mercredi 22 juin 2016

France : Après le 14 juin, la Loi El Khomri, un détonateur social.



Pour le gouvernement et les médias contrôlés par le pouvoir et les grands groupes, cette journée devait être un non-événement, le baroud d’honneur d’un mouvement essoufflé (voir sur ces thèmes les articles publiés sur ce site en date du 17 mai, du 9 juin et du 15 juin sous l’onglet : Europe, France).

Pourtant, c’est un immense cortège qui a défilé dans les rues de la capitale, traversant les quartiers Sud-Ouest de Paris de la Place d’Italie aux Invalides. Quatre heures après le départ du carré de tête, des groupes attendaient encore pour démarrer… Alors que la CGT a annoncé 1,2 million de manifestants, le gouvernement n’a vu dans les rues que 120’000 personnes, mettant un point d’honneur à ce que ce chiffre soit le plus bas annoncé depuis le 31 mars. Mais surtout, la seule communication médiatique et gouvernementale depuis la manifestation aura concerné « la violence des casseurs », une dizaine de vitres brisées et des murs tagués d’un grand hôpital pédiatrique parisien qui se trouvait sur le parcours.
Concernant le fond du dossier, le Premier ministre a comme posture que le dossier est clos, la loi est bouclée, il n’y aura aucune modification et la mobilisation sociale doit immédiatement disparaître des écrans médiatiques. D’ailleurs, il menace même d’interdire les prochaines manifestations annoncées pour la semaine prochaine.
Pourtant, la mobilisation a la vie dure. Ce fut la plus grosse manifestation parisienne depuis le début du mouvement, il y a trois mois, deux ou trois fois plus grosse que celle du 31 mars. Evidemment, il s’agissait d’une montée nationale, mais plusieurs grandes villes étaient aussi dans la rue, comme Marseille, Toulouse, Strasbourg, Rennes… De même, l’ambiance n’était pas à un dernier tour de piste. Car dans cette manifestation, comme dans toutes les actions menées depuis des semaines, l’état d’esprit est à la détermination. Un grand nombre de salariés venait d’entreprises grandes ou petites du secteur privé, de toutes les régions, le plus souvent amenés en cars par la CGT, mais aussi par Force ouvrière ou Solidaires.
Le cortège, les mots d’ordre témoignaient de la détermination dans l’exigence de retrait de la loi El Khomri et du rejet du gouvernement du PS. Malgré la propagande quotidienne menée depuis des mois à la radio et à la télé par le PS et l’ensemble des commentateurs et prétendus experts économiques et sociaux, les salariés sont toujours vent debout contre cette loi : dans tous les sondages, seulement 30% de l’opinion soutient le maintien du projet de loi. 70% – et la quasi-totalité des salarié·e·s – veulent son retrait pur et simple ou au moins de profondes modifications.
Pourtant, le mouvement n’a pas encore réussi à faire plier le gouvernement. Car les données présentes depuis le début du mouvement sont toujours là.
D’un côté, le gouvernement est toujours aussi faible. Sa crédibilité se réduit semaine après semaine comme peau de chagrin. Le couple dirigeant Valls-Hollande affiche le visage de dirigeants forts, d’un Etat de plus en plus policier pour masquer leur faiblesse. Le Premier ministre (Valls) joue sur ce registre en répétant à l’envi que la France est en guerre face au terrorisme, que la République doit être défendue et on assiste désormais à une hystérisation médiatique, orchestrée par le gouvernement, de tout événement qui peut entrer dans cette grille de lecture. Il en a été ainsi, au matin du 14 juin, après l’assassinat d’un couple de policiers en Région parisienne qui est devenu une attaque terroriste de première importance. A la suite de cet acte meurtrier, le ministre de l’Intérieur a accédé à une vieille revendication des syndicats réactionnaires de policiers et de l’extrême droite : l’autorisation du port d’armes pour les policiers en dehors du service.
Les dégradations subies par la façade de l’hôpital pour enfants le 14 juin ont, elles, été sublimées par le Premier ministre en « un hôpital dévasté », alors qu’aucun manifestant n’a pénétré à l’intérieur. Mais cette mise en scène médiatique d’un « acte inhumain » va servir à justifier, peut-être, l’interdiction de prochaines manifestations. Ironiquement, le leader de Force ouvrière (FO), Jean Claude Mailly, a répondu à cette menace en disant qu’il faudrait parallèlement interdire les prochains matches de l’Euro 2016, prétexte à de multiples affrontements avec au moins déjà un mort et des blessés graves.
Sur ce terrain de l’Etat policier et de la mise en scène d’un pays en guerre, le gouvernement se fait prendre à son propre jeu, la droite et le Front national lui reprochant désormais sa faiblesse devant le désordre social.
