samedi 2 mai 2015

Syrie : Pourquoi les États-Unis essayent de remplacer le gouvernement d'Assad par Al-Qaïda ? Parce que le choix démocratique du peuple n'a pas abouti à un gouvernement conforme, inféodé à l'Occident et à ses sociétés multinationales. Voilà le véritable programme des États-Unis et de l'OTAN. (Counterpunch)



Il y a un mois, la ville d'Idlib est tombée aux mains des combattants de l'opposition, principalement al-Qaïda et ses affiliés. Ce fut un coup majeur pour l'armée syrienne. Samedi dernier, la ville voisine de Jisr al-Shughour a également été prise, principalement par les mêmes groupes.
Ceux qui luttent contre le gouvernement syrien et l'armée sont constitués d'un mélange de mercenaires syriens et étrangers de dizaines de pays. Ils sont fournis, formés, armés et payés par l'Arabie saoudite, les monarchies du Golfe, Israël, la Turquie, l'OTAN, et bien sûr les Etats-Unis. Leurs armes sont de plus en plus sophistiquées, et il apparaît que les missiles téléguidés TOW fournis par l'Arabie Saoudite (et indirectement par les Etats-Unis) ont fait une grande différence dans les batailles pour Idlib et de Jisr al-Shughour.
Le gouvernement syrien est soutenu principalement par la Russie et l'Iran, plus quelques milliers de combattants du Hezbollah au Liban. Il est également soutenu par une majorité substantielle de la population syrienne, tel qu'il apparaît selon les estimations de renseignements étrangers ainsi que selon les résultats de l'élection multipartite de 2014, avec la participation étonnante, des Syriens expatriés.
L'OTAN, les États-Unis et l'opposition syrienne laïque relativement marginalisés, déclarent qu'ils veulent remplacer le gouvernement syrien actuel avec celui qui est laïque, démocratique, respectueux des droits de l'homme, et qui représente toutes les personnes de la Syrie.
Vraiment ? Les États-Unis ont miné et renversé des gouvernements démocratiques en Iran (1953), au Guatemala (1954), au Brésil (1964), au Congo (1965), au Chili (1973), en Turquie (1980), au Nicaragua (1981-1990), en Haïti (2004) et dans les territoires palestiniens occupés (2007), et ils essaient de faire la même chose au Venezuela. Pourquoi ? Parce que le choix démocratique du peuple n'a pas abouti à un gouvernement conforme, inféodé à l'Occident et à ses sociétés multinationales. Voilà le véritable programme des États-Unis et de l'OTAN.
Il est également difficile d'imaginer que l'Arabie saoudite, les monarchies du Golfe, Israël et la Turquie se soucient de la démocratie et des droits humains. Ils sont plus intéressés à faire avancer leurs objectifs régionaux et la suppression de leurs rivaux potentiels, principalement la Syrie et l'Iran. Les États-Unis et Israël ont poursuivi la destruction et le changement de régime dans au moins sept pays du Moyen-Orient depuis deux décennies ou plus. La politique d'Israël depuis sa création a été de faire en sorte que ses voisins restent faibles et divisés et dans un état de guerre permanent...

1er Mai, Fête internationale de la classe prolétarienne. C'est le jour de la commémoration des luttes de la classe prolétarienne pour l'émancipation de classe.



Plus la crise économique systémique du capitalisme mondialisé et globalisé s'approfondit et plus la crise sociale et politique mondiale s'accentue, et davantage l'alternative se clarifie devant le prolétariat international. D'un côté de la barricade qui sépare les deux grandes classes sociales antagonistes se tient le capital bourgeois désemparé et de l'autre côté de la barricade se cantonne le prolétariat révolutionnaire malheureusement encore inconscient de sa mission historique.

