jeudi 21 juillet 2011

Travailler plus pour gagner rien, ou comment rétablir l’esclavage

l’extra-terrestre, le capitalisme et moi

L'autre jour, alors que j'étais confortablement installé devant mon ordinateur, on sonna à ma porte :
un être étrange se trouvait là devant ma porte, ni humain ni animal ; enfin ce qu'on appelle communément un extra-terrestre. Je l'invitais donc à boire un coup avec moi, et nous commençâmes une discussion sur l'état de notre belle Planète, à laquelle mon invité ne comprenait visiblement rien : nous avions développé des technologies intéressantes, disposions de ressources en grande quantité, de formidables capacités d'adaptation à toutes sortes d'environnements et de climats, et il s'avérait qu'après plus de 4000 ans de civilisation nous n'étions toujours pas capables ni de nourrir ni de loger tous les habitants de cette petite planète.
“-comment ça, une personne sur six n'a pas de quoi manger à sa faim”, me dit-il alors étonné, “avec toute votre science et votre technologie, vous n'êtes toujours pas parvenus à régler ce problème ?”
“- à vrai dire nous en sommes encore loin”, lui répondis-je alors. “Imaginez-donc, quelques 10% de la population possèdent aujourd'hui l'équivalent de presque 90% des richesses de cette planète !
- Et cela ne vous révolte pas ?
-si, bien sûr, mais nous n'y pouvons rien…
-Pourquoi, vous n'êtes donc pas libres ?
-Non, enfin si… ça dépend.
- Certains sont donc esclaves alors ?
-Et bien pas exactement. En fait nous sommes en démocratie.
- c'est qu'alors vous choisissez volontairement cette situation ? Vous n'avez donc pas de religion, ou de philosophie pour vous guider vers plus de justice, plus d'entraide et de partage ?
-si bien sûr, et même qu'on fait beaucoup de guerres pour les défendre, et même parfois des guerres “préventives”, au nom de la justice et de l'entraide, de la religion aussi.
-Vous adorez donc le Mal alors, et vos religions appellent à la haine, la violence et la mort ?
- Non, toutes nos philosophies, toutes nos religions prônent l'amour de son prochain, la fraternité et la paix entre les hommes… Regardez-donc notre littérature, tous nos grands hommes sont de fervents partisans de l'amour des autres ! Dans mon pays, la devise se trouve justement être fondée sur ces valeurs, que nous défendons partout dans le monde : LIBERTE, EGALITE, FRATERNITE.
-Vous êtes vraiment étranges… Pourquoi ne vous débarrassez-vous pas de vos dirigeants, puisqu'ils ne respectent visiblement pas leurs engagements ? Ils vous contrôlent par la pensée, ou vous battent ? Comment font-ils pour que vous acceptiez cette situation ?
-Bon, c'est un avis personnel que je vous donne, mais je crois bien que c'est à cause du capitalisme, enfin de l'argent quoi…
-C'est quoi l'argent, c'est quoi le capitalisme ?
- Vous ne connaissez pas l'argent ?!! C'est l'outil qui devait originellement servir à aider les hommes à échanger, à partager les fruits de leur labeur… et le capitalisme, c'est le cadre général qui régit les échanges, fixe les prix, donne à chacun sa valeur et détermine sa place au sein de la société. Cet outil était censé nous procurer à tous du travail, des loisirs et des biens, et surtout nous apporter le bonheur à chacun, mais…
- Mais apparemment cela ne fonctionne pas. Ca fait longtemps qu'on vous promet des améliorations ?
-Au moins 2000 ans, mais sûrement depuis le début en fait…
- Et vous n'avez pas essayé autre chose, un autre système pour fonctionner tous ensemble ?
-Non… Mais à vrai dire ce n'est pas si simple : nous ne savons pas quoi mettre à sa place.
-C'est qu'il vous faudrait au moins contrôler vos dirigeants, et sanctionner leurs excès, leurs mensonges… Vous n'avez pas d'instances susceptibles de le faire ?
- Bien sûr que si, ce n'est pas le problème de la Loi en elle-même, mais bien plutôt de ceux qui les écrivent, en s'arrangeant pour y laisser toujours une faille, dans laquelle s'engouffrent ceux qui ont le plus de pouvoir, c'est à dire celui de se payer les juges qui leurs conviennent, et même de se payer les législateurs qui rédigent ces lois…Nous sommes coincés.
-Et bien dans ce cas supprimez l'argent, et vous supprimerez du même coup tous vos problèmes….
-C'est un excellente idée, mais comment faire ? Comment partager les richesses, comment inciter les gens à travailler, comment vivre alors en société ?
- Mais c'est que si la situation est telle que vous la décrivez, vous n'avez rien à perdre à essayer. Car d'après mes informations (et c'est pour ça que je suis là), votre planète court un grand danger, et met en péril l'équilibre de l'Univers. Et si comme vous le dites les problèmes sont tous liés de près ou de loin à votre “argent” (qui semble être plus qu'une religion), alors il vous faudra bien apprendre à vous en passer. Et le plus tôt sera le mieux.
Rendez-vous compte, il faudra vous ouvrir pour y parvenir, à l'intérieur de vous-même et aux autres aussi. Dépasser votre conditionnement, réapprendre à penser par vous-même, et vous unir aux autres pour y arriver. Ce ne sera sans doute pas facile, mais avez-vous vraiment le choix ? Si les choses sont comme vous le dites, alors vous pourrez tenter toutes les combinaisons possibles, vous pourrez faire tous les calculs imaginables, faire toutes les lois que vous voudrez, rien ne changera cette réalité : le plus riche sera toujours le plus fort.

-Impossible voyons, cela remettrait trop de choses en cause : comment ferions-nous pour faire table rase du passé, oublier les avancées de la technologie, le progrès technique ou social ? La solidarité, la fraternité, la liberté, comment faire pour les conserver ? Comment l'homme fera-t-il pour trouver son bonheur, faire société et devenir bon ?

