dimanche 14 août 2011

Lancer des pierres à l’occupant est-il un acte de violence ? (The Electronic Intifada)

Je l’ai nié trop longtemps, mais pour une Palestinienne, je lance très mal les pierres.
Lors d’un des vendredis que j’ai passé dans le village de Nabi Saleh en Cisjordanie je m’étais plainte de ne pas savoir le faire et je me suis tout de suite retrouvée entourée de professeurs zélés.
C’était le vendredi où les manifestants ont marché avec une maquette de la flottille de la liberté de Gaza. Ce jour-là nous sommes restés enfermés presque toute la journée car au bout de deux heures de manifestation les soldats israéliens ont tiré des gaz lacrymogène sur tous ceux qui essayaient de mettre le nez dehors.
A la fin de l’après-midi, il m’a semblé que les jeeps partaient et j’en ai profité pour sortir enfin. Avec deux autres jeunes filles, nous avons marché en direction des jeeps, nous nous sommes arrêtées là où la militante locale Nariman Tamimi se tenait avec son appareil vidéo et d’autres enfants du village nous ont rejoint. D’autres militants ont essayé de sortir mais comme ils étaient en groupe on leur a tout de suite tiré dessus. Depuis les toits, d’autres personnes se sont mises à maudire les soldats sur le mode ironique et ils leur ont aussi tiré dessus. Une des bombes lacrymogènes a roulé en arrière vers le soldat qui l’avait envoyée et il a été obligé de s’enfuir en trébuchant d’une manière comique, ce qui nous a tous fait pousser des gloussements de joie, les plus jeunes enfants riant ouvertement. Le soldat s’est lourdement dirigé vers nous d’un air menaçant, sa fierté était blessée et ses yeux lançaient des éclairs et il nous a lancé une bombe sonore. Nous nous sommes vite sauvés.