Plus la crise économique systémique du capitalisme mondialisé et globalisé s'approfondit et plus la crise sociale et politique mondiale s'accentue, et davantage l'alternative se clarifie devant le prolétariat international. D'un côté de la barricade qui sépare les deux grandes classes sociales antagonistes se tient le capital bourgeois désemparé et de l'autre côté de la barricade se cantonne le prolétariat révolutionnaire malheureusement encore inconscient de sa mission historique.
Plus la crise économique systémique du capitalisme mondialisé et globalisé s'approfondit et plus la crise sociale et politique mondiale s'accentue, et davantage l'alternative se clarifie devant le prolétariat international. D'un côté de la barricade qui sépare les deux grandes classes sociales antagonistes se tient le capital bourgeois désemparé et de l'autre côté de la barricade se cantonne le prolétariat révolutionnaire malheureusement encore inconscient de sa mission historique. Les conditions subjectives de la révolution retardent sur les conditions objectives et il est du devoir de la gauche révolutionnaire de modifier ce constat.
D'un côté de la barricade sociale se tiennent tous ceux qui possèdent privément, ou par l'intermédiaire de leur État totalitaire, tous les moyens de production, de commerce et de communication. De l'autre côté de la barricade sociale se cantonnent ceux qui ne possèdent que leur force de travail, à vendre à vil prix contre un salaire de misère jamais garanti.
D'un côté de la barricade sociale et politique se tiennent tous les partis politiques bourgeois, les médias à la solde, les institutions bourgeoises, l'immense État thuriféraire, tentaculaire et totalitaire, détenteur exclusif du monopole de la violence légale, ainsi que de tous les droits et de tous les pouvoirs, y compris celui arbitraire de retirer aux prolétaires les quelques privilèges sociaux, juridiques, politiques et économiques, concédés au cours des années de "prospérité", ces années qui préparaient la dépression catastrophique. De l'autre côté de la barricade sociale, politique et économique, se cantonne la masse des prolétaires, leur famille, et les indigents, sans droits, sans pouvoirs, sans organisation, des gens en voie de paupérisation et tentant de résister à la dégradation inexorable de leurs conditions de travail et de leurs conditions de vie sociale.
Le Premier Mai n'est surtout pas la journée pour quémander des réformes ; des allégements fiscaux ; une augmentation du salaire minimum ; pour pleurnicher contre la détérioration des conditions de vie et de travail ; de supplier pour hausser le pouvoir d'achat ; pour stopper la hausse des tarifs des services et d'arrêter l'érosion des services publics ; pour réclamer davantage de logements sociaux et d'endiguer les mesures d'austérité ; pour "investir le peuple du pouvoir de décider" (sic) ; pour revendiquer des élections bourgeoises (sic) ; pour solliciter "la reconquête du progrès social" (sic) et "le retour des années de prospérités" pour les coryphées (sic) ; d'implorer la fin du néolibéralisme et du néo-colonialisme ; pour s'arrimer aux luttes de libération nationale bourgeoises et pour moult autres billevesées tout aussi chimériques.
Le Premier Mai n'a qu'une seule et unique signification internationale. C'est le jour de la commémoration des luttes de la classe prolétarienne pour l'émancipation de classe. C'est le jour de la célébration de la lutte de classe du prolétariat pour le renversement du mode de production capitaliste ; pour le renversement du pouvoir étatique totalitaire bourgeois sur l'ensemble de la société mondialisée et globalisée, et pour l'édification du pouvoir prolétarien international sur l'ensemble de la société. Le Premier Mai c'est la journée pour rappeler la nécessité de l'édification du mode de production socialiste, comme étape transitoire vers la constitution du mode de production communiste unique objectif du prolétariat en lutte sur le front idéologique, politique et économique.
La crise systémique du capitalisme mondialisé et globalisé est profondément engagée et même si le capital souhaitait accorder des réformes pour réduire les tensions sociales et politiques, ou pour résoudre la crise économique et diminuer la pression sur le travail, il ne pourrait pas le faire. Il est impossible de sauver le mode de production capitaliste de la destruction économique, de la dévastation écologique et de la guerre nucléaire.
L'alternative c'est que le prolétariat en tant que classe sociale mondiale, arrache tout le pouvoir des mains de la classe capitaliste moribonde, qu'il décrète la propriété collective de tous les moyens de production, d'échange et de communication et qu'il érige une société nouvelle sur les ruines de l'ancienne avant que celle-ci ait entraîné le monde dans une troisième guerre génocidaire.
CE PREMIER MAI, PROLÉTAIRE DU MONDE ENTIER UNISSEZ-VOUS !
Robert Bibeau
Source : AgoraVox 


