lundi 5 décembre 2011

SYRIE : Une opposition divisée et faible, au service d’agendas extérieurs

Les réalités sur le terrain en Syrie montrent que les oppositions sont non seulement incapables de constituer une alternative au pouvoir actuel mais qu’elles défendent des agendas répondant aux intérêts de puissances régionales et internationales et non pas à ceux du peuple syrien.

Les modestes rassemblements du vendredi 28 octobre, à l’appel de l’opposition, font pâle figue devant les millions de personnes (les agences de presse occidentales ont avancé le chiffre de centaines de milliers) descendues dans les rues de Damas, Alep, Hassaka, Soueida et Lattaquié, pour exprimer leur soutien au programme de réforme du président Bachar al-Assad et leur rejet total de toute ingérence étrangère dans les affaires de la Syrie. Ces manifestations monstres, organisées huit mois après le début des troubles, prouvent que le président conserve une très grande popularité en dépit des campagnes médiatiques impitoyables dont il est victime dans le but de ternir son image auprès de son peuple.
De plus, le nom donné par l’opposition à la mobilisation du 28 octobre est très éloquent: «le vendredi de la zone d’exclusion aérienne». Un appel on ne peut plus clair à une intervention occidentale –de type libyen- contre le pays. Lorsqu’on lit la presse du Golfe, on comprend que l’action de l’opposition syrienne s’inscrit parfaitement dans le cadre de stratégies régionales qui n’ont rien à voir avec les réformes et la démocratisation de la Syrie. Le quotidien koweïtien Al-Qabas écrit que la Ligue arabe a averti qu'une intervention internationale serait inévitable si sa médiation visant à arrêter la violence échouait. Citant des sources arabes bien informées, Al-Qabas affirme: «Si une solution arabe échouait, la Syrie devrait s'attendre à une intervention étrangère et à un embargo économique.»
Face à ces menaces, le président Assad a rappelé que la Syrie est un élément central dans la région. «Il existe une ligne de faille et si vous jouez avec la Terre vous risquez de provoquer un séisme. Voulez-vous connaître un nouvel Afghanistan ou même des dizaines d'Afghanistan? La Syrie n'hésitera pas à embraser toute la région. Si l'idée est de diviser la Syrie, cela reviendra à diviser toute la région», a-t-il dit dans une interview accordée au Sunday Telegraph britannique (Voir ci-dessous).
Pour alimenter la machine infernale médiatique, les oppositions syriennes et leurs mentors étrangers ont eu une nouvelle fois recours au mensonge. Un amalgame a été fait en affirmant que les extrémistes armés tués lors d’attaques contre l’Armée sont des manifestants tombés sous les balles des forces de l’ordre. Pourtant, aucun manifestant pacifique n’a été tué le 28 octobre et tous ceux qui sont morts participaient à des attaques ou des embuscades contre les troupes régulières.
Pendant ce temps, de profondes divisions continuent d’apparaitre dans les rangs du Conseil national syrien d’Istanbul (CNS), créé à l’initiative des services de renseignements turcs et américains. Les Kurdes membres de ce rassemblement ont publié un communiqué dénonçant les déclarations de responsables de ce Conseil qualifiant le Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK) d’organisation «terroriste». Ensuite, une lutte de pouvoir oppose le président du CNS, Burhan Ghalioun, et l’opposant Haitham el-Maleh, chacun d’eux souhaitant être le chef. Les différends sont tellement graves que les Turcs et les Qataris sont intervenus avec vigueur pour empêcher qu’ils ne dégénèrent en rupture totale.
Enfin, le dénommé Mohammad Rahhal, chef autoproclamé des «Comités de coordination de la révolution», a reconnu que quatre groupes armés relevant de l’opposition sont actifs sur le terrain en Syrie. Il a avoué que des hommes armés se glissent parmi les manifestants depuis le début des troubles en mars, ce qui conforte la thèse du gouvernement syrien qui affirme que des hommes armés infiltrent les manifestations pacifiques et tirent sur les forces de l’ordre pour provoquer des ripostes et faire couler le sang.
D’autre part, les opposants de l’extérieur ont violemment critiqué l’opposant Michel Kilo pour avoir écrit un article appelant ses collègues à réfléchir à la possibilité de participer à un dialogue avec le gouvernement dans le but de mettre en œuvre les réformes et sortir le pays de l’impasse.
La crise syrienne semble désormais gouvernée par le principe du dernier quart d’heure. L’opposition téléguidée de l’extérieur se dirige à grand pas vers le terrorisme et le sectarisme, avec la multiplication des enlèvements et des liquidations à caractère confessionnel, notamment dans la région de Homs. Alors que la majorité du peuple soutien le président et l’armée, Une armée engagée depuis trois jours dans une vaste opération à Homs pour débarrasser la région de la terreur exercée par des extrémistes islamistes, armés et financées par la Turquie et le Qatar, pour le compte des Etats-Unis et d’Israël.
Source : Tendances de l'Orient

SYRIE : Moyen Orient - Une logique de guerre froide !

......il y a très peu de risques que ce régime saute pour les raisons suivantes: le double veto russe et chinois le protège d’une résolution au Conseil de sécurité adoptant de nouvelles sanctions contre lui ou autorisant une action militaire, et l’équation établie par le secrétaire général du Hezbollah dans son dernier discours, qui annonce une guerre régionale en cas d’attaque contre la Syrie, le protège d’une action militaire de la Turquie.

