dimanche 17 mai 2015

Israël reconsidère les alliances régionales, maintenant que le Moyen-Orient tout entier est entré dans une « Danse de Guerres ».



Tel Aviv est très préoccupé par la redistribution des cartes qui s’opère dans l’ensemble du Moyen-Orient.


On peut sans doute avancer que le monde arabe a connu davantage de situations dysfonctionnelles d’alliances ambiguës et de contradictions ces dernières années qu’à toute autre période dans l’histoire de la région, ce qui fait qu’il est difficile pour tout décideur de tracer un plan bien conçu qui tienne compte des réalités géostratégiques de là-bas. Sans oublier les interférences de nombreuses autres parties extérieures comme les Etats-Unis ou la Russie, qui rendent difficile de prévoir ou d’esquisser toute nouvelle feuille de route pour la région.
A première vue il pourrait sembler que les alliances régionales sont une cause d’inquiétude pour Israël. Les USA ont de bonnes relations avec l’Iran, par exemple, malgré son implication en Irak et bien que Washigton désapprouve en fin de compte l’engagement iranien au Yémen. Par ailleurs, quand il s’agit de la crise en Syrie, les Etats-Unis partagent avec l’Iran certains points de vue mais pas d’autres, en fonction de l’avancement des pourparlers nucléaires.
Dans la mesure où on peut vraiment décrypter la rivalité entre deux états comme le Qatar et l’Egypte, en désaccord sur à peu près tout sauf sur la crise au Yémen, les deux pays se sont alliés avec l’Arabie saoudite. Cette réalité géopolitique confuse a poussé les décideurs israéliens à définir la nature des relations entre pays arabes dans la région sur trois niveaux : ami, ennemi et une zone grise entre les deux.
Les Israéliens sont de plus en plus soucieux de leurs estimations militaires et sécuritaires, maintenant que le Moyen-Orient tout entier est entré dans une « Danse de Guerres » où les Américains sont en train d’aider les Iraniens dans la lutte contre ISIS en Irak ; le Hezbollah aide les Houthis au Yémen ; et les Egyptiens combattent le Hamas et les tunnels de Gaza avec l’aide d’Israël. Tous ces facteurs compliquent la tâche des services secrets américains, européens ou russes quand ils doivent faire rapport à leur patron sans prendre en compte le fiasco qui se déroule dans la région.
Naguère il était possible de définir la situation au Moyen-Orient en résumant une série de conflits, comme par exemple le conflit israélo-palestinien, la question de nucléaire iranien et les relations entre certains pays au sein du monde arabe. Mais ces quatre dernières années, les cartes ont été entièrement redistribuées ce qui a affecté chaque pays, de l’Irak au Levant voire en Libye, où les gens sont embourbés dans des dizaines de conflits sanglants. Du point de vue d’Israël, ces réalités régionales sont plutôt chaotiques dans la mesure où elles ont affecté la région. Comme des conflits locaux mineurs évoluent en hostilités régionales, il est difficile pour les agences de renseignement israéliennes d’anticiper les événements et plus encore de les diriger.
L’armée et les organismes de renseignement militaire d’Israël – en particulier le Mossad – croient qu’il y a quatre camps de base luttant pour obtenir l’hégémonie régionale : l’axe iranien avec la Syrie et le Hezbollah ; les régimes arabes centraux qui tendent à se reposer sur l’Occident, à savoir l’Arabie saoudite, l’Egypte, la Jordanie et la plupart des Etats du Golfe ; les joueurs indépendants qui ont de bonnes relations avec les Frères musulmans, comme la Turquie, le Qatar et le Hamas ; enfin les organisations jihadistes comme al-Qaeda et autres organisations à base étatique qui changent fréquemment.
Les milieux stratégiques israéliens considèrent généralement que les réalités régionales se sont embrasées à cause d’un certain nombre de confrontations parallèles dont chacune affectera les autres à un moment ou à un autre. Beaucoup de ces conflits sont actuellement influencés par les confrontations au Yémen, la lutte contre le Califat (ISIS) en Irak et en Syrie, et la confusion qui règne au Hamas, lequel continue de balancer entre un rapprochement avec l’Iran et une restauration de sa relation avec le bloc égyptien.
Ces deux derniers mois, les médias se sont concentrés sur le Yémen et sur la décision soudaine de plusieurs états arabes de former une coalition pour lutter contre les rebelles houthis, du moins jusqu’à la décision soudaine de mettre fin à l’opération Tempête décisive, le mois dernier.