vendredi 1 mai 2015

L’histoire du 1er mai : Ce jour commémore le combat ouvrier, saviez-vous que celui-ci tire ses origines d’un des principaux combats syndicaux du 19e siècle, soit celui de la limitation de la journée de travail à 8h ?



Parmi tous ceux qui défilent le 1er mai, combien savent vraiment ce pour quoi ils manifestent ? 

Au-delà de la simple tradition, et contrairement à notre « Fête du travail » le premier lundi de septembre, ce jour n’en est pas un de fête, mais de combat. Doublé d’un jour de souvenir, afin que l’on se souvienne du massacre de Haymarket Square dans les premiers jours de mai 1886 à Chicago. Cette belle journée de Beltaine, celle qui précède les beaux jours d’été, est malgré tout pour ceux qui l’honorent un symbole d’espoir, car la cause ouvrière, quoique plus avancée aujourd’hui qu’elle ne l’était à l’époque, est toujours un combat d’avant-garde et une nécessité pour tous ceux qui croient encore en l’avenir. Enfin, retournons un petit peu dans le passé afin de se remémorer les évènements qui ont fait de cette date ce qu’elle est aujourd’hui.
L’histoire de la journée internationale du travail commence chez les travailleurs australiens qui ont eu l’idée de faire une grève de masse le 21 avril 1856 comme moyen de pression afin d’obtenir une baisse raisonnable de la journée de travail, soit à 8h. La journée typique pour un prolétaire en usine (tout pays industriel confondu) était à l’époque d’au moins 10 à 12 h par jour. Cette grève, contre toute attente, eut un succès retentissant, ce qui fit que l’expérience se devait d’être reproduite ailleurs.
Les seconds à emboîter le pas furent les Américains un peu moins de 30 ans plus tard. En octobre 1884, la fédération américaine du travail, l’American Fédération of Labour ou AFL, organisait sa 4e convention à Chicago, où fut adoptée une mention sur la nécessité de l’implantation des 8h. En tant que syndicat raisonnable, ils donnèrent donc un délai de 2 ans aux employeurs pour prévoir le coup en plus de s’engager à ne pas demander de hausse de salaire d’ici là. Par contre, si les employeurs après ce délai n’acceptaient pas cette réforme, la fédération s’engagerait à mener des grèves de grandes ampleurs jusqu’à l’obtention de son objectif. Dès lors, les dés étaient jetés !
Comme de bien entendu, le patronat, fidèle à son habitude, se fit très discret sur sa volonté de mettre en place ce changement dans les délais prescrits. Les syndicats décidèrent donc de mettre en place leur unique moyen de pression à partir du 1er mai. Évidemment, ce choix n’était pas dû au hasard, car c’était le début de l’année fiscale. Mais en plus de cela, le 1er mai était aussi le Moving Day (ou jour du déménagement), où les baux devaient être renouvelés. Autrement dit, une journée potentielle d’enfer pour les puissants.
L’appel à la grève général fut largement suivi dans le pays, et environ 350 000 personnes répondirent « Présent ! » à ce grand jour. Malgré ce succès, la situation n’évolua gère par la suite. À Chicago, principal bastion de la cause, une grande marche fut organisée au 3ème jour de mai avec près de 4 000 ouvriers afin de donner leur appui aux grévistes de la société McCormick qui faisaient face à des patrons particulièrement cyniques, notamment par leur usage immodéré des briseurs de grève (scabs). Ce jour fut particulièrement funeste, car il dégénéra en un conflit direct avec les policiers, ce qui fit 3 morts chez les grévistes. Au lendemain de ce drame et sous l’impulsion de l’indignation populaire, une manifestation de près de 15 000 personnes fut organisée au Haymarket Square. Comme celui de la veille, l’événement devait entrer en conflit direct avec les policiers. C’est alors qu’une bombe explosa