Ce climat de violence d’Etat, le gouvernement et sa police l’applique aux manifestations. Au moins 150 manifestants ont été blessés le 14 juin, 15 ont dû être dirigés vers des services d’urgence et au moins un est dans un état grave, sa colonne vertébrale atteinte par une lacrymogène tirée à tir tendu. L’utilisation des flash-balls, de LBD, de grenades de désencerclement et des lacrymogènes amène à blesser sérieusement les manifestants, sans parler des charges contre les cortèges avec l’usage intensif des matraques.
Le gouvernement cherche donc à sortir de la situation après le 14 juin en faisant monter la tension et les violences policières. Le but est d’arriver à casser définitivement le mouvement social avant le deuxième passage de la loi à l’Assemblée nationale début juillet.
Du côté du mouvement, les « choses » sont toujours contradictoires.
Les échéances données par l’Intersyndicale nationale, beaucoup trop espacées, surtout depuis la mi-mai, ne permettent pas de construire le rapport de force, d’acculer le gouvernement à la défaite. La détermination des équipes syndicales combatives a permis jusqu’à aujourd’hui de maintenir la force du mouvement, mais beaucoup de secteurs, d’entreprises, sont entrés en grève de façon dispersée, reprenant quand une autre démarrait.
Le seul moment où le gouvernement a été à deux doigts de céder, ces dernières semaines, a été fin mai, lorsque le blocage des dépôts de carburants et la grève des chauffeurs routiers a mis à sec 30% des stations-service. Faire céder le gouvernement n’est possible que par un blocage de la vie économique du pays, au moins assez fort pour créer une situation dans laquelle l’isolement social et politique de l’exécutif l’oblige à céder. De cette question, beaucoup de syndicalistes sont conscients depuis le début du mouvement. C’était le sens de l’appel « On bloque tout », lancé le 22 mars par 100 syndicalistes, essentiellement CGT et Sud. C’est aussi l’état d’esprit de nombreuses équipes syndicales qui, notamment depuis la mi-mai, ont multiplié les blocages, les grèves, comme celles du ramassage et du traitement des ordures ménagères dans plusieurs villes de France.
Les salariés des raffineries de pétrole ont tenu plusieurs semaines, mais l’impact de leur grève a été cassé par l’importation massive de carburant par les grands groupes. Les grèves de la SNCF, des pilotes d’Air France, vertébrées sur des revendications locales n’ont pas pu donner depuis le 1er juin une vigueur comparable à la tension des deux semaines précédentes. Cela d’autant plus, à la SNCF, qu’avant d’imposer à la CGT une grève reconductible à partir du 1er juin, il y avait eu, depuis mars, plusieurs journées isolées ou de 48h, usant une partie des forces.
Pourtant, d’autres secteurs, travailleurs des centrales nucléaires, des ports, de la verrerie, de l’agroalimentaire sont aussi entrés dans l’action ces dernières semaines. La force de ce mouvement et la composition des manifestations brisent l’image brossée depuis des années d’un mouvement syndical et revendicatif limité aux salariés de la fonction publique. Depuis, des mois, ce sont les salariés de l’industrie, des transports, du commerce et des services qui structurent la mobilisation.
Bloquée dans une situation dont elle n’est pas maîtresse, la direction de la CGT essaye de louvoyer, notamment depuis la mi-mai. Prise en tenaille entre la force du mouvement qui la pousse en première ligne et le blocage de toute marge de négociation avec le gouvernement, Philippe Martinez (secrétaire général de la CGT) gère mais ne veut pas pousser davantage à l’affrontement. Ainsi, a-t-il explicitement refusé de profiter du lancement de l’Euro 2016, le 10 juin, pour acculer le gouvernement sur la défensive, désavouant les équipes syndicales qui avaient renforcé la grève sur les lignes de transport desservant les stades de foot. De même, l’Intersyndicale n’a pas tracé de plan de mobilisation crescendo après le 14 juin. La prochaine échéance est seulement une journée le 23 juin et l’Intersyndicale appelle moins à renforcer les grèves qu’à multiplier les signatures de pétitions. L’Union départementale CGT des Bouches du Rhône, pour sa part, s’appuyant sur la force du 14 juin avec 300 entreprises du privé de la région marseillaise en grève ce jour-là, a lancé un appel à la grève de 48h, les 23 et 24 juin, dans l’état d’esprit d’enclencher un réel bras de fer.
Une nouvelle fois, rien n’est réglé dans cette mobilisation qui dure depuis 4 mois, en ayant plusieurs fois renouvelé ses forces. (16 juin 2016, article écrit pour le site Viento Sur)
Publié par Alencontre le 19 - juin - 2016