Malgré tout, les Israéliens considèrent toujours la guerre civile en Syrie comme le plus complexe et le plus sanglant des conflits du Moyen-Orient. Le régime Assad continue de rester fort avec l’aide de l’Iran et du Hezbollah, dont les forces conjointes ont pris le contrôle de Daraa. Les rebelles n’en continuent pas moins à se rapprocher et à menacer Damas - le palais présidentiel est à portée de missile, ce qui veut dire que désormais Assad ne peut plus dormir en paix. Israël croit qu’en dépit de la couverture sécuritaire que l’Iran et le Hezbollah procurent à Assad, il ne sera pas capable de garder le contrôle sur toutes les régions de Syrie vu les circonstances actuelles, et que tôt ou tard il sera contraint de choisir entre les zones qu’il peut contrôler et d’autres qu’il juge moins importantes.
Vers l’est, Israël continue d’observer ce qui se passe avec la coalition agressive menée par les USA contre le Califat en Irak et en Syrie. En ce moment il semble que la coalition a eu plus de succès en Syrie qu’en Irak, où ISIS a retiré ses forces de plusieurs lieux, perdant du terrain depuis l’été dernier. Il y a toujours des frappes aériennes jordaniennes et saoudiennes contre ISIS tant en Irak qu’en Syrie. Dans un réseau d’événements tellement compliqué, les observateurs israéliens craignent que les développements au Yémen n’empêchent les forces de la région d’accorder toute l’attention nécessaire à la Syrie, ce qui a amené Tel Aviv à se tourner vers la Jordanie, son alliée arabe la plus proche, s’efforçant de maintenir la lutte contre ISIS sous le feu des projecteurs.
La Turquie a évalué les positions israéliennes sur la région dans l’intention de redéfinir ses alliances sur le long terme, en particulier avec des pays comme l’Arabie saoudite, qui a consolidé son rôle régional aux dépens de l’Egypte. Israël considérant que le potentiel de développements entre Téhéran et Washington n’est pas à son avantage, le rapprochement entre Ankara et Riyadh le préoccupe également car il y voit une tentative d’éloigner la Turquie de ses voisins européens autant qu’arabes.
En outre, alors que l’administration étatsunienne a fini par trouver le courage de lever ses sanctions contre l’Egypte, qui se bat sur la plan social et économique, ce changement a autorisé Abdel Fattah Al-Sisi à hausser le ton de manière plus péremptoire dans l’alliance arabe, tout en jurant de défendre la sécurité des états du Golfe en tant que participant à la sécurité de l’Egypte.
Résultat : la crise dans la région ne sera pas facile à résoudre. La situation actuelle telle qu’elle se déploie sous les yeux ignorants des Américains rappelle la promesse faite par Washington dans les années ’90 de priver de ses armes nucléaires la Corée du Nord, laquelle jouait à cette époque le rôle de menace nucléaire qui aujourd’hui est dévolu à l’Iran. La Russie soutenait les Etats-Unis en cette tentative.
On ne sera guère surpris si Israël a beaucoup à dire sur la Russie aussi, qui soutient l’axe militaire irano-syrien afin de pouvoir jouer un rôle au Moyen-Orient. Préserver le statut d’Assad est dans l’intérêt des Russes, pas seulement pour maintenir un port en eaux chaudes pour sa flotte militaire à Tartous. L’influence russe est également présente au Yémen ; en effet, son empreinte est clairement visible dans toute la région, soit via l’initiative russe d’armer l’Iran en batteries anti-aériennes de pointe soit dans les propositions de construction de réacteurs nucléaires à but pacifique dans plusieurs pays. Il semble que Moscou, contrairement aux souhaits d’Israël, a déplacé la Guerre froide au Moyen-Orient dans le cadre de son rêve de redevenir une grande puissance et de son désir de revanche sur Washington à cause de la position américaine sur l’Ukraine et la Crimée.
En somme, Israël ressent qu’il y a eu un changement dans les alliances politiques et militaires de la région, et il mène une course contre la montre pour soutenir certaines alliances et en rompre d’autres, se fondant sur les bénéfices et les pertes qu’il pourrait retirer de ces actions. Néanmoins les décideurs à Tel Aviv sont bien conscients que les problèmes débordent le bon vieux Grand Jeu, en raison de nouveaux joueurs qui ont décidé de s’attribuer un rôle central dans la région.
Adnan Abu Amer
Source : Info-Palestine.eu

vendredi 15 mai 2015

MAROC : Les Atteintes aux libertés .L’Etat marocain a investi «massivement» dans l'espionnage de ses citoyens afin de surveiller leurs activités et réprimer toute forme de dissidence.