- mais qui vous parle de renoncer au progrès ? Sérieusement, regardez où vous en êtes rendus, et cessez de retourner votre vision du point initial de la conversation, à savoir qu'une personne sur six n'est pas en mesure de se nourrir. Voulez-vous continuer ainsi ? Ecoutez-donc ce que je viens de vous dire : le simple fait de supprimer l'argent vous contraindra à rechercher, et obtenir ces solutions que vous recherchez. Car c'est en unissant vos forces, en prenant soin des besoins et des désirs de vos frères humains que vous trouverez le fonctionnement d'un monde sans argent. Vous ne pouvez le faire en présence de l'argent, car c'est lui qui vous en empêche. Réfléchissez bien : si les hommes étaient tels qu'ils correspondent à vos valeurs de liberté, d'égalité et de fraternité, alors l'argent deviendrait inutile dans l'instant.”

Nous continuâmes à deviser un peu encore, et c'est en partant que je lui ai dis que personne ne croirait à mon histoire… Et vous savez ce qu'il m 'a répondu  ? “Ca ne m'étonne pas : si vous étiez vraiment malins, vous n'en seriez pas là !”. Et il s'en est retourné, comme il était venu.

Caleb Irri
http://calebirri.unblog.fr

Ce machin…

Ce machin…

L’ONU est sur le point de décréter l’état de famine dans certaines régions du sud de la Somalie, ont déclaré mardi des responsables d’organisations humanitaires.
L’ONU n’est pas sur le point de demander aux pays belligérants un peu partout (loin de leur territoire) de cesser leurs guerres pour que les avions, hélicoptères et navires construits pour tuer soient détournés des lieux de massacres afin d’acheminer des vivres, a déclaré à l’instant sur le site Le Grand Soir un irresponsable nommé…
…Théophraste R.
(Chef de la rubrique démagogie, si ça vous fait plaisir).
URL de cette brève 1900 http://www.legrandsoir.info/+ce-machin+.html

mercredi 20 juillet 2011

Comment l’Autorité de Ramallah brade l’unité palestinienne

mercredi 20 juillet 2011
Si vous étiez un employé du gouvernement palestinien, il y aurait de fortes chances que vous ne receviez que la moitié de votre salaire habituel ce mois-ci.


Le "premier ministre" palestinien Fayyad salué à son passage par les milices mises en place par l’AP de Ramallah avec le concours des Etats-Unis et d’Israël - Photo : Loay Abu Haykel
L’autre moitié ne sera disponible que lorsque les donateurs internationaux seront suffisamment généreux pour éponger l’énorme pénurie de fonds à laquelle est actuellement confrontée l’Autorité palestinienne (AP).
Avec un déficit constant d’environ 640 millions de dollars US, le gouvernement de l’AP du premier ministre Salaam Fayyad connaît une de ses pires crises financières. Mais l’économie palestinienne n’est pas une véritable économie par rapport aux normes universellement reconnues. Elle survit en grande partie grâce aux transferts des pays donateurs. Ces fonds ont largement permis à Israël d’échapper à sa responsabilité financière en tant que puissance occupante en vertu des articles de la Quatrième Convention de Genève.
Ces mêmes fonds ont aussi maintenu à bout de bras une direction palestinienne qui tente de garantir sa propre survie en servant les intérêts de ses principaux financiers.
Mais ces fonds sont en train de s’assécher. Cela pourrait être dû à une tentative politique afin de dissuader le président Mahmoud Abbas de réclamer la reconnaissance d’un Etat palestinien aux Nations Unies en septembre prochain. Les responsables de l’AP ont été fortement irrités par ces retards dans les transferts, critiquant les pays donateurs - dont des pays arabes - pour ne pas avoir honoré leurs engagements financiers.
Yasser Abed Rabbo, le secrétaire général de l’OLP [Organisation de Libération de la Palestine], a parlé d’une crise « sans précédent » sur les ondes de Voice of Palestine. « La situation est devenue très compliquée pour l’Autorité palestinienne en raison de l’incapacité des pays arabes à respecter leurs promesses financières. »
Fayyad a qualifié « d’ironie » le fait que la crise actuelle se produise à un moment où l’Autorité palestinienne avait réduit sa dépendance envers l’aide étrangère de près de la moitié - passant de 1,8 milliard de dollars en 2008 à 970 millions - selon le Jerusalem Post. Maintenant, même cette moitié est réduite puisque seuls 331 millions de dollars sur les 970 promis ont été perçus.
Les plus hauts responsables de l’AP établissent maintenant ouvertement un lien entre la retenue à la source de ces fonds et la réalité politique en Palestine. Fayyad a insisté pour dire que « la crise ne dot pas jeter le doute sur notre préparation pour la mise en place d’un Etat », tandis que Abed Rabbo a affirmé que la crise ne stopperait pas les efforts de l’AP pour revendiquer un Etat indépendant le long des lignes d’avant la guerre de 1967.
L’AP comprend sans aucun doute le coût financier de toute aventure politique qui sera jugée défavorable à Israël - surtout depuis qu’elle se voit constamment rappelée les « liens historiques » et les « valeurs communes » qui unissent Israël et les Etats-Unis.