jeudi 16 juin 2016

Mohamed Ali, on s’en souviendra, son combat dans le ring était pour tous les Noirs et opprimés de ce monde.



Né dans une famille de classe moyenne à Louisville (Kentucky), celui qui était au départ Cassius Clay avait vite compris qu’il fallait de battre, comme l’ensemble de la communauté noire dans le sud ségrégé. Comme plusieurs de sa génération, il a commencé à pratiquer la boxe, qui était (et reste) un sport synonyme avec la pauvreté. Très vite, on a perçu qu’il avait du talent. Aux Jeux olympiques de Rome en 1960, il a gagné la médaille d’or. À son retour aux États-Unis, il a continué à faire face à des attaques racistes. Il a pris sa médaille et il l’a jeté dans le Mississippi !
Après sa victoire contre le champion poids-lourd Sonny Liston, il s’est rapproché de Malcolm X et c’est alors qu’il est devenu Mohamed Ali. On le surnommait le poète ou le danseur de la boxe, tant il bougeait sur le ring. La presse blanche le haïssait. Dans la tradition du sud, les Noirs devaient demeurer des « Oncle Tom », soit, des serviteurs des blancs.
Ali a alors compris que son combat dans le ring était pour tous les Noirs et opprimés de ce monde. La boxe était devenue un instrument politique pour confronter le racisme et l’exploitation. Pour le faire taire, le gouvernement américain l’a conscrit pour la guerre au Vietnam. Ali a refusé. Dans une déclaration célèbre, il a affirmé qu’il n’avait jamais été traité de « sale nègre » par des Vietnamiens. On lui a alors enlevé son titre de champion et on lui a interdit de continuer à boxer. Sans argent, il a continué à mener la lutte. Il était en tête de plusieurs grandes manifestations antiracistes, de la Californie à Washington. Sa réputation est devenue mondiale, y compris parmi les prisonniers politiques sud-africains dont un certain Nelson Mandela, que le régime de l’apartheid avait arrêté grâce à la collaboration de la CIA. À l’époque, le gouvernement des États-Unis était le grand ami de l’apartheid, au nom de la lutte contre le « communisme ».
Mohamed Ali n’était pas parfait. Cela a un peu mal tourné à la fin de vie lorsqu’il était assez gravement malade, et lorsqu’il s’était retrouvé avec l’administration Bush pour appuyer l’agression contre l’Afghanistan. En fait, mal conseillé par une élite africaine-américaine très cooptée, il n’était plus que l’ombre de lui-même.
L’histoire le retiendra toutefois comme un combattant contre le racisme et l’injustice.

mardi 14 juin 2016

Panama papers : Mafias, crime organisé, corruption et paradis fiscaux.



