vendredi 30 septembre 2011

Libye : Détruire, détruire... et après ?

"Un pays entier a été déstabilisé et détruit, son peuple a été mené à une extrême pauvreté. Dès le départ, le but des bombardements de l’OTAN consistait à anéantir le niveau de vie, les infrastructures sanitaires, les écoles, les hôpitaux et le réseau de distribution d’eau du pays, pour ensuite « reconstruire » avec l’aide des donateurs et créanciers gouvernés par le FMI et la Banque mondiale", démontre Michel Chossudovsky.

Et tout cela pour la modique somme de ... ?
En Grande-Bretagne, les chiffres ont été revus à la hausse. La présentatrice du JT, indique que les bombardements sur la Libye auront coûté 2,7 milliards de dollars à son pays, soit 7 fois plus qu’annoncé par le gouvernement britannique dans un premier temps.

Et en France ? C’est pas la crise pour tout le monde... Mais quand on tue et on détruit, on ne compte pas, c’est connu !
Michel Chossudovsky, directeur du Centre de recherche sur la mondialisation et professeur émérite de sciences économiques à l’Université d’Ottawa, analyse les conséquences de la destruction du niveau de vie d’un pays.
"Alors qu’un gouvernement rebelle « prodémocratique » a été établi, le pays a été détruit. Avec la propagande de guerre en toile de fond, les réussites économiques et sociales de la Libye des trente dernières années ont été brutalement ruinées :
La Jamahiriya arabe libyenne a un niveau de vie élevé et un solide apport calorique quotidien de 3144 par habitant. Le pays a fait des progrès sur le plan de la santé publique et depuis 1980, le taux de mortalité infantile a chuté de 70 à 19 sur mille naissances vivantes. L’espérance de vie est passée de 61 à 74 ans durant la même période. (FAO, Rome, Libya, Country Profile)
Selon des secteurs de la « gauche progressiste » ayant endossé le mandat de la responsabilité de protéger de l’OTAN, « l’ambiance en Libye, particulièrement à Tripoli, est celui d’un sentiment d’euphorie, partout. Les gens sont incroyablement excités à l’idée de repartir à zéro. Il y a vraiment une sensation de renaissance, une impression que leurs vie recommencent. (DemocracyNow.org, 14, septembre 2011. C’est l’auteur qui souligne.)
On présente simplement les rebelles comme des « libérateurs ». Le rôle principal des terroristes affiliés à Al-Qaïda dans les rangs des rebelles n’est pas mentionné.
« Recommencer à zéro » dans la foulée de la destruction ? La peur et le désespoir social, les innombrables décès et les atrocités sont amplement documentés dans les médias indépendants.
Il n’y a pas d’euphorie. Il s’est produit un renversement historique dans le développement économique et social du pays. Les réalisations ont été effacées.
L’invasion et l’occupation de l’OTAN signalent la « renaissance » désastreuse du niveau de vie libyen. Voici la vérité interdite et inexprimée : un pays entier a été déstabilisé et détruit, son peuple a été mené à une extrême pauvreté.
Dès le départ, le but des bombardements de l’OTAN consistait à anéantir le niveau de vie, les infrastructures sanitaires, les écoles, les hôpitaux et le réseau de distribution d’eau du pays, pour ensuite « reconstruire » avec l’aide des donateurs et créanciers gouvernés par le FMI et la Banque mondiale.
Les diktats du « marché libre » sont une condition préalable à l’instauration d’une « dictature démocratique » à l’occidentale.
Il y a eu environ 9 mille sorties de frappe, des dizaines de milliers de frappes sur des cibles civiles, incluant des zones résidentielles, des édifices gouvernementaux, des installations électrogènes et d’approvisionnement d’eau. (Voir Communiqué de l’OTAN, 5 septembre 2011. 8140 sorties de frappe du 31 mars au 5 septembre 2011.)
Un pays en entier a été bombardé avec l’artillerie la plus sophistiquée qui soit, y compris des munitions à revêtement d’uranium.
Déjà en août, l’UNICEF annonçait que le bombardement intensif des infrastructures hydrauliques libyennes par l’OTAN « pourrait se transformer en une crise sanitaire sans précédent ». (Christian Balslev-Olesen du bureau de l’UNICEF en Libye, août 2011.)
Entre-temps, les investisseurs et donateurs se sont positionnés. « La guerre, c’est bon pour les affaires. » L’OTAN, le Pentagone et les institutions financières internationales (IFI) établies à Washington collaborent étroitement. Ce qui a été détruit par l’OTAN sera reconstruit et financé par les créanciers externes de la Libye, chapeautés par le « consensus de Washington » :
« On a spécifiquement demandé à la Banque [mondiale] d’examiner les besoins de réparation et de restauration des services dans les secteurs de l’eau, de l’énergie et du transport [bombardés par l’OTAN] et, en coopération avec le Fonds monétaire international, d’appuyer la préparation du budget [mesures d’austérité] et d’aider à remettre le secteur bancaire sur pied [la banque centrale libyenne a été l’un des premiers édifices gouvernementaux à être bombardés]. La création d’emplois pour les jeunes Libyens a été ajoutée aux besoins urgents auxquels le pays est confronté. » (Aide de la Banque mondiale à la Libye en vue de sa reconstruction et de la fourniture de services essentiels à ses citoyens C’est l’auteur qui souligne.)
Les réussites de la Libye sur le plan du développement