L'internationalisation de la crise syrienne replonge le Moyen-Orient dans la logique de la guerre froide, qui, pendant plusieurs décennies, a permis à la Syrie de jouer les équilibres dans la cours des grands. Damas renoue avec la politique des alliances et tente de tirer les dividendes d'une crise qui menace d'embraser militairement la région, d'Israël à l'Afghanistan, en passant par le Liban, la Syrie, l'Irak, l'Iran et les pétromonarchies du Golfe. Le risque de conflagration a jusqu’à présent dissuadé l'Otan, la Turquie et Israël d'intervenir militairement contre l'axe Damas-Téhéran allié au Hezbollah et au Hamas. La Russie et la Chine ont pour leur part, réussi à neutraliser les démarches occidentales visant la Syrie et l'Iran au Conseil de sécurité. Le régime syrien semble loin d'être isolé. Bien au contraire, le retrait américain de l'Irak, perçu comme une défaite à Washington, risque de renforcer le front anti-américain, dans la région. Face à cette perspective alarmante, les pays occidentaux et leurs alliés arabes espèrent renverser le régime syrien, perçu comme le «maillon faible» de cette coalition hostile. C'est ce qu'affirme le néoconservateur américain Elliott Abrams. «La fin du régime d'Assad représentera un grand gain pour les Etats-Unis», affirme-t-il dans la publication du Council on Foreign Relations d'octobre.
C'est dans cette optique que les pays arabes dirigés par le Qatar se lancent dans une course contre la montre en imposant des délais, des exigences et des sanctions, qu'aucune partie ne semble vouloir respecter, à commencer par la Ligue elle-même et l'opposition syrienne radicale, liée à l’Occident.
L'initiative arabe, qui prévoyait l'arrêt des violences et l'ouverture d'un dialogue entre le régime et l'opposition, est restée sans lendemain. L'armée syrienne multiplie les succès contre les enclaves rebelles, alimentées par un flot d'armes et d'argent en provenance des pays voisins. Le Conseil national syrien (CNS), par la voie de Borhane Ghalioun et ses alliés islamistes, ont rejeté le dialogue proposé par la Ligue, contrairement au pouvoir syrien. Plusieurs membres du Comité national pour le changement démocratique (CNCD, opposition de l’intérieur) ont, en revanche, accepté de dialoguer. En visite au siège de la Ligue arabe au Caire, une délégation syrienne regroupant des membres du CNCD et des opposants respectés dont Michel Kilo, Haitham Manaa et Fayez Sara a été violemment agressée par des partisans du CNS, qui appellent l'armée turque à envahir le nord de la Syrie afin de démocratiser le pays. C'est dans cet esprit que les partisans des Frères musulmans syriens ont agressé, le 20 novembre, une délégation d'acteurs et comédiens arabes en visite au Caire pour protester contre la suspension de la Syrie à la Ligue arabe.
Le secrétaire général des Frères musulmans syrien Riad Chakfi a appelé le 18 novembre l'armée turque à envahir le nord de la Syrie pour y établir une zone tampon, se basant sur l'identité sunnite de la Turquie, à laquelle s'identifie la confrérie.

Exorciser les illusions
L'Iran apparait comme le grand vainqueur en Irak et se prépare à combler le vide laissé par les Américains. L'axe Damas-Téhéran, lié par des intérêts convergents avec la Russie et la Chine, fait front commun pour briser le monopole militaire et pétrolier américain dans le Golfe et dans la mer Caspienne, autour duquel Washington a établi des bases militaires. S'ajoute également aux yeux de la Russie, la menace turque, qui, depuis l'effondrement du bloc de l'Est en 1991, étend son influence politico-économique dans le Caucase russe, dans les Etats turcophones et islamiques de l'ex-Union Soviétique, en Asie centrale, ainsi qu'au Moyen-Orient et en Afrique du nord, sur les traces de l'empire ottomans, comme le rappelle Erdogan. Cette perspective inquiète également la Chine, qui fait face à un mouvement islamiste sécessionniste à l'est. Depuis le début de la crise en Syrie, Damas et Moscou sont ouvertement opposés au gouvernement islamiste de Recep Tayyep Erdogan, qui espère reproduire son modèle de gouvernement islamique pro-occidental à Damas.
Dans son édition du 18 novembre, le journal gouvernemental turc Sabah révèle des plans militaires turcs pour l'établissement d'une zone d'exclusion aérienne au nord de la Syrie, puis d'une zone tampon d'une profondeur de 5 km, allant jusqu'à la ville d'Alep à l'ouest, pour favoriser le déclenchement d'une guerre civile contre le pouvoir damascène.
La Syrie a immédiatement répliqué et lancé une opération militaire pour «exorciser les illusions», en établissant une zone militaire d'une profondeur de 20 km le long de la frontière turque. Damas joue également la carte kurde, susceptible de remettre en cause l'intégrité territoriale de la Turquie en cas de guerre.
A cela, s'ajoutent les déclarations des dirigeants iraniens, qui menacent d'allumer tous les fronts en cas d'attaque contre ses installations nucléaires et contre la Syrie. Téhéran et Moscou ont haussé le ton en expédiant des navires de guerre russes et iraniens aux larges des côtes syriennes, au moment où le président Assad se déclarait prêt à combattre.
Face à ce tableau tendu, les pays occidentaux et leurs alliés musulmans ne disposent d'aucun moyen pour renverser le pouvoir, à l'exception des sanctions politiques et économiques qui semblent loin de menacer la pérennité du régime.
Et même si la Ligue arabe maintien ses pressions sur le régime et transmettre le dossier syrien au Conseil de sécurité, on retournera dans la case de départ avec un double veto russo-chinois.  

Ligne de fracture au Liban
La situation en Syrie est devenue la ligne de fracture entre les deux camps rivaux au Liban, et quoi qu’ils en disent, tous deux attendent avec impatience l’issue du bras de fer qui se joue dans ce pays pour définir leur nouveau plan de campagne.
Selon des sources de la majorité parlementaire libanaise, la nouvelle échéance pour la Syrie est le début de l’année 2012. Le régime aura passé le cap le plus dur et les pressions internationales devraient alors baisser en intensité pour de multiples raisons. La plus importante consiste dans l’achèvement du retrait américain d’Irak, un départ qui ressemble de plus en plus à une défaite stratégique et qui permettra à l’Iran de se retrouver à la frontière de la Syrie via l’Irak, où la République islamique ne cesse d’augmenter son influence. D’autres raisons sont liées à l’entrée des États-Unis dans une période préélectorale qui les empêche de prendre des décisions importantes à l’étranger. A partir du premier trimestre 2012, le monde devrait avoir d’autres priorités que la Syrie, notamment avec la crise économique grandissante dans la zone euro et dans le reste du monde.
Au cours des prochaines semaines, le régime syrien va donc subir le maximum de pressions. Mais de l’avis de nombreux observateurs, il y a très peu de risques que ce régime saute pour les raisons suivantes: le double veto russe et chinois le protège d’une résolution au Conseil de sécurité adoptant de nouvelles sanctions contre lui ou autorisant une action militaire, et l’équation établie par le secrétaire général du Hezbollah dans son dernier discours, qui annonce une guerre régionale en cas d’attaque contre la Syrie, le protège d’une action militaire de la Turquie.
Source : Tendances de l'Orient

vendredi 25 novembre 2011

la révolution syrienne ou la résistance libanaise ? Qui en premier ...