Un rappel en a été la marge énorme à la Chambre américaine des Représentants en Juillet 2011. Par un « vote écrasant de 406 contre 6 », a rapporté l’AFP, les législateurs des États-Unis « ont averti les Palestiniens qu’ils risquent des réductions de l’aide américaine s’ils poursuivent leur tentative d’une reconnaissance par les Nations Unies d’un futur Etat qui ne soit pas défini dans des négociations directes avec Israël. »
Le message fait écho à une autre vote sur une résolution similaire au Sénat américain.
Ce soutien inconditionnel d’Israël par les Etats-Unis rend la tâche beaucoup plus facile pour les diplomates israéliens. Ils peuvent à présent moins se concentrer sur les États-Unis et plus sur les pays européens qui ont promis de soutenir l’initiative étatique de l’AP.
L’AP est bien sûr très vulnérable face à ces menaces, malgré son insistance à dire le contraire. Une fois que les Etats-Unis et d’autres commencent à agiter la carte du blocage de fonds, n’importe quel programme politique de l’AP dégénérera en bavardages politiques indécis et même autodestructeurs. Le manque de fermeté dans le vocabulaire politique dont use l’AP peut être attribué à sa crainte qu’avec la simple décision de retenir les fonds - couplée à une décision israélienne de bloquer les taxes collectées au nom de l’Autorité palestinienne - son gouvernement ne survivrait pas plus de quelques semaines.
Il faut se souvenir que la Cisjordanie et Jérusalem-Est sont des territoires occupés. Privée de même un semblant de souveraineté territoriale et gérant une économie nationale basée sur les donations externes, l’AP n’a aucune indépendance politique en dehors des marges autorisées par les Etats-Unis et Israël, deux pays qui veulent avec acharnement détruire le projet national palestinien.
L’AP a été aux prises avec cette situation impossible depuis sa création en 1994. Etre le gardien des intérêts nationaux palestiniens tout en satisfaisant les intérêts politiques d’Israël et les attentes des Etats-Unis, est un exploit impossible. Cette énigme a presque toujours été solutionnée au détriment des Palestiniens eux-mêmes. La dernière victime en est l’accord unitaire signé en Egypte le 27 avril entre le Hamas et le Fatah, le parti de l’Autorité palestinienne au pouvoir.
L’unité est essentielle pour qu’existe un programme politique cohérent en faveur des droits palestiniens et d’un possible Etat. Lorsque l’accord a été signé officiellement au début du mois de mai, on s’attendait à ce que divers comités soient en mesure de finaliser rapidement le processus visant à fixer une date pour des élections et de mettre un terme définitif à la querelle de quatre ans entre les deux organisations.
Mais une contre-stratégie israélienne a immédiatement été mise au point. Le 4 mai, alors que les Palestiniens célébraient leur union, le premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a mené l’offensive depuis Londres. « Ce qui s’est passé aujourd’hui au Caire est un coup terrible pour la paix et une grande victoire pour le terrorisme », a-t-il déclaré (tel que rapporté par Reuters). Les Etats-Unis ont fait écho aux propos de Netanyahou pressenti, tandis que les pays de l’UE ont répondu « avec prudence », et le bras de fer a commencé.
Encore une fois, Abbas et l’Autorité palestinienne ont été confrontés à un dilemme dans leurs priorités. L’unité nationale en Palestine a eu à souffrir un nouveau coup. « Le président palestinien ne veut pas avoir à mener deux batailles diplomatiques : l’une pour la reconnaissance d’une alliance avec les islamistes et l’autre pour un vote de l’ONU en faveur d’un Etat dans le même temps, » a déclaré un officiel de l’OLP (tel que cité par l’Associated Press et Ha’aretz).
« Le vote de l’ONU serait une étape largement symbolique par laquelle les Palestiniens espèrent néanmoins améliorer leur moyen de pression sur Israël », selon un communiqué de l’AP. « Symbolique » peut-être, mais en tout cas une priorité, pour Abbas, et qui passe avant l’urgence d’une unité nationale et d’un programme politique unifié.
Pendant ce temps, les forces de l’AP - entraînées et armées par les Etats-Unis et en coordination constante avec l’armée israélienne - ont arrêté 68 membres du Hamas ces dernières semaines, selon un rapport publié par l’Agence d’Informations Maan qui reprend un communiqué du Hamas.
Alors que Mahmoud Abbas est désormais à la tête d’une mission diplomatique qui vise à rallier un soutien pour son initiative devant les Nations Unies, Fayyad tente de recueillir des fonds pour soutenir l’économie palestinienne pour quelques mois de plus. Dans le même temps, l’unité nationale palestinienne - sans laquelle les Palestiniens resteront désespérément fragmentés et vulnérables face aux pressions et décisions extérieures - ne sera qu’un peu d’encre sur du papier.

