dimanche 5 avril 2015

Le Yémen sera le Vietnam de l’Arabie Saoudite…. l’armée saoudienne se livre surtout au massacre aérien du peuple sans défense du Yémen. En face d’elle, des guerriers qui défendent leurs maisons et leurs familles, comme les Viet Kong au Vietnam, l’Arabie saoudite va se retrouver dans un bourbier yéménite, qui sera son "Vietnam".



Counterpunch
Ne se remettant pas de la dernière humiliation militaire que lui avaient infligée, il y a six années, au Yémen, des combattants tribaux Houthis, la famille royale d’Arabie Saoudite s’est lancée dans une entreprise qui est très probablement en train de devenir un "Vietnam" saoudien : je veux parler de leur tentative d’envahir le Yémen.
En 2009, l’incompétence de l’armée saoudienne a été révélée au grand jour lorsque leur importante offensive contre les Houthis de long de la frontière Arabie Saoudite/ Yémen a été repoussée et que, dans la contre-offensive qui a suivi, les combattants Houthis, légèrement armés, ont conquis un grand morceau de territoire saoudien.
La dernière fois qu’une "armée pan-arabe" a essayé d’envahir et d’occuper le Yémen, dans les années 1960, Nasser, le général égyptien devenu président, a été finalement contraint, la queue entre les jambes, de retirer son armée de plus de 50 000 hommes de ce qui était devenu le "Vietnam de l’Egypte" comme il l’a lui-même tristement reconnu plus tard.
Les problèmes au Yémen ne viennent pas d’une opposition entre chiites et sunnites ou entre l’Iran et l’Arabie saoudite. Ils ne viennent pas d’Obama, dont l’administration particulièrement incapable a été forcée de rester assise sur le banc de touche et de regarder la famille royale saoudienne se lancer dans cette aventure insensée.
Les problèmes au Yémen viennent tous de conflits tribaux qui remontent à des siècles, et la seule façon de les résoudre est d’entamer un long et fastidieux processus de négociations. En 1990, un accord de paix qui aboutissait à la réunification du Yémen avait vu le jour avec beaucoup de difficulté. On devait cet accord de paix, qui a tenu plus de deux décennies, à la médiation de ce qui était alors le commandement d’une bande de combattants en guenilles pour l’indépendance qui se faisaient appeler le Front de Libération des Peuples Erythréens, un fait qui tarde à être reconnu par ceux qui couvrent le conflit actuel.
Les Saoudiens lancent cette guerre contre le peuple yéménite par orgueil et arrogance, mais aussi par une sorte de paranoïa : ils craignent soi-disant d’être encerclés par un anneau "d’ennemis chiites menés par l’Iran", c’est, du moins ce que voudraient nous faire croire les têtes parlantes des médias occidentaux.
En fait, la famille royale saoudienne est remplie d’une haine wahhabite inextinguible envers tout ce qui ressemble à un mouvement chiite, même si, historiquement, les chiites d’Asie occidentale ne considéraient pas les Houthi du Yémen comme de vrais chiites.