Peu importe l’opinion que l’on peut avoir de Mouammar Kadhafi, le gouvernement libyen postcolonial a joué un rôle clé dans l’élimination de la pauvreté et le développement des infrastructures sanitaires et d’enseignement. Selon la journaliste italienne Yvonne de Vito :
« Contrairement aux autres pays ayant connu une révolution, la Libye est considérée comme la Suisse du continent africain. Elle est très riche et l’éducation est gratuite, les soins de santé sont gratuits et les conditions pour les femmes sont bien meilleures que dans d’autres pays arabes. » (Russia Today, 25 août 2011.)
Ces développements contrastent drastiquement avec ce que la plupart des pays du tiers-monde ont été en mesure d’« accomplir » dans le cadre d’une « démocratie » et d’une « gouvernance » à l’occidentale, et le contexte d’un traditionnel programme d’ajustement culturel (PAS) du FMI et de la Banque mondiale.
Système de santé public
Avant l’« intervention humanitaire » de l’OTAN, le système de santé public en Libye était le meilleur d’Afrique. « Tous les citoyens ont [avaient] accès gratuitement aux soins de santé publics. En Afrique du nord, le pays affiche les plus hauts taux d’alphabétisation et d’inscriptions aux collèges et universités. Le gouvernement augmente [augmentait] substantiellement le budget du développement pour les services de santé. (WHO Libya Country Brief).
L’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) a confirmé que la dénutrition était en-deçà de 5 % avec un apport calorique quotidien de 3144. (Les données de la FAO relatives à l’apport calorique indiquent la disponibilité plutôt que la consommation.)
La Jamahiriya arabe libyenne fournissait à ses citoyens ce qui est refusé à bien des Étasuniens : des services de santé gratuits et une éducation gratuite, comme le confirment les données de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) et de l’UNESCO.
Selon l’OMS, l’espérance de vie à la naissance était de 72,3 ans (2009), l’une des plus élevées des pays en développement.
Le taux de mortalité infantile des moins de 5 ans pour 1000 naissances vivantes a chuté, passant de 71 en 1991 à 14 en 2009. (WHO Libya Country Brief).
INFORMATION GÉNÉRALE Jamahiriya arabe libyenne 2009, source OMS : http://www.emro.who.int/emrinfo/index.aspx?Ctry=liy
Éducation
Le taux d’alphabétisme était de 89 % en 2009, (94 % chez les hommes et 83 % chez les femmes) et 99,9 % des jeunes sont alphabètes. (UNESCO données de 2009. Voir UNESCO, Profil de la Libye)
Le ratio brut d’effectifs scolarisés au primaire était de 97 % pour les garçons et les filles. (Voir les tableaux de l’UNESCO)
Le ratio de professeurs stagiaires dans les écoles primaires libyennes était de 17 et 74 % des enfants graduant de l’école primaire étaient inscrits à l’école secondaire (données de 1983 de l’UNESCO).
Selon des données plus récentes, lesquelles confirment une nette augmentation des effectifs scolarisés, le taux brut de scolarisation (TBS) dans les écoles secondaires était de l’ordre de 108 % en 2002. « Pour un niveau d’éducation donné, le TBS représente le nombre d’enfants scolarisés, quel que soit leur âge, exprimé en pourcentage du groupe d’âge pour ce niveau » (Ibid).
En ce qui a trait aux effectifs scolarisés au niveau supérieur (postsecondaire, collège et université), le TBS était de 54 % en 2002 (52 chez les hommes et 57 chez les femmes). (Pour plus de détails voir Profil éducation (tous les niveaux) - Jamahiriya arabe libyenne)
Droits des femmes
Relativement aux droits des femmes, la Banque mondiale cite des performances significatives.
« Au cours d’une période relativement courte, la Libye a réussi à offrir un accès universel à l’éducation primaire avec 98 % d’effectifs scolarisés au secondaire et 46 % au niveau supérieur. Dans la dernière décennie, les effectifs féminins ont augmenté de 12 % à tous les niveaux d’éducation. Aux niveaux primaire et secondaire, les filles ont dépassé les garçons de 10 %. » (World Bank Libya Country Brief. C’est l’auteur qui souligne.)
Contrôle des prix des produits alimentaires de première nécessité
Dans la plupart des pays en développement les prix des denrées alimentaires essentielles ont monté en flèche en raison de la déréglementation des marchés, la levée du contrôle des prix et l’élimination des subventions, suivant les conseils de la Banque mondiale et du FMI favorisant le « marché libre ».
Ces dernières années, les prix du carburant et des denrées alimentaires essentielles ont augmenté drastiquement à la suite de transactions spéculatives sur les grandes bourses de marchandises.
La Libye a été l’un des rares pays en développement à maintenir un système de contrôle des prix sur les denrées alimentaires de première nécessité.
Le président de la Banque mondiale Robert Zoellick a reconnu dans une déclaration d’avril 2011 que le prix des denrées alimentaires essentielles avait grimpé de 36 % au cours de la dernière année. (Voir Robert Zoellick, World Bank.)
La Jamahiriya arabe libyenne avait instauré un système de contrôle de prix sur ces denrées, lequel était toujours en vigueur au début de la guerre menée par l’OTAN.
Alors que l’augmentation des prix des aliments dans les pays voisins comme la Tunisie et l’Égypte ont déclenché des troubles sociaux et une dissidence politique, le système de subventions alimentaires en Libye a été maintenu.