La surveillance électronique et les mises sur écoute sont des pratiques très répandues au Maroc, où des journalistes et des militants des droits de l'homme ont été particulièrement victime de violations de vie privée, selon un rapport établi récemment par l'ONG Privacy International, qui dénonce une très grave atteinte aux libertés individuelles et droits fondamentaux.
Privacy International qui a rencontré des militants et des journalistes marocains espionnés par le gouvernement du Maroc et des organisations associées au pouvoir, a indiqué dans son rapport que les victimes ont été notamment mises sur écoute ou surveillées à l'aide de logiciels informatiques onéreux achetés à des sociétés étrangères.
Grâce à l'Association des droits numériques, son partenaire local, l'ONG a affirmé avoir pu retracer plusieurs cas dérangeants de surveillance particulièrement intrusive au Maroc, citant le cas de quatre citoyens marocains placés sous surveillance, et l'impact que cela a eu sur leurs vies et celles de leurs familles.
Certaines victimes ont été visées par «un logiciel espion extrêmement onéreux» de la société italienne de surveillance Hacking Team. Ainsi d'après un rapport publié en 2014 par Citizen Lab - le groupe de recherches interdisciplinaires de l'université de Toronto - Hacking Team aurait vendu son logiciel espion Remote Control System à 21 pays, connus notamment pour leur peu de considération à l'égard des droits de l'homme et des libertés.
Dans d'autres cas, la surveillance au Maroc, selon Privacy International, se fait par un «passage en force numérique». Des journalistes et des militants ont ainsi vu leurs adresses e.mail et comptes Facebook piratés par des groupes de hackers «nationalistes».
Le rapport fait état de récits de voisins et de proches visités par les forces de l'ordre pour obtenir des informations  ou «simplement pour intimider les militants» ou des écoutes téléphoniques.
«Ces activités illégales sont par ailleurs restées impunies», dénonce l'ONG, qui signale que la surveillance s'effectue aussi par des tactiques policières plus traditionnelles, mais non moins intimidantes et douteuses d'un point de vue légal.   
L'organisation soutient dans son rapport que l'Etat marocain a investi «massivement» dans l'espionnage de ses citoyens afin de surveiller leurs activités et réprimer toute forme de dissidence.
De précédentes révélations avaient déjà mis en lumière l'achat en 2011 par le gouvernement marocain des infrastructures de surveillance Eagle pour une valeur de 2 millions d'euros. Eagle permet au gouvernement de censurer Internet et de surveiller le trafic Internet, en utilisant une technologie nommée Deep Packet Inspection.
Eagle a été vendu au Maroc par Amesys Bull, une entreprise française «tristement célèbre» pour avoir déjà vendu une technologie du même type à d'autres pays.
L'ONG cite également l'exemple dans son rapport de Mamfakinch, un collectif de citoyens reporters critiques à l'égard du régime, créé parallèlement au mouvement du 20 Février et qui a été visé par un logiciel espion développé et commercialisé par Hacking Team.
Grâce à ce logiciel espion, estimé à 200 000 €, le hacker pourrait avoir accès à tous les fichiers de l'ordinateur visé, d’espionner en temps réel l'usage qui est fait de l'ordinateur et de voir ce qui apparaît sur l'écran, d'enregistrer toutes les touches sur lesquelles l'utilisateur tape, révélant ainsi les mots de passe saisis, de faire des captures d'écrans, d'enclencher la caméra pour prendre des photos et faire des vidéos sans que l'utilisateur le remarque.
Trois membres du collectif de Mamfakinch, des journalistes et militants, Hisham Almiraat, Samia Errazzouki et Yassir Kazar, ont été pratiquement victimes de ces pratiques. Autre cas, celui d'une personnalité bien connue au Maroc, le journaliste d'investigation et le rédacteur en chef du média indépendant en ligne Lakome, Ali Anouzla, bloqué par le gouvernement marocain depuis octobre 2013 et accessible seulement via des sites miroirs.

Source : Le Temps d’Algérie

jeudi 14 mai 2015

PALESTINE : 15 mai 1948-15 mai 2017, soixante-neuf ans déjà, depuis le début du drame des Palestiniens.