La peur saoudienne paranoïaque de l’Iran n’a pas de fondement réel, car l’Iran ne menace en rien l’Arabie Saoudite. L’Iran n’a d’ailleurs même pas soutenu l’insurrection chiite au Bahreïn. Malgré tous les discours sur le soutien militaire iranien à la conquête Houthi du Yémen, les preuves à l’appui de cette accusation manquent.
Les Houthis, qui en avaient marre d’être perpétuellement négligés par le gouvernement yéménite et qui voulaient en finir avec une politique qui engendre des famines au Yémen, ont conclu un accord avec l’ancien président Saleh, dont le fils dirigeait l’armée yéménite à l’époque de l’accord que l’Arabie Saoudite et les États du Golfe ont fait avaler de force aux yéménites, il y a deux ans, et ont lancé une offensive pour s’emparer du pays.
Depuis le début les Houthis réclament des négociations tout en disant clairement qu’ils ne permettront pas aux Wahhabites "d’Al-Qaida dans la péninsule arabique" (le groupe est principalement composé de fanatiques saoudiens en exil) de se maintenir au Yémen.
Ayant déjà subi une humiliation militaire en 2009, et craignant d’être considérés comme faibles et incapables par la minorité chiite assujettie implantée sur les terres pétrolifères de l’est de l’Arabie Saoudite, le régime saoudien Wahhabite a lancé ce qui a toutes les chances de devenir leur "Vietnam".
Bien sûr, ils le font sous couvert d’une bannière pan-arabe, avec l’Egypte qui promet des troupes pour appuyer l’invasion et la future occupation du Yémen.
Al Sisi, le dernier général égyptien à devenir président, est un allié particulièrement réticent, du fait qu’il a été élevé dans le souvenir de la défaite humiliante de l’Egypte lorsqu’elle a tenté de soumettre le Yémen. Ce n’est pas par hasard que, il y a seulement quelques semaines, l’Arabie saoudite et les Etats du Golfe ont envoyé leurs dirigeants à Sharm al Sheikh pour annoncer plus de 20 milliards de dollars d’aide et d’investissements destinés à renflouer l’économie chancelante de l’Egypte, en espèces sonnantes et trébuchantes que le président Al Sisi était venu mendier son chapeau à la main.
D’après les nouvelles, la guerre fait rage à la frontière Yémeno- saoudienne, et il est intéressant de noter que l’armée saoudienne n’a pas encore fait là de progrès sérieux. Etant donné que la majeure partie des combattants Houthis se sont regroupés pour prendre d’assaut Aden dans le sud pétrolifère du Yémen, la tentative militaire saoudienne d’envahir le cœur du territoire Houthi n’est pas très concluante.
À ce stade, l’armée saoudienne se livre surtout au massacre aérien du peuple sans défense du Yémen. Si et quand l’offensive terrestre promise commence sérieusement, on verra des milices Houthis aguerries se battre contre une armée prétendument pan-arabique qui a peu d’expérience de la vraie guerre. Avec, en face d’elle, des guerriers qui défendent leurs maisons et leurs familles, comme les Viet Kong au Vietnam, l’Arabie saoudite va se retrouver dans un bourbier yéménite, qui sera son "Vietnam".
Thomas C. Montagne
Thomas C. Montagne vit et travaille comme journaliste en Erythrée, tout près du Yémen, depuis 2006. On peut le joindre à thomascmountain at yahoo dot com.
Traduction : Dominique Muselet

