dimanche 6 novembre 2011

CHILI : La lutte ne fait que commencer - Convergence des luttes des étudiants et des travailleurs

Dimanche 6 novembre 2011
...Pour les étudiants, la solution pour financer une éducation publique, gratuite et de qualité réside dans une profonde réforme fiscale et dans la reprise en main par l’État de l'exploitation des ressources naturelles du territoire, des propositions qui révèlent toute l'énergie transformatrice déclenchée par la lutte de masses....
Plus de 300 000 personnes ont participé aux manifestations réalisées lors de la seconde journée de grève générale convoquée par la Confédération des étudiants (Confech) et par la Centrale unitaire des travailleurs (CUT). Les jeunes ont prévu de nouvelles manifestations pour le mois de novembre et les travailleurs des transports de la capitale sont en grève illimitée.
C'est avec des cortèges dans 24 villes du pays, la Confech, la CUT, le Parti communiste du Chili (PCCh) et 70 autres organisations politiques, sociales et syndicales que se sont achevés deux jours de grève dans tout le pays pour défendre l'éducation publique, gratuite et de qualité, revendiquée par les étudiants, les professeurs et les parents d'élèves lors de journées de mobilisations massives qui se sont déroulées au cours des cinq derniers mois.
Selon les chiffres publiés par le PCCh et la CUT, les défilés du mercredi 19 octobre ont mobilisé plus de 300 000 personnes, dont les étudiants et les lycéens, les travailleurs de l'éducation, de la santé, de l'administration locale et centrale, des ports et d'autres secteurs d'activité, des retraités, des militants des droits de l'Homme ou défense de l'environnement.
La marché réalisée dans la capitale a tenu le haut du pavé, puisqu'elle a rassemblé plus de 200 000 personnes sur deux cortèges qui ont convergé vers la Faculté du génie de l'Université du Chili, où avait lieu le rassemblement central.
Un dernier sondage indique que 88% des chiliens soutiennent cette lutte, mais la popularité des revendications ne paraît pas avoir de prise sur le gouvernement de droite, qui a de nouveau réprimé l'initiative.
Au moins 110 personnes ont été arrêtées, portant à plus de 370 le nombre de chiliens incarcérés durant les 48 heures qu'a duré la grève. A cet égard, la CONFECH a accusé l'exécutif dirigé par Sebastian Pinera de traiter avec des groupes encagoulés qui se sont infiltrés plus d'une fois dans les marches pacifiques et ont servi de prétexte aux charges des Carabiniers.

Étudiants et professeurs de nouveau dans la rue en novembre
 
Le lendemain de ces gigantesques actions de masses tenues sur tout le territoire, étudiants, professeurs, parents et militants sociaux ont tenté de déposer auprès des élus de la nation le résultat d'un référendum organisé par le syndicat des professeurs, lors duquel s'est clairement exprimé la volonté des Chiliens quant au cap à prendre concernant l’Éducation. Plus d'1,5 millions de personnes y ont participé, plus de 90% d'entre elles se sont déclarées favorables au caractère public, gratuit et de qualité du secteur.
Le groupe a occupé pendant plusieurs heures l'ancien siège du Congrès chilien, à Santiago. Mais outre le fait qu'ils ne sont pas parvenus à déposer les résultats du scrutin, nombre d'entre eux ont été cueillis par la police à la sortie de cet acte symbolique, tandis que les forces de l'ordre dispersait dans le même temps avec des canons à eau les personnes qui venaient manifester leur solidarité avec cet acte de protestation.
Après la grève, la CONFECH s'est réuni de nouveau avec les organisations qui sont dans le mouvement dans une grande assemblée plénière, où il fut décidé que les étudiants rejetaient la proposition de Budget d’État pour 2012, réaffirmaient la revendication de mise en place d'un système d'éducation public, gratuit et de qualité et avançaient, de façon plus large, des propositions à caractère plus général avec comme objectif de démonter l'argumentation gouvernementale sur le manque de moyens.
Pour les étudiants, la solution pour financer une éducation publique, gratuite et de qualité réside dans une profonde réforme fiscale et dans la reprise en main par l’État de l'exploitation des ressources naturelles du territoire, des propositions qui révèlent toute l'énergie transformatrice déclenchée par la lutte de masses.
Lors de la réunion, les structures représentatives des étudiants ont décidé également que la lutte ne faisait que commencer, prévoyant une nouvelle mobilisation pour le 5 novembre. En conférence de presse, la présidente de la Fédération des étudiants de l'Université du Chili et porte-parole de la Confech a appelé les parents et les professeurs à participer à la manifestation.
Camila Vallejo a assuré que, contrairement à ce qu'affirme le gouvernement, le mouvement estudiantin ne donne pas des signes d'essoufflement, et elle a révélé que, bien au contraire, toute sa vitalité se manifeste dans le fait qu'une nouvelle manifestation est prévue pour le 8 novembre, cette fois dans la ville de Valparaiso, où le parlement commencera à discuter du Budget de l’État pour l'an prochain.
La colère des travailleurs s'intensifie, avec les transports en fer de lance
 