15 mai 1948-15 mai 2017, soixante-neuf ans déjà, soixante-sept ans depuis le début du drame des Palestiniens, soixante-neuf ans de souffrance, de malheurs et de massacres pour un peuple digne, soixante-neuf ans depuis le début de cette injustice imposée à un peuple sur sa terre, soixante-neuf ans de  déportation d’un peuple pour le remplacer par un autre peuple.
Mais, soixante-neuf ans de résistance, de patience, de détermination, de courage, et de persévérance pour un peuple toujours debout, un peuple toujours attaché à sa terre et à sa Palestine en dépit de toutes les mesures de cette occupation illégale, une occupation qui dure , qui dure !
Les Palestiniens commémorent les soixante-neuf ans de la catastrophe  dans un contexte particulier marqué notamment par la poursuite de l’occupation et de la colonisation, l’échec du processus de paix,  la domination de l’extrême droite dans la société israélienne, la division interne et l’absence de perspectives pour l’avenir.
Soixante-neuf ans, et les forces de l’occupation violent les droits les plus fondamentaux d'un peuple,  soixante-neuf ans de politique d’apartheid, de discrimination, et du terrorisme d’Etat d’Israël.
En 69 ans, Israël a appliqué toutes les mesures inhumaines illégales à l’encontre des Palestiniens, il en a emprisonné plus d’un million, il en a massacré et assassiné des milliers, il a occupé tous leurs territoires.
L’Etat d’Israël a créé le problème des réfugiés palestiniens qui vivent dans des conditions humanitaires épouvantables dans les pays voisins, et qui souffrent en permanence.
L’Etat d’Israël est le seul Etat qui, encouragé par les grandes puissances internationales, n’a jamais appliqué aucune résolution des Nations-Unies, pas plus que les accords de paix signés.
En 69 ans, Israël a toujours été un état illégal, un état hors la loi, un état d’apartheid, un état colonial, un état qui considère les citoyens arabes des  territoires de 1948 comme des citoyens de seconde zone, un état qui a construit le mur de la honte en Cisjordanie, un état qui impose un blocus inhumain à la population civile de Gaza, un état qui érige tous les jours de nouvelles colonies dans les Territoires, un état qui vole tous les jours les ressources naturelles appartenant aux Palestiniens.
Un état qui n’a toujours pas  de frontières, un état qui refuse toutes les initiatives de paix régionales et internationales.
On peut citer maints exemples de l’histoire noire de cette occupation contre les Palestiniens : agressions quotidiennes, massacres,  déportations, crimes contre l’humanité, crimes de guerre, la liste est longue, très longue, trop longue.
Le dernier crime israélien massif contre les Palestiniens, est la dernière offensive militaire contre la population civile de la bande de Gaza en été 2014.
69 ans de résistance remarquable de toute une population qui poursuit son combat pour retrouver la liberté et vivre digne sur sa terre.
Soixante-neuf ans après, les Palestiniens s’interrogent : 69 ans de violation de nos droits ne suffisent-ils pas ? Le temps n’est-il pas venu de réagir et d'imposer à Israël l'application du droit international ? Le temps n’est-il pas venu d’instaurer la justice en Palestine ? Les Palestiniens n’ont-ils pas le droit de vivre,après tant d’années de souffrance,dans un état libre et indépendant ?
69 ans après cette catastrophe, nous, Palestiniens, et quelles que soient les mesures d’apartheid et de terrorisme d’état pratiquées, poursuivons le combat et les sacrifices pour notre liberté. Nous sommes plus que jamais déterminés et avons un message à délivrer au monde entier, un message clair et précis. Nous sommes toujours attachés aux principes suivants :
- Non, nous n’oublierons jamais l’histoire noire de cette occupation illégale et ses différents crimes contre notre population civile.
-Non, nous ne partirons pas d’ici, nous resterons attachés à notre terre.  Nous ne partirons pas. Ici, notre terre, ici notre vie, et ici, notre Palestine !
-Oui, le droit au retour est sacré, et tous les réfugiés palestiniens doivent pouvoir  retrouver leurs villes et leurs villages d’origine.
-Oui, nous poursuivrons notre résistance sous toutes ses formes afin de vivre en liberté sur notre terre, cette terre appelée Palestine,  et qui s’appellera toujours Palestine.
- Oui, nous avons le droit de créer notre Etat libre et indépendant, avec Jérusalem comme capitale.
-Oui, nous sommes prêts à vivre en paix,  une paix durable, mais une paix qui passera avant tout par la justice, par l’application du droit international, par la fin de l’occupation illégale, et par la réalisation de toutes les revendications légitimes du peuple palestinien.
La lutte continue ! Et le combat se poursuit ! Pour une Palestine libre et pour une Palestine indépendante ! Nous sommes tous convaincus que notre liberté s’approche, s’approche, s’approche………