Ces faits sont confirmés par plusieurs agences spécialisées de l’ONU.
« La diplomatie des missiles » et « le marché libre »
La guerre et la mondialisation sont intrinsèquement liées. Le FMI et l’OTAN travaillent en tandem, en lien avec les cercles de réflexion de Washington.
Les pays peu disposés à accepter les remèdes enrobés de sucre de la « médecine économique » du FMI feront tôt ou tard l’objet d’une opération humanitaire de l’OTAN en vertu de sa responsabilité de protéger.
Déjà Vu ? Sous le règne de l’Empire britannique, « la diplomatie canonnière » était une façon d’imposer le « libre-échange ». Le 5 octobre 1850, l’envoyé britannique au Siam, Sir James Brooke, avait recommandé au gouvernement de Sa Majesté que :
« [S]i ces exigences équitables [d’imposer le libre-échange] étaient refusées, la présence d’une force serait immédiatement requise pour les faire respecter par la destruction rapide des défenses du fleuve [Chao Praya] […] Le Siam devrait avoir la leçon qu’il mérite depuis longtemps : son gouvernement devrait être remodelé, un roi plus favorable mis sur le trône et une influence devrait être acquise dans le pays, le rendant ainsi important pour l’Angleterre sur le plan commercial. (The Mission of Sir James Brooke, cité dans M.L. Manich Jumsai, King Mongkut et Sir John Bowring, Chalermit, Bangkok, 1970, p. 23)
Aujourd’hui nous appelons cette tactique « changement de régime » et « diplomatie de missile », laquelle prend invariablement la forme d’une « zone d’exclusion aérienne » sous l’égide de l’ONU. Son but est d’imposer la « médecine économique » fatale du FMI, faite de mesures d’austérité et de privatisation.
Les programmes de « reconstruction » des pays déchirés par la guerre et financés par la Banque mondiale sont en coordination avec la planification militaire des États-Unis et de l’OTAN. Ils sont toujours formulés avant l’offensive militaire.
La confiscation des avoirs financiers libyens
Les avoirs financiers étrangers bloqués de la Libye sont estimés à 150 milliards de dollars, les pays de l’OTAN en détenant plus 100 milliards.
Avant la guerre, la Libye n’avait pas de dettes. Au contraire. C’était un pays créancier investissant dans les pays africains voisins.
L’intervention militaire en vertu de la « responsabilité de protéger » vise à pousser la Jamahiriya arabe libyenne dans le carcan d’un pays en développement endetté, sous la supervision des institutions de Bretton Woods établies à Washington.
Ironie amère du sort, après avoir volé la richesse pétrolière libyenne et confisqué ses avoirs financiers à l’étranger, la « communauté de donateurs » s’est engagée à prêter cet argent (volé) pour financer la « reconstruction » d’après-guerre en Libye. La Libye doit joindre les rangs des pays africains endettés que le FMI et la Banque mondiale ont menés à la pauvreté depuis l’offensive de la crise de la dette au début des années 1980.
Le FMI a promis 35 milliards de dollars de financement [prêts] supplémentaire aux pays affectés par les soulèvements du printemps arabe et a reconnu formellement le conseil intérimaire libyen comme autorité légitime, ouvrant ainsi l’accès à une myriade de prêteurs internationaux alors que le pays envisage de se reconstruire après une guerre de six mois. […]
La reconnaissance du FMI est significative pour les dirigeants intérimaires de la Libye puisque cela signifie que les banques internationales de développement et les donateurs tels que la Banque mondiale peuvent maintenant offrir du financement.
Les pourparlers de Marseille ont eu lieu quelques jours après que les dirigeants mondiaux se furent entendus pour dégeler des milliards de dollars d’avoirs [d’argent volé] pour aider [par des prêts] les dirigeants intérimaires libyens à restaurer des services fondamentaux et à reconstruire après un conflit ayant mis fin à 42 ans de dictature.
L’accord de financement par les grandes puissances économiques du Groupe des 7 et de la Russie vise à appuyer les efforts de réforme [ajustement structurel sous l’égide du FMI] dans la foulée des révoltes en Afrique du Nord et au Moyen-Orient.
Le financement vient principalement sous forme de prêts plutôt que de subventions. La moitié provient du G8 et des pays arabes, et le reste de divers prêteurs ainsi que de banques de développement. (Financial Post, 10 septembre 2011. C’est l’auteur qui souligne.)
http://www.truthseeker444.blogspot.com/
TABLEAU (Traduction)
Estimation des fonds libyens investis à l’étranger par la Libyan Investment Authority (Autorité libyenne d’investissements) 150 milliards.
États-Unis 34 milliards
Grande-Bretagne 19,2 milliards
France 10,56 milliards
Belgique 19 milliards
Italie 9,73 milliards
Pays-Bas 4,17 milliards
Canada 2,4 milliards
La totalité des fonds détenus par l’alliance envahisseuse de l’OTAN est de 99,9 milliards de dollars. Il se trouve que près des 2/3 des investissements libyens à l’étranger sont détenus dans des pays constituant les forces envahisseuses de l’OTAN !
L’Allemagne possède 9,73 milliards de plus !
Article original en anglais : Destroying a Country’s Standard of Living : What Libya Had Achieved, What has been Destroyed, publié le 23 septembre 2011.
http://www.mondialisation.ca/index....
(Traduction par Julie Lévesque pour Mondialisation.ca )
CAPJPO-EuroPalestine