Ramzy Baroud (http://www.ramzybaroud.net) est un journaliste international et le directeur du site PalestineChronicle.com. Son dernier livre, Mon père était un combattant de la liberté : L’histoire vraie de Gaza (Pluto Press, London), peut être acheté sur Amazon.com.

Imbroglio afghan

Le récent assassinat d’un demi-frère du Président KARZAÏ souligne le caractère chaotique de la situation. Comme le rappelle le texte qui suit publié sur le site des nationalistes pakistanais (traduction COMAGUER) WALI KARZAÏ était un élément clé du dispositif étasunien en Afghanistan et sa disparition montre la faiblesse de leur position.
Un article du correspondant à Kaboul du quotidien britannique THE INDEPENDANT publié le 16 Juillet confirme cette faiblesse. Pour les nationalistes pakistanais l’assassinat serait consécutif à une « querelle ». Le terme anglais feud peut aussi se traduire par vendetta et le doute restait permis sur les mobiles réels du crime. THE INDEPENDANT avance une hypothèse : L’assassin était lui aussi un agent de la CIA d’où la confiance que lui accordait WALI KARZAÏ mais il a été retourné par les talibans.
Cette hypothèse est-elle en contradiction avec celle avancée par les nationalistes pakistanais qui voit le meurtre orchestré à Washington ?
Pas nécessairement. La CIA peut avoir considéré que WALI KARZAÏ ne convenait plus à la tâche, qu’il était par exemple trop gourmand sur ses commissions sur l’héroïne, qu’il jouait trop sa propre carte et avoir décidé sa liquidation. Il est en effet une règle absolue dans le grand banditisme c’est que le pouvoir absolu du chef de gang est un pouvoir de vie et de mort autant sur ses lieutenants que sur ses rivaux et que pour chaque arrêt de mort qu’il prononce, il choisit lui-même le bourreau.
Ahmed Wali Karzaï et l’Empire Afghan secret de la CIA
L’Afghanistan est aujourd’hui le plus grand terrain de jeux de la CIA dans le monde, loin des yeux indiscrets des médias US et du Congrès. Le meurtre du Wali Karzaï crée un grand trou dans le dispositif de la CIA dans le pays occupé.
Rapport spécial - Mardi 12 Juillet 2011 - WWW.PAKNATIONALISTS.COM
Kaboul, Afghanistan — Le demi-frère du président Hamid Karzaï et le faiseur de rois de Kandahar était un agent de la CIA. Il était aussi un symbole de l’empire secret en expansion de la CIA en Afghanistan.
L’Afghanistan est aujourd’hui la dernière base libre d’opérations de la CIA dans le monde. L’Agence est plus libre ici que partout ailleurs, y compris aux Etats-Unis. En l’espèce, l’Agence de renseignement complote ici contre les puissances régionales comme la Chine, le Pakistan et la Russie et finance ces plans grâce au commerce de l’opium à l’abri des contrôles du Congrès.
Aucune position n’est plus avantageuse pour la CIA que celle-ci. D’où l’insistance de l’Agence pour rester dans la région et résister à tout retrait des États-Unis ou à tout arrêt de la guerre en Afghanistan.
UN ATOUT
Ahmed Wali Karzaï symbolisait le mode de fonctionnement des États-Unis en Afghanistan. La totalité de l’occupation américaine de l’Afghanistan continue d’être basée sur des accords secrets avec des tueurs de l’ombre et des producteurs de drogue. Ces alliés des États-Unis sont corrompus jusqu’à l’os. Leur maintien au pouvoir démentit les déclarations roses de Washington sur les droits de l’homme, la démocratie et une nouvelle ère en Afghanistan.
La CIA a toujours trouvé facile de traiter avec de tels personnages parce qu’ils aidaient l’Agence à faire le sale boulot qu’elle ne peut pas faire autrement de façon légale.
L’Agence avait besoin de personnes comme Wali Karzai pour l’aider à cultiver l’opium pour financer ses opérations secrètes dans la région qui ne soient pas sanctionnées par le gouvernement US ou le Congrès. Les Talibans ont mis fin à ce commerce mais la CIA l’a rétabli après 2002 pour financer son empire secret en plein essor en Afghanistan loin des yeux indiscrets de Congrès qui contrôle le budget de l’Agence.
La relation de la CIA- avec Wali Karzaï aurait pu continuer sans interruption sauf conflits politiques internes à Washington.
La Couverture de Karzaï n’a pas été enlevée en Afghanistan, mais à l’intérieur des États-Unis, quand à Washington les rivalités sur la politique afghane du président Obama ont conduit quelqu’un à mettre au jour les relations étroites de la CIA avec les mauvais éléments dans le pays occupé.
Le rusé jeune Karzaï est devenu un homme menacé depuis ce jour.
La junior Karzaï a été tué par un assistant digne de confiance, très probablement suite à une querelle.
Sa mort représente une perte énorme pour la CIA à un moment difficile, créant un vide immense dans les bastions Pachtounes du sud de l’Afghanistan. Il s’apparente à l’ouverture d’un front pour la CIA et pour les militaires US dans leur propre arrière-cour au moment où ils ont le moins besoin d’une telle diversion.
Le message que son meurtre envoie à l’élite dirigeante soutenue par les U.S.A est dévastateur. Il dit que ni la CIA ni les militaires US ne peuvent vous protéger si vous êtes leur allié en Afghanistan.
Il n’y a aucune menace immédiate pour l’occupation US en Afghanistan après la mort de M. Karzaï, mais sa valeur symbolique ne peut être niée.
C’est un signe de plus du commencement de la fin.

COMAGUER
URL de cet article 14218 http://www.legrandsoir.info/imbroglio-afghan.html

La débâcle de l’OTAN en Libye (Counterpunch)