du côté des policiers, faisant un mort. Une bagarre terrible se produisit, provoquant plusieurs blessés et morts des deux côtés. Il est à noter que l’origine de « l’attentat » à la bombe était en provenance d’un contingent anarchiste parmi les manifestants et que ceux-ci, à l’instar de leurs camarades européens, étaient particulièrement infiltrés par les services secrets. L’usage d’agents provocateurs est toujours un bon moyen à employer quand on veut éliminer le soutien populaire d’une potentielle insurrection et c’est effectivement ce qui se produisit pour cette grève générale et causa la condamnation à mort de sept syndicalistes et l’emprisonnement de plusieurs autres. Le jour de pendaison des sept détenus fut plus tard appelé Black Friday.
Un peu plus tard, de l’autre côté de l’océan atlantique, en 1889, une nouvelle « Internationale ouvrière » était mis en place et décréta comme l’un de ses objectifs principaux la fixation de la journée de travail à 8h. Mais, plus encore, l’International avait comme objectif fonctionnel de base la mise en place d’une journée de grande manifestation internationale à date fixe, de manière que, dans tous les pays et dans toutes les villes à la fois, le même jour convenu, les travailleurs mettent les pouvoirs publics en demeure de réduire légalement à huit heures la journée de travail . C’est la proposition de Raymond Lavingne, militant syndicaliste et membre du parti ouvrier français de Jules Guesde, qui fixa le principe. Comme une grande manifestation était déjà prévue par l’AFL aux États-Unis en cette date du premier mai 1890, l’exemple fut suivi par l’International et perdurera encore jusqu’aujourd’hui.
Le Congrès de l’International de Zurich dans sa séance du 11 août 1893 décréta que la manifestation du 1er mai pour la journée de huit heures devait en même temps affirmer en chaque pays l’énergique volonté de la classe ouvrière de mettre fin par la révolution sociale aux différences de classe, et ainsi de manifester par la seule voie qui conduit à la paix dans l’intérieur de chaque nation et à la paix internationale. Ce principe est encore aujourd’hui, ici même au Québec, criant d’actualité, car non seulement la cause ouvrière, autochtone et étudiante est de plus en plus dans une voie sans issue face au pouvoir, mais le peuple dans son ensemble crie sa volonté de changer ce système corrompu et vieillissant.
Ce qui importe fondamentalement en ce jour de combat pour nous autres indépendantistes québécois, c’est que le 1er mai est aussi une grande occasion de manifester pour le principe de l’autodétermination des peuples via la lutte pour la justice sociale qu’impose cette journée. Comme nous sommes attachés à la paix mondiale et que celle-ci n’a de possibilité d’exister que si nous mettons définitivement fin à l’impérialisme, et que celui-ci est intrinsèquement causé par l’exploitation vorace des travailleurs du monde entier, nous nous devons d’appuyer ce combat de classe. Nous qui réclamons l’indépendance de notre pays et qui voulons que cesse l’exploitation indigne que subit notre peuple depuis 1763, nous nous devons de rappeler que tous les peuples du monde ont ce même droit. Notre devoir est donc, comme avant-garde de l’indépendance, de se battre pour la justice ici comme ailleurs, afin que cesse l’exploitation et l’impérialisme, pour que tous les peuples sur Terre puissent enfin être maîtres chez eux !
Benedikt Arden
Source : Rebellium

mercredi 29 avril 2015

Séisme au Népal : Si le séisme est le produit d'énormes forces naturelles, l'étendue de la mort et de la destruction a des racines sociales déterminées.



Malgré leur solidarité de façade, les grandes puissances n’ont fourni que peu d'aide d'urgence à ce jour.