Vers la fin de l’Orientalisme

Publié le 30/09/2011

La mort de Mohamed Bouazizi n’aurait pas déclenché la révolution si le monde arabe ne s’était reconnu en cet étudiant sans emploi. Cette révolution arabe met un terme à l’idéologie de l’Orientalisme, construction littéraire européenne qui réduisait les Arabes à être « différents ». Les révolutionnaires arabes nous disent aujourd’hui qu’ils en ont assez de la pseudo fatalité culturelle, du despotisme et de la pauvreté de masse.
Par Guy Sorman
Il existe comme un scénario de toute Révolution, qui d’un événement mineur conduit à la naissance d’un nouveau monde. La prise de la Bastille, une anecdote, débouchait quatre ans plus tard sur la mort du Roi et la République ; dans le monde arabe, le procès de Hosni Moubarak, l’homme le plus puissant du Proche-Orient, aura été la conséquence inattendue du suicide d’un marchand de légumes, dans la banlieue de Tunis. Mohamed Bouazizi, immolé par le feu en décembre 2010, n’est pas sans rappeler le suicide de l’étudiant tchèque Jan Palach, en 1969, point de départ rétrospectif de la révolution démocratique en Europe de l’Est.
La mort de Bouazizi n’aurait pas déclenché la révolution si le monde arabe ne s’était reconnu en cet étudiant sans emploi qui, pour survivre, s’était fait vendeur à la sauvette, à qui un policier confisqua son étal parce que Bouazizi avait négligé de payer les autorités locales. Depuis vingt ou trente ans, intellectuels, avocats, syndicalistes et activistes islamistes avaient, en vain, essayé de soulever le monde arabe contre la corruption, contre les tyrans, qu’ils fussent Rois ou Présidents. C’est en Bouazizi que les foules arabes se sont reconnues : un étudiant qui avait cru qu’un diplôme conduirait vers un emploi digne et découvrit que seules la corruption et la complicité avec le pouvoir autorisaient une vie décente. Il aura fallu aussi, pour qu’éclate la Révolution, la diffusion instantanée de son martyre, par les réseaux sociaux, Facebook en particulier. Facebook seul n’aurait pas suffi : depuis deux ans, chaque vendredi, les organisateurs de Révolutions de la Place Tahrir au Caire, des étudiants, convoquaient en vain des manifestations avec les slogans abstraits de la démocratie. La mort de Bouazizi a tout changé, « parlant » directement au peuple : la Révolution arabe, soudain, avait sa Bastille.
On ne se penchera jamais assez sur ce personnage, tant son destin résume celui des Arabes et leurs aspirations : son histoire personnelle est comme une photographie des sociétés arabes et de ce que désormais elles rejettent. Sociétés arabes et non pas sociétés musulmanes : la géographie de la Révolution recoupe celle de la civilisation arabe, du Maroc à la Syrie et s’arrête aux portes du monde musulman non arabe. La Turquie n’est pas plus affectée que l’Iran, le Pakistan ou l’Indonésie. Arabité de la Révolution et absence des mouvements islamistes : pris de court, absents des manifestations de Tunisie, du Maroc, de l’Égypte, de Barhein, de Libye, du Yémen et de Syrie, les islamistes que l’on croyait en phase avec les peuples, se sont ralliés, tardivement, à une revendication démocratique et économique étrangère à leur discours moralisateur et archaïque. La Révolution en cours est arabe, parce qu’il existe, par-delà les frontières héritées de la colonisation, une communauté de destin des Arabes : elle est culturelle et historique, plus que religieuse. L’opinion arabe reste façonnée par le souvenir d’un passé lointain et glorieux : l’Âge d’Or.  C’était au XIIe siècle mais il n’empêche que les dirigeants arabes ont exploité la nostalgie du passé plus qu’ils n’ont préparé l’avenir. Cette nostalgie, qui n’existe pas en Asie musulmane, a incité au ressentiment plus qu’à l’investissement : le Coran n’explique donc pas la pauvreté dans le monde arabe puisque la même religion n’a pas interdit aux Turcs, aux Malais ou aux Indonésiens de mener la course en tête de la mondialisation et du progrès économique. Les révolutionnaires arabes rejettent ce mythe de l’Âge d’Or qui les enferme dans un passé idéalisé : ralliés au progrès, à la science, ils en ont assez d’être maintenus à la périphérie du monde contemporain. Les jeunes Cairotes surfent sur Facebook pas sur la Sharia. Le second trait unificateur du monde arabe est la colonisation européenne. Tous les peuples arabes furent colonisés et la décolonisation est à l’origine du despotisme arabe tel qu’il est aujourd’hui : le pouvoir arabe, militaire le plus souvent, fut arraché aux colonisateurs ou négocié avec eux, sans consultation des peuples. Un péché originel conforté par un demi-siècle de collusion avec les anciens colonisateurs : les Occidentaux n’ont cessé de soutenir les despotes arabes (y compris Saddam Hussein jusqu’en 2001), considérant que la tyrannie était la forme de gouvernement la mieux adaptée à la culture arabe : ce que Jacques Chirac déclarait ouvertement. La collusion la plus achevée entre despotisme arabe et gouvernements occidentaux fut le régime de Moubarak : subventionné en échange de la paix au Proche-Orient et de la répression d’un danger islamiste, exagéré par calcul de part et d’autre. Ce contrat mafieux dénoncé par les révolutionnaires arabes : la Révolution arabe achève ainsi l’histoire de la décolonisation et met un terme à ce que l’historien palestinien, Edward W. Saïd, appelait l’Orientalisme. Cette idéologie, une construction littéraire européenne, selon Saïd, réduisait les Arabes à être « différents » : l’Arabe passif, lascif, fourbe, soumis, dont Saïd retrouvait la trace dans le roman, les arts plastiques, le cinéma avait imprégné les esprits occidentaux, légitimant la colonisation au XIXe siècle, puis le soutien au despotisme au XXe siècle. Dans cette idéologie « Orientaliste », il paraissait naturel que les Arabes fussent pauvres, sauf lorsqu’ils découvraient du pétrole. Les révolutionnaires arabes, aujourd’hui, nous disent qu’ils ne sont plus des Orientaux : assez de la pseudo fatalité culturelle, du despotisme et de la pauvreté de masse.