mardi 19 juillet 2011

LES MENSONGES DE LA GUERRE DE L’OCCIDENT CONTRE LA LIBYE

A- LES  VRAIES RAISONS DE LA GUERRE EN LIBYE

Manque à gagner pour l’Occident à cause du Premier Satellite Africain RASCOM 1

C’est la Libye de Kadhafi qui offre à toute l’Afrique sa première vraie révolution des temps modernes : assurer la couverture universelle du continent pour la téléphonie, la télévision, la radiodiffusion et de multiples autres applications telles que la télémédecine et l’enseignement à distance ; pour la première fois, une connexion à bas coût devient  disponible sur tout le continent, jusque dans les zones rurales grâce au système par pont radio WMAX. 
  • L’histoire démarre en 1992 lorsque 45 pays africains créent la société RASCOM pour disposer d’un satellite africain et faire chuter les coûts de communication sur le continent. Téléphoner de et vers l’Afrique est alors le tarif le plus cher au monde, parce qu’il y avait un impôt de 500 millions de dollars que l’Europe encaissait par an sur les conversations téléphoniques même à l’intérieur du même pays africain, pour le transit des voix sur les satellites européens comme Intelsat. Un satellite africain coûtait juste 400 millions de dollars payable une seule fois et ne plus payer les 500 millions de location par an. Quel banquier ne financerait pas un tel projet ? Mais l’équation la plus difficile à résoudre était : comment l’esclave peut-il s’affranchir de l’exploitation servile de son maître en sollicitant l’aide de ce dernier pour y parvenir ? Ainsi, la Banque Mondiale, le FMI, les USA, l’Union Européenne ont fait miroiter inutilement ces pays pendant 14 ans. C’est en 2006 que Kadhafi met fin au supplice de l’inutile mendicité aux prétendus bienfaiteurs occidentaux pratiquant  des prêts à taux usuraire; le guide Libyen a ainsi mis sur la table 300 millions de dollars, La Banque Africaine de Développement a mis 50 millions, la Banque Ouest Africaine de Développement, 27 millions  et c’est ainsi que l’Afrique a depuis le 26 décembre 2007 le tout premier satellite de communication de son histoire. Dans la foulée, la Chine et la Russie s’y sont mises, cette fois en cédant leur technologie et ont permis le lancement de nouveaux satellites, Sud-Africain, Nigérian, Angolais, Algérien et même un deuxième satellite africain est lancé en juillet 2010. Et on attend pour 2020, le tout premier satellite technologiquement 100% africain et construit sur le sol africain, notamment en Algérie. Ce satellite est prévu pour concurrencer les meilleurs du monde, mais à un coût 10 fois inférieur, un vrai défi. Voilà comment un simple geste symbolique de 300 petits millions peut changer la vie de tout un continent. La Libye de Kadhafi a fait perdre à l’Occident, pas seulement 500 millions de dollars par an mais les  milliards de dollars de dettes et d’intérêts que cette même dette permettait de générer à l’infini et de façon exponentielle, contribuant ainsi à entretenir le système occulte pour dépouiller l’Afrique.
Fond Monetaire Africain, Banque Centrale Africaine, Banque Africaine Des Investissements
  • Les 30 milliards de dollars saisis par M. Obama appartiennent à la Banque Centrale Libyenne  et prévu pour la contribution libyenne à la finalisation de la fédération africaine à travers 3 projets phare : la Banque Africaine d’Investissement à Syrte en Libye, la création dès ce 2011 du Fond Monétaire Africain avec un capital de 42 milliards de dollars avec Yaoundé pour siège, la Banque Centrale Africaine avec le siège à Abuja au Nigeria dont la première émission de la monnaie africaine signera la fin du Franc CFA grâce auquel Paris a la main mise sur certains pays africains depuis 50 ans. On comprend dès lors et encore une fois la rage de Paris contre Kadhafi. Le Fond Monétaire Africain doit remplacer en tout et pour tout les activités sur le sol africain du Fond Monétaire International qui avec seulement 25 milliards de dollars de capital a pu mettre à genoux tout un continent avec des privatisations discutables, comme le fait d’obliger les pays africains à passer d’un monopole publique vers un monopole privé. Ce sont les mêmes pays occidentaux qui ont frappés à la porte pour être eux aussi membres du Fond Monétaire africain et c’est à l’unanimité que le 16-17 décembre 2010 à Yaoundé les Africains ont repoussé cette convoitise, instituant que seuls les pays africains seront membres de ce FMA.
  • Il est donc évident qu’après la Libye la coalition occidentale déclarera sa prochaine guerre à l’Algérie, parce qu’en plus des ses ressources énergétiques énormes, ce pays a une réserve monétaire de 150 milliards d’Euros. Ce qui devient la convoitise de tous les pays qui bombardent la Libye et qui ont tous quelque chose en commun, ils sont tous financièrement en quasi faillite, les USA à eux seuls ont 14.000 Milliards de dollars de dettes,  La France, la Grande Bretagne et l’Italie ont chacun environ 2.000 milliards de dettes publiques alors que les 46 pays d’Afrique Noire ont au total moins de 400 milliards de dollars de dettes publiques.  Créer des fausses guerres en Afrique dans l’espoir de trouver de l’oxygène pour continuer leur apnée économique qui ne fait que s’empirer ne fera qu’enfoncer les Occidentaux dans leur déclin qui a pris son envol en 1884, lors de la fameuse Conférence de Berlin. Car comme l’avait prédit l’économiste Adams Smith, dans son soutient pour l’abolition de l’esclavage, «l’économie de tout pays qui pratique l’esclavage des noirs est en train d’amorcer une descente vers l’enfer qui sera rude le jour où les autres nations vont se réveiller »
UNIONS  REGIONALES COMME FREIN A LA CREATION DES ETATS-UNIS D’AFRIQUE
  • Pour déstabiliser et détruire l’union Africaine qui va dangereusement (pour l’Occident) vers les Etats-Unis d’Afrique avec la main de maître de Kadhafi, l’Union Européenne a d’abord tenté sans y parvenir la carte de la création de l’UPM (Union Pour la Méditerranée) Il fallait à tout prix couper l’Afrique du Nord du reste de l’Afrique. Cela a échoué parce que Kadhafi a refusé d’y aller. Il a compris très vite le jeu à partir du moment où on parlait de la Méditerranée en associant quelques pays africains sans en informer l’Union Africaine, mais en y invitant tous les 27 pays de l’Union Européenne. L’UPM sans le principal moteur de la fédération africaine était foirée avant même de commencer, un mort – né avec Sarkozy comme Président et Mubarack, le vice-président. Ce que Alain Juppé tente de relancer, tout en misant sur la chute de Kadhafi, bien sur. Ce que les dirigeants Africains ne comprennent pas est que tant que ce sera l’Union Européennes à financer l’Union Africaine, on sera toujours au point de départ, car dans ces conditions, il n’y aura pas d’effective indépendance. C’est dans le même sens que l’Union Européenne a encouragé et financé les regroupements régionaux en Afrique. Il était évident que la CEDEAO qui a une Ambassade à Bruxelles et qui tire l’essentiel de son financement de l’UE, est un obstacle majeur contre la fédération africaine. C’est ce que Lincoln avait combattu dans la guerre de sécession aux Etats-Unis, parce qu’à partir du moment où un groupe de pays se retrouvent autour d’une organisation politique régionale, cela ne peut que fragiliser l’organe central. C’est ce que l’Europe voulait et c’est ce que les Africains n’ont pas compris en créant coup sur coup, la COMESA, l’UDEAC, la SADC et le Grand Maghreb qui n’a jamais fonctionné encore une fois grâce à Kadhafi qui lui l’avait très bien compris.
KADHAFI, L’AFRICAIN QUI A PERMIS DE LAVER L’HUMILIATION DE L’APARTHEID

