains.
Comme elles l’ont fait en Libye, ces puissances tendent à s’ingérer dans les situations de conflit interne - qu’elles contribuent aussi à fomenter – au nom du soi-disant « droit de protéger » les populations qu’elles interprètent librement pour servir leurs ambitions.
Thabo Mbeki dénonçait également le rôle des grands médias mondialisés chargés de diaboliser ceux que l’Occident considère comme leurs ennemis.
Enfin, il regrettait que « la désunion et la faiblesse » du continent ne lui permette pas de garantir son droit à l’autodétermination et ouvre la porte à sa « re-colonisation ».
« Que feront-nous, nous Africains, quel que soit le continent de notre demeure, afin d’assurer que demain nous appartient ? », interrogeait-il.

Article de Demba Moussa Dembélé, économiste, chercheur. Interview de Thabo Mbeki, ancien président de l’Afrique du Sud, au Sunday Times.

Source : JPD

samedi 25 février 2012

نشيد الامميه

هبو ضحايا الاضطهاد
ضحايا جوع الاضطرار
بركان الفكر قي اتقاد

هذا آخر انفجار
هيا نحو كل ما مر
ثوروا حطموا القيود
شيدوا الكون جديد حر
كونوا انتم الوجود
بجموع قويه هبوا لاح الظفر
غد الامميه يوحد البشر
يكفي عزاء بالخيال
علينا العبء لا مناص
فيا عمال للنضال
ففي يميننا الخلاص
احمو الكور ضعوا الحديد
ودقوه على احمرار
يريد الشعب ان يسود
فكوا الروح من اسار
بجموع قويه هبوا لاح الظفر
غد الامميه يوحد البشر
حكم وشرع ظالمان
مأجوران للاغنياء
حديث فارغ المعان
ذكر حقوق الفقراء
دعوا الهزء بالمساواة
فللمساواة طريق
الحقوق بالواجبات
والواجبات بالحقوق
بجموع قويه هبوا لاح الظفر
غد الامميه يوحد البشر
اسيادنا المستثمرونا
فوق شواهق العروش
كم سلبونا الملايينا
ولم يبقوا لنا القروش
ذهب فوق ان يحد
مص من دم العروق
يريد الشعب ان يرد
ولم يرد سوى الحقوق
بجموع قويه هبوا لاح الظفر
غد الامميه يوحد البشر
انّا سكرنا من دخان
اسياد سمموا الحياة
اذيعوا دعوة الامان
فينا وسحق الطغاة
فللاضراب يا جيوش
ففي اصرابنا الخلاص
ان يأبى ذلك الوحوش
فعندنا لهم رصاص
بجموع قويه هبوا لاح الظفر
غد الامميه يوحد البشر
العمال والفلاحون
جميعا حزب الكادحين
ارض ملك المنتجينا
فما بقاء الخاملين
كم تمزق اللحم منا
مخالب المفترسين
اجلوا سود الغربان عنا
تشرق الشمس كل حين
بجموع قويه هبوا لاح الظفر
غد الامميه يوحد البشر