Peut-on généraliser, parler d’une Révolution arabe, sans tenir compte des nuances locales ? Il est remarquable que les Républiques soient plus ébranlées que les monarchies. Sans doute, les monarchies (Maroc, Arabie Saoudite en particulier) conservent-elles quelque légitimité qui tient à leur ancienneté et à leur autorité religieuse ; et les monarchies redistribuent plus que les Républiques. Avec les ressources du pétrole, la famille Saoudienne concède « gratuitement » au peuple, logement, éducation et santé ; la République égyptienne ne distribue que du pain, de l’huile et des pois chiches. Le degré de redistribution explique une stabilité plus grande du régime Saoudien que du régime égyptien, au rebours de ce qui avait toujours été envisagé par les chancelleries européennes. Aveuglées par l’idéologie Orientaliste, celles-ci auront été remarquables par leur imprévoyance : maintenant, les gouvernements européens et nord-américains se rallient lentement, sans enthousiasme, à un futur démocratique arabe. Ce futur est-il certain ?
Les révolutions sont des processus lents et aléatoires qui conduisent au Bonapartisme ou à l’Ayatollacratie, aussi souvent qu’à la démocratie libérale. Il n’empêche que les Arabes ont d’ores et déjà conquis des droits nouveaux et certainement irréversibles, à commencer par la liberté d’expression et d’opinion. On imagine mal les Marocains, les Égyptiens, les Tunisiens et les Saoudiennes s’en retourner au silence et à la soumission : l’alliance de la Révolution et du web paraît irréversible. L’apparition de médias et de partis politiques indépendants semble également acquise : la résistance des dirigeants libyens et syriens est un combat d’arrière-garde. Seule, la dictature algérienne semble inébranlable, pour l’instant, grâce à une mixture de répression et de redistribution. De la liberté d’expression acquise à la démocratie libérale à construire, la route sera chaotique mais possible. L’état de droit, le respect des minorités, l’alternance au pouvoir, une justice indépendante ne sont pas incompatibles avec la culture arabe : ils firent d’ailleurs une brève apparition au cours des années 1920 à 1950, mais réservés à une bourgeoisie compromise avec les colonisateurs. Instaurer ou restaurer ces institutions sera long et les militaires tenteront de freiner ainsi qu’ils le firent en Turquie et s’y adonnent aujourd’hui en Égypte.
Si l’on devait s’aventurer, on envisagera que le destin de la Révolution sera tributaire du taux de croissance. Ceux qui se sont reconnus en Bouazizi trouveront-ils, ou non, un emploi décent ? Ceci exigera, compte tenu de la croissance démographique et de l’exode rural inachevé dans le monde arabe, un taux de croissance supérieur à 5%. Cet objectif peut être atteint si les gouvernements présents et futurs du monde arabe accordent à leurs citoyens et aux investisseurs étrangers, le droit de créer des entreprises. À titre d’exemple, il faut à présent deux ans de démarches administratives, assorties de nombreux bakchichs, pour obtenir le droit d’ouvrir une boulangerie au Caire. Dans tous les pays arabes, la voie rapide vers l’enrichissement personnel n’est pas l’innovation, ni l’investissement, mais une relation familiale ou clientéliste avec le pouvoir politique. En Égypte, les militaires et leurs obligés monopolisent les activités les plus rentables ; au Maroc et en Syrie, le roi et le gouvernement octroient à leurs entourages les terres les plus fertiles et des licences d’importation exclusive ; en Arabie Saoudite, l’entreprise Ben Laden, proche du souverain, emporte tous les marchés de travaux publics. Les économies arabes peuvent être qualifiées de « capitalisme des copains et des coquins », tandis que loin du pouvoir, le petit peuple survit – comme Bouazizi – dans un vaste secteur informel. N’est-il pas paradoxal que l’esprit d’entreprise soit ainsi réprimé dans une civilisation qui exalte le commerce et le profit ? L’Islam est la seule religion qui fut fondée par un commerçant.
Depuis le début du soulèvement, c’est en termes politiques – la démocratie, les partis, la justice – que révolutionnaires et contre révolutionnaires s’opposent. Mais à terme, l’ouverture du marché économique à l’initiative privée déterminera le destin de la Révolution. Si le capitalisme des copains persiste et interdit la croissance, les islamistes radicaux pourraient apparaître telle une alternative aux peuples déçus. L’autre voie serait de s’inspirer du voisin turc, devenu en quelques années un « dragon anatolien », par la vertu de ses petits entrepreneurs et de sa proximité avec l’Europe. Rien dans la culture arabe et musulmane ne s’oppose par principe à un dénouement comparable.
Source : Contrepoints
Sur le web