Kadhafi est dans le cœur de presque tous les Africains comme un homme très généreux et humaniste pour son soutien désintéressé a la bataille contre le régime raciste d’Afrique du Sud. Si Kadhafi avait été un homme égoïste, rien ne l’obligeait à attirer sur lui les foudres des occidentaux  pour soutenir financièrement et militairement l’ANC dans sa bataille contre l’apartheid. C’est pour cela que à peine libéré de ses 27 ans de prisons, Mandela décide d’aller rompre l’embargo des Nations Unis contre la Libye le 23 Octobre 1997. A cause de cet embargo même aérien, depuis 5 longues années aucun avion ne pouvait atterrir en Libye. Pour y arriver, Il fallait prendre un avion pour la Tunisie ; arriver à Djerba et continuer en voiture pendant 5 heures pour  Ben Gardane, passer la frontière et remonter en 3 heures de route par le désert jusqu’à Tripoli. Ou alors, passer par Malte et faire la traversée de nuit, sur des bateaux mal entretenus jusqu’à la côte libyenne. Un calvaire pour tout un peuple, juste pour punir un seul homme. Mandela décida de rompre cette injustice et répondant a l’ex Président Américain Bill Clinton, qui avait jugé cette visite «malvenue», il s’insurgea : «Aucun Etat ne peut s'arroger le rôle de gendarme du monde, et aucun Etat ne peut dicter aux autres ce qu'ils doivent faire ». il ajouta : « ceux-là qui hier étaient les amis de nos ennemis, ont aujourd’hui le toupet de me proposer de ne pas visiter mon frère Kadhafi, ils nous conseillent d’être ingrats et d’oublier nos amis d’hier ». En effet, pour l’Occident, les racistes d’Afrique du Sud étaient leurs frères qu’il fallait protéger. C’est pour cela que tous les membres de l’Anc étaient considérés des dangereux terroristes, y compris Nelson Mandela. Il faudra attendre le 2 Juillet 2008, pour que le Congrès Américain vote une loi pour  rayer le nom de Nelson Mandela et de ses camarades de l’ANC de cette liste noire, pas parce qu’ils ont compris la bêtise d’une telle liste, mais parce qu’on voulait faire un geste pour les 90 ans de Nelson Mandela.  Si les Occidentaux sont aujourd’hui repentis de leur soutient d’hier aux ennemis de Mandela et sont vraiment sincères lorsqu’on lui donnent des noms de rue et de places, comment continuer à faire la guerre à celui qui a permis la victoire de Mandela et son peuple, Kadhafi ?