YEMEN : L’INTERVENTION SAOUDIENNE. L’Arabie Saoudite intervient dans les affaires intérieures du Yémen en violation flagrante du Droit international après avoir brisé le soulèvement pacifique de 2011.



Chaque soulèvement pacifique contre des régimes qui oppriment et maintiennent leurs peuples dans le sous développement et la misère, trouve sur son chemin l’impérialisme américain et ses alliés locaux à leur tête l’Arabie Saoudite.
Chaque marche vers le progrès et la démocratie est stoppée par les forces réactionnaires qui cherchent à faire tourner la roue de l’histoire en arrière.

L’Arabie Saoudite est intervenue militairement au Yémen dans la nuit du mercredi au jeudi 26 mars 2015 avec l’aide des armées des pays du Golfe et des forces égyptiennes notamment.
Les États-Unis apportent leur soutien en logistique et en renseignement selon la porte-parole du Conseil national de sécurité (NSC) de la présidence américaine Bernadette Meehan.
Barack Obama a téléphoné au roi de l’Arabie saoudite pour l’assurer de son soutien. Le président yéménite Hadi a fui son pays sous protection saoudienne.
Une fois encore, L’Arabie Saoudite intervient dans les affaires intérieures du Yémen en violation flagrante du Droit international après avoir brisé le soulèvement pacifique de 2011.
Rappelons pour mémoire que cette révolte populaire a réussi à renverser le président Ali Abdallah Saleh au pouvoir depuis 1978. Celui-ci s’est réfugié en Arabie Saoudite le lendemain du bombardement de son palais le 3 juin 2011 par le chef tribal Sadek al-Ahmar. C’est également l’Arabie Saoudite qui a soigné dans ses hôpitaux le président gravement blessé et permis enfin son retour au Yémen le 23 septembre de la même année. Et c’est à Riyad que l’accord de transfert de pouvoir entre Saleh et son vice président Abd Rabbo Mansour Hadi a été signé en présence du Roi d’Arabie .
Ces manœuvres saoudiennes ont créé une situation propice au chaos et à la guerre civile. Ce qui se passe aujourd’hui au Yémen est la conséquence directe de cette farouche volonté de l’Arabie Saoudite, sous l’égide de l’impérialisme américain, de maintenir le Yémen et toute cette région sous sa domination. L’Arabie Saoudite a toujours considéré le Yémen comme le prolongement de son propre territoire.
Rappelons également que c’est toujours l’Arabie Saoudite qui a envahi le petit royaume de Bahreïn le 14 mars 2011 mettant ainsi un terme, là encore, au magnifique combat pacifique contre la tyrannie de la dynastie des Al-Khalifa au pouvoir depuis plus de trois siècles.
La place de la Perle, au cœur de Manama la capitale de Bahreïn et haut lieu de la révolte populaire, a été évacuée dans le sang le 16 mars 2011. Le monument de la Place a été détruit et remplacé par les chars de l’armée saoudienne. Aujourd’hui encore, malgré une terrible répression, le peuple de Bahreïn résiste toujours à l’oppression dans l’indifférence absolue des bourgeoisies occidentales .
Toutes ces interventions contre des peuples en lutte sont rendues possibles grâce à la complicité totale des bourgeoisies américaines et européennes. Chaque soulèvement pacifique contre des régimes qui oppriment et maintiennent leurs peuples dans le sous développement et la misère, trouve sur son chemin l’impérialisme américain et ses alliés locaux à leur tête l’Arabie Saoudite. Chaque marche vers le progrès et la démocratie est stoppée par les forces réactionnaires qui cherchent à faire tourner la roue de l’histoire en arrière.
L’écrasement des soulèvements populaires et pacifiques des peuples du monde arabe, la destruction de l’Irak, de la Libye et la volonté de détruire la Syrie par l’impérialisme américain et ses alliés locaux ont créé les conditions matérielles pour le développement de l’obscurantisme, du terrorisme et de la guerre civile. L’impérialisme et la contre-révolution incarnée par l’Arabie Saoudite mènent une véritable guerre contre les aspirations à la démocratie et à la prospérité des masses opprimées.
L’impérialisme américain a toujours assigné au régime moyenâgeux d’Arabie Saoudite le rôle de rempart contre tout changement démocratique et progressiste dans cette région du monde.
Maintenir les peuples sous le joug de la servitude qui brise leur élan et leur vitalité reste pour l’impérialisme et ses valets locaux le meilleur moyen pour les dominer.
L’impérialisme est partout et toujours l’ennemi des peuples.
Mohamed Belaali
Source : Le Grand Soir

vendredi 3 avril 2015

NUCLEAIRE IRANIEN : ils ont signé ! LE PLUS DUR EST FAIT MAIS LE PLUS LONG RESTE A FAIRE.



Le jeudi 2 avril au soir, les représentants du groupe G-5 + 1 (les membres du conseil de sécurité de l’ONU et l’Allemagne) et ceux de l’Iran réunis à Lausanne sont parvenus à un accord sur le contrôle du nucléaire iranien et sur la levée des sanctions internationales. Cette signature ne marque pas seulement le début de résolution d’un problème qui empoisonne les relations au Proche-Orient, mais pourrait contribuer à atténuer les tensions dans la région en réintégrant l’Iran dans le jeu diplomatique.