Il est certes malheureux que le choix soit devenu la révolution ou la résistance, écrit Nasri Assayar.

1) - Pour la révolution syrienne...mais...
Absolument pour cette révolution parce qu’elle a lutté et payé un prix immense pour éliminer la dictature... Pour cette révolution syrienne, l’un des bourgeons du printemps arabe, parce qu’elle a porté l’insigne de la liberté et élevé l’importance de la dignité ainsi que la noblesse de la justice... Pour cette révolution syrienne pour tout ce qu’elle a entrepris, donné et promis...
Pour elle, cette révolution, parce que sa légitimité est la fille de ses souffrances, de ses objectifs et de la dote élevée qu’elle a payé au bénéfice de la patrie. Pour elle, cette révolution, parce qu’elle ressemble par ses jeunes, par ses hommes et par ses femmes à la révolution tunisienne et à la révolution égyptienne. Et ne serait-ce que parce que ces deux révolutions ont réussi à mettre fin à deux règnes dictatoriaux passés maître dans la corruption et le féodalisme. Pour cette révolution syrienne, parce que se trouver du côté du régime et du pouvoir relève de la honte politique, malgré ce qui lui revient comme le mérite de faire face aux politiques occidentales pro-israélienne en terme de soutien et d’assistance. Comme appartient à ce régime la position pratique et audacieuse, voire extrémiste, de soutien à la résistance populaire islamiste au Liban, nationale en Palestine et de libération en Irak.
Malgré tout cela, se trouver du côté de la révolution syrienne est un devoir patriote, humain et moral que dictent la politique des grands rêves : le retour du peuple à la première place de la politique où il tient les rênes de ses affaires, de sa dignité, de sa liberté, de son futur et de ses intérêts. Et un devoir dicté également par un fort désir de balayer les régimes despotiques qui ont piétiné les cœurs de leurs peuples pratiquement un demi siècle durant.
Mais depuis avant-hier précisément, être du côté de cette révolution n’est plus possible. Malgré le poids de ce qu’elle a payé jusqu’à maintenant. Et la raison de cela est que la révolution, qui dirige notre espoir, est maintenant dirigée par les espoirs des régimes arabes les plus dictatoriaux et oppressifs. Des régimes qui appartiennent aux « familles » de la communauté internationale et qui ont adopté le style des mafias politiques.
2) - Une révolution sous commandement du Levy arabe.
On ne peut être que du côté, et jusqu’au bout, d’une révolution qui est dirigée par son peuple jusqu’à la victoire, mais cela est impossible quand une révolution est dirigée par des régimes arabes accusés de tous les maux d’une dictature immorale, de féodalisme et de communautarisme criminel. Dès le départ, ces régimes sont contre leurs peuples. De jour comme de nuit, ils vivent de leur répression, du bakchich qu’ils leur soudoient quand ils sentent que la colère peut exploser. Et ils se gardent les capacités pétrolières qui leur permettent de subordonner les autres peuples et les autres États.
Impossible d’être du côté de la révolution : elle a promis de ne pas demander le soutien extérieur, puis elle a finit par livrer son commandement politique et ses affaires futures à des États dirigés par les intérêts d’Israël et auxquels la révolution ne refuse aucune demande.
Impossible de faire confiance à l’Amérique qui a traqué la Palestine dans tous les coins du monde pour l’empêcher d’obtenir une présence symbolique au sein des organisations internationales. Peut-elle être la protectrice de la démocratie en Syrie ? Personne ne s’imagine que Bernard Henry Levy, « prophète » de Sarkozy qui lui inspire les politiques d’ingérence pour des raisons humanitaires, être purement démocratique, lui dont l’esprit, la pensée, la morale sont contaminés par un sionisme féroce. Précédemment, ce « prophète » a dirigé la campagne d’ingérence de l’Otan en Libye et a contribué à l’étreinte à Paris avec la révolution syrienne. Comment est-il possible d’être avec la révolution et avec Bernard Henry Levy ?
Non, impossible d’être avec la révolution, les nouveaux leaders le seront : les Arabes sous commandements de l’Émir de la politique des casinos du Qatar, l’Occident sous commandement de ses bourreaux embourbés dans la félicité de la colonisation et les initiateurs de la lutte contre tout ce qui critique Israël ou appel à son boycott, même culturel, en les terrifiant par des accusations d’antisémitisme.
Non, mille fois non, impossible d’être pour la révolution, ces mois ont été glorieux, promettaient la démocratie, la liberté et le patriotisme. Finalement, la révolution a livré sa direction à des gens qui ont pour seul mot d’ordre d’égorger la résistance au Liban. Personne ne nous opprime comme nous a opprimé la communauté internationale.
3) - Pour la résistance... mon cœur à la révolution
Entre la révolution, qui peut aboutir à des destins tragiques et non rentables, et la résistance forteresse de la confrontation, miracle d’accomplissement, promesse de libération - libération de la Palestine - le choix définitif est que tout révolutionnaire droit, cultivé, engagé et conscient des dimensions des politiques occidentales, est du côté de la résistance.
Entre la révolution, dans sa robe arabe et internationale, et entre la résistance dans sa jubba (ndlr : vêtement fait le plus souvent de drap, semblable à une robe à manches longues), sa cape (abaya) et son arsenal, je choisis la résistance. Et, mon cœur va à la révolution. J’ai découvert que la Ligue arabe ne pouvait pas rester cachée sinon dans la tunique de l’hypocrisie... La Ligue arabe veut s’en prendre à la tête de la résistance en passant par la Syrie. Israël a déjà essayé, et dans son sillon les Arabes et le monde, de déraciner la résistance et il échoua dans une défaite militaire. La résistance a été victorieuse grâce à ses forces, à l’excellence de ses hommes, à la ténacité du soutien syrien et à la capacité des flux iraniens. Les arabes des temps noirs, nomment « la guerre de juillet », poliment, une aventure, ils ont fait le pari du soutien à la guerre israélienne, avec certains acteurs libanais, en se disant sans doute qu’il feront tomber la tête des forces de la résistance et du refus.