B- CEUX QUI VEULENT EXPORTER LA DEMOCRATIE SONT-ILS DE VRAIES  DEMOCRATIES ?
Et si la Libye de Kadhafi était plus démocratique que les USA, la France, la Grande Bretagne et tous ceux qui font la guerre pour exporter la démocratie en Libye ? Le 19 Mars 2003, le Président Georges Bush lance les bombes sur la tête des Iraquiens avec le prétexte d’y exporter la démocratie. Le 19 Mars 2011, c’est-à-dire 8 ans plus tard et jour pour jour, c’est le Président Français qui lance ses bombes sur la tête des Libyens avec le même prétexte de leur offrir la démocratie. Monsieur Obama, Prix Nobel de la Paix 2009 et président des Etat Unis d’Amérique, pour justifier qu’il procède à un déferlement de missiles Cruise de ses sous-marins sur la tête des Libyens a dit que c’était pour chasser le dictateur Kadhafi du pouvoir et y instaurer la démocratie.
La question que tout être humain doté de la moindre capacité intellectuel de jugement et d’appréciation  ne peut s’empêcher de se poser est : ces pays comme la France, l’Angleterre, les USA, l’Italie, la Norvège, le Danemark, la Pologne dont la légitimité pour aller bombarder les Libyens se base sur le seul fait de s’être autoproclamés « pays démocratiques » sont-ils réellement démocratiques ? Si oui, sont-ils plus démocratiques que la Libye de Kadhafi ? La réponse, sans équivoque est NON, pour la simple et bonne raison que la démocratie n’existe pas.  Ce n’est pas moi qui l’affirme, mais celui-là même dont la ville natale, Genève abrite l’essentiel du commandement des Nations Unies. Il s’agit bien entendu de Jean-Jacques Rousseau né à Genève en 1712 qui affirme dans le chapitre IV du Livre III de son très célèbre « Contrat Social » que : « il n'a jamais existé de véritable démocratie, et il n'en existera jamais».  Pour qu’un état soit véritablement démocratique Rousseau pose 4 conditions selon lesquelles la Libye de Kadhafi est même de loin plus démocratique que les Etats-Unis d’Amérique, la France et tous les autres qui prétendent lui exporter la démocratie à savoir :
  • Dimension de l’Etat : plus un état est grand, moins il peut être démocratique, pour Rousseau l’Etat doit être très petit pour que le peuple soit facile à rassembler et que chaque citoyen puisse aisément connaître tous les autres. Avant donc de faire voter les gens, il faut s’assurer que chacun connaisse tous les autres sans quoi voter pour voter est un acte dénué de tout fondement démocratique, c’est un simulacre de démocratie pour élire un dictateur. La structure de l’organisation de l’Etat Libyen se fonde sur une base tribale qui regroupe par définition le peuple en de petites entités. Le sentiment démocratique est plus présent dans une tribu, dans un village que dans une grande Nation, parce que le fait que tout le monde se connaisse et que la vie tourne autour des mêmes points communs apporte une sorte d’autorégulation, d’autocensure même pour peser à chaque instant, la réaction ou la contre-réaction des autres membres pour ou contre les opinions qu’on peut avoir. Sous cet angle, c’est la Lybie  qui répond le mieux  aux exigences de Rousseau, ce qu’on ne peut pas dire de même pour les Etats-Unis d’Amérique, la France ou la Grande Bretagne, des sociétés fortement urbanisées où la majorité des voisins ne se disent même pas bonjour et donc ne se connaissent pas, même vivant cote-à-cote pendant 20 ans. Dans ces pays, on est passé directement à l’étape suivante : « le vote » qu’on a malignement sanctifié afin de faire oublier que ce vote est inutile à partir du moment où je m’exprime sur l’avenir d’une nation sans en connaitre ses membres.  On est ainsi arrivé jusqu’à la bêtise du vote des citoyens vivant à l’étranger.  Se connaitre et se parler est la condition essentielle de la communication pour le débat démocratique qui précède toute élection.
  • Il faut la simplicité des mœurs et des comportements pour éviter  que l’on passe l’essentiel du temps à parler de justice, de tribunal pour trouver des solutions aux multitudes querelles d’intérêts divers qu’une société trop complexe fait naitre naturellement.  Les Occidentaux se dé finissement comme des pays civilisés, donc aux mœurs complexes et la Libye comme pays dit primitif, c’est-à-dire aux meurs simples. Sous cet angle, encore une fois, c’est la Libye qui répondrait mieux aux critères démocratiques de Rousseau que tous ceux qui prétendent lui donner des leçons de démocratie. Dans une société complexe, les trop nombreux conflits sont résolus par la loi du plus fort, puisque celui qui est riche évite la prison parce qu’il peut se permettre un meilleur avocat et surtout, orienter l’appareil répressif de l’état contre celui qui vole une banane dans un supermarché, plutôt que le délinquant financier qui fait crouler une banque. Dans une ville comme New York où 75% de la population est blanche, 80% des postes de cadres sont occupés par des Blancs et ils ne sont que 20% des personnes en prison.
  • L’égalité dans les rangs et dans les fortunes.   Il suffit de voir le classement FORBES 2010 pour voir quels sont les noms des personnes les plus riches de chacun des pays qui jette la bombe sur la tête des Libyens et voir la différence avec le salaire le plus bas dans chacun des pays et faire de même pour la Libye pour comprendre qu’en matière de redistribution de la richesse du pays, c’est à la Libye d’exporter son savoir faire à ceux qui la combattent et non le contraire. Même sous cet angle, selon Rousseau, la Libye serait plus démocratique que ceux qui veulent pompeusement lui exporter la prétendue démocratie. Aux Etats-Unis 5% de la population possèdent 60% de la richesse nationale. C’est le pays le plus déséquilibré, le plus inégal du monde.
  • PAS DE LUXE. Pour Rousseau pour qu’il y ait la démocratie dans un pays, il ne faut pas qu’il y ait de luxe parce que selon lui, le luxe rend nécessaire la richesse et cette dernière devient la vertu, l’objectif à atteindre à tout prix et non le bonheur du peuple, « le luxe corrompt à la fois le riche et le pauvre, l'un par la possession, l'autre par la convoitise ; il vend la patrie à la mollesse, à la vanité ; il ôte à l'Etat tous ses citoyens pour les asservir les uns aux autres, et tous à l'opinion ». Ya-t-il plus de luxe en France ou en Libye ? Ce rapport d’asservissement des employés qui sont poussés jusqu’au suicide les employés mêmes des entreprises publiques ou semi-publique, pour des raisons de rentabilité et donc de possession de luxe d’une des parties est-il plus criant en Libye ou en Occident ?
  • Le sociologue Américain C. Wright Mills a décrit en 1956 la démocratie américaine comme  « la dictature des élites ». Selon Mills, les Etats-Unis d’Amérique ne sont pas une démocratie parce qu’en définitive, c’est l’argent qui s’est substitué au peuple. Le résultat de chaque élection y est l’expression de la voix de l’argent et non la voix du peuple. Après Bush-père et Bush-fils, pour les primaires républicaines de 2012, on parle déjà de Bush-benjamin. En plus, si le pouvoir politique se base sur la bureaucratie, Max Weber fait remarquer qu’il y a 43 millions de fonctionnaires et militaires aux Etats-Unis qui commandent effectivement le pays, mais qui n’ont été votés par personne et qui ne répondent pas directement au peuple de leurs activités. Une seule personne (un riche) est donc votée mais le vrai pouvoir sur le terrain est tenue par une seule caste de riches qui ne résulte purement et simplement que de nominations comme les ambassadeurs, les généraux de l’armée etc...
Combien de personnes dans les pays autoproclamés « démocratiques » savent qu’au Pérou la constitution interdit un deuxième mandat consécutif au président de la république sortant ? Combien de personnes savent qu’au Guatemala, non seulement le président sortant ne doit plus jamais se présenter comme candidat à cette fonction, mais qu’en plus à aucun degré de parenté, aucun membre de sa famille ne pourra plus prétendre à cette fonction ?  Combien savent que le Rwanda est le pays qui intègre politiquement le mieux les femmes au monde avec 49% de parlementaires femmes ? Combien savent que dans le classement de la CIA 2007, sur 10 pays les mieux gérés au monde, 4 sont Africains ? Avec la palme d’or à la Guinée équatoriale  dont la dette publique ne représente que 1,14% de son PIB.
La guerre civile, les révoltes, les rebellions sont les ingrédients d’un début de démocratie soutient Rousseau. Parce que la démocratie n’est pas une fin, mais un processus permanent pour réaffirmer les droits naturels des humains que dans tous les pays du monde (sans exception) une poignée d’hommes et de femmes, confisquant le pouvoir du peuple, l’oriente pour se maintenir aux affaires. On trouve ici et là des formes de castes qui usurpent le mot « démocratie » qui doit être cet idéal vers lequel tendre et non un label à s’approprier ou un refrain à vanter parce qu’on est juste capable de crier plus fort que les autres. Si un pays est calme comme la France ou les Etats-Unis, c’est-à-dire sans aucune révolte, pour Rousseau cela veut tout simplement dire que le système dictatorial est suffisamment répressif pour empêcher toute tentative de rébellion. Si les Libyens se révoltent, ce n’est pas une mauvaise chose. C’est prétendre que les peuples acceptent stoïquement le système qui les opprime partout dans le monde sans réagir qui est très mauvais. Et Rousseau de conclure : «  Malo periculosam libertatem quam quietum servitium  -traduction : S'il y avait un peuple de dieux, il se gouvernerait démocratiquement. Un gouvernement si parfait ne convient pas à des hommes ». Dire qu’on tue les Libyens pour leur bien est un leurre.