Le dernier scandale révélé par les « Panama papers » ont à nouveau braqué les projecteurs sur ce qui par définition doit rester discret, voire secret pour les opinions publiques qui ne doivent rien savoir des malversations à maintenir cachées.


Beau coup pour les lanceurs d’alerte !

Aujourd’hui, tout le monde l’admet. L’économie mafieuse internationale ne s’est jamais aussi bien portée qu’aujourd’hui. Rapports, travaux et révélations s’accumulent, confirmant tous l’extraordinaire dynamisme de ces activités particulières ayant réussi à infiltrer des secteurs d’une extrême diversité. Ayant appris très vite à apprivoiser la mondialisation, des réseaux mafieux se sont organisés et maillent désormais la planète, se jouant des frontières et des différences de législation. Ils ont su prendre comme modèle la façon dont les firmes transnationales les ont précédés en la matière.
Profitant de l’aubaine qu’a représentée l’explosion de la mondialisation libérale et financière depuis quelques décennies, ces réseaux en ont utilisé tous les rouages et en sont devenus, à travers de vastes opérations de blanchiment, des interlocuteurs quasi officiels. Car il faut bien profiter de ce qu’a rapporté son crime et utiliser en toute légalité ce qui a été acquis illégalement. Ainsi la libéralisation financière permet aux gagnants de la dernière vague de mondialisation de se rapprocher dans un bénéfice réciproque permettant aux uns de jouir de leur forfait moyennant une dîme raisonnable et aux autres d’accroître leurs profits et de pouvoir bénéficier d’une manne douteuse qui viendra gonfler leur trésorerie déjà bien confortable. Tout cela au détriment des perdants de la mondialisation, les États et leur souveraineté, les peuples et la démocratie. N’oublions jamais que la mondialisation est devenu le processus, présenté comme naturel, qui permet de faire ailleurs, sans entrave, ce qui est devenu interdit dans son pays grâce à l’élévation d’acquis sociaux. Nombreux, hélas, sont les pays qui s’inscrivent dans ce mécanisme en valorisant les pires aspects de leur attractivité, les mettant ainsi en concurrence.
Le dernier scandale que révèle la presse mondiale et accusant le Panama de jouer un rôle pivot dans le fonctionnement de cette économie maffieuse confirme tout ce que les spécialistes avaient largement décrit. Ce scandale des « Panama papers » paraît énorme parce qu’il ne concerne qu’une seule société – la Mossack Fonseca – et que l’on sait que c’est par milliers que de telles officines prospèrent. Certains clients devant émarger à plusieurs.
Peu de domaines échappent à ces activités mafieuses. Commerces et trafics illicites ont de tout temps accompagné drogues et armes et généré d’immenses profits aussitôt réinvestis et étendus à d’autres secteurs lucratifs comme l’immobilier ou le tourisme. La prostitution, dont les profits ont servi à alimenter l’argent du banditisme et des gangs, s’est organisée en réseaux internationaux pratiquant le trafic d’êtres humains. La dislocation des Balkans et les soubresauts de l’Europe de l’Est ont ainsi dynamisé les réseaux de prostitution sur le continent, ainsi que ceux se livrant au trafic d’armes. Certaines zones se sont trouvé des spécialisations liées à des ressources naturelles comme l’héroïne en Asie, la cocaïne en Amérique latine, le hachich au Maghreb.
D’autres ont profité de l’aubaine d’être sur des trajets utiles et ont prélevé des dîmes générant corruption et économie mafieuse. Les flux migratoires ont été immédiatement « accompagnés » de réseaux de passeurs et de fournisseurs de faux documents aussi bien durant le voyage qu’à l’arrivée. Candidats à l’exil et migrants sont aujourd’hui livrés à ce racket qui s’est organisé en réseaux. Les raretés, les réglementations, les fluctuations de prix se révèlent être des aubaines dans lesquelles s’engouffrent les trafiquants en tout genre, de métaux, d’organes humains, d’oeuvres d’art. La contrefaçon est sortie de son domaine traditionnel des biens de luxe en inondant le marché de faux médicaments, causant des victimes chez les populations les plus démunies. Les grandes manifestations