Ils ont signé ! Le plus dur est fait mais le plus long reste à faire. Après un des marathons les plus longs de l’histoire diplomatique, la République islamique d’Iran et les membres permanents du Conseil de sécurité plus l’Allemagne sont enfin parvenus à un accord politique permettant le contrôle du programme nucléaire iranien et la levée des sanctions qui bloquaient depuis 2006 l’économie iranienne. Cet accord dépasse la question du nucléaire car il libère l’Iran et ses 78 millions d’habitants, qui pourront désormais faire face aux monarchies pétrolières dans tous les domaines, et non plus sur les seuls terrains de conflits et champs de bataille extérieurs. La porte de l’Iran est enfin ouverte, beaucoup vont se précipiter. Mais il faudra certainement du temps pour que la confiance revienne car les opposants de part et d’autre ne manquent pas. Le chemin du retour de l’Iran est tracé, mais il sera probablement long.
L’Iran a donc renoncé à produire une arme atomique de façon claire, vérifiable et durable. Ce résultat avait déjà été négocié le 21 octobre 2003 par la France, l’Allemagne et le Royaume-Uni. Cet accord a échoué car à l’époque, les États-Unis ne le souhaitaient pas, mais visaient le renversement de la République islamique, membre de «  l’Axe du mal  ». En Iran, les opposants à cette ouverture internationale voulue par le président réformateur Mohammad Khatami étaient également très actifs. Douze années plus tard, les politiques de Barack Obama et de Hassan Rohani soutenu par le Guide Ali Khamenei sont enfin en phase, mais que de temps perdu, et quel manque d’efficacité !
En 2003, l’Iran n’avait que quelques dizaines de centrifugeuses rudimentaires et une industrie nucléaire embryonnaire, contre 20 000 aujourd’hui et des compétences technologiques de haut niveau. La République islamique a fort bien mené à son terme la politique nucléaire nationaliste lancée en 1974 par Reza Chah. L’honneur de l’Iran est sauf, car son «  droit à développer une industrie nucléaire civile  » est désormais reconnu de facto, dans le cadre du traité sur la non-prolifération des armes nucléaires (TNP) signé par l’Iran en 1968.
Un droit encadré par l’accord de Lausanne, qui sera précisé avant la fin du mois de juin prochain, permettra à Téhéran de poursuivre son programme nucléaire civil et coupera court à toute prolifération nucléaire dans la région — même si l’Arabie saoudite vient d’annoncer sa volonté de se doter d’une industrie nucléaire (ce qui prendra sans aucun doute de très longues années). Les priorités régionales ont changé et l’implication, longtemps contre-productive mais finalement réaliste, des grandes puissances dans l’aventure nucléaire iranienne semble dissuasive. Le Pakistan, dont la bombe a probablement été financée par l’Arabie saoudite, n’est plus en situation d’apporter son concours à une telle ambition, et Israël a tout intérêt à rester discret dans ce domaine. Une étape décisive a été franchie pour contrer la prolifération nucléaire au Proche-Orient, qui compte pourtant une nouvelle puissance nucléaire émergente.

Le temps révolu de l’«  État voyou  » et du «  Grand Satan  »
La levée des sanctions économiques imposées par l’ONU depuis 2006, mais surtout par les États-Unis et l’Union européenne, ont été pour l’Iran un point central de la négociation. Le pays était en effet l’objet de sanctions économiques très dures, notamment sur le pétrole, depuis la rupture politique avec les États-Unis en 1979, après la prise en otage de diplomates américains. Washington cherchait à provoquer des difficultés intérieures dans l’espoir de renverser la République islamique. Cet objectif reste toujours d’actualité au sein du Congrès, dont 47 membres viennent d’annoncer qu’ils ne respecteront pas les engagements de leur pays s’ils reviennent au pouvoir. La même idée prévaut bien sûr en Israël, et même en Europe — surtout en France…
Cette hostilité envers la République islamique n’a jamais cessé de nourrir les factions radicales iraniennes qui, même après la guerre Irak-Iran, considèrent que l’identité première de la République islamique réside dans une hostilité durable envers «  l’Occident  ». Ce rejet mutuel, imposé et souhaité, de l’«  État voyou  » et du «  Grand Satan  » a lourdement pénalisé l’Iran qui a vécu — ou survécu — pendant trente-six ans en dehors de la mondialisation économique.
Cet ostracisme a profité à la Turquie mais surtout à l’Arabie saoudite et aux monarchies pétrolières. Dubaï est devenue la «  capitale  » économique de l’Iran. Téhéran a donc payé d’un prix très élevé sa «  victoire  » nucléaire et sa nouvelle capacité de «  résistance économique  » et de développement autocentré qui l’ont en fait écarté de la mondialisation économique des dernières décennies. La dynamique exceptionnelle de la société ne saurait occulter le fossé qui existe entre les 78 millions d’Iraniens dont l’immense majorité n’a jamais connu que la République islamique, et la mondialisation économique et culturelle. L’usage d’Internet ne comble pas ce fossé, il le rend plus évident encore.