Les arabes des temps noirs, du pétrole noir et des États européens blancs ont noirci leur visage lorsque la résistance arracha par son opiniâtreté une victoire stratégique unique dans l’histoire de l’art militaire. Depuis l’époque de ces temps noirs, la résistance au Liban est confrontée au harcèlement politique, médiatique et communautaire. La résistance n’a pas glissé vers ce que l’on attendait d’elle : la guerre civile entre Sunnites et Chiites. Elle s’est tourné vers une augmentation de l’armement, la prière quotidienne et la prosternation permanente. Son arme n’est ni de construction divine ni du Mahdi mais plutôt d’un proche et lointain stock qui arrive au Liban depuis la Syrie.
Entre une résistance que le monde traque mais en vain, et, entre une révolution qui court après le monde afin qu’il la dirige, le choix est d’être du côté de la résistance.
Au départ, la révolution et la résistance étaient supposées se trouver dans la même tranchée. Mais, pour des raisons objectives profondes d’assistance et d’influence la résistance s’est rangée au côté du régime. Cela est compréhensible et acceptable. La résistance n’est pas responsable de la nature du régime, au contraire elle interroge le citoyen syrien lambda sur la politique de ce régime. La politique du régime était permanente, fournissant le soutien et le réseau sécuritaire à la résistance. Et l’abandon de cela relève de la folie ou du suicide. La résistance a sacrifié la révolution afin de sauver ce qu’elle avait accomplit ainsi que les qualifications acquises dont elle dispose pour les confrontations et batailles futures. Le souci de la résistance était de trouver une solution qui réalise la réforme et la transition pacifiste vers une nouvelle période syrienne.
Le régime syrien ne peut pas faire cela et la révolution n’est pas en mesure d’imposer cela au régime... Bien sûr le régime en Syrie porte la responsabilité de la tournure qu’ont pris les événements mais surtout il porte la responsabilité d’empêcher la révolution de demander la protection internationale. Et on le lui a souvent dit, mais il n’écoute pas ou ne veut pas écouter.
A ce stade, les choix restent claires :
soit une révolution sous commandement de États de la communauté internationale qui a pris parti pour Israël, à travers ses agents arabes issus des régimes dictatoriaux éternels, soit une résistance contre Israël et la communauté internationale avec ses agents régionaux. Et dans ce cas, la guerre sera ouverte depuis le Golfe avec ses régimes jusqu’à l’Algérie menacée dans sa stabilité et dans son régime si elle dit non au « Guevara » Qatar.
4) - Futur de la guerre ouverte
Quel futur demain ?
La scène régionale est féconde de cauchemars de guerres :
- une guerre civile communautaire sectaires en Syrie
- une guerre d’usure contre le régime du côté des forces armées protégées localement et armées internationalement
- des guerres politiques peuvent aboutir à une forme d’ingérence sécuritaire/militaire accompagnée d’un blocus économique.
- un déplacement de la guerre intérieure syrienne vers son environnement régional :le Liban est candidat pour cela, au Sud comme au Nord, où la Force d’urgence internationale (ndlr : Finul, Force intérimaire des Nations Unies au Liban) est traitée comme les États qui sont pour le soutien à l’ingérence en Syrie
- une expansion de la violence jusqu’à ce qu’elle atteigne le Golfe dont les eaux vivent au rythme du vacarme des déclarations contre le nucléaire Chiite iranien.
Quel futur demain ?
Assayyed Hassan Nassrallah a averti de l’effet domino si un assaut est donné sur la Syrie. Assayyed Ali Khameneï a averti de la frappe d’une main de fer sur tout ce qui essayera un assaut sur l’Iran. Quant aux États de la Ligue arabe, ils ont déjà ouvert la porte aux vents internationaux, s’il venait une tempête, ni le Golfe ni la Méditerranée n’y échapperaient.
Le régime syrien, sur le plan de sa structure et de sa relation avec son peuple, ne déroge pas à la règle des régimes dictatoriaux, sauf qu’il ne s’agit pas de la Tunisie, de l’Égypte ou de la Libye. Le régime syrien est une partie du système régional qui a des profondes racines, des solides relations et des buts stratégiques qui se sont ancrés depuis des décennies. C’est un régime soutenu par les forces régionales iraniennes et libanaises. Cela n’est pas négligeable de par leurs forces et et leurs capacités d’action. Et la valeur de ces forces est de n’être pas subordonnée aux exigences du système international. Elles se sont presque soulevées et révoltées contre lui. L’Iran a déjà vécu depuis la naissance de sa révolution des blocus intermittents, des grandes guerres, directement ou indirectement mais, en quelques décennies, il a réussi à les traverser et à construire un État aux capacités technologiques et nucléaires. Cela est le miracle iranien.
De même la résistance a vécu, depuis le déclenchement de ses opérations au Liban sud, des situations de blocus, d’agressions, de batailles (1993,1996, 2000, 2006) et malgré tout cela, elle est à chaque fois ressortie plus forte que ce qu’elle n’était... Quant à la Syrie, elle vit, depuis la bataille de Maysaloun, des confrontations dures, des guerres perdues et elle ne se rend pas du tout.
Soit on reste ensemble, soit on tombe ensemble.
Le danger qui frappe à la porte de la Syrie n’épargnera pas les portes arabes et régionales. Tout le monde est dans l’œil du cyclone.
5) - Correctif
Il est certes malheureux que le choix soit devenu la révolution ou la résistance. Situation de déchirement personnel et moral impossible à qualifier quand il s’agit de prendre parti. Entre la révolution et le régime, la prise de position est facile. Tu choisis la révolution.
Entre la révolution et la résistance, tu te dédoubles. Une de tes deux moitiés ici et l’autre là....Tu ne cicatrises pas. Tu es seulement consterné. Tu dis si... tu persévères dans ton choix d’être du côté de la résistance et ton cœur du côté de la révolution qui mérite la victoire, sinon...
Il est malheureux que les erreurs politiques soient onéreuses et leurs coûts soient des guerres, du sang, de la destruction et une absence d’horizon.
Qui voit parmi vous la lumière doit nous diriger vers elle. Dans ces temps arabe obscures, afin que nous recouvrions l’espoir du printemps arabe purifié de la souillure occidentale et de ses sollicitudes qu’il pratique de manière carnassière.