Parallèlement aux actions menées par les jeunes étudiants, les travailleurs des transports de Santiago ont entamé lundi une grève illimitée. Les travailleurs se disent las d'attendre que le gouvernement réponde à la proposition d'ouvrir une table des négociations pour traiter des actions illégales qui ont été commises par les entreprises du secteur.
La grève touche près de 2 millions de personnes et a comme causes principales le licenciement de dirigeants syndicaux, la diminution des rémunérations – qui atteint dans certains cas jusqu'à 30% du salaire garanti dans les contrats – et la mise à l'écart des travailleurs de plus de 60 ans.
Ces mesures ont été prises par les nouveaux opérateurs ou les nouvelles directions des entreprises bénéficiant des concessions de transport, en particulier dans les districts du nord de la capitale.
Article originel d'Avante, organe du Parti communiste portugais (PCP)  

samedi 5 novembre 2011

violation du serment d’Hippocrate : Des médecins israéliens sont complices des tortures infligées aux prisonniers palestiniens

samedi 5 novembre 2011
Des médecins israéliens sont complices des mauvais traitements et tortures infligés aux prisonniers palestiniens, en violation du serment d’Hippocrate, ont déclaré dans un rapport publié jeudi deux groupes israéliens de défense des droits de l’homme.

Le rapport se concentre sur les professions médicales qui ont été témoins, ont participé ou été en contact avec les prisonniers qui ont été interrogés par les services du Shin Bet, connus sous le nom d’Agence de Sécurité d’Israël, qui infligent fréquemment des violences physiques ou psychologiques.
L’étude de 61 pages - « Doctoring the Evidence, Abandoning the Victim » - a été rédigée par le Comité public contre la torture en Israël [PCATI], et l’antenne israélienne de Physicians for Human Rights.
Les conclusions sont fondées sur les témoignages et les données concernant plus de 100 victimes de torture et de mauvais traitements, répertoriées par le PCATI depuis 2007, et montrent que les professionnels de la médecine « sont fréquemment impliqués activement ou passivement dans des actes de torture ou de mauvais traitements. »
Le porte-parole du PCATI, Edan Anneau, a déclaré à l’AFP que les victimes étaient toujours des Palestiniens, « accusés d’être impliqués dans des questions de sécurité. »
Que ce soit par leurs actes directs ou par leur silence, les médecins se sont rendus complices de ce qui se passe dans les salles d’interrogatoire, dit le rapport.
Le rapport ajoute que la preuve est établie que les médecins ont ont omis systématiquement de documenter correctement les blessures infligées aux détenus, évitant de signaler les abus, et envoyant des détenus subir des interrogatoires même après avoir constaté les blessures qu’ils avaient subies.
Dans certains cas, ils ont également remis des données médicales privées aux interrogateurs, mettant souvent en priorité les besoins de l’interrogatoire plutôt que le souci de l’état du blessé.
« Ce rapport révèle, avec des preuves significatives, que de nombreux médecins ignorent les plaintes de leurs patients, qu’ils permettent aux interrogateurs de l’Agence israélienne de sécurité d’utiliser la torture, » dit encore le rapport.
Il ajoute que le personnel médical, « approuve l’utilisation de méthodes d’interrogatoire interdites et les mauvais traitements infligés à des détenus sans défense, et dissimule des informations, permettant ainsi une totale impunité pour les tortionnaires. »
Le porte-parole de l’Association médicale israélienne ne pouvait être joint ce jeudi pour commenter le rapport, mais le Service pénitentiaire israélien a prétendu que le personnel dans ses installations suit des procédures qui ont été soumises à une large surveillance.
Anneau a déclaré cependant que de nombreux interrogatoires ont été réalisées dans les propres bâtiments du Shin Bet, plutôt que dans des prisons ordinaires.
Les interrogateurs du Shin Bet sont à l’abri de toute surveillance, d’enquête ou de condamnation par les autorités de police, qui refusent systématiquement la prise en compte des plaintes. Ils sont donc également protégés par des professionnels de la santé qui interagissent avec les détenus.
Anneau a déclaré que des copies du rapport avait été envoyées à l’Association médicale israélienne, au ministère de la santé et à d’autres organismes pertinents.
« Nous espérons que ce rapport aidera le système médical à changer ses méthodes », écrivent le directeur exécutif du PCATI, Ishai Menuchin et Ran Cohen, le directeur exécutif de Physicians for Human Rights en Israël.