Vers un rééquilibrage économique régional
Maintenant que la porte de l’Iran est ouverte, on va assister à un rééquilibrage des activités économiques entre les rives sud et nord du golfe Persique. Chacun s’attend à un boom économique, à une embellie sociale et culturelle enthousiasmante soutenue par une classe moyenne iranienne nombreuse, bien formée et motivée. Les entreprises internationales ont multiplié les séminaires, les approches, les contacts, pour préparer leur retour dans ce pays dont le potentiel comme consommateur mais aussi comme producteur est sans commune mesure avec l’eldorado des monarchies pétrolières. Globalement, cette analyse semble juste, car l’Iran a besoin de technologies et d’investissements très lourds, mais il n’est pas dit que tout sera facile pour les entreprises occidentales car Téhéran a désormais l’habitude de travailler avec les entreprises de pays émergents dont les compétences sont aujourd’hui comparables à celles des pays européens : Chine, Corée, Inde, Brésil, Malaisie et bien sûr Turquie ne laisseront pas facilement les parts de marché qu’ils ont acquises pendant les années difficiles. Dubaï ne disparaîtra pas comme place financière et commerciale.
Le problème le plus difficile à régler sera certainement la très faible expérience internationale ou de management du personnel politique, administratif, ou des entreprises publiques ou de fondations qui ont géré le pays pendant plus de trois décennies. Les nouvelles élites de la vie politique, administrative, culturelle ou économique du pays, issues de la révolution et de la guerre, sont bien implantées. Il faut reconstruire le pays. Ce sera au moins aussi long et difficile que les négociations sur le nucléaire. Il est évident que l’Iran dispose d’un potentiel exceptionnel et de tous les atouts pour répondre rapidement aux défis et aux perspectives ouvertes par l’accord sur le nucléaire et par le processus de normalisation politique en cours, mais l’optimisme n’exclut pas le réalisme.

Deux gendarmes pour le Golfe
L’accord sur le nucléaire a d’abord été négocié entre Iran et États-Unis, mais cette normalisation diplomatique en cours ne signifie pas que les deux pays auront à court terme des relations de confiance. Les radicaux, de part et d’autre, ne l’accepteraient pas et toute précipitation risquerait au contraire de bloquer la mise en œuvre de l’accord sur le nucléaire dont l’application durera plusieurs années.
Les convergences d’intérêts et le retour à un principe de réalité semblent prévaloir, d’autant plus que pour la première fois les politiques deux pays sont en phase. La «  modération  » chère à Rohani va dans la même direction que la volonté américaine de trouver de nouveaux partenaires régionaux capables de maintenir une certaine stabilité, puisque les alliés traditionnels des monarchies pétrolières n’ont pas été capables de contrôler leurs partisans qui ont dérivé vers le djihadisme terroriste.

Va-t-on vers un basculement d’alliances ?
Certainement pas, mais la crainte des monarchies pétrolières — et d’Israël — est compréhensible après trois décennies d’un âge d’or permis par la mise à l’écart de l’Iran. Il y a désormais deux gendarmes dans le Golfe, et non plus un seul comme au temps du chah d’Iran. Toute la difficulté sera de créer entre eux, sinon la confiance, du moins une coexistence pacifique. Cela exigera de la diplomatie et du courage de la part des pays occidentaux qui devront donner aux monarchies des garanties de sécurité pour qu’elles acceptent que l’Iran trouve sa place et rien que sa place.
Les composantes de la rivalité entre l’Iran et l’Arabie saoudite sont multiples, les facteurs religieux ou ethniques importants mais ils doivent être intégrés dans une opposition bien plus forte et globale entre deux systèmes politiques et sociaux : République versus monarchie, système autoritaire versus Frères musulmans…L’accord sur le nucléaire et la normalisation des relations avec l’Iran pourraient rééquilibrer les relations politiques et contribuer à mettre fin aux conflits meurtriers qui opposent les deux leaders régionaux sur les champs de bataille de Syrie, d’Irak, de Palestine, du Liban et depuis peu du Yémen. En Palestine, on espère que la question du nucléaire iranien cessera enfin d’occulter la colonisation et la recherche d’une solution politique.
Il faudra cependant du temps pour que le choc politique et culturel du retour de l’Iran se traduise en termes pacifiques et non pas en réaction militaire, comme c’est le cas au Yémen avec l’action saoudienne contre le «  soutien iranien  » aux houthis.
BERNARD HOURCADE
SOURCE : ORIENT XXI

MAROC : LA VIE DES PRISONNIERS POLITIQUES MAOÏSTES AU MAROC EN GREVE DE LA FAIM EST EN DANGER ! A CES MILITANTS S’AJOUTENT AUSSI LE COMBAT DES ETUDIANTS SAHRAOUIS DE MARRAKECH AUSSI EN GREVE DE FAIM ILLIMITEE.



La situation est aujourd’hui pour eux de plus en plus catastrophique et on peut s’attendre au pire.