14 novembre 2011 - Alssafir - Vous pouvez consulter cet article à :
http://www.assafir.com/Article.aspx?EditionId=2002&articleId=1213&ChannelId=47418&Author=%D9%86%D8%B5%D8%B1%D9%8A%20%D8%A7%D9%84%D8%B5%D8%A7%D9%8A%D8%BA
Traduction de l’arabe : Hazardomadaire
Info-Palestine

mercredi 16 novembre 2011

Syrie : la mosaïque composante du paysage syrien.

Des composants internes de la société syrienne

La Syrie a toujours représenté, selon les époques, des réalités bien différentes. Sur sa terre, se mêlèrent de différentes cultures. Berceau des grands polythéismes antiques, elle donna naissance aux grandes mythologies humaines. Aussi sur sa terre, s’épanouirent le judaïsme et le christianisme ; la Syrie resta toutefois jusqu’au IVe siècle, environ, la terre de multiples dieux, de nombreux cultes, même si le même dieu se cachait souvent sous plusieurs appellations ; Adonis, Tammuz, Baal, Melkart, Ishtar s’identifiaient parfois avec Isis, Osiris, Aphrodite, Zeus, Apollo, Marduk, Venus ; dieux phéniciens, araméens, arabes, grecs, romains cohabitaient et se mêlaient, sans qu’il fût toujours possible de les identifier correctement.
La Syrie constitue aussi le berceau du christianisme primitif, et les chrétiens furent un élément important de la société syrienne à partir du second siècle. C’est à Jérusalem que se crée la première communauté chrétienne. C’est à Antioche (de nos jours en Turquie) que le nom de « chrétiens » est donné pour la première fois aux disciples de Jésus. Ce sont les villes de Syrie qui abritent les premières communautés hors de Jérusalem : Césarée, Antioche, Damas.
La Syrie demeurait le centre de la culture chrétienne orientale et mashréquine  pendant presque trois siècles de rayonnement culturel byzantin. À la suite de la victoire à Yarmouk (636 È.C) sur les troupes d’Héraclius I, les Arabes s’assurèrent le contrôle de la Syrie, qui s’islamisa et s’arabisa. Par conséquent, la dynastie omeyyade (661-750), fondée par Muawiya, exerça son rayonnement depuis Damas, sa capitale. À Damas, l’administration fut réorganisée, les sciences se développèrent, les mosquées et les palais se multiplièrent. Ainsi, la Syrie devint le berceau de la culture et de la civilisation musulmane, qui est, en effet, une synthèse de plusieurs processus d’acculturation. Parmi ces différentes acculturations, nous soulignons, d’abord, l’acculturation arabo-syriaque, sous la dynastie omeyyade à Damas, première et seule dynastie purement arabe en islam, ensuite l’acculturation arabo-persane, sous la dynastie abbasside à Bagdad, et arabo-berbère, en Andalousie omeyyade.
De l’hétérogénéité syrienne
En effet, la multiplicité des invasions étrangères demeure traduite notamment dans le domaine religieux. La Syrie est un pays majoritairement musulman. Les musulmans comptent 90 % de la population, et les chrétiens 10 %. Parmi les musulmans, 70 % des Syriens sont sunnites, et les 20 % restants sont membres d’autres groupes musulmans, principalement les chiites alaouites et les druzes, mais également un nombre restreint de chiites ismaéliens et duodécimains. De leur côté, les chrétiens sont répartis en plusieurs confessions : des grecs orthodoxes, composant la moitié de la population chrétienne, des syriens maronites et des catholiques (15%), mais également des chrétiens assyriens, des arméniens vivant principalement à Alep et des orthodoxes Jacobites. Il existe aussi une minorité juive en Syrie, qui vit principalement à Damas. Leur nombre fut estimé à 40 000. En plus, il existe une autre minorité religieuse, dans le nord-est du pays : les yézidis, d’ethnie kurde.
Sans nul doute possible, le point le plus important à noter, ici, concernant l’hétérogénéité levantine, de laquelle l’hétérogénéité syrienne constitue une partie intrinsèque, c’est qu’elle se forme non pas de groupes ethniques et religieux, mais plutôt de groupes ethnico-religieux, qui se diffèrent aussi dans le domaine linguistique ; étant donné que les membres de chaque groupe parlent, à côté de l’arabe, langue officielle, leur propre langue ethnique, telles que kurde, arménien, turkmène, araméen, syriaque et hébreu. Cela veut dire qu’en Syrie, comme au Levant, le vrai déterminant d’un groupe quelconque se présente dans l’appartenance de ce groupe à une religion précise – ou même à une confession – déterminée, à son tour, par une appartenance ethnico-linguistique, d’où la corrélation cum hoc ergo propter hoc semble, ici, plus ou moins justifiable, telle qu’elle est illustrée dans l’exemple suivant : je suis assyrien, arménien ou syriaque, donc je suis chrétien ; de même, je suis arabe, kurde ou turkmène, donc je suis musulman.
Les sunnites
Les sunnites sont majoritaires en Syrie. Ils comptent 75% des Syriens, et pratiquent un islam orthodoxe. Du point de vue ethnique, les sunnites de Syrie ne se limitent pas à une seule ethnie. La majorité d’eux sont arabes, kurdes et turkmènes. Cette diversité ethnique se justifie par le fait que le monde musulman est majoritairement sunnite (environ 90 %) ; seulement 10 % sont chiites. Il n’est pas secret qu’entre sunnites et chiites se trouve un conflit historique, violant et sanglant, datant du lendemain de la mort du Prophète. L’exemple des attaques presque quotidiennes contre la communauté chiite d’Irak par des groupes salafistes wahabistes constituent l’exemple le plus pertinent du conflit sanglant entre les deux sectes.
Les Arabes : environ 88 % de la population sont arabes, parmi lesquels des bédouins. Les Arabes sont arrivés massivement en Syrie avec la victoire militaire des musulmans contre l’armée gigantesque des Byzantins à Yarmouk en 636 (È.C).
Les Kurdes : la minorité kurde, habitant essentiellement le long de la frontière turque, forment 8 % de la population. Les Kurdes constituent d’ailleurs la seule grande minorité ethnique à assise territoriale en Syrie. Il existe trois petites régions kurdes au nord de la Syrie. Ces régions sont séparées les unes des autres, mais toutes limitrophes du Kurdistan turc et iranien dont elles constituent en quelque sorte un prolongement. La plupart des Kurdes sont des musulmans de rite sunnite, mais quelques-uns sont chrétiens ou alaouites. Ils constituent un des peuples les plus anciens de la région. En plus, l’installation des Kurdes en Syrie est ancienne ; elle s’est amplifiée avec l’établissement de l’État ayyoubide au Caire et à Damas sous le règne de Saladin (1138 – 1193). Bien que beaucoup de Kurdes habitent la Syrie depuis des générations, un grand nombre est venu de la Turquie entre 1924 et 1938, après la tentation d’Atatürk d’imposer sa politique assimilatrice aux Kurdes turcs. Ajoutons que la majorité des Kurdes de Syrie parlent le kurde septentrional ou kurmandji (kurmancî), une langue indo-européenne non apparentée ni à l’arabe ni au turc.