4 novembre 2011 - Ma’an News - Vous pouvez consulter cet article à : http://www.maannews.net/eng/ViewDet...
Traduction : Info-Palestine.net

La réunion du G-20 - Ces pays prétendent monopoliser les technologies et les marchés par les brevets, les banques, les moyens de transport les plus modernes ....

Syrie : Amnesty International, le changement de régime et un ambassadeur (Dissident Voice)...Le moment est venu d’aller renverser un autre gouvernement.

Manoeuvre de guerre Otan contre l'Iran - la manœuvre de Decimomannu, confirmant qu’on est en train de mettre au point un plan d’attaque contre l’Iran...

Samedi 5 novembre 2011
.....Hôte d’honneur l’aviation israélienne, qui, avec celles italienne, allemande et hollandaise, s’est exercée à des « attaques à longue portée ». Comme le rapporte ce matin (jeudi 3 novembre 2011, NdT) la presse israélienne elle-même, ceci entre dans le cadre de la préparation d’une attaque contre les implantations nucléaires iraniennes....
 
Les avions de chasse OTAN stationnés à Decimomannu (Cagliari, Sardaigne) avaient à peine fini de bombarder la Libye que s’est immédiatement déroulée dans la base aérienne la manœuvre Vega 2011. Hôte d’honneur l’aviation israélienne, qui, avec celles italienne, allemande et hollandaise, s’est exercée à des « attaques à longue portée ». Comme le rapporte ce matin (jeudi 3 novembre 2011, NdT) la presse israélienne elle-même, ceci entre dans le cadre de la préparation d’une attaque contre les implantations nucléaires iraniennes. La manœuvre fait partie de la coopération militaire Italie-Israël, établie par la Loi du 17 mai 2005. Elle entre aussi en même temps dans le « Programme de coopération individuelle » avec Israël, ratifié par l’OTAN le 2 décembre 2008, trois semaines environ avant l’attaque contre Gaza. Elle comprend non seulement des manœuvres militaires conjointes, mais l’intégration des forces armées israéliennes dans le système électronique OTAN et la coopération dans le secteur des armements. C’est ainsi que la seule puissance nucléaire de la région, Israël, se trouve de fait intégrée dans l’OTAN même si elle refuse de signer le Traité de non-prolifération (alors que l’Iran, qui ne possède pas d’armes nucléaires, l’a signé).  

Il y a deux jours Israël a testé un nouveau missile balistique à longue portée, que le ministre de la défense1 Ehud Barack a défini comme « un important pas en avant dans le domaine balistique et spatial ». Ceci confirme le rapport d’une commission britannique indépendante, que vient de publier le Guardian, selon lequel Israël est engagé à potentialiser ses capacités d’attaque nucléaire, en particulier les missiles balistiques Jéricho 3 à portée intercontinentale de 8-9mille Kms et les missiles de croisière lancés par les sous-marins. Ce programme est soutenu par les plus grands pays de l’OTAN.  