sportives et les grands clubs sportifs sont ouvertement suspectés de pratiques corruptives. L’informatique et les réseaux Internet sont devenus des supports d’activités délictueuses dont les auteurs ont toujours un coup d’avance sur leur parade. La fraude fiscale sur les profits ou sur la TVA prospère même sur les marchés des permis négociables des émissions de gaz à effet de serre, occasionnant de lourdes pertes de recettes aux États. Les paradis fiscaux sont certes de mieux en mieux recensés et cèdent peu à peu aux pressions internationales, mais restent toujours actifs au service tout à la fois des malfrats, des firmes, d’une minorité des plus riches, des banques et des États dont les plus grands protègent jalousement les leurs, les estimant nécessaires à leur prospérité économique.
Toutes ces activités ont besoin pour se développer de gagner des appuis et doivent donc laisser quelques miettes de leurs profits en corrompant pour s’assurer de protections nécessaires. Cette gangrène s’est développée à l’échelle de la planète et a affecté certains États à un niveau tel que l’on peut alors parler d’une véritable osmose entre milieux mafieux et pouvoirs dès lors que nouveaux maîtres de guerre et parrains dialoguent d’égal à égal avec les responsables politiques. Cette image de marque colle à la réputation de certains pays.
Au coeur même de l’Europe, des micro ou pseudo-états ont trouvé leur raison d’être. Mais surtout le Luxembourg en a fait sa spécialisation internationale. Monsieur Jean-Claude Juncker, actuel président de la Commission européenne, était Premier ministre et président de l’Eurogroupe lorsque son pays s’est engagé dans cette voie en négociant des avantages fiscaux particuliers aux firmes européennes, leur permettant d’échapper aux fiscalités plus élevées de leur pays d’origine – le mécanisme du « tax ruling ». Ceci s’est traduit par un manque à gagner de recettes fiscales dans des pays accusés dans le même temps de déficits budgétaires trop élevés. Ainsi la main droite menaçait ceux qui étaient victimes des conséquences de ce qu’avait fait la main gauche. Hypocrisie ! Partout les États et les populations souffrent de ces pratiques dont l’idéologie dominante favorise la progression et qui restent encore insuffisamment réprimées.
Le pire, c’est que la plupart de ces activités respectent les règles légales et sont conseillées par maints cabinets d’avocats qui ont vite vu un filon de spécialisation, au point d’être devenus des rouages organiques annexes du système mis en place.
Le contrôle de la libéralisation de la finance, qui a joué un rôle central dans la montée de ces activités mafieuses et criminelles, doit constituer un levier décisif pour faire reculer ce fléau dont l’ampleur menace tout à la fois la souveraineté des États, l’exercice même de la démocratie et la morale publique. Les places financières offshore – les paradis fiscaux – ont proliféré et constituent le point d’arrivée de ces activités délictueuses. Tout y converge, s’y dissimule, y brouille les pistes et en repart à l’assaut de nouvelles affaires. Aujourd’hui des propositions diverses ont vu le jour, à commencer par celle qui recommande d’établir un cadastre financier mondial des titres financiers, actions, obligations et produits dérivés, dans le souci d’une plus grande transparence.
Ces scandales ne sont jamais révélés par la puissance publique. En France, depuis 1977, seuls les ministres du Budget disposent du monopole d’engager l’action publique pour poursuivre les fraudeurs fiscaux. Tout s’organise dans la discrétion de leur administration. Les juges ne peuvent ainsi s’autosaisir. C’est parfois au détour d’une procédure de divorce ou d’une succession conflictuelle que le pot aux roses est découvert. Mais c’est surtout grâce au rôle des lanceurs d’alerte que la vérité éclate. Ils doivent pouvoir bénéficier d’un statut protecteur et non pas être poursuivis.
Tiré de Recherches internationales | no. 5 Octobre-décembre 2015

États-Unis : Une attaque contre la communauté LGBT, dans un club de nuit à Orlando. Les États-Unis sont nés dans une culture d’armes.