Le village était entouré de soldats. Les collines en fourmillaient, les vergers en débordaient. Nous regardions un escadron descendre de la colline de derrière les oliviers et ils pouvaient lire le mépris sur notre visage. Un soldat nous a dit au revoir de la main. Ma gorge s’est serrée pour retenir le millier de mots incendiaires qui me venaient devant ce geste soi-disant aimable. Le visage de la fille près de moi reflétait le mien : des yeux si dangereusement rapprochés qu’ils donnaient l’impression que nous louchions.
L’une après l’autre les jeeps prirent la route. Une pluie de cailloux se mit à tomber sur elles accompagnée de sifflements et d’applaudissements quand un caillou touchait un véhicule blindé. L’excitation était communicative et j’attrapais un caillou, le lançais puis enfouis ma tête dans le sol pendant la trajectoire hésitante du caillou qui retomba bêtement à environ deux mètres de moi. Près de moi, un enfant moitié moins grand que moi envoya une pierre qui manqua de peu une jeep qui se trouvait à environ 200 mètres de nous.
La technique du lancer de pierre
La technique comporte deux volets : comment tenir une pierre et comment lancer une pierre. La force d’occupation avait maintenant quitté le village dont les rues étaient jonchées de bombes sonores et de bombes lacrymogènes. Ma première leçon a eu lieu dans un petit coin désert plombé par le soleil.
"Voilà comment on tient un caillou" a dit un des shabab (jeunes). "Non, pas comme ça, comme ceci. Tu t’y prends mal. Non, regarde mes doigts ! Imagine que ton pouce et ton index sont une paire de pinces. Tiens-les comme ça. La pierre doit y reposer confortablement." Il cessa de m’expliquer, attrapa mes doigts et leur fit prendre la forme adéquate.
Un enfant toucha mon bras : "Laisse le caillou reposer sur le majeur. Voilà c’est ça !"
"Maintenant écarte le bras de ton corps" continue-t-il, "Non, ton bras est trop raide. Plie un peu le coude. Recule un peu le bras. Quand tu lances la pierre, il ne faut pas que ton épaule bouge. La pierre va plus loin si tu l’accompagnes d’un mouvement du bras. OK lance-la." La pierre a filé dans l’air d’une manière qui m’a semblé plus légère. J’ai crié de joie. "Vous avez vu ?" Mes maîtres ont acquiescé poliment et ont lancé leurs pierres. Elles sont arrivées plus loin que la mienne.
"OK c’est bien, mais il faut améliorer encore ta technique. Essaie encore. Attends, n’oublie pas de tenir ce doigt-là comme ça. Vas-y lance —attends, qu’est ce que tu fais, tu vises le chauffeur ? Laisse passer la voiture avant de commencer. Et fais attention aux enfants. Holà vous autres" cria-t-il gentiment "enlevez-vous de là !"
J’ai lancé la pierre avec un grand sourire. Je savais qu’il ne fallait pas dire que je ne lançais plus les pierres comme une fille -un des derniers cours que j’ai suivi à l’université s’appelait études féminines et il m’a beaucoup marqué. Les enfants étaient enchantés de me montrer leur adresse au tir de cailloux et de m’apprendre à choisir les pierres et les cibles.
L’ignorance des Israéliens
Plus tôt dans la journée, pendant que les militants étaient rassemblés chez Bilal et Manal Tamimi -des militants qui s’occupent aussi de documenter les manifestations- un militant israélien qui venait pour la première fois et se tenait debout au milieu de la pièce, se fit remarquer en affirmant bruyamment que jeter des pierres annulait automatiquement le caractère "non violent" d’une manifestation. Un autre militant lui rétorqua que les pierres ne faisaient pas grand mal, mais à mon sens l’essentiel leur échappait à tous les deux.
Un des hommes de la famille de Tamimi assis sur un matelas contre le mur regardait l’Israélien d’un air très mécontent et méprisant. "Tant que les soldats seront ici, tant qu’on empiétera sur notre terre, tant que les jeeps envahiront les villages et tant qu’ils continueront à envoyer des bombes lacrymogènes, nos shahab n’arrêteront pas de lancer des pierres" a-t-il déclaré.
"Très bien, mais alors vous ne pouvez pas dire qu’il s’agit d’une manifestation non violente" a rétorqué l’Israélien. Il a jeté un regard défiant autour de lui. "Ecoutez, je me rends bien compte que la plupart d’entre vous ne sont pas d’accord avec moi mais à mon avis, une manifestation non violente ne devrait pas comporter de manifestations de violence et pour moi lancer des pierres est un acte de violence."
"Un acte de violence !" a ricané l’autre militant. "En réponse aux gaz lacrymogènes, aux balles réelles, aux raids dans les maisons, aux arrestations et aux passages à tabac ? On ne peut comparer les tactiques israéliennes à des cailloux."
"Je ne les compare pas ! Absolument pas ! Mais pour moi une manifestation non violente...." "Ecoute" l’ai-je interrompu "Voilà la première erreur que tu fais. Il ne faut pas dire "non violents" il faut dire "désarmés, sans armes".
Le nouvel arrivant israélien relayait de toute évidence le discours des occidentaux qui prétend imposer aux Palestiniens ce que l’occident considère comme la bonne méthode pour lutter contre l’occupation. Il est clair que pour l’occident le terme "manifestation non violente" signifie que nous devons tout simplement nous retirer humblement devant l’agression quand l’armée israélienne répond à nos chants, à nos slogans et aux fleurs que nous mettons dans les canons de leurs fusils par une violente attaque. Il y a des quantités d’implications à cette expression, et nous ne devons pas nous laisser piéger par la façon de voir occidentale. La définition d’un terme doit prendre en compte le contexte.
Un geste symbolique