IL Y AURA UN JOUR UN ÉTAT PALESTINIEN SOUVERAIN ! Les pleureuses onusiennes

Le 30 Septembre 2011   

Assurément, il y aura un jour un État palestinien souverain mais ce ne sera jamais ce bantoustan croupion que quémandent les collabos de l’Organisation de « Libération » de la Palestine, du Fatah et de l’Autorité palestinienne de Ramallah, ainsi que les États-Unis, l’Union européenne et les gouvernements occidentaux pro-sionistes.

Ils sont venus du monde entier par centaines de milliers signer la pétition de la capitulation, sans y être autorisés, sans même le demander (1). Ils espéraient de l’ONU  réparation pour l’injustice que cet organisme avait commise en 1947 ; et ce que l’ONU leur proposa c’est de consacrer définitivement par une seconde Résolution inique, pilotée cette fois par les soi-disant représentants des sacrifiés de Palestine, le déni du droit palestinien. Imaginez, des renégats arabes proposant de dépouiller définitivement le peuple palestinien de ses droits légitimes, sans l’avoir consulté évidemment, et avec le soutien de millions de personnes venues de partout à travers le monde, quelle aubaine pour les sionistes et pour leurs maîtres impérialistes !

Ils étaient si nombreux à trahir les intérêts du peuple palestinien au cri de « Vive l’État palestinien fantoche » que les voix discordantes ne pouvaient se faire entendre, même si ces voix, autorisées, fusaient de partout en Palestine et au cœur du monde arabe.

Un héros de la résistance arabe le disait encore récemment : « Personne n’a reçu mandat des peuples palestinien et arabes de renoncer à 80 % de la terre de Palestine, à Al Quod et au droit de retour des millions de réfugiés palestiniens. », personne, et surtout pas la coterie de Ramallah. C’est le rôle joué par l’Autorité palestinienne, par ceux qui vivent du racket des frauduleux « pourparlers de paix » – lesquels ne peuvent que stagner puisque la puissance coloniale israélienne ne peut rien céder de ce qu’elle a spolié – que d’accréditer cette Résolution, trahison des droits des Palestiniens, dans laquelle se complaisent ces États dupés par cette Autorité illégitime.

Ils étaient vingt et cent, ils étaient des milliers, nus et maigres tremblant dans leur bagne enflammé sous la pluie des bombes au phosphore qui déchiraient la nuit de leurs ombres battantes pendant que l’hydre israélien brûlait leur cité ravagée, et que s’affairaient les « négociateurs profiteurs » de l’Autorité sans autorité – dont le mandat du Président potiche (Mahmoud Abbas) est échu depuis plus de deux ans sans que les justiciers de la pseudo « démocratie » occidentale et onusienne ne trouvent à redire à propos de l’illégitimité et de l’indécence du polichinelle de Ramallah.

LE CAMP SIONISTE DES « MOUS »

Le camp sioniste et pro-sioniste est divisé en deux factions sur cette question de la reconnaissance d’un État palestinien croupion et de son éventuelle admission à l’Assemblée générale de l’ONU à titre d’État participant – demande du 23.09.2011 (2).