Les Turkmènes : les Turcomans de Syrie ou Turkmènes sont d’origine turque oghouz. Leurs ancêtres se sont installés en Syrie au temps de l’Empire ottoman avant sa dissolution en 1918 et la création de la Syrie moderne. Peu d’études sérieuses ont été consacrées à leur situation actuelle. Les démographes spécialistes de la région estiment leur nombre à environ 0,6% de la population totale de la Syrie, ce qui rend leur nombre largement inférieur à celui des Kurdes, des chrétiens et des alaouites.
Les Circassiens : approximativement 100 000 Circassiens ou Adyguéens, qui sont les descendants des nomades musulmans ayant émigré de Russie au XIXe siècle, habitent en Syrie. Près de la moitié se concentrent dans la province d’Al-Quneitera. Les Circassiens ne représentent qu’une faible partie de la population syrienne. Bien que minoritaires, ils ont cependant conservé leur propre langue et s’attachent à leur culture et traditions. Ils ont assez bien résisté à l’assimilation, car ils ont conservé leur langue caucasienne, le circassien, mais s’ils parlent également l’arabe. Ils sont de confession musulmane de rite sunnite.
Les chiites
Les musulmans chiites et hétérodoxes de Syrie se divisent en plusieurs sectes : les alaouites, les ismaéliens, les duodécimains et les druzes.
Les alaouites : les alaouites, également appelés nusayris, font un groupe ethnico-religieux issu du djebel Ansariya au nord de la Syrie ; ils forment une secte musulmane chiite hétérodoxe, initiatique et ésotérique influencée par le chiisme ismaélite. Au début du XXIe siècle, ils forment environ 20 % de la population de la Syrie. Aussi, une communauté alaouite existe au Liban et en Turquie, en particulier à proximité de la frontière syrienne. Les intellectuels alaouites développèrent, avec les intellectuels chrétiens, les principes fondamentaux du nationalisme panarabe. En effet, le positionnement des alaouites face au mandate français (1920 – 1946) et leur résistance aux projets de démembrement de la Syrie, imposés par les autorités françaises, gardent leurs remarquables traces dans l’histoire moderne de la Syrie. Cela entraina les vrais nationalistes panarabes sunnites, qui considéraient l’appartenance à la Nation panarabe supérieure à toute autre appartenance, surtout religieuse, à accepter les alaouites comme leurs compatriotes arabes. A fortiori, la Syrie constitue, aux yeux des alaouites, plus qu’un pays ; elle est leur patrimoine historique et leur lieu d’origine, pour la simple raison que les alaouites sont uniquement originaires de la région côtière s’étendant du Nord du Liban jusqu’à l’Alexandrette en Turquie, en passant par les régions côtières de la Syrie.
Les ismaéliens : apparentés aux musulmans chiites, les ismaéliens comptent 200 000 ou 1% de la population de Syrie. Dans le monde, les ismaéliens se divisent en deux groupes majeurs, les bohras et les nizarites ; ceux de Syrie sont majoritairement nizarites. La secte ésotérique fut au XIe siècle fondée par un persan. Ils croient en la réincarnation, ne vont pas dans les mosquées mais prient dans des maisons particulières. Ils ont créé la célèbre secte des Assassins au Moyen-âge, dont le siège persan était Alamut et le siège syrien le château de Qadmous. Ils sont aujourd’hui de paisibles citoyens dans les pays d’accueil et ont pour chef l’Agha Khan. La plupart d’eux se concentrent à Salamīyah à l’Ouest.
Les duodécimains : ils comptent environ 5% des musulmans dans le monde. La séparation avec les sunnites s’est opérée dès le début de l’islam. Ils habitent à Damas et la banlieue de Sayyidah Zaynab. Les chiites duodécimains comptent environ 100 000 ou 0,5 de la population syrienne.
Les druzes : ils druzes comptent environ 3 % de la population. Ils habitent la région montagneuse du Jabal al-Arab, au Sud-ouest de la Syrie. L’origine de la secte des druzes remonte au Xe siècle. Les druzes font partie des groupes et sectes hétérodoxes de l’islam. La doctrine des druzes par la majorité des musulmans, surtout l’islam orthodoxe sunnite, comme une sorte d’hérésie.
Les chrétiens
Les Araméens : ou Assyriens constituent, en effet, la majorité des chrétiens orientaux du Levant et de la Mésopotamie. Leur présence au Levant et aussi ancien que celle du christianisme. Ils sont les indigènes du Levant précédant à la conquête arabe au VIIe siècle. La plupart des Araméens sont originaires de Turquie et d’Irak. Ils ont quitté leur pays respectifs pendant l’ère du mandat français en Syrie. Les différents termes utilisés pour nommer les Araméens, ne donnent qu’une différence religieuse, mais pas ethnique. Leur territoire ancestral est divisé entre plusieurs pays : Turquie, Syrie, Iraq ; et les différents termes utilisés pour les Araméens sont : Assyriens, Assyriens jacobites, Assyriens orthodoxes, Assyriens catholiques, Chaldéens, Nestoriens, Maronites, Melkites catholiques et Melkites orthodoxes. Au Levant, ils sont reconnus par l’appellation locale siryani qui dérive du turc süryani.
Les Arméniens : la plupart des Arméniens sont arrivés en Syrie par vagues successives en tant que réfugiés fuyant la Turquie entre 1925 et 1945. Environ 75 % des Arméniens vivent dans la province d’Alep. Les autres sont dispersés dans Hayy al Arman (Quartier arménien), près de Damas, et dans quelques autres villes du pays. Les Arméniens appartiennent généralement à l’Église orthodoxe arménienne, mais environ 20 000 relèvent de l’Église catholique arménienne. Ils constituent l’un des grands groupes importants non assimilés en Syrie. Comme partout à la diaspora arménienne, Ils conservent de leurs coutumes, maintiennent leurs propres écoles et fondent des journaux dans leur langue. Les Arméniens refusent l’assimilation et veulent maintenir leur identité culturelle, linguistique et religieuse.
Les Juifs
Les Juifs habitent la Syrie depuis l’antiquité. Leur nombre était estimé à plus de 40 000 avant 1990. Depuis, ils ont presque tous quitté la Syrie pour Israël. Aujourd’hui, ils comptent une centaine d’individus et sont aujourd’hui concentrés dans la province d’Alep et dans la ville de Damas (Hayy al-Yahud ou Quartier juif). La plupart des Juifs de Damas sont des colporteurs, des commerçants, des changeurs ou des artisans ; quelques-uns sont d’importants professionnels, en particulier des médecins. Comme les Juifs syriens parlent l’arabe, ils sont tenus comme une minorité religieuse et non linguistique....