Plus de 4000 personnes sont mortes et plus de 7500 blessées suite à un séisme majeur qui a frappé le Népal samedi dernier, juste avant midi, heure locale. Le nombre de morts est susceptible d'augmenter encore fortement à mesure que des corps sont extraits des décombres et que les équipes de secours commencent à atteindre les villages reculés actuellement coupés du monde. Des dizaines de milliers de personnes sont sans abri et la plupart des gens vivent dehors par crainte de nouvelles répliques. 30 des 75 districts du pays ont été touchés.
Le séisme a atteint une magnitude de 7,8 sur l'échelle de Richter et son épicentre était situé à environ 80 kilomètres à l'ouest de la capitale népalaise Katmandou. Douze répliques se sont produites pendant la seule journée de samedi ainsi qu’un autre séisme important de magnitude 6,7 dimanche.
Le séisme a été ressenti jusque dans la capitale indienne New Delhi et a fortement touché les Etats du Bihar et de l'Uttar Pradesh dans le nord de l'Inde où 58 personnes sont mortes. Au Bangladesh, deux personnes ont été tuées dans la capitale Dhaka et dans le district de Pabna dans le nord-ouest du pays. L’onde de choc a également été ressentie au Pakistan et dans les régions avoisinantes de la Chine.
La zone de Katmandou et ses alentours, où vivent plus de 5 millions de personnes, a été parmi les plus durement touchées. La mauvaise qualité des bâtiments, aggravée encore par l'absence de normes de construction imposées, signifiait que la majeure partie de la ville était menacée. De nombreux bâtiments anciens ont été transformés en ruines. Les neuf étages de la Tour Bhimsen, édifice historique reconstruit en 1832 après un tremblement de terre cette année, se sont effondrés, ce qui aurait tué ou piégé 250 personnes.
Une grande partie de la capitale est sans transport, électricité ou carburant. Selon un rapport de l'ONU, « Dans la vallée de Katmandou, les hôpitaux sont surpeuplés, manquent de place pour entreposer les cadavres et se trouvent aussi à court de fournitures d'urgence. Bir Hospital, un grand hôpital de Katmandou prodigue des soins aux gens dans les rues ... La majorité de la population reste en dehors des maisons par crainte de répliques et des dommages structurels des bâtiments ».
Gary Shaye, un responsable de l’ONG Save the Children, a expliqué au New York Times que Katmandou était « densément, très densément peuplé. » Il a averti que les travailleurs humanitaires devaient livrer « une course contre le temps » car la mousson doit commencer en juin. « Même si nous avions toutes les bâches en plastique et tous les abris temporaires, est-ce que ce sera suffisant?» a-t-il demandé.
En dehors de la capitale, de nombreux villages ne sont accessibles qu'à pied ou par hélicoptère. Matt Darvas, travailleur humanitaire de World Vision a déclaré au New York Times: « Des villages de ce genre sont régulièrement touchés par des glissements de terrain, et il n'est pas rare que des villages entiers de 200, 300, et jusqu'à 1000 habitants soient complètement enterrés sous des chutes de pierres. »
Une avalanche déclenchée par le tremblement de terre a tué au moins 18 personnes et en a blessé 61 au camp de base du Mont Everest.
La région de l'Himalaya, où est situé le Népal, est particulièrement sujette aux tremblements de terre. Le dernier séisme majeur à frapper la région eut lieu au Sichuan dans le sud-ouest de la Chine en 2008, où quelque 90.000 personnes ont été tuées. Le Népal a été frappé en 1934 par un séisme massif qui a tué plus de 10.000 personnes, plus 7000 personnes dans l'Etat de Bihar en Inde.
Si le séisme est le produit d'énormes forces naturelles, l'étendue de la mort et de la destruction a des racines sociales déterminées – elle résulte de l'absence de préparation et de planification, de bâtiments et d’une infrastructure qui ne sont pas antisismiques. Les zones les plus touchées et les plus négligées sont invariablement les plus pauvres.