Une faction du camp pro-sioniste souhaite, en entérinant cette Résolution bidon à l’Assemblée générale de l’ONU, renoncer à 80 % de la terre de la Palestine de 1947 ; renoncer à Al Quod (Jérusalem) et renoncer définitivement au droit de retour sur leur terre pour les millions de réfugiés de 1948, 1967 et 1973. Ceux-là mystifient des millions des gens sincères – signataires de pétitions – en laissant croire qu’une telle résolution sans signification, sans effet pratique sur le terrain de l’occupation, forcera l’envahisseur et occupant sioniste à un jour reconnaître l’État fiction, le bantoustan palestinien, sur environ 20 % restant de la terre colonisée de la Palestine historique.

Cette faction du camp pro-sioniste est formée des représentants de l’OLP illégitime, de plusieurs pays arabes soi-disant pro-palestiniens à l’exemple de l’Égypte post Moubarak. Rappelez-vous de cette « Révolution » qui a abouti à la non ouverture du terminal de Rafah et à la poursuite du blocus de Gaza par les généraux arabes de la sanguinaire armée-égyptienne-sans-Moubarak (3). Enfin, plusieurs troublions occidentaux et tiers-mondistes font également la promotion de cette résolution de capitulation et ils voudraient culpabiliser les États-uniens qui n’ont jamais caché leur préférence pour leurs affidés israéliens (4).

LE CAMP SIONISTE DES « IRRÉDUCTIBLES »

La faction « dure » du camp sioniste et pro-sioniste refuse obstinément cette Résolution « anti-palestinienne » à l’ONU car ses tenants sont convaincus que de recevoir ainsi, de la part des traîtres de Ramallah, la cession officielle de 80 % des terres palestiniennes ; la renonciation à Al Quod  et au droit de retour ce n’est pas suffisant; ils estiment en effet qu’il sera possible d’obtenir encore davantage des collabos de Ramallah aux abois. Rien ne presse, pensent Netanyahu, Obama, Harper, une centaine de députés français etc. (5).

Ceux-là se disent : « Laissons cette bande de traîtres mijoter dans leur jus désespéré, d’autant que tôt ou tard le « Président » fantoche Abbas devra se présenter devant son électorat aigri sans rien dans les mains, si ce n’est la fumisterie d’un État bantoustan à autoproclamer, un État sans droit, sans pouvoir, sans réalité concrète si ce n’est l’aumône reçue d’Occident. Sans même avoir obtenu de l’occupant qu’il lève le siège de Gaza emmuré. Il se présentera devant son peuple non consulté et enragé sans que le Mur de la honte ne soit tombé en Cisjordanie, sans que la colonisation n’ait cessé ni l’épuration ethnique diminué, ni que les milliers de prisonniers soient libérés, alors que Jérusalem sera totalement judaïsée, sans que l’eau ne soit assurée, avec tout juste un drapeau et un chiffon de papier sans dignité entériné par l’Assemblée générale de l’ONU disant que le peuple palestinien peut encore espérer s’accrocher aux 20 % de terres « concédées » par l’ONU sans autorité.

Il est assuré que, désespérés devant cette perspective humiliante, les « éternels négociateurs de Ramallah » capituleront à nouveau et rouvriront d’autres « négociations de trahison nationale » ; et que les sionistes obtiendront davantage que 80 % des terres palestiniennes.

Ce n’est pas pour 20 % de sa terre ancestrale, sans Al Quod et sans le retour des réfugiés, ni libération des prisonniers, que le peuple palestinien résiste et verse son sang depuis soixante quatre ans. C’est pour la libération totale de la terre palestinienne, toute la terre de Palestine usurpée suite précisément à une précédente Résolution illégitime de l’ONU (Résolution 181 – 1947).

UN ÉTAT PALESTINIEN MAIS LEQUEL ?

Un spécialiste du « processus de paix » se demandait récemment quel sera l’État qui pourrait surgir de ces décennies d’agressions meurtrières et d’occupation sanguinaire, et il résumait ainsi son propos « Un État palestinien mais lequel ? Un État ou deux États ? » (6). Un journaliste réputé proclamait quant à lui, pour la dixième fois en carrière, que le « Moyen-Orient ne serait plus jamais pareil » car, pontifiait l’éditorialiste : « plus jamais les États-Unis et Israël ne pourront espérer qu’au simple claquement de leurs doigts, les Arabes obéiront à leurs ordres. » (7). Foutaise monsieur le thuriféraire, jamais les sultans (Qatar, Oman), les émirs (Émirats arabes), les princes et les rois (Arabie, Koweït, Bahreïn, Maroc, Jordanie), le rais (Égypte), les présidents d’opérette (le maire de Ramallah, Tunisie, Algérie, Yémen) n’ont été aussi soumis et foulés au pied par leur maître américain pour ne pas avoir su maintenir leur peuple sous le joug et résigné. Croyez-vous que ce pauvre Abbas avec son chiffon de papier obtenu de l’ONU changera la donne dans cette partie du monde en révolte ?