L’Allemagne a fourni à Israël, dans les années 90, trois sous-marins Dolphin (deux sous forme de don) et lui en remettra en 2012 deux autres (dont le coût de 1,3 milliards de dollars est financé pour un tiers par le gouvernement allemand), tandis qu’est ouverte la tractation pour la fourniture d’un sixième sous-marin. Les Dolphin, dotés des systèmes de navigation et de combat les plus sophistiqués, ont été modifiés de façon à pouvoir lancer des missiles de croisière nucléaires à longue portée : les Popeye Turbo, dérivés des étasuniens, avec une portée de 1.500 Kms.
Les Etats-Unis, qui ont déjà fourni à Israël plus de 300 chasseurs bombardiers F-16 et F-15, se sont engagés à lui fournir au moins 75 chasseurs F-35 Joint Strike Fighter de cinquième génération (dont le coût unitaire a grimpé à 120 millions de dollars) et à entraîner en premier les pilotes israéliens, pour former au plus tôt trois escadrilles de F-35 qui constitueront « un nouveau fer de lance stratégique des forces aériennes israéliennes ».
 
L’Italie, dans le cadre de l’accord de coopération militaire, est en train de collaborer à des projets de recherche conjointe surtout avec les instituts israéliens Weizmann et Technion2 , qui effectuent des recherches sur les armes nucléaires et sur celles de nouveau type. Entre dans ce cadre la manœuvre de Decimomannu, confirmant qu’on est en train de mettre au point un plan d’attaque contre l’Iran, avec la participation de forces israéliennes, étasuniennes, britanniques et autres, soutenues par les commandements et les bases OTAN. Et le plan prévoit sûrement, pour décourager d’éventuelles lourdes représailles, de pointer sur la tête du pays attaqué le pistolet avec la balle nucléaire dans le canon.
Manlio Dinucci
envoi Marie Ange Patrizio   
Edition de vendredi 4 novembre de il manifesto
Traduit de l’italien par Marie-Ange Patrizio
 
 

vendredi 4 novembre 2011

Venezuela : Hugo Chavez veut nationaliser l'ARCHIPEL DES LOS ROQUES.

Vendredi 4 novembre
......sous prétexte de préserver la planète, les sites les plus merveilleux  sont  accaparés par les riches et interdit aux pauvres et même aux citoyens moyens...  le phénomène s'étend de jour en jour... Il faudra bien des "Chavez" pour que la terre soit de nouveau rendue à l'humanité.
 
Sale temps pour les riches au Venezuela : le président Hugo Chavez vient de décréter la prochaine nationalisation de l’archipel de Los Roques, où les riches Vénézuéliens ont fait bâtir des propriétés ou amarré leur yacht. Les yachts sont d’ailleurs également visés, puisque le président a estimé qu’ils seraient plus utiles pour promener les touristes.

À 80 milles nautiques au nord de Caracas, l'archipel de Los Roques est un somptueux parc marin quasiment vierge, domaine de rêve pour les passionnés de mers tropicales. Bercées par l'alizé, ces formations coralliennes sont désertiques, la seule ombre présente est celle des palétuviers au vert éclatant, la seule île habitée est celle de Gran Roque, unique point de ravitaillement possible pour les bateaux. L'‘archipel est également le lieu de nidation de nombreuses espèces d'oiseaux et de tortues marines, çà et là quelques pêcheurs artisanaux y capturent la langouste. Au total une vingtaine d'îlots, ainsi qu'une imposante barrière de corail. Le voilier sera notre moyen de transport pour découvrir ces quelque 2000 km² de réserve naturelle sans égal dans toutes les Caraïbes.  L’un des ministres du tourisme du Venezuela en avait fait une réserve naturelle en 1972, pour le protéger des promoteurs immobiliers.
 