Le Maroc connaît depuis plusieurs années de vastes mouvements de lutte populaire, au sein notamment de ses universités contre la privatisation de l’enseignement, pour l’amélioration des conditions des étudiants et pour les libertés politiques et syndicales. Dans ce contexte, nombreux sont les étudiants qui ont été arrêtés et condamnés à de lourdes peines lors de procès montés de toutes pièces. Parmi ces étudiants condamnés, se trouvent 7 étudiants maoïstes : Aziz Elbour, Mohamed Elmounden, Hicham Almskini et Abdelhak Atalhaoui condamnés chacun à 3 ans ferme. Citons aussi les noms d’Aziz Eikhalfaoui et Rédouane El Aadimi, tous deux arrêtés le 04.09.2014 et jetés en prison depuis, sans aucune forme de procès – tout comme pour Alaa Aderbali dernier étudiant arrêté en date et de manière totalement arbitraire.
Depuis le 23.03.2015, ces prisonniers politiques maoïstes du groupe d’Aziz Elbour et de celui d’Aziz Elkhalfaoui, ont entamé et mènent au Maroc une grève de la faim illimitée, d’une part pour dénoncer les exactions et les agressions physiques et morales que ces camarades subissent au quotidien dans les geôles de la réaction et d’autre part pour faire aboutir et imposer leurs revendications justes et légitimes, à savoir principalement l’amélioration de leurs conditions de détention, leurs droits au soin, à être visités et à pouvoir communiquer avec l’extérieur, et enfin leur droit à pouvoir poursuivre leurs études sans entrave.
Ces camarades maoïstes ont été dernièrement rejoints dans leur action par d’autres prisonniers politiques qui ont aussi entamé une grève de la faim illimitée et ce mouvement de résistance s’amplifie jour après jour dans plusieurs prisons du Maroc. Ce mouvement concerne ainsi pour le moment :
  Abdul Wahab Alramadi et Munir Ashibha de la prison de Fès
  Zakaria Raakass de la prison de Kénitra
  Mimoun Aznaï de la prison d’Oujda
A ces militants en lutte s’ajoutent aussi le combat des étudiants sahraouis de Marrakech eux aussi en grève de la faim illimitée.
Enfin, parallèlement, il est aussi important de rappeler l’engagement de 11 autres prisonniers politiques de la prison de Fès qui ont mené une semaine de grève de la faim et 5 autres détenus de la prison de Meknès qui eux ont jeuné durant 48 heures.
Ces militants ont déjà entamé plusieurs grèves de la faim ; ils ont plusieurs fois été hospitalisés à la suite de leurs actions de résistance et du fait de ce long processus de lutte, leur état de santé est aujourd’hui fragilisé.
Ainsi, le 31.03.2015, le camarade Rédouan Alaadimi a perdu connaissance et a dû être évacué en urgence à l’hôpital. Finalement, après plusieurs jours, il a été ramené en cellule, mais toujours dans un état critique. Rappelons aussi que le camarade Alaa Derbali avait lui aussi perdu connaissance le 27.03.2015 et qu’il a déjà été transporté plusieurs fois à l’hôpital dans un état inquiétant. Quant à Aziz Elkhelfaoui, il a perdu connaissance maintes fois et son état de santé se dégrade rapidement de jour en jour. La situation est aujourd’hui pour eux de plus en plus catastrophique et on peut s’attendre au pire.
Malgré cela, le régime réactionnaire persiste à ignorer les revendications des camarades et cherche par-là à les assassiner à petit feu, comme cela a déjà été le cas pour deux militants morts en détention : Mustapha MEZIANI (décédé le 13.08.2014) et Noureddine ABDELWAHAB (décédé le 01.04.2014).
Nous dénonçons cette politique d’acharnement systématique sur nos camarades et nous déclarons que l’Etat marocain porte l’entière responsabilité de tout ce qui peut advenir les concernant.
Nous appelons aussi toutes les forces démocratiques, progressistes et révolutionnaires à prendre toutes les initiatives nécessaires pour informer de cette situation et à soutenir ou à organiser des actions de solidarité concrète et pratique afin de faire valoir d’une façon active les revendications des détenus politiques maoïstes et de tous les détenus politiques révolutionnaires au Maroc.
SOLIDARITE AVEC NOS CAMARADES EN GREVE DE LA FAIM ILLIMITEE !
VIVE LA LUTTE DU PEUPLE MAROCAIN !
VIVE LA SOLIDARITE INTERNATIONALE DES PEUPLES !
A BAS LA REACTION, L’IMPERIALISME ET TOUS SES LAQUAIS !