Contrairement aux spécialistes, aux éditorialistes, aux experts et aux « négociateurs professionnels » défaitistes qui ont pendant des décennies tenté d’accréditer l’idée mensongère que des négociations avaient lieu entre le peuple palestinien occupé, tué, emprisonné, assoiffé, humilié, exploité, sous blocus et emmuré ; et le gouvernement sioniste israélien occupant, fasciste et génocidaire (8), nous croyons qu’il y aura un jour un État palestinien souverain sur la totalité de la terre palestinienne de 1947. Mais cet État national indépendant ne sera jamais obtenu en « pourparlant » avec les sionistes menteurs, leur puissance de tutelle américaine, les occupants hypocrites et les criminels de guerre repentis. Il sera obtenu de la même manière que le peuple libanais assure aujourd’hui son indépendance vis-à-vis l’impérialisme israélien et étatsunien, par la puissance des armes qui tiendront leurs ennemis en respect.

Nous savons que les conditions d’une telle solution véritablement arrachée puis négociée, mais sous un rapport de force bien différent que présentement (un peuple occupé ne peut négocier à son avantage qu’au moment où, comme les Vietnamiens l’ont démontré, ce peuple a inversé le rapport de force militaire en sa faveur) ; ces conditions disions-nous ne sont pas réunies pour le moment (9). Dans ce cas, inutile de s’agiter à l’ONU pour quémander un bantoustan à administrer pour quelques paumés de Ramallah; il suffit de patienter, d’attendre que la conjoncture évolue en faveur du peuple palestinien.

La crise économique mondiale à laquelle est confrontée la puissance de tutelle américaine, et son satellite impérialiste israélien, les troubles à l’intérieur même de l’État israélien où les grèves et les manifestations contre les ajustements structurels se radicalisent ; les révoltes multiples et pas du tout terminées des peuples arabes partout en Afrique du Nord et au Proche-Orient ; les défaites américaines et françaises en Afghanistan, en Irak, au Liban, en Somalie et bientôt en Libye ; l’ensemble de la conjoncture incendiaire du baril de poudre du Proche Orient milite en faveur de la retenue et de l’expectative. D’ici là personne ne doit compromettre par des résolutions saugrenues le droit inaliénable du peuple palestinien sur la totalité de sa terre.

Il aura fallu 190 ans à leurs ancêtres arabes pour chasser l’occupant – Croisé – des terres arabes de l’Est de la Méditerranée et pour démanteler le dernier Royaume chrétien d’Orient (Saint-Jean d’Acre, 1291).

Le peuple palestinien a déjà parcouru 64 ans de son « chemin de Damas ». Laissons-lui encore cinquante ans. Quand les arabes seront plus de quatre cent millions à encercler le dernier Royaume judaïque au Levant, nous verrons bien ce qu’il adviendra du « Reich » israélien de mille ans, comme le proclamait récemment le prétentieux Benjamin Netanyahu (10).

D’ici là soutenons la résistance et poursuivons le  boycott – BDS contre l’État sioniste.
(1)  Avaz. Palestine : le moment est venu.19.09.2011 https://secure.avaaz.org/fr/time_for_palestine/?vl
(2)  Le Devoir http://www.ledevoir.com/international/actualites-internationales/332177/demande-historique-des-palestiniens?utm_source=infolettre-2011-09-24&utm_medium=email&utm_campaign=infolettre-quotidienne .
(3)  Sortir de Gaza par l’Égypte reste un calvaire. Aloufok. 13.09.2011.   http://www.aloufok.net/spip.php?article5313  et  Robert Bibeau. La « révolution » démocratique égyptienne. L’armée va trancher. 5.02.2011 http://www.oulala.net/Portail/spip.php?article4956
(4) Hugo Chavez. Lettre de Hugo Chavez. 17.09.2011. http://cbparis.over-blog.com/article-creation-de-l-etat-palestinien-lettre-de-hugo-chavez-a-l-onu-84853591.html
(5) Cent députés français opposés… http://www.alterinfo.net/notes/100-parlementaires-Francais-opposes-a-la-demande-d-un-Etat-palestinien-a-l-ONU_b3286862.html.
(6)  Dominique Vidal. Un État palestinien mais lequel ? 14.09.2011. http://www.michelcollon.info/Un-Etat-palestinien-mais-lequel.html
(7) Robert Fisk.  Le Moyen-Orient ne sera jamais plus pareil. http://www.independent.co.uk/opinion/commentators/fisk/robert-fisk-why-the-middle-east-will-never-be-the-same-again-2357514.html
(8)  Silvia Cattori, Ziyad Clot. Journal d’un négociateur en Palestine. 18.09.2011 http://www.mondialisation.ca/index.php?context=va&aid=26634.
(9) Robert Bibeau. Négocier ou ne pas négocier avec Israël ? 24.08.2010. http://www.mondialisation.ca/index.php?context=va&aid=20756
(10) Robert Bibeau. Travailleurs, libérez la Palestine. 

par Robert Bibeau
Source : PRESSE-TOI A GAUCHE

Ahmadinejad et Obama à l’ONU : A propos de diplomatie et de flagornerie politique (Countercurrents)

LE MODE D’EMPLOI POUR DÉSTABILISER LES RÉFRACTAIRES : Bolivie dans la mire de Washington

Chavez,Evo et Obama