Fida Dakroub, Ph.D


Le monde arabe craint une confrontation interne sanglante (Hurriyet)....Le front chiite (L’Iran - la Syrie - le Hezbollah – le Hamas) et le front sunnite (L’Arabie Saoudite - l’Egypte – les pays du Golfe – la Palestine - la Jordanie).


lundi 14 novembre 2011

La Ligue Arabe otage des obscurantistes

....Cela veut-il dire que des régimes obscurantistes comme les pays du Golfe sont brusquement devenus d’ardents défenseurs de la démocratie ? Il ne faut pas rêver. C’est une très belle chose d’aider le peuple syrien dans sa quête de liberté et sa volonté affichée de se débarrasser d’une dictature sanguinaire. Mais il faut être prudent quand on voit des ennemis de la liberté comme les monarchies arabes défendre cette liberté.....

la Ligue est-elle devenue, par on ne sait quelle alchimie, une militante des droits de l’homme et des peuples ?
La Ligue arabe n’est plus le syndicat de chefs d’Etat qu’on connaissait depuis sa création. Durant cette année 2011, elle a rompu à deux reprises le consensus qui a guidé jusque-là son action. Hier, elle a franchi un grand pas en décidant la suspension de la Syrie, chose inimaginable il y a un an, surtout que le pays en question est un acteur majeur de la ligne de front. Chambre d’enregistrement jusque-là des desiderata des régimes qui la composent, si elle n’est pas purement et simplement un appendice de la diplomatie égyptienne, la Ligue est-elle devenue, par on ne sait quelle alchimie, une militante des droits de l’homme et des peuples ?
Cela veut-il dire que des régimes obscurantistes comme les pays du Golfe sont brusquement devenus d’ardents défenseurs de la démocratie ? Il ne faut pas rêver. C’est une très belle chose d’aider le peuple syrien dans sa quête de liberté et sa volonté affichée de se débarrasser d’une dictature sanguinaire. Mais il faut être prudent quand on voit des ennemis de la liberté comme les monarchies arabes défendre cette liberté. En effet, en appelant à la zone d’exclusion aérienne en Libye sous le prétexte de protéger le peuple libyen contre le massacre que lui a promis le sanguinaire Mouammar El Gueddafi, la Ligue arabe a donné implicitement le feu vert à une intervention de l’OTAN. Les dirigeants arabes voulaient se débarrasser d’un homme qui a passé son temps à les insulter et à vouloir les déstabiliser. Idem pour le pouvoir baâthiste de Damas.
Il est connu pour semer la subversion et développer le terrorisme là où il a la possibilité de le faire. En plus, il est Alaouite, ce qu’abhorrent les régimes sunnites de la région. Une chose est sûre : la Ligue n’est plus ce qu’elle était. Les pays progressistes qui en faisaient partie ont disparu. Elle est aujourd’hui dirigée par les pays du Conseil de coopération du Golfe (CCG) qui lui dictent désormais la marche à suivre, renforcés en cela par le Maroc et la Jordanie, auxquels ils ont offert des strapontins dans ce même CCG. Et ils ont derrière eux la Turquie de l’islamiste Tayyep Erdogan, poste avancé de l’OTAN, avec lequel ils font la même analyse.
On ne sait pas si les décisions sur la Syrie vont faire de l’effet. Par contre, force est de constater que le Monde arabe est entraîné aujourd’hui par des forces rétrogrades qui défendent des intérêts familiaux et claniques et enfoncent davantage leurs peuples dans la dépendance de l’Occident. De toute évidence, ils n’agissent pas pour les beaux yeux du peuple syrien dont le sort les indiffère.
El Watan, 13 novembre 2011
Tayeb Belghiche

dimanche 6 novembre 2011

CHILI : La lutte ne fait que commencer - Convergence des luttes des étudiants et des travailleurs