À toute vitesse, les autorités policières et les médias-spectacles ont sauté sur la thèse du terrorisme islamique. Même Obama est tombé dans le piège, Il s’agissait certainement d’un acte de haine commis par une personne qui ne peut pas accepter l’amour entre les hommes ou les femmes. Les premières victimes sont les 50 morts et les 53 blessés, mais l’autre victime, c’est la vérité.
Le problème, ce n’est pas les musulmans, comme l’annonce Donald Trump, mais les armes à feu, qui circulent à volonté aux États-Unis. On aurait pensé qu’après la tuerie dans l’école primaire à Newton (Connecticut) où 21 bambins ont été assassinés que la révolte aurait commencé dans la population. Parce qu’il ne faut pas se fier aux politiciens (Républicains comme Démocrates) pour régler le fléau. La citoyenneté américaine doit démontrer et crier que c’est assez ! Basta ! Mais où est ce mouvement, même au niveau local ?
Dans certaines villes comme Madison (Wisconsin), les conseils municipaux ont décrété l’interdiction des armes d’assaut. En Californie et dans l’État de New York, les règlements sur les armes d’assaut sont sévères, mais ceci n’a pas empêché la fusillade à San Bernardino (Californie).
Les États-Unis sont nés dans une culture d’armes. La guerre d’indépendance en 1776, la guerre civile (1865-66), le génocide contre les Premières nations, les guerres à travers le monde et la vente des armes à ceux qui peuvent payer la facture, sont autant de marqueurs de cette insertion des armes au cœur de la culture américaine. Au Texas, on peut porter une arme sur la hanche, comme au « Far West ». Les milices ont quadruplé sous l’administration Obama. Bernard Sanders nous dit que depuis 20 ans, il lutte pour une législation sur les armes d’assaut. Mais où est votre révolution politique sur la question des armes à feu, M. Sanders ?
Oui, la gauche dénonce cette situation, mais est-ce assez ? Au Left Forum à New York en mai dernier, il n’y avait aucun panel (sur les 400 !) sur les armes à feu aux États-Unis. La gauche doit minimalement lancer une discussion sur cette question et son impact sur société américaine.
Les armes qui se multiplient aux États-Unis mettent en péril la démocratie. Drôle de démocratie, contrôlée davantage par l’extrême droite autoritaire et réactionnaire, soutenue par la NRA.

France : GREVE INTERPROFESSIONNELLE MARDI 14 JUIN !



REJOINDRE LA LUTTE, C’EST PARTICIPER  A LA VICTOIRE DU MOUVEMENT SOCIAL !

Le gouvernement mène une nouvelle offensive contre les droits  des salarié–e-s  du  privé  et  du  public.  La  réforme  El  Khomri,  directement dictée par le patronat qui semble son seul soutien, va précariser encore plus les travailleurs et les travailleuses et renforcer les droits des patrons au détriment des salarié-e-s.
Avec  la  loi  EL  KHOMRI, le  code  du  travail n’existera plus ! L’ensemble de nos acquis sociaux  seront  balayés!
La  seule  réponse politique du gouvernement face aux mobilisations  massives  de  l’ensemble   de   la population   depuis   près   de   3   mois, est   le recours au 49-3 et aux violences policières pour imposer cette Loi patronale.
Face  à  la  violence  sociale  du  gouvernement  et du  patronat,  répondons  par  la  riposte  sociale, par la grève interprofessionnelle reconductible et la convergence des luttes.
Le mouvement social s’amplifie, et est loin d’être une «minorité» comme le déclarait Hollande.
La  minorité,  c’est  le gouvernement, qui s’en tête à imposer une Loi que 70% de la population rejette!
Nous  appelons  l’ensemble  des  travailleurs-euses à  bloquer l’économie, comme  c’est  le  cas  dans  de  nombreux  secteurs (Raffineries,  énergie,  transports  etc...) et  nous  appelons  à une journée  de  grève  interprofessionnelle  et  de  manifestation  le Mardi 14 juin!

REJOINDRE LA LUTTE, C’EST PARTICIPER A LA VICTOIRE DU MOUVEMENT SOCIAL!