Le mois dernier, Ibrahim Shikaki qui est animateur de jeunes et chercheur en économie à Ramallah a écrit un article très important pour Al Jazeera en Anglais sur la résistance palestinienne. Shikaki fait remarquer que la couverture médiatique de la résistance palestinienne reflète la vision occidentale de la non violence et il proteste contre le dictat occidental concernant la manière dont la Palestine doit lutter ("What is the ’right’ type of resistance ?," 6 July 2011).
"Le fait est que s’opposer à une brutale machine de guerre avec des pierres est un geste symbolique" a écrit Shikaki. "’C’est un symbole de l’énorme inégalité de pouvoir entre le peuple palestinien et la machine de guerre israélienne. Les cailloux lancés contre les tanks israéliens et autres véhicules armés est une manière pour les Palestiniens d’exprimer leur refus de l’occupation et de l’oppression. Les jeunes, les femmes et les personnes âgées de tous les secteurs de la société participent à cette forme de résistance."
D’où vient donc historiquement l’acte de jeter des pierres, un acte qui a touché le coeur de millions de personnes dans le monde pendant la première intifada et inspiré d’autres peuples comme la nouvelle génération du Cachemire ? Bassem Tamimi, un militant célèbre qui est actuellement dans une prison israélienne a expliqué dans un interview avec The Electronic Intifada que des pierres étaient traditionnellement jetées aux ours et aux serpents pour les chasser. "Quand un soldat vient dans notre village et tire des bombes lacrymogènes, on ne va pas juste rester assis là comme des victimes impuissantes. Ils ont des armures qui les protègent des balles réelles donc on ne risque absolument pas de les tuer. Avec les pierres nous voulons juste leur dire : "Nous ne vous acceptons pas ici en tant qu’occupant. Vous n’êtes pas le bienvenu en tant que conquérant."
C’est pour cette raison que considérer le lancer de pierre comme un acte violent est absurde. La message est très clair : Nous lançons des pierres à l’ennemi pour exprimer notre mécontentement d’être occupés par des étrangers qui nous envahissent et nous exproprient de nos terres et de nos maisons. J’ai demandé à quelques enfants de Nabi Saleh pourquoi ils jettent des pierres. Leur réponse est très simple : Nous ne voulons pas de l’armée israélienne ici. C’est notre village. ils nous occupent.
Une propagande omniprésente
La machine de la Hasbara (propagande) israélienne excelle à dépeindre l’armée israélienne avec ses tanks Merkava, ses missiles F-16, ses fusils sous-marins, ses fusils d’assaut et ses balle de métal enrobées de caoutchouc, comme la vraie victime tout en décrivant les jeunes Palestiniens avec leurs cailloux comme des Arabes assoiffés du sang des juifs qu’ils haïraient d’une manière pathologique et comme des Arabes qui rejetteraient les accomplissements économiques, sociaux et culturels de l’homme blanc.
L’analogie de David contre Goliath n’a aucun effet sur ces "non violents" pleins de bonnes intentions. A vrai dire, la traduction littérale arabe de "non violent" n’est pas connue. Nous utilisons le terme muthahara silmiya qui signifie "manifestation pacifique". Cela me fait honte quand je me rappelle que moi aussi je regardais de haut ceux qui jetaient des cailloux à Bilin et à Nilin, réaction que j’attribue aujourd’hui à mon ignorance et mon inexpérience. Je pensais -en bonne victime de la propagande absorbée dans les médias occidentales- que jeter des pierres relevait du passé et que nous avions besoin de trouver de nouvelles manières de résister, pas exactement comme Gandhi mais quelque chose comme ça. Je remercie Dieu pour Nabi Saleh.
Récemment, quelqu’un m’a raconté comment le Spiderman de ce village, un enfant de quatre ans qui s’appelle Samer, avait réussi à briser le rétroviseur d’une jeep israélienne avec une pierre. Spiderman a ramassé le fruit de son exploit et ne voulait plus le lâcher. Il a probablement dormi avec la nuit suivante. Il n’est pas ici question d’enfants qui sont élevés dans la haine des Juifs pour devenir plus tard des bombes vivantes. Il s’agit d’enfants qui sont obligés de faire face à la présence dans leurs villages d’occupants brutaux.
J’ai ramassé un autre cailloux, je l’ai placé comme il faut dans ma main droite. Mes maîtres m’ont regardée avec approbation. "En rentrant chez toi, mets des objets sur une étagère et essaie de les faire tomber avec un cailloux" m’ont-ils dit en souriant "Dans une semaine tu seras une pro."
Linah Alsaafin
Linah Alsaafin vient d’être diplômée par l’université de Birzeit en Cisjordanie. Elle est née à Cardiff au pays de Galles et a été élevée en Angleterre, aux USA et en Palestine. Son site web est : http://lifeonbirzeitcampus.blogspot.com/.
Pour consulter l’original : http://electronicintifada.net/content/throwing-rocks-occupat...
Traduction : Dominique Muselet
EN COMPLEMENT :
« C’est un cliché de journaliste que de souligner le caractère futile de lancer des pierres contre des tanks. Faux. Il est certain qu’il s’agit là d’un acte symbolique, mais pas futile. Il faut beaucoup de courage pour affronter une monstre d’acier de 60 tonnes avec des pierres ; l’impuissance du lanceur de pierres à arrêter le tank ne fait que souligner l’impuissance du tank à faire ce qu’il est censé faire : terroriser la population. » - Gabriel Ash - extrait de 200 citations pour comprendre le monde passé, présent et à venir (Août 2011) http://www.legrandsoir.info/200-citations-pour-comprendre-le...
URL de cet article 14373 http://www.legrandsoir.info/lancer-des-pierres-a-l-occupant-est-il-un-acte-de-violence-the-electronic-intifada.html