Les  partisans de Chavez se frottent les mains : ils se félicitent de l’accessibilité prochaine de ce joyau caraïbe à Monsieur tout le monde, précisément pour l’intérêt de l’archipel, et trouvaient vraiment injuste que seule la jet set pouvait profiter de son caractère exceptionnel.
 
Les écolos sont moins enthousiastes : ils craignent que l’ouverture de Los Roques au tourisme de masse ne détruise ce petit paradis caraïbe.
 
C'est bien là le véritable problème, sous prétexte de préserver la planète, les sites les plus merveilleux  sont  accaparés par les riches et interdit aux pauvres et même aux citoyens moyens...  le phénomène s'étend de jour en jour... Il faudra bien des "Chavez" pour que la terre soit de nouveau rendue à l'humanité.

Cri du Peuple 1871

jeudi 3 novembre 2011

Le mot d’ordre révolutionnaire : Abolition du salariat ! Le mot d’ordre conservateur : « Un salaire équitable pour une journée de travail équitable ».

C’est Karl Marx qui le dit à sa façon :
« Au lieu du mot d’ordre conservateur : « Un salaire équitable pour une journée de travail équitable », ils doivent inscrire sur leur drapeau le mot d’ordre révolutionnaire : « Abolition du salariat. »
Ce n’est pas la première fois que nous abordons cette question de l’abolition du salariat, et pourtant il nous apparaît indispensable d’y revenir à nouveau aujourd’hui.
Pourquoi aujourd’hui ?
La crise du capitalisme s’approfondit. Chaque jour, ou presque, l’on nous dit que toutes les dispositions viennent d’être prises, soit nationalement, soit au niveau européen ou mondial, pour en sortir. Chaque jour, l’on nous dit que, cette fois, c’est la bonne : juré, promis, il n’y a plus à y revenir...
Et pourtant, le lendemain...
Le lendemain pourtant, et de nouveau, la crise a resurgi, sous l’une des formes multiples selon lesquelles elle se manifeste, plutôt sous l’une des formes dont on nous dit qu’elle se manifeste...
Tour à tour, c’est ainsi la « crise de l’euro », la « crise de la dette », la « crise des marchés », la « crise des agences de notation », la « crise des banques », la « crise de l’Europe », que sais-je encore...
Mais parler purement et simplement de « crise du capitalisme » est devenu interdit !
Et l’on comprend bien pourquoi ! Car s’il est bien vrai qu’il s’agit bel et bien d’une crise du capitalisme, qui plus est qui ne cesse de s’approfondir, et à laquelle personne ne comprend plus grand-chose, le questionnement prend tout de suite une tout autre ampleur.
C’est tout un contexte historique qui revient à la surface. Un contexte dont ceux qui nous dirigent, les représentants des principales forces politiques, croyaient bien en avoir terminé avec le siècle dernier, lui-même échu !
La crise du capitalisme, cela évoque bien évidemment les alternatives au capitalisme telles qu’elles se seraient exprimées, et telles qu’elles auraient échoué au 20ème siècle...
Le socialisme, le communisme, auraient ainsi échoué et, en conséquence, bien sûr, il ne saurait être question de les remettre à l’ordre du jour, en dépit des efforts de quelques nostalgiques...
Toutefois, il en est, mais il ne faut surtout pas en parler, qui viennent contrarier ces visées réjouissantes de tous les partisans, avoués ou non, du capitalisme...
Ceux-là font la preuve, eux, que socialisme et communisme n’ont pu échouer puisque socialisme et communisme n’ont jamais existé nulle part...
La preuve par Marx lui-même...
Nous en faisons à nouveau la démonstration avec les textes ci-dessous, extraits de « Travail salarié et Capital » et de « Salaire, prix et profit ».(Editions Sociales – 1969)