Dimanche 6 novembre 2011
...Pour les étudiants, la solution pour financer une éducation publique, gratuite et de qualité réside dans une profonde réforme fiscale et dans la reprise en main par l’État de l'exploitation des ressources naturelles du territoire, des propositions qui révèlent toute l'énergie transformatrice déclenchée par la lutte de masses....
Plus de 300 000 personnes ont participé aux manifestations réalisées lors de la seconde journée de grève générale convoquée par la Confédération des étudiants (Confech) et par la Centrale unitaire des travailleurs (CUT). Les jeunes ont prévu de nouvelles manifestations pour le mois de novembre et les travailleurs des transports de la capitale sont en grève illimitée.
C'est avec des cortèges dans 24 villes du pays, la Confech, la CUT, le Parti communiste du Chili (PCCh) et 70 autres organisations politiques, sociales et syndicales que se sont achevés deux jours de grève dans tout le pays pour défendre l'éducation publique, gratuite et de qualité, revendiquée par les étudiants, les professeurs et les parents d'élèves lors de journées de mobilisations massives qui se sont déroulées au cours des cinq derniers mois.
Selon les chiffres publiés par le PCCh et la CUT, les défilés du mercredi 19 octobre ont mobilisé plus de 300 000 personnes, dont les étudiants et les lycéens, les travailleurs de l'éducation, de la santé, de l'administration locale et centrale, des ports et d'autres secteurs d'activité, des retraités, des militants des droits de l'Homme ou défense de l'environnement.
La marché réalisée dans la capitale a tenu le haut du pavé, puisqu'elle a rassemblé plus de 200 000 personnes sur deux cortèges qui ont convergé vers la Faculté du génie de l'Université du Chili, où avait lieu le rassemblement central.
Un dernier sondage indique que 88% des chiliens soutiennent cette lutte, mais la popularité des revendications ne paraît pas avoir de prise sur le gouvernement de droite, qui a de nouveau réprimé l'initiative.
Au moins 110 personnes ont été arrêtées, portant à plus de 370 le nombre de chiliens incarcérés durant les 48 heures qu'a duré la grève. A cet égard, la CONFECH a accusé l'exécutif dirigé par Sebastian Pinera de traiter avec des groupes encagoulés qui se sont infiltrés plus d'une fois dans les marches pacifiques et ont servi de prétexte aux charges des Carabiniers.

Étudiants et professeurs de nouveau dans la rue en novembre
 
Le lendemain de ces gigantesques actions de masses tenues sur tout le territoire, étudiants, professeurs, parents et militants sociaux ont tenté de déposer auprès des élus de la nation le résultat d'un référendum organisé par le syndicat des professeurs, lors duquel s'est clairement exprimé la volonté des Chiliens quant au cap à prendre concernant l’Éducation. Plus d'1,5 millions de personnes y ont participé, plus de 90% d'entre elles se sont déclarées favorables au caractère public, gratuit et de qualité du secteur.
Le groupe a occupé pendant plusieurs heures l'ancien siège du Congrès chilien, à Santiago. Mais outre le fait qu'ils ne sont pas parvenus à déposer les résultats du scrutin, nombre d'entre eux ont été cueillis par la police à la sortie de cet acte symbolique, tandis que les forces de l'ordre dispersait dans le même temps avec des canons à eau les personnes qui venaient manifester leur solidarité avec cet acte de protestation.
Après la grève, la CONFECH s'est réuni de nouveau avec les organisations qui sont dans le mouvement dans une grande assemblée plénière, où il fut décidé que les étudiants rejetaient la proposition de Budget d’État pour 2012, réaffirmaient la revendication de mise en place d'un système d'éducation public, gratuit et de qualité et avançaient, de façon plus large, des propositions à caractère plus général avec comme objectif de démonter l'argumentation gouvernementale sur le manque de moyens.
Pour les étudiants, la solution pour financer une éducation publique, gratuite et de qualité réside dans une profonde réforme fiscale et dans la reprise en main par l’État de l'exploitation des ressources naturelles du territoire, des propositions qui révèlent toute l'énergie transformatrice déclenchée par la lutte de masses.
Lors de la réunion, les structures représentatives des étudiants ont décidé également que la lutte ne faisait que commencer, prévoyant une nouvelle mobilisation pour le 5 novembre. En conférence de presse, la présidente de la Fédération des étudiants de l'Université du Chili et porte-parole de la Confech a appelé les parents et les professeurs à participer à la manifestation.
Camila Vallejo a assuré que, contrairement à ce qu'affirme le gouvernement, le mouvement estudiantin ne donne pas des signes d'essoufflement, et elle a révélé que, bien au contraire, toute sa vitalité se manifeste dans le fait qu'une nouvelle manifestation est prévue pour le 8 novembre, cette fois dans la ville de Valparaiso, où le parlement commencera à discuter du Budget de l’État pour l'an prochain.
La colère des travailleurs s'intensifie, avec les transports en fer de lance
 
Parallèlement aux actions menées par les jeunes étudiants, les travailleurs des transports de Santiago ont entamé lundi une grève illimitée. Les travailleurs se disent las d'attendre que le gouvernement réponde à la proposition d'ouvrir une table des négociations pour traiter des actions illégales qui ont été commises par les entreprises du secteur.
La grève touche près de 2 millions de personnes et a comme causes principales le licenciement de dirigeants syndicaux, la diminution des rémunérations – qui atteint dans certains cas jusqu'à 30% du salaire garanti dans les contrats – et la mise à l'écart des travailleurs de plus de 60 ans.
Ces mesures ont été prises par les nouveaux opérateurs ou les nouvelles directions des entreprises bénéficiant des concessions de transport, en particulier dans les districts du nord de la capitale.
Article originel d'Avante, organe du Parti communiste portugais (PCP)