samedi 13 août 2011

Fidel Castro, la fraîcheur d’un homme authentique.

vendredi 12 août 2011

TEL AVIV ,Tente 1948

Abir Kopty
publié le lundi 8 août 2011.

Si vous êtes Palestinien, vous aurez du mal pour trouver quelque chose à quoi vous identifier dans le village de tentes sur le boulevard Rothschild de Tel-Aviv, jusqu’à ce que vous parveniez à Tente 1948. Ma première virée là-bas a été il y a quelques jours, lorsque j’ai décidé me joindre à la Tente 1948. Le message central de la Tente 1948 est que la justice sociale devrait être pour tous. Elle rassemble les citoyens juifs et palestiniens qui croient en une souveraineté partagée dans un Etat pour tous ses citoyens.
Pour moi, comme Palestinienne, je ne me sens pas faire partie du mouvement du 14 juillet, et je ne suis pas là comme participante. Presque tous les coins de ce camp me rappellent que ce lieu ne veut pas de moi. Ma première virée dedans a été assez déprimante, j’ai trouvé pleins de drapeaux israéliens, un homme faisant un discours à des jeunes avec une vision sioniste sur ses souvenirs de la « guerre de 48 », un autre groupe avec des panneaux appelant à la libération de Gilad Shalit, un autre poussant des chants sionistes. Ce n’est sûrement pas un lieu où les 20 % de la population se sentiraient chez eux. Le lendemain, j’ai trouvé Ronen Shuval, d’Im Tirtzu, l’association d’extrême droite, faisant un exposé provocateur et haineux contre les associations de gauche et des droits humains. Les colons avaient déjà monté une tente et dansaient avec joie.
L’existence de Tente 1948 dans le camp est un défi vers les gens qui participent au mouvement du 14 juillet. Les premiers jours, la tente a été attaquée par un groupe de droite, qui a battu les militants de la tente et détruit son drapeau palestinien. Certains leaders du mouvement du 14 juillet ont dit clairement qu’avancer les questions centrales concernant la communauté palestinienne en Israël ou l’occupation ferait « perdre sa force » à la lutte. Ils ont souvent dit que la lutte est sociale, pas politique, comme s’il y avait une différence. Ils avaient peur de perdre des supporters s’ils appuyaient sur les questions palestiniennes.
La vérité, c’est que c’est vrai.
En vérité, c’est exactement ce qui pourrait aider Netanyahou ; s’il appuyait sur le bouton de la peur, recréait l’« ennemi » et reproduisait la « menace sécuritaire », il serait capable de faire taire le mouvement. Le problème n’est pas avec Netanyahou, ce n’est pas le premier leader israélien à faire appel à ça. Le problème principal, c’est que les Israéliens ne sont pas encore prêts à voir au-delà des murs qui les entourent.
Pourtant, il faut l’admettre, il se passe quelque chose, les Israéliens se réveillent. Il y a un développement ; les gens se rencontrent, discutent des questions. L’assemblée générale du camp a décidé vendredi qu’elle n’accepterait aucun message raciste parmi ses participants. Même à Tente 1948, beaucoup d’Israéliens sont venus, ont lu les tracts, écouté ce que représente Tente 1948 et discuté calmement. Peut-être, si j’étais une israélienne juive, je serais fière du mouvement du 14 juillet. Mais je ne suis pas juive, je ne suis pas sioniste, je suis palestinienne.
Je ne veux pas béatifier la réalité, ni cacher quoi que ce soit pour servir une « tactique » et je n’accepterai pas des miettes. Je veux parler de la justice historique, je veux parler de l’occupation, je veux parler de la discrimination et du racisme, je veux tout mettre sur la table, et je veux parler de cela au cœur de Tel-Aviv.
La justice sociale ne peut pas être divisée ou classifiée. Si ce n’est pas une justice pour tous y compris tous les Palestiniens, alors c’est une fausse justice, une justice d’élite ou une « justice pour juifs seulement » exactement à la manière dont fonctionne la démocratie israélienne « pour juifs seulement ». Le mouvement du 14 juillet est une grande occasion pour les Israéliens pour refuser à leur Etat de continuer à sombrer en un régime d’apartheid.
* Abir Kopti est une militante politique palestinienne et une analyste des media. Elle a été membre du Conseil municipal de Nazareth et porte-parole de Mossawa, the Advocacy Center for Palestinian-Arab Citizens in Israel. Ses travaux sont sur son site et sur Twitter à @abirkopty. Traduction : JPB-CCIPPP
source :
http://mondoweiss.net/2011/08/tent-1948.html#more-48846
traduction

Londres flambe,la Bourse se noie,le Chomage va déferler - Solution :? Bombardons la Libye !

11 août 2011

A Londres, des jeunes sans espoir brûlent maisons et magasins. A quelques kilomètres de là, des gens qui ont amassé des milliards en Bourse s’affolent à l’idée d’en gagner un peu moins...



Et comment les ont-ils gagnés, ces milliards ? En obligeant les entreprises à diminuer les salaires et les emplois. C’est-à-dire qu’on détruisait l’avenir de ces jeunes pour augmenter les bénéfices des sociétés. D’où la crise évidemment : si vous ôtez leur gagne-pain aux consommateurs, comment feront-ils pour acheter ?A présent, que font les maîtres de la Bourse ? Ils exigent des Etats davantage de coupes sociales, c’est-à-dire davantage de jeunes sans espoir.
Et pendant ce temps, les ministres - dont les mesures néolibérales ont permis ce massacre social - font semblant de ne pas comprendre la révolte. Il leur suffirait pourtant d’aller un peu écouter ces désespérés. Mais envoyer des flics dans les quartiers populaires, c’est tellement plus simple que de les envoyer à la Bourse.

Alors, au lieu d’utiliser tous ses budgets à créer des emplois, le gouvernement britannique vient d’envoyer des bombardiers supplémentaires pour tuer encore plus de civils en Libye et semer encore plus de haine. Paris, Washington et Bruxelles font pareil… Faire main basse sur le pétrole et les réserves financières des Libyens, ça fera un peu d’argent de poche pour payer les dettes.
Mais s’ils arrivent à renverser Kadhafi, que se passera-t-il ? Plus d’Etat-providence en Libye, mais un maximum de privatisations. Plus de redistribution sociale de l’argent du pétrole, mais sa confiscation par les multinationales. Plus d’aide libyenne au développement autonome des pays africains, mais davantage d’exploitation des ressources par l’Occident.
Conséquence ? Encore plus d’Africains sans avenir seront forcés d’émigrer et de s’ajouter aux désespérés de Londres, Paris et Bruxelles. Où ils travailleront pour rien, ce qui fera le malheur des uns et le bonheur des autres.
Un système absurde et inhumain. Combien de temps laisserons-nous faire ?