LA SUPPRESSION DU TRAVAIL SALARIE CAPITALISTE

C’est le titre de « l’Introduction au projet de programme pour le Parti ouvrier français de 1880 ». Ce texte est reproduit pour terminer l’exposé de Marx sur le rapport entre le travail salarié et le capital.
Cette introduction (sous forme de considérants) a été écrite par Marx...Engels considère que c’est « un chef d’oeuvre, comme j’en connais peu, de démonstration frappante qui éclaire en quelques mots les masses et dont la forme concrète m’a plongé moi-même dans l’étonnement. »
Voici cette introduction :
« Considérant,
Que l’émancipation de la classe productive est celle de tous les êtres humains sans distinction de sexe ni de races ;
Que les producteurs ne sauraient être libres qu’autant qu’ils seront en possession des moyens de production (terre, usines, navires, banques, crédits, etc.) ;
Qu’il n’y a que deux formes sous lesquelles les moyens de production peuvent leur appartenir ;
1. La forme individuelle qui n’a jamais existé à l’état de fait général et qui est éliminée de plus en plus par le progrès industriel ;
2. La forme collective dont les éléments matériels et intellectuels sont constitués par le développement même de la société capitaliste ;
Considérant :
Que cette appropriation collective ne peut sortir que de l’action révolutionnaire de la classe productive – ou prolétariat – organisée en parti politique distinct ;
Qu’une pareille organisation doit être poursuivie par tous les moyens dont dispose le prolétariat, y compris le suffrage universel, transformé ainsi d’instrument de duperie qu’il a été jusqu’ici en un instrument d’émancipation ;
Les travailleurs socialistes français, en donnant pour but à leurs efforts l’expropriation politique et économique de la classe capitaliste et le retour à la collectivité de tous les moyens de production, ont décidé, comme moyens d’organisation et de lutte, d’entrer dans les élections avec les revendications suivantes. »

L’ABOLITION DEFINITIVE DU SALARIAT

Dans le même ouvrage, Marx lui-même conclut « Salaire, prix et profit » par les lignes suivantes :
« ...le développement même de l’industrie moderne doit nécessairement faire pencher toujours davantage la balance en faveur du capitaliste contre l’ouvrier et que, par conséquent la tendance générale de la production capitaliste n’est pas d’élever le niveau moyen des salaires mais de l’abaisser, c’est-à-dire de ramener, plus ou moins, la valeur du travail à sa limite la plus basse.
« Mais, telle étant la tendance des choses dans ce régime, est-ce à dire que la classe ouvrière doive renoncer à sa résistance contre les empiétements du capital et abandonner ses efforts pour arracher dans les occasions qui se présentent tout ce qui peut apporter quelque amélioration à sa situation ?
« Si elle le faisait, elle se ravalerait à n’être plus qu’une masse informe, écrasée, d’êtres faméliques pour lesquels il ne serait plus de salut...
« En même temps, et tout à fait en dehors de l’asservissement général qu’implique le régime du salariat, les ouvriers ne doivent pas s’exagérer le résultat final de cette lutte quotidienne.
« Ils ne doivent pas oublier qu’ils luttent contre les effets et non contre les causes de ces effets, qu’ils ne peuvent que retenir le mouvement descendant, mais non en changer la direction, qu’ils n’appliquent que des palliatifs, mais sans guérir le mal.
« Ils ne doivent donc pas se laisser absorber exclusivement par ces escarmouches inévitables que font naître sans cesse les empiétements ininterrompus du capital ou les variations du marché.
« Il faut qu’ils comprennent que le régime actuel, avec toutes les misères dont il les accable, engendre en même temps les conditions matérielles et les formes sociales nécessaires pour la transformation économique de la société.
« Au lieu du mot d’ordre conservateur « Un salaire équitable pour une journée de travail équitable », ils doivent inscrire sur leur drapeau le mot d’ordre révolutionnaire : « Abolition du salariat. »...
« Je conclurai en proposant d’adopter la résolution suivante :
1. Une hausse générale du taux des salaires entraînerait une baisse générale des profits, mais ne toucherait pas en somme au prix des marchandises.
2. La tendance générale de la production capitaliste n’est pas d’élever le salaire normal moyen, mais de l’abaisser.
3. Les syndicats agissent utilement en tant que centres de résistance aux empiétements du capital. Ils manquent en partie leur but dès qu’ils font un emploi peu judicieux de leur puissance. Ils manquent entièrement leur but dès qu’ils se bornent à une guerre d’escarmouches contre les effets du régime existant, au lieu de travailler en même temps à sa transformation et de se servir de leur force organisée comme d’un levier pour l’émancipation définitive de la classe travailleuse, c’est-à-dire pour l’abolition définitive du salariat. »