C- QUELLES LECONS POUR L’AFRIQUE ?
Après 500 ans de relations de dominateur et de dominé avec l’Occident, il est dès lors prouvé que nous n’avons pas les mêmes critères pour définir le bon et le méchant. Nous avons des intérêts profondément divergents. Comment ne pas déplorer le Oui de 3 pays africains au sud du Sahara, Nigeria, Afrique du Sud et Gabon pour la résolution 1973 inaugurant la nouvelle forme de colonisation baptisée « protection des peuples », validant la théorie raciste que les Européens véhiculent depuis le 18ème siècle selon laquelle l’Afrique du Nord n’a rien à partager avec l’Afrique Subsaharienne, l’Afrique du nord  serait ainsi plus évoluée, plus cultivée et plus civilisée que le reste de l’Afrique. Tout se passe comme si la Tunisie, l’Egypte, la Libye, l’Algérie ne faisaient pas partie de l’Afrique. Même les Nations Unies semblent ignorer la légitimité de l’Union Africaine sur ses états membres. L’objectif est d’isoler les pays d’Afrique subsaharienne afin de mieux les fragiliser et les tenir sous contrôle. En effet, dans le capital du nouveau Fond Monétaire Africain (FMA), l’Algérie avec 16 milliards de dollars et la Libye avec 10 milliards de dollars contribuent à eux tous seuls pour près de 62% du capital qui est de 42 milliards de Dollars. Le premier pays d’Afrique subsaharienne et les plus peuplés, le Nigeria suivi de l’Afrique du Sud arrivent très loin derrière avec 3 milliards de dollars chacun.
C’est très inquiétant de constater que pour la première fois de l’histoire des Nations Unies, on a déclaré la guerre à un peuple sans avoir exploré au préalable la moindre piste pacifique pour solutionner le problème.
L’Afrique a-t-elle encore sa place dans une telle organisation ? Le Nigeria et l’Afrique du Sud sont disposés à voter OUI à tout ce que l’Occident demande, parce qu’ils croient naïvement aux promesses des uns et des autres de leur donner une place de membre permanent au Conseil de Sécurité avec le même droit de veto. Ils oublient tous les deux que la France n’a aucun pouvoir de leur attribuer le moindre poste. Si elle l’avait, il y a belle lurette que Mitterrand l’aurait fait pour l’Allemagne de Helmut Kohl. La reforme des Nations Unies n’est pas à l’ordre du jour. La seule manière de compter, est la méthode chinoise : tous les 50 pays africains doivent quitter les Nations Unies. Et s’ils doivent y retourner un jour, ne le faire que s’ils ont obtenu ce qu’ils demandent depuis longtemps, un poste pour toute la fédération africaine, sinon rien.
Cette méthode de la non-violence est la seule arme de justice dont disposent les pauvres et les faibles que nous sommes. Nous devons tout simplement quitter les Nations Unies, car cette organisation de par sa configuration, de par sa hiérarchie est aux services des plus forts.
Nous devons quitter les Nations Unies afin de marquer notre réprobation de cette conception du monde basée uniquement sur l’écrasement du plus faible. Tout au moins ils seront libres de continuer de le faire, mais pas avec notre signature, pas en rappelant que nous sommes d’accord alors qu’ils savent très bien qu’ils ne nous ont jamais interrogés. Et même quand nous avons donné notre propre point de vue, comme la rencontre de samedi 19/3 à Nouakchott avec la déclaration sur la contrariété à l’action militaire, ceci a été passé tout simplement sous silence pour aller accomplir le forfait de bombarder  le peuple africain.
Ce qui arrive aujourd’hui est le scénario déjà vu auparavant avec la Chine. Aujourd’hui, on reconnaît le gouvernement Ouattara, on reconnaît le gouvernement des insurgés en Libye. C’est ce qui s’est passé à la fin de la deuxième guerre mondiale avec la Chine. La soit disante communauté internationale avait choisi Taiwan comme unique représentant du peuple Chinois en lieu et place de la Chine de Mao. Il faudra attendre 26 ans, c’est-à-dire le 25 octobre 1971 avec la résolution 2758 que tous les Africains devraient lire, pour mettre fin à la bêtise humaine. La Chine est admise, sauf qu’elle a prétendu et obtenu d’être membre permanent avec doit de veto, si non elle n’entre pas. Cette exigence satisfaite et la résolution d’admission entrée en vigueur, il faudra attendre un an pour que le 29 septembre 1972, le Ministre Chinois des Affaires Etrangères donne sa réponse avec une lettre au Secrétaire Général des Nations Unies, pas pour dire Oui ou Merci, mais pour faire des mises au point, en garantie de sa dignité et de sa respectabilité. Qu’est-ce que l’Afrique espère obtenir des Nations Unies sans poser un acte fort pour se faire respecter ? On a vu en Cote d’Ivoire un fonctionnaire des Nations Unies se considérer au dessus d’une institution constitutionnelle de ce pays. Nous sommes entrés dans cette organisation en acceptant d’être des serfs et croire que nous serons invités à table pour manger avec les autres dans les plats que nous avons lavés est tout simplement crédule, pire, stupide. Quand l’UA reconnaît la victoire de Ouattara sans même tenir compte des conclusions contraires de ses propres observateurs envoyés sur le terrain, juste pour faire plaisir à nos anciens maîtres, comment peut-on nous respecter ? Lorsque le président Sud-Africain Zuma déclare que Ouattara n’a pas gagné les élections et change à 180° disant le contraire après une petite visite de 8 heures à Paris, on peut se demander ce que valent ces dirigeants qui représentent et parlent au nom de 1 milliard d’Africains.
La force et la vraie liberté de l’Afrique viendront de sa capacité à poser des actes réfléchis et en assumer les conséquences. La dignité et la respectabilité ont un prix. Sommes-nous disposés à le payer ? Si non, notre place reste à la cuisine ou aux toilettes pour garantir le confort des autres. D’ici là, en Libye, les bombes qu’on nous décrit comme des rosiers qui tombent du ciel pour reboiser le désert libyen, sont françaises, américaines, britanniques, italiennes, canadienne, norvégienne, mais les victimes sont africaines, toutes africaines. Oui c’est une guerre déclarée à tout le peuple africain, pas à un homme, pas à un pays.
  • Genève le 28/03/2011
  • Jean-Paul Pougala