Bruxelles, 11 août 2011


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Des questions ? Rendez-vous sur le FORUM MICHELCOLLON.INFO
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Quelques faits et chiffres dont on ne parle guère
  1. Les salaires britanniques ont été gelés par Cameron alors que le prix de la nourriture vient d’augmenter de 5%.
  2. A Tottenham (Londres), il y a 54 demandeurs pour chaque emploi vacant.
  3. Aucun agent de la Metropolitan Police  londonienne n’a jamais été condamné alors que, depuis 1988, 333 personnes sont mortes en garde à vue. 
  4. L’Etat grec a une dette de 350 milliards d’euros. Les capitalistes grecs ont 600 milliards sur des comptes en Suisse.
  5. L’agence de notation Standard & Poors a dégradé la note des USA notamment parce que « le plan du Congrès et de l’administration ne prévoit que des changements mineurs dans la politique de Medicare » (équivalent de la Sécurité sociale pour l’assurance maladie).
  6. J-F Copé, secrétaire-général de l’UMP (France) : « Nous avons déjà réformé les retraites, il faut maintenant faire la réforme de la dépendance et celle de l'Assurance-maladie. » (10 août 2011)

jeudi 11 août 2011

Libye  : les tribulations du guide

mardi 9 août 2011, par Bertold du Ryon

Ce sont surtout les puissances européennes qui par la suite misent beaucoup sur le pouvoir libyen. En dehors de la fourniture de pétrole et de gaz, c’est sa fonction de gendarme au sud de la Méditerranée contre des «  flux migratoires  » définis comme indésirables qui intéresse les gouvernements français, italiens ou autres.