LE PRODUIT TOUT ENTIER DU TRAVAIL

Toujours dans le même ouvrage, on trouve « Deux articles de Friedrich Engels. »
Le second article, intitulé « La loi du salaire », se conclut ainsi :
« Mais la loi du salaire n’est pas abolie par la lutte des syndicats. Au contraire, on ne fait justement alors que l’appliquer. Sans les moyens de résistance des syndicats, l’ouvrier ne touche même pas ce qui lui revient suivant les normes de la loi du salaire.
« Seule, la crainte des syndicats peut contraindre le capitaliste à accorder aux ouvriers la pleine valeur courante de la force de travail. Vous en exigez une preuve ? Alors, comparez les salaires qui sont consentis aux membres des grands syndicats avec ceux qui sont payés dans les innombrables petites entreprises de ce marais pestilentiel et terrifiant situé à l’est de Londres.
« Donc, les syndicats ne luttent pas contre la loi du salaire. Mais ce n’est pas le salaire élevé ou inférieur qui amène la dégradation de la classe ouvrière.
« Cette dégradation consiste dans le fait que la classe ouvrière, au lieu de recevoir le produit intégral de son travail, doit se contenter d’une partie de la partie qu’on appelle salaire.
« Le capitaliste empoche le produit tout entier parce qu’il est possesseur des moyens de travail et il s’en sert pour payer les salaires du travail.
« C’est pourquoi il n’y a pas d’émancipation possible de la classe ouvrière tant qu’elle ne sera pas en possession de tous les moyens de travail : terre, matières premières, machines, etc., et partant en possession du produit tout entier de son travail. »

NOUS NE PARTONS PAS DE RIEN

Bien évidemment, ces textes n’épuisent pas les apports de Marx et d’Engels s’agissant de l’importance, du caractère indispensable de l’abolition du salariat pour sortir du capitalisme. C’est ce que Marx appelait ailleurs une « tautologie », c’est-à-dire une évidence.
Tout aussi évidemment, les activités humaines continueront à être nécessaires pour produire ce dont les êtres humains auront besoin pour vivre, mais ce sont ces êtres humains qui en décideront eux-mêmes et ce ne dépendra plus alors de règles qui leur seront extérieures, celles du marché capitaliste par exemple.
On peut penser aussi que des formes de revenus seront encore nécessaires pour faciliter les échanges, tout en prenant en compte que les gratuités peuvent se développer.
Nous ne partons pas de rien s’agissant des réponses aux questionnements qui surgissent.
Dans certaines limites, le peuple français, par ses luttes, a pu faire avancer nombre de ses aspirations.
Je viens de parler des gratuités , il en existe déjà dans notre société, on peut certainement en faire grandir le nombre et les domaines concernés.
De même, il existe nombre de revenus qui ne sont pas strictement des salaires, même s’ils dépendent, de même que toutes les richesses produites par notre société, du travail et activités des membres de cette société.
Nous pouvons en citer quelques-uns : bourses et revenus étudiants, congés payés, congés-maladies, allocations familiales, allocations-logement, pensions et retraites, etc. Ce sont des revenus socialisés.
Nombre d’organisations militent, non sans échos, pour la création de revenus d’existence, sous différentes formes...
J’ai déjà eu l’occasion de dire qu’il existait déjà des éléments de communisme dans notre société, même si cela est aujourd’hui nécessairement limité puisque c’est le capitalisme qui est dominant.
N’empêche, je pense important de le montrer, de montrer que ce n’est pas impossible à réaliser puisqu’il en existe déjà des bases réelles.
Le montrer, ce n’est pas, je crois, effacer l’ampleur du changement révolutionnaire qui reste à accomplir pour que le peuple français, et d’autres partout dans le monde, puissent s’engager dans la voie de la construction d’une société communiste.

Michel Peyret
3 novembre 2011

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