Bien qu'il soit difficile de faire des prédictions précises sur quand, où et avec quelle intensité un tremblement de terre frappera, des prévisions plus générales ont été faites. En 2013, le sismologue Vinod Kumar Gaur a averti dans l'Hindou: « Les calculs montrent qu'il y a une énergie accumulée suffisante maintenant pour produire un séisme de magnitude 8. Je ne peux pas dire quand. »
Cependant, le gouvernement népalais a peu fait pour se préparer à cette éventualité. Le pays est embourbé dans une crise politique prolongée depuis une décennie après que la monarchie a été abolie et le Parti communiste du Népal maoïste (PCN-M) a été intégré dans l'establishment politique. De durs marchandages entre sections rivales de l'élite dominante ont bloqué les tentatives de rédiger une nouvelle constitution et aucun des principaux partis n'a la moindre préoccupation pour le sort des travailleurs et de la population rurale pauvre.
Le ministre de l'Information et de la Radiodiffusion Minendra Rijal a déclaré à la télévision indienne que le gouvernement avait « lancé un plan d'action massif de sauvetage et de réhabilitation et il y a beaucoup à faire. » Toutefois, en raison du manque d'équipement lourd et d’avions, les opérations de secours ont été lentes, ce qui risque d’entraîner de nombreux décès supplémentaires.
Le Népal est un des pays les plus pauvres du monde. La directrice générale d'Oxfam Winnie Biyanyima a expliqué que « la moitié de la population de 28 millions d’habitants du Népal n'a pas accès à un assainissement amélioré et vit en dessous du seuil de pauvreté, et environ un sur trois vit dans une pauvreté extrême. » Ce n’est pas seulement le gouvernement népalais qui porte la responsabilité du sort de la population mais les grandes puissances qui fournissent une aide financière dérisoire, y compris pour ce qui est de se préparer à un séisme majeur.
La revue d'affaires britannique, The Economist a fait remarquer: «Théoriquement, il y avait largement le temps pour que de nombreuses agences internationales et d'autres bailleurs de fonds fassent des plans pour un séisme au Népal, dont on dit qu’il a 92 lignes de faille actives. Le Népal pullule d'experts étrangers, recrutés pour se concentrer précisément sur ce genre de problème. « Pourtant, mis à part le renforcement de quelques bâtiments scolaires et hospitaliers, très peu a été fait. »
Malgré leur solidarité de façade, les grandes puissances n’ont fourni que peu d'aide d'urgence à ce jour. L'Inde a déployé 13 avions de transport militaires et une équipe d'intervention d'urgence de 40 personnes tandis qu'une équipe chinoise de recherche et de sauvetage est déjà arrivée à Katmandou. Le gouvernement britannique a mis $7,5 millions à la disposition des organismes de bienfaisance travaillant au Népal et la Norvège a promis $4 millions.
Toutes ces promesses sont loin de ce qui serait nécessaire dans l'immédiat, sans parler de l'aide financière dont on aura désespérément besoin pour la reconstruction. À ce jour, les États-Unis, par l'intermédiaire de leur ambassade à Katmandou, ont offert une aide misérable d'un million de dollars et envoient une équipe d'intervention d'urgence de 62 personnes.
La principale motivation de cette offre d’aide est de promouvoir des intérêts économiques et stratégiques. Au cours de la dernière décennie, le Népal, qui borde la Chine et l'Inde, est devenu le centre de rivalités géopolitiques croissantes. Cela s’est intensifié par l'intervention des États-Unis qui, dans le cadre de leur « pivot vers l'Asie », cherchent à encercler la Chine par une série de partenariats et de liens militaires, y compris avec le Népal.
Ce n'est pas un hasard si, lorsque le séisme a frappé, deux équipes de forces spéciales américaines étaient déjà dans le pays effectuant un exercice d'entraînement. Washington augmentera sans doute dans les prochains jours sa proposition d'aide dérisoire qui sera soigneusement calibrée pour maintenir le Népal plus fermement dans la sphère d'influence américaine.
Par W.A. Sunil
Source : wsws