Kadhafi, au pouvoir en Libye depuis 42 ans, a régulièrement changé d’idéologie  : du panarabisme aux États-Unis d’Afrique, en passant par le soutien à différents groupes de diverses obédiences. L’intervention contre l’Irak et la crainte d’être le prochain sur la liste de Bush, le poussent à se rapprocher des pays occidentaux jusqu’à devenir le chien de garde de l’Europe contre les migrants. Son retour en grâce est pourtant de courte durée, et Sarkozy, affaibli par l’image catastrophique d’Alliot-Marie au moment des soulèvements en Tunisie, tente de se servir de l’intervention en Libye pour reprendre l’initiative.
L’intervention militaire de la France, et d’autres puissances, en Libye pourrait produire des résultats autres que ceux initialement escomptés. Le plus haut gradé de l’armée états-unienne, le chef d’état-major interarmées et amiral Michael Mullen, a admis le 25 juillet 2011 que l’Otan était actuellement «  dans l’impasse  » stratégique en Libye. Néanmoins, il a ajouté  : «  à long terme, je pense que la stratégie fonctionnera et permettra de chasser Kadhafi du pouvoir  ».
Nous sommes loin, en tout cas, de l’opération qui – selon Alain Juppé, en mars 2011 – devait durer «  quelques jours ou quelques semaines, tout au plus, en aucun cas des mois  ». Aux dernières nouvelles, il n’était d’ailleurs plus vraiment assuré qu’elle finisse par conduire à la chute du régime de Muammar al-Kadhafi et à sa destruction. Le 20 juillet, le ministre français de la Défense, Gérard Longuet, a estimé devant des journalistes que «  les rebelles [libyens] ne [pouvaient] pas aller jusqu’à Tripoli  », n’ayant selon lui pas les forces nécessaires pour envisager une prise de pouvoir dans la capitale libyenne.
Jusqu’ici, selon les planifications politico­-militaires, ils étaient censés renverser le régime en place. Ainsi, il n’est pas improbable que l’on finisse par négocier une «  solution  » bricolée, pouvant arranger des caciques du régime et quelques dirigeants actuels de la rébellion (dont certains ont été d’anciens cadres du régime).Les origines du régime de Kadhafi peuvent éclairer les événements actuels en Libye et ceux qui pourraient advenir.
Les origines du régime kadhafiste en Libye
Le régime de Muammar al-Kadhafi peut être décrit, dans son fonctionnement réel, comme un régime clanique. Un régime à base familiale et tribale qui, sous couvert de «  démocratie directe  », tout en interdisant partis politiques, syndicats et toute organisation de tendances politiques et sociales, a constamment activé et entretenu des structures de type tribal et pré-étatique afin de leur déléguer des bribes de pouvoir local.
À la surface, ce même régime s’est successivement drapé dans différents habillages idéologiques. Mais l’orientation du moment ne dépendait pas de débats réels dans la société  ; elle résultait exclusivement de la dernière mode définie par le grand leader. Si, en théorie, depuis plusieurs années Kadhafi n’occupe plus «  aucun poste de pouvoir  » et n’est qu’une sorte de «  chef charismatique  », en réalité, aucune décision d’importance n’est prise sans son accord ou celui de sa famille. Une large partie du pouvoir est en quelque sorte «  informelle  », ne découlant d’aucune règle écrite, en l’absence de Constitution qui définirait (et limiterait en même temps) les rôles et pouvoirs des différents dirigeants.
Le colonel Kadhafi, alors âgé de 27 ans, est arrivé au pouvoir avec un groupe de jeunes officiers, le 1er septembre 1969. Ça ne fait donc que 42 ans qu’il est placé (de fait, non pas selon les apparences formelles) à la tête de l’État libyen. Dans un premier temps, il adopte le pan­arabisme, rêvant – après la mort du président égyptien Gamal Abdel Nasser, en 1970 – de prendre la succession de ce dernier comme principal leader arabe. Cependant, moqué par d’autres dirigeants de la région qui ne l’ont jamais pris très au sérieux, Kadhafi se tourne plus tard vers l’idée de créer «  les États-Unis d’Afrique  » sous sa direction. Bien que le projet n’ait pas abouti, Kadhafi continue souvent de prendre la posture du «  héros de l’unification africaine  ».
Ayant distribué de l’argent à des pays nettement plus pauvres que le sien grâce aux pétro­dollars libyens, il conserve une certaine popularité dans plusieurs pays d’Afrique subsaharienne. Néanmoins, en lieu et place de créer l’unité du continent, Kadhafi y a aussi fomenté des conflits armés. Il a, par ailleurs et toujours grâce à la rente pétrolière, financé de multiples mouvements et groupes activistes. Cela allait de groupes plus ou moins progressistes jusqu’à des fascistes, englobant des protagonistes aussi divers que l’IRA irlandaise ou l’aventurier politique allemand (d’extrême droite) Alfred Mechtersheimer. Dans ce dernier pays, Kadhafi avait même financé, à partir de 1987, un club local de hockey sur glace, dans la petite ville d’Iserlohn.
L’unique condition étant que le club sportif en difficultés financières devait exposer le Livre vert de Kadhafi dans une vitrine. Il y explique sa doctrine politique, sorte de bouillie formée de généralités, de l’expression du rêve d’une société égalitaire basée sur des loyautés interpersonnelles (telles qu’elles existent dans une société tribale), et d’une pseudo-théorie sur les religions. Ainsi, le judaïsme serait l’équivalent – dans la sphère des religions – du féodalisme, le christianisme correspondrait au capitalisme et l’islam au socialisme. Le mélange bizarre formé par Kadhafi entre «  islam  » et prétention «  socialiste  » – interprétant les deux termes totalement à sa guise – le met très tôt en conflit avec des musulmans adeptes d’une théologie plus orthodoxe.
Kadhafi, gendarme de l’impérialisme européen en Afrique du Nord
À partir de la fin des années 1980, le régime kadhafiste qui a été en conflit militaire avec la France pendant toute la décennie, les deux pays se disputant le contrôle du nord du Tchad, a été mis pour plusieurs années «  au ban des nations  » par les grandes puissances. Il lui était reproché d’avoir utilisé des moyens terroristes. Les épisodes les plus connus étant la bombe placée dans une discothèque fréquentée par des soldats US à Berlin-Ouest (avril 1986), qui fournit le prétexte à des raids aériens des États-Unis dirigés par Ronald Reagan sur les deux principales villes de Libye, Tripoli et Benghazi, et l’attentat contre un avion de ligne au-dessus de Lockerbie, en Écosse, en 1988.
La décennie 1990 est marquée par une régression économique de la Libye, pays a priori relativement riche (parce que peu peuplé, il compte aujourd’hui 6 millions d’habitants, et riche en hydrocarbures) mais durement frappé par l’embargo. La pénurie généralisée sert de prétexte à Kadhafi pour serrer la vis. Il fait alors instaurer des tribunaux censés imposer la Charia islamique – toujours interprétée selon Kadhafi, mais prévoyant en tout cas des châtiments corporels, punissant la consommation d’alcool etc. –, et il adopte une politique anti-immigrés. Jusque-là, la Libye accueillait des millions d’immigrés arabes et africains, permettant ainsi à sa population «  autochtone  » d’être largement épargnée de travaux manuels, faisant travailler des migrants grâce à l’argent du pétrole.
Cette même situation permettait au régime de clamer la «  fraternité arabe-­africaine  » dont il se rêvait le leader. Mais pendant la décennie de régression, des mesures anti-immigrés sont prises. En 1995, Kadhafi annonce, par exemple, l’expulsion des 30 000 Palestiniens vivant en Libye. 5 000 d’entre eux sont effectivement chassés, certains naviguant sur des petits bateaux en Méditerranée pendant des semaines. En 2000, des quasi-pogroms éclatent contre des noirs. Ils émanent a priori de la population – sous la forme d’une révolté dévoyée contre la propagande du régime favorable aux mariages libyo-africains –, mais sont ensuite canalisés par le régime lui-même. Ces événements lui permettent de détourner une partie de la colère sociale.
En décembre 2003, Kadhafi annonce qu’il tourne le dos au terrorisme international, qu’il va indemniser les victimes de plusieurs attentats spectaculaires (Lockerbie 1988, explosion d’un avion français UTA en 1989 au-dessus du Niger), et qu’il renonce à l’acquisition d’armes nucléaires ou chimiques. Cela devait éviter qu’il soit «  le prochain sur la liste  » de l’administration Bush après le régime de Saddam Hussein. À partir de cette déclaration, les États-Unis et la Grande-Bretagne acceptent que la Libye soit intégrée dans le concert des «  gouvernements civilisés  ».
Ce sont surtout les puissances européennes qui par la suite misent beaucoup sur le pouvoir libyen. En dehors de la fourniture de pétrole et de gaz, c’est sa fonction de gendarme au sud de la Méditerranée contre des «  flux migratoires  » définis comme indésirables qui intéresse les gouvernements français, italiens ou autres. Le gouvernement italien (de droite et d’extrême droite) signe, le 12 août 2004, un accord avec la Libye sur la «  réadmission  » de migrants africains, souvent enfermés par la suite dans des camps situés dans le désert libyen.
Quelques semaines plus tard, le candidat italien au poste de commissaire européen à la Justice, Rocco Buttiglione, commet d’ailleurs une gaffe mémorable en parlant de «  camps de concentration  ». Il se ravise pour évoquer devant la presse des «  camps d’accueil humanitaire  »… La coopération est renforcée après une visite de Silvio Berlusconi à Benghazi, fin août 2008, à la veille des fêtes pour les 40 ans du pouvoir kadhafiste.
Les principaux motifs de l’intervention militaire
Qu’est-ce qui a motivé, alors, l’intervention militaire en cours  ? L’initiative principale émanant du président français Nicolas Sarkozy – alors que les dirigeants états-uniens étaient plus sceptiques –, on peut raisonnablement penser qu’il s’agissait avant tout de gommer le désastre de la politique internationale française face au «  printemps arabe  ». Cela faisait suite aux «  malheurs  » politiques de la ministre des Affaires étrangères Michèle Alliot-Marie, prise la main dans le sac en offrant le «  savoir-faire policier français  » à la dictature tunisienne (11 janvier 2011), après avoir profité personnellement des largesses de l’oligarchie de Tunis.
Le compagnon de l’ex-ministre, Patrick Ollier, était d’ailleurs connu pour être l’un des principaux lobbyistes français du régime libyen, au moins depuis l’année 2000. Face au risque d’être identifié, dans toute la région, à des régimes contestés et (pour certains) renversés, le pouvoir français a voulu reprendre l’initiative de façon spectaculaire. L’issue n’en est pas moins, aujourd’hui, très incertaine.

Soulèvement populaire au Royaume-Uni - LE PEUPLE GREC PASSE LA MAIN AU PEUPLE BRITANNIQUE

Imaginez que la Libye parachute des armes aux " REBELLES " de Londres... (Black Star News)

Londres brûle, Tripoli est calme.

N’est-il pas ironique que tandis que le calme règne dans les rues de Tripoli, les rues de Londres, la capitale de l’une des principales puissances engagées dans la guerre d’agression contre la Libyen, soit dévorée par le feu ?
Pour le troisième jour consécutif, il y a de violentes émeutes à Londres et elles s’étendent ailleurs — Birmingham, Liverpool, Manchester et Bristol — à la suite de la mort d’un homme de 29 ans tué par la police dans un endroit que les médias dominants appellent "un quartier occupé par différents groupes ethniques à faibles revenus".
En d’autres termes un quartier où le taux de chômage et celui des interventions policières sont élevés.
Au lieu de se concentrer sur ses problèmes sociaux et économiques, l’Angleterre est toujours engagée dans une guerre de conquête du pétrole en Libye. C’est une guerre lancée par l’imprévisible président français Nicolas Sarkozy à la demande de son ami Bernard-Henri Levy qui pensait que cette guerre dans le vent, cette guerre "chic" redorerait le blason de la France. Sarkozy n’a même pas informé son ministre des Affaires Etrangères de sa décision d’envahir la Libye et a laissé Levy trancher tel un dieu les questions de vie et de mort en Libye.
Au même moment, les USA qui se trouvent maintenant au coeur des pires crises économiques et financières de l’histoire récente refusent toujours obstinément d’approuver le plan de paix de l’Union Africaine. Le plan, soutenu par presque tous les pays africains, appelle à un cessez-le-feu et à des négociations pour une constitution et des élections démocratiques prenant en compte tous les partis et tous les citoyens libyens.
Toujours au même moment, les "rebelles" de Sarkozy se dévorent les uns les autres à Benghazi. Les "rebelles" de Sarkozy viennent d’assassiner le général Abdel Fattah Younes, leur chef militaire. Son corps criblé de balles a été brûlé et jeté dans les rues de Benghazi avec les corps de ses deux principaux officiers. Aujourd’hui les "rebelles" de Sarkozy ont dissout leur gouvernement à Benghazi. Les différentes factions "rebelles" —dont al-Qaeda et divers groupes de combattants du Front Islamique— s’accusent mutuellement et les supporters du général Younes jurent de le venger.
Est-ce qu’il s’agit bien des soi-disant "démocrates libyens" qui étaient sur le point d’obtenir que les USA leur confient les 30 milliards de dollars des avoirs libyens gelés aux USA ? Ces groupes disparates vont désormais clairement chacun de leur côté.
D’ailleurs l’attitude anti-démocratique des "rebelles" avait été auparavant cachée par les médias complaisantes dont le New York Times, CNN et la BBC. Ces médias aux mains des multinationales, toutes partisanes de la guerres de l’OTAN, avaient passé sous silence les meurtres de Libyens noirs et de travailleurs immigrés d’autres pays d’Afrique par les "rebelles" et le nettoyage ethnique des Libyens noirs de Misurata par une unité "rebelle" appelée "la brigade de nettoyage des esclaves à la peau noire" comme l’a rapporté le Wall Street Journal le 21 juin. On rapporte qu’il y a des charniers creusés au bulldozer à Benghazi ; mais on n’en parle pas dans le Times, ni à CNN, ni à la BBC.
Mais la propagande ne peut pas tout cacher.
Ironiquement, le meurtre du général Younes a été perpétré le jour même où le Royaume-Uni a sottement "reconnu" ces assassins de Libyens noirs comme les représentants "légitimes" de toute la Libye. La décision de la Grande Bretagne suivait celle de la France, de l’Italie et des USA.
Peu importe que la majorité des Libyens qui habitent dans la partie occidentale du pays, y compris le million et demi d’habitants de Tripoli, n’aient donné aucun signe qu’ils voulaient que les "rebelles" de Sarkozy dirigent le pays. Au contraire, il semblerait que plus d’un million de Libyens se soient rassemblés à Tripoli pour dénoncer les "rebelles" de Sarkozy et soutenir le gouvernement.
Les leaders anglais peuvent sans doute tirer une leçon des émeutes dans les rues de Londres ; une leçon de prudence contre l’ingérence éhontée dans les affaires d’autres états souverains.
Imaginez que la Libye soit aujourd’hui en position de parachuter des armes aux "rebelles" de Londres ; comme la France a violé la résolution 1970 des Nations Unies et a largué des armes en Libye occidentale faisant ainsi couler encore plus de sang.
Imaginez que la Libye soit en position d’envoyer des soldats en Angleterre pour entraîner les "rebelles" de Londres ; comme la France et l’Angleterre ont envoyé des douzaines de "conseillers" militaires à Benghazi pour former les "rebelles" de Sarkozy.
Imaginez que la Libye soit en position de fournir une protection aux "leaders" des "rebelles" londoniens et d’inviter d’autres pays à former un "groupe de contact" qui se réunit régulièrement pour accompagner les progrès de la "rébellion" londonienne et la soutenir financièrement.
Imaginez que la Libye soit en position d’obtenir que l’Union Africaine envoie des avions de combat dans le cadre d’une force d’Union Africaine qui bombarderait Londres et le numéro 10 de Downing Street pour "protéger les citoyens britanniques" en usant de "tous les moyens nécessaires" autorisés par l’Union Africaine.
Imaginez des hordes de journalistes favorables aux "rebelles" accourant à Londres du monde entier et écrivant des "articles" partiaux en partant uniquement du point de vue des "rebelles", tout en ridiculisant ou en jetant le doute sur les déclarations venant des sources officielles anglaises et londoniennes, y compris le premier ministre David Cameron et les officiels de la police.
Les leçons vont bien au-delà de ce qui se passe à Londres.
Les économies des USA et de l’Europe occidentale vont traverser des troubles financiers et souffrir de l’instabilité des marchés pendant longtemps ; certains pays ne retrouveront jamais leur place dans l’économie mondiale. Les coupes massives dans les services gouvernementaux —dont les forces de police— et les coupes dans les programmes d’aide sociale qui s’y ajouteront pour tenter de réduire les déficits engendreront nécessairement d’autres soulèvements sociaux.
Dans cette perspective dont les événements de Londres ne constituent que les prémices, il est grotesque que l’OTAN continue de bombarder la Libye pour aider une "rébellion" qui s’écroule pendant que les rues d’un pays membre de l’OTAN est consumé par les flammes, en attendant le suivant.
Le plan de l’Union Africaine offre une solution pacifique au conflit Libyen.
"Se réapproprier son pouvoir en disant la vérité"
Pour consulter l’original : http://www.blackstarnews.com/news/135/ARTICLE/7570/2011-08-0...
Traduction : Dominique Muselet